Mon dieu que ce fut looooooooong à écriiiiiiiiiire !

Bonsoir à toutes et tous, ici votre fidèle autrice DevilK. !

Au programme aujourd'hui, un premier jet de ce qui sera incorporé dans la fiction principale "On the way to Love". Alors, pourquoi je le poste ici me direz-vous. Tout simplement parce que j'essaie divers scénario possible, diverses narration, point de vue, tout ça. J'expérimente tout simplement ! Et comme je ne gâche rien (et que je ne fais plus confiance à mon pc) je poste tout ce qui sort de mon cerveau ici !

Du coup, "About Love" n'est plus à prendre en compte dans l'histoire de base dirons-nous. C'était la première fois que je couchais sur écran ce que j'avais dans la tête concernant le Hermione/Lexia. Considérons le comme une page test à présent, puisque la version que je garde est bien évidement celle-ci.

Premier jet=page test donc forcement, modifications futur peut-être.

J'ai quand même ramer plus d'une semaine pour vous pondre ceci donc, petite pause avant d'attaquer le reste. J'espère que ça ne se ressentira pas de trop d'ailleurs ... C'est dur de se remettre dans le bain après autant de temps d'inactivité, je ne vous le cache pas.

Voilà !

Bonne lecture et à très vite.

N'hésiter pas à laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir je vous assure.

Amicalement,

DevilK.


Harry Potter

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Hermione Granger/Lexia McGonagall


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Résumé : Par un beau jour de 1979, le monde de la magie reçu le plus précieux des cadeaux sans le savoir. Par ce beau jour du 19 septembre 1979, une jeune sorcière qui marquera définitivement son époque en devenant la plus brillante de sa génération, naîtra. Et vous vous doutez bien, qu'il était évidemment hors de question de ne pas le célébrer.


One-Shot

Ferme les yeux et fais un vœu


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La fin de journée était plutôt agréable pour un mois de Septembre. Le soleil réchauffait encore suffisamment pour que les élèves de Poudlard se promènent sans leur manteau d'hiver. Dans la classe de Métamorphose, le professeur termina rapidement sa démonstration d'un mouvement particulièrement délicat alors que sonnait la cloche indiquant la fin du cours. Baguette en main, Lexia annula le sortilège d'Apparition qu'elle avait créé pour illustrer son cours et porta son attention sur ses étudiants.

« Très bien jeunes gens, la classe est terminée. N'oubliez pas de me rendre votre devoir écrit avant la fin de la semaine si vous tenez à vos points. »

Cette remarque suscita de nombreuses réactions qui ne manquèrent pas de la faire sourire. Elle déposa alors sa baguette sur le bureau avant de croiser ses mains dans son dos. D'humeur joueuse, elle décida de les taquiner un peu.

« Toutes plaintes aggravera votre cas. Je ne vous demanderais pas un mais deux rouleaux de parchemins sur la théorie du cours d'aujourd'hui et la difficulté à créer des êtres artificiels. »

Certains soupiraient de désespoir tandis que d'autre n'osaient plus faire la moindre remarque, de peur que la sentence s'applique dans la seconde. Et comme à chaque fois, il n'y en avait qu'une qui ne semblait pas le moins du monde incommodée. Lexia secoua la tête avec amusement et retourna s'asseoir derrière son bureau. Le bruit du bois malmené et le chahut des étudiants s'estompaient peu à peu tandis que la classe se vidait. Prête à corriger une pile de parchemin, son attention fut néanmoins attirée par du mouvement. Elle releva donc la tête, intriguée, avant de sourire calmement. Ses mains jointes sur la surface en bois, le professeur de Métamorphose observa silencieusement son étudiante refaire encore et encore le même geste du poignet. Elle aurait pu trouver cela tout à fait normal si son œil avisé n'avait pas remarquer un détail troublant.

« Miss Granger. » l'appela-t-elle doucement, attirant son attention. Leur regard se croisa alors. Hermione fronça légèrement des sourcils, interpellée.

« Oui, Professeur ? »

Mais le dit Professeur ne répondit rien. Elle se leva simplement pour mieux s'approcher et lui prendre le poignet avec douceur, l'air concerné.

« Les muscles de votre poignet commencent à se raidir. » annonça-t-elle simplement. « Il est grand temps de le laisser se reposer un peu. » continua-t-elle en le massant avec précaution.

La raideur qu'elle sentait sous ses doigts l'interpella. Certaine d'être seule avec la jeune femme, elle s'adressa donc à elle avec plus de familiarité. L'enseignante laissait place à l'amie.

« Tu l'as assez sollicité pour aujourd'hui, Hermione. » finit-elle en souriant plus légèrement. Elle le libéra, incitant la brune à prendre le relais. Chose qu'elle fit rapidement, sa baguette désormais posée sur le pupitre. Interpellée par ce changement, elle concéda à faire quelques confidences.

« Je n'arrive plus à faire apparaître le moindre oiseaux, ni même à lancer le plus simple des sortilège ! »

Elle semblait exaspérée et frustrée. Lexia soupira doucement, pensive. Depuis que l'école avait rouvert ses portes, les cours avaient reprit mais Hermione, contre toutes attentes, ne parvenait plus à utiliser correctement sa magie. Ses connaissances n'étaient pas en cause, ni même sa baguette. Non, le problème était beaucoup plus profond que cela. Le jeune professeur jugea qu'il était grand temps pour elles d'avoir une sérieuse discussion sur le sujet afin qu'elle puisse passer outre son « blocage ». Parce qu'il lui était évident que le fond du dit problème venait bien de là. Hermione était fatiguée et émotionnellement ébranlée par la guerre. Aussi, le plus calmement possible, elle prit place à ses cotés et réfléchit un instant. Il était important de choisir les mots justes.

« Tu es fatiguée, 'mione. Laisse-toi le temps de récupérer avant de t'alarmer de cette façon. »

Elle lui sourit gentiment et attrapa sa main, la lui caressant avec douceur pour lui transmettre son soutien.

« La guerre fut éprouvante, pour tous. » continua-t-elle plus doucement. « Mais je sais qu'elle l'aura été d'autant plus pour toi. Tu es physiquement et moralement éreintée depuis, je le vois bien. Personne ne te le reprocheras, tu sais ? C'est tout à fait normal après une telle épreuve. Tu as le droit d'avoir tes moments de mou toi aussi. Tu n'as plus rien à prouver à personne, Hermione, alors détends-toi d'accord ? Tu as surtout besoin de te reposer, tes devoirs peuvent attendre. »

La préfète était touchée par sa sollicitude mais l'inquiétude qu'elle ressentait ne voulait pas disparaître. Jamais encore elle n'avait éprouvé autant de difficulté à suivre ses classes et à pratiquer l'objet du dit cours. Sa main tremblait toujours un peu lorsqu'elle tenait sa baguette, les horreurs vécues encore fraîchement encrées dans sa mémoire. Elle était simplement stressée et subissait les après-coups de la guerre.

« Tu as peut-être raison. » concéda-t-elle difficilement.

« Laisse-toi du temps et tout finira par rentrer dans l'ordre, j'en suis certaine. C'est difficile mais nous n'avons plus le choix que d'avancer à présent. »

Le professeur soupira doucement et lui frotta la main une dernière fois avant de se lever.

« Ne te met pas la pression, c'est le plus important. Et si tu éprouves le besoin de parler à quelqu'un, tu sais que je suis toujours disposée à t'écouter. »

Hermione acquiesça tranquillement avant de ranger ses affaires. Elle remercia la jeune femme, et regagna la tour des Gryffondor. Insister ne la mènait à rien et elle ne dirait pas non à une petite sieste.

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A l'heure du dîner, tout le monde s'installait tranquillement dans la Grande Salle. Lexia se présenta à son tour et prit place à gauche de Minerva. La vénérable directrice lui fit alors remarquer son air fatigué et s'en inquiéta quelque peu. La jeune femme la rassura aussitôt, assurant s'être occupée de toute ses responsabilités pour pouvoir se reposer convenablement.

La nourriture ne tarda pas à faire son apparition sur les tables, entamée dans la minute par tout ces ventres affamés. La directrice balaya la pièce du regard, satisfaite. Cette rentrée des classes se passait bien mieux qu'elle ne l'avait espéré. La vie reprenait son cours même si l'absence de certain se faisait encore ressentir. C'est elle qui siégeait à la place de son vieil ami à présent et le sentiment qu'elle ressentait chaque fois qu'elle se tenait là où il avait l'habitude d'être, lui rappelait l'insouciance de ces jours perdus. Du chahut à la table des Gryffondor attira cependant son attention. Observatrice, elle remarqua très vite l'absence d'une certaine jeune femme.

« Miss Granger ne vient pas dîner ce soir ? »

Interpellée, Lexia suivit son regard et fronça des sourcils. Où était-elle donc ? Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de sauter un repas.

« Je ne sais pas, elle était assez fatiguée aujourd'hui. J'imagine qu'elle s'est endormie et que ses camarades n'ont pas osés la réveiller. »

Hermione ne devait pas rester le ventre vide et même si la réveiller lui semblait être une tâche ingrate, il était hors de question de la laisser ainsi jusqu'au matin.

« Je ferais un détour par les cuisines après le repas. Je suis sûre que les Elfes lui trouveront quelque chose à grignoter si je leur demande gentiment. »

Minerva acquiesça, satisfaite que sa nièce remplisse son rôle avec autant de zèle. Le bien-être des élèves incombaient à tout les professeurs mais lorsque les heures de cours étaient terminées, cette responsabilité revenaient aux Directeurs et Directrices de Maison. Lexia avait toujours été d'une nature bienveillante, il n'était donc pas si surprenant de la voir prendre ses nouvelles responsabilités avec autant d'aisance. D'autant plus avec cette chère Miss Granger. Cela lui rappelait d'ailleurs quelque chose.

« Puisque nous parlons d'elle, c'est bientôt son anniversaire si je ne m'abuse. »

« D'ici quelques jours, oui. Cette chère Hermione fêtera ses 19 ans et je ne lui ai toujours pas trouver le moindre cadeau. »

Lexia soupira, ennuyée. Minerva au contraire, ne manqua pas de sourire légèrement. Jamais elle n'avait manqué de le lui souhaiter, même lorsqu'elle séjournait en France. Bien que la nature profonde de leur lien restait à déterminer, il n'y avait cependant aucun doute sur l'affection toute particulière que sa nièce semblait avoir pour la jeune femme.

Prenant une gorgée de sa tasse de thé, la directrice continua, l'air de rien.

« C'est un jour à ne pas manquer. L'occasion rêver de prendre un peu l'air et se distraire si tu veux mon humble avis. Cette pauvre enfant à grand besoin de se détendre. »

Le jeune professeur était bien d'accord. L'état d'Hermione n'était pas alarmant en soit mais il préoccupait tout de même beaucoup de monde et pas seulement le corps enseignant. Elle avait eu connaissance de choses s'étant déroulées pendant la quête aux Horcruxes et comprenait pourquoi la jeune femme se retrouvait dans un tel état. Elle devait faire quelque chose pour l'aider mais quoi ? Que pourrait-elle bien lui offrir pour lui faire oublier ses soucis, le temps d'une journée. Adossée au fond de son siège, elle leva les yeux. Son regard se perdit alors dans le plafond magique, toujours aussi hypnotisée et fascinée par celui-ci. Ce ciel artificiel prenait tant de formes et de couleurs différentes, il était apaisant d'une certaine façon. Soudain, une idée germa dans son esprit. Mais oui, bien sûr ! Pourquoi n'y avait-elle pas pensé avant ? Elle venait sans aucun doute de lui trouver le cadeau idéal.

Du coin de l'œil, la directrice pouvait voir un petit sourire satisfait se former sur les lèvres de la jeune femme et en souriait discrètement à son tour.

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Après le repas, Lexia flânait tranquillement et arriva dans le Hall. Elle descendit l'escalier et, après un coup d'œil rapide autour, passa une porte à droite de ce dernier. Quelques marches dévalées avec précaution, elle se retrouva au milieu d'un large couloir éclairés de chandelier. Plusieurs tableaux ornaient les murs en pierre mais il n'y en avait qu'un qui l'intéressait. Ses pas l'amenèrent devant celui d'une énorme coupe d'argent, débordant de fruit. Confiante, elle en chatouilla l'unique poire. Celle-ci se mit à glousser avant de prendre la forme d'une poignée de porte. Elle frappa trois fois pour avertir les elfes et entra dans les cuisines. Comme d'habitude, tous s'activaient pour nettoyer et ranger. L'un d'eux remarqua rapidement sa présence et alla à sa rencontre.

« Professeur McGonagall, Winky peut faire quelque chose pour vous ? »

« Pardonnez mon intrusion soudaine mais Hermione Granger ne s'est pas présentée au dîner. J'ai bien conscience qu'il est tard et que vous avez fort à faire mais serait-il possible de lui préparer quelques sandwichs et autres gourmandises ? »

L'elfe sembla réfléchir un instant avant d'acquiescer, lui demandant de bien vouloir patienter quelques minutes. Reconnaissante, la jeune femme la remercia et patienta dans un coin. Inutile de déranger d'avantage ces pauvres créatures en restant dans leur chemin, elles seraient bien capable de la jeter dehors. Cette pensée la fit d'ailleurs sourire alors qu'elle les observait s'agiter avec minutie. Il n'y avait pas plus organisés que les elfes. Winky avait disposé un petit panier d'osier sur une table et d'un claquement de doigt, le remplissait sous ses yeux admiratifs. Le pain de mie volait dans les airs, garnit de plusieurs condiments et autres viandes avant de se fermer et prendre place. Elle commençait même à en perdre le compte et sentait bientôt la faim revenir au galop. Par Merlin, elle sortait juste de table mais toutes ses odeurs faisaient frétiller ses papilles et gronder son estomac. Hermione lui laisserait peut-être en manger un ou deux …

« Voilà pour vous, Professeur. »

La petite elfe lui tendait son panier repas, qu'elle attrapa avant de la remercier une nouvelle fois et s'excuser pour la gêne occasionnée. Leur souhaitant de passer une agréable fin de soirée, elle quitta la pièce et prit le chemin vers ses quartiers. Un choix judicieux. A une heure pareille, elle ne pouvait décemment pas se présenter chez les Gryffondor, son panier à la main, sans attirer l'attention sur elle. Non, Hermione avait bien le droit de manger en toute tranquillité.

Arrivée devant le portrait qui la conduirait vers ses appartements, elle en chuchota le mot de passe avant de s'engouffrer dans le passage. Minerva ayant déménagé dans ceux prévus à sa nouvelle fonction, Lexia eut l'opportunité de récupérer ceux qu'elle occupait autrefois. Un lieu auquel étaient rattachés nombreux souvenirs et secrets. Il existait en effet un passage menant directement aux dortoirs des filles, dans la tour des Gryffondor. Un passage qu'elle avait emprunté des centaines de fois à l'époque où elle n'était encore qu'une élève, pour rejoindre Minerva sans susciter la curiosité de ses camarades. Personne n'en connaissait l'existence et elle devrait prendre garde à se faire toute petite de l'autre coté pour qu'il en reste ainsi.

C'est donc prudemment qu'elle arpenta l'étroit passage, dissimulé derrière sa bibliothèque. Il fallait bien avouer qu'on ne faisait pas plus cliché mais c'était justement pour cette raison qu'il se trouvait là et pas derrière un portrait quelconque. Trop évident signifiait toujours le plus sûr à Poudlard.

Le bout du tunnel en vue, la jeune femme tendit l'oreille et pouvait clairement entendre de l'agitation mais le bruit était sourd. Il provenait sans aucun doute de la salle commune. Aussi discrètement que possible, elle ouvrit le passage de quelques centimètres et s'assura qu'il n'y ai personne dans le couloir. Aucune de ces demoiselles ne semblaient traîner dans les parages, c'était sa chance. Elle sortit rapidement de sa cachette et se faufila au dernier étage à pas de loup. Privilège oblige, celui-ci n'accueillait que la chambre destinée à la préfète-en-chef. Avec autant de légèreté que possible, Lexia marchait sans faire craquer le bois sous ses pieds. Arrivée à destination, elle toqua à la porte et attendit sagement. Celle-ci ne tarda pas à s'ouvrir sur une Hermione encore somnolente. Cette dernière semblait surprise de la voir ici.

