Bonjour tout le monde !
Me voilà avec les deux derniers chapitres. Après ça, il ne restera que l'épilogue !
Je vous remercie de m'avoir suivi tout du long malgré mon irrégularité vers la fin. Cette fanfiction a dépassé les 800 reviews et c'est un truc de fou, je vous remercie pour ça aussi.
Sur ce, bonne lecture !
Rra :
Penny : Je te laisse découvrir la réponse à ta question ;) Merci pour ta review.
Chapitre 65
Harry ouvrit les yeux et se retrouva dans un endroit où tout était blanc autour de lui. Il ne ressentait aucune douleur, aucune peur mais plein d'interrogations. Où était-il ? Était-ce le paradis ? Pourquoi était-il seul ? N'aurait-il pas dû retrouver ses parents et Sirius ? Allait-il passer le reste de sa vie seul ici ? Est-ce que le morceau d'âme en lui avait bien été détruit ?
A ce moment-là, il aperçut un banc, blanc comme le reste, un peu plus loin mais surtout, des gémissements qui semblaient en provenir. Doucement, il s'approcha et distingua une créature juste en dessous. Cette chose était hideuse et il répugnait à la toucher mais que pouvait-il faire d'autre ?
Et alors qu'il s'apprêtait à toucher la chose et à lui demander s'il pouvait l'aider, une silhouette apparut et se dirigea vers lui.
- Tu ne peux pas l'aider, Harry.
Ledit Harry se redressa, et se figea de stupéfaction en découvrant qui lui avait parlé.
- Professeur Dumbledore ?!
Le jeune homme regarda tout autour de lui pour être sûr que d'autres personnes ne se trouvaient pas dans les environs. Il remarqua alors d'autres bancs et ce qui ressemblait aux quais d'une gare, celle de King's Cross. Les détails apparaissaient petit à petit et à présent, il en était presque sûr, il s'agissait de la gare qu'il connaissait si bien pour y être passé de nombreuses fois ces dernières années.
- Harry, si tu savais à quel point je suis fier de toi, dit Dumbledore avec une admiration évidente dans les yeux.
Le Survivant ne savait pas vraiment quelle conduite adopter. D'un côté, il avait des raisons évidentes de lui en vouloir mais d'un autre, il était heureux de le revoir.
- Je suis tellement désolé pour tout ce que j'ai dû te cacher et pour le mal que ça t'a fait de le découvrir mais… Je ne voyais tout simplement pas comment te dire que tu portais un morceau d'âme de l'homme qui avait assassiné tes parents et qu'à cause de ça, tu devrais te sacrifier un jour.
Harry laissa ces mots faire leur chemin dans son esprit. Il en avait vraiment voulu à Dumbledore pour ça mais avec le recul, aurait-il vraiment apprécié de le savoir plus tôt ? Là au moins, il avait vécu avec l'espoir qu'un jour, il sortirait vainqueur de ce combat. Il avait apprécié sa vie à l'école, ses amis, ses amours… S'il avait su que tout s'arrêterait bientôt, aurait-il prit la peine de vivre tout ça ?
- Je pense que je comprends, finit par dire Harry. Vous avez voulu me préserver un maximum.
Le directeur hocha la tête, ému.
- Tu étais loin de n'être qu'un pion à mes yeux, comme tu as pu le croire. J'aurais aimé t'éviter tout ce que tu as traversé et j'ai essayé, de toutes mes forces mais…
- Mais vous n'y pouviez rien, termina Harry à sa place.
- En effet. Quand j'ai réalisé ce qu'il s'était passé ce jour-là, à Godric's Hollow, la prophétie prenait tout son sens et j'ai saisi que vous étiez liés à un point que personne d'autre n'avait jamais connu. J'ai très vite deviné ce que ça impliquerait pour toi et j'ai passé quelques mois à chercher des alternatives, sans succès. Ensuite, j'ai été touché par la malédiction de la bague et tout ce que je pouvais pour toi, c'était t'offrir quelques derniers mois relativement calmes et te préparer à poursuivre la quête des Horcruxes.
Harry acquiesça, compréhensif. Aurait-il eu le cœur à dire à un gamin qu'il était condamné au sacrifice ? Non, certainement pas. Il aurait tenté de lui cacher l'information le plus longtemps possible. Bien sûr, à côté de ça, il aurait tout fait pour éviter ça, mais c'était apparemment ce qu'avait tenté Dumbledore.
- Et quelque part, je ne regrette pas de t'avoir dissimulé ça. Tu as connu la plus belle chose qu'une vie peut offrir au cours de ces derniers mois : l'amour. Je dois l'avouer, je n'aurais jamais pensé que Drago Malefoy serait la personne qui t'était destinée. Mais grâce à lui, tu as fait tes propres choix et tu as su te préserver mieux que si tu avais suivi les miens.
