Salut, bande de gens !

On se retrouve pour le 13ème chapitre de cette fic, et deux jours après le vendredi 13... Y a complot, c'est sûr ! XD

Pour cette semaine, j'ai le plaisir de vous annoncer que le chapitre est un peu plus long que d'habitude ^^ J'ai pris pas mal de temps à écrire celui-ci, car je ne savais pas vraiment dans quelle direction partir... A vous de voir si le rendu vous plait, moi j'en suis assez satisfaite :)

Comme toujours, merci à ceux qui ont posté des reviews, vous êtes géniaux ! Merci aussi aux followers/favs et à vous tous qui lisez cette fic' ! :)

Sur ce, bonne lecture ;)

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Ce chapitre a été réécrit ! Je vous invite à le relire si vous êtes des vieux de la vieille :)


Chapitre 12 : Masque brisé

Seulement quelques minutes plus tard, les quatre gardiens, essoufflés d'avoir couru dans les couloirs de l'immense fabrique, se retrouvaient devant la porte qui menait à la chambre qu'occupait Jack. Tentant de chasser l'appréhension qui les parcourait à l'idée de confronter le jeune garçon, ils échangèrent un regard inquiet. Voyant que personne ne se décidait, et que le visage de Bunny avait visiblement pâli malgré les poils qui le recouvraient, North se décida à prendre les devants. Il se composa un sourire, et tourna la poignée de la porte.
Sourire qui disparut bien vite à la vue du jeune esprit de l'Hiver.

Sans un mot, le grand homme s'avança doucement vers Jack, les yeux remplis de tristesse et d'inquiétude. Il fut rapidement suivi par les autres, qui eurent une réaction en tout point semblable à la sienne.

En entendant la porte s'ouvrir, Jack avait tourné la tête, et avait ainsi révélé son visage aux autres Gardiens.
Allongé dans son lit, adossé contre plusieurs coussins, le jeune immortel se redressa un peu plus à la vue de ses amis, un mince sourire se dessinant sur son visage. Et quel visage... Émacié, encore plus pale que d'habitude – ce que personne n'aurait jusque-là crû possible, – Jack avait les traits tirés, et de larges cernes noirâtres ombraient son regard. Tout son corps paraissait faible et tremblant, et plusieurs mèches de ses cheveux étaient restées collées à son front par la sueur. Il paraissait plus petit et frêle qu'il ne l'avait jamais été.

Soucieux de la santé du plus jeune, North attrapa une chaise et s'assit aux côtés du lit, bientôt imité par ses amis. Sandy eut un petit sourire en sentant la présence de Wind autour de Jack ; l'esprit millénaire semblait s'être enroulé autour des épaules du garçon, et de douces brises calmaient son visage toujours rougit de fièvre.

Un petit silence commença à s'installer, que Jack rompit avant que celui-ci ne devienne trop pesant. Son sourire tremblant et - ils s'en rendaient maintenant compte - factice toujours solidement ancré sur son visage, il prit la parole.

- H-hé ben, vous en faites, une tête ! Personne n'est mort, à ce que je sache, si ?

Aucun des gardiens ne répondit, se contentant de le fixer avec tristesse, avant que Tooth ne se décide à ouvrir la bouche, hésitante.

- Jack... pourquoi... pourquoi nous mens-tu ?

Le sourire de ce dernier fondit comme neige au soleil, et sa voix se fit tremblante.

- M-Mais de quoi tu parles... Tooth... Je-je ne vous mens pas... balbutia-t-il, incertain.

- Si, Jack, le coupa Bunny, d'une voix douce, sans aucune trace de rancune ou d'accusation. Tu nous mens en te taisant, en nous faisant croire que tout va bien alors que c'est loin d'être le cas. Tu nous mens en nous cachant tes problèmes, en dissimulant tes souffrances, en t'abritant derrière cette façade faussement joyeuse et ce sourire forcé. Pourquoi n'es-tu pas sincère ? Demanda-t-il doucement, la peine transparaissant dans sa voix. Ne nous fais-tu pas confiance ? Bunny hésita avant de prononcer une dernière phrase, une phrase qu'il, il le savait, méritait à peine de prononcer. Ne sommes-nous pas... tes amis ?