« Lexia ? »

« Une petite faim ? » demanda-t-elle en levant le panier d'osier qu'elle tenait dans la main.

La préfète sourit doucement et l'invita à entrer avant de refermer derrière elle. Lexia s'arrêta et regardait autour, soudainement perdue dans un flot de souvenirs. Elle n'était restée qu'une année dans cette chambre mais s'en rappelait encore parfaitement.

« Cette pièce … n'a pas beaucoup changé. » avoua-t-elle tranquillement. Hermione s'était approprié l'endroit. Six autres préfètes-en-chef l'avaient occupée depuis et pourtant, Lexia avait la sensation d'être de nouveau en 7ème année. Tout dans la décoration et l'atmosphère de la pièce, la replongeait dans la peau de celle qu'elle était à 18 ans. Et cela ne l'étonnait guère en apercevant quelques effets personnels lui appartenant. Hermione avait visiblement gardé des objets qu'elle pensait avoir jeté depuis longtemps. Incrédule et amusée, elle rit un peu en secouant la tête.

« Où as-tu trouvé ça ? »

Elle déposa le panier sur le lit et s'approcha du bureau pour l'inspecter de plus près. Ses yeux ne l'avaient effectivement pas trompés. Là, rangés soigneusement, se trouvait un bon nombre de ses anciens carnet de notes, si ce n'est tous. Elle en attrapa un bien plus usés que les autres et l'ouvrit.

« Ah, la Métamorphose. Un sujet si fascinant. La seule limite à cette magie si particulière est sans nul doute notre imagination. Je ne compte plus le nombre d'expérience que j'ai tenté. Si tu savais … J'ai transformé mon lit, un jour … et ça ne s'est pas très bien terminé. »

Elle en souriait maintenant mais ce n'était pas le cas à l'époque. Le lit à baldaquin qui aurait du rester sagement au sol s'était soudainement mit à grimper au plafond, d'énorme pattes poilues et des yeux globuleux en prime. Ses camarades de chambre avaient prit la fuite dans le couloir en hurlant. Minerva n'avait jamais parut si déconcertée.

« J'étais pourtant si sûre de moi, quelle erreur. Un lit araignée … quelle idée saugrenue. Il était si affreux que je n'ai plus voulu dormir dedans. » avoua-t-elle alors, reconnaissant sa sottise. Cette mésaventure avait fait perdre des points à Gryffondor et pourtant, cela ne l'avait pas empêché de recommencer. De plus en plus intriguée par cette trouvaille inattendue, elle piocha un autre carnet de note et le feuilleta rapidement.

« Je n'arrive pas à croire que tu sois en possession d'une collection pareille. Tout ces carnets … il retrace mon parcours d'étudiante à Poudlard. Il ne manque pas une seule année. » s'exclama-t-elle avec stupeur, avant de reporter son attention sur une Hermione de plus en plus rougissante et mal à l'aise. Elle la fuyait du regard et jouait nerveusement avec ses doigts.

« Et bien … le professeur McGonagall m'en a fait cadeau … en quelque sorte. »

« Vraiment ? »

« Oui. Lorsque j'étais en deuxième année, j'en ai reçu un carton entier. Je rentrais des cours et il était simplement posé sur mon lit avec une note sur le dessus. "Joyeux anniversaire, Miss Granger". J'ignore pourquoi mais elle devait probablement penser que lire ces notes m'aiderait d'une façon ou d'une autre … j'imagine. » finit-elle alors qu'elle s'asseyait sur son lit.

« Oh, je vois … Et ? » demanda Lexia, de plus en plus intriguée.

« Et quoi ? »

« Ont-elles été d'une quelconque utilité ? Après tout, ce ne sont là que les notes d'une étudiante, tout comme toi. Ils ne contiennent rien de bien intéressant, rien que tu n'es pas déjà appris en tout cas. »

Hermione écarquilla les yeux et porta subitement son attention sur elle.

« Tu n'es pas sérieuse ?! » s'exclama-t-elle alors, indignée. Ces vieux carnets de notes contenaient bien plus d'informations qu'elle n'aurait pu en trouver à la bibliothèque. Elle n'avait que 13 ans et à ses yeux, Minerva lui avait fait le plus beau des cadeaux. L'opportunité d'assimiler des informations qu'une étudiante de son grade n'aurait apprit que l'année suivante. C'était la première fois qu'elle avait la chance de plonger dans l'intellect d'un cerveau aussi brillant. Lexia était une étudiante douée, en particulier pour la Métamorphose. Plus que la simple retranscription de ses cours, elle y avait également écrits toutes ses réflexions, ses interrogations. Les étudier d'aussi prêt en avait révélé d'avantage à son sujet. D'une certaine manière, cela semblait combler son absence. Elle en rougit en y repensant et détourna rapidement les yeux. Il était hors de question de lui avouer une chose pareille.

« Tu n'as aucune idée de leur valeur. » murmura-t-elle, les bras croisés sur la poitrine.

Un peu abasourdie, la jeune McGonagall n'osait plus faire le moindre geste. N'était-ce pas un peu exagérée comme réaction ? Cela ne l'impressionnait guère pourtant, Hermione avait toujours été d'une nature … "passionnée". Rapidement remise de cette explosion soudaine, elle fini par sourire, penaude.

« Il semblerait, oui. Je suis pourtant sûre de lui avoir demander de s'en débarrasser avant de quitter Poudlard mais il faut croire qu'elle ait trouvé mieux à en faire. »

Elle rangea les carnets à leur place et posa ses mains sur ses hanches.

« Et je peux comprendre son choix. De tout les étudiants ... » commença-t-elle en se retournant vers la préfète. « Tu es sans aucun doute celle qui me comprends le plus. Qui mieux que toi aurait pu en tirer parti ? Sachant cela, ce n'est pas une surprise qu'elle t'ait choisie même si je ne suis pas très rassurée de les savoir en ta possession. »

Elle en rit soudainement, se laissant tomber comme une enfant à cotés de la préfète-en-chef. Jambes croisées, elle se pencha légèrement vers cette dernière, le bras tendu dans son dos, paume contre matelas. Avec douceur et affection, elle reposa son front contre sa tempe et ne manqua pas de faire remarquer à cette chère Hermione qu'elle n'aurait pas été étonnée si elle aussi, s'était adonnée aux même expériences. Loué soit Merlin, elle n'en fit rien !

Bien qu'embarrassée, la préfète-en-chef se délectait avec joie de cette soudaine proximité. Ces petits moment d'espièglerie et de détente partagés avec la jeune femme s'étaient fait bien trop rares. L'avoir de nouveau à ses cotés de cette façon lui rappelait avec nostalgie leur première année. Elle se revoyait encore, si jeune, arpenter les longs couloirs du château accompagnée de Harry et Ron. Discutant de chose et d'autres, riant comme des enfants qu'ils étaient alors. Puis, ses yeux se posent sur une silhouette qu'elle avait apprit à reconnaître. Bien que visiblement prise dans une conversation avec l'un des professeurs, celle-ci semble l'avoir senti et rencontre son regard. Un sourire paresseux et aimable offert, Hermione n'a pas besoin de plus pour se sentir soudainement de bonne humeur. Ils n'avaient encore aucune idée de ce qui les attendait. Sa seule préoccupation était d'avoir les meilleurs résultats et faire la fierté de ses parents. Les jours passés en ce temps là n'étaient pourtant pas si lointain et quand bien même, ce sentiment de légèreté et d'insouciance était encore emprunt d'une certaine mélancolie. Lexia lui avait manqué mais pas seulement. Tout les sentiments qu'elle avait inconsciemment associé à sa présence au fil des mois passés en sa compagnie, restaient ce qu'elle avait tant regretté et chéri le plus. Qu'elle se tienne ici-même, dans cette pièce, lui apportait le réconfort et la familiarité à laquelle était rattachée les souvenirs de cette époque encore innocente.

Dans tout ce tumulte qui avait suivi la guerre, retrouver une certaine routine apaisait un peu son anxiété. Même si rien n'effacerait jamais ce qu'ils avaient vécu, ils devraient apprendre à vivre avec. Lexia avait tout à fait raison à ce sujet. Il ne leur restait plus qu'à avancer et un jour peut-être, la douleur, les cauchemars, tout ce qui lui rappelait l'horreur de cette guerre, s'estomperait et disparaîtrait. Seuls les souvenirs de cette terrible épreuve passée resteraient et avec eux, une maturité acquise avec le temps et le recul. Pour l'heure, panser ses plaies et se reconstruire était une priorité. Les choses commençaient à rentrer dans l'ordre mais rien ne serait plus tout à fait comme avant.

Quelque peu secouée par ces réflexions et le sentiment de nostalgie que cela semblait soudainement faire naître en elle, Hermione se blottit d'avantage. A l'abri entre ces quatre murs, elle était un sécurité. D'un long soupire, presque fébrile, elle permit à son corps de relâcher la pression accumulée.

Lexia le sentit peu à peu se ramollir contre elle et, instinctivement, posa une main sur sa hanche. Cette même main qui, une seconde auparavant, reposait sagement contre le lit. Puis, avec douceur, l'attira vers elle. Hermione accepta volontiers, reposant sa tête contre son épaule. Un geste en entraînant un autre, Lexia lui frottait la hanche avec paraisse. Elle repensa alors aux paroles de la directrice qui, une fois encore, avait vu juste. Hermione avait besoin de plus de temps pour récupérer. Du calme et du repos. Avait-il été réellement judicieux de l'avoir autorisée à terminer ses études ? Cette initiative semblait lui mettre plus de pression que nécessaire. Toutefois, elle savait également que ne rien faire aurait fini par la rendre folle. Quand elle avait décidé quelque chose, il était difficile de lui faire entendre raison. En sachant cela, la jeune enseignante ne pouvait que lui offrir son soutien. Cependant, et à en juger par la gestuelle silencieuse de son corps, un peu d'attention, d'affection même, ne serait pas de trop. Bien qu'elle ne lui en ai pas expressément fait la demande, il lui semblait pourtant clair qu'elle lui en réclamait.

Ce petit moment d'affection se retrouva soudainement écourté par le grondement audible d'un estomac réclamant ardemment sa pitance. Les deux jeunes femmes se regardèrent alors. L'une en rougit comme une tomate alors que l'autre en riait calmement. Lexia attrapa le panier en osier qu'elle avait prit soin d'amener avec elle et le déposa sur les genoux de la préfète.

« Tu devrais manger avant qu'il ne se mette à gronder plus fort. » fut la suggestion faite avec amusement. Hermione acquiesça simplement et en inspecta le contenu. Le choix ne manquait pas. Elle finit par piocher au hasard et croqua sa première bouchée. Après quelques mastication, elle en attrapa un second et le proposa à la brune. Celle-ci accepta volontiers et le croqua sans vergogne.

« Et ta jambe ? Ce n'est pas trop douloureux avec tout ces couloirs interminables ? »

« J'essaie de me ménager. C'est surtout à la fin de la journée qu'elle me tiraille mais rien de bien méchant. Je devrais pouvoir m'en sortir et puis, je peux toujours me transformer si besoin. Marcher à quatre pattes est bien moins fatiguant, tu peux me croire ! »

Hermione en rit. Après cela, le dialogue se trouva facilement une place entre deux bouchées, assez pour les distraire et qu'il ne reste plus rien à partager. Les sujets abordés avait été divers et variés mais il en restait un dont elles n'avaient pas encore discuté, rappelant ainsi à Lexia le pourquoi de sa venue.

« J'ai une faveur à te demander. » dit-elle alors en s'essuyant la bouche. Une déclaration qui étonna quelques peu la préfète mais qui piquait également sa curiosité.

« C'est plutôt rare. De quoi s'agit-il ? » interrogea la jolie brune, un sourire aux lèvres.

Ne voulant absolument pas révéler ses projets, Lexia haussa simplement des épaules.

« Rien de vraiment contraignant, je risque d'avoir besoin de toi dans les jours à venir voilà tout. Et si je fais appel à toi, c'est bien parce qu'il n'y a que toi qui puisses réellement m'assister. »

Jugeant qu'elle en avait assez dit, la jeune femme se leva et s'étira longuement. Il était grand temps de prendre congé avant d'être prise au piège par d'interminable question. Et à en juger par la tête que faisait Hermione, nul doute qu'elles commençaient déjà à fuser. Elle était vraiment à croquer.

« La curiosité est un vilain défaut et tu le sais. » lui dit-elle avec malice avant de se pencher vers elle.

Hermione n'en sourit que d'avantage, bien décidée à ne pas la laisser filer sans en apprendre un peu plus. Après tout, il était tout à fait naturel de savoir dans quoi elle mettait les pieds. Non ?

« A quoi pourrais-je bien t'être utile ? Et pour quels motifs exactement ? Je ne sais même pas si je serais libre ou pas. "Dans les jours à venir", c'est un peu vague tu ne trouves pas ? »

Lexia roula des yeux, amusée. Comme elle s'y attendait, les questions fusaient.

« 'mione » souffla-t-elle simplement en réponse.

Un avertissement affectueux mais qui restait sans équivoque. Hermione savait que Lexia ne lui donnerait pas plus d'information que le strict nécessaire. Seulement, rester dans l'ignorance et attendre sagement qu'elle la sollicite, ce n'était clairement pas son tempérament. Aussi, elle se risqua à insister gentiment.

« Besoin d'aide pour préparer tes classes ? »

Elle se mordit la lèvre pour ne pas rire mais la réaction qu'elle attendait ne correspondait en rien à celle que Lexia allait avoir. Celle-ci arqua un sourcil puis, sans crier gare, prit son visage entre ses mains, lui clouant le bec par la même occasion. Un doux sourire provocateur en guise d'explication, le geste qui suivit la désarma tout autant. La jeune femme lui embrassa délicatement la joue avant de s'éloigner rapidement. La préfète en rougit tout à coup, sentant peu à peu son cœur battre plus fort. Sans un mot et l'air suffisamment satisfaite, la jolie brune tourna les talons et se dirigea vers la porte. Il fallait vite profiter de l'effet de surprise pour mettre les voiles. Mais à peine avait-elle la poignée en main, que la voix d'Hermione résonna dans son dos.

« Tricheuse. »

Elle en rit.

« Bonne nuit, 'mione. » lui glissa-t-elle alors avant de fermer la porte derrière elle.