Harry sourit en pensant à son Serpentard et une pointe de tristesse lui vrilla le cœur à la pensée qu'il ne le reverrait jamais plus.
- Bien, maintenant que j'ai pu te dire tout ça, je suis prêt à répondre à toutes tes questions. Plus de mensonges, plus de secrets.
Harry prit quelques secondes de réflexion et se souvint des derniers instants de vie. Avant que Voldemort n'arrive avec ses serviteurs et qu'il ne le tue, il s'était souvenu du Vif légué par Dumbledore et il s'était dit qu'il s'il devait s'ouvrir, c'était le moment ou jamais. En disant cela à haute voix, il avait eu la surprise de le voir céder et il avait trouvé la Pierre de Résurrection à l'intérieur.
- Comment avez-vous eu cette pierre ? demanda-t-il.
Grâce à elle, il n'avait pas fait revenir les êtres chers à son cœur mais il avait pu les faire apparaître quelques instants et il avait eu la chance de pouvoir leur parler avant la fin.
- Elle était sertie dans la bague des Gaunt. Je doute qu'un seul d'entre eux ait su un jour qu'ils possédaient un tel trésor et Tom encore moins…
- C'est comme ça que la malédiction de la bague vous a frappée ! Vous avez reconnu la pierre et avez voulu la prendre sans vous méfier des protections mises en place par Voldemort !
- Oui, avoua Dumbledore, coupable.
- Mais pourquoi ?
- Il y a un certain nombre de choses que tu ignores sur ma vie, mais cette pierre m'a obsédé lorsque j'étais plus jeune et même si je pensais avoir mûri, j'ai dû me rendre à l'évidence en trouvant cette pierre… Vois la différence entre toi et moi. Toi, tu as juste voulu te donner un peu de courage avant de sacrifier ta vie. Moi, j'aurais fait revenir des personnes qui reposaient en paix juste pour éteindre une vieille culpabilité…
Harry aurait voulu en savoir plus, mais il préféra ne rien demander car Dumbledore avait l'air de réellement souffrir. A quoi bon remuer le passé si ce n'était pas pour changer le présent ?
- Est-ce que l'Horcruxe en moi a été détruit ? demanda-t-il à la place.
- Oui, Harry, répondit le Directeur avec un grand sourire.
- Alors c'est terminé ? Quelqu'un va pouvoir venir à bout de Voldemort et tout ira mieux ?
- C'est en tout cas faisable, approuva Dumbledore.
- Que va-t-il se passer pour moi ?
- Tu as deux choix. Soit, tu viens avec moi…
- Où ? le coupa Harry, impatient.
- Plus loin, répondit énigmatiquement le Directeur. Ou alors, tu choisis de repartir d'où tu viens…
- C'est possible ?!
Dumbledore hocha la tête et prit une profonde inspiration.
- Le sacrifice de ta mère coule dans ton sang, un sang dont Tom s'est servi pour reprendre forme humaine. Tu n'aurais pas pu survivre si une autre personne t'avait tué, mais Voldemort est un peu comme ton ancre dans le monde des vivants car ton sang coule dans ses veines. De plus, tu as affronté les choses d'une manière admirable en acceptant ton sort sans même chercher à combattre. Comme le digne maître de la mort que tu es, tu n'as pas cherché à la combattre, tu l'as accueillie pour le bien d'un grand nombre de personnes…
Harry avait du mal à croire ce qu'il entendait.
- Vous voulez dire que je peux choisir de revenir sur terre et vivre ?
- C'est ce que je veux dire, confirma Dumbledore, heureux.
- Mais… Je me suis sacrifié, je suis mort et… Si je reviens, le morceau d'âme en moi…
- Il est détruit Harry, si tu choisis de ressusciter, ton âme sera la seule.
- Vous saviez ?
- Je l'espérais, nuança Dumbledore.
Harry ne prit pas longtemps pour se décider. Certes, il se sentait mieux que jamais dans cet endroit et il ne pouvait qu'imaginer que ce serait pareil s'il suivait Dumbledore mais il ne pourrait jamais choisir d'abandonner Hermione, Ron, et encore moins Drago.
Comme s'il pouvait lire en lui, Dumbledore lui offrit un sourire rayonnant.
- Au revoir Harry, dit-il alors qu'il s'éloignait déjà.
- Au revoir.
Harry revint aussitôt à lui et la sensation de bien-être qu'il avait ressentie dans ce lieu dont il ignorait le nom le quitta instantanément. Il avait mal partout et il sentait sa baguette, qu'il avait cachée sous sa robe s'enfoncer entre ses côtes.
Aussi étrange que cela puisse paraître, il se souvenait de toute la conversation qu'il avait eue avec Dumbledore et il ne doutait pas de sa réalité. Cela lui avait fait un grand bien et il comprenait les choix du Directeur.
