Salut à tous !

J'vous ai manqué ? Ah ? Non ? Bon... En tout cas, moi ça m'a manqué d'écrire ^^

Je suis super contente de pouvoir poster ce chapitre aujourd'hui, un peu comme un cadeau de Noël en avance de quelques heures ! J'ai enfin pu écrire dans mon train pour Paris (pour passer Noël en famille ;D). Les cours ont été chauds, et je n'ai pas eu une minute à moi avant les vacances :/ Mais grâce aux vacances, je suis repartie !
Ce chapitre introduit de nombreux nouveaux personnages, il est donc important, mais pas de Jack ce chapitre, désolée :/ Je vais essayer d'écrire et de poster un dernier chapitre avant la fin de l'année, même si ça risque d'être chaud ! Au pire, chapitre le 1er Janvier pour bien démarrer l'année ;)

Bon eh bien... Bonne lecture et Joyeux Noël ! Profitez de vos proches et éclatez-vous ! :D


Chapitre 18 : Pressentiment

Mère Nature était inquiète.

Ce sentiment était clairement perceptible pour tous les résidents de l'Arbre du monde, Yggdrasil, la demeure de la Dame Nature et de ses enfants. Esprits élémentaires et de la nature, qu'ils soient des forêts ou des océans, qu'ils s'occupent de la faune ou de la flore, tous habitaient le gigantesque chêne vieux de plusieurs milliards d'années. Même si leur rôle en tant qu'esprits les amenaient à voyager et rester loin de l'Arbre, parfois des mois durant, tous savaient qu'Yggdrasil et sa maîtresse les accueilleraient à bras ouverts quoi qu'il arrive. Même les esprits les plus sauvages et les plus indépendants voyaient l'endroit comme un véritable foyer, et Mère Nature ne pouvait qu'en être heureuse.

Mais présentement, celle-ci faisait les cents pas dans ses quartiers tout en se tordant les mains d'inquiétude. Trois de ses enfants la suivaient des yeux sans un mot, assis sur des fauteuils confortables aux coussins rebondis. La Dame était une grande femme dont les longs cheveux bruns encadraient un visage à la fois doux et sévère, à la fois chaleureux et d'une certaine froideur. Elle était habillée d'une étrange robe qui semblait divisée entre quatre parties distinctes, qui reflétaient chacune une des quatre saisons. Ses yeux étaient distants, concentrés sur le sol de la salle, et seul le bruit de ses pas se faisait entendre, rythme régulier trahissant la nervosité de la femme. Son regard glissa quelques instants sur les trois autres personnes présentes. Deux étaient de jeunes femmes, l'une ayant de longs cheveux raides d'un brun aux reflets roux et une peau assez pâle, et l'autre une coiffure où des boucles châtaines se mêlaient à de délicates fleurs. Le dernier occupant de la salle était un jeune homme aux cheveux blonds, à la peau halée et présentant une carrure assez forte. Ce fut lui qui brisa le silence le premier. Sa voix était chaude et étonnement douce, en contradiction avec son apparence athlétique.

- Mère, je vous en prie, calmez-vous… Vous nous rendez tous nerveux… et très franchement, vous commencez à me donner le tournis.

La concernée souffla, agacée, avant de se laisser tomber dans un grand fauteuil de bois massif.

- Je n'y peux rien, Adam, marmonna-t-elle, boudeuse. Je suis inquiète… Quelque chose de mauvais va arriver… Je le sens.

- Nous le savons, Mère, vous nous l'avez dit cinq minutes auparavant, intervint la voix douce de la jeune fille à la chevelure bouclée. Mais s'inquiéter de quelque chose qui n'est pas encore arrivé ne mènera à rien. Vous vous torturez l'esprit depuis trois jours, et ce n'est pas sain, ni pour vous, ni pour nous.

- April a raison. Et en plus, quand vous êtes inquiète, vous êtes encore plus pénible que d'habitude.

- Amber, voyons ! Ne parle pas à Mère comme cela, se plaignit April, regardant l'autre fille avec un air de réprobation.

- Oui, un peu de respect, enfin, petite sœur, ajouta Adam d'une voix moqueuse. La concernée leva les yeux au ciel, comme si elle le prenait à témoin de la trop grande -selon elle- politesse de sa sœur. Celle-ci le remarqua et rabroua à nouveau Amber, sous les ricanements de l'ainé.