La pauvre Hermione, elle, sentait encore son cœur battre la chamade. Elle en souriait, un peu trop bêtement à son goût mais n'était-ce pas là tout l'intérêt de tomber amoureuse ? Rire de presque rien et en apprécier chaque moment. Faire les idiots, se disputer parfois mais se pardonner, s'aimer un peu plus fort et recommencer. Elle était tombée sous le charme même si Lexia ne semblait pas encore s'en rendre tout à fait compte. Bien sûr, ces petits moments de complicité qu'elle chérissait tant lui pinçaient toujours le cœur mais ils lui faisaient également un bien fou. Il lui devenait d'ailleurs difficile de refréner son envie de l'embrasser lorsqu'elle avait l'imprudence d'approcher ses lèvres d'aussi près. Quels sentiments ce simple contact ferait-il naître en elle ? Quelles genre de réactions susciterait-il chez elle ? Elle n'avait pas vraiment de point de comparaison pour s'en faire une idée. Comment le pourrait-elle ? Lexia était une femme après tout. La seule capable de faire battre son cœur de la sorte qui plus est. Jusqu'à prendre réellement conscience de son amour pour elle et l'accepter pleinement, elle n'avait eu ses premières expériences qu'avec …

Viktor pour commencer. Il l'avait embrasser le soir du bal alors que la fête battait son plein. Bien sûr, ce premier baiser avait été exaltant et fait battre son cœur avec excitation. Il s'était montré doux et prévenant mais quelque chose semblait manquer pourtant. Une fois l'euphorie d'avoir été embrasser par le jeune homme le plus convoité retombée, elle n'avait pas éprouvé l'envie de recommencer. Elle n'était pas amoureuse de lui, ce n'était qu'un béguin de passage. Quant à Ron … Leur baiser n'était pas vraiment une référence en la matière et il fallait bien avouer que les circonstances dans lesquels cela c'était produit n'avaient rien d'idéales. Le jeune homme l'avait prise de court et même si sa maladresse avait parfois du charme, il n'avait pas opéré. Aussitôt la pression et l'adrénaline retombées, le malaise avait rapidement prit place. Peut-être cela aurait-il pût fonctionner si l'amour avait été au rendez-vous. Il était attendrissant, c'est vrai, mais pas assez pour faire éclore cette fleur qui semblait aujourd'hui s'épanouir en elle. Hermione avait bien comprit que les sentiments, de manière générale, avaient un réel impact sur tout le reste. Si l'amour ne faisait pas vibrer chaque fibre de son être alors les baiser partagés n'auraient aucune saveur. Aucune caresse effleurant sa peau avec délicatesse ne mettrait son cœur en émoi. Aucun mot susurré à son oreille ne la ferait frissonner.

Se sentir aimées et désirées, toute les jeunes femmes se surprennent à en rêver au moins une fois. L'émoi d'un premier rendez-vous, d'un premier baiser. L'ivresse d'une première fois, lorsque s'en vient le désir charnel et la passion … ! Mais quand l'excitation de cette première fois retombe et que la passion s'essouffle, que reste-t-il si l'amour est aux abonnés absents ? La plupart des jeunes couples de leur âge se séparent. Hermione, pour sa part, ne recherchait aucunement l'éphémère. Elle avait beau n'avoir que 18 ans, elle se connaissait assez pour savoir que son cœur se languissait déjà d'autre chose. Au fond d'elle, elle savait que l'amour n'était pas qu'une question d'expérience acquise pour réellement fonctionner. Bien au-delà de la simple compatibilité entre deux êtres, l'amour dont elle voulait faire l'expérience était celui de ces couples qui avaient traversés les épreuves de la vie. Ceux-là même qui vieillissaient ensemble et s'aimaient encore comme au premier jour. La passion et le désir de l'autre s'essouffleraient probablement avant la fin du parcours mais cela n'aurait plus vraiment d'importance car l'amour, lui, resterait. Elle en était persuadée. Ses parents, ainsi que Molly et Arthur, en étaient une illustration parfaite. Certes, le chemin serait peut-être parsemé d'obstacles qui ne manqueraient pas de mettre son amour pour Lexia et leur possible avenir à l'épreuve. A condition bien entendu que la jeune femme leur laisse une chance. En admettant également qu'il reste quelque chose de réel à construire une fois la faim de l'autre assouvie. Mais si tel était effectivement le cas alors, le plus beau restait à venir.

Songeuse par ce futur qu'elle envisageait alors, Hermione se coucha et observa le plafond. C'était un bel avenir en perspective, même si les chances de l'avoir restaient encore à déterminer. Rien dans le comportement de Lexia à son égard ne sortait encore de l'ordinaire. S'armer de patience restait la solution la plus sûre. Au moins jusqu'à déceler LE signe qui lui permettrait de se jeter à l'eau et tenter sa chance. En attendant, elle pouvait en rêver librement dans le plus grand des secrets.

- x -

La Grande Salle était étonnamment tranquille en cette fin d'après-midi, surtout pour un vendredi. En cette heure d'étude libre, les élèves avaient le choix mais beaucoup préféraient bavarder tranquillement plutôt que faire leurs devoirs. Absorber dans les siens, Hermione ne prêtait aucune attention aux bavardages tranquilles de ses camarades. Cette semaine avait été moins chaotique que les précédentes. Elle avait appliqué les conseils de ses enseignants, non sans mal, et cela avait grandement diminué son niveau de stresse. Aucun d'eux ne l'avaient sollicitée pour une démonstration, même s'il lui arrivait encore de lever le bras par pur réflexe. Une habitude qui en avait fait sourire plus d'un. Certes, cela n'avait pas régler son problème mais ne plus autant s'en inquiéter lui avait retirer un énorme poids des épaules.

Lexia quant à elle, ne s'était toujours pas manifestée pour s'enquérir de son aide. Chaque fois qu'elle l'interrogeait sur le sujet, la jeune femme restait très évasive. « Pas pour le moment, 'mione. Je viendrais vers toi en temps voulu. », lui répondait-elle très simplement avant de retourner à ses occupations. Son comportement commençait même à devenir suspicieux. Très intriguée par tout ce mystère, la préfète avait même dressé une hypothétique liste de propositions constituant la dite faveur. Elle en raya plusieurs, ne gardant que les plus pertinentes et les plus faisables dans son état. Jusqu'à hier, rester dans l'ignorance la rendait folle. Elle trouvait d'ailleurs toute cette histoire complètement absurde ! Mais ça bien sûr, c'était avant que l'évidence ne lui saute aux yeux. Elle n'était encore sûre de rien et ne souhaitait pas se faire trop d'illusions mais si ses soupçons se révélaient exactes …

Un tendre sourire se forma sur ses lèvres à cette pensée. Il n'y avait décidément pas plus attentionnée que cette femme et si elle osait, la récompense qu'elle lui réservait en guise de remerciement était déjà toute trouvée. Une distraction qui détournait lentement son attention à mesure qu'elle y songeait. Non, non, non. Elle devait rester concentrée ! Et pourtant … Elle se mordit la lèvre, de plus en plus tentée par cette idée audacieuse. Son désir grandissant de goûter à ce fruit défendu ne manquait pas de stimuler ses petites cellules grises. A cette seule pensée, son imagination s'affolait soudain. Par la barbe de Merlin, ses devoirs pouvaient bien attendre. Elle avait plus urgent et surtout plus intéressant à penser. Il lui fallait une stratégie. Si elle l'embrassait sur la joue, en dérivant malencontreusement sur ses lèvres ? Elle pourrait toujours s'excuser et blâmer sa maladresse, d'un air innocent. Ça ne serait qu'un petit baiser de rien du tout. Oh, mieux encore ! Et si c'était elle, qui lui tendait la joue ? Ce scenario lui laissait une porte de sortie si jamais Lexia montrait le moindre signe d'inconfort. L'erreur ne viendrait pas d'elle dans ce cas. Elle n'aurait donc rien à se reprocher et l'affaire n'irait pas plus loin. Et au moins avec celui-ci, elle serait vite fixée. Mais inutile de jouer les rabats-joies maintenant, elle était en droit de fantasmer. Dans ces petites rêveries intimes, elle pouvait aisément se voir taquiner la jeune femme à outrance en lui rappelant malicieusement que c'était elle qui avait mal visé. Lui faire remarquer, l'air faussement innocent, que si elle désirait à ce point l'embrasser, il lui aurait suffi de demander. Une requête qu'elle était bien évidement prête à accepter sans concession. Hermione jubilait littéralement. Ce plan était parfait ! Ne restait plus qu'à avoir l'audace de le mettre en pratique. Nourrir ses illusions de la sorte était une très mauvaise idée, elle le savait pertinemment mais d'un autre coté, elle était aussi en droit de rêver un peu. Ses devoirs désormais oubliés, son esprit ne pouvait s'empêcher d'imaginer les lèvres de Lexia s'égarer sur sa peau.

Un moment d'inattention que choisit l'objet de ses convoitises pour faire son apparition. Sa présence soudaine avait provoquée une cohue sans précédant. Les étudiants, jusque là bruyant et trouble fête, s'étaient brusquement calmés et avaient rapidement reprit leur place, le nez plongé dans leur livres. Surprise et amusée d'avoir un tel effet sur eux, elle ne pouvait néanmoins pas le leur montrer. Les mains jointes dans le dos, le nouveau professeur de Métamorphose reprit calmement son chemin. Elle remarqua assez vite la personne qu'elle recherchait et s'approcha. Arrivée à sa hauteur, la préfète semblait ailleurs. Très intriguée, elle décida de s'asseoir à ses cotés. Elle prit donc place sur le banc et croisa les jambes sous la table. Désormais accoudée à cette dernière, Lexia observa sa cadette du coin de l'œil avec intérêt. A quoi pouvait-elle bien penser ?

« Encore un train de rêvasser, Miss Granger ? »

Hermione, bien trop perdue dans son petit monde, ne l'avait pas entendu venir. Elle en sursauta légèrement et tourna vivement la tête. La jeune femme la regardait d'un air attendri, un léger sourire aux lèvres. Des lèvres qu'elle s'imaginait collées contre sa peau il y a une seconde à peine. Prise de court, la préfète ne savait pas quoi dire, ouvrant la bouche à plusieurs reprises sans qu'aucun son n'en sorte. Elle ne s'attendait pas du tout à la voir. Depuis combien de temps se tenait-elle là ? Pourvu qu'elle n'ait rien deviner de ses vilaines pensées. Merlin lui vienne en aide, elle en mourrait de honte !

Sa réaction surpris beaucoup la brune et la laissa perplexe. Elles se regardaient droit dans les yeux sans dire le moindre mot. Elle ne s'attendait certainement pas à ce qu'Hermione la regarde, si paniquée. Prise de court à son tour, Lexia s'excusa simplement.

« Je … suis désolée de t'avoir effrayée. Je tombe mal, peut-être ? » essaya-t-elle, timidement.

A nouveau en pleine possession de ses moyens, la préfète chassa rapidement les images qui occupaient son esprit. Détournant le regard, elle se faisait fureur pour ne pas rougir.

« N-Non. Bien sûr que non. Je … J'étais … »

Secouant légèrement la tête, les yeux à présent clos, Hermione ne savait pas vraiment quelles excuses avancer.

J'étais en train de t'imaginer pendue à mes lèvres, poussée par cette envie que fait naître l'amour. Je t'imagine me regarder avec tendresse et adoration, comme tu le fais si souvent. Je la vois dans tes yeux, cette étincelle qui fait battre mon cœur. C'est toi qu'il réclame tout bas alors prends-le, il est à toi. Je te l'offre et m'abandonne à toi sans peur, ni aucune hésitation. Toi, ma meilleure amie, mon amour, mon âme-sœur. Dis-moi qu'il en vas de même pour toi. Serre-moi et dis-le moi, je t'en pris.

Même si dans mes rêves les plus inavouables, je ne sais à quoi ressemble ton corps nu, j'en ai deviner la forme à de nombreuses occasions. Je n'y faisais pas réellement attention par le passé mais aujourd'hui, mon cerveau n'en fait qu'à sa tête. Je me surprends parfois à t'observer avec bien plus d'intérêts qu'il n'en faut. Jamais encore je n'avais ressenti un tel besoin. Je veux sentir ton corps trembler sous mes doigts. Le sentir frémir chaque fois que mes lèvres se posent sur ta peau. Je la sais meurtrie par les combats et il me tarde d'en embrasser chaque centimètres avec amour, tendresse. Douce et paresseuse amante, enfin lui donner toute mon attention. M'attarder sur chacune de ces cicatrices, si laides à tes yeux, et les aimer pour deux. Je commencerais par celle sur ton œil, fine et délicate. Ta peau a fini par dégonfler et elle n'est plus aussi boursouflée. Tu peux me croire sur parole, elle ne te défigure en rien. Tu es toujours la plus séduisante à mes yeux. Je dirais même qu'elle donne plus d'intensité à ton regard, si perçant parfois. Comme le disent si vulgairement Ginny et Fleur, tu es foutrement sexy avec cette marque. Je l'embrasserais sur toute sa longueur avant de descendre le long de ta joue. Je dévorerais tes lèvres, dont je ne pourrais me passer j'en suis déjà certaine, avant de continuer sur ton épaule. Cette zone est encore sensible, je le sais car tu me l'as avoué. J'ignore encore à quoi ressemblent les marques que Greyback a laissé mais ça ne m'effraie pas. Là encore, je prendrais mon temps. Je te le promet. J'en apprendrais chaque contours, chaque détails, du bout des doigts avant d'y poser mes lèvres et recommencer.

La descente jusqu'aux prochaines cicatrices est un peu longue me semble-t-il. Pardonne-moi mon tendre amour, je devrais faire escale avant de pouvoir m'en occuper mais je suis sûre que tu ne m'en tiendras pas rigueur. J'aurais de quoi te faire patienter. Là, nichée entre tes seins, j'y tracerait un chemin avec soin, que moi seule serait autorisée à emprunter. Ma bouche partirait à la découverte de ce temple sacré où réside ton cœur, encore vierge de toute exploration. J'en tremblerais peut-être un peu. La nervosité et l'angoisse de ne pas savoir m'y prendre et te satisfaire est une inquiétude permanente mais je ne me laisserais pas décourager. Pour s'améliorer, il faut pratiquer. Je continuerais ma descente, embrassant chaque parcelle de peau sous mes lèvres. Là encore, j'ignore dans quel état sont ta hanche et ta cuisse. Toutefois, je sais que les cicatrices y sont nombreuses et que tu éprouves beaucoup de difficulté à retrouver l'usage de ta jambe. Elle te fait souffrir, je le sais, même si tu m'assures le contraire. Tu ne peux me mentir. Oh, mon amour, comme je regrette de ne pas avoir été à tes cotés. Si tu savais à quel point j'ai eu peur de t'avoir perdue. Laisse-moi me rattraper et cajoler ton corps. Je le traiterais avec tout le respect qui lui est dû. Prenons notre temps, je veux profiter de chaque seconde avec toi. Embrassons-nous encore, avec paresse, sans penser à demain. Je suis prête à me gercer les lèvres de t'avoir trop aimée. Je brûle d'amour pour toi et me consume mais tu ne le remarques pas. Déshabille-moi, touche-moi. J'ai besoin de toi, de sentir tes mains sur ma peau, pour apaiser ce feu qui me ronge de l'intérieur. Mon corps te réclame, presque aussi fort que mon cœur. Je ne peux plus ignorer ce besoin grandissant qui me tient éveillée la nuit. De ce rêve, éreintant, qui finira par me rendre folle.

Je rêve de nous, de baiser volés dans la nuit, de mots tendres chuchotés tout bas. Allongée nue contre toi, nos silhouettes s'épousent à la perfection. A croire qu'elles ont toujours été faites l'une pour l'autre. Blottie nue contre toi mon amour, je prend tout mon temps. Dans la noirceur de la nuit, la lune pour seule témoin, je te murmure tout ces mots doux que mon cœur ne souhaite dire qu'à toi. Il te chante sa complainte et m'en libère, enfin.

Je te veux même si j'ignore quoi faire. J'ai peur d'être paralysée par mon inexpérience mais l'échec n'a jamais été une option pour moi alors j'essaie quand même, guidée par mes instincts et le langage de ton corps. Tes bras s'enroulent autour de moi, aimants et protecteurs. Ce geste me rassure et apaise mon appréhension. Timidement, je m'installe entre tes cuisses et te sens rapidement approuver. Tu frissonnes et gémis faiblement. Je n'en peux plus d'attendre mais je ne veux surtout pas me hâter et reste immobile. Notre première fois … Ce moment est important pour moi et je l'espère, pour toi aussi. J'ai besoin de quelques minutes avant de continuer. Juste un instant, durant lequel nous disons adieu à celles que nous étions l'une pour l'autre autrefois. La petite fille que j'étais lors de notre première rencontre t'aimera et te chérira toujours comme une amie et la sœur qu'elle n'a jamais eu. Mais je ne suis plus une enfant, j'ai grandi. Mes sentiments pour toi ont changés, peu à peu, jusqu'à muer en cet amour impétueux qui me dévore. Ce que je veux voir dans tes yeux, c'est le reflet de la femme que tu désires et non celui de l'adolescente que tu affectionnes. Logée ainsi dans tes bras, j'ai le sentiment d'être enfin complète. C'est pourquoi je m'offre à toi sans la moindre crainte, sans remords, ni regrets. Lorsque nous ferons l'amour, je perdrais à jamais mon innocence et je sais qu'il en vas de même pour toi. Dans tes bras, je serais devenu « une femme » et je compte bien te rendre tout l'amour que tu m'auras si gracieusement offert.