Voilà qu'à présent il pouvait rouvrir les yeux. Cependant, il ne le fit pas. Il était allongé sur le ventre la tête à même le sol, entouré par Voldemort et tous ses serviteurs. Il n'avait pas ressuscité pour mourir dans la foulée.
A dire vrai, il n'avait aucune fichue idée de comment il allait pouvoir se sortir de là.
- Maître !
Il fut surpris de reconnaître la voix de Bellatrix. Comment avait-elle pu s'échapper du Square ?
- Ça va, je vais bien, s'irrita la voix aiguë de Voldemort. Où étais-tu ? Pourquoi n'as-tu pas répondu à mon appel ?
Harry se permit d'entrouvrir les yeux et put voir Voldemort se redresser. Etait-il tombé en lançant le sort ? Avait-il été inconscient ? Combien de temps s'était-il écoulé entre sa mort et sa résurrection ?
- C'est Rogue, il m'a enlevée et emmenée jusqu'à Potter ! Je savais qu'il était un traître ! répondit Bellatrix avec précipitation. Ils se sont servis de moi pour avoir accès à mon coffre et s'emparer de cette coupe qui était si importante à vos yeux. Je suis désolée, mon maître…
- Rogue paiera pour sa traîtrise.
- Lui, des membres de l'Ordre, mon traître de neveu et certains des morveux sont allés chercher des renforts en vue de venir secourir Potter, annonça-t-elle. Je les ai entendus avant qu'ils ne partent.
- Lucius, vérifie si Potter est bien mort, ordonna Voldemort.
Le cœur d'Harry se glaça.
- Il l'est forcément, intervint Bellatrix. Les sorts qui me retenaient ont lâché et la seule explication à cela est que le lanceur est mort.
- Lucius, vérifie tout de même. Avec Potter, on peut toujours être surpris.
Le Survivant entendit des bruits de pas puis quelqu'un le retourner avec une douceur étonnante. Des doigts se posèrent sur son cou et il savait très bien que Lucius Malefoy sentait forcément les battements.
- Il est mort, annonça pourtant le Mangemort.
Si cela ne l'avait pas trahi, il aurait soupiré de soulagement. Lucius venait de mentir à Voldemort et si Harry ne savait toujours pas comment se sortir de ce guêpier, il lui avait au moins offert un sursis.
- Emmène son corps à mes pieds, que tout le monde puisse voir où est la place de leur élu lorsqu'ils arriveront, exigea Voldemort.
Il sentit les bras du père de Drago le soulever et exécuter les ordres. Quelques secondes plus tard, Harry entendit des bruits de transplanage. Il entendit plusieurs cris d'effroi et de désespoir et parmi eux, il reconnut celui d'Hermione, de Lupin, de Molly et plus surprenant, de McGonagall.
- Voyez, voyez à quel point vos espoirs en ce garçon étaient vains. Il n'était rien d'autre qu'un enfant bien entouré de sorciers trop prompts à donner leur vie pour la sienne. Maintenant, il est là où est sa place, à mes pieds, mort.
Des cris de protestations se firent entendre mais s'arrêtèrent d'un seul coup. Harry comprit que Voldemort avait lancé un sort de mutisme.
- A présent, agenouillez-vous devant moi et tout sera oublié, continua Voldemort.
Seul le silence lui répondit, signe que le sort fonctionnait toujours.
- Severus, si tu savais à quel point je suis déçu. Tu étais mon préféré, le sais-tu ? Alors viens, franchis la distance qui nous sépare et agenouille-toi en me demandant pardon. Peut-être qu'en ce jour de fête, je serai clément. Cela vaut pour toi aussi Drago.
- Jamais, jamais plus je ne fléchirai devant vous, répondit Drago.
Et soudain, comme si les gens n'avaient attendu que ça, les protestations fusèrent.
- Alors tu mourras comme tous les fous qui oseront se dresser contre moi, cracha Voldemort après avoir relancé un sort de silence.
Harry comprit qu'il s'apprêtait à attaquer Drago et plusieurs choses se passèrent en même temps. D'autres bruits de transplanage se firent entendre et le combat s'engagea entre les deux camps puis, profitant de la panique qui régnait autour de lui, le Survivant sortit rapidement sa cape d'invisibilité de sous sa robe et disparut en dessous, sa baguette en main.
Maintenant qu'il avait les yeux grands ouvert, il voyait le premier groupe de combattants face à lui. Le groupe de Voldemort au milieu et les derniers arrivants de l'autre côté. Cela faisait que les Mangemorts et leur chef étaient pris en sandwich et clairement en sous nombre.
Voldemort n'avait pas dû croire que la bataille éclaterait ou alors, il avait dû penser que ses opposants seraient moins nombreux et que requérir toutes ses forces serait inutile. Une chose était sûre quand on le regardait, c'était qu'il le regrettait.
