Salut à tous !
Me revoilà pour le troisième chapitre de cette fanfic! J'espère qu'elle vous plaît ! Chapitre assez court cette semaine, mais essentiel pour installer l'intrigue encore plus solidement. Promis, je me rattrape la prochaine fois ;)
Je tiens également à remercier 16amour16 pour son follow, ça me fait très plaisir :)
Bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser une review :)
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Ce chapitre a été réécrit ! Je vous invite à le relire si vous êtes des vieux de la vieille :)
Chapitre 3 : Fièvre
Le petit groupe se matérialisa dans la grande salle de la fabrique à jouets, où North donnait des instructions aux Yétis. En entendant le bruit caractéristique de l'ouverture du Portail, ce dernier se retourna, et ses yeux tombèrent immédiatement sur le corps inconscient de Jack.
North se précipita vers les autres Gardiens, se remémorant sa vision du jour précédent avec effroi. Une partie de lui savait déjà qui était responsable de l'état de leur plus jeune recrue, mais il devait s'en assurer.
Il posa une main sur le front du jeune homme, et grimaça à la chaleur anormale qui en émanait. S'il s'était agi d'un enfant normal, une telle fièvre aurait facilement été négligée ; mais Jack n'était pas un enfant normal. Sa température corporelle était bien plus basse que la normale, à environ 30 degrés Celsius au lieu des 37 habituels. Ce qui signifiait qu'à 37 degrés, Jack était littéralement brûlant de fièvre.
- Pitch ? S'enquit North, espérant de tout cœur se tromper.
Bunny hocha la tête d'un air sombre, brisant les faibles espoirs de son ami, avant d'entreprendre d'expliquer rapidement la situation au russe.
- … Et il s'est soudain effondré, conclut-il. La fièvre le ronge, North ! Je ne pense pas que ce soit simplement de la fatigue, à ce niveau-là !
Ce dernier acquiesça gravement, une grosse ride barrant son front et marquant son inquiétude. Les quatre esprits échangèrent un regard, un peu perdus. Même s'ils avaient tous recommencé à aller sur le terrain pour rencontrer leurs petits croyants, après leur dernière victoire contre l'esprit de la Peur, ils n'avaient que peu d'expérience avec les enfants, et encore moins s'ils étaient malades.
Et Jack était exactement cela, en ce moment. Un enfant malade.
Bunny baissa les yeux sur son précieux fardeau. Le gamin avait le front et les joues rouges, en violent contraste avec le reste de son corps. Sa respiration semblait difficile, comme s'il n'arrivait pas à laisser entrer assez d'oxygène dans ses poumons. Le lapin pouvait voir ses yeux bouger derrière ses paupières, signe que Jack était en train de rêver. Ses pensées furent interrompues par North, qui semblait avoir pris une décision.
- Pour le moment, allongeons-le sur le lit d'une des pièces de repos. Il faut faire baisser cette fièvre.
Bunny ne se le fit pas dire deux fois, filant vers la chambre la plus proche. Celles-ci étaient habituellement utilisées par les yétis blessés ou malades : travailler dans une usine, même de jouets, n'était pas toujours sans risque. Particulièrement avec des elfes farceurs dans le coin.
Avec d'infinies précautions, le Lapin de Pâques déposa Jack sur les draps blancs du grand lit qui trônait au milieu de la pièce. Il remarqua que le jeune homme tremblait légèrement, et palpa doucement son front.
- Sa fièvre a encore monté ! Mais qu'est-ce qui se passe ?
- Il lui faut de la glace ! S'exclama North, gagné par la panique dans la voix de son ami. Phil ! Vite, pose son bâton sur la table, et va nous chercher le plus de glace possible !
- Grafdfrl ?
- Mais non pas des sorbets, espèce d'abruti, DES GLAÇONS, DE LA NEIGE !
Le yéti ouvrit de grands yeux apeurés et disparut en quelques secondes - un exploit compte tenu de sa carrure.