Je caresse ton visage et murmure ton nom. Quelque chose d'étrange se produit au fond de moi, je le sens. Dans le livre de notre rencontre, une page vient de se tourner. C'est la fin d'un chapitre important de notre vie mais notre histoire n'est pas terminée, bien au contraire. Une nouvelle page est déjà en train de s'écrire. C'est le début d'une nouvelle aventure, tout aussi passionnante. Notre amour peut enfin éclore au grand jour et s'épanouir en toute liberté. Je suis prête. Je veux lier ma vie à la tienne sans plus attendre. Ce désire ardent de te posséder entièrement m'effraie car jamais encore je n'avais éprouvé une telle chose. C'est si terrifiant et exaltant à la fois. Merlin, je te veux. Tout de suite.

Dans la noirceur de la nuit, la lune pour seule autre compagnie, ma bouche te cherche et nos lèvres ne tardent pas à se trouver. Tes mains me caressent et me consolent à leur tour. Je tremble entre tes doigts, à fleur de peau. Tu m'embrasses avec lenteur, paraisse. J'ai besoin de tellement plus que cela mais ton rythme me satisfait pleinement. Je ne veux pas d'une nuit trop vite consommé. J'aimerais pouvoir me réveiller dans 10, 30 où même 50 ans et me souvenir de ce moment avec tendresse. Qu'il fasse renaître en moi tout ce que tu me fais ressentir en cet instant, encore aussi distinctement et te remercier de nous avoir donné cette chance. Ma vie entière, je la veux avec toi. Oh, bien sûr, je ne suis pas naïve au point de te demander de me promettre l'éternité. Pas encore, ce serait bien trop tôt. En cet instant, mon esprit ne pense plus à rien. Mon corps ne me réclame qu'une seule chose, consommer cet amour avec toi et te redécouvrir. Lovée entre tes cuisses, la plus intime partie de nos être est à ma merci. Guidée par cette urgence de te sentir défaillir, je ferme les yeux et laisse mon corps faire à sa guise. Mes premiers mouvements de bassin sont maladroits et hésitants, je le sais mais je ne dois pas me décourager. Je prends le temps d'étudier les réactions de ton corps avant de trouver mon rythme et le bon mouvement pour t'entendre gémir. Ce simple son, répété, m'encourage grandement et ne fait qu'alimenter le feu qui brûle en moi. Je le sens parcourir mes veines et faire battre mon cœur comme un fou. Nos corps s'emmêlent, se caressent et s'aiment à l'unisson. Je gémis ton nom et enfouis mon visage dans ton cou, maîtrisant tant bien que mal la cadence que je nous impose. Mon corps voudrait que j'accélère mais je ne lui céderais pas. Je veux prendre mon temps et m'abandonner entièrement, me sentir connectée à toi corps et âme.

Tu m'enlaces plus fort, l'une de tes mains dans mes cheveux et l'autre sur mon épaule. La friction délicieuse de nos deux corps me donne le vertige. Je t'écoute m'exprimer ton plaisir, geindre tout bas et m'appeler. Je ne m'en lasserais jamais. Je domine la louve en toi et c'est si bon mon amour, de te faire languir d'impatience et me désirer d'avantage. Tu me laisses mener et il n'y a pas plus belle preuve de confiance à mes yeux car je sais combien il t'est difficile de baisser la garde de la sorte. Je ne peux m'empêcher de te prouver à quel point j'apprécie tes efforts, mes lèvres se délectant toujours plus de pouvoir enfin te goûter. Je pose mes mains sur ta peau, la caressant avec dévotion. Elles glissent, curieuses et attentives, le long de tes hanches. Tu soupires alors, satisfaite, avant de prendre le contrôle de notre baiser. Tes lèvres caressent les miennes, timides mais curieuses. Tendre et attentive amante, la lenteur et douceur de tes baisers me tuent. Tu expérimentes et me découvre sous un nouveau jour, tout comme moi. Ta langue caresse ma lèvre avec une pudeur qui me laisse fébrile. Tu m'as toujours laissé le choix, respectant mon besoin d'espace personnel et de tranquillité. Depuis toujours, tu sais être à mon écoute. C'est maintenant à mon tour d'être attentive au moindre de tes désirs. Si tu souhaites approfondir notre échange, comment pourrais-je te dire non ? Timidement, j'écarte les lèvres et réponds à ta demande. Aussi douce que de la soie, je sens lentement ta langue venir à ma rencontre. Je suis un peu hésitante sur le début mais t'entendre gémir de bonheur de la sorte me donne assez de courage pour participer.

Fascinée par ses interactions nouvelle, ma curiosité me pousse un peu plus à la découverte de cette partie de toi qui m'est totalement inconnue. Je me redresse alors légèrement, prenant appuis sur mes mains. Je te regarde, totalement hypnotisée et te mords gentiment la lèvre. Je la garde entre mes dents, pour être sûre d'avoir ton attention avant de donner plus de pression à mes coups de reins. Le plaisir n'en est que plus délicieux encore et la réaction de ton corps me prouve à quel point mon initiative te plaît. Le fin cercle d'or autour de tes iris s'épaissit et se dilate. Ton souffle se fait court. Ta main attrape le montant en bois du lit au dessus de nos têtes alors que la tienne s'enfonce dans l'oreiller, les yeux clos. Je peux entendre un grognement féroce gronder longuement au fond de ta gorge, je la vois vibrer. Tu tentes de le réprimer et gémit mon nom. Le bruit, ni humain, ni tout à fait animal, résonne dans la pièce. Un son que je n'avais encore jamais entendu et qui me met dans tout mes états. Ce subtil mélange entre gémissement rauque et grondement me fait frémir de toute part. La chair de poule me parcoure la peau en surface mais à l'intérieur, ce que je ressens est tout autre. Une vague de picotement me traverse le corps, jusque dans l'échine. Le plaisir qu'elle me procure se manifeste alors. Je gémis plus fort et ferme les yeux. Oh, Lexia … Lexia … Encore. Dis-le encore mon amour.

Je veux l'entendre à nouveau et reproduis exactement les même mouvements avec plus d'ardeur. Ta réaction est instantanée. Je te sens te cambrer et m'effleurer la taille de tes cuisses. Tu m'arrêtes en resserrant légèrement leur prise. Je peux t'entendre chuchoter mon nom et réclamer mon attention. Lorsque j'ouvre les yeux, les tiens commencent à briller d'un nouvel éclat. La lune, pleine et particulièrement lumineuse, me permet de voir très clairement l'or et le bleu se fondre parfaitement l'un dans l'autre. Tes pupilles scintillent sous sa pâleur enchanteresse et me laisse sans voix. Mon air interrogateur te fait sourire alors que tes bras m'attirent contre ton corps. Tu me rassures cependant et affirme que tout vas bien. Ta peau est si chaude, je me sens apaisée et tranquille. Ton souffle me caresse l'oreille et je t'écoutes. Tu murmures mon nom, une nouvelle fois mais ta voix tremble légèrement, de même que tes mains lorsque tu les poses sur mes joues. Tu m'attrapes le visage avec délicatesse et viens me narguer de tes lèvres, sans me les donner. Je veux protester et réclamer ce qui m'appartient mais ta voix m'arrête une fois encore. J'ignore pourquoi mais tu me parles soudainement de Greyback. Le langage de ton corps change peu à peu, tu es tendue. Tu m'avoues, d'une voix faible, que tes cauchemars sont toujours aussi fréquents. Que tu ne parviens pas à oublier le souvenir de ses griffes te déchirer la chair, de ses crocs violemment plantés dans ton cou. Que tu ne peux pas oublier le goût de ton propre sang gicler sur tes lèvres et dans ta bouche. La sensation de son imposant corps s'effondrer sur toi alors que tu t'écrases au sol avec lui et cette douleur insupportable te hantent toujours. Tu te blottis contre moi et enfouis ton visage dans mes cheveux. Tu ne sanglotes pas mais ta détresse se ressent et elle me déchire le cœur.

« Le seul corps dont je veuille me souvenir, c'est le tien. » Ta voix est si faible que j'ai presque du mal à l'entendre. « Faisons l'amour, Hermione. Je suis à toi. »

Mon cœur explose à cette déclaration soufflée tout bas. Je frémis, plus impatiente encore mais inutile de nous hâter. J'ai besoin de toi, aussi indispensable que l'air dans mes poumons mais te voir si fragile, si exposée, fait également battre douloureusement mon cœur. Il déborde d'amour, d'adoration, de tristesse. Ta détresse est aussi la mienne. Je ferais tout pour apaiser tes craintes et soulager tes peines. Si mon amour est le remède à tes maux, j'en baignerais ton corps et ton cœur jusqu'à la fin de nos jours.

Tendrement, nos lèvres se touchent à nouveau et je me sens fondre. Nos corps, collés l'un à l'autre, se consument de passion avant de ne faire plus qu'un. Effondrée de fatigue contre ta peau, je reste là, dans tes bras, le cœur léger. Je t'embrasse une dernière fois avant que tu ne t'endormes pour que tu puisses emporter le goût de mes lèvres et le souvenir de cette nuit dans tes rêves les plus profonds. Je ne te laisserais plus m'échapper. Tu es à moi même si ce n'est que pour une nuit de songe. Je veux m'user à nous donner de ce plaisir si délicieux, si enivrant et t'aimer à en perdre la raison. Te faire l'amour jusqu'à l'aube, nous endormir, éreintées pour mieux recommencer. Oh Lexia, mon amour. Si tu savais comme ce rêve me tue.

Comme si elle pouvait réellement lui dire une chose pareil … Hermione sentait son cœur se serrer mais l'ignora. Ce n'était pas le moment de se laisser aller. Elle aurait l'occasion de pleurer sa frustration plus tard, quand elle serait seule entre les quatre murs de sa chambre. Réprimant quelques larmes inopportunes qu'elles savaient déjà prêtes à couler, la préfète inspira calmement et s'arma de courage. Elle ouvrit les yeux et croisa à nouveau ceux désormais inquiets de la jeune femme. Elle lui sourit malgré la douleur écrasante qui semblait soudainement lui compresser la poitrine.

« J'étais simplement perdue dans mes pensées. Que puis-je faire pour vous, Professeur ? Comme vous pouvez le constater, j'ai beaucoup de travail. » Elle désigna alors sa pile de livre et en rit doucement.

Lexia, presque sûre d'avoir raté quelque chose d'important à l'instant même, semblait à présent confuse. Que venait-il de se passer ? Bien que discret, elle l'avait perçu. La voix d'Hermione tremblait mais pourquoi ? Alertée par ce changement imperceptible qu'elle avait pourtant ressentit, la jeune femme sentait son cœur s'agiter pour une raison qu'elle ignorait. Peut-être était-ce en raison de cette lueur dans son regard ? Ou peut-être de la fragilité qui avait émané d'elle, l'espace d'un instant ? Inconsciente de l'appel de détresse silencieux que la préfète venait de lui lancer, elle n'en restait pas moins troublée.

Jetant un rapide coup d'œil autour, elle se pencha un peu plus sur la table et s'assura de garder le volume de sa voix le plus bas possible pour ne pas attirer l'attention sur elles.

« Tu es sûre que tout vas bien ? » lui demanda-t-elle, concernée.

Hermione acquiesça simplement, se replongeant timidement dans ses devoirs. Lexia savait que la discussion s'arrêtait là. Elle soupira en la regardant faire et se résigna. Elle aurait d'autre occasions de ré-aborder le sujet plus tard. Loin de tout regards et oreilles indiscrètes.

« Très bien. Je ne te dérange pas plus longtemps dans ce cas. »

Elle se leva, soulevant son poids de ses deux mains posées contre le bois, et enjamba le banc tant bien que mal. Préoccupée par le comportement étrange d'Hermione, son esprit était ailleurs lorsqu'elle s'appuya sur sa mauvaise jambe. Son corps, lui, ne manqua pas de la rappeler à l'ordre. La douleur soudaine lui paralysa le muscle à en perdre l'équilibre. Elle jura dans un grognement en sentant son corps partir.

Hermione, tête baissée, ne l'avait cependant pas quittée une seconde du regard. L'observant du coin de l'œil, elle remarqua le changement d'appuis, ce qui était plutôt rare. Elle fronça des sourcils, intriguée. Lexia ne prenait plus appuis sur cette jambe depuis … Mais alors qu'elle semblait comprendre la catastrophe à venir, la brune perdit l'équilibre. Elle écarquilla les yeux puis, aussi rapide et agile qu'un félin, tendit son bras et rattrapa la jeune femme de justesse. Son bras autour de sa taille, elle l'attira vivement vers elle. Celle-ci retomba sur le banc avec fracas, sa paume claquant sur le bois de la table. Emportée par la vivacité de son geste, son dos la heurta également, lui coupant le souffle.

Le temps semblait s'être figé alors. Les étudiants ne bougeaient plus, n'osant faire le moindre geste. Lexia, la respiration haletante, sentait son cœur tambourinée dans sa poitrine et l'entendait presque battre dans ses oreilles. Hermione, inquiète de l'avoir blessée, s'empressa de s'informer de son état.

« Lexia, est-ce que tout vas bien ? Tu as mal à la jambe ? Dois-je prévenir Madame Pomfresh ? »

Encore abasourdie, Lexia gémit faiblement en se redressant. Elle se frotta le bas du dos, le bras d'Hermione encore autour de la taille. L'impact avec le banc avait été si violent, qu'elle sentait encore les vibrations lui chatouiller les lombaires et le coccyx. Bon sang, elle allait avoir mal au cul toute la soirée ! Non sans maugréer, elle se leva, prenant fortement appuie sur la table. Consciente d'être au centre de l'attention et très embarrassée de l'être, elle s'excusa rapidement et assura que tout allait bien. Inutile de déranger Mme Pomfresh pour si peu. Surtout pas si elle faisait remonter l'information jusqu'à la Directrice …

Ne souhaitant absolument pas se faire remonter les bretelles comme une enfant, elle afficha son plus beau sourire et se prêta même à quelque plaisanteries sur son manque flagrant de souplesse avant de disparaître. Elle prit soin de marcher aussi normalement que possible mais la raideur soudaine dans sa cuisse la faisait légèrement boiter. Elle s'éclipsa rapidement, une main crispée sur sa cuisse endolorie.

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La nuit était tombée mais Lexia ne parvenait pas à trouver le sommeil. Après l'incident dans la Grande Salle, elle s'était isolée dans ses quartiers et n'en était plus ressortie. Assise dans un fauteuil confortable prêt de la cheminée, ses pensées étaient ailleurs. Elle avait depuis longtemps quitté sa tenue du jour pour un ensemble plus léger, un shorty en dentelle fine de couleur sombre et un kimono de soie bleu nuit. La journée avait été longue, sans parler de sa cuisse dont la douleur ne s'était estompée qu'il y a peu. Malgré la fatigue, son esprit agité la maintenait éveillée. Ses terreurs nocturnes encore fréquentes, elle redoutait le moment de s'endormir malgré elle. Recourir au potion de sommeil sans rêve était une solution qu'elle avait envisagé mais elle se ravisait toujours au dernier moment. Peut-être était-ce le refus profond de céder à la facilité. Ce n'était certainement pas en fuyant ses cauchemars de la sorte qu'elle parviendrait à les surmonter. Il fallait les affronter pour qu'enfin, ils cessent. Bien plus facile à dire qu'à faire cependant …

Le regard perdu dans les flammes dansantes de la cheminée, ses pensées la ramenaient une nouvelle fois vers Hermione. Cela n'aurait rien de surprenant si l'agitation qu'elle ressentait en pensant à elle ne l'interpellait pas autant. Il n'était pas chose rare pour elle d'avoir une pensée pour la jeune femme. Après tout, elles étaient amies depuis longtemps. Seulement, elle n'y pensait pas constamment. Chose qui semblait se produire de plus en plus depuis qu'elle était à nouveau en sa compagnie. Elle ne pouvait s'empêcher de la regarder, ses yeux irrémédiablement attirés par elle. Ils semblaient toujours savoir où la trouver, même parmi la foule. Il lui arrivait même de ressentir sa présence très distinctement, de sentir son regard s'attarder parfois. Elle ne saurait dire en quoi mais quelque chose était différent, il n'y avait plus aucun doute. Elle l'avait toujours beaucoup affectionnée et ne s'en était jamais cachée mais pourquoi les sentiments qu'elle éprouvait à son égard, ne lui semblait plus être tout à fait les même ? Que se passait-il donc ? Pourquoi avaient-ils changés et surtout, en quoi étaient-ils en train de muer ?