Dame Nature n'écoutait que d'une oreille la joute verbale de ses enfants, bien trop préoccupée par le mauvais pressentiment qui l'habitait depuis maintenant trois bons jours. En tant que grande déesse mère de la nature, elle avait toujours pu ressentir les désastres naturels approchant, comme l'Ere glaciaire, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, les tornades et autres tsunamis. Bon sang, elle avait même senti l'arrivée de l'immense météorite qui avait mis un terme au règne des dinosaures ! Mais cette fois, c'était différent. Le sentiment qui l'habitait ne ressemblait à rien de ce qu'elle avait déjà vécu.

C'était… nouveau.

Et après près de 3,5 milliards d'années d'existence, Mère Nature savait que la nouveauté n'était que rarement une bonne chose.

D'une certaine manière, elle sentait que ce qui allait arriver allait être bien pire que tous les désastres qu'elle avait connus. Comme si cette fois-ci, la Terre ne pourrait s'en relever…

La déesse secoua la tête, revenant au présent. Elle regarda d'un œil à la fois désapprobateur et amusé ses enfants se chamailler. Comme souvent, elle s'amusa à détailler chacun des trois esprits. Elle ne pensait pas qu'elle se lasserait jamais de les observer. Après tout, ils étaient ses premiers « enfants », les premiers esprits qu'elle avait choisis, et bien qu'elle essayait d'être aussi impartiale que possible, elle savait que dans son cœur, ces trois-là occuperaient toujours une place spéciale.

Le regard de l'allégorie de la nature dériva sur la plus grande des trois silhouettes qui se disputaient gentiment au centre de la pièce, s'envoyant occasionnellement des coussins dans la tête.

Adam Sun. L'esprit de l'été. Blond comme les blés qui se récoltaient pendant sa saison, et doté d'autant d'épis, il possédait une carrure forte et un physique volontaire. Son visage et sa peau halés mettaient en valeur ses yeux d'un bleu profond et son sourire éclatant. Il adorait porter des jeans délavés et des chemises à carreaux, ou tout simplement un T-shirt, et portait à sa ceinture son objet de pouvoir, une faucille qui ne le quittait jamais. Il était toujours joyeux, amical et sympathique, et ne refusait jamais d'aider les autres. Le jeune homme représentait parfaitement sa saison, chaleureux et exubérant, toujours plein d'énergie. Il était aussi franc, décidé et courageux, parfois même jusqu'aux limites de l'inconscience, surtout lorsqu'il s'agissait de protéger ceux auquel il tenait. Adam possédait ce charisme naturel qu'ont ceux qui ignorent en avoir, et qui le rendait aussi populaire. Il pouvait cependant aussi être orgueilleux -être la saison la plus aimée des hommes et le premier « enfant » de Mère Nature n'aidait pas- et très agaçant quand il s'y mettait. Mais Amber s'assurait toujours de remettre son frère à sa place, afin « qu'il ne choppe pas la grosse tête, faudrait quand même que ce débile puisse continuer à passer les portes », comme le disait si élégamment cette dernière.

Amber Leaf. L'esprit de l'automne. Grande fille très mince aux longs cheveux raides et bruns qui lui tombaient jusque dans le milieu du dos, et où des reflets roux apparaissaient occasionnellement. Elle avait la peau la plus pâle des trois, mais au lieu de lui donner un air maladif, son teint soulignait seulement la beauté de son regard d'or. Paradoxalement, ses yeux étaient froids et dispensaient plus des regards de colère qu'autre chose. Pour ceux qui ne la connaissaient que peu, elle pouvait sembler froide et antipathique, mais sous cette couche d'insensibilité factice se cachait en vérité une jeune fille qui se préoccupait énormément de ses proches, et était prête à tout pour eux. Ce coté de sa personnalité, elle ne le laissait cependant que très peu transparaitre, même avec sa mère et sa fratrie. Elle portait des vêtements simples et moulants, aux couleurs à la fois chaudes et austères. Son objet de pouvoir était une simple écharpe à la fabrique très douce, qu'elle portait constamment à son cou, à part lorsqu'elle s'en servait. Amber ne parlait que peu, mais quand elle ouvrait sa bouche aux lèvres fines, le sarcasme et l'ironie teintaient ses propos, et en quelques paroles, elle pouvait facilement réduire le plus fier des esprits en un amas sanglotant et gémissant essayant sans succès de ramasser les quelques morceaux de son orgueil que la jeune fille n'avait pas encore réduit en miettes. Souvent, Amber utilisait ses talents pour protéger sa jeune sœur, April, qui était parfois juste trop gentille pour son propre bien.