Jack affichait à présent une mine décomposée. Une petite boule commença à se former dans sa gorge, enflant de plus en plus, menaçant de bloquer sa respiration. Il déglutit pour la chasser, mais cela ne marcha pas. Jack ferma brièvement les yeux, dans une tentative désespérée pour repousser l'envie de déballer tout ce qu'il avait sur le cœur. Bien sûr qu'il leur faisait confiance ! Bien sûr qu'ils étaient ses amis ! Mais... S'ils voyaient à quel point il était faible... s'ils voyaient le vrai Jack Frost... Voudraient-ils seulement encore de lui ? Il déglutit, tentant de chasser son appréhension et son envie de pleurer toujours grandissante... Non. Il ne devait pas craquer. Il n'en avait pas le droit. Il avait tenu le coup pendant trois cents ans, et ce n'était pas maintenant qu'il allait céder, et s'effondrer.

Crispant ses poings, le jeune immortel releva les yeux vers les autres gardiens, et s'obligea à parler d'une voix qui se voulait ferme.

- Bien sûr que si. Souffla-t-il. Bien sûr que je vous fais confiance. Que vous êtes mes amis. Ce n'est pas ça...

- Alors qu'est-ce que c'est ?

- Tooth... Je...

- Je t'en prie, Jack... Parles-nous. Quoi qu'il arrive, on sera là. Je te le promets, affirma North d'une voix bourrue mais sincère.

Son cadet les regarda chacun tour à tour, un tic déformant son visage épuisé, se mordant l'intérieur de la joue pour essayer de stopper ses tremblements. Mais la tristesse et la peine qu'il vit dans leur regard fut de trop, et la carapace qu'il avait construite morceau par morceau pendant ses trois cents ans d'existence, qu'il avait renforcée à chaque insulte, à chaque regard de haine ou de mépris, toutes les barrières qu'il avait érigé lentement et douloureusement autour de son cœur... Volèrent en éclats.

Et il éclata en sanglots douloureux.

Pour la troisième fois de sa vie, il pleura.
Enfin, il se laissait totalement aller. Enfin, il laissait son cœur meurtri s'exprimer.
Il sentit à peine North le serrer dans ses bras, bientôt rejoint par Bunny et Tooth, tandis que Sandy voletait autour de lui d'un air inquiet.

Une douce caresse sur son visage le ramena finalement au présent, et il adressa un remerciement mental à Wind, son auteur.

Tentant de refréner les larmes qui continuaient de dévaler ses joues, Jack rencontra le regard de Bunny, et celui-ci eut un petit sourire, avant de lui frotter les cheveux dans un geste réconfortant.

- Pleure, gamin, chuchota le lapin. Pleure. Tu t'es retenu pendant trois cents ans, alors vas-y. Laisses-toi aller.

Le gamin en question eut un hoquet de surprise, à travers ses sanglots.
Vraiment ?

Ils ne lui en voulaient pas d'être aussi faible ?

Il avait le droit... vraiment...

Une vague de soulagement le parcourut, si forte qu'il sentit son cœur tomber dans sa poitrine, et ses sanglots redoublèrent d'intensité. Pourtant, cette fois, il n'essaya pas de les arrêter. Il laissa ses peines et ses peurs se déverser dans ses larmes purificatrices, les laissa apaiser son cœur meurtri et laver son âme de tous ses maux.

Il ne sut pas combien de temps il resta là, entouré des bras de ses amis, à pleurer, mais au bout d'un long moment, la boule dans sa gorge commença à disparaître, petit à petit, remplacée progressivement par l'apaisement. Ses pleurs diminuèrent, ses sanglots se firent plus rares, ses larmes se tarirent, séchèrent, et il parvint finalement à prendre quelques goulées d'air frais, respirant profondément, essayant de chasser les tremblements qui le parcouraient encore.

