Salut tout le monde !

Déjà, désolée pour le retard aujourd'hui, mais comme c'est les vacances, mon frère est revenu à la maison après 3 mois d'absence, du coup j'ai passé une grande partie de la journée avec lui et j'ai complètement oublié de poster le chapitre ... SORRY !

Pour me faire pardonner, je vais essayer de poster un peu plus souvent pendant les vacances, et de revenir à des chapitres plus consistants... Mais bon, comme dirait l'autre, l'important n'est pas la quantité, mais la qualité, pas vrai ? ... Non ? Allez quoi... D:

Breeef, je veux aussi remercier akane keiko holmes et impero pour leurs reviews, auquel j'ai (normalement) répondu par MP. Un grand merci également à celles et ceux qui ont follow et favorite cette histoire :)

J'espère que ce chapitre vous plaira, pour ma part j'ai eu de grosses difficultés à l'écrire. Sur ce, bonne lecture ! ;)

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Ce chapitre a été réécrit ! Je vous invite à le relire si vous êtes des vieux de la vieille :)


Chapitre 4 : Je suis là

Le silence était revenu dans la chambre de Jack, plus lourd que jamais après les révélations de Pitch. Les Gardiens arboraient chacun une expression profondément troublée, s'accompagnant, dans trois cas sur quatre, d'une culpabilité presque étouffante.

Sandy, lui, était un peu perdu. Ses amis ne lui avaient que brièvement raconté ce qu'il s'était passé après sa courte - mais non moins tragique - disparition, et il se demandait à présent ce qu'ils avaient bien pu lui cacher.

Un profond sentiment de malaise naquit au creux de son estomac. Il avait toujours fait confiance à ses amis, et pourtant, ils lui avaient menti. Tout comme Jack...

Un mensonge par omission, peut-être, mais un mensonge quand même.

Le marchand de sable sentit un fossé métaphorique se creuser entre lui et le reste des Gardiens. Il était habitué à être à part ; être muet s'accompagnait toujours d'une distance avec les autres.

Enfin, c'était ce qu'il croyait, avant de rencontrer Jack.

Il ne savait pas comment, mais le garçon était capable de converser des heures durant avec lui sans jamais se lasser. Il était encore meilleur que Tooth pour le comprendre, alors qu'ils se connaissaient depuis bien moins longtemps. Avec lui, Sandy oubliait la barrière du langage.

Ce ne fut que lorsque Jack leur parla de Wind, peu après son intronisation au rang de Gardien, que Sandy comprit pourquoi Jack était aussi doué à communiquer avec le marchand de sable. Après trois cents ans à parler avec une entité sans forme ou voix propre, Jack avait quasiment développé un sixième sens lui permettant d'interagir avec ceux qui n'avaient pas de véritable voix.

Pour la première fois, Sandy avait oublié son handicap.

Toujours était-il que la nouvelle distance entre lui et les autres Gardiens n'avait rien à voir avec celle à laquelle il était habitué.

Et il n'aimait pas ça du tout.

Tooth s'était doucement assise sur le bord du lit de Jack, ses yeux ne quittant pas le visage rougit par la fièvre de ce dernier. Il était si jeune. Si... si innocent, malgré ce que de nombreux esprits pouvaient penser. Il n'était pas question de ses farces et autres actes malicieux pour lesquels il était si célèbre. Il était innocent dans le sens où... eh bien... il n'était qu'un enfant. Physiquement, il ne devait pas avoir plus de quatorze ans. Un enfant, à peine un adolescent. Un enfant qui avait dû combattre l'un des esprits les plus cruels et dangereux de leur temps, et était maintenant devenu sa cible. Et tout ça pourquoi ?

Parce que les Gardiens l'y avaient forcé. Ils l'avaient littéralement kidnappé pour le forcer à prendre part à une guerre dont il ne faisait pas partie.

Et à présent, il en payait le prix.

À cause d'eux.

À cause d'elle.

Elle avait été si enthousiaste à l'idée qu'il devienne un Gardien, qu'elle n'avait même pas réfléchi aux risques qui accompagnaient ce titre.

Ils avaient pour rôle de protéger les enfants.

En essayant de faire cela, ils avaient faits d'un de ces enfants un soldat, une cible.

Un corps inconscient et tremblant, allongé devant ses yeux.

