Hi everybody !
Et me voilà de retour, pour vous jouer un mauvais tour (encore en retard)!
Mais promis normalement un chapitre dans le courant de la semaine ... je dis bien NORMALEMENT car j'ai du mal à trouver le temps d'écrire, même en vacances, et quand je m'y met, mon chat ne paraît pas d'accord et me le fait savoir en s'asseyant sur mon clavier... (oui oui, carrément... quoi ? comment ça j'ai aucune autorité ?)
Breef, encore merci a tous ceux qui follow et favorite, et merci a Impero pour sa nouvelle review (je t'aime, toi !) ainsi que Akane keiko holmes (toi aussi tkt :D) (et pas de jaloux, jvous aime tous ;) )
Au fait, avant que j'oublie... un graaand MERCI à vous tous, car on a dépassé la barre des 200 vues sur l'intégralité de l'histoire, et ce me parait juste ÉNORME !
Continuons comme ça, et bonne lecture ;)
Et une fois de plus, je m'envole vers d'autres cieuuuuuux !
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Ce chapitre a été réécrit ! Je vous invite à le relire si vous êtes des vieux de la vieille :)
Chapitre 5 : Culpabilité
Les quatre gardiens, bien que très inquiets pour Jack, savaient pertinemment qu'ils ne pouvaient pour le moment rien faire de plus pour lui. Il était évident que le jeune esprit hivernal était entre les meilleures mains possibles : Wind veillait sur lui comme un père sur son fils, et North avait pris la précaution de placer des yétis devant la porte de la chambre, pour prévenir toute intrusion. Le grand russe avait donc décrété qu'une bonne tasse de chocolat chaud leur ferait à chacun le plus grand bien, et leur permettrait de se remettre de leurs émotions. Tandis qu'il disait cela d'une voix faussement enjouée, il posa un regard inquiet sur l'esprit de Pâques, qui fixait toujours le sol d'un regard mort. Toothiana s'approcha de son ami en voletant, et posa doucement ses mains sur les épaules de Bunny avant de le guider silencieusement vers la porte. Ils furent suivis de près par les deux autres esprits dans un silence rythmé par le bruit de leurs pas et les brises de Wind. Chacune des légendes se faufila dans l'embrasure à contrecœur, jetant un dernier regard vers le lit dans lequel leur plus jeune recrue se faisait tendrement bercer par l'esprit du vent.
Ils se retrouvèrent bientôt autour d'une large table en pin massif, dans la grande cuisine au style très rustique de la fabrique de North. Bien qu'en tant qu'esprits, ils n'aient pas besoin de manger pour survivre, chacun d'entre eux savait apprécier un bon repas, et il n'était pas inhabituel que North passe des heures dans sa cuisine à confectionner des plats divins pour en régaler ses amis. Mais ces jours remplis de joie et de rires légers leurs semblaient bien loin, à présent, les nuages noirs causés par l'état de Jack occupant les pensées de chacun des gardiens.
Le silence s'était installé, rendant l'atmosphère encore plus pesante, si c'était chose possible. Même les elfes, qui d'habitude ne se privaient pas pour s'amuser et créer le plus de problèmes possibles, se taisaient, et les petits diablotins ne tardèrent pas à se précipiter dehors, volant au passage un plateau de biscuits déjà trempés de bave. Les bruits de leur cavalcade s'estompèrent, ne faisant qu'augmenter la tension dans la pièce. Les quelques yétis présents s'entre regardèrent, clairement mal-à-l'aise, tandis que North s'affairait muettement à faire chauffer du lait, à sortir les tasses, à préparer le cacao, en s'efforçant de faire le plus de bruit possible pour ramener un semblant de vie dans la pièce.
Cela ne marcha pas.
Bientôt, il n'y avait plus personne d'autre dans la pièce que Tooth, North, Sandy, et un Bunny qui regardait dans le vide avec une expression indéchiffrable. Les tasses avaient été distribuées, mais aucun mot n'avait été échangé, et même le russe, qui avait une énorme faiblesse pour le chocolat, peinait à savourer sa boisson.
North finit par se lever en soupirant, et referma soigneusement la porte, avant de se tourner vers le lapin d'un air à la fois décidé et incertain. Celui-ci ne parut pas le remarquer, et continua à fixer la tasse qu'il serrait entre ses pattes, sans toutefois sembler réellement la voir. Tooth se tortillait sur sa chaise, mal-à-l'aise, tandis que l'esprit des rêves modelait son sable magique sans grand enthousiasme, ses œuvres allant des cookies aux œufs de Pâques. Lorsque le sable se mut en un gracieux flocon, il abandonna son jeu en poussant un petit soupir triste.
