Bonjour tout le monde !
Me voilà (enfin) avec la suite et comme la dernière fois, j'ai décidé de publier deux chapitres ensemble pour palier un peu à mon irrégularité. Je ferais de même pour la prochaine publication ce qui fait qu'après aujourd'hui, il restera deux publications. Une avec deux chapitres et une avec l'épilogue. Je dois avouer que j'ai hâte de vous faire connaître cette fin car cette histoire m'aura demandé beaucoup de temps et d'investissement mais aussi parce que je ressens le besoin de prendre un peu de repos à tous les niveaux de l'écriture/publication.
Je ne sais pas combien de temps je resterais sans publier mais je reviendrais, promis. J'ai déjà une histoire complètement écrite et je ne la garderais pas rien que pour moi ;)
Cependant, je préfère attendre que mon envie soit de nouveau là et la partager avec vous avec la même hâte et la même envie que j'avais avant.
Bref, je vous laisse à votre lecture !
Chapitre 63
Harry se tenait à quelques pas derrière Rogue et Bellatrix. Il se concentrait pour ne pas perdre le contrôle sur la sorcière. Il devait avouer que ça n'était pas très compliqué pour le moment. Sa capacité de résistance était assez inférieure à celle de Drago lorsqu'ils s'étaient entraînés la veille. Heureusement d'ailleurs car apparemment, son sort n'était pas des plus puissants. Ce n'était pas étonnant, Harry n'avait aucune prédisposition pour la magie noire et surtout, il n'avait passé qu'une seule journée à s'entraîner.
Alors qu'ils étaient presque arrivés devant les marches de Gringotts, ils furent interpellés par un homme qui semblait connaître aussi bien Rogue que Bellatrix.
- C'est étrange de vous voir tous les deux, dit-il après les avoir salués.
Harry était sur le qui-vive. Il ne savait pas du tout comment il devait faire réagir Bellatrix et sans réaction, elle n'allait pas tarder à alerter l'homme. D'autant qu'elle avait un air absent qui ne devait pas lui être coutumier. Selon Rogue, cela était dû à la faiblesse de l'Imperium mais il avait ajouté que ça ferait l'affaire.
La faiblesse de son sort expliquait aussi la raison de sa présence. S'il l'avait réellement maîtrisé, il aurait pu rester au Square, de la même façon que Drago, qui n'avait pas eu besoin de rester proche de Rosmerta tout au long de leur sixième année. Mais là, il valait mieux qu'il se tienne à proximité de sa cible pour intervenir au moindre problème.
- Bellatrix doit effectuer quelque chose pour notre Lord et il m'a chargé de l'escorter. Les rues ne sont pas sûres, intervint Rogue en jetant un coup d'œil alentour.
L'homme l'imita et fit une moue dégoûtée en voyant un bon nombre de sorciers en haillons, assis par terre. Harry comprit qu'il s'agissait des Nés-Moldus privés de leur baguette et son cœur se serra. Il avait bien sûr entendu les jumeaux, Lupin ou Kingsley en parler, mais le voir de ses propres yeux était bien différent.
- En effet, répondit l'homme. Bien, je dois prendre un Portoloin pour la Roumanie afin d'y rencontrer de possibles sympathisants au Maître. A bientôt.
Il s'inclina légèrement devant Bellatrix et Harry lui fit faire un bref signe de tête. Il le regarda s'éloigner et ne chercha pas à retenir un petit soupir de soulagement discret. Heureusement que l'autre homme ne s'était pas attardé, ça aurait pu mal finir s'il avait remarqué l'air absent de Bellatrix ou s'il avait trouvé ses réactions étranges.
Arrivés à l'entrée de la banque, Harry fut étonné de voir des sorciers effectuer des contrôles de sécurité avec un drôle d'objet. Ça devait sûrement être une mesure du nouveau gouvernement mis en place depuis que Voldemort avait pris le contrôle du Ministère. Le Survivant se demanda comment les Gobelins vivaient cette interférence des sorciers dans leurs affaires.
Le Gryffondor secoua la tête et reporta son attention sur Bellatrix. Il devait demander l'accès au coffre des Lestrange et c'était bien plus complexe que de la faire avancer tranquillement.
- Je voudrais accéder à mon coffre, énonça Bellatrix.
- Votre baguette, réclama le Gobelin.
Harry eut quelques difficultés à pousser la femme à tendre son morceau de bois et à le donner à la créature mais il y parvint assez vite pour que ça ne paraisse pas suspect. Le Gobelin examina l'objet et finit par acquiescer.
- Bien Madame Lestrange, Bogrod va vous accompagner jusqu'à votre coffre.