- Où est Potter ?! s'écria-t-il subitement en regardant tout autour de lui.
De nombreuses exclamations de joie se firent entendre mais les combats ne s'interrompirent pas. Harry voyait Drago, Hermione et Ron faire face à plusieurs Mangemorts masqués. Il allait intervenir pour leur venir en aide, mais il fut bousculé par McGonagall qui affrontait Voldemort en personne, aidée par Flitwick, Chourave et Rogue.
Harry tentait de venir en aide à ceux qui étaient le plus en difficulté à l'aide de sort de bouclier. Il avait beaucoup de difficulté à se frayer un chemin tout en étant invisible, mais il tenait absolument à ne pas se montrer avant d'être face à Voldemort.
Soudain, son attention fut attirée lorsqu'il vit un sort vert manquer Narcissa de peu. Il se dirigea tout droit vers la mère de son amant qui était en train d'affronter Bellatrix et qui semblait en bien mauvaise posture, mais avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, Ginny vint lui prêter main forte.
Seulement, elle non plus ne faisait pas le poids. Harry était tout près de pouvoir se mêler au combat mais il fut poussé par Molly qui s'interposa.
- Ne touche pas à ma fille, espèce de détraquée.
- Maman Ours sait se servir de sa baguette pour autre chose que faire sa vaisselle ? se moqua la sœur de Narcissa.
Molly ne répondit mais lança un sort avec une rapidité déconcertante. Si Harry fut impressionné par la dextérité de la matriarche, Bellatrix, elle, en perdit son air moqueur. Elles se lancèrent dans un duel et la Mangemort ne tarda pas à tomber, vaincue.
Un cri de rage détourna l'attention d'Harry. Voldemort venait de terrasser les professeurs et se dirigeait vers Molly, sa baguette levée, prêt à lui faire payer la mort d'une de ses plus fidèles partisanes.
- Protego ! lança Harry à voix haute pour protéger celle qu'il avait appris à considérer comme une mère.
Voldemort regarda tout autour de lui, cherchant visiblement l'auteur du bouclier et ce fut à ce moment-là qu'Harry décida d'ôter sa cape d'invisibilité.
- Comment est-ce que c'est possible ?! demanda Voldemort, sa colère et sa stupéfaction aussi clairement visibles l'une que l'autre.
- C'est une très longue histoire, répondit calmement Harry.
Contrairement à avant sa mort, il ne ressentait aucune nervosité par rapport à cet affrontement. Il savait que son heure n'était pas encore arrivée.
- Peu importe, je vais te tuer, encore, et cette fois, pour de bon, déclara Voldemort.
- Tu vas essayer, rectifia Harry.
A dire vrai, il ne savait pas dire d'où lui venait cette assurance, cette certitude que tout se passerait bien. Cela était peut-être le contrecoup de ce qu'il venait de vivre. Même si à présent il était tout ce qu'il y avait de plus vivant, il n'en restait pas moins qu'il avait été réellement mort pendant de courts instants.
- Personne ne peut me tuer…
- Tu n'as plus d'Horcruxes, Tom.
Voldemort ne put cacher sa stupeur, mais Harry ne savait pas dire si cela était dû à la révélation qu'il venait de faire ou à l'utilisation de son prénom.
- Comment as-tu su ? demanda-t-il avec un calme mal feint.
- Dumbledore l'a deviné après que j'ai détruit le journal et il a passé les dernières années de sa vie à chercher des indices. Il a recueilli nombre de souvenirs de personnes qui ont croisé ta route… A sa mort, c'est moi qui ai poursuivi sa quête et, avec l'aide de mes proches, je suis parvenu à les détruire, les uns après les autres.
Harry fit une pause pour savourer la surprise mais aussi la colère de celui qui lui faisait face.
- Donc tout a commencé avec le journal, ça, tu le savais déjà. Une fois que Dumbledore a compris ce que tu avais fait, retrouver la bague dans la maison des Gaunt n'a pas été compliqué. Pareil pour le médaillon. Sérieusement Tom, comment as-tu pu la placer là tout en sachant qu'il y avait de fortes chances pour que la Directrice de l'Orphelinat ait parlé à Dumbledore de la caverne ?
- Comment oses-tu remettre mon intelligence en question ?! s'écria le Mage Noir.
- Par contre, je t'avoue qu'après ça, ça a été plus compliqué. Déjà, quelqu'un était passé avant nous dans la caverne… Regulus Black. La coupe, le diadème, ton précieux serpent… Enfin, tu as compris. Tu n'as plus aucun filet de sécurité…
- Et alors ? Tu crois que ça me fait peur ? Je vais t'affronter, je vais te vaincre et ensuite, je referai des Horcruxes…
Harry soupira, juste pour énerver un peu plus son interlocuteur.
