Bonjour à vous ami(e)s lecteurs et lectrices !
Nous nous retrouvons aujourd'hui pour ce que j'appellerais, "ma page test". Je compte poster ici des bouts, plus ou moins longs, que je réutiliserais ou non pour ma fic principale. Des moments aléatoires principalement situés après la guerre de Poudlard.
Il faut savoir également, que je les considère comme des tests parce que je change régulièrement de scénario pour trouver celui qui me convient le mieux. Exemple : l'histoire entre Hermione et Lexia, le moment et la façon dont elles sont tombées amoureuse change un peu de la première version écrite dans "About Love".
Voilà, je trouvais sympa de vous partager ce qu'il se passe dans ma petite tête. Aucun spoil majeur sur la fiction principal, qui se déroule bien avant le début d'Harry Potter.
Merci à vous de suivre mon travail.
Bonne lecture,
DevilK.
Harry Potter
Lexia McGonagall & Hermione Granger
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Résumé : -
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Random moments – After the war
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Poudlard était en fête, Noël étant la période idéal pour se détendre et se divertir. Minerva savait bien que les élèves avaient besoin d'évasion, de s'amuser. Une soirée fut organisée juste avant le début des vacances. Ce soir était donc le grand soir, tout devrait être prêt. Alors que la plupart des étudiants se préparaient, les membres du corps enseignant s'occupaient de la décoration. En cuisine, les elfes s'agitaient dans tout les sens pour que le buffet soit prêt à temps. Dans la Grande Salle, lieu de réception, le professeur Flitwick s'attelait à embellir l'imposant sapin qu'Hagrid avait prit soin d'apporter. Au milieu de tout ce beau monde, la vénérable directrice supervisait d'un œil attentif. Tout les moindres petits détails passaient sous ses yeux inquisiteurs. Quelque chose dans son champ de vision périphérique, attira alors son attention. A la table des Gryffondor, l'ambiance était électrique. Ron et Hermione se disputaient pour la énième fois tandis que ce pauvre Harry tentait de calmer leurs hardeurs, inconscient d'être encore au centre de toute l'attention. Qu'avait-il bien pu lui dire cette fois-ci ?
« Quelle partie de ma phrase ne comprends-tu pas quand je dis "Non, je ne veux pas aller à ce bal avec toi" ?! »
« Allez Hermione ! »
« J'ai dis non. »
« Pourquoi pas ?! »
« Parce que je n'en ai pas envie. »
Ne voulant pas se donner encore plus en spectacle, la jeune femme referma son livre, qu'elle finirait de lire dans en endroit beaucoup plus calme, loin du pot de colle qu'était Ron, et se leva. Cependant, son assaillant n'en avait pas encore terminé, il était bien déterminé à avoir une cavalière. Il lui barra la route, forçant leur confrontation, une fois de plus.
« Je propose d'être ton partenaire, comment peux-tu refuser alors que personne d'autre ne te le demandera ? »
Minerva ferma les yeux, il n'apprendra donc jamais. Harry, sachant qu'il n'y avait plus rien à faire, soupira en s'éloignant. Il se rassit avec Ginny, qui roula des yeux, son frère était un idiot. La préfète, elle, était soudainement muette, le corps se raidissant peu à peu.
« Je te demande pardon ? », articula-t-elle lentement, le ton menaçant.
Un peu intimidé par ce changement d'humeur, le jeune homme pâlit mais ne bougea pas d'un poil pour autant. Prit alors de courage, ou simplement sot, il se ressaisit et renchérit de plus belle.
« Je ne suis pas idiot, personne ne s'est encore vanté d'avoir invité la grande Hermione Granger ! Pas étonnant avec un aussi mauvais caractère. Tu n'as pas de cavalier mais tu es bien trop bornée pour l'admettre. »
La jeune femme écarquilla les yeux, n'en croyant pas ses oreilles. Emprise de colère, elle jeta violemment son livre sur la table qui, avec l'impact, provoqua un grand vacarme.
« Ce ne sont pas tes affaires ! Et d'ailleurs, si personne ne s'est encore "vanté" comme tu le dis si bien, c'est tout simplement parce que j'ai décliné les offres ! »
« Quelles offres ? Je n'ai vu personne se présenter à toi ! »
« Parce que tu m'espionnes en plus ?! Tu n'es qu'un idiot et un aveugle ! »
Alors que la tension montait d'un cran supplémentaire, Minerva, prête à intervenir, senti une présence à ses cotés.
« Assez ! »
Au son de cette voix autoritaire, toute l'attention se tourna alors dans sa direction ou du moins, sur la personne apparue sur sa gauche. Lexia se tenait droite comme un "i", les bras croisés, son regard désapprobateur planant dangereusement sur les deux fauteurs de trouble. Hermione soupira et regrettait déjà d'avoir perdu son sang-froid, sachant parfaitement ce qui allait suivre. Satisfaite de ce timing, la directrice croisa les mains sur sa robe, établissant un contact visuel avec la jeune femme.
« Je vous laisse la responsabilité de tout ce remue-ménage, Professeur McGonagall. »
Lexia connaissait bien ce regard, la directrice montrait clairement ce qu'elle attendait de sa part. Elle acquiesça donc.
« Bien sûr Professeur. »
Elle retourna son attention sur ses deux étudiants avant de marcher en leur direction.
« Vous deux, venez avec moi. »
Lançant un regard noir vers Ron, Hermione ramassa son livre, lui en donnant un grand coup sur le bras avant de suivre la jeune femme.
« Aïe ! »
Ce dernier gémit en se frottant vigoureusement la zone d'impact, l'air consterné.
« Plus vite que ça, Monsieur Weasley, je n'ai pas toute la journée. »
« Mais elle m'a frappé ! », s'indigna-t-il avant de suivre le pas.
Enfin à l'abri des regards indiscrets, Lexia se retourna vers eux.
« Au cas où vous l'auriez oublié, vous êtes encore dans l'enceinte de l'établissement. Ce qui veux dire que votre comportement se doit d'être exemplaire. Vous donnez ainsi en spectacle et devant la Directrice par la même occasion, avez-vous donc perdu l'esprit ? »
« C'est de sa faute ! »
« Ma faute ?! Excuse-moi mais ce n'est certainement pas de ma faute si tu ne comprends pas quand je dis "Non" ! »
Et c'était reparti pour un tour.
« Tu ne vas pas rester seule toute la soirée quand même ?! »
« Je n'ai jamais dit que je le serais ! »
Le jeune homme monta sur ses grands chevaux.
« Avec qui la passeras-tu alors ?! »
« Mêle-toi de tes affaires ! »
Les deux Gryffondor se battaient avec ardeur mais le pauvre lion faisait peine à voir devant l'agressivité de la lionne. Elle était prête à lui bondir dessus mais Lexia s'interposa entre eux pour calmer la tension.
« Un peu de tenu par Merlin ! N'avez-vous pas honte de vous chamailler ainsi comme des enfants ? Je ne tolérerais pas ce genre d'attitude ce soir alors reprenez-vous ! »
Hermione croisa les bras, fusillant l'idiot qui se cachait, tel un petit garçon, derrière leur professeur.
« Êtes-vous calme à présent ? Bien. Mettons les choses au clair maintenant. Ce n'est pas Lexia mais votre professeur et directrice de maison qui vous parle alors écoutez bien. Peu importe la raison de vos disputes, j'exige que vous régliez vos comptes ailleurs que devant vos camarades. »
La jeune femme tourna la tête en direction du rouquin, qui déglutit sous son regard implacable.
« Monsieur Weasley ! Laissez donc Miss Granger respirer un peu, voulez-vous ? C'est dans son droit de ne pas vouloir vous accompagner et vous n'avez rien à exiger de sa part. A 19 ans, je pense qu'elle est parfaitement capable de se gérer seule. »
Puis vers Hermione.
« Quant à vous ma chère, même si je comprends votre perte de patience, cela n'excuse rien. Je ne suis pas aveugle et encore moins sourde. Je sais qui à pousser l'autre à bout et en répondant à ses provocations, vous êtes aussi fautive que lui. »
Cette dernière se ramollit faiblement dans sa posture défensive.
« Votre attitude mérite une sanction, je vous retire donc 10 points chacun. Plus une retenue pour vous, Monsieur Weasley. », fini-t-elle en posant ses mains sur ses hanches.
« Quoi ! Mais pourquoi ?! »
« Pour plusieurs raison. Mettre Hermione dans l'embarras de la sorte, l'humilier en insinuant qu'elle n'est pas assez convenable pour être invitée par un autre, un comportement tout à fait inacceptable que je n'apprécie guère ! J'écrirais à Molly à propos de cet incident, j'espère que cela vous servira de leçon. Estimez-vous heureux que ce soit moi et pas notre Directrice qui vous remonte les bretelles. »
Lexia fronça des sourcils, clairement déçue par son comportement. Bien sûr qu'elle défendrait la préfète-en-chef, c'était son devoir à bien des égards mais le faire sans laisser ses sentiments personnels empiéter, restez impartiale, était assez difficile. Malgré tout, il le faudrait bien. Faire la morale à ses élèves faisait aussi partie du métier, la partie la moins appréciable certes, mais parfois nécessaire. Elle soupira silencieusement, les mains jointent dans le dos.
« J'ignore si c'est de la maladresse mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est certainement pas cette façon que l'on invite une femme. Le refus est un droit, Ronald, pas une option. Blessée Hermione en s'attaquant directement à sa confiance en sois, lui faire comprendre qu'elle ferait mieux d'accepter d'être ta cavalière sous peine de n'avoir personne et insinuer en plus de cela, que c'est honteux, ce n'est pas digne d'un homme. »
Il pâlit soudainement, se rendant compte de l'ampleur de ses actes et paroles.
« Vos avis peuvent diverger et conduire à une mésentente mais il y a des limites. Vous êtes encore des étudiants encadrés par des règles de civilité et de bonne conduite, je n'accepterais pas la moindre méchanceté ou remarque désobligeante visant à blesser l'autre. Je ne veux plus entendre la moindre plainte à ce sujet, que ce soit par un professeur ou par vos camarades. C'est la dernière fois que cet incident se produit, est-ce clair ? »
Ils acquiescèrent.
« Monsieur Weasley, nous conviendrons d'une heure de retenue après les vacances. J'ose espérer qu'à votre retour, vous ailliez eu le loisir de réfléchir sérieusement sur votre attitude plus que décevante. Il vas sans dire également, que vous adressiez une lettre d'excuse à votre camarade pour le manque cruelle de savoir vivre dont vous venez de faire preuve. Vous avez 3 jours pour la lui faire parvenir. »
« Oui Professeur … », marmonna-t-il en la fuyant du regard, rouge de honte.
« Bien. Maintenant que tout est réglé, vous êtes libre de retourner à vos occupations. »
Les deux étudiants s'éloignèrent en gardant tout de même une distance de sécurité entre eux. Ronald en traînant les pieds, le poids du monde sur les épaules, grommelant et Hermione, son livre contre la poitrine, le fixant avec des yeux pleins de reproches.