North soupira, tentant d'ignorer la culpabilité grandissante qu'il ressentait. Passer sa colère sur ses yétis ne le ravissait pas, mais c'était plus fort que lui... Il s'en voulait. Il s'était promit de protéger Jack après avoir été témoin de la vision que lui avait envoyé l'Homme de la Lune, et il avait lamentablement échoué. Il n'avait même pas été là pour aider ses compagnons à combattre.
Phil revint bientôt avec la glace demandée, entourée d'un simple tissu. North s'en empara sans attendre et appliqua le tout sur le front de Jack. Mais, loin de le calmer, ce contact fit gémir de plus belle le jeune esprit, dont les tremblements s'accentuèrent. Sa tête bougea inconsciemment, et un autre de ses gémissements se perdit, couvert par le bruit du vent battant contre la fenêtre.
Tooth s'approcha de Jack et lui caressa doucement la joue, tout en lui murmurant des paroles réconfortantes d'une voix rauque. Bunny doutait qu'il entende quoi que ce soit, mais il choisit de ne pas en faire part à son amie, conscient que ses paroles étaient autant pour réconforter Jack qu'elle-même.
Jack poussa un autre gémissement de douleur lorsque le ballot de glace entra en contact avec son front, et il tourna à nouveau la tête, dans ce qui était clairement une tentative inconsciente de s'éloigner de la sensation glacée.
Bunny fronça les sourcils, s'approchant du lit. Sandy fit de même, son sable le faisant léviter au-dessus de l'esprit alité. Il fit apparaître quelques symboles au-dessus de sa tête, s'attirant le regard des autres.
Tooth, comme toujours, fut la première à comprendre ce qu'il voulait dire.
- Tu penses que la neige est... trop froide ?
- Mais ça n'a pas de sens, répondit Bunny. Jack est l'esprit de l'Hiver. Pour lui, plus c'est froid, mieux c'est !
Le marchand de sable haussa les épaules, l'air de dire "Hey, moi, au moins, j'essaie de trouver une explication !"
North poussa un soupir, avant de défaire le tissu entourant la glace. Il en retira une bonne moitié, et ré-enroula la serviette autour de la neige restante, créant plus de couches afin que la sensation de froid soit moins violente pour le jeune esprit. Il appliqua de nouveau son œuvre contre le front de Jack.
À la grande surprise de trois des quatre légendes, celui-ci ne fit que pousser un petit soupir de bien-être, et son corps se détendit légèrement. Il tremblait toujours, et son visage était toujours bien trop coloré, mais c'était le premier mieux depuis qu'il s'était effondré, il y a déjà trente bonnes minutes.
- ... Je persiste à dire que ça n'a aucun sens.
North leva les yeux au ciel.
- En attendant, ça marche. Alors quelle importance ?
- Quelle importance ? Quelle importance ? S'étrangla le lapin. Oh, réfléchis une fois dans ta vie, North ! L'esprit de l'Hiver ne supporte pas le froid ! Y a pas un truc qui cloche ? Ca n'est pas seulement anormal, c'est contre-nature ! Et du contre-nature chez un esprit élémentaire, c'est extrêmement grave !
Un court silence suivit la tirade de Bunny. Les autres commençaient enfin à comprendre l'ampleur et la gravité de la situation dans laquelle se trouvait Jack.
Soudain, une voix retentit dans l'obscurité, coupant court à leurs réflexions. Une voix cruelle et glaciale, qui brisa le silence en même temps que l'illusion de sécurité qui avait baigné la pièce seulement quelques instants auparavant.
Pitch. Encore.
- Je dois l'avouer, North, malgré tous nos différends, je trouve tes goûts architecturaux vraiment excellents ! Ce n'est pas pour rien que c'est ta fabrique que j'ai choisi comme Quartier Général lors de notre dernier combat !
Les quatre légendes en état de combattre se retournèrent d'un même mouvement, pour voir leur ennemi assis tranquillement sur la table en bois de la petite pièce.
Entre ses mains se trouvait le bâton de Jack.