- Vraiment, tu crois sincèrement que tu pourras partir d'ici vivant ? Tes serviteurs les plus puissants et fidèles ont péri et les autres sont en fuite. Même si je venais à mourir, tu te retrouverais encerclé par tous les sorciers présents.
Voldemort regarda brièvement autour de lui et Harry put voir un éclair de peur dans ses yeux avant qu'il ne se reprenne.
- Je suis Lord Voldemort, je vaincrai…
- Ne comprends-tu pas que c'est cette arrogance qui t'a mené droit dans le mur ? Tu avais tous les outils pour parvenir à tes fins, je le reconnais. Tu as la puissance, l'intelligence mais tu as toujours méprisé ceux qui t'entouraient, y compris tes propres alliés. C'est pour cette raison qu'ils t'ont tourné le dos avec autant de facilité au lieu de rester se battre à tes côtés. Si tu avais effacé convenablement les traces qui menaient à tes Horcruxes…
- Je les ai effacées !
- Non, Kreattur m'a permis de retrouver le médaillon. L'elfe d'Hepzibah Smith a permis à Dumbledore d'identifier la coupe et le médaillon. Morfin Gaunt, Horace Slughorn… Autant de personnes qui pouvaient mettre Dumbledore sur la piste, juste parce que tu as cru qu'ils auraient trop peur de parler ou que tes sorts d'Oubliettes étaient trop puissants pour être déjoués.
Harry pouvait presque entendre les dents de Voldemort grincer et sentir sa colère enfler de plus en plus.
- Ton impulsivité a aussi joué. Sais-tu que la plupart des prophéties présentes au Ministère ne se sont jamais réalisées ? Si tu n'avais pas cherché à me tuer en cette soirée d'Halloween, ma mère n'aurait pas eu à se sacrifier pour moi et nous n'en serions pas là. Comprends-tu qu'en voulant éviter l'accomplissement de notre prophétie, tu as juste fait l'inverse ?
- Peu importe, je possède le bâton de la mort, je ne peux pas perdre contre toi ou contre qui que ce soit !
- Mais il ne t'a jamais appartenu, rétorqua calmement Harry.
- Je l'ai volé à son possesseur, je l'ai volé à Dumbledore !
Harry secoua la tête. Comment se pouvait-il qu'une personne clairement intelligente ne puisse pas comprendre des choses aussi simples que les lois des baguettes…
- Tu as eu Ollivander à disposition pendant des mois et tu ne sais rien sur l'allégeance des baguettes ? La baguette de Sureau n'appartenait déjà plus à Dumbledore lorsque tu l'as prise…
- Rogue…
- Non, Bellatrix. Elle l'a désarmé au sommet de la tour ce soir-là. Il n'est pas nécessaire de tuer le possesseur. Après ça, j'ai désarmé Bellatrix. Comprends-tu ce que cela implique, Tom ?
Harry laissa le silence planer pour que Voldemort prenne bien conscience des choses.
- Selon toi, que va-t-il se passer lorsque tu essaieras de me tuer avec une baguette qui m'est loyale ? demanda-t-il après un temps.
- On va très vite le savoir ! explosa Voldemort.
A une vitesse impressionnante, il lança un Avada Kedavra au moment même où Harry lançait son Expelliarmus. Les deux rayons se croisèrent pour finalement aller frapper Voldemort qui écarquilla les yeux de stupeur.
Harry regarda la baguette s'échapper des mains du Mage Noir en même temps que son corps tombait à la renverse, vaincu.
Le Survivant s'empara de la baguette de Sureau et les cris explosèrent tout autour de lui. Il avait vaincu, le cauchemar était terminé.
Ils avaient tous vaincu.
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Chapitre 66
Tous les sorciers présents voulaient toucher, féliciter Harry mais lui, il n'avait d'yeux que pour Drago qui avait été le premier à l'atteindre.
Sans se soucier du nombre de spectateurs ou du choc qu'il allait provoquer à certains, le Survivant embrassa le Serpentard avec passion. Ce baiser avait un goût d'avenir. Il était rempli de promesse.
- Tu as réussi, lui chuchota Drago à l'oreille.
- On a réussi, rectifia Harry avant de l'embrasser à nouveau.
Il se sentait ivre de joie.
- Je t'aime tellement, souffla-t-il en posant son front contre le sien.
- Je t'aime aussi, répondit Drago.
Harry aurait vraiment voulu se retrouver seul avec son petit-ami, mais les gens autour étaient toujours présents et il avait encore un rôle à jouer. A contrecœur, il se détacha de Drago.
- Je vais voir mes parents, annonça le Serpentard, compréhensif.
- Ne t'éloigne pas trop, dès que je le pourrai, on s'éclipsera, lui susurra Harry.
- Avec plaisir.