Perturbée par autant de question sans réponses, son cerveau se repassait en mémoire chaque moment passés en sa compagnie. Des images par centaine semblaient alors défiler sous ses yeux. De sa gestuelle, aux mots échangés, le moindre détails avaient désormais son importance. Il y avait quelque chose à voir, à comprendre ! Il lui suffisait de lire entre les lignes. Leur retrouvaille et les derniers mois passés ensemble les avaient d'autant plus rapprochées. Hermione, clairement affectée par le passage de la Mort au-dessus de sa tête, était en permanence à ses cotés, plus affectueuse et attentive que jamais. Cela ne l'avait pas incommodé le moins du monde. Si la jeune femme montrait son besoin d'être en sa présence, elle mentirait si elle prétendait ne pas en avoir ressentit l'envie à son tour. Leur interactions n'en étaient que plus intimes et tendres. Assez pour chambouler son cœur et son esprit. Elle ne pouvait plus ignorer les signes. L'affection et la tendresse qu'elle lui portait faisaient battre son cœur mais de cet amour innocent, s'embrasait désormais quelque chose de plus intense.

Prenant de plus en plus conscience que sa relation avec Hermione était en train de changer, Lexia sentait un brin d'anxiété et de panique monter en elle. Elle était terrifiée à l'idée de mettre les mots justes sur ce qui se passait en elle. Terrifiée par l'inconnu, par les conséquences que cela pourrait avoir.

Les mains tremblantes, elle se leva de son fauteuil et se dirigea vers sa chambre. Elle s'installa sous les draps avant de sortir un petit flacon de sa table de nuit. Sans la moindre hésitation, elle l'apporta à ses lèvres et en avala le contenu d'une traite. Elle se sentit aussitôt somnoler, le corps engourdi. Elle en tomba sur le dos, envahie par cette impression de s'enfoncer de plus en plus dans le matelas de plume. La fatigue semblait tout à coup l'avoir rattrapée. Elle soupira, longuement. Ses paupières lourdes, elle ferma les yeux et sombra dans l'inconscience. L'effet avait été instantané.

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Dans la salle commune des Gryffondor, Hermione faisait les cents pas. Elle tournait en rond et marmonnait, agitée tel une lionne en cage. A cette heure, il n'y avait personne. La plupart des de leur camarades se promenaient encore à l'extérieur, profitant des derniers jours de l'été. Harry et Ron ne faisaient pas exception. Le pauvre Potter avait été traîné on ne sait où par son ami de longue date juste après le dîner, laissant les deux jeunes femmes rentrées seules.

Ginny, assise dans l'un des fauteuils, la regardait faire sans dire le moindre mot. Son amie était dans cet état depuis l'absence remarquée de Lexia au dîner. Même la directrice semblait quelque peu déconcertée par le siège vide à ses cotés. Bien que personne n'ait fait la moindre remarque, les murmures allaient bon train. Rien ne restait jamais secret à Poudlard, l'incident survenu plus tôt était sur toutes les lèvres. Elle avait d'ailleurs du mal à comprendre pourquoi les étudiants s'étaient relayés l'information de la sorte. Si Lexia s'était blessée, ce qui était sans aucun doute le cas, il était normal qu'elle reste à l'écart et ménage sa jambe. Poudlard n'était pas une petite école de campagne, nom d'un Boursouf ! Il était certain qu'elle éprouverait encore des difficultés à en arpenter les nombreux couloirs. Sans parler de toutes ces marches ! Devenir enseignante alors qu'elle n'était pas en état … que lui était-il encore donc passé par la tête ?!

« Je suis sûre que c'est sa jambe ! »

Sortie brutalement de ses pensées par le rugissement de la lionne, Ginny soupira.

« Évidemment. Pour quelle autre raison sinon ? La connaissant, je suis sûre qu'elle s'est isolée dans un coin tranquille en attendant que la douleur passe. Elle est bien trop têtue pour admettre avoir besoin d'aide, pas étonnant que Madame Pomfresh ne soit au courant de rien. Elle redoute encore de se faire réprimander comme une enfant ! »

La cadette Weasley roula alors des yeux, plus le moins de monde surprise par le comportement de leur aînée. Lexia était comme ça, elle préférait souffrir en silence et prendre sur elle plutôt que s'enquérir d'une quelconque assistance. Une attitude qu'elle désapprouvait grandement mais qu'elle comprenait néanmoins.

Les dégâts qu'avait laissé la guerre se voyaient certes en surface mais également à l'intérieur. Comme pour beaucoup d'autre, ils marquaient son corps et son âme. Le chemin vers la guérison était encore long, pour chacun d'entre eux. Cependant, il le semblait d'autant plus pour son aînée. Elle qui avait tout sacrifier, y compris sa propre vie, pour que Harry triomphe. Qui l'avait accepté et attendait la mort sans crainte. Il lui fallait désormais accepter d'y avoir survécu quand d'autre n'avait pas eu cette chance. Après autant d'année à se préparer, à offrir son futur pour sauver le leur, se réveiller dans un lit d'hôpital l'avait grandement affectée. Hermione l'avait arrachée aux mains de la mort et cela remettait considérablement son existence en question. Lexia devait apprendre à vivre, enfin, et cela semblait la terrifier. Pour quelles raisons ? Ginny avait bien sa petite idée sur la question.

« J'aurais dû l'avertir, je le savais. Et si la douleur ne passe pas ?! »

Mais pour l'instant, elle avait plus urgent à faire. Les nerfs de cette pauvre Hermione étaient à vif.

« Calme-toi. Lexia est une grande fille, je suis sûre qu'elle a tout ce qu'il faut pour se soulager si la douleur est trop intense. Et puis, la directrice doit probablement être avec elle en ce moment. »

Cette remarque semblait effectivement avoir son effet. La préfète-en-chef s'arrêta net et se retourna vers elle, l'air moins alarmé.

« Tu … dois avoir raison. » concéda-t-elle difficilement.

Seulement, son inquiétude restait. Le langage corporel de Lexia ne lui avait pas échappé. Cette idiote avait beau sourire, elle savait parfaitement qu'il était faux. Une parade habile pour ne pas inquiéter inutilement les autres étudiants mais bon sang, ce que ça pouvait l'irriter. Encore un rappel désagréable que la jeune femme n'envisageait aucunement de se reposer sur elle en cas de besoin. Plus maintenant qu'elles étaient à Poudlard en tout cas. Elle avait bien conscience que son rôle de professeur imposerait certaines limites dans leur interactions mais être tenue à l'écart de cette façon, une nouvelle fois … ! Elle n'avait pas le choix que de l'accepter.

Elle soupira, frustrée, avant de s'asseoir sur le canapé. Son amie ne tarda pas à la rejoindre et enroula son bras autour de ses épaules.

« Allez, je suis persuadée qu'elle vas bien alors ne te mets pas dans des états pareils ! »

« Je sais ! C'est juste … plus fort que moi. »

Hermione se mordit la lèvre, consciente d'en avoir peut-être trop dit. Ginny était son amie et bien plus observatrice qu'elle ne le laissait paraître. Cela l'étonnait d'ailleurs qu'elle n'ait encore rien remarqué. Ou peut-être restait-elle silencieuse, attendant qu'elle soit prête à aborder le sujet.

« Je le sais, oui. » fut la réponse soufflé avec le sourire.

La préfète-en-chef sentait son cœur s'emballer à l'idée même que son amie ait découvert si vite son petit secret. Que devrait-elle dire, faire ? Mais avant qu'elle n'ait le temps d'y réfléchir d'avantage, Ginny l'attrapa par le bras et la traîna dans le dortoir des filles. Arrivées dans la chambre de la préfète, elle referma derrière elle puis se tourna en sa direction.

« Parle-moi. Je suis ton amie alors parle-moi, Hermione. Je vois bien que quelque chose te tracasse. »

La brune hésita un instant, prise de court, avant d'ouvrir la bouche.

« Et je ne parle pas de ton problème à utiliser la magie. » la coupa rapidement Ginny, levant un sourcil.

Prise sur le fait, Hermione soupira en levant les bras, résignée. Prenant place sur son lit, elle savait qu'il n'y avait pas d'échappatoire possible. Lui dire que rien ne la préoccupait et que tout allait pour le mieux était un mensonge grossier. Ginny n'avalerait jamais une telle chose. Elle se retrouvait donc dans l'impasse.

Son amie semblait avoir sentit sa détresse et vint s'asseoir à ses cotés. Elle lui prit alors la main et la serra légèrement, l'incitant à la regarder. Celle-ci osa croiser son regard et ce qu'elle pouvait y voir lui pinçait le cœur.

« Tu peux tout me dire, tu le sais, n'est-ce pas ? »

Sa voix était douce et rassurante, assez pour faire sourire légèrement la brune à ses cotés.

« Je n'en suis pas aussi sûre. » répondit-elle simplement, les yeux luisants.

« Ne dis pas de bêtises. Tu es ma meilleure amie ! Si quelque chose te chagrine ou si mon frère te fait des misères, tu peux me le dire. Je suis là pour t'aider et rien d'autre. »

Malgré ses tentatives, Hermione restait muette et fuyait son regard. Elle soupira doucement et décida qu'il était temps d'avoir une conversation sérieuse.

« Très bien. Puisque tu n'es visiblement pas assez à l'aise, ce que je peux comprendre dans un sens … »

A peine eut-elle le temps de finir sa phrase, qu'elle sentit la brune se crisper d'un coup. Elle lui serra une nouvelle fois la main et continua.

« Ne panique pas, s'il te plaît ! J'essaie vraiment de t'aider alors écoutes-moi. »

N'aillant guère le choix, Hermione se pinça les lèvres et se résigna à obéir. Ginny l'en remercia et poursuivit, choisissant ces prochaines paroles avec beaucoup de soins. Le sujet qu'elle souhaitait aborder lui semblait bien délicat à présent.

« Lexia … Tu … l'aimes … n'est-ce pas ? »

Ces mots prononcés, Hermione ferma les yeux, la respiration fébrile. Elle l'avait atteint, ce fameux point de non retour. Son corps parlait pour elle, elle ne pouvait le nier. La voix tremblante mais n'osant regarder son amie dans les yeux, elle se jeta à l'eau.

« Et si … c'était le cas ? »

Ginny la prit alors dans ses bras et tenta de lui transmettre un peu de réconfort. Bien sûr, elle l'avait remarquée. En présence de Lexia, Hermione semblait oublier le monde autour. Le langage silencieux de son corps, les regards pleins de non-dits et d'espoir. La tendresse dans ses gestes, ses mots. Elle se mourrait à petit feu, se languissait. Il fallait être aveugle ou dans le déni total pour ne rien voir.

« Ce ne sera pas facile. » lui glissa-t-elle à l'oreille, tout bas.

Hermione le savait parfaitement et acquiesça simplement de la tête, ne faisant pas confiance à sa voix qui lui ferait sans doute défaut.

« Ce n'est pas juste un béguin, n'est-ce pas ? »

Là encore, elle secoua fermement la tête. Ginny inspira un bon coup et libéra son amie. Les mains à présent sur ses épaules, elle lui sourit même si cette dernière ne la regardait pas.

« C'est un peu … inattendu je dois dire. J'ai beau l'avoir remarqué, te l'entendre dire à demi-mot … »

« Tu trouves ça bizarre ? Est-ce qu'en être tombée amoureuse fait de moi quelqu'un d'anormal ? » coupa brusquement Hermione, chassant d'un revers de main, des larmes prêtent à couler.

Ses mots surprirent beaucoup son amie, qui resta sans voix un instant. Attristée de l'entendre parler ainsi, elle s'empressa de lui partager le fond de sa pensée.

« Oh, Hermione. Si tomber amoureuse fait de toi quelqu'un d'anormal alors nous le sommes tous. Même si les gens pensent le contraire, l'amour ne se contrôle pas. Tu ne choisis pas d'être amoureuse de Lexia, c'est arrivé c'est tout. Oui, c'est une femme et alors ? Aucune loi ne l'interdit, encore moins dans notre monde. C'est même plus commun que tu ne le penses ! Les sorciers sont moins conservateurs que les Moldus à ce sujet. Et de toute façon, quelle importance ! Ça ne change en rien qui tu es. Tu es libre de vivre ta vie comme tu l'entends et ce n'est certainement pas moi qui vais te faire le moindre reproche. Au contraire. Tu es amoureuse et c'est formidable, je t'assures. »

La préfète-en-chef était surprise, agréablement, et touchée par ses mots. Ginny réagissait mieux qu'elle ne l'avait espéré mais ses insécurités étaient nombreuses. Leur monde avait ses yeux rivés sur le Trio d'Or, passer inaperçu était compliqué. Sans Arthur et Molly pour faire barrière entre eux et le reste du monde, ils auraient passés leur été à être harcelés par les journalistes. Heureusement, elle avait vite trouvé refuge au chevet de Lexia. Aujourd'hui encore, Poudlard faisait rempart. Minerva avait rapidement chassé les plus récalcitrants après la cérémonie de réouverture, lorsque ces derniers avaient essayés de les interviewer alors qu'ils n'avaient été invités que pour immortaliser l'événement. « Hors de question de vous voir rôder autour de mon école et perturber les élèves ! Vous êtes ici sur les vestiges d'un champ de bataille qui a fait beaucoup de victime, pas à un défilé de célébrité ! Je vous prierais donc d'avoir un peu de respect. » les avait-elle fermement avertis. Grâce à son intervention, ils auraient la paix jusqu'à leur remise de diplôme. Mais après ça, que se passerait-il ? Elle n'avait pas encore la force d'assumer sa notoriété et l'intérêt qu'on lui portait. Même Lexia était restée cachée au Terrier avant de prendre ses fonctions. Si elle se déclarait et entretenait une relation amoureuse avec elle, les gens finiraient par le savoir. Comment réagiraient-ils ? Et les Weasley ? Ils étaient un peu sa famille aussi. Quelles seraient leur réactions s'ils apprenaient qu'elle était tombée follement amoureuse de Lexia et pas de Ron ? Bien que Ginny semblait ne pas s'en préoccuper plus que cela, que dirait le reste de sa famille ? Dans l'esprit collectif, elle semblait liée à Ron d'une façon ou d'une autre alors que Lexia … ferait une merveilleuse épouse, pour Charlie.

Son cœur se serra à cette idée. Bien qu'elle le refuse catégoriquement, elle ne pouvait nier qu'ils allaient bien ensemble. Il était beau. Elle, renversante. Lui, attentionné et aimant. Elle, tendre et passionnée. Un couple, tout ce qu'il y a de plus ordinaire et cela lui brisait le cœur.