Ledit Bogrod arriva et les entraîna derrière les lourdes portes menant au wagonnet. Le voyage fut bien plus long que celui qu'Harry avait fait avec Hagrid des années plus tôt. Il devina que le coffre des Lestrange devait être l'un des plus anciens et donc, être bien enfoui dans les entrailles de la banque.
Après un temps qui lui parut infini, le wagonnet s'arrêta et ils en descendirent, Harry toujours bien dissimulé sous sa cape.
- Pour l'instant, tout se passe à merveille. Je sais de source sûre que si les gobelins avaient eu le moindre soupçon nous concernant, ils auraient activé la Cascade des Voleurs et les choses auraient très mal tourné, dit doucement Rogue.
Harry approuva doucement pour montrer qu'il avait entendu mais il était déjà en train d'inspecter les alentours à la recherche de la coupe d'Helga Poufsouffle. Tout était rempli d'objets, de livres, d'or. Nul doute que les Lestrange étaient très riches. Il finit par apercevoir l'objet recherché et n'attendit pas pour sortir son bras afin de s'en emparer.
- Non, intervint Rogue en retenant son geste.
Harry se tourna vers lui, perplexe.
- Il est plus que probable que les Lestrange aient jeté des maléfices de protection qui toucheraient toute personne n'ayant aucun droit sur ce qui est enfermé dans ce coffre, expliqua-t-il. Servez-vous d'elle.
Harry fut un peu gêné de ne pas avoir pensé à cela et se concentra sur la sorcière pour lui faire accomplir ce qu'il voulait. Il regarda Bellatrix lever le bras sans parvenir à atteindre la coupe. Rogue lui lança un sortilège pour la faire léviter et enfin, elle s'empara de l'objet convoité.
Harry ne put retenir un soupir de contentement lorsqu'elle lui remit la coupe. Il la rangea rapidement dans l'une des poches de sa robe et pour donner le change, il fit prendre quelques pièces à Bellatrix. Ainsi, le Gobelin ne trouverait pas étrange qu'ils repartent les mains vides.
Le chemin du retour se passa sans aucun problème. Arrivés au Square, Harry annula l'emprise qu'il avait sur leur prisonnière et se dépêcha de la mettre hors d'état de nuire, comme la veille. Une fois que tout serait fini, ils la livreraient au Ministère mais en attendant, ils ne pouvaient pas se permettre de la relâcher. Pas alors qu'elle avait accès à leur lieu sûr et qu'elle pouvait avertir son maître qu'ils avaient volé la coupe d'Helga Poufsouffle.
- Tout s'est bien passé ? demanda Drago une fois qu'ils eurent enfermé Bellatrix dans la cave.
- Aucun problème, répondit Harry en étreignant son petit ami.
Le Survivant sortit la coupe de sa cape et la tendit devant lui pour que les autres puissent la voir.
- L'épée est dans le salon, annonça Hermione.
Ils s'y rendirent tous ensemble et Harry posa l'objet au sol.
- Drago, à toi l'honneur, c'est grâce à toi qu'on a su où la trouver, dit Harry.
Le Serpentard prit l'épée et sans aucune hésitation, il l'abattit sur la coupe qui siffla étrangement quelques secondes.
- Et maintenant ? demanda Ron.
- Maintenant, nous devons nous occuper du Serpent, répondit le Survivant. Demain, nous irons à Godric's Hollow en espérant que Nagini y soit toujours…
- C'est le cas, confirma Rogue. En dehors des moments où le Lord la ramène chez les Malefoy, il la laisse surveiller les alentours du cimetière et de la maison. Comme lui-même n'est pas au Manoir en ce moment, le serpent doit être à Godric's Hollow.
Harry fut content de la nouvelle. Il n'aurait plus à chercher, à attendre… Se rendre sur le chemin de Traverse plus tôt dans la journée et constater de ses propres yeux la misère dans laquelle les Nés-Moldus vivaient ou la peur chez presque toute la communauté sorcière l'avait fortement touché.
Il voulait que tout ça se termine et au plus vite. Ces derniers mois à vivre bien au chaud, sans nouvelles du monde de la magie ou très peu, l'avaient quelque peu coupé des réalités. Bien sûr, ils n'avaient pas vraiment chômé. Ils avaient activement cherché les Horcruxes et ils n'avaient pas sciemment pris leur temps, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir mal en pensant que lui, il avait vécu dans de très bonnes conditions et entouré des trois personnes qu'il aimait le plus au monde contrairement à d'autres. Combien de sorciers n'avaient pas eu cette chance ? Combien ne l'auraient jamais plus ?
- On ne peut pas simplement y aller demain, il faut d'abord mettre un plan au point, objecta Hermione, soucieuse.
- Je vais te le donner le plan, répliqua Harry. On y va, vous lancez des sorts pour distraire Nagini et je lui coupe la tête. Ensuite, on rentrera et on décidera de la suite.