Ils échangèrent un sourire complice puis le Serpentard se fraya un chemin loin du Survivant qui était déjà enseveli par la population. Il partagea une étreinte avec Hermione qui pleurait en lui chuchotant qu'elle avait vraiment cru qu'il était mort. Il lui adressa des mots rassurants et étreignit ensuite Ron, les yeux gonflés de larmes tout comme Molly, Ginny et pleins d'autres personnes qui comptaient plus ou moins pour lui.
Ensuite, il put enfin regarder tout autour de lui et constater l'étendue des dégâts. Lupin et Kingsley s'occupaient déjà d'évacuer le corps de Voldemort et ceux de ses partisans tombés au combat.
Luna tenait la main de Neville qui n'avait pas survécu. Les Weasley étaient réunis autour de Percy qui, comme Neville, avait péri. D'autres sorciers pleuraient des gens qu'Harry n'avait pas eu la chance de connaître et qu'il ne connaîtrait jamais. Il vit aussi Colin Crivey gisant non loin de là et Harry se demanda pourquoi il avait été présent étant donné qu'il était mineur…
Cependant, le pire pour le jeune homme fut de voir Rogue, étendu et seul. Tous les morts qui avaient combattu de leur côté étaient entourés de leurs familles, de leurs amis, sauf lui. Alors Harry alla le rejoindre, s'accroupit et lui prit la main. Il se promit qu'il lui offrirait un enterrement digne des sacrifices et des efforts de rédemption qu'il avait faits.
Rogue était loin d'être parfait et il avait fait de très grosses erreurs mais sans lui, il n'aurait pas pu mettre la main sur les deux derniers Horcruxes et il avait fait bien d'autres choses… Sans lui, il n'aurait même pas survécu jusque-là, tout simplement.
Harry aurait tant aimé lui dire certaines choses. Pourquoi fallait-il qu'au moment où il comprenait enfin cet homme qu'il avait longtemps détesté, celui-ci périsse ? Il aurait voulu lui dire tant de choses !
- Monsieur Potter ?
L'intéressé soupira. Le Ministère ne lui avait même pas laissé cinq minutes pour se recueillir.
- Bonsoir, dit-il en se relevant.
Enfin, Harry ne savait pas s'il devait dire bonsoir ou bonjour vu l'heure avancée de la nuit.
- Félicitations Harry, grâce à vous, ce cauchemar est définitivement terminé, dit Fudge avec une voix pleine d'affection.
Le jeune homme ne s'étonna même pas de reconnaître la même bienveillance chez l'ancien ministre que lorsqu'il lui avait parlé avant sa troisième année. On était bien loin du mépris de ces dernières années.
- Grâce à moi et à beaucoup d'autres, rectifia Harry.
Il aurait pu rajouter que ce n'était certainement pas grâce à lui, mais il ne voulait pas déclencher les hostilités, pas tout de suite en tout cas.
- En effet, approuva un autre membre du Ministère.
- Je vous présente Herbert Gamp et Griselda Marchebank, tous deux membres du Magenmagot. Gawain Robards, le chef du bureau des Aurors. Mafalda Hopkrik, membre du Département de la Justice. Et enfin, Gisèle Greengrass, directrice du Département des Mystères, annonça Fudge.
Harry les salua tour à tour et reçut leurs félicitations et leurs remerciements.
- Pouvons-nous nous mettre un peu plus à l'écart pour pouvoir parler plus tranquillement ? demanda Mafalda Hopkrik.
Harry acquiesça et ils firent quelques pas à l'écart de la foule.
- Nous savons que c'est beaucoup demander après tout ce que vous venez de traverser et d'accomplir, mais votre aide pour reconstruire le monde de la magie serait plus que bienvenue, commença Fudge.
- Bien sûr, nous savons que le Ministère vous a souvent causé des problèmes, continua Griselda Marchebank. Mais il s'agirait de repartir sur des bases saines.
- J'accepterai à certaines conditions, répondit Harry.
- Lesquelles ? demanda Mafalda, enthousiaste.
- Je veux que Kingsley Shacklebolt prenne la place de Ministre provisoire. Le temps que des élections soient organisées pour en élire un nouveau…
Les membres du Ministère parurent plus pensifs que choqués par cette requête. Tous, sauf un.
- Vous ne pouvez pas imposer un Ministre comme ça…, s'opposa Fudge.
- Il est hors de question que je soutienne le Ministère si je n'ai pas pleinement confiance en son Ministre. Je sais que Kingsley saura purifier le système. Lui, il n'accepterait jamais de garder une femme comme Dolorès Ombrage à son service en sachant qu'elle a usé d'artefacts interdits pour punir ses élèves et qu'elle a envoyé deux Détraqueurs pour éliminer une gêne, le coupa Harry d'un ton dur.
Fudge eut le bon goût de paraître gêné.