Tooth ne se rendit compte qu'elle pleurait que lorsque sa vue se brouilla de larmes. Elle les essuya en silence, ne lâchant pas Jack du regard malgré la honte qui la traversait.

North, lui, s'était détourné du lit abritant le jeune esprit. Il fixait la fenêtre sans la voir, les traits tendus par la colère.

Il avait toujours eu du mal à contenir ses émotions. Les nombreuses "couches" de son centre en étaient témoins. Il avait de nombreuses facettes, toutes plus intenses les unes que les autres, et contrôler sa colère avait toujours été un de ses points faibles.

Mais pour une fois, cette colère n'était pas dirigée à ses yétis, à ses elfes, ou même à Pitch.

Il était en colère contre lui-même.

La culpabilité qui lui avait sauté à la gorge lorsqu'il avait vu le corps frêle de Jack dans les bras de Bunny s'était réveillée en entendant les paroles de Pitch.

Il avait laissé tomber Jack.

Encore.

Il était le chef - non-officiel, mais tout de même ! - des Gardiens, et pourtant, il avait échoué à protéger l'un d'entre eux.

Il se souvenait du jour où Jack était arrivé dans son atelier, si certain qu'être Gardien n'était pas fait pour lui.

Ce jour-là, North avait essayé de lui expliquer, à sa façon, et sans doute très maladroitement, qu'être Gardien signifiait simplement être soi-même.

Pourtant, Jack n'avait cessé de se cacher. De mentir. De dissimuler le véritable lui sous des couches de fausseté.

Était-ce la faute de North ? Jack avait-il pensé que c'était le message qu'il avait voulu faire passer ?

North en était persuadé. Et la seule personne qu'il blâmait, c'était lui-même.

Bunny, lui, était resté parfaitement immobile. Son regard était vide, et son expression était divisée entre la colère et la culpabilité. Bien malin aurait été celui capable de deviner ses pensées.

Sandy fut le premier à briser le silence - métaphoriquement, bien sûr. Il s'éleva au milieu de la pièce, gagnant l'attention de North et Tooth, les tirant au passage de leurs sombres réflexions. En quelques signes secs, il leur ordonna d'expliquer les propos de Pitch. Tooth et North s'entre-regardèrent, sachant pertinemment ce à quoi il référait. North se racla la gorge, et entreprit d'expliquer ce qu'il s'était passé, il y a près de six mois, lorsqu'ils étaient au plus bas.

Tooth, n'osant pas voir l'expression de Sandy lorsqu'il apprendrait ce qu'ils avaient fait, se tourna vers Bunny, qui était figé dans un état proche de la catatonie. Doucement, elle s'approcha du Gardien et posa une main sur son épaule.

- Bunny ? Dit-elle, hésitante. Tout... tout va bien ?

Le lapin lança un regard perdu à son interlocutrice, avant de sembler revenir au présent. Il haussa les épaules tout en rengainant ses boomerangs, l'oreille basse.

Tooth hésita. Devait-elle essayer de le pousser à lui dire la vérité ? Elle se doutait que son état avait à voir avec les paroles de Pitch, mais elle n'en savait pas plus.

Soudain, un coup sourd retentit derrière eux, épargnant à Toothiana un choix difficile. Elle et Bunny se tournèrent d'un même mouvement, pour tomber sur un Sandy livide. Tooth ne l'avait jamais vu dans une colère pareille. Le Gardien avait frappé du poing sur la table, interrompant le flot d'excuses de North, qui venait de terminer son récit. Des dizaines de signes se succédaient au-dessus de sa tête, énonçant clairement à quel point le marchand de sable était déçu de ses coéquipiers pour avoir abandonné Jack. Les trois autres se contentaient de le regarder, acceptant sans un mot le sermon qu'ils savaient pertinemment qu'ils méritaient.

Un grand bruit interrompit la tirade de Sandy, faisant sursauter les quatre Gardiens. L'adrénaline produite par la visite inattendue de Pitch n'était pas encore tout à fait retombée. Leurs regards se tournèrent vers la fenêtre, qui grinçait sous la violence du vent. Les esprits se détendirent, un peu honteux d'avoir bondi pour si peu. North commença à marmonner contre le mauvais temps, tandis que Tooth s'empressait de fermer les rideaux, n'osant pas ouvrir la fenêtre pour tenter de rabattre les volets.