La suite, il la connaissait. Ce serait le dernier affrontement, la Grande Bataille. Celle où il ferait face à Voldemort. Tout ce qu'il voulait, c'était que tout ça se termine pour qu'il puisse vivre sa vie comme il l'entendait avec Drago et pour que la communauté magique puisse se reconstruire.
- Tu es sûr de toi ? Quelques jours de plus…, tenta Hermione.
- On ne peut plus sûr, la coupa Harry, gentiment mais fermement.
- Bien, dans ce cas, je vais regarder dans nos réserves de potions ce qui peut être utile et ce qu'on pourrait concocter en une nuit. Drago, tu viens m'aider ? demanda Hermione.
Le jeune homme répondit d'un simple hochement de tête et ils quittèrent le salon.
- J'ai promis à Bill d'aller les aider dès ton retour, Fleur et lui, pour Ollivander et Gripsec. Je reviens dans deux heures au plus tard, annonça Ron avant de se lever à son tour pour quitter la pièce.
Harry se retrouva donc seul avec Rogue et sentit une gêne s'installer rapidement entre eux. Il ne pouvait nier qu'il ressentait moins d'animosité pour ce professeur qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs ces dernières années. Il lui faisait confiance et c'était un véritable miracle quand on savait à quel point ils ne s'aimaient pas. Malgré ces progrès, rester seul en sa présence et sans nécessité due à un plan quelconque était encore de trop.
- Bon, je vais monter dans ma chambre, décréta Harry en se levant.
- Attendez Potter, je dois vous parler, le retint Rogue.
Harry fronça les sourcils, cela faisait cinq bonnes minutes qu'ils étaient seuls ici dans un silence inconfortable et c'était maintenant qu'il avait réuni son courage afin de fuir cette situation que Rogue se décidait à dire quelque chose…
- Je vous écoute, l'encouragea Harry, voyant que le professeur ne disait plus rien.
- C'est compliqué… Je crois qu'il vaudrait mieux que je vous montre, finit-il par répondre.
- Me montrer ? s'étonna Harry.
- Oui et comme nous n'avons pas de Pensine sous la main, vous allez utiliser la Legilimancie, annonça le professeur. Oh, ne faites pas cette tête Potter, je baisserai toutes mes défenses pour que vous y parveniez et je saurai vous guider et ne vous laisser voir que ce que je souhaite. De plus, cette fois-ci, vous avez mon autorisation.
Harry ne chercha pas à discuter. A dire vrai, il était plus qu'intrigué par ce que souhaitait lui montrer Rogue. Qu'est-ce qui pouvait être important au point qu'il lui donne accès à son esprit ?
- Legilimens, lança Harry, baguette en main dirigée sur Rogue.
Il sut tout de suite qu'il avait réussi en se retrouvant dans le bureau directorial. Cela était forcément un souvenir récent car le Rogue du souvenir n'était pas du tout différent de celui qui se tenait à ses côtés. D'autant que l'homme du souvenir se tenait face au portrait de Dumbledore. Si Harry ne savait pas dire avec exactitude de quand datait cette scène, il pouvait être sûr qu'elle n'avait pas un an.
- Le diadème a été détruit, annonça Rogue. Ils savent où trouver l'Horcruxe suivant et je vais les aider à l'obtenir.
Le professeur expliqua donc où se trouvait la coupe de Poufsouffle et ce qu'il devait faire pour assister Harry et ses amis.
- Je n'avais pas imaginé que vous les aideriez autant.
- C'est pourtant mon rôle, non ?
- Bien sûr, juste que je ne m'attendais pas à ce qu'Harry vous fasse un jour assez confiance pour demander votre soutien.
- Drago a une bonne influence sur lui, se contenta de répondre Rogue avec un haussement d'épaules.
- Seulement, en faisant ça, il y a de très fortes chances pour que vous grilliez votre couverture, objecta Dumbledore.
- Selon eux, après la destruction de la coupe, il n'en resterait qu'un, Nagini…
- Je savais que ce serpent était bien plus qu'un simple animal de compagnie, commenta Dumbledore.
- Donc, ma couverture ne sera bientôt plus nécessaire. L'affrontement approche et je ferai tout pour que Potter en ressorte vivant. Ensuite, ma part du contrat sera remplie et je pourrai enfin être tranquille.
- Au sujet de l'affrontement entre Tom et Harry, il y a quelque chose que je dois vous dire. Quelque chose que vous devrez lui dire avant qu'il ne l'affronte.
Tout de suite, la méfiance d'Harry se manifesta, ainsi que celle du Rogue du souvenir à en juger par ses sourcils froncés. Le Gryffondor savait déjà qu'il n'allait pas aimer ce qui allait suivre.
- Ce soir-là à Godric's Hollow, le fait que le sort de Tom lui soit renvoyé et qu'Harry survive, c'était grâce au sacrifice de Lily…, commença le vieux sage.