- Ma foi, Kingsley a toujours été un très bon Auror. Il connaît les lois et est intègre. Je ne vois rien qui fasse de lui un mauvais dirigeant, bien au contraire, intervint Gawain. Certes, ce n'est pas très courant de se faire imposer un remplaçant, normalement la place revient au Vice-Ministre, mais à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.
Tous les autres acquiescèrent et Fudge n'eut d'autres choix que d'en faire autant.
- Autre chose ? s'enquit Herbert Gamp.
- Je veux que Narcissa Black et Drago Malefoy soient tout de suite blanchis de tous soupçons. Je veux aussi que Lucius Malefoy puisse rester chez lui en attendant d'être jugé.
Cette fois, il put voir la stupéfaction sur chacun des visages.
- Nous nous devons de faire une enquête sur la femme et le fils et le fait que Lucius Malefoy soit un Mangemort est un fait déjà établi…, commença Mafalda Hopkrik.
- Narcissa Malefoy n'a fait que subir les choix de son époux. Elle a passé ces derniers mois cachée loin de son manoir et elle s'est jointe à la résistance pour combattre dès qu'elle a su que la bataille allait éclater. Quant à Drago, il m'a accompagné, aidé, soutenu et sans lui, je n'aurais pas pu accomplir ma tâche. Pour Lucius, je ne vous demande pas de l'innocenter mais de lui permettre d'attendre chez lui. S'il n'avait pas menti pour moi aujourd'hui, Voldemort m'aurait tué avant l'arrivée des résistants. Vous pourriez brider sa baguette ou lancer un enchantement l'empêchant de quitter ses terres ?
- Laissez-nous quelques minutes pour en discuter.
Harry acquiesça et regarda les membres du Ministère s'éloigner pour commencer une discussion qui semblait agitée. Ils passèrent un bon moment à débattre avant de revenir vers lui.
- Bien, nous acceptons de ne pas accuser Narcissa et Drago Malefoy. Toutefois, nous souhaitons qu'ils viennent rapidement au Bureau des Aurors où je prendrai moi-même leurs témoignages, déclara Gawain Robards.
- Ça me semble plus que raisonnable, accepta Harry, soulagé.
- Pour ce qui est de Lucius Malefoy, nous ne pouvons décemment pas le laisser en liberté. La communauté magique ne le comprendrait pas, continua le chef des Aurors.
Harry s'apprêtait à protester mais l'homme enchaîna avant qu'il ne le fasse.
- Toutefois, nous pourrions le garder dans une cellule que nous possédons au Ministère. Normalement, nous ne nous en servons que pour faire attendre les prisonniers sur le point d'être jugés mais en faisant quelques ajustements, on pourrait l'y garder jusqu'à son procès. Les conditions y seraient beaucoup plus faciles qu'à Azkaban.
- Et nous nous engageons à organiser son procès avant les autres, conclut Griselda Marchebank. De plus, sa famille aura la possibilité de lui rendre visite sans autre restriction que de respecter les horaires d'ouverture du Ministère.
Même si ce n'était pas tout à fait ce qu'il avait demandé, il savait que c'était bien et qu'il ne pourrait pas avoir plus. Il fallait qu'il se montre réaliste. Lucius était l'un des partisans actifs de Voldemort.
- Je vous remercie et j'accepte.
Les membres du Ministère acquiescèrent, soulagés. Harry leur promit ensuite de passer dès le lundi pour leur raconter les événements de l'année écoulée et pour qu'ils se mettent d'accord sur le rôle d'Harry dans les mois à venir.
Le Survivant alla ensuite rejoindre les Weasley et leur présenta ses condoléances pour la mort de Percy. Fred et George lui racontèrent comment il était arrivé au lieu de rendez-vous en s'excusant pour son comportement et Harry regretta qu'il n'ait pas eu l'occasion d'en faire autant auprès de ses parents, qui eux faisaient partis de la première vague de combattants.
Il s'éloigna ensuite avec Ron et Hermione et ils furent rejoints par Drago.
- Ma mère accompagne mon père au Ministère. Elle m'a ordonné d'aller me reposer, expliqua le Serpentard.
- Et tu devrais en faire autant, suggéra Hermione à l'attention d'Harry.
En effet, le jeune homme devait avouer qu'il n'avait qu'une envie : s'allonger dans un lit confortable.
- Il y a tellement à faire…, se lamenta le Survivant. Rogue…
- Je sais, j'ai vu. Lupin l'a déjà pris en charge. Ça pourra attendre demain. Tu es mort et tu as ressuscité aujourd'hui, rappela Ron.
- Mais… Ta famille…
- Ils comprendront. Je vais rentrer avec eux et leur expliquer la situation.
Harry acquiesça et étreignit son meilleur ami.
