Salut bande de gens !
Alors comment ça va ? Vous avez vu, j'update plus souvent ces temps-ci ! (En même temps, c'est pas dur de faire mieux... Hem...)
Avec la fin de Parcoursup, je pensais avoir plus de temps pour écrire, mais je viens de me rendre compte que j'allais avoir des oraux à venir, donc... Je ferais de mon mieux, mais ça risque de rester compliqué jusqu'à Juin... Mais après, c'est les vacances ! Et Vacances rime avec abondance, performance, et constance ! (bon, aussi avec déchéance, mais n'y faites pas attention :P)
Je voulais vous dire un grand merci, à vous tous qui continuez à suivre cette fic', vous êtes les meilleurs !
MERCI aussi à ma nouvelle béta, Miss Homme Enceinte 2 :)
Et au fait, j'ai démarré la traduction d'une fic sur l'univers du Disney-Pixar Coco, n'hésitez pas à aller y jeter un ptit coup d'oeil !
Bonne lecture !
Chapitre 20 : Infini
L'obscurité.
C'avait été son premier souvenir.
Une obscurité pesante, qui l'avait enveloppé dans son entièreté, qui s'était frayé un chemin vers son cœur, bannissant toute idée de lumière, quelle qu'elle soit.
Il avait senti le froid. Omniprésent, le pénétrant au plus profond de son être, repoussant la simple pensée qu'une quelconque chaleur ait pu un jour exister en ce monde.
Et il avait senti la peur. Oppressante. Etouffante. Paralysante. Suffocante.
Dévorante.
Ce n'était pas une peur spécifique. C'était la Peur. La Peur dans sa globalité, la Peur qui consumait et ne vous laissait pas réfléchir, la Peur qu'on ne ressent que très peu de fois dans une vie.
Une peur sans nom et sans visage capable de faire s'arrêter un cœur de battre.
Etrangement, le sien repartit grâce à elle.
Et c'est à ce moment-là que tout changea.
Il la vit. Elle.
Si ronde, si brillante, lumineuse.
Perçant les ténèbres, caressant son corps de ses rayons de lumière blanche.
Chassant le froid, réchauffant son corps, son cœur et son âme.
Et la Peur disparut lentement, conjurée par la lueur rassurante de l'Astre.
La Lune.
Il n'avait jamais rien vu d'aussi magnifique.
Sa chute lente vers le fond cessa. Il se sentit doucement remonter, comme si ces rayons l'avaient saisi et le tiraient tendrement vers Elle.
Elle.
La Lune.
Il ne pouvait pas détourner le regard. Ne le voulait pas.
Il voulait rester là, à l'observer, pour l'éternité.
Sa sauveuse. Sa lumière.
Soudain, une résistance céda, et il prit une grande respiration sans même savoir pourquoi.
Par habitude ? Habitude de quand ? Il ne savait pas.
Une force inconnue l'entoura, soulevant son corps frêle délicatement, presque tendrement.
La Lune était encore plus proche, encore plus nette. Son éclat, encore plus brillant.
Il sentit ses rayons glisser sur sa peau, dans ses cheveux, sur ses yeux. Comme pour le réconforter.
Mais de quoi ?
Soudain, une voix chaude résonna dans son esprit vierge de tout souvenir, de toute expérience.
« Ton nom est Jack Frost. »
Jack Frost. Son nom. Il avait un nom ! Ses lèvres formèrent d'elles-mêmes les deux syllabes, expérimentalement, comme incertaines.
Ses pieds touchèrent finalement une surface lisse, et il sentit l'étrange puissance s'éloigner, le quittant comme à regret.
Il cligna des yeux, son regard quittant enfin la Lune, pour se concentrer sur ses mains.
Comme un signal, son esprit se remplit d'informations diverses sur le monde qui l'entourait, telles que le nom du pays où il se trouvait actuellement.
Mais sur lui, Jack Frost, rien, si ce n'est son nom.
Un peu perdu, il détailla sommairement les alentours avant d'avancer d'un pas.
Son pied buta contre un objet, et il tressaillit, avant de baisser le regard.
Un étrange bâton incurvé à son bout était posé contre la surface glacée de ce qu'il reconnaissait maintenant comme un lac. N'hésitant que quelques secondes, il se pencha pour l'attraper…
Et soudain, Pitch Black lui faisait face, tenant fermement d'une main une Quenotte apeurée, et de l'autre son précieux bâton. Un sourire cruel étirait les lèvres du maître des cauchemars, et avant que Jack n'ait le temps de faire quoi que ce soit, un craquement sonore retentit.
Un hurlement de douleur suivit.
Jack s'effondra au sol, une main serrée sur sa poitrine, l'autre enfoncée dans la neige. Une douleur insupportable parcourait son corps, provoquant des spasmes et des larmes, et des hurlements déchirants. Les vagues de souffrance parcourant son corps se firent de plus en plus violentes, menaçant de submerger le jeune esprit, qui se sentait à la limite de l'évanouissement.
Puis, la douleur reflua.
Jack ouvrit les yeux, et devant lui se tenait Bunny, les yeux remplis de colère et de haine, les oreilles rabattues en arrière, et –
« -ne mérites même pas de vivre ! Tu devrais tout simplement mourir, ou mieux, disparaître ! Disparaître sans laisser de traces ! Effacer ta sale existence de ce monde ! MONSTRE ! »
Les yeux du garçon se remplirent de larmes, et il ne fit rien pour les empêcher de couler sur ses joues.
Tout ce qu'il avait toujours redouté se confirmait sous ses yeux.
Aucuns des autres esprits ne l'appréciait. Au contraire, ils le haïssaient.
Ils le voulaient mort.
Le fragile, si fragile, minuscule espoir qu'il avait réussit à protéger pendant toutes ces années, le dernier éclat auquel il s'était raccroché, venait de se briser en mille petits morceaux que rien ni personne ne pourrait jamais recoller.
Ils le voulaient mort.
Et Jack, en s'envolant précipitamment, se dit que ce n'était pas une si mauvaise idée.
Il ne lui restait plus qu'à trouver Death.
Cela faisait plus de trois heures maintenant que Jack était en proie à un violent cauchemar, et Sandy ne pouvait rien y faire.
Pourtant, dès que Jack avait à nouveau montré des signes de détresse, le marchand de sable s'était précipité pour lui envoyer son sable des rêves afin que le garçon ne souffre pas davantage, mais à sa grande surprise, le sable d'or s'était dissipé aussitôt qu'il avait touché la tête de Jack. Le petit homme avait réitéré trois fois de plus l'opération avant de s'avouer vaincu. Le gardien avait été incapable de repousser le cauchemar.
Ce constat l'avait autant mis en colère qu'effrayé. S'il ne pouvait pas dissiper les mauvais rêves, c'était qu'il y avait une raison bien précise. Mais laquelle ?
Alors il n'avait rien pu faire d'autre que contempler leur plus jeune recrue se tourner et se retourner dans son lit en gémissant doucement, tandis que Tooth voletait au-dessus du garçon pour tenter de lui apporter une brise rafraîchissante.
Celle-ci s'était précipitée hors de la pièce une dizaine de minutes auparavant, lorsqu'ils s'étaient rendu compte qu'un blizzard s'était levé, impliquant que Jack avait perdu son contrôle sur l'Hiver.
L'esprit ferma les yeux brièvement, tentant de ne pas penser aux implications que cette découverte amenait. Ses pensées se tournèrent alors vers l'autre sujet qui occupait son esprit.
Wind.
Une boule se forma aussitôt dans sa gorge, et il déglutit difficilement. C'était arrivé si vite, si soudainement… Il avait encore du mal à y croire… Pour être honnête, il pensait que son vieil ami était immortel. Mais il fallait se rendre à l'évidence : sa présence avait totalement disparu.
Comme s'il avait entendu ses pensées, Jack laissa échapper un gémissement encore plus déchirant que les autres, et se roula en boule sous ses draps, la respiration laborieuse.
Sandy serra les dents. Il se sentait totalement inutile, et il détestait cela. Son cadet avait besoin d'aide, il souffrait ! Et il ne pouvait rien faire.