- Oui, ça je le sais, vous me l'avez expliqué plus d'une fois, le coupa Rogue impatient et irrité.
- Seulement, l'âme de Tom, trop instable, morcelée et dénaturée par les actes de magies a réagi à ce danger et un de ses morceaux est allé trouver refuge dans la première personne vivante qu'il a trouvée…
Harry eut l'impression que tout s'écroulait autour de lui, sur lui. Une part de Voldemort vivait en lui. Cela faisait plus de seize ans qu'il vivait avec un morceau de l'âme de celui qui avait tué ses parents et fait de sa vie un enfer…
Puis au-delà de l'horreur, la réalité de la chose le frappa. S'il fallait détruire tous les Horcruxes pour espérer vaincre Voldemort, alors il fallait le détruire, lui. Il n'allait pas survivre. Tout cet espoir qui avait grandi en lui ces derniers mois venait de retomber comme un soufflé.
Il n'y aurait pas d'avenir. Pour la première fois de toute sa vie, il fut presque tenté de tout laisser tomber. Prévenir les autres de se cacher et fuir avec Drago. Vivre reclus sur une plage, seul avec son amant… Voilà une perspective qui semblait moins improbable.
- Il est très important que Tom le tue de sa main, dit Dumbledore.
- Vous l'avez élevé comme un porc destiné à l'abattoir…, lâcha Rogue, dégoûté.
Harry n'entendit pas la suite car il fut rejeté de l'esprit de son professeur et il n'en était pas du tout contrarié. Il ne savait pas ce qui dominait en lui. La déception qu'il ressentait face à la preuve que Dumbledore lui avait encore caché des choses. Sa tristesse à cause de l'impression, plus forte que jamais, de n'être qu'un pion entre les mains du vieux sorcier. Sa colère pour le défunt directeur qui n'aura eu de cesse de lui mentir en lui faisant croire à plusieurs reprises qu'il lui avait tout dit. Sans oublier la mort de ses espoirs pour un lendemain plus beau…
- Je suis vraiment désolé, dit Rogue.
Harry releva les yeux vers son professeur et put voir sa sincérité par-delà sa froideur habituelle.
- Le pire c'est qu'au final, je ne suis même pas surpris d'apprendre qu'il m'ait caché une chose pareille. Il m'a laissé vivre des années chez les Dursley, il m'a toujours dit seulement ce qu'il fallait que je sache aux moments opportuns… Je n'ai toujours été qu'un pion…
Le jeune homme se laissa tomber sur l'un des bancs et posa ses coudes sur la table laissant aller sa tête entre ses mains.
- Je pourrais fuir. Là, maintenant, je pourrais monter, prendre mes affaires et partir avec Drago, Ron et Hermione, continua-t-il plus pour lui-même que pour Rogue.
- Je vous y aiderais.
Une fois encore, Harry releva la tête, stupéfait.
- Vraiment ?
- Eh bien oui. Tout ce que j'ai toujours fait visait à assurer votre survie et je pensais que c'était aussi l'objectif de Dumbledore. Il n'y a pas qu'à vous qu'il mentait, expliqua le professeur.
Il n'arrivait pas à réaliser ce qu'était en train de lui dire Rogue. Enfin si, il comprenait mais il n'en comprenait pas les raisons.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi, Potter ?
- Vous me détestez et vous détestiez mon père. Pour moi, votre double jeu était simplement dû au fait que vous souhaitiez la chute du Lord pour une obscure raison. J'ai toujours cru que je devais votre aide à cette prophétie qui disait qu'il n'y avait que moi pour le vaincre. Mais là, vous me proposez de m'aider à fuir ? Je ne comprends pas.
Rogue poussa un profond soupir et pour la première fois, Harry eut l'impression d'avoir affaire à un être humain et pas à un morceau de glace enchanté pour ressembler à un homme.
- J'ai passé des années à me convaincre que j'allais enseigner à un petit arrogant comme l'était votre père à son entrée à Poudlard. Et quand je vous ai vu… Vous lui ressemblez tellement que reporter la haine que j'avais pour lui sur vous n'a pas été difficile. Je ne vous ai jamais vraiment détesté… Enfin, si, mais pas pour les bonnes raisons.
Nouveau soupir, Harry sentait que Rogue n'était pas du tout à l'aise et il imaginait très bien que le professeur ne se confiait que rarement sur ce genre de choses.
- J'ai mis longtemps à le réaliser et encore plus longtemps à pouvoir le dire à voix haute mais vous n'êtes pas comme votre père. Vous ressemblez bien plus à Lily en fait, pas physiquement, bien sûr, mais pour le reste, aucun doute là-dessus. Je ne sais pas si un jour je pourrais réellement vous apprécier, mais sachez en tout cas que je ne vous déteste pas, conclut-il.