Il avait craqué, certes. Mais à présent, il se sentait tellement léger... Enfin libéré du poids de toute la peine qu'il avait accumulé durant toutes ces années. Oui, malgré sa fatigue, malgré sa honte de s'être laissé aller devant ceux qu'il estimait le plus, malgré sa peur... il se sentait bien. Pour la première fois depuis bien longtemps, il se sentait enfin lui-même.

Il avait presque oublié cette sensation.

Lorsqu'il fut totalement calmé, il se décida à relever la tête, toujours entouré des bras réconfortants de ses amis. Ceux-ci le relâchèrent quelque peu, sans pour autant s'éloigner, attendant visiblement qu'il prenne la parole... Et cela ne manqua pas.

- Je... Jack prit une grande inspiration, et lâcha le reste de sa phrase dans un murmure. J'avais peur.

Voyant le regard d'incompréhension que lui lançaient ses amis, il se décida, malgré lui, à développer sa pensée.

- J'avais peur... non, j'étais terrifié à l'idée que, si vous voyiez le véritable moi, faible et complètement foutu en l'air par toutes ces années de quasi-solitude... vous me rejetiez. Que vous m'abandonniez, que je sois à nouveau l'esprit que personne ne voit, et que toutes les autres légendes détestent. Et... pour ça... je... je suis désolé. Finit-il dans un murmure, honteux.

Les quatre gardiens originels s'entre-regardèrent, un peu dépassés. Ils n'avaient rien fait pour le jeune esprit pendant trois cents ans, pire, dans le cas de Bunny, il l'avait terriblement blessé... Puis, ils n'avaient rien pu faire pour protéger leur ami de Pitch, sans oublier que trois d'entre eux lui avaient tourné le dos... Et c'était Jack qui s'excusait ?

Bunny sentit que c'était le bon moment pour parler, et après avoir pris une grande inspiration pour rassembler son courage, il se jeta à l'eau.

- Jack...

Le susnommé releva la tête, un peu étonné d'entendre le Lapin de Pâques s'adresser à lui sans utiliser de surnom. Et sa surprise ne fit que croître à mesure qu'il écoutait ce dernier parler.

- C'est moi, qui devrais m'excuser... pour ce que je t'ai dit. Ce jour-là. Lors de la catastrophe de Pâques 1968. Je... je sais la vérité, pour le feu et le reste. Et je suis... tellement désolé.

Jack écarquilla les yeux, choqué. Il savait ? Mais... comment ?

Mais Bunny ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche, qu'il continuait.

- Lorsque j'ai su ce que tu avais fait, je... je me suis détesté. D'avoir dit tout ça sans chercher à comprendre. De t'avoir blessé. Alors... je m'excuse sincèrement. Pour ça, mais aussi pour n'avoir jamais eu le courage, auparavant, de venir te dire tout ça. Et... je comprendrais que tu ne puisses- que tu ne veuilles pas me pardonner. Moi-même, je ne suis pas sûr de le mériter. Et je ne pense pas que je pourrais un jour me pardonner, d'ailleurs. C'est d'ailleurs pour ça que je ne te demande pas pardon. Parce que je n'ai aucun droit de te demander quoi que ce soit, même d'accepter mes excuses.

Jack paraissait assommé. Doucement, il reprit ses esprits. Ne pas pardonner Bunny... Oui, il avait souffert de ses paroles, ce jour-là. Véritablement. Il s'était senti mal pendant des jours, puis des mois, n'osant pas revenir dans ce pays pendant plusieurs années, encore trop secoué. Il avait été rempli de haine et de rancune, c'était aussi vrai. Mais ces sentiments n'étaient pas dirigés vers le Lapin de Pâques. Pas une fois il n'avait dirigé sa colère vers le Gardien. C'était à lui-même qu'il en voulait. Il s'en voulait de ne pas avoir pu contrôler ses pouvoirs, de ne pas avoir eu le courage d'aller voir le Gardien pour lui expliquer. Il en avait aussi voulu, dans une moindre mesure, à l'Homme de La Lune, qui l'avait placé là, dans ce monde, sans même lui dire quel était son rôle, ou comment maîtriser son élément. Mais il ne lui serait jamais venu à l'esprit que le Lapin aurait voulu s'excuser auprès de lui... Car après tout, ce qu'il avait dit n'était que la stricte vérité... Non ?

