Coucou tout le monde !

J'espère que vous avez passé une bonne semaine ? Moi, chaudement !

Bref, je vous laisse à votre lecture.


Chapitre 46


Drago était en train de regarder les trois autres débarrasser la table. Il était hors de question qu'il les aide alors qu'un Elfe de Maison ne demandait qu'à le faire pour eux. Granger avait encore fait des siennes et Weasley et Harry avaient cédé afin de ne pas la contrarier.

Le Serpentard sentait sa patience s'épuiser petit à petit. Il aimait bien Granger, la plupart du temps en tout cas, mais elle lui tapait sur le système avec ses foutus principes sortis de nulle part. Un Elfe de Maison était là pour servir et il le faisait avec plaisir. Au final, Harry avait dû ordonner à Kreattur de les laisser débarrasser la table alors qu'il était naturellement venu s'en charger. Ne se rendait-elle pas compte de toute l'ironie de la situation ?

Heureusement, personne ne lui avait demandé de participer, même si les regards de Weasley se faisaient de plus en plus fréquents. Si quelqu'un lui avait demandé de les aider, il ne se serait pas gêné pour dire tout haut ce qu'il pensait tout bas. En attendant, il préférait éviter d'entrer dans un nouveau débat avec Granger.

D'ailleurs, le Serpentard se demandait pourquoi ils n'utilisaient pas leurs baguettes. Est-ce que Granger militait aussi pour leur libération ? L'Association d'Aide aux Baguettes Magiques… Il valait mieux qu'il ne souffle jamais cette idée, elle serait bien capable de le faire. Après tout, l'arbre devait souffrir pour que les objets puissent être fabriqués.

Il était sur le point de rire de sa propre bêtise lorsque l'arrivée de Rogue le fit sursauter à l'instar des trois autres. Il avait envoyé le message à sa mère deux jours auparavant et elle l'avait tout de suite transmis au nouveau directeur, mais ils n'avaient eu aucune réponse de celui-ci depuis. Ils avaient pensé recevoir un mot les avertissant du moment de sa venue, mais pas qu'il viendrait directement, à l'improviste.

- Professeur ! s'exclama Granger.

- Miss Granger, quel… plaisir, dit Rogue avec un sourire ironique.

L'homme tenait dans sa main un objet recouvert d'un drap. Il posa son fardeau sur la table et le découvrit en enlevant le tissu. Drago put alors voir une épée magnifique avec le nom de Godric Gryffondor gravé juste au-dessous de la garde.

- Comment avez-vous su qu'il nous fallait cette épée ? demanda Harry, surpris.

- Le portrait de Dumbledore m'a confié que vous en auriez besoin à un moment donné et quand vous avez demandé à me voir, je me suis douté que ce n'était pas pour vous enquérir de ma santé, répondit l'ancien professeur de potions. Donc, plutôt que de venir ici les mains vides, j'ai préféré l'apporter avec moi. Ainsi, ça nous évitera une deuxième rencontre.

- Eh bien… merci, se contenta de répondre Harry.

Un silence gênant s'installa avant que Rogue ne décide qu'il était temps pour lui de partir.

- Professeur, peut-être souhaiteriez-vous prendre une tasse de thé ? proposa Granger, les joues rougissantes.

Il était clair qu'elle s'efforçait d'être polie mais qu'elle n'était clairement pas à l'aise.

- Non, ça ira, j'ai beaucoup à faire à Poudlard.

- Comment se passent les choses depuis qu'il a la main mise sur le Ministère ? demanda subitement Harry.

- Comme vous pouvez l'imaginer Potter. Il a mis en place une réglementation qui lui permet de chasser les nés-moldus. Il y a maintenant des Raffleurs qui prennent plaisir à emmener les fuyards directement au Ministère contre récompense. Pour Poudlard, il m'a ordonné de nommer deux Mangemorts aux postes de professeur qui étaient vacants. Je dois faire face à la désapprobation du reste du corps enseignant et je suppose que la révolte de certains élèves ne va pas se faire attendre longtemps, exposa le nouveau directeur.