Harry prit un moment pour appréhender tout ce que venait de dire son professeur. Il ne s'était pas excusé mais rien que le fait qu'il avoue avoir fait une erreur en le cataloguant tout de suite comme la copie conforme de son père représentait beaucoup. Sans parler du fait qu'il venait aussi de lui dire qu'il ressemblait plus à sa mère…
- Mais… Vous détestiez ma mère aussi ! Je me souviens dans ce souvenir que je n'aurais jamais dû voir, vous l'aviez insultée sur sa naissance.
Cette fois, il put voir un intense chagrin passer dans les yeux du professeur avant qu'il ne se reprenne.
- Je ne souhaite pas m'étendre sur cette partie-là de ma vie mais sachez que je ne détestais pas Lily. Bien au contraire. Elle a été ma première amie, la meilleure que j'ai eue et que je n'aurai jamais plus. Ce jour-là, à cause de ma colère à l'encontre de James, j'ai brisé la plus belle chose que je possédais. Elle ne m'a jamais pardonné ces mots, et le fait que je rejoigne les rangs des Mangemorts directement après mes études n'a rien arrangé…
Harry était complètement choqué par ses révélations mais il le croyait sur parole. Il avait même de la peine pour Rogue. Après tout, s'il avait vraiment parlé sur le coup de la colère, c'était cher payé.
- Bref, la suite de l'histoire, vous la connaissez. J'ai entendu une partie de la prophétie et je l'ai rapportée au Lord sans savoir que cela mènerait à la mort de Lily… C'est après sa mort que j'ai définitivement rejoint l'Ordre en me promettant que son sacrifice ne serait pas vain. Alors je le répète, si vous voulez fuir, je vous y aiderai.
- Vous l'aimiez, n'est-ce pas ? demanda soudainement Harry.
La façon dont il parlait d'elle, cette intensité dans son regard lorsqu'il l'évoquait… Malgré tout l'amour qu'il avait pour Hermione, il savait qu'il n'en parlait pas de la même façon. Lui, il aurait pu parler de Drago ainsi.
- Je ne souhaite pas répondre à cette question. J'estime que je vous en ai assez révélé pour toute une vie.
- Et tant mieux car la mienne s'achèvera demain apparemment ! s'exclama Harry en se relevant.
Il avait lancé ça avec désinvolture mais il savait bien qu'il ne trompait personne. Cela dit, même si envisager de fuir lui avait fait du bien, il n'avait pas de temps à perdre et il devait affronter la réalité des choses. Demain, il ferait ce que Dumbledore attendait de lui car malgré le nombre de choses qu'il avait à reprocher au défunt directeur, on pouvait dire qu'il le connaissait bien. Il était hors de question qu'il fuit en laissant tous ces gens livrés à eux-mêmes.
- Je savais que vous ne partiriez pas, lâcha Rogue avec fatalisme.
- Mais ça m'a fait du bien de simplement l'imaginer.
Le professeur hocha la tête en signe de compréhension.
- Demain, une fois que nous nous serons débarrassés de Nagini, je proposerai qu'on transplane tous ensemble. Il faudra s'arranger pour que je sois en bout et que ce soit à vous que je m'accroche. Ainsi, je pourrai vous lâcher et vous arriverez ici tous les quatre, sans moi. Je ne veux pas que Drago, Ron ou Hermione assistent à ça. Et encore moins qu'ils cherchent à s'interposer, expliqua Harry.
Rogue acquiesça, attentif.
- Une fois que vous serez en sécurité, empêchez-les de revenir à Godric's Hollow. Dites-leur toute la vérité et stupéfixez-les si nécessaire.
- Entendu.
- Merci, conclut Harry en souriant pour la première fois à Rogue.
Le jeune homme savait que la conversation était close, alors il tourna les talons pour quitter la pièce et, alors qu'il s'apprêtait à en sortir, la voix du Professeur le retint.
- Potter, j'aurais vraiment voulu que les choses se terminent autrement et Dumbledore aussi, j'en suis certain.
- Je sais, fut tout ce que dit Harry avant de refermer la porte et d'aller se réfugier dans sa chambre.
Chapitre 64
Drago fut réveillé en sentant Harry quitter le lit. Il ouvrit un œil et vit qu'il n'était que huit heures du matin. Bon, c'était une heure raisonnable pour démarrer la journée, mais comme ils s'étaient couchés très tard dans la nuit et qu'ils s'étaient mis d'accord pour se rendre à Godric's Hollow en début de soirée, Drago ne comprenait pas pourquoi son amant ne profitait pas plus du lit.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Drago d'une voix ensommeillée.
- Je n'arrivais pas à me rendormir et comme je ne voulais pas te déranger, j'allais descendre, lui répondit-il.