Cela fait, la fée des dents dirigea son regard vers le convalescent, dont les tremblements s'étaient accentués. En son for intérieur, Tooth se demanda si cela était dû à sa récente proximité avec Pitch. Elle n'était ni stupide, ni naïve. Elle savait que le fait que Jack s'effondre juste après le retour de Pitch ne pouvait pas être une coïncidence.

La Gardienne des souvenirs entendit soudain le jeune esprit pousser un faible cri de douleur. Mais avant que qui que ce soit ait eu le temps de faire le moindre geste en direction de Jack, la fenêtre s'ouvrit avec une telle force que les battants se cognèrent contre les murs de la chambre et arrachèrent la tringle des rideaux, un carreau se brisant même sous la violence de l'impact.
Croyant à une nouvelle attaque de Pitch, North brandit son sabre en hurlant, suivit de près par Sandy, lorsque ceux-ci réalisèrent qu'il n'y avait pas l'ombre d'un croque-mitaine à plusieurs mètres à la ronde.

En fait, il n'y avait rien.

Aucune forme ne se dessinait dans l'embrasure de la fenêtre.

Et pourtant, quelque chose venait en effet d'entrer.

Ou plutôt, quelqu'un.

Il s'agissait d'un des êtres les plus mystérieux et méconnus du monde.

Et pourtant, il était aussi l'un des plus vieux.

Il était le seul être qui connaissait réellement Jack.

Le seul qui avait toujours été là pour lui, dans les mauvais moments comme dans les bons.

Le seul qui savait ce qu'il avait vécu durant ses trois cents ans d'existence, et à quel point la solitude pouvait blesser.

Le seul qui l'avait approché, alors que tous le fuyaient.

Le seul qui l'avait accepté, alors que tous le rejetaient.

Le seul qui l'avait protégé, alors que tous le menaçaient.

Le seul qui lui avait parlé, alors que tous se taisaient.

Le seul qui l'avait écouté, alors que tous l'ignoraient.

Le seul qui l'avait aimé, alors que tous le détestaient.

Son meilleur ami. Son premier ami.

Son seul ami.

Wind.

L'esprit des vents s'était engouffré dans la pièce avec un sifflement furieux. Les Gardiens comprirent qu'il n'avait pas pu utiliser le portail, n'ayant pas de corps à proprement parler, et avait donc parcouru le plus rapidement possible la distance séparant Londres du Pôle Nord, où se trouvait la fabrique de jouets de North. Tout cela pour retrouver Jack.

Les quatre esprits arborèrent une expression coupable, réalisant que cela faisait probablement plusieurs minutes qu'il essayait de rentrer, anxieux de retrouver son précieux protégé. Ils connaissaient la relation puissante qui liait les deux esprits. Jack leur avait parlé de Wind comme l'être le plus important à ses yeux, et ils avaient rapidement compris qu'il en était de même pour Wind, ne serait-ce qu'avec l'habitude étrange, mais assez adorable, qu'avait ce dernier de se lover affectueusement contre le jeune esprit.

("Étrangement adorable", avait un jour décidé Bunny, en voyant – ou du moins, en sentant – Wind s'enrouler comme un chat autour des épaules de Jack, avant que celui-ci ne le caresse comme s'il en était un. Les autres Gardiens n'avaient pu qu'acquiescer.)

Wind était vieux. Très vieux. Pourtant, il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme Jack.

Wind avait immédiatement compris que Jack était différent. À la seconde où Jack avait pris la première inspiration de sa seconde vie, il avait su qu'il serait différent des autres.

Car Jack était le seul à pouvoir le comprendre, à pouvoir l'entendre. Il était le seul à lui parler.

Et Wind l'avait remercié en faisant de lui le seul à pouvoir le chevaucher. Le seul à pouvoir voler avec le vent.

Chevaucher le vent... De nombreux esprits s'y étaient essayés. Aucun n'avait réussi. Ils avaient tous été pleins d'orgueil, pensant pouvoir domestiquer le vent. Ils étaient tous tombés de haut. Parfois littéralement.

Mais c'était avant Jack.

Car lui avait toujours traité Wind comme son égal, et non comme un moyen de transport. Il ne volait pas sur le vent, il volait avec lui.

Et cela, entre autres choses, avait tout changé.