« Je pensais … que tu aurais aimé voir Lexia mariée à ton frère. » dit-elle alors timidement, presque tristement. Charlie, comme elle avait pu le constater de ses yeux, semblait très amoureux. Pour les Weasley, leur union semblait même être une évidence. Ce qui l'avait grandement agacé, il fallait bien le reconnaître. Pour eux, l'affaire était encore en suspend puisque ni Lexia, ni Charlie n'avait révélés quoique ce soit concernant leur discussion sur le sujet. Hermione, en revanche, avait eu bien plus que cela. La brune, si mystérieuse et tranquille, lui avait révélé le plus important. Se marier n'était pas dans ses plans futurs, bien qu'il lui soit encore difficile d'envisager l'avenir. Cependant, le doute planait encore très lourdement. Lexia s'était montrée réticente à l'idée parce qu'elle ne l'avait simplement jamais envisagée. Mais à présent, que dirait-elle ? Elle n'en avait strictement pas la moindre idée ! C'est bien ce qui l'horrifiait le plus. Bien qu'il soit reparti en Roumanie, la menace qu'avait laissé sa demande en mariage était encore bien présente, elle.

La rouquine haussa simplement des épaules.

« Lexia sera toujours une sœur pour moi, qu'elle soit mariée à Charlie ou pas. Elle l'affectionne profondément, ça ne fait aucun doute, mais je ne pense pas qu'elle soit amoureuse de lui pour autant si tu veux mon avis. Elle a grandi avec mes frères et nous a toujours considéré comme des membres de la famille. Je ne serais pas étonnée si elle refusait sa demande. J'aurais de la peine pour lui, bien sûr, mais il s'en remettra. D'ailleurs, je me demande s'ils ont gardé contact depuis ? Où même ré-aborder le sujet ? En tout cas, une chose est sûre. Charlie n'aura pas le choix que d'accepter la situation. Peu importe à quel point il l'aime si elle, ne l'aime pas en retour. »

Hermione, ne sachant que lui répondre, préféra garder le silence. Cette dernière remarque s'appliquait pour elle aussi. Gagner le cœur de Lexia n'allait pas être chose aisée. La séduire lui semblait alors impossible. Peu importerait à quel point elle l'aimait, peu importerait l'intensité de ses sentiments si cette dernière ne l'aimait pas en retour. Être en compétition ne lui faisait pas peur, elle jouissait même d'un avantage de choix. Elle redoutait simplement la réaction de la jeune femme si jamais elle venait à l'apprendre.

Puis, sans crier gare, son amie lui tapa la cuisse, la sortant ainsi de ses pensées.

« Mais assez parlé de ça ! Raconte-moi. Je veux tout savoir. Ma meilleure amie qui tombe amoureuse de sa meilleure amie, c'est quand même quelque chose ! »

La préfète lui lança un regard blasé mais sentait déjà son appréhension redescendre. Partager ce qu'elle avait sur le cœur avec Ginny, sa meilleure amie en toute circonstances, elle n'osait l'envisager et pourtant. Celle-ci faisait preuve d'une curiosité innocente et ne semblait pas plus déroutée que cela à l'idée qu'elle puisse secrètement convoiter la même femme que son frère. Quelque peu rassurée de se sentir épaulée et comprise, elle lui avoua tout.

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Lorsque le jour se leva sur le château, la préfète-en-chef de la maison Gryffondor se réveilla avec le cœur un peu plus léger. La veille, elle avait longuement discuté avec son amie Ginny et cela les avait d'autant plus rapprochées. Elle en fut d'autant plus surprise lorsque cette dernière lui avoua à son tour avoir été un peu perplexe lorsque Ron avait fanfaronné en les proclamant en couple. Bien sûr, la cadette Weasley ne souhaitait que le bonheur de ses aînés et n'aura pas remis en question sa décision si Hermione s'était montrer sérieuse sur le sujet mais … Il faut bien avouer que son amie la brune était une femme de caractère, très intellect et bien plus mâture pour son âge que la plupart d'entre eux. Qu'elle se soit éprise d'une femme un peu plus âgée qu'elle ne l'avait donc pas si surprise que cela au final. Lexia, lui avait-elle dit avec un sourire complice, lui semblait être la compagne idéale. Une remarque qui ne manquait pas de la faire à nouveau sourire.

Elle s'étira longuement, en baillant par la même occasion, avant de se lever et entamer son rituel quotidien. Elle ouvrit la fenêtre et découvrit son lit avant de prendre quelques vêtements dans son armoire ainsi que tout son nécessaire de toilette. Prête à affronter cette nouvelle journée, elle quitta la pièce, chausson au pied. Lorsqu'elle arriva au palier inférieur, Ginny l'attendait. Elle en fut d'abord surprise mais finit bien vite par lui rendre le sourire qu'elle lui offrait.

« Hey, joyeux anniversaire ! »

Elle remercia son amie et toute deux partirent en direction des douches. Bien que les préfets disposent d'une salle de bain au cinquième étage, très peu l'utilisaient. Il leur était beaucoup plus simple d'utiliser les douches communes de leur dortoir respectif que d'arpenter le château en pyjama. Arrivées à destination, les deux jeunes femmes furent accueillies par quelques une de leur camarade. La file d'attente n'était pas encore trop longue et nos deux amies n'eurent pas à attendre trop longtemps avant que l'une des cabines ne se libère. Ginny la laissa à Hermione, qui avait bien essayé de protester mais celle-ci la poussa simplement à l'intérieur. Elles en rirent et lorsque la cabine d'à coté se libéra à son tour, la jeune Weasley s'y installa. Elles continuèrent de discuter et plaisanter, accompagner parfois de leur camarade qui n'avaient pas hésité à rejoindre la conversation. Hermione se lavait les cheveux lorsqu'une remarque innocente attira son attention.

« Vous pensez que le Professeur McGonagall viendra déjeuner aujourd'hui ? » demanda une voix, visiblement soucieuse.

« D'après ce que j'ai pu entendre, c'est à cause de sa jambe si elle n'est pas venu hier. Vous savez ce qu'elle a ? » retentit une autre, intriguée.

« Ronald Weasley en parlait l'autre jour ! Vous êtes pas au courant ? Apparemment, le Professeur aurait sacrément morflée pendant … Enfin, vous savez quoi. Elle a eu les os de la jambe et du bassin brisés en morceaux. Une chance que Madame Pomfresh soit la meilleure infirmière. D'après lui, les blessures qu'elle avait ont bien failli la tuer ! »

Cette dernière remarque avait suscité diverses émotions, dont la surprise et la compassion. Hermione écarquilla les yeux, le souffle court. Elle frissonna alors, l'angoisse de ce jour encore encrée en elle. Elle la revoyait couchée sur le sol, inerte et baignant dans son propre sang. Écrasée par cet énorme … bout de mur qui semblait s'être abattu sur elle. Elle se revoyait à genoux, la serrant contre elle à s'en imbiber de son sang, et la suppliant de ne pas mourir. Cette vision d'horreur la hantait. Combien de fois s'était-elle réveillée en panique et en pleurs, à crier son nom au beau milieu de la nuit ? Ce sentiment de perte, d'avoir une moitié de son être lui être si brutalement arrachée, la laissait toujours à l'agonie. Seule dans sa chambre, au dernier étage du dortoir des filles, Lexia n'était pas là pour apaiser ses angoisses. Elle avait beau la savoir en sécurité dans ses appartements privés, il lui fallait quand même plusieurs minutes pour se calmer et se rassurer.

« Dépêcher-vous un peu au lieu de bavasser les filles ! Il y en a d'autre qui aimerait prendre une douche. » intervint alors Ginny.

Cela semblait avoir calmé les jacasseries de ses camarades. Hermione se ressaisit et termina rapidement. Elle s'habilla et rangea son nécessaire avant de sortir de la douche. Elle avertit son amie qu'elle partait la première et quitta les douches.

De retour dans sa chambre, elle accrocha sa serviette pour la laisser sécher. Son pyjama plié, elle le glissa sous son oreiller et rangea ses produits de bain dans l'armoire. L'heure du déjeuner approchait et elle aussi, commençait à se demander si Lexia se montrerait. Baguette à présent en main, elle tenta d'utiliser un sortilège pour les sécher mais hélas, sans grand succès. Sa frustration, grandissante, ne devait cependant pas prendre le dessus. S'énerver ne changerait rien à la situation. Les choses rentreraient dans l'ordre si elle se laissait plus de temps. Ces mots, elle se les répétait tout les matins, un peu comme un Mantra. Elle inspira profondément avant d'expirer longuement. Puisque la magie ne l'aiderait pas, il ne lui restait plus que la bonne vieille méthode. Sortant une nouvelle serviette de son armoire, elle s'assit devant sa coiffeuse et se sécha les cheveux du mieux qu'elle le pouvait. Cela lui rappelait ses jeunes années, bien avant qu'elle apprenne tout ces petits sortilèges qui facilitaient grandement la vie. Après plusieurs minutes à les essorer, ils restaient tout de même un peu humide mais ne lui gouttaient plus dans la nuque. Difficile de faire mieux de toute façon. Elle attrapa ensuite sa brosse et s'arma de patience pour les rendre présentable. Heureusement pour elle, ils étaient beaucoup plus facile à manipuler que par le passé. Avoir abusé des potions capillaires Lissenplis avait visiblement son effet sur le long terme.

Quelques minutes seulement lui avaient suffit pour les démêler et les coiffer comme elle le souhaitait. Satisfaite, elle se leva et alla pendre ce nouvel essuie avec le précédent. Il ne lui restait plus qu'à enfiler les derniers éléments de son uniforme avant de pouvoir rejoindre la Grande Salle et prendre son petit déjeuner.

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Plongée dans l'inconscience, son esprit s'éveillait pourtant peu à peu. Une main lui caressait les cheveux avec douceur, elle pouvait la sentir glisser avec paresse. Gémissant faiblement, Lexia ouvrit alors les yeux. Elle s'attendait à être ébloui mais contre toute attente, les rideaux étaient tirés et bloquaient partiellement la lumière extérieur. Sa position n'avait pas changé durant la nuit. Encore un peu embrumée par les effets de la potion qu'elle avait ingurgité la veille, elle regarda autour. Son regard, bien qu'un peu flou, trouva rapidement une paire d'yeux aux couleurs profondes des forêts d'Écosse.

« Màmag » l'appela-t-elle difficilement. Sa bouche était sèche, sa voix, enrouée et rauque.

« Encore une nuit difficile, mo leannan ? » demanda simplement Minerva, concernée.

Après son absence au dîner, la Directrice n'avait pas souhaité se ruer dans ses quartiers et la questionner. Elle s'était promis de lui laisser de l'intimité et de l'espace. Lexia était une femme indépendante à présent. Si elle ne s'était pas présentée, il y avait forcement une raison. Cependant … l'inquiétude avait finalement eu raison de ses bonnes résolutions. Femme indépendante ou pas, elle restait sa mère et une mère s'inquiète toujours. Voilà pourquoi elle s'était tout de même introduite dans ses quartiers. Elle était sa mère par Merlin, et la Directrice qui plus est ! Elle avait donc toute légitimité pour le faire et constatait maintenant qu'elle avait eu raison.

Lorsqu'elle était entrée, tout était calme. Elle se demanda même si sa nièce n'était pas déjà en route pour la Grande Salle. Par pure habitude, elle vérifia tout même la chambre à coucher et y découvrit la jeune femme, profondément endormie. Une vision qui l'avait attendri et réchauffé son cœur, alors plus serein de la savoir en sécurité. Une quiétude rapidement soufflé au loin cependant. Quand elle s'approcha pour venir s'asseoir prés d'elle et la réveiller comme elle le faisait lorsqu'elle était enfant, Minerva remarqua la fiole dans sa main. Elle l'examina, intriguée. L'odeur qu'elle pouvait sentir ne la trompait pas puisqu'elle aussi, plusieurs années auparavant, y avait eu recours pour surmonter de trop nombreuses nuits agitées. Il lui était difficile de savoir, par expérience, que Lexia vivait cela à son tour. En tant que parent, elle lui apporterait tout le soutien nécessaire même si elle ne lui demandait rien. Cela commençait avec les petits gestes que l'on pense trop souvent, et à tord, anodins.

Bien que son corps lui semblait encore engourdi, la jeune enseignante réussi à rouler sur le côté. Elle soupira et ferma les yeux, incapable de se lever dans l'immédiat. Minerva lui caressant les cheveux de la sorte, elle retrouvait peu à peu le sentiment de sécurité et de réconfort que l'on ressent lorsque l'on se sent enfin chez sois. Elle était à la maison.

« Ma jambe … me fait encore souffrir. Hier j'ai … »

Elle se pinça les lèvres, incrédule face à sa propre bêtise. Comment avait-elle pu être aussi distraite au point d'en oublier la condition médiocre de sa jambe ?

« J'ai … été distraite et me suis bêtement fais mal ! Désolé de ne pas être venu dîner, je sais que mon rôle de Directrice de Maison oblige une présence constante auprès des élèves mais … »

« Je comprends. » répondit Minerva, non sans soupirer discrètement. Voilà donc la raison de son absence, pensa-t-elle alors. « Tâche de faire plus attention à l'avenir, veux-tu ? Les médicomages de Ste Mangouste nous avaient prévenu, ta guérison est lente mais certaine. Tu dois te ménager. »

« Je le sais bien. »

Non sans ressentir quelques raideurs, Lexia se redressa tant bien que mal.

« Comment te sens-tu aujourd'hui ? » questionna alors Minerva, la regardant faire. « As-tu toujours mal ? Madame Pomfresh peut te préparer une potion pour te soulager si tu en as besoin. Pourquoi n'es-tu pas aller la voir ? »

« J-Je … ne voulais pas la déranger ? »

« Lexia ! » s'exclama soudainement la Directrice, n'en croyant pas ses oreilles. Cette enfant … allait lui donner des cheveux blancs !

« Je ne voulais pas vous inquiéter, c'est tout. » argumenta rapidement Lexia, prenant la main de Minerva dans la sienne. « Je sais que je t'ai donné beaucoup de soucis dernièrement et j'en suis désolée, vraiment. Tu as eu tellement à faire depuis … » elle marqua une pause avant de soupirer. « Je ne veux pas te donner encore plus de soucis mais il faut croire que je fais tout l'inverse, n'est-ce pas ? » sa voix n'était plus qu'un murmure.

La Directrice soupira à son tour, résignée. Sa nièce la fuyait désormais du regard, les yeux baissés. Son expression était bien trop familière et lui pinçait le cœur. Elle fronçait des sourcils mais la honte et l'embarras se lisaient parfaitement sur ses traits. Robert Junior, le plus jeune de ses frères, portait la même quand il pensait l'avoir déçu. Être toujours aussi dur avec elle-même, elle l'avait sans aucun doute hérité de son père.

Une mère s'inquiète toujours pour son enfant. Il ne s'était pas écoulé un seul jour depuis son départ sans qu'elle ne pense à elle, qu'elle ne ressente son absence au plus profond de son être. Lexia était son enfant, l'héritage le plus précieux au monde. La perdre aurait été l'épreuve de trop. Jamais elle ne l'aurait permis et pourtant. Malgré ses efforts pour la garder à distance, elle s'était tout de même engager de son plein gré.

« O, mo leanabh gràdhach … » soupira-t-elle alors en la prenant dans ses bras. « Is mise do mhàthair. Nan cailleadh mi thu, bhithinn a 'bàsachadh. » lui souffla-t-elle, d'une voix tremblante.

Cela surprenait beaucoup la jeune femme, qui ne s'y attendait certainement pas. Rares étaient les fois où Minerva parlait le Gaélique.

« M-Màmag ? Tu sais bien que je ne comprends rien si tu parles aussi vite. » se plaignit-elle, tout en se blottissant dans son étreinte.