Drago n'était pas étonné par ce qu'il entendait. Avec Voldemort à la tête du Ministère, ils ne pouvaient s'attendre qu'à ça. Pour ce qui était de Poudlard, il n'osait imaginer à quoi allait ressembler l'année scolaire.

- Je suis sincèrement désolé que les choses s'annoncent aussi compliquées pour vous alors qu'au final, vous êtes de notre côté…, commença Harry.

- Je n'ai pas besoin de votre pitié, Potter, l'interrompit Rogue. Je sais dans quoi je me suis engagé….

- Ce n'était pas de la pitié, rétorqua Harry en le coupant à son tour. C'était de l'empathie, mais je me doute que ça vous est totalement inconnu.

Les deux se fixèrent un moment, clairement énervés l'un contre l'autre, mais aucun ne chercha à surenchérir. Ce qui était une évolution, si on y regardait bien.

- Ah oui, puisque j'y pense. Le Seigneur des Ténèbres a également fait poser un Tabou sur son nom de sorte que ceux qui le prononcent soient tout de suite repérés. Bien sûr, avec le Fidelitas, vous êtes à l'abri, quoi qu'il en soit, mais si jamais vous veniez à le prononcer à l'extérieur, vous vous mettriez clairement en danger, annonça Rogue.

- Un Tabou ? interrogea Weasley, perplexe.

- Eh bien oui, un sortilège qui réagit à chaque fois que ce mot précis est prononcé, répéta Rogue en regardant Weasley comme s'il était idiot. Les Mangemorts ou certains Raffleurs sont chargés de surveiller les réactions au Tabou et de punir ceux qui l'ont prononcé. Il espère mettre la main sur vous, Potter, ou au moins sur certains de vos alliés, reprit le nouveau Directeur.

- Oui, c'est malin, avoua Drago. Il n'y a que très peu de personnes qui osent l'appeler Volde… Enfin, vous voyez quoi. Et parmi eux, il y a Harry et Granger.

- C'est ça, il profite du fait qu'une seule petite poignée de la communauté magique ose faire son intéressante de cette manière pour vous coincer, dit Rogue avec un rictus.

- Ce n'est pas pour faire le malin, intervint Harry, contrarié.

- Bref, il est temps pour moi de vous laisser. J'espère vous revoir le plus tard possible, conclut Rogue.

Les quatre autres le regardèrent quitter la pièce et attendirent jusqu'à entendre la porte de l'entrée claquer.

- Quel sale type, rouspéta Harry.

- Il nous a beaucoup aidés, intervint Hermione.

- Il n'empêche que c'est un sale type ! s'entêta-t-il.

Drago ne fit rien pour prendre la défense de son ancien professeur de potions et Hermione n'insista pas non plus. Harry avait clairement de bonnes raisons justifiant de ne pas l'aimer, pour sa part, s'il avait beaucoup de respect et d'estime pour Rogue, il n'en avait pas toujours été ainsi. Il comprenait donc. De plus, il ne pouvait pas non plus dire qu'il l'appréciait plus que ça, malgré qu'il lui serait éternellement reconnaissant pour ce qu'il avait fait pour sa mère.

- Je vais chercher l'Horcruxe ! s'exclama Harry au bout d'un moment.

Drago regarda son amant courir hors de la pièce avant d'y revenir peu après avec l'objet, essoufflé. Son impatience était plus que visible et Drago se serait bien moqué de lui s'il ne l'avait pas été tout autant.

Alors qu'Harry brandissait l'épée, à deux doigts de frapper l'Horcruxe, il suspendit son geste et sembla réfléchir. Il finit par l'abaisser et par regarder Hermione.

- Tu ne crois pas que ce serait bien de demander à Kreattur de le faire ? Après tout, sa dernière promesse pour Regulus était de le détruire et je pense que ça le rendrait très heureux d'être celui qui le fera, expliqua Harry.

Pour une fois, Granger ne trouva rien à redire et se contenta d'acquiescer. Le Gryffondor appela alors son Elfe de Maison qui écarquilla ses grands yeux de surprise avant de se jeter dans les jambes d'Harry pour l'étreindre maladroitement.

- Kreattur ne mérite pas un Maître comme Harry Potter. Kreattur a été injuste et méchant envers son nouveau Maître mais maintenant, Kreattur tient à dire que son Maître est quelqu'un de bon, presque aussi bien que le Maître Regulus, déclara l'Elfe, ses yeux à présent larmoyants.

Drago se retint de ricaner en voyant l'air embarrassé son petit-ami.

- Ce n'est pas grand-chose en comparaison de ce que toi, tu as fait pour nous en ramenant Mondingus, finit par répondre Harry en tendant l'épée à son Elfe.

Pour lui faciliter les choses, le Gryffondor prit le médaillon et le posa au sol avant de se reculer pour ne pas risquer d'être blessé.

Kreattur brandit l'arme mais un étrange phénomène se passa. Une épaisse fumée noire sembla sortir de l'artefact et forma la silhouette d'une personne mais Drago n'eut pas le temps de savoir de qui il s'agissait. L'Elfe n'avait pas attendu de voir ce qu'il se passait, il avait abattu la lame sur le médaillon qui sembla hurler un instant de douleur avant que le calme ne revienne.

Harry se baissa doucement et prit l'objet entre ses doigts. Les autres se rapprochèrent pour le voir de plus près et Drago ne put que constater que le médaillon était bel et bien cassé.

Jusqu'à maintenant, les fois où le Serpentard s'était retrouvé près de l'Horcruxe, il avait senti la magie noire qui en émanait et il avait toujours ressenti une sensation de malaise à sa proximité. A présent, il ne dégageait plus rien.

Harry récupéra l'épée des mains de l'Elfe et lui donna le médaillon détruit.

- Tu en fais ce que tu veux Kreattur, tu le gardes ou tu le jettes, énonça le Gryffondor.

L'Elfe le remercia à plusieurs reprises tout en pleurant et il quitta finalement la pièce, ce qui n'était pas plus mal de l'avis de Drago. Il n'était jamais à l'aise devant les étalages de bons sentiments et encore moins lorsque c'était un Elfe de Maison. Bien sûr, il ne confierait jamais cette pensée à Granger, elle serait capable de lui arracher les yeux.

De toute la soirée, ils ne parlèrent pas de ce qu'il restait à accomplir. Ils se concentrèrent sur leur victoire du jour et allèrent se coucher de bonne humeur.

Drago regarda son amant poser l'arme dans la penderie avant qu'il ne vienne le rejoindre entre les draps. Il l'accueillit avec plaisir entre ses bras et ne tarda pas à plonger dans un sommeil profond.

Il fut réveillé en plein milieu de la nuit par Harry qui tremblait à ses côtés. Drago comprit tout de suite qu'il avait encore fait un cauchemar et s'empressa de saisir sa baguette pour éclairer la pièce. Il regarda ensuite son amant qui était en sueur et essoufflé, sans parler de son regard apeuré.

Sans plus attendre, Drago le serra contre lui et lui caressa doucement la nuque et les cheveux. Depuis qu'ils dormaient ensemble, il avait pris certaines habitudes. Le Gryffondor faisait des cauchemars très régulièrement et ces caresses-là l'apaisaient bien plus efficacement et rapidement que des mots.

Souvent, il avait envie de lui demander ce qu'il voyait pour qu'il se mette dans ces états, mais il savait que si Harry avait voulu lui en parler, il l'aurait fait de lui-même.

- Je l'ai vu pratiquer la Legilimancie sur une personne avant qu'il ne la tue. Il a tué quelqu'un…, dit Harry, toujours tremblant.

- Ce n'était qu'un cauchemar Harry, le rassura Drago.

- Non, ce n'était pas un cauchemar, le contredit-il. Parfois, lorsqu'il est en colère ou au contraire, content, j'arrive à rentrer dans son esprit.

Drago écarquilla les yeux. Ce que racontait Harry n'avait aucun sens. Personne ne pouvait entrer dans la tête d'un autre, pas sans utiliser la Legilimancie, ce qui impliquait d'être proche de la personne. De plus, le Lord était un très bon occlumens…

C'était impossible qu'Harry puisse avoir des visions du Lord juste en dormant. Bien évidemment, Drago savait très bien qu'il ne connaissait pas tout sur la magie. Il devait bien exister d'autres moyens de lire dans l'esprit des gens que la Legilimancie, mais certainement pas aussi facilement que ce que venait de dire son amant.

- Ce que tu dis est impossible, Harry.

- Je ne suis pas fou, Drago. Si je te dis que je rentre dans sa tête, c'est que j'en suis sûr. Je ne me l'explique pas et je m'en passerais bien, mais c'est ce qu'il se passe. Lui aussi peut le faire mais…

Harry rapporta alors à Drago tout ce que Dumbledore lui avait appris sur le lien qu'il y avait entre le Lord et lui.

Après son récit, le Serpentard était toujours aussi sceptique, mais qui était-il pour dire qu'un tel lien était improbable s'il n'était pas recherché ?

Personne jusqu'à Harry n'avait survécu à l'Avada, donc cela pouvait tout à fait être possible. Cependant, il ne pouvait cacher que ça lui faisait peur, bien plus que tout ce qu'Harry avait pu lui raconter jusqu'à présent.

Sans compter que Drago avait un étrange pressentiment au sujet de ce lien, comme si ça cachait quelque chose de plus complexe, de plus dangereux. Surtout que la seule explication que son amant avait eue venait de Dumbledore. Entre ce qu'il avait vu et ce que lui avait dit Harry au sujet du vieux sage, Drago ne se sentait pas du tout rassuré.

Ceci dit, il n'y pouvait rien. Il savait qu'il aurait beau chercher des réponses, il ne trouverait rien tant le cas de son amant était unique. Il ne pouvait compter que sur lui. Il allait réfléchir à ce que pouvait bien cacher tout ça, peut-être qu'il en parlerait avec Granger. Ils n'étaient peut-être pas amis et étaient loin d'être tout le temps d'accord, mais quand ils réfléchissaient ensemble, il devait avouer que ça le stimulait.

Pour l'heure, il se contenta de continuer à apaiser son petit-ami qui se détendit peu à peu.

- Tu sais qui était l'homme qu'il a tué ? demanda Drago au bout d'un moment.

- Je ne l'ai jamais vu mais il a dit son nom, c'était Gregorovitch. Je suis persuadé de l'avoir déjà entendu, mais je ne vois pas du tout…

- C'est un fabricant de baguettes d'Europe de l'Est, il est aussi réputé là-bas qu'Ollivander ici, le coupa Drago.

- Mais que voulait-il à Gregorovitch s'il a déjà Ollivander ?

- Bonne question, se contenta de répondre Drago.

Le Serpentard se rallongea tout en gardant Harry contre lui et ne tarda pas à se rendormir malgré les pensées qui tournaient dans sa tête. Il s'inquiétait pour son amant. La mort de Gregorovitch ne le touchait pas du tout. Cela pouvait paraître inhumain, mais il ne connaissait pas cet homme.


Et voilà pour ce chapitre 46.

Qu'avez-vous pensé de l'arrivée de Rogue ? Des pensées de Drago par rapport aux combats d'Hermione ? Et enfin, de la vision d'Harry ?

Dans le 47, nous serons du pdv d'Harry et nous aurons (encore) une altercation. Entre qui et qui cette fois selon vous ?

Je vous remercie et vous dit à vendredi prochain.

Bizzz.