Wind s'approcha de l'enfant endormi, et une douce brise caressa les cheveux et la peau rougie de l'esprit de l'Hiver. Immédiatement, comme si c'était le signal qu'il avait attendu, Jack se calma. Ses gémissements se turent, sa respiration s'apaisa, et progressivement, son cœur reprit un rythme normal.

Dans un silence quasiment religieux, Bunny, Tooth, North et Sandy contemplaient la scène, ébahis. L'esprit millénaire avait réussi, en à peine quelques secondes, à faire ce qu'eux-mêmes tentaient depuis déjà presque une heure.

Jack paraissait apaisé. Tout doucement, son corps se détendit et son visage se relâcha.

Puis, alors que Wind continuait ses cajoleries et rassurait l'esprit inconscient, un petit sourire apparut sur les lèvres de celui-ci. Un sourire doux et calme. Les quatre Gardiens étaient émerveillés ; ils n'avaient jamais vu Jack aussi détendu et apaisé. Aussi... paisible. Il n'y avait plus aucune trace d'espièglerie sur son visage, et il leur apparaissait pour la première fois comme ce qu'il était vraiment : un enfant. Un enfant fragile et innocent, qu'il fallait protéger.

Apparemment satisfait de son effet, Wind parut s'éloigner quelque peu du jeune adolescent, et envoya une forte bourrasque sur les quatre légendes toujours immobiles et muettes, bourrasque qui sonnait autant comme une réprimande que comme une accusation.

North s'ébroua, comme sorti d'un rêve, et baissa rapidement les yeux, piteux.

- Je suis désolé, Wind... d'avoir échoué à le protéger. Je sais que tu nous faisais confiance. En tant qu'aînés, nous aurions dû faire en sorte qu'il ne lui arrive rien.

Les trois autres acquiescèrent, offrant également leur plus plates excuses à l'esprit.

Wind paru se calmer, et les bises glaciales et sifflantes qui avaient envahi la pièce se transformèrent doucement en simples brises, un message évident que les Gardiens étaient pardonnés. Wind sembla alors détourner son attention des quatre esprits, retournant sans tarder aux côtés de Jack dans un bruissement mélancolique.

Tooth soupira. La peine de Wind pour son ami était presque palpable. Elle-même souffrait déjà beaucoup de la situation de l'esprit de l'Hiver, alors qu'elle ne le connaissait réellement que depuis six mois. Elle n'osait imaginer ce que l'esprit des vents ressentait à cet instant... Lui qui avait partagé toute l'existence de Jack, lui qui avait été sa seule compagnie pendant ces trois cents ans de solitude.

Wind caressait doucement la joue et le front de Jack, laissant un faible alizé courir sur son visage comme pour le rassurer. Il survola ses pommettes, chatouilla son nez, se blottit contre son cou. C'était un geste familier, intime, que Wind avait pris l'habitude de faire lorsque Jack se sentait particulièrement mal. Un simple geste qui effaçait ses peurs et sa douleur.

Un geste qui rappelait à Jack le simple fait qu'il n'était pas seul.

Un geste pour lui dire qu'il était là.

Avec lui.

Et qu'il ne le quitterait pas.

Jamais.


Jack flottait dans le néant, perdu dans un monde de douleur et de solitude, un monde où aucune lumière ne pouvait l'atteindre.

Il pouvait à peine penser, son esprit comme embourbé dans les limbes traîtres d'un endroit où les ténèbres régnaient en maîtres.

Un royaume où des mots comme espoir, amour, amitié, n'existaient pas.

Il ne pouvait pas sentir son corps. Il ne pouvait pas se souvenir de qui il était. Son propre nom lui échappait.

Il était prisonnier de cet endroit. Prisonnier de lui-même.

Le garçon sentit soudain une douce bise fendre les ténèbres. Un murmure sans nom lui effleura le visage, et un terrible sentiment de familiarité et d'amour naquit dans son cœur.

Il connaissait ce sentiment. Il connaissait ce geste. Il l'aurait parié sur sa vie.

La brise continuait à voyager sur son visage, dans le creux de son cou, lui faisant lentement reprendre conscience de son corps.

Il se rappela alors qu'il n'était pas seul.

Et qu'il ne le serait jamais.

Dans le lointain, il crut même entendre quelqu'un murmurer à son oreille...

« Je suis là »