Le Père Noël s'éclaircit la gorge, puis échangea un regard de connivence avec les deux autres : dans leurs yeux brillait la même interrogation que celle qui trottait dans l'esprit de North depuis maintenant plusieurs minutes. En fait, depuis que Pitch avait abordé le sujet.
Tooth, voyant qu'aucun de ses compères ne semblait décidé à prendre la parole, retint un énième soupir. Honneur aux dames… pensa-t-elle avec sarcasme. Elle posa sa tasse avec un petit bruit et prit la parole.
- Bunny... Qu'est-ce qu'a voulu dire Pitch, tout à l'heure ? Au sujet de... de Pâques 1968. Que s'est-il passé ?
Rien dans l'attitude de son ami ne lui permit de savoir s'il l'avait écoutée, ou même seulement entendue. Il fixait toujours sa tasse, comme si les guimauves qui flottaient à la surface du liquide étaient le spectacle le plus fascinant auquel le lapin avait jamais assisté. Ses amis, conscients du probable débat intérieur qui se jouait en ce moment même dans son esprit, décidèrent d'un accord tacite de ne rien dire de plus afin de le laisser prendre la parole lorsqu'il se sentirait prêt à parler.
Ce qui arriva finalement après une bonne quinzaine de minutes, lorsque la dernière guimauve de Bunny disparut dans les profondeurs de la tasse, gorgée de chocolat chaud – ou plutôt froid, à présent.
Celui-ci prit une grande inspiration et brisa enfin le silence.
- Pâques de cette année-là... le 14 avril 1968... Honnêtement, je crois que de toute ma vie d'immortel, je n'ai jamais eu autant honte de moi. J'ai été stupide, j'ai jugé trop vite, je-
Bunny se tut brusquement, ferma ses yeux quelques instants, et reprit d'une voix plus contrôlée.
- Ce jour-là, j'ai… dit des choses. Des choses que je n'ai pas cessé de regretter depuis. Si je pouvais… remonter le temps, retirer ces paroles… Je le ferai sans la moindre hésitation. Mais c'est impossible. Et je dois vivre avec ce que j'ai dit… que je le veuille ou non.
Bunny releva la tête, et ses amis virent la tristesse et la honte envahir ses yeux verts. Le regret irradiait de tout son être, et ses mains tremblaient légèrement. Il dut s'en rendre compte, car il baissa à nouveau les yeux et raffermit sa prise sur la tasse.
- Et le pire, c'est que sur le coup, je pensais sincèrement ce que j'ai dit, murmura-t-il d'une voix rauque.
North et Tooth échangèrent un regard tandis que Sandy fronçait les sourcils. Tout cela ne répondait pas vraiment à leur question, mais il était clair que cette histoire avait pesé sur le cœur de l'autre esprit depuis pas mal de temps. North but d'un trait le reste de sa boisson, puis regarda Bunny dans les yeux.
- Bunny... Je sais, comme tous les esprits, que Pâques 1968 a été la pire fête de Pâques de tous les temps, en tout cas aux Etats-Unis. Mais nous n'avons jamais vraiment su pourquoi. Tout ce que nous savons, c'est que tu en as toujours voulu à Jack, et que tu le détestais cordialement à cause de ça, avant qu'il ne devienne un gardien. Peut-être serait-il temps... de nous expliquer.
Son ami lui adressa un regard perdu, avant de soupirer. Il avait d'ailleurs l'impression que tout le monde soupirait beaucoup trop, ces temps-ci…
- Très bien... De toute façon, vous l'auriez su un jour ou l'autre, alors autant que ce soit moi qui raconte... Au moins, vous aurez la véritable version de l'histoire.
Le gardien de l'espoir porta sa tasse toujours pleine à ses lèvres, et la vida en quelques lampées, comme pour se donner du courage. Puis, sans se donner plus de temps de peur de changer d'avis, il commença son récit.
13 avril 1968, quelque part en Amérique :
Ce jour-là, Bunny était optimiste : Pour une fois, Pâques s'annonçait bien. Il n'y avait pas de retard dans la décoration des œufs, le nombre de croyants n'avait jamais été aussi haut depuis au moins cinquante ans, et le climat était idéal pour une chasse aux œufs. Il était un peu plus de 22h, et il venait de terminer de cacher ses œufs ; cette ville avait été la dernière. Tout était prêt pour le lendemain !
Le lapin s'accorda un soupir de satisfaction. Cette année-là, Pâques promettait d'être une réussite totale, peut-être même que cette date rentrerait dans le Top 5 des meilleures fêtes de Pâques de tous les temps !
Que-dis-je, visons le Top 3 ! Pensa le gardien, très enthousiaste. Il ne voyait pas quoi que ce fût qui puisse troubler cette journée. C'était sûr, ce serait une fête mémorable ! Il avait déjà hâte d'entendre les rires des enfants se précipitant dans l'herbe, et leurs exclamations de joie lorsqu'ils découvriraient l'un de ses jolis œufs !