- Je suis sincèrement désolé Ron. J'aurais aimé que…
- Je sais, vieux, mais ce n'est pas de ta faute. Il a combattu pour ce qui lui semblait juste et il connaissait les risques, comme nous tous.
Le Survivant fut ébahi par la maturité des paroles de Ron et par sa force pour ne pas craquer.
- Bon, je vais avec eux. A plus, finit-il par dire avant de s'éloigner.
- Je vais tenter de voir Théo, je l'ai aperçu tout à l'heure. Ensuite, je rentrerais à la maison. Je suis épuisée moi aussi, déclara Hermione.
Les deux amants, à présent seuls, acquiescèrent et se tournèrent l'un vers l'autre.
- On y va ? proposa Harry.
- Oui, accepta Drago en prenant la main tendue.
Ils arrivèrent au Square Grimmaurd et filèrent droit dans la douche. Ils ne dirent pas un mot avant d'être propre et frais dans leur lit. Sans que Drago ne lui pose la moindre question, Harry commença à lui raconter ce qu'il s'était passé entre leur départ de Godric's Hollow et la défaite de Voldemort.
- Tu es vraiment en possession de la Pierre de Résurrection ? Bordel, j'ai du mal à croire qu'elle existe vraiment ! J'étais tellement persuadé que tout ça n'était qu'un conte pour enfant ! s'exclama Drago après qu'Harry lui ait dit ce qu'il avait trouvé dans le Vif.
- Oui, je l'ai mais je ne vais pas la garder.
- Pourquoi ?
- J'ai perdu trop de gens et si aujourd'hui je sais que les faire revenir ne serait bien pour personne, qui sait ce que je pourrais faire un jour où ils me manqueront trop ? Je préfère ne jamais être confronté à la tentation de les ramener, expliqua sagement Harry.
- En effet, vu comme ça, c'est plus raisonnable, concéda Drago. Et la baguette ?
- Je vais la briser et la remettre là où est sa place, près de Dumbledore.
- Si elle est vraiment invincible, tu ne crois pas que tu devrais la conserver ?
- Non. Cette baguette attire la convoitise et tous ceux qui étaient présents ont entendu ce que l'on s'est dit. Je n'ai pas envie de me faire égorger dans mon sommeil. Maintenant que tout est fini et que je suis en vie, je ne tiens pas à me mettre en danger si je peux l'éviter.
Drago se contenta d'acquiescer et Harry comprit que pour lui, on ne se débarrassait pas d'une baguette pareille mais qu'il respectait tout de même son choix.
- Merci d'avoir intercédé pour ma famille, dit Drago une fois qu'Harry eut terminé son récit.
Le Survivant fut surpris que son amant ne lui fasse aucune réprimande sur les risques qu'il avait pris et sur son choix de se sacrifier. Il avait pensé qu'une fois le soulagement de le voir en vie passé, il lui ferait des reproches mais rien. Ceci dit, il était plus qu'heureux de ne pas avoir à parler de ça. Il savait que si le sujet venait à être abordé, ils auraient du mal à éviter la dispute.
- De rien, c'est normal. Ta mère n'a rien à se reprocher et ton père a permis cette victoire, même si je sais qu'il ne l'a pas vraiment fait par altruisme. Il l'a fait et c'est tout ce qui compte.
Drago lui offrit un sourire et se rapprocha pour l'embrasser. Le baiser prit rapidement de l'ampleur mais le Serpentard finit par s'écarter, à la plus grande frustration d'Harry.
- Tu dois être épuisé, tu as besoin de dormir.
- J'ai surtout besoin de toi. Fais-moi réaliser pleinement que tout est terminé, que je suis bien allongé ici avec toi et que je ne rêve pas, s'il te plaît, dit Harry.
Sans attendre, Drago monta sur Harry, posa une main sur sa joue et l'embrassa passionnément.
- S'il n'y a que ça pour que tu te sentes bien, je me ferai un plaisir de te l'accorder, amour, accepta Drago.
Ils furent rapidement nus, l'un contre l'autre, et il ne fallut pas beaucoup plus de temps pour que Drago soit à l'intérieur de son amant.
Oui, Harry se sentait parfaitement bien en cet instant précis. Tout était comme ça devait être. Ce fut en atteignant l'orgasme qu'il se dit que maintenant, il pouvait vraiment réfléchir à l'avenir, son avenir avec Drago.
Bien sûr, il allait devoir faire face au deuil des personnes qui s'étaient sacrifiées mais avec Drago à ses côtés, il réussirait à surmonter ça.
Et voilà pour ces deux derniers chapitres !
Qu'avez-vous pensé de cette fin ? J'ai changé pas mal de choses au final, les morts, le lieu et la date de la bataille... Déçu ? Content ? Surpris ?
Je vous remercie et je vous dis à très vite pour l'épilogue de cette longue histoire qui aura duré plus d'un an.