April Flower. L'esprit du printemps. Ses longues boucles châtain entremêlées de fleurs plus belles les unes que les autres encadraient son visage délicat aux courbes assez enfantines. Ses grands yeux verts et le petit sourire timide qui étirait ses lèvres roses et charnues faisaient d'elle une très belle jeune fille, à l'image de sa saison. Elle était toujours vêtue de robes légères et vaporeuses aux couleurs pastel et aux motifs fleuris, et ne portait jamais de chaussures. Sur son front était posé une magnifique couronne de fleurs, qui était en réalité son objet de pouvoir. Sa fragilité apparente conduisait souvent son frère et sa sœur à la couver et la protéger des autres esprits, même s'ils savaient qu'elle était loin d'être faible. April était d'un naturel doux et timide. Toujours calme et souriante, elle apportait avec elle une atmosphère de sérénité qui rendait le plus belliqueux des esprits doux comme un mouton. Si son frère représentait la force brute, et sa sœur le pouvoir insidieux des mots, elle utilisait le charme et la douceur, qui, souvent, permettaient de résoudre de nombreux conflits sans en venir aux mains. April mettait également un point d'honneur à être présente pour ceux qui en avaient besoin, écoutant leurs problèmes et leur offrant un peu de cette compassion qui semblait déborder de son cœur à chaque instant. Les rares fois où les ainés se mettaient d'accord, c'était toujours pour le bien de leur petite protégée, et gare à celui qui oserait lui faire le moindre mal !

Le sourire qui était apparu sur le visage de Dame Nature tandis qu'elle observait ses trois aînés disparut lorsque ses pensées s'égarèrent vers la quatrième des saisons. L'Hiver…

Contrairement aux autres saisons, l'Hiver avait été dirigé par de nombreux esprits : Ull, Morana ou Chimon, tous avaient été cruels et durs, apportant la mort sans regret ni honte. Ils n'avaient pas été ses enfants, mais avaient été créés par la croyance des hommes. A la différence des trois autres saisons, l'Hiver n'était géré que par un seul esprit à la fois, sans qu'existent des esprits secondaires pour assister l'esprit « principal » de la saison. En effet, Amber, Adam et April avaient chacun environ deux cents esprits mineurs sous leur protection qui aidaient à propager leur saison respective. L'esprit de l'Hiver, lui, était seul.

Depuis maintenant trois cents ans, l'Hiver avait trouvé un nouvel esprit.

Mère Nature n'avait jamais pu se résoudre à aller le rencontrer.

Elle le connaissait, pourtant.

Ce garçon aux cheveux d'un blanc immaculé.

Jack Frost.

Mais il était… différent. En tout.

En trop.

La femme revint au présent lorsqu'un coussin lui atterrit en plein dans le visage. Le silence se fit dans la salle. Les trois jeunes gens s'étaient figés en pleine action, Amber ayant encore les mains serrées autour du cou de son frère.

Avec une lenteur agonisante, le visage impassible, leur mère se saisit de l'objet incriminé et releva son regard vers les coupables. Le silence s'éternisa, sans que personne ne bouge.
Puis, un sourire apparut sur les lèvres de Dame Nature, et sans crier gare, elle balança à son tour le coussin sur la cible la plus proche, qui se trouvait être le seul garçon présent dans la pièce. La bataille reprit de plus belle, avec une nouvelle adversaire en la personne de Mère Nature. Les rires fusèrent et la partie continua dans les cris, la joie et la bonne humeur. La soirée passa alors, dans une atmosphère aussi chaleureuse que familiale. La déesse de la nature en avait presque oublié son étrange et désagréable pressentiment.

Presque.