- Eh bien reviens te coucher, je suis réveillé maintenant.
Drago regarda Harry s'exécuter et venir se blottir contre lui. La veille, après avoir dit à Hermione qu'il n'avait plus aucune envie de jouer avec des chaudrons, il avait rejoint Harry dans leur chambre et celui-ci s'était montré particulièrement câlin.
Bon, il l'était toujours lorsqu'ils n'étaient que tous les deux mais là, ça avait eu quelque chose de différent sans que Drago ne parvienne à dire ce qui lui avait donné cette impression. Et il ne pouvait pas non plus expliquer pourquoi cela lui donnait à présent un mauvais pressentiment…
- Tout va bien ? demanda le Serpentard.
- Oui, pourquoi ? répondit Harry en plongeant ses yeux dans les siens.
Drago le regarda un instant avant de se détendre. Il se faisait des idées, Harry devait juste être nerveux face à ce qu'ils s'apprêtaient à faire et il y avait de quoi.
- Non, pour rien, finit par lâcher Drago.
Ils passèrent un moment à se caresser avant de se lever. Même si au final ils avaient très peu dormi, la perspective de ce qui approchait les rendait trop nerveux pour repartir dans les bras de Morphée. Le reste de la journée passa lentement. Personne ne savait quoi dire ou quoi faire car ils étaient aussi prêts que possible et trop nerveux pour avoir envie de parler.
Même si Drago aurait préféré que le temps s'arrête, l'heure de partir pour le village arriva et ils y allèrent tous ensemble. Ils avaient décidé qu'Harry serait celui qui manierait l'épée pendant que Rogue, Ron, Hermione et Drago lanceraient des sorts visant à ralentir ou à distraire Nagini.
Ils arrivèrent à l'écart du village mais du côté opposé de là où ils avaient transplané la première fois car c'était plus proche de la maison des Potter.
- Et maintenant ? demanda Ron.
- Maintenant, on attend, répondit simplement Harry.
De loin, ils voyaient des familles déambuler dans la petite rue pour rentrer chez eux.
- Les habitants risquent d'entendre les bruits de lutte ! s'exclama soudainement Harry. Comme le village est aussi moldu…
- J'ai lancé une illusion et un sort de silence à grande échelle, répondit Rogue avant même qu'il ait terminé sa phrase. Si les Moldus se mettent à leur fenêtre, ils ne verront rien de particulier et n'entendront rien non plus. De plus, j'ai lancé un sortilège qui les repousse pour ne pas qu'ils puissent nous approcher.
Drago fut, une fois de plus, impressionné par l'intelligence de Rogue mais aussi par sa puissance. Lancer une illusion n'était pas simple et encore moins lorsqu'elle était aussi conséquente.
Ils passèrent plusieurs minutes à attendre à proximité de la maison sans que rien ne se passe et alors qu'ils s'étaient décidés à se promener dans le village pour tenter de débusquer l'animal, ils furent attaqués.
Une fois de plus, Nagini les avait surpris en se cachant et en attendant le moment opportun pour se dévoiler. Fort heureusement, Ron poussa Hermione de la trajectoire du reptile et personne ne fut blessé.
Le combat éclata tout de suite mais malgré qu'ils soient quatre à lancer des sorts, le reptile n'en était pas moins rapide et dangereux et Harry n'avait pas encore eu l'occasion de l'atteindre avec son épée.
Drago eut la peur de sa vie lorsqu'il vit Nagini attaquer son amant. Elle le fit reculer et il trébucha lâchant son épée sous le choc.
Tout se passa alors en quelques secondes. Tandis que tous les sorts lancés sur le reptile semblaient ne pas l'atteindre, Drago vit Weasley s'emparer de l'épée tenue par Harry quelques instants plus tôt et trancher la tête de Nagini juste avant qu'elle ne morde le Survivant.
Tout le monde resta figé un court laps de temps. Drago, Rogue et Hermione, baguettes tendues et air horrifié sur leurs visages. Weasley, l'épée tendue et le visage plus déterminé que jamais et Harry, la peur clairement visible dans ses yeux.
Puis ils réalisèrent ce qu'il venait de se passer et la joie explosa. Rogue se contenta d'abaisser sa baguette avec un hochement de tête appréciateur. Hermione lâcha un cri de joie et se jeta sur Weasley pour lui embrasser la joue. Ledit Weasley eut un sourire surpris sur les lèvres et il lâcha son épée pour passer ses bras autour de la jeune fille.
Drago remarqua alors qu'Harry ne semblait pas réaliser ce qu'il venait de se passer car il semblait accablé au lieu d'être heureux. Leurs regards se croisèrent et enfin, un sourire fendit le visage du Gryffondor.