Minerva le savait parfaitement, Lexia n'avait jamais appris à le parler. Bien qu'elle parvienne tout de même à reconnaître certains mots et deviner le sens de certaines phrases, un niveau aussi avancé lui était incompréhensible. Voilà exactement la raison pour laquelle elle en usait si souvent. De cette manière, elle pouvait lui exprimer ce qu'elle avait sur le cœur sans pour autant l'embarrasser. « Oh ma chère enfant. Je suis ta mère. Si je te perdais, j'en mourrais. » Ses mots, elle ne pouvait se résoudre à les dire autrement. Si Lexia les comprenait alors elle aurait l'impression de leur avoir donné le pouvoir de lui écraser le cœur et elle ne souhaitait aucunement fondre en larme à nouveau. Sa nièce était en vie et en bonne santé, c'était le plus important.

Se sentant à fleur de peau, la Directrice se ressaisit et la libéra de son étreinte. Elle lui sourit alors, lui caressant la joue.

« C'est bientôt l'heure. Te joindras-tu à nous ? »

Lexia acquiesça tranquillement.

« Bien. Je ne dirais rien à Pompom concernant ton accident d'hier même si j'imagine qu'elle doit déjà être au courant. Je vais te faire confiance et te laisser gérer comme l'adulte responsable que tu es. »

« J'irais la voir si ma jambe me tourmente de trop. »

Satisfaite, Minerva se leva. S'assurant une dernière fois que sa nièce puisse l'accompagner sans encombre jusqu'à la Grande Salle, elle la laissa se préparer en toute tranquillité.

- x -

Hermione marchait tranquillement en direction de la Grande Salle, rapidement rattrapée par Harry, Ginny et Luna. Ces derniers lui souhaitèrent un joyeux anniversaire et une étreinte en guise de salutation. Elle les remercia chaleureusement, attirant la curiosité des autres élèves autour. Le petit groupe reprit alors son chemin et arriva rapidement à destination. Comme à leur habitudes, ils se séparèrent pour rejoindre leur table respective. Luna prit place avec ces camarades de Serdaigle et les trois Gryffondor, autour de celle qui leur était réservée.

Ginny parlait d'un sujet quelconque quand elle remarqua enfin les cheveux encore un peu humides de leur amie. Elle soupira doucement, l'air concernée.

« Toujours pas d'amélioration ? »

La préfète-en-chef, prise au dépourvu par ce changement radical de conversation, resta sans voix un instant. Elle récupéra assez vite et secoua la tête.

« Non, toujours aucune amélioration à ce niveau là. » dit-elle, exaspérée.

La salle commençait à se remplir lentement. les Professeurs faisant leur entrée par la porte du fond. Ginny fronça des sourcils, l'air boudeur.

« Pourquoi n'as-tu rien dit avant ? Je serais venu te sécher les cheveux. »

« Pas la peine d'en faire toute une histoire. » s'exclama la préfète, un sourire aux lèvres. « Je me les suis essoré avec une serviette, comme je le faisais quand j'étais enfant. Je ne suis pas complètement perdue sans magie, je peux encore me débrouiller seule tout de même ! »

Mais alors qu'elle riait tranquillement, une douce chaleur se répandait soudain, lui faisant écarquiller légèrement les yeux. Elle pouvait la sentir lui caresser la nuque et remonter lentement à la base de ses cheveux. Il se dispersa ensuite jusqu'au pointes avant de disparaître, laissant une agréable sensation sur son passage. Elle frissonna en réponse. Ce sortilège …

« Ah. Il semblerait que le Professeur McGonagall se soit remise. » déclara alors Harry, les yeux rivés sur la table d'honneur.

Hermione suivit son regard. Lexia et Minerva étaient arrivées ensemble et prenaient place. La jeune enseignante rangeait discrètement sa baguette lorsqu'elle remarqua enfin son regard interrogateur. Se sachant prise sur le fait, elle en sourit doucement et détourna rapidement les yeux, reportant son attention sur la femme à ses cotés.

La préfète sentait son cœur battre joyeusement, un sourire timide venant sublimer son visage. C'était justement en raison de toutes ces petites attentions innocentes et désintéressées qu'elle en tombait amoureuse un peu plus chaque jour. Il était bien trop tard pour se protéger.

Elle croisa ensuite le regard de Ginny, qui souriait malicieusement. Elle n'avait rien loupé de leur échange visuel et se délectait d'être au première loge.

« Le Professeur McGonagall n'a pas fait que réchauffer tes cheveux, avoue-le. » lui souffla-t-elle, complice.

Hermione rougit brusquement, scandalisée.

« Ginny ! »

Harry reporta son attention sur elles, intrigué et perplexe. Sa compagne n'en rit que d'avantage, il n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il se passait entre leur amie et le jeune professeur de Métamorphose. La nourriture apparut enfin sur les tables, prête à être dévorée. Chouettes et Hiboux firent leur apparition, délivrant le courrier du jour. Hermione, à sa grande surprise, se retrouva submergée de lettre ce qui déclencha la stupeur de ses camarades. L'un d'eux sembla alors remarquer l'inhabituel.

« Hey, où est Ron ? »

Ginny, occupée à taquiner son amie, s'arrêta net.

« Pas la moindre idée. Harry ? »

Potter, se désaltérant, reposa son verre sur la table.

« Je ne sais pas. Il m'a simplement dit qu'il avait quelque chose à faire. »

Le jeune homme déboula soudainement, des fleurs à la main.

« Ah, le voilà ! » s'exclama un Gryffondor.

Il s'arrêta devant la préfète et lui tendit son bouquet de fleur fraîchement coupées.

« Joyeux anniversaire, 'mione. » déclara-t-il simplement, rougissant comme un enfant.

Hermione savait que tout les yeux étaient sur eux. Embarrassée d'être encore au milieu de toute les attentions, elle accepta timidement son cadeau et le remercia. Il se pencha alors sur elle, prêt à l'embrasser. Elle écarquilla les yeux, ses mains immédiatement sur ses épaules pour l'arrêter.

« Ron ?! »

A la table des professeurs, Lexia se délectait de son chocolat chaud lorsque le jappement alarmée d'Hermione attira son attention. Son sang ne fit qu'un tour. Elle écarquilla les yeux et se leva brusquement. Le bruit de sa chaise grinçant sur le sol avait attiré l'attention sur elle. Les étudiants, n'aillant probablement aucune idée de ce qu'il se passait, commençaient à se plaindre de ce bruit particulièrement désagréable. Minerva lui lança un regard curieux alors que tout les yeux étaient tournés sur elle. Son cerveau semblait enfin enregistrer le mouvement brusque de son corps. Elle se sentait rougir, mais garda son calme. Merlin tout puissant, son corps avait simplement bougé de lui-même ! Que devait-elle faire maintenant ?!

Ron s'était éloigné d'Hermione en grimaçant. Celle-ci en profita pour l'éloigner en le poussant avec assez de force pour qu'il ne soit plus dans son espace personnel. Comme beaucoup d'étudiant, elle tourna alors son attention sur la jeune femme. Son cœur s'emballait alors, ça ne pouvait pas être une coïncidence. Était-ce enfin ce qu'elle attendait tant ?! Son expression, bien que stoïque à première vue, reflétait la panique et l'incompréhension qui semblaient l'envahir. Aussi droite qu'un piquet planté dans le sol, elle ne faisait plus le moindre geste. Plongée dans le regard de l'autre, le temps semblait s'être arrêté. Lexia ouvrit légèrement la bouche, incapable de détourner les yeux. Elle le devait, vite !

D'une main tremblante, elle attrapa son verre et le leva.

« En ce jour du 19 septembre … » commença-t-elle alors, d'une voix incertaine. Consciente qu'elle devait vite trouver une parade, elle se racla la gorge et continua. « Nous te souhaitons tous un joyeux anniversaire, Hermione. Santé ! » finit-elle par dire en français, avalant son verre de jus d'une traite.

Le silence qui régnait alors, ne faisait qu'alimenter son angoisse d'en avoir trop fait. Minerva se leva alors à son tour, beaucoup plus calmement, et leva son verre à son tour.

« Un très joyeux anniversaire, espérons-le. »

Lexia soupira de soulagement, rassurée d'avoir le soutien de la Directrice. Hagrid se leva à son tour, bientôt imité par le reste de personnel.

« Un très bon anniversaire à notre Hermione ! » s'exclama-t-il de sa grosse voix clair.

Les étudiants commençaient même à applaudir et à lui souhaiter un bon anniversaire. La préfète ne savait plus où se mettre et rougissait de plus belle. Elle les remercia chaleureusement et, discrètement, chercha le regard de Lexia mais celle-ci l'évitait, une jolie teinte rougeâtre sur les pommettes.

L'attention détournée, la jeune enseignante se rassit, le visage caché derrière ses mains jointes. Elle était mortifiée, jamais encore elle ne s'était sentie aussi embarrassée. Que lui était-il donc passée par la tête ?! Son corps avait bougé tout seul !

« Et bien, si cette pauvre miss Granger voulait passée inaperçue aujourd'hui, c'est raté. » lui souffla discrètement Minerva.

Lexia gémit alors, rougissant de plus en plus. Elle la supplia de ne plus faire de commentaire sur le sujet. Elle irait s'excuser plus tard, lorsqu'elle aurait le courage de la regarder dans les yeux.

A la table des Gryffondor, Ginny était aussi abasourdie que son amie. Que venait-il de se passer ? Lexia ne pouvait pas avoir réagit de la sorte par hasard, si ? Non. Non, c'était forcement lié. Son imbécile de frère venait peut-être de réveiller la bête endormie. Hermione ne dérougissait pas et ne quittait plus son assiette des yeux. Son cœur battait tellement qu'elle avait du mal à respirer. Bon sang ! Elle ne voulait pas se faire des idées mais elle ne pouvait s'empêcher d'espérer. L'expression confuse sur son visage, la panique dans ses yeux, son corps avait forcement bouger de lui-même. Quelle autre raison que la conduite de Ron aurait pu susciter une telle réaction ? Par Merlin, elle allait défaillir. Elle voulait tellement y croire. Se mordant la lèvre, elle osa à nouveau jeter un coup d'œil en sa direction. Lexia avait la tête baissée, prenant soin de se dissimuler le visage. Minerva semblait lui parler d'elle ne savait quoi, la faisant de plus en plus rétrécir dans son siège. C'est alors qu'elle le remarqua, son visage ne lui avait jamais parut aussi rouge. Elle mourrait probablement de honte, tout comme elle. Merlin lui vienne en aide, elle était folle de cette femme.

Lorsque le repas se termina, Ginny la traîna rapidement à l'extérieur de la pièce.

« Dis-moi que tu as vu ce que j'ai vu ! »

La préfète avait encore du mal à s'en remettre et ne savait pas vraiment quoi en penser. Elle secoua la tête, l'esprit et le cœur encore chamboulés. Bien sûr qu'elle voulait y voir un signe mais ce n'était pas suffisant.

« Hermione ! »

Ron accourut vers elles, suivit par Harry. Arrivés à leur hauteur, il ouvrit la bouche mais la brune le coupa net.

« Mais qu'est-ce qu'il t'a pris, idiot ?! Nous en avons parler des dizaines de fois et la réponse est toujours non Ron ! » rugit-elle avec colère.

Il tenta de s'expliquer mais la lionne ne voulait rien entendre. Lexia l'avait peut-être vu faire et cela suffisait à la mettre très mal à l'aise. Son comportement l'agaçait, pourquoi n'arrivait-il pas à comprendre qu'elle ne ressentait rien d'autre que de l'affection à son égard ? Combien de fois devrait-elle se répéter avant qu'il n'accepte son choix de vouloir en rester là ?

« Quel tact, vraiment. » lança alors Ginny en roulant des yeux, exaspérée. Elle attrapa son amie sous le bras et s'éloigna. Il était aveugle ou dans le déni le plus total, comme elle le pensait.

Le jeune homme, abasourdi, les regarda simplement faire, la bouche ouverte. Il finit par soupirer, résigné. Il se tourna vers son ami Harry, sidéré.

« Mais … je voulais juste lui faire un bisou sur la joue ! »

Potter soupira à son tour.

« Ron, tu as essayé de l'embrasser tout l'été. Comment veux-tu qu'elle te fasse encore confiance après l'avoir prise en traite à chaque fois ? »

Le préfet voulu argumenter mais se ravisa.

« Excuse-toi simplement la prochaine fois et dis-lui clairement tes intentions avant de te jeter sur elle de cette façon. »

Il tapa sur son épaule, pour l'encourager un peu avant de prendre le chemin du retour vers leur dortoir.

« Allez-viens, nous avons un entraînement de Quidditch à préparer. La saison vas bientôt débuter, il faut s'assurer que tout le monde est apte à reprendre son poste. Le Professeur McGonagall nous a déjà réservé le terrain. »

- x -

Aussi vite que sa jambe le lui permettait, Lexia fonça trouver refuge dans le bureau de la Directrice. Arrivé devant la Gargouille gardienne, elle s'empressa de lui donner le mot de passe.

« Firewhisky ! »

La statue pivota, lui révélant les marches. Elle s'y aventura en prenant garde à ne pas perdre l'équilibre. Une fois en haut, elle ouvrit la porte et referma derrière elle. Elle se laissa alors tomber dans le canapé, attrapa un des coussins pour y enfouir son visage et se libérer de sa frustration.

Quelle imbécile je fais ! Mais qu'est-ce qui m'a pris enfin ?! Me faire remarquer de la sorte ! Comment offrir son cadeau à Hermione si je suis incapable de la regarder dans les yeux sans rougir comme une idiote ?!

« Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?! » grogna-t-elle, le cœur battant. Ses joues brûlaient de cette honte dont elle ne parvenait pas à se défaire. Son corps, ce vil traître, avait agit de son propre chef et elle devait en assumer les conséquences. Les rares portraits présents lui lançaient des regards curieux. Certain ne manquèrent pas de lui rappeler qu'il n'était pas encore 9h du matin et qu'ils aimeraient terminer leur nuit. Elle releva la tête et soupira, le coussin sur les genoux. Elle s'excusa, le serrant contre son corps et prit enfin le temps d'observer le bureau de la nouvelle Directrice. Minerva s'était approprié l'endroit et aménagé l'espace à sa convenance. Cependant, quelques objets appartement à son prédécesseur n'avaient pas bougés de place. De la décoration d'une valeur sentimentale inestimable, en souvenir de son vieil ami et mentor. Ce bureau était un lieu spécial, occupant une place particulière dans ses souvenirs. Elle y avait passé toute son enfance, sans doute les plus belles années de sa vie. L'écho de ses rires d'enfant résonnait encore très vivement dans sa mémoire. Un sourire se forma sur ses lèvres malgré le sentiment de nostalgie qui rampait dans son cœur. Elle se souvenait de la joie immense, des petits moment de plaisir simple, de l'innocence insolente avant la dure réalité. A cette époque, tout était tellement plus simple. Elle n'était qu'une enfant encore préservée de la guerre et ses malheurs.

« Allons. Allons. Pourquoi tant d'agitation ? »

Interpellée par cette voix qu'elle ne s'attendait plus à entendre, Lexia tourna lentement la tête et observa le grand portrait siégeant fièrement derrière le large bureau de bois. Albus Dumbledore, était assis dans un grand fauteuil, un bol de bonbon au citron à porter de main.

« Oncle Albus … »

Son cœur se serra de le revoir à travers son portrait magique. C'était la première fois. Elle se revoyait encore pleurer au dessus de sa tombe, lui criant combien il avait été injuste de partir ainsi. Le vieil homme lui souriait. Bien que sa grande barbe blanche cache ses lèvres, elle pouvait le voir dans ses yeux. Ils étaient si expressifs, tantôt malicieux, tantôt inquiets, toujours bienveillants. Ils étaient si … « vivants ».

« Tu as l'air préoccupée, ma chère enfant. Y a-t-il quelque chose dont tu voudrais me parler ? »

Sa voix douce et apaisante, était une invitation à la confidence. Prise au dépourvu, elle en avait presque oublié la raison de sa venue. Elle détourna rapidement le regard, se sentant rougir à nouveau.