« D'abord la directrice et maintenant, la fille. T'as lancé quel genre de sortilège pour être la chouchoute des McGonagall ? »
« Je ferais comme si je n'avais rien entendu. »
Sans un mot de plus, ni même un regard, la préfète le devança, prenant le chemin de leur salle commune. De son coté, Lexia avait quitté son manteau de sévérité pour retrouver son naturel décontracté. L'air pensive, ses yeux fixait un point quelconque.
« Ai-je convenablement remplis mon rôle … »
Elle tourna alors son attention à quelques mètres de là, au pied d'une colonne.
« Madame la Directrice ? »
Un chat tigré apparu alors, quittant sa cachette et se déhanchant avec paraisse vers elle. Il se métamorphosa brusquement, Minerva lui faisant désormais face. La vieille femme avait les mains jointes et une expression indéchiffrable, laissant la jeune femme dans le doute. Finalement, il ne lui fallut pas attendre trop longtemps pour voir un léger sourire se dessiner sur les lèvres de cette dernière. Tout comme la femme qui le portait, ce sourire était discret, presque humble et cela suffisait amplement.
« Il faut savoir se montrer ferme mais toujours juste. Tu es encore jeune et pourtant, ton apprentissage sous la tutelle de Madame Maxime porte déjà ses fruits. »
Ce fut au tour de la jeune McGonagall de se montrer humble. Elle enroula le bras de Minerva autour du sien et la guida tranquillement à travers les longs couloirs de l'école.
« Je ne fais que reproduire ce que j'ai appris en te regardant faire, à peu de chose près, mais je sais qu'il me reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour devenir le professeur que je désire vraiment être. »
Cette phrase amusa la vieille femme et piqua sa curiosité.
« Ah oui ? Et quel genre de professeur aimerais-tu être ? »
« C'est difficile à expliquer. Un professeur moderne peut-être ? Être proche de mes élèves, amicale et accessible, tout en veillant à rester la figure autoritaire. Mettre en place des limites à ne pas franchir et instaurer le respect mutuel. J'ai bien conscience que c'est un paris audacieux, surtout avec des adolescents. A cet âge, défier l'autorité est une tentation irrésistible mais si chacun reste à sa place, sans dépasser les limites fixées, ça pourrait fonctionner. »
Minerva lui tapota gentiment le bras.
« Voilà un travail bien fastidieux. »
La jeune femme grimaça un peu.
« Trouver un juste milieu est encore délicat. Mes années à Beauxbâtons m'ont apprises certaines choses cependant. Je ne laisserais plus jamais une vélane se prendre d'affection pour moi à nouveau ! »
Cette remarque les faisait rire mais ce fut de courte durée. L'horloge sonna brusquement, leur indiquant qu'il était l'heure de se préparer.
« Déjà 18h ? Nous ferions mieux de retourner dans la Grande Salle, màmag. »
Minerva, cependant, avait d'autres projets en tête. Elle interrogea la jeune femme sur sa tenue vestimentaire de ce soir.
« Oh c'est vrai, j'allais oublier. A ce sujet, ton œil expert me serait d'une grande aide … »
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Dans les dortoirs, tous étaient en effervescence. Les garçons enfilaient les derniers éléments de leur costume tandis que les filles se pomponnaient dans la salle de bain. Déjà prête depuis longtemps, Ginny faisait le pied de grue devant la chambre d'Hermione, qui ne voulait pas en sortir et ce, depuis plus d'une heure déjà.
« Hermione, s'il-te-plaît », gémit-elle. « Mon frère est un idiot, tu le sais aussi bien que moi. Tu ne vas tout de même pas le laisser gâcher notre soirée ?! Tu m'as promis de venir ! »
Mais aucune réaction de l'autre coté de la porte. La cadette Weasley n'avait pourtant pas dit son dernier mot, elle disposait encore d'un argument de choix qu'elle comptait bien utiliser. Avec nonchalance, elle s'adossa contre le bois, les bras croisées.
« Très bien, c'est comme tu veux. Je suis sûre que tu saura t'occuper sans problème, en restant ici toute seule, dans ton coin, pendant qu'Harry et moi allons nous amuser et danser … D'ailleurs, en parlant de lui, est-ce que je t'ai dis ce qu'il a oser faire cet après-midi ? Non ? Tu ne vas pas en croire tes oreilles ! Monsieur Potter s'est réservé une danse avec le professeur McGonagall et elle a dit oui en plus ! »
La réaction fut instantanée. La porte s'ouvrit brusquement, lui faisant perdre l'équilibre. Hermione la tira à l'intérieur avant de refermer tout aussi sec. Elle se retourna alors vers elle, l'air consterné.
« Il a fait quoi ?! »
La rouquine sourit innocemment, fuyant le contact visuel et se tortillant légèrement sur place.
« Je veux dire, maman McGonagall hein, pas Lexia. »
La préfète-en-chef, blasée de s'être fait berner de la sorte, lui donna un regard menaçant.
« Ginny. »
L'avertissement dans sa voix ne l'effrayait nullement. Hors de question de se faire jeter dehors après avoir eu autant de mal à entrer. Elle se précipita sur son amie, lui attrapa les mains et la supplia une dernière fois.
« Viens t'amuser, je t'en pris. Tu en as besoin, tout autant que nous. Si Harry peut danser avec notre directrice, qui n'en reste pas moins un professeur, pourquoi pas toi ? »
Hermione soupira avec désespoir.
« Lexia ne voudra jamais danser avec moi, il y aura bien trop d'yeux indiscrets autour de nous pour qu'elle prenne le risque de nous exposer. Surtout pas devant la directrice ! »
Il y avait dans sa voix, de la tristesse accompagnée d'une déception flagrante. Consciente que son amie avait besoin de parler, de se confier, elle la guida vers le lit, où elle s'assirent toute deux. Lui serrant gentiment les mains, elle lui adressa un sourire encourageant.
« Tu ne peux pas lui en vouloir, elle est simplement prudente. C'est dans votre intérêt de rester cachées, au moins jusqu'à la fin de l'année. »
« Je le sais bien ! C'est la première chose que je lui ai dit après notre baiser : Restons discrètes. Il faut croire que je suis incapable de suivre mes propres directives … »
« Tu es vraiment amoureuse. »
Cette affirmation, si soudaine, venait de lui clouer le bec. Ginny la fixait droit dans les yeux, il n'y avait aucun jugement, aucune trace de dégoût quelconque.
« Oui ... » se surprit-elle à répondre, d'une petite voix tremblante. Jamais encore elle ne l'avait avoué à quelqu'un d'autre, de vive voix.
« Il y a toujours eu quelque chose entre nous, quelque chose d'inexplicable. J'étais trop jeune pour m'en rendre compte mais je le vois parfaitement aujourd'hui. Depuis notre première rencontre, une force invisible nous pousse continuellement l'une vers l'autre. »
Elle se souvenait encore de la première fois que ses yeux s'étaient posés sur Lexia. Un souvenir qu'elle s'empressa de partager, le regard perdu dans le lointain. C'était dans la bibliothèque, quelques jours après la cérémonie de répartition. Elle y avait trouvé refuge après une journée difficile, s'attelant à ses devoirs pour oublier qu'elle n'avait personne avec qui passer le reste du temps. L'intègrement était difficile, surtout quand on vous pointe du doigt pour un oui ou pour un non. Plongée dans ses pensées, elle n'avait pas remarquer qu'une présence se faufilait à pas de loup dans son dos. Elle se leva pour chercher un livre dont elle avait besoin mais se heurta à un obstacle. Un obstacle doux, presque moelleux comme si … Consciente d'avoir le visage à un endroit ou il ne devrait pas être, elle glapit de surprise et recula d'un pas, le rouge lui montant aux joues. Honteuse, elle leva timidement les yeux mais se retrouva rapidement prise au piège dans une vaste mer d'été. Son corps se raidit, elle en ignorait la cause à l'époque. Si seulement elle avait su. La mystérieuse étudiante était non seulement grande mais semblait également plus âgée. Une 6ème ou 7ème année. A en juger par les couleurs qu'arborait sa cravate, c'était une Gryffondor. Elle avait de long cheveux bruns, attachés de moitié avec soins, le reste lui coulant sur les épaules. Elle se tenait là, les mains dans le dos, avec un petit sourire désolé. Un sourire qu'Hermione n'était pas prête d'oublier.
« J'étais complètement hypnotisée alors qu'elle n'avait pas encore ouvert la bouche. » ria-t-elle légèrement, sitôt rejointe par son amie. Lexia ne tarda pas à se présenter, indiquant qu'elle était la préfète-en-chef et une étudiante de sa maison. Elle lui dévoila également la raison de sa présence, avouant l'avoir observée de loin et être là si elle ressentait le besoin de se confier à quelqu'un. A partir de cet instant, Hermione avait commencé à passer de plus en plus de temps en sa compagnie même après son départ de Poudlard. Elle découvrait peu à peu sa personnalité, son histoire, ses rêves, ses peurs, ses envies, ce qu'elle aimait ou n'aimait pas. Mais aussi sa soif de connaissance, son intelligence, son sens du devoir, sa loyauté, ses valeurs, son amour étrange pour la viande saignante et par dessus tout, sa fascination pour le monde des moldus. Et plus elle en découvrait à son sujet, plus son attachement grandissait.
« Après son départ, je me suis senti un peu seule. Je ne pensais qu'à une chose, recevoir de ses nouvelles. Jamais je n'aurais imaginé qu'il s'agisse d'un béguin ! Et je commençais vraiment à me faire à son absence physique … Jusqu'au Tournois des Trois Sorciers. Quand je l'ai vue entrer discrètement derrière les étudiantes de Beauxbâton, mon cœur s'est mit à battre comme un fou. Il battait si fort, que s'en était douloureux. J'avais l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine à tout instant. J'étais si heureuse de la voir, de pouvoir à nouveau passer du temps en sa compagnie. Mon béguin de première année faisait pâle figure à coté de ce que je ressentais à ce moment là. Seulement, Lexia était déjà devenue une femme et moi … je n'avais que 15 ans. Qu'étais-je donc à ses yeux à présent ? Etais-je toujours une enfant, une jeune adolescente ou me considérait-elle déjà comme une femme grandissante … ? Je n'en savais absolument rien, son comportement était le même et je ne pouvais décemment pas le lui demander. A la fin de l'année, nous nous sommes quittées sur le quai de la gare. Je sentais son inquiétude, je la voyais dans ses yeux. Nous savions toutes les deux que le pire était à venir. Elle m'a embrasser la joue en me disant de faire attention à moi avant de disparaître de ma vie, une nouvelle fois. Je n'ai plus reçu la moindre lettre après cela - et je comprends pourquoi aujourd'hui - alors j'ai mis mes sentiments de cotés et je me suis fais une raison. Les mois sont passés, la guerre à éclatée et même si nous nous battions pour survivre, mes pensées finissaient toujours par revenir vers elle, surtout la nuit, quand tout était calme. Je me demandais sans cesse si elle était encore en vie, je m'imaginais toujours le pire et pour la première fois de ma vie, j'ai prié. Prié pour sa sécurité, pour la nôtre. Prié pour avoir le courage et la force de sortir vivante de cette guerre. Prié pour avoir la chance de dire à Lexia ce que j'avais sur le cœur, de lui exposer mes sentiments que je ne parvenais plus à contenir. J'ai pourtant essayé de les ignorer, de les garder enfermés au plus profond de mon cœur en me persuadant qu'il ne se passerait jamais rien. »
Elle marqua une courte pause, se remémorant une scène qui hantait encore ses nuits.