Le Serpentard s'approcha et tendit sa main pour l'aider à se relever. Une fois qu'Harry fut debout, il l'étreignit et l'entraîna dans un baiser rempli d'amour.
- Je t'aime, chuchota le Survivant à son oreille.
- Moi aussi, répondit Drago de la même manière.
Il regarda alors Harry aller étreindre Ron.
- Tu as été magnifique, tu sais ça ?! s'exclama Harry à l'intention de son meilleur ami.
- Je n'ai même pas réfléchi une seule seconde…
- Comme c'est étonnant, railla Rogue mais avec un micro sourire bien loin de son habituelle expression méprisante.
- Weasley, je peux t'annoncer qu'après ça, tu as officiellement gagné le droit à ce que je te nomme par ton prénom. Il me faudra juste du temps pour que je m'y fasse mais…, s'amusa Drago.
Ron et les deux autres pouffèrent et Harry retourna auprès de son amant et l'embrassa de nouveau. L'amour et l'intensité du baiser chamboulèrent Drago et il se demanda une seconde à quoi il était dû avant de se dire que son petit-ami était simplement heureux de leur victoire.
- Nous ferions mieux d'y aller, il va arriver, annonça Harry.
Personne ne demanda de qui il parlait, c'était assez clair.
- Nous transplanons tous ensemble, c'est plus sûr pour être certains de ne laisser personne derrière.
Drago fut quelque peu surpris que le Gryffondor se détache de lui pour attraper la main de Rogue mais il ne fit aucun commentaire et se laissa entraîner pour le transplanage d'escorte. Il réapparut dans le hall de la maison. Alors qu'il commençait à se détendre en se disant que tout s'était bien passé et que son mauvais pressentiment n'avait pas été justifié, il s'aperçut qu'ils n'étaient plus que quatre au lieu de cinq.
- Où est Harry ?! s'écria-t-il.
Il tenta immédiatement de transplaner pour repartir vers Godric's Hollow mais n'y parvint pas. Il retenta l'expérience une fois de plus mais le résultat fut le même.
- Je n'arrive pas à transplaner ! s'exclama Hermione, horrifiée.
Visiblement, il n'était pas le seul à avoir essayé.
- Il est resté là-bas, dit Rogue avec calme.
- Pourquoi ?! hurlèrent les trois jeunes d'une même voix.
Alors Rogue leur raconta l'horrible vérité qu'il avait dévoilée à Harry la veille et soudain, tout prenait sens dans l'esprit de Drago. Ça expliquait pourquoi son amant avait été aussi affectueux. Ça expliquait son air accablé après la mort de Nagini. Ça expliquait aussi cette étrange connexion entre Voldemort et lui.
Harry, son Harry, allait se sacrifier « pour le plus grand bien », comme aurait aimé dire Dumbledore. Drago avait pu lire la biographie sur Dumbledore écrite par Skeeter. S'il avait d'abord cru que ce n'était que de pures inventions de la journaliste, à présent, il doutait, mais cela n'avait aucune importance.
Il se foutait bien des intentions ou des secrets du vieux barbu. Il était bien décidé à retrouver Harry et à le convaincre de le suivre pour se cacher. Il l'assommerait si c'était nécessaire, mais il était hors de question qu'il se sacrifie, peu importe le nombre de personne qui deviendraient des dommages collatéraux.
- Laissez-nous repartir, exigea Drago d'une voix froide.
- J'ai promis à Harry de…
- Je m'en contrefous de vos promesses et ne l'appelez pas Harry comme si vous aviez soudainement de l'attachement pour lui ! s'emporta-t-il.
- Vous vous transformez en stupide Gryffondor, Drago. Harry a choisi d'y aller et d'affronter tout ça et…
- Que se passe-t-il ?
Les quatre personnes se tournèrent vers le salon et trouvèrent les jumeaux Weasley, Lupin et Shacklebolt. Drago avait complètement oublié qu'ils avaient prévu de faire une émission Potterveille le soir-même et que donc, ils seraient présents au Square Grimmaurd.
- Il se passe qu'Harry a décidé d'affronter Vous-Savez-Qui, seul ! répondit Ron.
- C'est impossible ! Enfin, il n'est pas inconscient à ce point, objecta Lupin.
- Vous ne savez pas toute l'histoire, intervint Rogue.
- Il est vraiment allé affronter Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom tout seul ?! s'exclama George, les yeux écarquillés.
- Non, il joue simplement à cache-cache et nous, on s'amuse à faire semblant d'être affolés, railla Drago à bout de nerfs.
Personne ne releva son ton tellement qu'ils étaient tous stupéfaits.
- Bon, on se moque de savoir toute l'histoire, il faut l'aider, décida Fred.
- Oui, mais se contenter d'aller lui prêter main forte à huit ne sera guère utile. Il nous faut des baguettes, le plus de baguettes possible, enchaîna Kingsley.