« Pas spécialement. J'attends Màmag. »

Albus, loin d'être idiot, savait bien que quelque chose n'allait pas. Il la connaissait depuis sa naissance, l'avait choyé comme un vieil oncle gâteux et aimé comme un père. Bien que l'expression de son visage ne laissait rien transparaître, la lueur dans son regard et sa gestuelle lui indiquaient tout le contraire. Concerné de la voir si tourmentée, il insista.

« Lexia, mon enfant, ce n'est pas au vieux singe que l'on apprends à faire la grimace. » lui dit-il, d'un ton malicieux.

Interpellée par sa remarque, elle commit l'erreur de le regarder à nouveau. Ses yeux, d'un bleu déconcertant, semblaient à nouveau pétiller. Sachant pertinemment qu'elle ne pouvait rien lui cacher, elle céda sous son regard inquisiteur et devint aussi rouge qu'une tomate. Elle tenta de masquer sa gêne soudaine en se cachant le visage entre ses mains. Il en rit, amusé de voir l'enfant innocente derrière ses traits de femme. Une fois encore, il avait vu juste.

« S'il-te-plaît, ne dis rien à Màmag. » le supplia-t-elle alors, embarrassée comme jamais il ne l'avait vu auparavant. Il la rassura en mimant fermer sa bouche à double tour et d'en jeter la clé.

La jeune femme resta silencieuse un instant, encore hésitante à l'idée d'aborder un sujet qu'elle trouvait particulièrement délicat. Ses pensées, mer chaotique d'interrogations sans réponses, semblaient ne plus vouloir se calmer. Depuis la demande en mariage de Charlie, son monde était sans dessus-dessous. Sa confession passionnée avait fait naître des sentiments qu'elle avait, jusque là, toujours porté à bout de bras. Les tenir ainsi aussi loin que possible de son cœur lui avait éviter bien des tourments liés au débâcle de l'amour. Pourquoi aurait-elle dû s'en préoccuper, sachant qu'elle ne vivrait pas assez longtemps pour voir se lever le soleil de ses 25 ans ? Pourquoi s'embêter à tomber amoureuse et faire souffrir l'autre de son absence ? Elle n'y voyait aucun intérêt à l'époque. Son sort, elle l'avait accepté.

Hermione, en revanche, n'était pas prête à la laisser mourir. Elle l'avait extirpée des mains de la Mort alors qu'elle sentait son étreinte glaciale retenir son corps. Hermione, qui avait débarquée dans sa vie tel une petite tornade et chambouler son quotidien. Faire sa rencontre avait fait vaciller sa résolution, à de nombreuses reprises. « Et si », pensait-elle alors. Un doux rêve dans une mer d'incertitude.

Aujourd'hui, ce n'était plus un rêve mais bien sa réalité. Elle avait survécu et devait à présent s'occuper de tout ce qu'elle avait délibérément laissé de côté. Apprendre à vivre en pensant à demain, à son avenir. Sa relation avec les autres ne serait plus jamais la même. Elle était libre. Une vaste terre de possibilité s'offrait à elle désormais. Elle était libre … Libre de vivre sa vie comme elle le souhaitait et apprendre à aimer, enfin. Elle qui se l'était interdit durant toute ces années. C'était une renaissance marquée au fer blanc par les premières germes florissantes de l'amour. Des germes plantées à son insu et qui, avec le temps, avaient commencées à grandir.

« As-tu … déjà été amoureux, Oncle Albus ? » lui demanda-t-elle, du bout des lèvres.

Surpris, le vieux sorcier ne dit rien. Très rares étaient les personnes à lui avoir posées cette question. L'amour, une bien mystérieuse et puissante magie. Sans doute la plus puissante de toute et la plus douloureuse aussi. Il frotta sa grande barbe et réfléchit soigneusement à la meilleure façon d'expliquer un sentiment aussi complexe car la vérité cachée dans cette question lui était évidente. Lexia n'avait jamais été introverti et rien au monde ne semblait la mettre dans l'embarras, jusqu'à présent. Un constat qui renforçait sa curiosité et la seule question qui lui venait à l'esprit était « Qui ? » Qui avait réussi à prendre son cœur ? Elle qui n'avait jamais montré de quelconque intérêts romantiques pour personne, se laissait à présent piégée volontairement dans les griffes de ce prédateur. Il devait savoir.

Inspirant tranquillement, il choisit ses mots avec beaucoup d'attention.

« L'amour … » commença-t-il avec une voix très sage. « est une expérience étrange. Il peut rendre heureux le plus misérable des hommes où rendre sa vie plus misérable encore. L'amour peut rendre fou parfois, de joie ou de tristesse. C'est sans aucun doute le sentiment le plus complexe jamais ressenti par l'homme. »

Lexia sourit tendrement. Il évitait la question, évidemment.

« Pourquoi cette question, mon enfant ? L'amour serait-il en train de fleurir dans ton cœur ? »

Son regard espiègle et sa voix taquine ne faisaient que mettre d'avantage la jeune femme dans l'embarras. Elle soupira, quelque peu désemparée.

« Je … n'en suis pas encore vraiment sûre. Peut-être bien ? » dit-elle en posant une main sur son cœur. « Est-ce vraiment l'amour ? Celui qui unit deux êtres jusqu'à la fin de leur vie ? Ce que je ressens … »

Elle marqua une pose, essayant tant bien que mal de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait depuis quelques temps. Elle semblait perdue, noyée dans l'incertitude de ses propres sentiments.

« C'est difficile à d'écrire pour être honnête. J'ai l'impression … qu'une main me serre le cœur. Je n'arrive plus à trouver le sommeil. Je ne fais qu'y penser, encore et encore. Ce … sentiment, il grandit un peu plus chaque jour et je ne peux rien faire contre lui. Il me tue à petit feu. »

Honteuse, elle cacha son visage dans ses mains. Le vieil homme était attristé de la voir dans un état pareil. Il tenta, à force de patience et de mot réconfortants, d'apaiser son angoisse.

« L'amour touche tout les âges, tout les sexes. On ne peut prédire où et quand il frappera, il surgit un jour dans les cœurs et c'est tout. Tu ne risques rien à tenter ta chance, comme tout les jeunes de ton âge. Il n'y a rien de mal à cela. »

« Je ne peux pas. »

Sa voix tremblait, ce qui l'alerta d'autant plus. Elle avait l'air si … misérable. Oh, comme il ne connaissait que trop bien ces tourments là. Lui aussi était passé par là, il parlait en connaissance de cause.

« Lexia … Tomber amoureux, c'est inévitable. Pour le meilleur, comme pour le pire, on ne peux y échapper. C'est un jeu du chat et de la souris ! Parfois, c'est le coup de foudre au premier regard. On s'aime d'un amour fou, d'un amour vrai et on ne se quitte plus. On se promet l'éternité, la fidélité, jusqu'à la fin. Et parfois, ça ne l'est que d'apparence. L'incompatibilité, les divergences d'opinion. Les besoins et les attentes ne sont pas toujours les même alors on se sépare. Même si c'est difficile, on se remet toujours avec le temps. Ce sera sans doute long et douloureux mais avant de t'alarmer de la sorte, encore faut-il que tu t'y risques. L'amour est capricieux mais plus l'enjeu est grand, meilleur est la récompense. Ton bonheur ne vaut-il pas la peine de faire le grand saut ? »

Mais Lexia garda le silence.

« Tu es si jeune, mon enfant, et toute la vie devant toi à présent. Alors vis. Croque-là à pleine dent ! Notre existence sur cette terre est bien trop courte pour se préoccuper de l'opinion des autres. Pourquoi te refuser à lui, si l'amour t'appelle ? C'est pourtant si merveilleux d'aimer. Tu en souffres simplement parce que tu n'as pas le courage de te déclarer. Et je le comprends tout à fait. C'est terrifiant de se mettre à nue de la sorte mais rien ne dit que tes sentiments ne te seront pas retournés. Alors dis-moi, qui ? »

« Oncle Albus, s'il-te-plaît … » gémit-elle.

« Je vois. Très bien, pas de nom dans ce cas. Votre lieu de rencontre alors ? »

Elle en rit alors malgré tout. Même si elle ne donnait pas son nom, il saurait tout de suite. Pour lui, ce ne serait pas très difficile à deviner. La seule personne qui avait autant d'emprise sur elle était ici, à Poudlard. Bon sang, elle était vraiment dans le pétrin.

« Lorsque j'étais en 7ème année … » commença-t-elle timidement. « C'est à ce moment là que nous nous sommes rencontrées. Pour la deuxième fois, parait-il. Je faisais simplement mon travail de préfète-en-chef, rien de plus. »

Sa voix n'était qu'un souffle fébrile. Elle se perdait alors dans ses souvenirs et sentait son cœur se serrer. Le vieux sorcier, suspicieux par ce détail, fronça légèrement des sourcils. « Pour la deuxième fois », avait-elle dit … Oui … Il commençait à avoir sa petite idée.

« Au début, nous ne parlions qu'occasionnellement mais à force de vivre ensemble … Nous nous sommes rapprochées, peu à peu, et à la fin de l'année … et bien … J'ai passé le meilleur été de ma vie, sans aucun doute. »

Elle esquissa un sourire. Il comprit alors le secret qui semblait peser si lourd sur ses épaules.

« J'avoue avoir éprouvé beaucoup d'affection à son égard, pendant de nombreuses années. Mais aujourd'hui, je me demande si il ne s'agissait que de ça où si un jour, sans m'en rendre compte … »

« L'affection presque maternelle que tu éprouvais alors pour cette jeune fille, ce serait transformer en quelque chose de plus fort. » finit-il calmement.

Lexia tressaillit. Il savait à présent. Elle avait honte, si honte mais ne pouvait plus se voiler ainsi la face. Elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Son cœur était si douloureux, elle étouffait.

« Hermione … » gémit-elle. « Je suis tombée amoureuse d'Hermione, Oncle Albus. »

Cela lui paraissait tellement évident à présent. Le déclarer ainsi, à haute voix, tout semblait plus clair. Ce qu'elle ressentait, ça ne pouvait être que ça. Merlin tout puissant, elle était amoureuse d'Hermione … Oh bon sang … Elle réalisait peu à peu les conséquences que cela aurait. Merlin tout puissant, elle était tombée amoureuse de son amie ! De son élève ! Elle se leva d'un bond, paniquée.

« Je suis devenu son professeur, je ne peux pas … ! Que suis-je censée faire maintenant ?! Je suis son amie par Merlin ! Que penserait-elle de moi, si elle savait ?! »

« Allons, calme-toi. »

L'ancien Directeur tenta de calmer la jeune femme, en vain. Lexia ne l'écoutait plus, bien trop effrayée à l'idée de perdre cette amitié qu'elle chérissait tant. Perdre Hermione … Nom d'un murlap ! Une telle chose lui était impensable. Non … elle ne pouvait pas la perdre, elle le refusait. Elle était bien trop importante à ses yeux. L'amour ne devait pas tout gâcher, elle n'en voulait pas. Hermione était son amie. Comment pourrait-elle accepter que ses sentiments à son égard se soit transformé sans son consentement ?! Elle n'avait jamais voulu qu'une telle chose se produise ! C'était tellement insensé ! Elle ne pouvait pas en être amoureuse ! Hermione était comme une petite sœur pour elle, depuis toujours. Elle l'aimait comme tel. Pourquoi son cœur semblait en avoir décidé autrement ? Ne pouvait-il pas s'en contenter ? S'il désirait tellement être aimé, pourquoi elle et pas Charlie ? Pourquoi compliquer ainsi les choses ? Non … Non … Elle ne devait pas s'amouracher d'une étudiante. Elle ne pouvait pas s'éprendre d'Hermione. Elle ne devait pas laisser ses sentiments prendre plus d'ampleur. Il fallait vite les étouffer avant qu'elle n'en souffre d'avantage. Hermione n'en saurait jamais rien et tout redeviendrait comme avant. Oui. Elle les ignoreraient, comme elle l'avait toujours fait. Tomber amoureuse, d'accord mais pas d'Hermione. Jamais.

Mais plus elle tentait de s'en convaincre, plus son cœur se serrait. Hermione … Oh, Hermione … Sa douce, sa tendre Hermione. Bien qu'elle la chérisse de tout son cœur, elle ne la voyait déjà plus comme une enfant. Elle en était horrifiée, terrifiée. Tout aurait été tellement plus simple si …

La porte s'ouvrit soudain, surprenant la jolie brune. Elle se retourna et se retrouva nez-à-nez avec la directrice. Minerva, remarquant ses yeux larmoyants et l'expression de tourment sur son visage, s'avança vivement et posa ses mains le long de ses épaules.

« Que se passe-t-il, mo leannan ?! »

Son inquiétude flagrante était la goutte de trop dans le barrage de ses émotions. Bien qu'elle est fait de son mieux pour se contenir, il céda. Elle ferma les yeux et se laissa emporter par l'inondation furieuse. Ses bras autour du corps, elle se blottit contre Minerva, cherchant un peu de réconfort. Elle pleurait à ne plus pouvoir s'arrêter et tremblait de toute part. Celle-ci était alarmée, ne comprenant pas ce qu'il pouvait bien se passer. Elle la serra contre elle et lui caressa les cheveux. Elle contempla le portrait de son vieil ami pour y trouver une explication mais ce dernier secoua tristement la tête. Elle ne pouvait donc compter que sur elle-même pour comprendre le problème. Voir sa nièce pleurer ainsi, elle n'en avait été que très rarement témoin. La dernière fois, elle n'était qu'une enfant.

« Allons, allons. Pourquoi ces larmes de crocodile ? »

Mais Lexia n'avait plus la force d'expliquer quoique ce soit. Ses sanglots étaient tels, que son corps était prit de spasme. Plus elle tentait de se calmer, plus ils empiraient. Incapable de tenir sur ses jambes, elle tomba à genoux, entraînant la Directrice avec elle. Minerva sentait sa détresse soudaine, elle résonnait dans chaque fibre de son corps. Sa nièce se brisait, en mille morceaux. Par Merlin … que se passait-il donc ? Pourquoi pleurait-elle ainsi ?

« Oh … Lexia … » souffla-t-elle, le cœur lourd de la voir ainsi. Elle la serra de toute ses forces, la berçant comme une enfant. « Tout vas bien, mo leannan. » murmura-t-elle à son oreille, lui frottant le dos avec tendresse. Elle semblait si vulnérable, si déboussolée, perdue. Recroquevillée ainsi, c'est l'enfant qu'elle revoyait alors. Son petit trésor, sa plus grande fierté.

Avec douceur, elle lui prit le visage et le releva à sa hauteur, forçant leur contact visuel. Lexia, honteuse de se mettre ainsi dans l'embarras, préférait fuir. Dans son état, elle ne pourrait rien cacher. Minerva lirait en elle comme dans un livre ouvert. Elle ferma donc les yeux, véritable fenêtre ouverte sur son âme. Les convulsions se calmaient, ses pleurs aussi mais son cœur, lui, continuait de saigner.

Sans un mot, la Directrice l'aida à se relever et lui prit la main. Comme elle avait l'habitude de le faire autrefois, elle la guida hors de son bureau et la ramena dans ses appartements en prenant un chemin discret. Sans prendre la peine de lui demander son avis, elle la mena directement dans la salle de bain et lui coula un bain. La décoration était toujours la même. Le ciel bleu, la mer à perte de vue, la crique aux sirènes, le capitaine Barbapapa et son équipage. Minerva n'avait jamais eu le cœur de la changer, elle lui rappelait des jours plus agréables, lorsque Lexia était encore à ses cotés. Visiblement, cette dernière n'avait pas eu envie de la changer non plus.

Retirant sa longue robe, elle la posa sur le meuble et se retroussa les manches. Vérifiant que l'eau était à bonne température, elle versa plusieurs produits sous son jet. La mousse, épaisse et volatile, ne tarda pas envahir le bain. Les mouettes chantaient alors que le bruit des vagues résonnaient dans la pièce. Satisfaite, elle se retourna et caressa les joues de sa nièce, qui souriait faiblement. