Coucou !

Me voici, me voilà !

Bonne lecture.


Chapitre 60


Plus de deux mois étaient passés depuis leur retour d'Albanie. Drago en venait presque à regretter leurs heures à marcher dans la forêt, tant la maison du Square était fréquentée.

Certes, Lovegood, Thomas, Ollivander et le Gobelin avaient quitté la demeure pour rejoindre celles de certains membres de l'Ordre, mais d'autres venaient régulièrement leur rendre visite.

Les jumeaux Weasley étaient souvent présents pour faire leurs expériences ou leurs émissions de radio clandestine et, avec eux, les invités qui y participaient comme Shacklebolt ou Lupin. Ils trouvaient la chaumière aux coquillages trop petite et apparemment, leur tante Muriel ne cessait de se plaindre qu'il y avait trop de bruit chez elle. Evidemment, Harry avait décidé que se servir de leur maison était une merveilleuse idée…

Leur maison… Oui, Drago commençait vraiment à s'y habituer et il se disait que si Harry le voulait, une fois la guerre terminée, ils pourraient la rénover du sol au plafond et y vivre définitivement.

Il secoua la tête pour revenir à lui. Depuis que Harry lui avait demandé ce qu'il imaginait pour leur avenir, Drago se projetait de plus en plus sans vraiment le vouloir. Cependant, il préférait que la guerre soit terminée pour en reparler avec son petit-ami.

Une explosion retentit et Drago sursauta, manquant de faire tomber toute son encre sur le parchemin sur lequel il écrivait. Il termina rapidement le petit mot pour sa mère et l'enferma dans son médaillon pour qu'il lui parvienne.

- Ils font vraiment chier, se plaignit ensuite Drago en se tournant vers son amant.

- Ça faisait des mois qu'ils ne pouvaient plus travailler sur leurs inventions, les défendit Harry.

Sitôt leur petit-déjeuner englouti, Harry et Drago s'étaient enfermés tous les deux dans leur chambre. Pour Drago, cela s'expliquait par son envie d'échapper à l'agitation qui régnait dans la maison, pour Harry, c'était certainement pour passer un peu de temps seul avec le Serpentard.

- Je plains la mère Weasley d'avoir dû supporter ce tapage pendant des années !

- La mère Weasley s'appelle Molly, le reprit Harry.

- Ouais, je vais en rester à Madame Weasley, rétorqua Drago. On n'a pas élevé les Hippogriffes ensemble.

- Ce sera toujours mieux que la mère Weasley.

Drago leva les yeux au ciel mais n'ajouta rien à ce sujet.

- J'aimais mieux quand nous n'étions que nous quatre. Il n'y avait que Weasley avant-dernier du nom dont j'avais à me plaindre, avoua Drago en se levant et en allant directement s'installer sur les cuisses de son amant.

- Mais comme tu adores te plaindre, tu devrais être content d'avoir plus de matière pour le faire, s'amusa Harry en caressant les flancs de Drago, ses yeux plongés dans les siens.

Alors que Harry s'apprêtait à ôter le haut de son amant, des coups à la porte le stoppèrent. Avec un grognement de frustration, Drago se releva pour reprendre place près du bureau, tandis que Harry allait ouvrir à ses deux meilleurs amis.

- On vous dérange ? s'enquit Hermione.

- Jamais, répondit Drago avec une ironie qui la fit sourire.

- J'étais en train de feuilleter les livres que Ron nous a ramenés de chez sa tante Muriel et je suis tombée sur une illustration des objets liés aux fondateurs.

Elle posa le livre sur le bureau et Drago regarda les images. La jeune femme pointa directement l'objet appartenant à Serdaigle. Il y avait une petite légende qui expliquait que l'artefact était introuvable depuis des siècles.

- Et vous pensez qu'il a pu se servir du diadème ? demanda Drago, sceptique.

- Il l'a fait. Il est censé être perdu, mais je l'ai pourtant vu à plusieurs reprises au cours de l'année précédente, dit Hermione semblant se délecter du mystère qu'elle maintenait.

- Où ça ?! la pressa Harry.

- Dans la Salle sur Demande ! Je l'ai vu posé sur un buste pas trop loin de l'armoire, révéla-t-elle.

- Oui ! Je m'en souviens aussi ! Mais je n'aurais jamais fait le lien. Heureusement que tu es là, s'exclama Harry partageant l'humeur d'Hermione.

Ils se tournèrent tous les deux vers Drago qui haussa les épaules.

- Je ne fais pas particulièrement attention aux vieilleries, dit-il avec désinvolture.

- Tout ça parce que tu ne l'as pas remarqué alors que tu as passé quasiment une année à côté, le taquina Hermione.

Drago ne répondit pas et regarda alors le dernier objet et sut tout de suite qu'il l'avait déjà vu. Il se mit à réfléchir à toute vitesse pour se remémorer le moment où il l'avait aperçu pendant que les autres discutaient du moyen de récupérer le diadème…

- Ouais et bien, je n'ai peut-être pas remarquer ce foutu Diadème mais j'ai autre chose ! s'exclama Drago en faisant sursauter les trois autres.

- Quoi ? demanda Harry, curieux.

- J'ai déjà vu cette coupe ! Je me souviens que le blason de Poufsouffle avait attiré mon attention et que j'étais encore plus surpris de sa présence vu l'endroit où je me trouvais…

- Par Merlin, amour, viens-en au fait ! le pressa Harry, son excitation plus que palpable.

Si Drago n'avait pas partagé sa fébrilité, il aurait pu rire du surnom affectueux que venait de lui donner son amant. Tout comme pour lui, ils étaient rares et apparemment, il venait de lui piquer celui qu'il lui donnait de temps à autre. Il décida d'ignorer complètement le ricanement de Weasley face à la démonstration d'affection de son petit-ami.

- Oh ça va mon Ron-Ron, tu as entendu des petits noms bien plus ridicules que celui-ci, s'amusa Harry.

Ledit Ron-Ron devint rouge de honte, mais Drago ne l'enfonça pas plus et choisit de poursuivre son explication.

- C'était pendant les vacances entre notre cinquième et sixième année. Avec ma mère, nous sommes allés à Gringotts et nous avons dû nous rendre dans le coffre de ma tante. Elle avait besoin qu'on y récupère un livre de magie noire…

- Drago ! l'interrompit Harry, à bout de patience.

Le jeune homme leva les yeux au ciel devant l'empressement de son Gryffondor.

- Bref, j'ai vu la coupe dans le coffre de Bellatrix, conclut-il.

- Mais… Tu es sûr que c'était bien celle-ci ? demanda Hermione avec prudence.

- Eh bien non, je ne peux pas en être certain. Ça pourrait très bien être une copie après tout, bien que je vois mal ma tante mettre une copie de quoi que ce soit dans un lieu aussi sûr… En tout cas, je suis certain qu'elle était exactement comme celle de l'image. Je me souviens encore de mon étonnement qu'un objet portant le blason de Poufsouffle se trouve dans le coffre de Bellatrix…

Le jeune homme grimaça en se souvenant de la réaction de sa tante lorsqu'il l'avait interrogée sur l'artefact. Persuadé qu'il avait là la preuve de l'importance de l'objet, Drago décida de l'exposer aux autres.

- En fait, je suis quasiment certain que c'est bien la coupe que nous cherchons. Quand j'ai osé la questionner sur la présence d'une coupe aux armoiries de Poufsouffle dans son coffre, elle est devenue hystérique. Sans ma mère pour la calmer, je crois bien qu'elle m'aurait soumis au Doloris… Elle m'a demandé si je l'avais touchée et elle m'a ensuite ordonné de ne plus jamais parler de ce que j'avais vu, expliqua Drago.

Drago vit les trois autres échanger un regard. Harry semblait extatique, Weasley craintif et Hermione perplexe.

- Vous pensez qu'il aurait pu confier un objet d'une si grande importance à quelqu'un d'autre ? demanda-t-elle.

- On sait avec certitude qu'il l'a fait pour le journal. Le père de Drago l'avait en sa possession sans vraiment savoir de quoi il s'agissait, lui rappela Harry.

- Mais pourquoi Gringotts ? questionna Hermione.

- Je ne sais pas. Je me souviens avoir été impressionné par la grandeur des lieux la première fois que j'y suis allé. D'autant que lui, il n'avait pas de coffre… Peut-être qu'il en a toujours voulu un. Peut-être que c'est aussi une question de sécurité. Ne dit-on pas que Gringotts est l'endroit le plus sûr après Poudlard ? répondit Harry.

- Ce qui nous mène à un problème de taille, intervint Weasley. Comment allons-nous mettre la main sur la coupe ?

Les quatre jeunes gens gardèrent le silence un moment, chacun réfléchissant à une solution.

- Est-ce que tu as accès à ce coffre ? demanda Harry à Drago.

- Non, j'ai pu y accéder seulement grâce à la présence de ma mère. Elle, elle y a accès.

- On pourrait demander à sa mère de nous y faire entrer, proposa Weasley.

Alors que Drago s'apprêtait à dire qu'il était hors de question de mettre sa mère en danger, Harry réagit avant lui.

- Je refuse d'exposer Narcissa. Tout comme je refuserais d'exposer tes parents à un tel danger alors qu'ils sont enfin en sécurité. D'autant que Narcissa ne fait pas partie de l'Ordre, elle n'a pas choisi de se battre.

- Mais…, tenta d'insister le rouquin.

- Il n'y a pas de « mais », Weasley. Nous, les Malefoy, nous ne sommes pas des héros et nous n'avons aucune envie de le devenir. Je ne suis là que pour Harry et parce que je sais ma mère en sûreté. Bien sûr, si je le lui demandais, elle accepterait de se rendre à Gringotts, mais je ne le ferai pas, donc oublie tout de suite l'idée, l'interrompit Drago.

- En fait, je n'allais pas insister. J'aillais juste proposer de prendre l'apparence de ta mère pour accéder au coffre de ta tante, reprit Ron.

Les trois autres se tournèrent vers le rouquin et le regardèrent avec ébahissement, le faisant rougir.

- Eh bien quoi ?! Arrêtez d'être aussi surpris quand je trouve une idée intelligente, c'est très vexant ! bougonna Weasley.

- Mais non Ron, on n'est pas surpris, juste…, tenta de se défendre Hermione.

- Ah moi oui, je suis complètement surpris, l'interrompit Drago avec un rictus.

- Je t'emmerde, Malefoy.

- Moi de même, Weasley, s'amusa Drago.

Drago fut content de voir que le rouquin ne partait plus au quart de tour à la moindre de ses piques. Heureusement d'ailleurs, parce qu'il ne se gênait pas pour lui en lancer à chaque occasion qui se présentait.

- Donc, pour en revenir à Gringotts, vous pensez que prendre l'apparence de la mère de Drago suffira à nous permettre de prendre la coupe ? demanda Hermione, perplexe.

- Non, si prendre du Polynectar suffisait à pénétrer dans un coffre qui ne nous appartient pas, la banque ne serait pas aussi réputée pour sa sécurité, dit Drago.

- Reste à savoir de quelles mesures disposent les gobelins, intervint Harry.

- Eh bien, on sait déjà qu'il y a différents systèmes d'ouverture pour les portes des coffres. Des clefs pour les plus simples, une ouverture par un gobelin lui-même pour d'autres. Celle de ma tante s'ouvre par une goutte de sang…

- Mais si le Polynectar nous fait prendre l'apparence d'une personne, je ne suis pas sûre que ça marche aussi pour le sang, exprima Hermione.

- Ça n'est pas le cas mais je pourrais demander à ma mère de nous donner un échantillon, ce n'est pas vraiment un problème, la rassura Drago. Non, je crains plus ce qu'on ne connaît pas du tout. Il y a des rumeurs de dragons, mais je doute que ce soit le pire. Les Gobelins sont vraiment des êtres vicieux.

A l'instant où les mots franchirent ses lèvres, il sut qu'il aurait mieux fait de se taire. Non pas qu'il ne le pensait pas, mais en présence de Miss-Défense-Des-Opprimés, il valait mieux éviter ce genre de déclaration.

- Tu sais Drago, les Gobelins…

- Vraiment Hermione, on n'est certainement pas tout blanc dans l'état de nos relations avec les Gobelins, je ne dis pas le contraire. Cependant, ils sont vicieux, c'est un fait.

- Oui, eh bien ils le seraient peut-être moins s'ils avaient été traités avec un peu plus de respect par les sorciers, se borna-t-elle.

- Tu as probablement raison, avoua Drago. Mais ça n'empêche pas…

- Qu'ils soient vicieux, termina Hermione à sa place. Tu n'aimes pas avoir tort, n'est-ce pas ?

- Autant que toi, très chère, répondit Drago avec provocation.

La jeune femme lui tira puérilement la langue et Drago pouffa légèrement.

- Mon frère Bill pourrait peut-être nous éclairer sur certaines mesures de sécurité de la banque, même si je doute qu'il sache tout sur le sujet. Selon lui, il a beau travailler pour eux depuis des années, il me dit qu'ils sont toujours méfiants et pourtant, il fait partie des sorciers qu'ils apprécient, expliqua Ron.

- On pourrait aussi essayer de voir avec Gripsec, proposa Harry.

- Je doute qu'il accepte de nous aider à cambrioler la banque mais certes, on ne perd rien à essayer, approuva Drago.

- En tout cas, pour le diadème, rien de compliqué. Puisqu'on sait où il se trouve et à quoi il ressemble, on a qu'à demander à Rogue de le récupérer pour nous, dit Ron.

- Oh oui, il va être enchanté de faire nos courses, ricana Drago. J'envoie un message à ma mère pour qu'elle le contacte.

En effet, même si Rogue allait certainement montrer son mécontentement, il était hors de question de ne pas profiter de l'aubaine. Lui, ne courrait aucun risque à récupérer l'artefact comparé à eux.

- Bien, après ça, nous n'aurons qu'à préparer le plan pour Gringotts. Si nous parvenons à mettre la main sur les deux, il ne nous restera que Nagini, lança Harry, plein d'entrain.

En effet, il y avait de quoi se sentir euphorique. En une heure, ils avaient plus avancé que ces six derniers mois. Pour peu que le serpent soit toujours à Godric's Hollow, ils n'auraient pas à approcher le Lord pour s'en débarrasser.

Enfin, la destruction de tous les Horcruxes signifiait aussi l'affrontement final entre Harry et le Mage Noir. Drago savait qu'à cause de cette foutue prophétie, son petit-ami tiendrait à le combattre en personne. Le Serpentard savait qu'il ne pourrait rien faire pour l'en dissuader.

Finalement, cette avancée spectaculaire n'était pas une si bonne chose et il s'en rendait compte maintenant qu'il regardait les choses dans son entièreté.

Certes, la situation actuelle était loin d'être idyllique. Ils étaient peut-être dans un endroit relativement confortable, mais ils n'étaient pas libres de leurs mouvements et avaient toujours cette peur qu'un proche soit attaqué. Cependant, ils étaient ensemble.

En fait, c'était comme s'ils étaient sur un fil raide et qu'il était sur le point de céder. Soit tout se passerait bien ou alors, ce serait la fin de tout. Contrairement aux trois autres, Drago n'était pas courageux et il aurait préféré continuer à vivre comme ils le faisaient en ce moment. Il ne supporterait pas de perdre Harry.

- Drago ?

Le Serpentard sursauta et se tourna vers son amant. Les deux autres avaient quitté la pièce sans qu'il n'y fasse attention.

- Hum ?

- Tu as l'air préoccupé.

- Il y a de quoi, non ? demanda-t-il en tâchant de cacher un maximum sa peur.

Harry lui offrit un petit sourire et l'enlaça tendrement.

- Moi aussi j'aime bien notre petite vie ici, mais je sais que si tout se passe bien, on pourrait avoir beaucoup mieux. Pour nous et pour le monde.

- Je m'en contrefous du monde, Harry.

Il aurait pu dire « mon monde, c'est toi » mais il était hors de question qu'une phrase si niaise sorte de sa bouche. La penser était déjà bien assez embarrassant.

Harry embrassa Drago doucement avant de lui prendre la main et de l'emmener au salon avec les autres. Ils avaient un plan à mettre au point.


Et voilà pour ce 60 !

Qu'en avez-vous pensé ? Si ça ce n'est pas une avancé significative !

Dans le chapitre suivant, nous serons du pdv d'Harry et ils continueront à avancer dans leur quête ;)

Je vous remercie et vous souhaite une bonne semaine.

Bizzz.