Le jour de Pâques était le résultat d'une année entière de travail, particulièrement intense lors des derniers mois - la magie de Bunny empêchant les œufs d'être périssables avait ses limites, et il passait les six premiers mois à mettre au point de nouveaux designs et à réviser ses troupes. Quoi qu'en dise son vieil ami russe, Pâques était aussi important et éprouvant que Noël, voire plus ! Et la joie que les enfants vivront le lendemain prouverait cela au Père Noël, une bonne fois pour toutes !
Bunny remua les moustaches, plus que satisfait, puis tapa le sol deux fois de sa grande patte, avant de sauter dans le tunnel qui était apparu. Quelques secondes plus tard, celui-ci avait disparu, et à la place, une fragile pensée s'épanouissait à présent dans la verdure, seul témoin du passage du lapin.
14 avril 1968, quelque part en Amérique :
Bunny n'en croyait pas ses yeux. C'était impossible ! Ce ne pouvait être qu'un mauvais rêve ! Un rêve qui paraissait bien trop réel, mais juste un rêve ! Le lapin se pinça, de plus en plus fort, s'arrachant presque la peau, et une bonne partie des poils de son bras droit... Rien n'y faisait.
Il ne se réveillait pas.
Et pour une très bonne raison.
Ce n'était pas un rêve.
C'était réel.
Affreusement réel.
Tout autour de lui n'était que glace et gel. Que froid et neige. Que silence et mort. Que destruction et horreur.
Toute la région, non, tout le pays, était gelé. Il n'y avait pas un arbre, pas un ruisseau d'épargné. Les maisons avaient à moitié disparu sous la couche de neige, et une bise glaciale sifflait faiblement au travers des branches couvertes de givre des arbres.
Mais le pire, c'était le silence.
Un silence qui perçait les oreilles de Bunny, aussi sûrement que des dizaines de marteaux-piqueurs l'auraient fait.
Pas un oiseau ne chantait. Pas une feuille ne bruissait.
Normal. Les oiseaux étaient morts, les feuilles, gelées.
Rien n'avait survécu - ou tout du moins, Bunny le croyait.
C'était une hécatombe.
Un désastre.
Pâques était gâché. Complètement et irrémédiablement gâché.
Celui de cette année, et peut-être même des suivantes.
Bunny avait envie de pleurer. Ou de tuer quelqu'un.
Ou peut-être les deux en même temps.
Le gardien baissa un regard embué vers le sol. A ses pieds gisait une unique fleur violette, recouverte de givre.
D'une main tremblante, il la ramassa, passant sa patte sur les pétales glacés, sur la tige figée, sur les patterns aussi magnifiques que mortels qui s'étaient étendus sur la fleur comme une toile d'araignée létale.
Sa petite pensée.
Morte gelée.
L'esprit serra la plante contre son cœur, attentif à ne pas la briser, maintenant qu'elle était aussi fragile que du cristal.
Il ne pouvait se résoudre à la laisser ici.
Soudain, les oreilles du gardien se dressèrent malgré elles. Un bruit !
Un instant fut tout ce qu'il fallut à l'ouïe exceptionnelle de Bunny pour qu'elle en détermine l'origine et la provenance.
Des sanglots.
Un humain.
Un enfant.
Bunny eut un sursaut d'énergie, et sa tristesse cessa un instant de régir son corps. Cet enfant avait dû être piégé par le blizzard, il devait avoir besoin d'aide ! Et en tant que gardien, en tant qu'esprit, il devait aller l'aider ! Il se précipita sans plus attendre en direction du bruit, dérapa, retrouva l'équilibre, raffermit sa prise sur sa précieuse pensée, releva la tête, et se trouva nez à nez avec...
Un adolescent aux cheveux aussi blancs que la neige qui les entourait.
Agenouillé sur le sol gelé, un bâton de berger serré dans ses mains.
À sa connaissance, une seule personne correspondait à cette description.
Jack Frost.
Un esprit, donc.
Un esprit doté d'une réputation très peu flatteuse.
Un esprit que certains avaient surnommé « Le nouveau Loki* ».
Un esprit que tous évitaient, et que beaucoup méprisaient.
L'Esprit du Froid et de l'Hiver.
De l'Hiver.
Bunny ne prit même pas le temps de réfléchir, ou d'analyser la situation. Son cerveau ignora le fait que le jeune esprit pleurait. Ou encore qu'il était prostré dans la neige. Ou encore qu'il paraissait horrifié et choqué.
La seule chose qu'il retint fut le regard plein de culpabilité que celui-ci posa sur le gardien.
Et la vision de Bunny vira au rouge.
* Loki : Dans la mythologie nordique, Dieu de la tromperie et de la discorde.