- TOI ! Hurla Tooth en s'emparant d'un des sabres de North, tandis que les autres se plaçaient rapidement entre Pitch et leur protégé. Qu'est-ce que tu lui as fait ?
Leur ennemi ne fit que sourire aimablement. Son comportement était en contraste total avec celui des Gardiens, sa passivité et sa nonchalance donnant à la situation une atmosphère presque irréelle. Pitch sifflota d'un air badin, comme s'il se trouvait dans le salon d'un ami l'ayant invité pour le thé, et non chez ses plus grands ennemis. Il jouait avec le bâton de Jack, le faisant passer d'une main à l'autre. Le fait qu'il ait en sa possession un moyen de faire encore plus souffrir Jack était sans aucun doute l'unique raison pour laquelle les Gardiens ne lui avaient pas encore sauté dessus. Et cela, tous ceux présents dans la pièce en étaient parfaitement conscients.
Pitch stoppa son petit jeu, s'adossant confortablement contre le mur de la pièce, toujours assis sur la table. Il paraissait parfaitement à son aise, malgré les regards brûlants de haine que lui jetaient les autres esprits.
L'esprit de la peur sourit, ressentant l'angoisse et l'appréhension émanant de ses vieux ennemis. Il se décida enfin à briser le silence.
- Allons, mes amis, calmez-vous, et essayez de comprendre. Je veux juste prendre ma revanche ! L'envie de vengeance est un sentiment tout à fait naturel, vous savez ?
- De un, siffla Bunny, nous ne sommes pas, et ne serons jamais tes amis. De deux, si tu veux te venger, alors prends-toi-en à des adversaires à ta taille ! Jack n'est qu'un enfant !
- Je me fiche de son âge ! Cracha leur ennemi, laissant soudainement tomber son faux comportement amical, et redevenant l'homme cruel et haineux que les Gardiens ne connaissaient que trop bien. En refusant de s'allier à moi, et en faisant échouer le plan que j'avais mis des centaines d'années à concevoir, il a fait de moi son ennemi juré. Je le lui ferai payer, peu importe les conséquences !
Les Légendes sursautèrent, autant à cause de la haine pure présente dans la voix de Pitch que de ses propos. Cela n'échappa pas à leur ennemi, qui eut un sourire cruel :
- Ooh ! Il ne vous l'a pas dit ? Siffla-t-il d'une voix doucereuse. À se demander si le gosse vous fait vraiment confiance... Quoique je ne peux pas vraiment le blâmer ! Vous lui avez bien tourné le dos une fois, après tout !
North, Bunny et Tooth ne purent s'empêcher de baisser les yeux de honte à ces mots. Sandy, lui, fronça les sourcils, et se résolut à demander des explications une fois que la situation sera plus propice.
Pitch se délecta pendant quelques instants des expressions de chacun des Gardiens, avant de poursuivre.
- Après la chasse aux œufs gâchée de l'année dernière, et que vous lui ayez fait clairement comprendre que vous ne vouliez plus de lui, j'ai suivi ce petit imbécile afin de lui proposer de s'allier à moi, pour que l'on soit enfin reconnus,autant par les humains que par les esprits ! Mais ce stupide gosse a refusé, prétextant que les enfants auraient peur de nous deux, et que ce n'était pas ce qu'il voulait, ou je ne sais plus quelle bêtise... Ce crétin a choisi de protéger les mêmes gosses qui n'avaient jamais daigné croire en lui, au lieu de s'allier avec celui qui aurait pu les forcer à croire en lui ! Pathétique, n'est-ce pas ?
Le maître des cauchemars acheva sa tirade avec un sourire triomphant, bien conscient de son petit effet.
Les quatre Gardiens, eux, étaient stupéfaits. Jack ne leur en avait jamais parlé... Était-ce, comme le disait Pitch, parce qu'il ne leur faisait pas confiance ?
Tooth sentit son cœur se serrer et sa gorge se nouer à cette idée. Ses amis paraissaient tout autant ébranlés. Pitch s'en aperçut et ricana méchamment :
- Vous aussi êtes pathétiques... Et dire que vous pensez savoir ce qu'il ressent ! Le plus ironique, c'est que c'est moi ici, qui le comprends le mieux, et non vous !
Les Gardiens serrèrent les dents, conscients de la demi-vérité contenue dans les paroles de Pitch. Celui-ci savait ce que cela faisait, d'être invisible, et que personne ne croit en lui.
Mais, à la différence de Jack, pensa Bunny avec colère, Pitch le méritait.
Il méritait cette vie à se cacher dans les ombres.
Jack, lui, n'avait jamais été fait pour vivre dans l'ombre.
Il était un esprit de lumière, et Bunny s'en voulait profondément de ne pas l'avoir compris plus tôt.
Le lapin secoua la tête pour chasser ses idées noires et sembla revenir à la réalité :
- Ça ne change pas le fait que tu vas payer pour ce que tu as fait, quoi que ce fût ! Viens te battre, au lieu de te terrer dans l'ombre, lâche !
Pitch leva un sourcil narquois.
- Eh bien, Bunny, je ne te croyais pas autant attaché au morveux ! On dirait que tu as bien changé !
Bunny regarda le croque-mitaine sans comprendre, jusqu'à ce que celui-ci continue :
- J'ai entendu une histoire assez divertissante, il y a longtemps... À propos de … Pâques 68, je crois ?
Le lapin blêmit, et serra un de ses œufs explosifs si fort que celui-ci se brisa. Ses yeux écarquillés semblèrent soudain voir tout autre chose que l'esprit de la Peur qui se tenait devant lui.
Mais Pitch n'en avait pas terminé ; il toisait à présent North.
- Et toi, cher Père Noël... Tu apprends de ce cher Homme de la Lune que Jack est en danger, et tout ce que tu trouves à faire, c'est aller emballer tes cadeaux ? Eh bien, je comprends que le gosse ne vous fasse pas confiance !
Le concerné serra les poings. Le pire, c'était que ce cafard n'avait pas tout à fait tort... Bien sûr, il pouvait se voiler la face en se disant qu'il était important que Noël se déroule sans encombres, mais les faits étaient là : Jack avait eu besoin de North, et ce dernier n'avait pas été là pour lui.
Pitch était satisfait : il avait réussi à semer le trouble dans le cœur des Gardiens, et peut-être même à les monter les uns contre les autres... Il n'avait à présent plus rien à faire ici.
Il hésita quelques secondes, ses yeux tombant sur le bâton toujours entre ses mains. S'il le brisait, l'état du morveux se détériorerait encore plus vite...
Un violent coup de vent au-dehors le sortit de ses pensées. Sans vraiment savoir pourquoi, Pitch sentit que s'il réduisait une seconde fois l'objet en morceaux, Jack ne serait pas le seul à souffrir... L'esprit de la peur réprima un frisson, regardant la fenêtre du coin de l'œil. Mieux valait s'en tenir au plan.
- Bon, et bien ce fut un plaisir de vous revoir, dit-il avec un sourire sardonique en descendant de la table. Transmettez mes amitiés à Jack, voulez-vous ? Enfin... s'il se réveille !
L'esprit disparut dans une ombre, laissant le bâton retomber au sol dans un bruit sourd, et les Gardiens plus désemparés que jamais.
Sandy s'approcha doucement du précieux bâton de berger de Jack, et le reposa sur la table. Il se demanda un instant pourquoi son ennemi ne l'avait pas brisé. Peut-être ignorait-il à quel point l'objet était important ?
Dans le silence parfait suivant l'altercation, une traînée discrète se faufila jusqu'au lit de l'esprit convalescent, tel un serpent. Plongés dans les pensées noires que Pitch avait créées, aucun des Gardiens ne remarqua les quelques grains de poussière noire, qui, comme animés d'une volonté propre, se dirigèrent vers la paume blessée de Jack, avant de s'insinuer furtivement dans la blessure du garçon.