« Ron et moi avons partagé un baiser, mon premier baiser, après avoir pensé notre vie terminée. Tout c'est passé tellement vite, je n'ai pas réalisé ce que nous faisions. Je pensais à elle, à un moment pareil. Il m'embrassait et, inconsciemment, ce sont les lèvres de Lexia collées sur les miennes que j'imaginais. Je me suis laissée emporter par toute cette frustration bouillonnante, contenue à l'intérieure de moi depuis toutes ses années, et je me suis littéralement consumer. C'était un baiser passionné, désespéré, plein de colère, de désir et d'amour mais ce n'était pas lui qui m'avait mise dans cet état. Quand j'ai pris conscience de ce que j'avais fait, je me sentais si honteuse. J'avais l'impression de les avoir trahis tout les deux. Je me souviens lui avoir bafouillé des excuses avant de m'enfuir. A la fin de la bataille, je suis partie à la recherche de Lexia. Je devais la trouver, j'avais besoin d'elle comme jamais auparavant. Quand je l'ai aperçu gisant sur le sol, à moitié coincée sous un énorme bloc de pierre, mon monde s'est écroulé. J'ai crié son nom en me jetant sur elle mais elle ne bougeait pas. Je l'ai dégagée de là aussi vite que j'ai pu. Son visage était ensanglanté, une plaie béante sur l'œil gauche. Son épaule, complètement déchiquetée, comme si quelque chose lui avait littéralement enfoncée ses griffes dans la chair. Il y avait tellement de sang, il y en avait partout, c'était horrible. Les os de sa jambe étaient tous brisé, il y en a même un qui lui avait transpercer la peau. J'ai senti la panique monter, je n'arrivais plus à respirer, à penser. J'étais malade, j'avais l'impression qu'une main m'écrasait la poitrine. J'étais là, assise à coté de son corps que je croyais sans vie. Je pensais que tout était perdu, que je l'avais perdue, sans avoir l'opportunité de lui dire que, peut-être, j'en étais amoureuse. Je l'ai prise dans mes bras et … Je n'arrivais pas y croire … Je ne pouvais pas croire qu'elle m'avait quittée de cette façon. Et puis, j'ai senti une faible pression autour de ma taille. Quand j'ai compris qu'elle respirait encore, et que ses bras étaient autour de moi, je l'ai serrer, de toute mes forces. Je me suis mise à pleurer, à répéter son nom comme une hystérique. J'étais loin d'imaginer que cet épisode serait le tournant majeur de notre relation. »
Elle sourit faiblement, quelques larmes aux coins des yeux.
« Si tu savais comme je m'en veux. En le laissant croire que quelque chose était possible entre nous, j'ai blessé Ron alors que dans mon cœur, je ne cesse de désirer Lexia. »
Ginny senti son cœur se serrer.
« Oh Hermione … Ron est un grand garçon, il s'en remettra. La façon dont tu parles de tes sentiments pour Lexia est incroyable tu sais ? L'amour que tu lui portes se ressent dans chacun de tes mots, de tes gestes, de tes regards. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Je t'écoute me compter votre histoire depuis tout à l'heure et je peux t'assurer, que je n'ai jamais rien entendu d'aussi touchant et bouleversant à la fois. Tu ne peux pas le voir mais crois-moi, tes yeux scintillent tellement que j'ai du mal à te regarder. »
Cette remarque redonnait le sourire à Hermione et elle s'en félicitait.
« Peu importe ce que les autres pensent de votre relation, ils ne peuvent pas t'interdire de l'aimer. Elle est notre professeur, c'est vrai, mais ce ne sera bientôt plus le cas. Ce soir, c'est ta chance. Je te l'ai dis, en invitant la directrice à danser, Harry t'ouvre la voie. Tu pourras inviter Lexia à ton tour. Je suis sûr que personne ne fera attention à vous. Alors, qu'en dis-tu ? »
La préfète souriait plus largement, essuyant ses larmes. Elle serra son amie dans ses bras, la remerciant d'être là et ne pas la juger. Cette dernière lui frotta gentiment le dos, se retenant de pleurer à son tour, lui soutenant que c'était son rôle et la chose la plus naturelle à faire.
« Allez, fini les pleurs ! C'est l'heure d'enfiler ta tenue de bal, tu vas être à couper le souffle »
Elle se leva alors et ouvrit la porte, derrière laquelle se cachait Luna. Celle-ci la regardait avec de grand yeux.
« Alors ? », demanda-t-elle avec espoir.
« C'est dans la poche ! », s'exclama la rouquine, lui frappant dans la main avec énergie, avant de l'inviter à entrer.
« C'est une conspiration ! », protesta Hermione, l'air faussement indigné.
« Tu nous remercieras plus tard. Maintenant, enlève-moi tout ça ! »
Sans avertissement, elle se jeta sur la brune et souleva sa chemise sans ménagement. Celle-ci, surprise, et même choquée, poussa un cri particulièrement aiguë.
« Ginevra Weasley ! »
« Shhh, pas si fort ! Mon frère est tellement bête, qu'il serait bien capable d'être jaloux que tu cris mon nom et pas le sien. T'imagines la scène qu'il nous ferait ? Je ne veux pas qu'Harry se m'éprenne sur la situation et d'ailleurs, nous savons toute les deux par qui tu préférerais être déshabillée. Et ce n'est certainement pas le mien que tu hurlerais !
Hermione rougit furieusement, très embarrassée par cette insinuation et par son imagination un peu trop créative. Ce sera mentir, que de nier qu'elle n'en avait pas déjà rêvé au moins une fois. Dernièrement, son sommeil était de courte durée. Elle se réveillait souvent avec le corps en feu, lui réclamant un peu d'attention. Dans ses veines, son sang ne faisait qu'un tour, incitant son cœur à tambouriner comme un fou dans sa poitrine qui, par sa respiration haletante, se soulevait avec frénésie. Sa peau, parfois nappée d'une fine couche de sueur, était aussi chaude que de la braise et frissonnait agréablement au moindre contact délicat. L'emprunte de son rêve, encore fraîchement encré dans son esprit, était un véritable tourment pour ses sens. L'illusion d'une silhouette, la sensation agréable de mèches brunes lui chatouillant la joue, la mélodie enchanteresse d'un rire tranquille au creux de son oreille, la douceur d'une paire de lèvres contre sa peau, de ses caresses, de ses mots tendres soufflés tout bas. Puis tout s'emballe dans sa tête, lui donnant le vertige. Des envies inassouvies, la chaleur de sa peau, l'écho de leur gémissements, de leur respiration lourde et haletante. De cette cadence infernal, de la tension grandissante et cette chaleur délicieuse dans le creux des reins, qui ne demande qu'à exploser. Leur mains se cherchant dans l'ivresse du moment, avant de ne faire plus qu'une. Puis viens la jaillissante délivrance, cet instant de satisfaction, de bonheur de totale avant l'épuisement. Le fantôme de la passion planait encore sur elle, farouche et imperceptible amant. Il l'a hantait, l'a tentait, presque toute les nuit. Elle avait beau vouloir lui résister, il savait se montrer persuasif. Là, caché au plus profond de son âme, il y trouvait sa faiblesse. La tentation, fidèle amie, avait un visage et une voix mais surtout, elle avait un nom. Brûlée soit sa langue si elle osait le prononcer. Perdue dans ses pensées les moins inavouables, la jeune femme gémit faiblement. Alerter, Ginny claqua des doigts devant ses yeux.
« Je ne veux pas savoir ce qu'il se passe aux pays de tes fantasmes mais si tu ne te dépêches pas, nous allons finir par être en retard. »
Susciter sa mémoire de cette façon, n'était pas une idée des plus brillantes. Granger avait la chair de poule, la sensibilité à fleur de peau. Elle se déshabilla néanmoins, aussi vite que possible. Ginny attrapa sa robe et une trousse de maquillage.
Dans la salle commune, Harry commençait à s'inquiéter, se demandant si sa compagne avait réussi à convaincre Hermione de se joindre à eux. Il avait bien du mal à rester en place, retouchant son costume plusieurs fois : redressement de nœud papillon par-ci, vérification des boutons de manchettes par-là. L'heure tournait et bientôt, il se retrouva seul à attendre. Ron, persuadé que leur amie ne viendrait pas, ne se donna pas la peine de lui tenir compagnie, encore contrarié. Il soupira, faisant les cent pas. Soudain, Ginny et Luna passèrent la porte menant à l'escalier du dortoir des filles. Il leva les yeux vers elles, soulagé de les voir.
« Alors ? » dit-il avec hésitation.
La porte s'ouvrit une nouvelle fois, le laissant alors sans voix. Hermione se montra dans une somptueuse robe, d'un bleu étincelant. Cette couleur n'était pas anodine, lui rappelant même les yeux d'un certain professeur de Métamorphose. Il était hébété, suivant du regard les trois jeunes femmes qui descendaient les escaliers pour le rejoindre. Enfin à sa hauteur, la préfète-en-chef lui laissa le loisir d'inspecter sa tenue.
« De quoi ai-je l'air ? » demanda-t-elle timidement.
« Tu es … » commença-t-il alors, cherchant les mots juste pour décrire une telle vision.
Simplement magnifique. Ses cheveux étaient relâchés, ondulant naturellement sur ses épaules nues. Elle ne portait que très peu de maquillage, juste une légère couche de fond de teint accompagné d'un rien de crayon pour faire ressortir ses yeux de biches. Que dire de cette robe ? Une merveille. Elle épousait ses formes à la perfection, de la poitrine au bas du ventre, avant de se terminer en longue vagues de tissu, finement pailletées.
« Tu es absolument divine, 'mione. »
Il sourit doucement, prenant ses mains dans les siennes, avant de leur donner une pression rassurante.
« Le professeur McGonagall n'aura d'yeux que pour toi, même si tu n'as pas réellement besoin d'être habillée de cette façon pour captiver son attention. »
Cette plaisanterie allégea grandement l'appréhension de la jeune femme.