- On n'a pas de temps à perdre, s'impatienta le Serpentard.
Peut-être que son amant était déjà en train d'affronter le Lord… Enfin, s'il prenait au moins la peine de se défendre. Il ne serait même pas étonné si cet imbécile se rendait sans même chercher à combattre…
- D'autant qu'Harry n'a aucune envie d'être sauvé. J'ai bloqué la maison pour vous empêcher d'en sortir, peu importe le moyen que vous choisirez d'essayer, annonça Rogue.
- Oh Rogue, cela aurait pu marcher si tu n'avais eu affaire qu'aux quatre petits, mais Kings et moi n'aurons aucun mal à défaire tout ça, fit remarquer Lupin.
Drago était tellement soulagé d'apprendre qu'ils allaient pouvoir quitter cet endroit qu'il ne s'offusqua même pas d'être désigné comme un « petit ».
- Remus, on ne s'apprécie pas et ça ne changera jamais, mais je sais que de ta petite bande de Maraudeurs, tu étais le plus intelligent et le plus sage. Ecoute-moi quand je te dis que sauver Harry n'est pas possible. J'aurais donné ma vie pour que ce soit différent, mais il doit mourir…
- Taisez-vous ! s'écria Drago en sortant sa baguette et en la pointant sur Rogue qui en fit autant.
Lupin se glissa entre les deux baguettes, tourné vers Rogue les mains devant lui en signe d'apaisement.
- Ok, je ne connais pas toute l'histoire et à dire vrai, je m'en moque. Ce que je sais c'est qu'il s'agit du fils de James et de Lily et que je ferai tout pour lui venir en aide. Tu as deux choix Severus, soit tu nous laisses sortir de ton plein gré et tu nous accompagnes si tu le souhaites, soit nous te stupefixons. Tu es un très grand duelliste et l'un des meilleurs sorciers que je connaisse, mais tu sais aussi bien que moi que tu ne feras pas le poids contre nous tous, énonça clairement Lupin.
Rogue resta un temps que Drago jugea d'infini avant de ranger sa baguette et d'acquiescer, son mécontentement clairement visible.
- Il nous faut des baguettes, rappela Shacklebolt.
- L'heure de l'émission approche, dit Fred en regardant sa montre. George et moi allons annoncer la situation et donner rendez-vous à tous ceux qui voudraient participer.
- J'ai déjà prévenu l'Ordre et eux-mêmes préviendront le plus de personnes possible, poursuivit Shacklebolt. Je propose que nous nous rendions à Poudlard. Les professeurs sont d'excellents combattants…
- Et les élèves majeurs devraient être en droit de participer s'ils le souhaitent, l'interrompit George.
- En effet, approuva Lupin.
- Bien, on se donne rendez-vous à Godric's Hollow au plus vite, conclut Lupin à l'intention des jumeaux.
Les intéressés acquiescèrent et disparurent à l'étage.
- Nous devrions tout de suite partir pour le rejoindre, objecta Drago. Certes, le Lord aura certainement besoin d'un peu de temps pour réunir les Mangemorts et réfléchir à la marche à suivre mais Harry est là-bas, tout seul et…
Hermione se retourna et prit ses mains en plongeant ses yeux dans les siens.
- J'ai autant envie de le sauver que toi mais si nous ne demandons pas de renforts, on mourra tous là-bas, tu comprends ?
Elle avait parlé calmement, lentement et Drago aurait pu s'offusquer car elle avait donné l'impression de parler à un demeuré, mais il savait que ça n'était pas dans ses intentions. Elle cherchait juste à l'apaiser suffisamment pour qu'il retrouve son sang-froid légendaire et ses capacités d'analyse habituelles.
- Faisons vite, répondit Drago.
Ensemble, ils transplanèrent pour Poudlard et durent expliquer la situation à McGonagall après avoir neutralisé les Carrow. La Directrice Adjointe lança un appel à toutes les personnes présentes dans le château, mais Drago était comme détaché de la situation, il pensait à Harry et aux chances qu'ils avaient d'arriver à temps.
Alors qu'ils étaient enfin prêts à rejoindre Godric's Hollow, il eut l'impression que son cœur s'arrêtait.
- Il est trop tard, annonça-t-il.
Il ne sentait plus Harry alors qu'il n'en avait jamais vraiment eu conscience, il comprenait à présent que la magie de son amant s'était étroitement liée à la sienne et à présent, il se sentait plus seul que jamais.
Harry était mort.
Et voilà ou comment finir en beauté !
ALors, qu'avez vous pensé de ces deux chapitres ?
Dans la suite, nous serons du PDV d'Harry et nous aurons sa vision de ce qu'il s'est passé :)
Je vous embrasse et vous dis à bientôt !