La porte de la chambre s'ouvrit soudain, laissant passer les trois autres gardiens. Sandy ne pu s'empêcher d'esquisser un léger sourire à la vue de la neige qui couvrait encore les vêtements de North et les poils du Lapin de Pâques. Mais son sourire disparut bien vite lorsqu'il remarqua les mines sombres de ses amis, et plus particulièrement, celle de Bunny. Celui-ci tenait un petit livre aux couleurs criardes légèrement délavées, et paraissait prêt à s'effondrer.
North referma doucement la porte, avant de se retourner pour fixer Bunny, attendant clairement une réponse à la question que tous se posaient.
Bunny sentit clairement les yeux de ses amis posés sur lui, mais il ne leur accorda pas un regard. Toute son attention était portée vers la petite bosse tremblante perdue dans une mer de draps, et dont de légers sanglots s'échappaient de temps à autre. L'esprit du lapin géant tentait toujours d'accepter ce qu'il avait lu quelques minutes auparavant. Et pour être tout à fait honnête envers lui-même, tout ce qu'il voulait faire, sur le moment, était de serrer son glaçon dans ses bras.
Prenant une décision, le lapin jeta le manuel à North avant de s'approcher du lit du convalescent.
- Page 42, North, murmura-t-il en s'asseyant sur le lit, avant de poser une main sur la petite boule de draps, qui tressaillit violemment en laissant échapper un gémissement apeuré.
Bunny n'hésita que quelques secondes avant de s'adosser contre la tête de lit et de prendre le jeune esprit dans ses bras.
Cela faisait deux fois en seulement quelques jours que Jack le poussait -sans même le savoir – à mettre sa fierté de côté pour agir selon son cœur. Le gardien n'avait jamais vraiment été du genre tactile, à montrer son affection, mais pour Jack, il pouvait- il voulait faire un effort.
L'esprit de l'Hiver avait peur, avait mal, avait perdu la personne la plus importante pour lui, et maintenant, avec ce qu'il avait appris… Il voulait vraiment être là pour Jack, et il ferait tout pour. Quitte à laisser tomber sa fierté et même son amour-propre. Son ego n'avait aucune importance. Jack, si.
Ce dernier s'était légèrement débattu lorsqu'il avait senti les grosses pattes de Bunny le déplacer, mais il s'était vite calmé lorsqu'il avait senti la fourrure sous ses doigts. Même endormi, il savait qu'elle était synonyme de sécurité et d'amitié. Sa tête sortit légèrement de son cocon de couvertures pour aller reposer contre le torse du lapin. Bunny eut un petit sourire triste, et commença à caresser les mèches rebelles de cheveux blancs qui étaient accessibles.
C'aurait été un euphémisme de dire que les autres étaient surpris des actions de leur ami, mais ils n'allaient certainement pas les lui reprocher. Fébrile, North feuilleta les pages avant de s'arrêter à celle que lui avait indiquée Bunny. Ses yeux scannèrent la page et lorsqu'il trouva le bon paragraphe, il s'éclaira la gorge.
- Le symbole ci-dessus a été inventé en 1655 par le mathématicien John Wallis, et représente la notion-
North se tut, choqué, et ses yeux s'agrandirent sous le choc.
- La notion de quoi ? le pressa Tooth. North !
- La notion d'infini. Ce symbole représente l'infini, murmura Bunny d'une voix rauque, sans interrompre ses gestes ne serait-ce qu'un instant.
Un silence lourd de sens suivit ses paroles. Tous avaient compris.
Ce symbole représentait l'infini.
Dans son rêve, Jack avait vu ce symbole… barré.
Cela ne pouvait signifier qu'une chose.
Jack était en danger.
En danger de mort.
Mère Nature se détourna violemment du globe pour se tourner vers ses enfants. Elle attrapa April par les épaules et la regarda dans les yeux.
- Te sens-tu faiblir, ma fille ? Te sens-tu mal ?
Un peu choquée, la jeune fille secoua malgré tout la tête.
- Je me sens bien, Mère, assura-t-elle, de la voix la plus ferme dont elle était capable.
La déesse tourna alors son regard vers les deux autres saisons, qui furent rapides à la rassurer de la même manière. Touts les trois semblaient en parfaite santé, si ce n'est choqués de la situation.
La Dame tenta de retrouver contenance, se redressant en lissant sa robe. Elle arrangea ses cheveux ébouriffés et laissa échapper un soupir.