- Mais enfin, bien sûr que non, Jack ! S'exclama Bunny, estomaqué. L'interpellé sursauta, se rendant soudain compte qu'il avait exprimé ses pensées à haute voix depuis le début. Devant lui, les quatre gardiens, choqués, le regardaient avec autant de stupeur et d'horreur que s'il venait de leur annoncer qu'il allait lancer sa propre gamme de vêtements avec Pitch en mannequin principal !

Le regard de Bunny se fit sombre, et il attrapa fermement les épaules de Jack - aussi fermement qu'il le pouvait tout en étant sûr de ne pas lui faire mal, en tout cas. Il regarda l'esprit de l'Hiver dans les yeux, et parla avec force.

- Ecoutes-moi bien, Jack Frost. Ce que j'ai dit ce jour-là n'était rien de moins qu'un ramassis de conneries. C'était faux il y a quarante-quatre ans, c'est encore plus faux aujourd'hui, et je suis prêt à parier ma vie que ce sera tout aussi faux dans un millénaire ! Alors maintenant, tu vas me promettre de ne jamais, jamais, jamais plus penser une seule de ses choses un seul instant, c'est compris ?!

Jack, bouche-bée, ne put qu'hocher vaguement la tête. Bunny soupira, relâchant doucement l'esprit. Il n'avait pas voulu crier, mais... entendre de la bouche du glaçon qu'il pensait que c'était la vérité... C'était pire que tout ce qu'il avait imaginé.

Jack sembla comprendre, car un sourire triste apparut sur son visage. Il posa sa main sur le bras du Gardien de l'Espoir, qui releva la tête.

- Je comprends, Bunny, dit-il doucement. Et, pour en revenir à ta première question... Bien sûr que je te pardonne.

Bunny écarquilla les yeux, ne prêtant pas attention aux soupirs et aux sourires soulagés des autres Gardiens.

- Jack... tu ne peux pas raisonnablement... Je veux dire... Je t'ai traité de... de monstre ! Comment peux-tu ne pas m'en vouloir ?

Le concerné se mordit la lèvre, tentant une approche.

- Euuh... J'ai pas la rancune tenace ?

Bunny soupira, secouant la tête d'un air désespéré si prononcé qu'il en était presque comique. Mais qu'est-ce que je vais faire de ce gosse, pensa-t-il avec humour et ce qu'il refusait de reconnaître être de la tendresse.

- Cependant, Bunny... Merci. Dit simplement Jack, un sourire s'épanouissant sur son visage. Un sourire sincère et lumineux, le même qu'il avait arboré lorsqu'il était devenu officiellement un gardien. Un sourire qui réchauffa les cœurs de ses amis, qui se promirent de tout faire pour que leur protégé n'utilise plus que celui-ci.

Bunny répondit à son sourire, heureux et soulagé, sentant une compréhension toute nouvelle naître entre lui et le cadet des esprits.

Un silence confortable s'installa, que North se décida à rompre après quelques minutes.

- Jack, il y a d'autres choses dont nous devons te parler, à présent. En particulier... sur ce qu'il s'est passé, lorsque Pitch est venu te voir, après Pâques de l'année dernière. Mais aussi sur ce qui est en train de se passer... Ton état n'est pas normal. Quelque chose est arrivé, et nous devons savoir quoi. Si l'on veut avoir la moindre chance de vaincre à nouveau Pitch, il faut que tu nous dises la vérité. Toute la vérité.

Jack eut un mouvement de recul, clairement pris par surprise, mais cette fois-ci, il ne nia pas. Il ferma les yeux quelques secondes, avant de les rouvrir, et de les tourner vers ses amis, hésitant.

- Très bien, dit-il, après quelques instants. Je vais tout vous dire.