« Allons-y maintenant. »
Elle acquiesça. Ginny accepta le bras tendu de son cavalier tandis que Luna enroula celui d'Hermione autour du sien. Ils quittèrent la pièce et arpentèrent les couloirs jusqu'au lieu de rendez-vous. Arrivée à quelques mètres de la Grande Salle, la préfète se sentait toute chose, un mélange entre excitation et appréhension. Et plus ils s'en approchaient, plus elle ralentissait, la nervosité lui nouant l'estomac. Et si tout ne se passait pas comme prévu ? Si elle n'arrivait pas à dissimuler ses sentiments, à se comporter comme l'amie qu'elle était encore aux yeux des autres ? Comment masquer son attirance flagrante en sachant que ce soir, si Lexia acceptait de lui accorder une danse, elle en serait plus proche ? Beaucoup plus qu'elles ne s'étaient autorisées à être en publique. Jusqu'à maintenant, elles avaient pris soin de garder une certaine distance de sécurité, hormis quelques contacts physique anodins. Rien qui ne laisserait à penser que leur amitié, ce lien si fusionnel qu'elles avaient entretenu au fil des années, s'était lentement transformé pour devenir le début de ce qu'elle espérait être, une belle histoire d'amour. Elle n'avait aucun contrôle sur les réactions naturelles de son corps, il répondait toujours favorablement aux suscitations de la jeune femme. Un simple sourire, un simple regard, suffisait à mettre son cœur en émoi. Cette soirée risquait fort d'être plus éprouvante que prévue. Une pointe de panique lui secoua les entrailles. Et si elle ne la trouvait pas assez jolie ? Qu'elle n'aimait pas la robe ? Le bleu était peut-être trop voyant ? Et si quelqu'un faisait le rapprochement ? S'était-elle montrer trop audacieuse en choisissant cette couleur ? Avait-elle choisi la bonne coiffure ? Et son maquillage, était-ce trop ou justement, pas assez ? Perdue dans son flot interminable de pensées, elle était inconsciente de ce qu'il se passait autour d'elle jusqu'à sentir une légère pression sur son bras. Elle cligna des yeux, reconnectée à la réalité, et remarqua plusieurs choses. La première, elle était dans la Grande Salle. La deuxième, tout les regards étaient sur elle. Et chose plus importante encore, elle aperçu Luna sur la gauche, qui souriait en lui faisait un petit signe de main, puis Ginny et Harry qui lui souriaient également. Luna … Mais … n'était-elle pas à son bras ? Pourtant, elle sentait la chaleur distinctive d'une peau sous sa main mais si ce n'était pas Luna, alors qui … ? La réalisation l'a frappa alors, lui faisant écarquiller les yeux. Son cœur accéléra progressivement, jusqu'à battre furieusement. Ce frisson soudain qui lui parcourait la peau, elle le connaissait. Elle inspira profondément et, calmement, presque timidement, tourna la tête pour découvrir ce qu'elle redoutait mais espérait tant. Et ce qu'elle découvrit, la laissa sans voix. Elle était au bras d'une jolie brune. Lexia, dans toute sa splendeur, était à couper le souffle. Elle portait une longue et fine robe de soie blanche, ne tenant sur sa peau que par un peu de dentelle au niveau de l'épaule. Ses cheveux étaient attachés très simplement, quelques mèches légèrement ondulées tombant sur celle restée nue. Elle ne portait pas de maquillage mais ce qui interpella le plus Hermione, était ses cicatrices apparentes. Celle sur l'œil était plus fine et plus grande que dans ses souvenirs. Celles sur son épaule témoignaient encore de la violence de leur apparition. Leur forme et l'espacement entre chacune d'elles, ne laissaient aucun doute sur l'identité de leur auteur, une bête avide de chair.
Remarquant son regard insistant, la jeune femme lui sourit doucement.
« Plutôt impressionnant, je sais. »
Enfin maîtresse de ses émotions, la préfète-en-chef délaissa cette peau meurtrie pour regarder la brune dans les yeux.
« Est-ce encore douloureux ? »
« Non, pas vraiment. C'est juste … assez laid je suppose. » dit-elle avec une grimace.
Elle en sourit un peu, secouant la tête. Il y a bien un mot qui lui venait à l'esprit pour décrire la jeune enseignante en ce moment, et ce n'était pas celui-ci. Ce ne le serait probablement jamais. Aussi naturellement que possible, elle la complimenta, détournant le regard. Ce n'était pas le moment de rougir.
« Tu es … très séduisante. » lui glissa-t-elle tout bas, l'air de rien, certaine qu'elle serait la seule à l'entendre.
Lexia parut surprise mais très agréablement surprise, qu'Hermione choisisse ce terme en particulier. Elle se sentit rougir, un sourire satisfait se glissant avec paresse sur ses lèvres.
« Vile flatteuse. » répondit-elle alors, amusée. « Je te retourne le compliment ma chère. Tu es sublime dans cette robe. » fini-t-elle, plus sérieuse. « D'ailleurs … Tout le monde n'a d'yeux que pour toi. »
Et c'était peu dire, chacun y allait de son petit commentaire appréciateur. Elle ne savait plus où se mettre, soudainement gênée d'être au centre de toute leur attention. Certain garçon s'attardaient même un peu trop à son goût. Elle se surprit à se blottir d'avantage contre la jeune femme, cherchant inconsciemment le réconfort de son contact. Celle-ci le remarqua et la laissa volontiers faire.
« Tu es radieuse, Hermione. Il faudrait être aveugle ou de très mauvaise foi pour oser prétendre le contraire. Alors fais-moi plaisir, cesse donc de te remettre en question à tout bout de champ. Ai confiance en toi, en ta féminité. A moins que … »
Lexia réalisa soudain quelque chose et en rit légèrement par la suite, ce qui intrigua la brune à son bras.
« Quoi ? »
Elle le lui caressa discrètement avec son pouce, chuchotant soudainement.
« Je t'expliquerais tout, plus tard. Ce n'est ni le moment, ni le lieu idéal. Il y a bien trop d'yeux et d'oreilles indiscrètes. »
La préfète, bien qu'intriguée par ce mystère soudain, ne posa pas plus de question.
« Hermione ?! »
Elle sursauta légèrement, alertée par cette voix désagréablement aiguë par la surprise. Il ne manquait plus que ça …
« Oui, Ronald ? » soupira-t-elle en le voyant arrivé.
Son air hébété était inestimable, lui arrachant même un sourire.
« Mais qu'est-ce que … ? Comment … ? Pourquoi … ? »
Il n'en revenait pas, ouvrant et fermant la bouche tel une carpe hors de l'eau. Il remarqua alors qu'elle était au bras d'une autre femme, ce qui le surprit d'autant plus en voyant de qui il s'agissait.
« Professeur McGonagall ?! »
« Oui, Monsieur Weasley ? Vous semblez surprit. N'avez-vous donc jamais vu une femme en robe de soirée ? » se moqua-t-elle gentiment, d'un air tout à fait sérieux.
Il se reprit alors.
« Si, bien sûr que si. C'est juste que … Vous êtes vachement belle dans la vôtre. » dit-il avec un sourire bête et béa.
« Je vous remercie. »
Hermione roula des yeux. Oui, elle l'était. Surtout qu'elle n'en portait qu'à de très rares occasions, préférant des tenues plus décontractées, dans lesquelles elle se sentait plus à l'aise. Voyant son air moqueur, il reporta son attention sur elle.
« Je croyais que tu ne voulais pas venir. »
« J'ai changé d'avis. »
« Ah oui ? Avec qui vas-tu danser alors ? »
Lexia soupira en levant les yeux au ciel.
« Pour l'amour de Merlin Ronald ! Dis lui simplement qu'elle est ravissante et invite là donc au lieu de chercher à la provoquer. Ce que tu peux être maladroit. »
Il rougit comme un diable, faisant rire les élèves autour alors qu'Hermione lui lançait un regard interrogateur et surpris.
« Entre amis. » lui souffla-t-elle tranquillement.
« Très bien … mais si tu essaies quoique ce soit, je te tord le cou. »
La menace était sans équivoque. Il acquiesça vivement, se décidant enfin à la couvrir de compliments. Elle les accepta, bien sûr, et le remercia. Lexia avait raison, il était son ami malgré tout. Ils s'étaient mit d'accord pour le rester mais au fond, elle sentait bien qu'il avait du mal à lâcher prise. Ils se disputaient sans cesse parce qu'il était maladroit et insistant, une façon pour lui d'attirer son attention et de la garder.
Au loin, Minerva attira l'attention de sa nièce d'un signe de tête. Celle-ci comprit le message et libéra Hermione.
« Je dois retourner aux cotés des autres enseignants. A plus tard. »
Avec un dernier sourire et une légère pression sur sa main, la brune quitta les deux étudiants et prit place aux cotés de la Directrice. Celle-ci leva les bras.
« Votre attention s'il vous plaît. » demanda-t-elle d'une voix haute et clair.
L'agitation de la salle se calma soudain, toute l'attention portée sur elle.
« L'année … fut difficile et je sais, que la guerre est encore dans l'esprit de chacun. Que notre école, même reconstruite, restera pour beaucoup, le lieu d'une terrible bataille. Une bataille dans laquelle nous avons tous perdu des êtres chers et Poudlard gardera pour toujours, la mémoire de ceux tombés au combat. Mais la guerre est à présent derrière nous et des jours plus clément se profilent à l'horizon. Dans quelques jours, une nouvelle année débutera et avec elle, la promesse d'un avenir meilleurs. Ce soir, nous célébrons la venue de cette nouvelle ère de paix. »
La foule applaudit son discours avec hardeur. Elle les laissa faire quelques instants avant leur demander le silence.
« La rentrée à été fatigante, aussi bien moralement que physiquement. Pour vous comme pour nous. Nous avons tous grand besoin de nous détendre et Noël est la période idéale. C'est pourquoi, les professeurs et moi-même, avons décidé d'organiser cette soirée. Je vais maintenant vous rappelez les consignes. Le couvre-feu est fixé à 22h pour les premières à quatrième années, 23h pour les sixième années et minuit pour les dernières années. Les préfets et préfètes de chaque maison sont priés de veiller au respect de ce couvre-feu. D'ici là, vous êtes libres de vous promenez dans l'enceinte du château mais le premier élève prit à manquer au règlement sera sévèrement puni. Un orchestre s'est bénévolement proposé pour nous accompagner tout au long de cette soirée. Je vous demande donc de vous comporter en jeunes personne civilisées, tout étudiants surpris à lancer un sortilège sur leur instruments sera banni de cette salle avec des points en moins et un rapport. »
Elle lança un regard d'avertissement vers ceux qu'elle savait des plus farceurs.
« Autre point important de la soirée. Monsieur Potter, que voici, se montra fort audacieux en m'invitant à danser ce soir. »
La foule se mit à siffler, le mettant un peu dans l'embarras. Il sourit, tout penaud, en se frottant l'arrière du crâne.
« Et j'ai dis oui. »
Minerva en sourit, d'un air moqueur, une lueur de malice dans les yeux. Elle se risqua même à quelques plaisanteries, faisant rire les étudiants de bon cœur, avant de poursuivre.