- Bon, ce n'est sans doute pas grand-chose, essaya-t-elle de se convaincre à haute voix, sans grand succès.
Les autres esprits échangèrent un regard anxieux : leur mère était décidément une très mauvaise menteuse, mais même sans cela, elle n'aurait pas réussi à les duper. Un déséquilibre des saisons pouvait être véritablement catastrophique si rien n'était fait pour le corriger.
Mère Nature jaugea tour à tour ses enfants du regard avant de prendre une décision. Son regard se fixa sur Amber, dont les yeux s'agrandirent en comprenant ce que sa mère était sur le point de lui demander.
- Amber, je veux que tu aille voir le représentant de l'Hiver pour tirer tout cela au clair. Tu devrais être capable de le trouver grâce à mon compas.
- Je savais que vous veniez d'avoir une idée à la con, râla sa fille, boudeuse. Il est hors de question que je me bouge les miches parce que ce crétin de glaçon sur pattes a décidé de jouer les emmerdeurs !
April paraissait sur le point de réprimander sa sœur sur son langage, mais sa mère ne lui en laissa pas le temps.
- Amber, répéta-t-elle d'une voix neutre.
Le genre de voix qu'elle n'utilisait que lorsqu'elle était réellement sur les nerfs.
Amber souffla un coup, mais acquiesça. Elle était peut-être une forte tête, mais même elle n'était pas assez folle pour provoquer la tristement célèbre Colère de Dame Nature. Elle se passerait bien d'une éruption volcanique ou d'un tremblement de terre, merci bien !
La déesse hocha la tête, avant de sortir à grands pas de la pièce pour se diriger vers son bureau personnel, à la cime de l'arbre monde, les trois saisons sur ses talons. Samson préféra rester dans la salle du globe, sachant pertinemment que cette affaire le dépassait. Il se contenta de répondre au rapide salut d'Adam, et regarda partir les quatre silhouettes en se mordant la lèvre.
La Dame parcourut rapidement les couloirs menant à son bureau, ne prenant même pas le temps de s'arrêter comme elle le faisait d'ordinaire pour répondre aux salutations des esprits qu'elle croisait. Elle ouvrit la porte avec fracas et se précipita dans la pièce, fouillant dans un des tiroirs de l'imposant bureau qui en occupait le centre. Comme la grande majorité des meubles présents dans l'Arbre, le bureau faisait en réalité partie intégrante d'Yggdrasil, et ne formait donc qu'un avec le sol et les murs.
Mère Nature laissa échapper une exclamation victorieuse et brandit un petit compas noir, qu'elle laissa tomber dans la main tendue de sa fille.
- Ne le perds pas, surtout, la prévint-elle. C'est un cadeau que je chéris, un objet très précieux. Il suffit-
- Je suis au courant, Mère, la coupa Amber en roulant des yeux. Il suffit que je le tienne dans la main et son aiguille pointera vers ce que je désire le plus au monde. Autrement dit, foutre un coup de pied au cul du crétin glacé responsable du Ragnarök* à venir…
Le regard dur que lui envoya sa mère suffit à faire regretter ses paroles à la jeune femme. Et autant dire que cela n'arrivait pas souvent…
- J'espère pour le bien de tous et de la planète en général que nous n'en arriverons pas là, dit-elle d'un ton sec. Nous n'avons pas besoin d'un nouveau Loki.
- Oui, Mère, grommela sans conviction la saison de l'Automne.
Elle fourra l'objet dans sa poche et adressa un hochement de tête aux trois autres, avant de bondir par la fenêtre de la pièce. Elle dérapa adroitement sur l'écorce de l'Arbre, et dévala le tronc jusqu'au sol. Amber se réceptionna adroitement, et après avoir consulté le compas, s'élança sans plus attendre vers la direction qu'il indiquait.
Sa mère et les deux saisons restantes la regardèrent partir de la fenêtre, ne pouvant qu'espérer qu'elle fasse vite.
- Je t'en prie, presse-toi, murmura la déesse. Le temps nous manque…
* Dans la mythologie nordique, le Ragnarök renvoie à une fin du monde prophétique comprenant une série d'événements dont un hiver de trois ans sans soleil suivi d'une grande bataille.
Yep... c'est la merde.