« Si certains parmi vous se sentent assez courageux pour inviter un professeur à danser, qu'ils tentent donc leur chance. Mais n'oubliez pas, le respect est un fondement indispensable au bon déroulement de cette soirée. Je ne tolérerais aucun écart de conduite de votre part où vous serez renvoyés de l'école, vous êtes prévenus. Maintenant, mangeons. »
Eut-elle à peine terminée sa phrase, que le buffet apparu sur la grande table du fond. Les étudiants ne se firent pas prier pour l'entamer. Quelques tables rondes étaient disposées ici et là pour leur permettre de manger assis s'ils le désiraient. Minerva se servit un verre et s'installa à une table, suivie par Lexia. N'étant pour l'instant que deux à s'y être assises, elle en profita pour faire un état de la situation.
« Alors, » commença-t-elle doucement. « Miss Granger t'a-t-elle trouvée à son goût ? »
Lexia rougit instantanément, prête à recracher son verre, et s'étouffa. Elle ne s'y attendait pas à celle là ! Elle toussa plusieurs fois et, une fois sa gorge dégagée, s'empressa de regarder la vieille femme.
« M-Màmag ?! »
« Oh je t'en pris. Ne prends pas cet air si surpris. Tu devais bien te douter que j'allais me tenir informée. »
Sa bouche s'ouvrait et se fermait mais elle ne savait pas quoi dire, bien trop embarrassée. Minerva prit une gorgée de son verre pour masquer le sourire moqueur qui menaçait d'apparaître. On ne pouvait pas en dire autant de la malice dans sa voix, pas plus que cette lueur dans son regard.
« Je suppose que cette réaction le confirme. »
« Màmag. »
Lexia gémit faiblement, se cachant le visage comme elle le pouvait, morte de honte. Bien qu'elles aient eu un cœur à cœur ouvert à ce sujet, en parler restait assez maladroit. Elle inspira profondément et affronta le regard du tabby, visiblement d'humeur joueuse.
« Oui … Je pense avoir réussi à la faire tomber sous mon charme. »
« Tu as hérité de la beauté de ta mère et du charme naturel de ton père, comment pourrait-elle résister ? » questionna-t-elle, non sans amusement.
Lexia leva les yeux au plafond, de plus en plus gênée. Minerva lui rappela alors que les femmes de leur famille ont toujours su garder leur vie privée à l'abri et qu'il en allait de même pour elle. La jeune femme le savait bien et lui assura qu'elle ne mettrait pas sa carrière, ni réputation de l'école, en danger. Sa relation avec Hermione resterait secrète jusqu'à la fin de sa scolarité.
La soirée se passa tranquillement, il ne restait plus rien du buffet. L'ambiance était joviale et bonne enfant. Les plus courageux s'étaient lancés sur la piste de danse, peu à peu rejoint par d'autres. Harry, fidèle à sa parole, se dirigea vers la directrice pour l'inviter à danser.
« Professeur ? »
Celle-ci se tourna vers lui.
« M'accorderiez-vous cette danse ? »
Elle lui sourit gentiment.
« Je commençais à croire que vous m'aviez oublié, Monsieur Potter. On ne fait pas attendre une vieille dame, où sont donc passés vos manières ? »
Il en rit et s'excusa avant de la conduire au milieu de la salle. Il fit signe à Hermione, lui montrant d'un signe de la tête discret, sa cavalière qui discutait avec leur ami Neville, le nouveau professeur de Botanique. Elle déglutit faiblement, rassemblant son courage. Aucune raison de paniquer maintenant, Lexia s'était montrée plutôt calme et détendue à son contact. Elle attendait ce moment depuis le début de cette soirée, tout se passerait bien. Ce n'était qu'une danse, pas de quoi s'inquiéter. Elle se leva et d'un pas assurée, marcha en sa direction. Ron le remarqua et se leva à son tour mais Luna, aussi rapide qu'un chat, lui attrapa la main et le guida à l'autre bout de la salle, s'assurant qu'Hermione ait un peu d'intimité.
« Viens Ron, allons danser ! »
Il n'eut pas le temps de réagir, perdant la jolie brune de vue. Cette dernière était arrivée à destination et posa sa main sur le bras nue de la jeune femme.
« Professeur McGonagall ? »
Lexia l'avait entendu venir et posa son regard sur elle.
« Oui, Miss Granger ? »
Il n'y avait plus de retour en arrière possible. C'était maintenant ou jamais. Courage Hermione, tu peux le faire, pensa-t-elle alors.
« Excusez-moi de vous interrompre mais … »
Elle plongea timidement son regard dans celui de son professeur et se jeta à l'eau.
« Accepteriez-vous … de danser avec moi ? »
Elle en rougit un peu, un sourire gêné sur les lèvres. Lexia la trouvait absolument craquante, elle avait d'ailleurs bien du mal à se contenir. Elle se ressaisit rapidement et tourna son attention sur Neville.
« Professeur Londubat, veuillez m'excuser mais mes bonnes manières ne me permettent pas de refuser une telle offre. Je vais donc vous abandonner, si vous me le permettez. »
Le jeune homme leva les mains en signe de reddition, un sourire aux lèvres.
« Je ne voudrais surtout pas vous retenir. »
Hermione le remercia et se laissa guider à travers la foule dansante. Arrivées au milieu de la piste, l'orchestre annonça une valse lente. La salle fut alors plongée dans une ambiance tamisée. Sentant sa cavalière se crisper, Lexia lui chuchota quelques mots rassurants.
« Tout ira bien, détends-toi. »
Elle posa lentement une main sur sa hanche, l'incitant à se mettre en position. Celle-ci lui donna la main avant de reposer l'autre sur son épaule. L'écart entre leur corps se dissipa, elles étaient à nouveau yeux dans les yeux.
« Ce n'est pas si différent de ce que tu as appris en quatrième année. Je vais te guider. »
Les derniers couples se mirent en position.
« Prête ? »
Hermione hocha doucement la tête, faisant sourire sa partenaire, qui resserra doucement la prise sur sa hanche. La musique démarra au son des violons mais les danseurs attendaient le bon moment. La note marquant le début de cette valse résonna enfin et les corps se mirent alors en mouvement, tournoyant avec une synchronisation parfaite. Bercée par cette musique enchanteresse, plus rien n'avait d'importance autour d'elle. Lexia guidait ses pas et son corps avec une facilité déconcertante mais elle ne s'en préoccupait pas. Elle n'avait d'attention que pour ses yeux, qui lui parlaient un langage qu'elle était la seule à pouvoir déchiffrer. La notion du temps lui échappait, son corps flottait avec aisance. Depuis combien de temps dansaient-elle ainsi ? Elle l'ignorait et n'était pas pressée d'y mettre un terme. Ce moment était parfait, il était magique. Elles tournaient, encore et encore sans jamais s'arrêter. Puis, la musique ralentit, la valse prenait fin. Les derniers gestes étaient exécutés avec lenteur, fidèle au rythme des violons et autres instruments. Enlacés, les corps s'arrêtèrent tandis que jouait la note finale. Hermione sentait son cœur battre la chamade, incapable de quitter sa partenaire des yeux, qui lui souriait avec tendresse. Lentement, comme attirés l'un vers l'autre, leur visage se rapprochaient dangereusement.
« 'mione. »
Lexia gémit faiblement, avertissant sa compagne. Celle-ci ferma les yeux, avant de coller leur front ensemble.
« Je sais. Pas ici. » souffla-t-elle faiblement. Mais par Merlin, elle en mourrait d'envie ! Elle devait s'éloigner, vite. La lumière jaillit de nouveau dans la salle, signant l'arrêt de ce moment intime. Elle recula légèrement et prit quelques instants pour se calmer avant de lui sourire doucement.
« Merci d'avoir accepté cette danse. J'ai passer un agréable moment. »
« Tout le plaisir à été pour moi. »
Avec une dernière pression sur le bras et les yeux pleins de non-dit, Hermione s'éloigna avant de disparaître dans la foule. Lexia soupira avec émoi, le cœur encore sans dessus-dessous, avant de quitter la piste à son tour. Le reste de la soirée se déroula sans incidents. Les deux femmes, conscientes de ne pas être en mesure de garder leurs hormones sous contrôle, faisaient toujours en sorte de ne pas être trop proche l'une de l'autre.
Plus tard dans la soirée, Ron invita Hermione à danser. Lexia, elle, enchaînait les partenaires, très demandée par les élèves. Elle ne pouvait pas la quitter des yeux, tellement séduisante dans cette robe. De quoi faire tourner les têtes. Les heures défilaient, la salle se vidait peu à peu. A 23h, il ne restait plus que les 6ème et 7ème années, une poignée d'élève en somme. Dans leur coin, Ginny, Harry, Luna, Ron et Hermione discutaient calmement lorsque la dernière danse qui clôturerait cette fête fut annoncé. Le jeune homme à la cicatrice entraîna sa partenaire sur la piste de danse. Luna attrapa Hermione et les suivi, la faisant rire mais quelque chose attira son attention. Mme Pomfresh s'approcha vivement de la Directrice et lui glissa quelques mots à l'oreille. L'expression sur le visage de cette dernière ne dura qu'une fraction de seconde mais Hermione l'avait reconnu, l'inquiétude. Elle s'excusa auprès de sa camarade et rejoignit les deux femmes, prêtes à quitter la pièce de toute urgence.
« Professeur, est-ce que tout vas bien ? »
Minerva tourna la tête vers elle, surprise.
« Oh, Miss Granger. »
Elle hésita un instant, voyant bien que la jeune femme avait comprit que quelque chose était arrivé.
« Suivez-moi. »
Sans un mot de plus, elle ouvrit la marche. Les trois femmes quittèrent la Grande Salle par une porte du fond avant de prendre le chemin de l'infirmerie. Arrivée devant les portes, Minerva entra et analysait la pièce jusqu'à tomber sur ce qu'elle cherchait. Assise dans un des lits, le jeune professeur semblait fatiguée, tenant une poche de glace sur son épaule droite. Ses cheveux étaient en désordre, sa jolie robe, déchirée sur toute la longueur du coté gauche. Inquiète, elle se précipita à ses cotés.
« Lexia mais que s'est-il passé ? »
La jeune femme, interpellée, la regarda et soupira doucement.
« Une mauvaise chute dans les escaliers en raccompagnant les 4ème années de Serdaigle dans leur salle commune. Ce n'est rien de grave, je vais bien. Tu n'avais pas besoin de venir jusqu'ici. »
Son regard tomba alors sur Hermione, qui semblait tout aussi inquiète.
« Ramenez Hermione n'était pas non plus indispensable. Je vais bien. »
Mme Pomfresh fronça les sourcils et, du bout de sa baguette, frôla sa jambe nue. La réaction était immédiate, la jeune femme hurla presque de douleur avant de se mordre la langue pour se taire.
« Et je n'ai fais qu'effleurer sa peau. » indiqua l'infirmière en chef.
Hermione et Minerva regardèrent la jeune femme alitée, aussi mécontente l'une que l'autre. Lexia rougit de honte et détourna les yeux.
« Ma jambe est un peu fatiguée voilà tout. »
« Un peu fatiguée ?! » protesta Mme Pomfresh. « Elle est aussi dur que du bois ! J'ai peut-être reconsolidé tes os mais leurs éclats ont gravement endommagés les nerfs et le tissu musculaire. Dois-je te rappeler l'état dans lequel elle se trouvait quand Hermione t'as porté jusqu'à moi ? »
Lexia grogna, le souvenir de cette douleur insoutenable la hantait encore.
« Guérir une blessure aussi profonde demande du temps et du repos. Si tu ne fais pas plus attention, les séquelles pourraient être permanente. Tu dois ménager ta jambe ou tu boiteras pour le restant de tes jours, dans le meilleur des cas. »
« Et dans le pire ? »
La préfète ne voulait pas l'imaginer mais elle avait besoin de l'entendre d'une spécialiste. Mme Pomfresh soupira, hésitant à le lui dire. Elle avait déjà fait part de ses observations à Minerva, celle-ci lui adressa un signe de tête approbateur.
« Elle pourrait en perdre l'usage. Si les nerfs ne transmettent plus l'information du cerveau vers le muscle, celui-ci perds en souplesse et en masse avant de devenir complètement inutilisable. Il n'existe aucun traitement pour ce type de blessure. Il faut laisser faire le temps. »
Hermione pâlit avant de poser son regard noir sur l'inconsciente, qui venait de détourner les yeux.
« Tu as dansé toute la nuit en sachant parfaitement ce qu'il pourrait se passer, as-tu perdu la tête ?! »
L'accusée leva les yeux au ciel, pensive.
« J'aime danser. »
Cette remarque attisa d'autant plus la colère de la lionne, qui n'en croyait pas ses oreilles. Comment pouvait-elle être aussi décontractée ?!
« Tu penses vraiment que c'est le moment de plaisanter ?! »
Minerva posa une main sur son épaule pour la calmer.
« Calmez-vous Miss Granger. Lexia use de ce stratagème pour détourner l'attention. Elle distrait son esprit pour oublier la douleur. »
« Sans grand succès, hélas. »
La jeune femme laissa tomber le masque, le visage crispé par l'inconfort. La douleur dans sa jambe était trop forte, lancinante et particulièrement vive. Elle grogna, se cognant l'arrière du crâne contre le mur.
« Je vais chercher ce qu'il faut. Assurez-vous qu'elle ne s'ouvre pas la tête. »
La chef médicale disparue alors. Minerva savait sa nièce entre de bonnes mains et pouvait retourner à son rôle de Directrice. Mais cela ne l'empêchait pas d'être un peu inquiète, son instinct de mère faisait naître en elle un besoin maladif de la protéger, de la materner comme si elle n'était encore qu'une fillette aillant besoin d'elle pour grandir en toute sécurité. Peu importe son âge, elle le ressentirait jusqu'à son dernier souffle. Mais Lexia n'était plus une enfant depuis longtemps, elle avait grandi. Elle était une femme et une sorcière faisant sa fierté. Il était grand temps pour elle de laisser quelqu'un d'autre se faire des cheveux blancs. Une autre femme semblait d'ailleurs tout à fait prête à occuper cette place. Elle tourna son attention vers la préfète, les mains jointes.
« Je dois retourner auprès des autres élèves pour m'assurer que tout vas bien. Pouvez-vous prendre le relais, Miss Granger ? Si cela ne vous dérange pas, bien sûr. »
« Bien entendu Professeur. Vous pouvez retourner à vos responsabilités, je vais rester ici et garder un œil sur elle. »
Elle jeta un regard menaçant sur la jeune femme, qui frissonna en souriant nerveusement.
« Je ne vais pas la lâcher vous pouvez me croire. »
« Je vous remercie. Si vous pouviez vous assurez qu'elle retourne dans ses quartiers en toute sécurité, ce serait très aimable à vous. »
« Ce sera fait. »
La directrice lui adressa un sourire reconnaissant, tournant ensuite son attention sur sa nièce.
« Tâche de te reposer, et interdiction de sortir du lit où je t'y attache moi-même. »
La jeune femme acquiesça, reconnaissant ce regard. Satisfaite de s'être fait comprendre, elle leur souhaita une bonne nuit et s'éloigna. Hermione soupira, un peu étourdie par la situation, et s'assit sur le lit. Son regard ce posa un nouvelle fois sur son amie, bien calme. La douleur devait être difficile à supporter et pourtant, elle restait étrangement tranquille. Ses yeux étaient clos mais tout les muscles de son visage étaient tendus, figeant son expression faussement sereine. La prise sur cette poche de glace lui en blanchissait les phalanges. Cela ne l'étonnait guère dans le fond, Lexia était ce genre de femme. La seule et unique fois où elle l'entendit hurler d'agonie, lui avait glacé le sang. Jamais, depuis ce jour, elle ne l'avait entendu se plaindre ou exprimer verbalement sa douleur sans y être contrainte. Il lui arrivait de grogner un peu, grimaçait parfois mais ça s'arrêtait là. C'était une femme réservée, gardant beaucoup de chose à l'intérieur. Sa colère se dégonfla bien vite, remplacée par le besoin de la soulagée un peu.
« Laisse-moi t'aider. »
Elle se rapprocha et, après quelques manipulation, libéra sa longue chevelure brune. Elle y glissa ensuite ses doigts et lui massa doucement l'arrière du crane. Celle-ci semblait apprécier l'attention, frissonnante par ce contact simple. Elle continua ainsi quelques instants avant de poser sa main sur la poche froide.
« Je peux ? » demanda-t-elle doucement.
« Ce n'est pas très beau à voir. »
L'avertissement était doux, soufflé calmement.
« S'il te plaît. »
Lexia céda sans grande résistance et ce qu'elle découvrit n'était effectivement pas beau à voir. Son épaule était enflée, la peau bleutée par un énorme hématome à moitié caché sous la dentelle. Prudemment, elle y glissa le bout de ses doigts, faisant faiblement geindre la brune.
« Pardon. » murmura-t-elle rapidement, exposant délicatement son épaule. Toute la zone désormais nue, elle y reposa doucement la poche de glace.
« Ne m'inquiète pas comme ça. »
La jeune femme soupira doucement.
« Je serais plus prudente, promis. »
Mme Pomfresh réapparue soudain, les mains chargées, et se dirigea vers elle avant de s'arrêter à sa hauteur. Elle déposa le tout sur la table près du lit et attrapa une large bouteille. Elle en dévissa le bouchon et versa un peu de cette liqueur étrange dans une grande cuillère à café, qu'elle lui présenta. La jeune femme ouvrit la bouche et avala tant bien que mal, toujours aussi dégoûtée par ce goût immonde.
« Ce n'est pas bon mais efficace. Cette potion devrait te soulager. Elle va cibler et endormir tranquillement tes douleurs. Une cuillère obligatoire avant le coucher mais pour le reste de la journée, c'est à toi de juger en fonction de leurs intensités. Celle à l'épaule ne devrait pas durée longtemps. Si tu suis ton traitement, elle s'estompera d'ici 5 jours. »
Elle reboucha la bouteille, la reposa et lui présenta un pot de crème, étiqueté avec le nom de la zone à traiter.
« Pour ton épaule. Une application dès ce soir, puis tout les soirs pendant une semaine. A étaler généreusement et en massant bien. »
Elle le reposa à son tour et termina par le plus important.
« Voici une huile pour ta cuisse. Même consigne d'application que pour l'épaule, généreusement et en massant. Je vais d'ailleurs te l'appliquer immédiatement. Elle va directement agir sur ton muscle et, je l'espère, réduire considérablement cette contracture. C'est ma priorité pour ce soir et tu risques fort de ne pas aimer. Heureusement, la potion que je t'ai donné devrait régler ça. »
Lexia acquiesça tranquillement, sentant peu à peu faiblir l'horrible douleur lancinante de sa cuisse. Son corps se relaxait lentement, la faisant longuement soupirer de soulagement. L'infirmière tira les rideaux autour du lit avant de se retourner et remonter ses manches.
« Très bien. Allonge-toi s'il te plaît. »
Le moment idéal que choisit un professeur pour se manifester.
« Mme Pomfresh, pardonnez-moi de vous déranger mais votre présence est requise. Nous avons eu un léger problème dans le Hall. »
La vieille femme soupira.
« Bon … Miss Granger, pourriez-vous l'assister je vous pris. Je reviens dans quelques minutes. »
« Bien sûr. »
Poppy traversa le long drapé blanc et s'éloigna, les laissant seules à nouveau. Hermione aida la jeune femme à s'allonger, l'installant aussi confortablement que possible, penchée au-dessus de son visage.
« Ma présence te dérange-t-elle ? »
Cette question l'amusa, la faisant sourire doucement.
« Partirais-tu, même si je te le demandais ? »
« Probablement pas. » avoua-t-elle en souriant à son tour. Puis, elle se leva et ouvrit légèrement le rideau, vérifiant qu'il n'y ai vraiment personne. Parfait. Elle le referma et se rassit près de celle qui avait volé son cœur. Elle lui prit la main et la reposa contre sa joue, se blottissant contre la chaleur de sa paume, caressant sa peau avec douceur.
« Ma place est ici, tu ne m'en chassera pas. »
« Tu as l'air si sûr de toi, ce n'était pas qu'un béguin après tout. »
Elle rougit légèrement, surprise. Lexia avait un petit sourire narquois, une lueur moqueuse et malicieuse dans le regard.
« D'accord … Comment as-tu - ? »
« Je l'ai compris, 'mione. »
Elle lui caressa la joue une dernière fois avant de reposer son bras sur son ventre, observant pensivement le plafond.
« J'ai toujours été intriguée par cette petite fille au nez constamment plongé dans ses livres. Alors, je l'ai observée de loin, tout les jours. Mais alors que les autres ne voyaient en elle qu'une insupportable petite Mademoiselle-je-sais-tout, toujours à la recherche d'un peu d'attention, la chouchoute des professeurs, la parfaite première de classe, celle qui ne peux s'empêcher d'étaler son savoir pour un peu de reconnaissance quitte à se faire pointer du doigt, moi … Moi je ne voyais qu'une enfant prête à tout pour se faire accepter et prouver que le sang ne fait pas le sorcier. Une enfant avide de connaissances, émerveillée par le monde de la magie. Une enfant tellement intelligente mais si isolée, il était plus facile de s'en moquer que d'admettre son potentiel. Une petite fille solitaire et incomprise qui se réfugiait dans la bibliothèque pour pleurer, trop fière pour leur laisser le plaisir de voir qu'ils lui avaient fait du mal. J'ai vu une petite fille exigeante avec elle-même, animée par ce besoin maladif de prouver, à elle et aux autres, qu'elle avait sa place à Poudlard. Une petite fille qui, pour rendre ses parents fières, s'est évertuée à toujours avoir les meilleurs notes. Les chuchotements autour disaient que c'était chose facile pour elle, avec un cerveau aussi brillant. Mais ils ne voyaient pas les cernes, les yeux rougis par toutes ces nuits blanches passées à étudier. Ils ne voyaient pas la fatigue, la pâleur de son visage. Ils n'entendaient pas ses pleurs, la détresse déchirante quand elle ne supportait plus la pression. »
Elle sourit tristement, un pincement au cœur en y repensant.
« Cette petite fille à touché mon cœur, si profondément que je n'en revenais pas moi-même. J'ai commencé à apprécier sa compagnie, à l'attendre avec impatience, prête à la réclamer si nécessaire. Et soudain, j'ai réalisé que je m'étais prise d'affection pour elle. »
Son regard se posa alors sur la préfète. Elle avait le visage rougi et les yeux larmoyants, une main devant la bouche.
« Un jour, tu m'as demander pourquoi. T'en souviens-tu ? Ma raison … la voici. Tu as touché mon cœur, 'mione. Je t'aimais alors comme une petite sœur et une amie. Et puis, les années sont passées et avec ma nouvelle vie à Beaubâtons, correspondre par hiboux gardait notre lien intact. Quand je suis rentrée à Poudlard, tu avais tellement grandi ! Tomber amoureuse à cet âge, c'est naturel mais je ne pouvais pas croire que ce serait de moi. Pour être honnête, il m'aura d'abord fallu attendre de comprendre mes propres sentiments avant de pouvoir en être tout à fait certaine. Ce qui est arrivé récemment comme tu as pu le constater. Et puisque j'y vois clair à présent, ce n'est pas difficile de faire le lien avec ton comportement de l'époque mais tu étais si jeune alors. J'ai toujours sentis cette attraction inexplicable entre nous, je l'ai simplement ignorer. Tu n'étais qu'une enfant qui avait besoin de se chercher, d'expérimenter et moi … J'étais déjà en train de succomber sans m'en rendre compte. »
Elle soupira et sourit avec ironie.
« Alors oui, je l'ai deviné. Pas à l'époque bien sûr. Comme je l'ai dis, c'est arrivé récemment. Il faut croire que nous dansons autour de nos sentiments depuis longtemps sans jamais vraiment faire le grand saut, effleurant le cœur de l'autre depuis toujours sans se risquer à le prendre. Je ne parvenais pas à déterminer ce que je ressentais, moi qui ne suis jamais tomber amoureuse. J'ignorais ce que l'on peut éprouver quand on l'est vraiment et c'était très frustrant. J'ai donc demandé conseil à plus sage que moi. Quoiqu'on dise de lui, Oncle Albus a toujours su m'écouter et m'orienter sur la bonne voix. »
Consciente d'être sur le point de faire quelques révélations, elle rougit d'embarras au souvenir de cette fameuse nuit et détourna le regard.
« Et donc … je lui ai expliqué mon problème. D'après lui, je ne risquais rien à tenter ma chance. 'Rien à perdre' … Comme si j'étais prête à risquer ma relation avec toi juste pour quelques sentiments ambiguës ! » s'indigna-t-elle en levant son bras valide dans les airs.
Hermione en rit, les larmes aux yeux. Elle n'arrivait pas à y croire. Ces aveux secouaient son cœur, persuadée qu'elle ne pourrait pas en tomber plus amoureuse. Lexia venait encore de lui prouver le contraire. Celle-ci lui attrapa la main et la serra gentiment.
« 'mione. »
Leur regards se trouvèrent rapidement.
« Cette nuit là … J'ai tenter ma chance, un peu maladroitement si tu veux mon humble avis. » dit-elle avec amusement. « Mais il y a une chose que tu dois savoir à ce sujet. Je n'ai jamais voulu profiter de la situation et la tourner à mon avantage. Rien de tout ce qu'il s'est passé n'étais prévu. Je ne regrette rien, bien évidemment, je déplore juste les circonstances. Tu étais dans mes bras, pleurant l'idiotie d'un autre et dans mon cœur je le savais, je le sentais … j'avais envie de tes lèvres. C'était idiot de ma part mais je ne pouvais pas m'en empêcher, j'en avais besoin. Tu n'avais aucune idée de l'effet que tu avais sur moi à ce moment là et je ne voulais pas en profiter mais … J'étais soudainement obsédée par ce besoin irrationnel de t'embrasser, et j'ai bien failli contenter l'animal en moi … la nature de mes sentiments n'était plus un mystère après l'avoir réalisé. Ce genre de désir, on ne le ressens pas envers une femme que l'on considère comme 'une amie'. »
La préfète acquiesça sans un mot, retenant ses larmes comme elle le pouvait, frottant sa main avec douceur, espérant lui transmettre toute la tendresse et l'amour qu'elle lui portait.
« Je n'étais pas sûr de tes sentiments et pourtant, je n'ai pas su me retenir. J'ai vraiment eu honte de moi, je pensais avoir tout gâché. Notre lien, peu importe le nom qu'on lui donne, est une chose précieuse à mes yeux. J'ai vraiment cru que tu allais tourner les talons et prendre la fuite. J'étais mortifiée, je ne savais pas quoi dire pour me justifier ! Je devais avoir l'air ridicule d'ailleurs … Et quand tu m'as embrassée … 'mione … » Elle gémit faiblement. « Il n'existe rien de plus enivrant que la sensation de tes lèvres sur les miennes. C'était parfait. » soupira-t-elle avec émoi, fermant les yeux.
Hermione frémit, prête à renouveler cette expérience sur le champ mais Lexia ne le lui permettrait pas. Elle gémit de frustration, plus impatiente que jamais. Elle ne tiendrait jamais jusqu'à la fin de l'année !
« Pardon, ce n'était pas très gentil de ma part. »
Mais le sourire satisfait qu'elle arborait n'était pas du tout désolé, lui. La préfète était sur le point de riposter lorsque la voix de Poppy résonna.
« Désolé pour ce contre-temps. Est-ce que tout vas bien par ici ? »
Elle fit irruption dans leur petite bulle et remarqua les traces sèches sur les joues d'Hermione. Elle fronça les sourcils, se retroussant les manches en s'approchant du lit.
« Lexia, qu'as-tu donc fait à cette pauvre Miss Granger ? »
« Pourquoi lui aurais-je fait quoique ce soit ? » questionna-t-elle avec indignation.
La présumée victime sourit chaleureusement.
« Tout vas bien Mme Pomfresh. Je me suis juste montrer un peu émotive sur son état de santé. Lexia n'est peut-être qu'une idiote qui ne fait que m'inquiéter, mais une idiote particulièrement empathique. »
« Je ne sais pas si je dois me sentir flattée ou offusquée … »
Hermione lui tira la langue, ce qui lui fit écarquillé les yeux.
« D'accord, là je me sens offensée. »
Poppy roula des yeux en soupirant. Des enfants !
« 24 ans, hm ? »
« Presque 25, si je survis à ce qu'il m'attends. »
« As-tu de nouveau mal ? »
« Non, pas pour le moment. Je suis juste très fatiguée. »
« Tâchons de régler ça rapidement pour que tu puisses aller te coucher. Je vais être honnête, c'est une contracture sévère. Tu risques de la sentir malgré tout. »
« Je suis prête. »
« Très bien. Miss Granger, asseyez-vous donc à coté de sa tête et observez attentivement. »
La préfète, intriguée par cette demande, changea de position. Poppy écarta la robe par l'ouverture déjà créer et attrapa la jambe de la jeune femme. Assise, elle la posa sur épaule, non sans mal. Lexia grimaça légèrement, sentant la raideur de cette dernière. La vieille femme se munit de sa bouteille d'huile et, d'une main, en versa une grande quantité tout commençant son massage de l'autre. Dans cette position, elle avait accès à toute la zone et pouvait en faire le tour sans demander à Lexia de changer sa position. Comme elle le craignait, les muscles de sa cuisse étaient aussi rigides que du bois. Elle les massa donc avec prudence, faisant grogner sa patiente.
Hermione observait les mouvements avec attention, certaine qu'elle devrait les refaire par la suite. Pourquoi le lui aurait-on demander dans le cas contraire ?
« Le massage est un facteur de guérison très important, Miss Granger. Il permet non seulement de détendre les muscles, mais aussi de les tonifier et les assouplir. Il faut stimuler les fibres nerveuses pour facilité la récupération musculaire. Ils existent plusieurs façon de faire mais vu son état, nous allons utiliser la friction. Cela ne requiert pas de force, c'est une technique très douce. Pour le moment, il suffit juste de masser sans exercer de pression. »
Lexia avait les yeux fermés, essayant de se détendre comme elle le pouvait. Elle allait vraiment finir par les acheter, ces livres de relaxation et de méditation.
Poppy la massait depuis maintenant une bonne demi-heure et commençait à le ressentir dans ses propres articulations. Hermione avait été très attentive et n'avait pas hésité à poser des questions sur tout les aspects du massage. Cette petite était loin d'être idiote.
« Je pense que ce sera suffisant pour ce soir. La contracture a bien diminuée, inutile d'aller plus loin. »
Elle soupira et reposa la jambe de sa patiente sur le lit, veillant à ne pas la réveiller, elle qui venait juste de s'assoupir. Elle se leva tranquillement et se dirigea vers le rideau.
« Pourriez-vous m'accompagner un moment, Miss Granger. »
La préfète se leva et suivit la vieille femme dans les sanitaires de l'infirmerie.
« Avez-vous des projets pour les vacances ? »
Quelques peu intriguée, celle-ci fini par secouer la tête.
« Je devais partir demain pour rejoindre les Weasley et fêter Noël avec leur famille mais je peux m'arranger avec eux. Molly et Arthur comprendrons si je leur explique que vous avez besoin de moi ici. »
Poppy se lava les mains et soupira une nouvelle fois.
« Je vais être honnête avec vous, l'état de sa jambe me préoccupe beaucoup. Cette chute a causée beaucoup de dégâts sur les lésions déjà existantes. Je ne plaisantait aucunement sur le fait qu'elle puisse en perdre la mobilité mais je la connais, elle ne tiendra pas en place plus d'une journée ! Minerva a beaucoup trop de travail et Lexia n'acceptera jamais d'être chaperonnée en sachant que cela lui donnerait une charge supplémentaire. J'ai besoin de quelqu'un qui puisse lui tenir tête et la garder alitée. »
Hermione n'avait pas besoin de plus pour se décider.
« C'est une surveillance permanente donc. »
« Elle profiterait de la moindre petite seconde d'inattention pour s'éclipser. Ce n'est pas une louve pour rien, rester enfermée la fait devenir folle. »
« Je comprends mais, même si Lexia et moi sommes amies depuis longtemps, elle est encore et avant tout mon professeur. Pour la surveiller de près, je vais devoir dormir dans ses appartements et la Directrice ne sera peut-être pas d'accord. Vous devriez lui en parler avant. »
« Oh mais nous en avons déjà discuté. C'est elle qui m'a conseillé de venir vers vous. »
Cela l'étonna un peu mais lui passa rapidement, remplacé par un sentiment de fierté. Minerva lui faisait suffisamment confiance pour lui confier la tâche ardue de veiller au bon rétablissement de sa nièce.
« Si le Professeur est d'accord, j'imagine que tout est réglé dans ce cas. »
La vieille femme s'essuya les mains avec un chiffon.
« Parfait. Je vais garder Lexia ici cette nuit. La pauvre a eu bien assez d'émotions pour ce soir, ce serait cruelle de la réveiller et lui demander de marcher jusqu'à sa chambre. Il est tard, vous devriez retourner dans votre dortoir et allez vous reposer. Nous verrons tout cela demain. »
Elle acquiesça et fut raccompagnée vers la sortie, non sans jeter un dernier regard sur les grands rideaux blancs, là où elle savait la brune paisiblement endormie. Elle avait une mission et était bien décidée à la mener à bien, Lexia ne poserait pas le moindre orteils sur le sol. Son cœur semblait alors plus serein, bercé par ce sentiment d'apaisement. Poppy lui souhaita de passer une bonne nuit avant de fermer les portes derrière elle, s'assurant ainsi de pouvoir offrir toute la tranquillité dont sa patiente avait besoin.
Hermione déambulait seule dans les longs couloirs de l'établissement, priant de ne croiser personne. Le couvre-feu était passé depuis longtemps, se faire prendre était la dernière chose dont elle est besoin ce soir … mais se rendit rapidement compte que c'était idiot, un petit sourire aux lèvres. Combien de fois déjà, avait-elle enfreint le règlement ? Elle ne les comptait plus. Arrivé dans un couloir ouvert, elle frissonna doucement, surprise par la fraîcheur de la nuit. Inconsciemment, ses yeux se tournèrent vers la lune, l'arrêtant dans sa marche. Plantée là, à fixer le ciel, Hermione laissa son esprit vagabonder. La soirée s'était plutôt bien déroulée, mis à part cet accident fâcheux.
« Je vous trouve à rêvasser dans un lieu bien inhabituel, à une heure où vous devriez déjà être couchée. Comptez-vous me poser des problèmes jusqu'à la fin de votre scolarité, Miss Granger ? »
Elle sursauta légèrement au son cette voix, qu'elle ne s'attendait pas à entendre. Elle se retourna et tomba nez-à-nez avec la Directrice, qui se tenait non loin de là, les mains jointent.
« Oh, Professeur McGonagall. J'étais justement en train de regagner ma chambre, je n'avais pas du tout l'intention de m'attarder. »
Minerva se dirigea vers elle et, arrivée à son épaule, tourna légèrement la tête en sa direction.
« Vraiment ? Il me semble pourtant vous avoir vu sourire. Celui-là même que vous arborez chaque fois que je vous prends en train d'enfreindre le règlement. Oh vous êtes habituellement toujours accompagnée dans vos petites aventures mais pas ce soir visiblement. Monsieur Potter et Monsieur Weasley se montrent peut-être plus raisonnables en prenant de l'âge. »
Hermione rougi soudainement, discernant clairement le ton moqueur derrière chacun de ses mots.
« Je suis désolée. »
Minerva, certaine d'être seule avec la jeune femme, se permit de sourire légèrement et l'invita silencieusement à la suivre.
« Je ferais une exception, pour ce soir seulement. Comment se porte Lexia ? »
« Mme Pomfresh la garde à l'infirmerie pour la nuit. D'ailleurs, à ce propos … »
Sentant qu'elle n'avait plus à faire à la Directrice mais bel et bien au professeur qu'elle avait toujours admiré et dont elle s'était rapprochée avec le temps, elle profita de l'occasion pour éclaircir certains points.
« Professeur, j'aimerais savoir. Pourquoi … »
Elle hésita un instant mais fini par se jeter à l'eau.
« Vous êtes au courant, n'est-ce pas ? »
Sa voix n'était qu'un murmure que la directrice avait entendu malgré tout.
« Lexia est mon enfant, Hermione. Une mère remarque ce genre de chose. Je l'ai élevée et vu grandir au fil des années, elle n'a aucun secret pour moi. »
La brune comprit rapidement le sérieux de leur échange, jamais encore Minerva ne l'avait appelée par son prénom. Celle-ci profita de son silence pour continuer.
« On ne peux lutter contre ce genre de sentiment. Vous n'avez pas choisi de l'être de votre propre chef, c'est arrivé progressivement. L'amour peut prendre bien des formes, vous ne pouviez pas prévoir que votre amitié naissante finirait par se transformer de cette façon. Je ne peux pas vous empêcher de vous aimez mais je dois cependant vous mettre en garde. La mère peut fermer les yeux mais pas la Directrice. Si quelqu'un de malintentionné venait à découvrir votre relation, je ne pourrais pas vous protéger. Lexia en est parfaitement consciente, je vous demande de rester discrètes. Aussi longtemps que vous serez à l'intérieur de ces murs, vous devrez maintenir l'illusion de votre amitié fusionnelle. Poudlard fut témoin de bien choses et garde bien des secrets, faisons en sorte que le vôtre vienne s'ajouter à cette liste. »
Hermione savait que son amour pour Lexia mettrait Minerva dans une situation délicate mais jamais elle n'aurait pu croire que cette dernière accepte aussi facilement les choses.
« C'est votre unique fille, Professeur. »
« C'est exact. »
« Et je suis une femme. »
« Je porte peut-être des lunettes mais je ne suis pas encore aveugle à ce point. »
« Non, bien sûr, que non. Ce n'est pas ce que je voulais dire ! »
La brune se confondit en excuse.
« Je sais que vous … Vous n'avez plus qu'elle, votre famille … »
Puis elle se tut, ce n'était pas une bonne idée de se lancer dans ce dialogue.
« Je suis désolée, je ne voulais pas. »
La vieille femme lui sourit alors tristement, caressant sa joue avec tendresse, ce qui l'a surpris.
« Oh mais j'avais parfaitement compris le sens de ton raisonnement et tu as raison mais je ne m'en soucie guère. Son bonheur a toujours été ma priorité. Qu'elle soit tombée sous le charme d'un homme ou d'une femme, quelle différence cela peut-il faire ? Si elle est heureuse alors je le suis également. Et je dois bien avouer être plutôt rassurée, le choix de sa partenaire est au-delà de mes espérances. »
Le petit sourire narquois de la vieille femme lui était bien trop familier, telle mère telle fille. Elle se sentit rougir et n'avait plus aucun doute, le charme des McGonagall ne la laissait vraiment pas de marbre.
« Lexia est libre de vivre sa vie comme elle le souhaite. »
« Mais n'avez-vous pas envie d'avoir … des petits-enfants ? »
Très embarrassée d'avoir oser poser cette question, elle ne remarqua pas la lueur espiègle qui traversa le regard de son interlocutrice. Celle-ci était d'ailleurs devenue bien silencieuse, ce qui l'inquiéta. Quelle idiote, pourquoi avoir demander ça ? Et si elle changeait d'avis sur leur relation maintenant ? Mais la vieille femme en rit avec légèreté.
« Je pense que cette question amusera beaucoup Lexia, vous devriez en parler. »
Hermione ne comprenait pas pourquoi mais elle ne put la questionner d'avantage. Elles étaient devant le portrait masquant l'entrée de la salle commune des Gryffondor sans qu'elle ne le remarque vraiment, probablement trop absorbée par sa conversation. L'aura que dégageait Minerva changea rapidement, la Directrice lui faisait maintenant face.
« Je vous remercie pour votre aide, Miss Granger. Je m'excuse d'avoir prématurément terminé votre soirée. »
« Ne vous en faites pas pour ça, Professeur. »
« Je vous ai suffisamment retenue, allez-donc vous coucher. Bonne nuit. »
« Bonne nuit. »
Le mot de passe prononcé, le portrait s'ouvrit lentement, lui dévoilant le passage. Elle s'y engagea, en prenant garde à ne pas déchirer sa robe, impatiente de pouvoir l'enlever et enfiler quelque chose de plus confortable. Ses pas étaient tranquilles, hors de question de se faire prendre à traîner, surtout à une heure pareille. Seulement, quelqu'un l'attendait déjà, assis dans un fauteuil devant la cheminée. Elle le remarqua et leva rapidement les yeux au ciel. Ce n'était pas le moment de perdre son calme.
« Hey, 'mione. »
Ron se leva et lui sourit gentiment.
« Je t'ai cherché partout après la fête, où étais-tu ? »
Hermione, consciente d'être en mauvaise posture, chercha rapidement une excuse.
« J'étais avec notre Directrice. »
Cela semblait l'étonné, il fronça les sourcils.
« Ah oui ? Mais le couvre-feu est passé depuis longtemps. »
« Je suis au courant. »
« Qu'est-ce qu'elle voulait ? »
« Mon aide. »
« Pourquoi te demanderait-elle ton aide, les autres professeurs ne pouvaient pas s'en charger ? »
Elle soupira, lasse de devoir se justifier sur ses moindres faits et gestes. Elle était fatiguée, avait mal aux pieds et cette robe, aussi jolie soit-elle, commençait à devenir inconfortable.
« Écoute Ron. Le Professeur McGonagall est notre directrice, si elle réclame mon assistance, je ne peux pas dire non. Je suis la préfète-en-chef, tu te souviens ? S'il y a le moindre problème avec l'un des élèves, peu importe sa maison, j'en suis responsable. Maintenant, si tu veux bien, je vais allez me coucher. Bonne nuit. »
Sans attendre une réponse de sa part, elle monta les escaliers et regagna sa chambre. Elle en referma la porte derrière elle et soupira longuement. Elle devrait avoir une sérieuse discussion avec lui mais pas ce soir. D'un geste rapide, elle se débarrassa de ses chaussures et attrapa sa baguette, rester sur sa table de chevet. Avec un mouvement de poignet, la fermeture dans son dos se dézippa. La robe tomba alors à ses pieds. Dans le grand miroir, son reflet lui faisait de l'œil. Elle s'en approcha tandis que le morceau de tissu se soulevait dans les airs, rapidement pendu au cintre accroché derrière sa porte. Elle s'observa un instant et, du bout de sa baguette, effleura doucement l'avant de son bras gauche. Une incantation soufflée dans le plus grand des secrets, sa cicatrice réapparut sur sa peau. Elle frissonna aux terribles souvenirs qui hantaient encore ses nuits. Son corps se mit à trembler malgré elle, la faisant tombée à genoux. Ses bras enroulés autour d'elle, elle ferma les yeux. Recroquevillée dans la pénombre, elle chercha en son fort intérieur, la force nécessaire pour y faire face.
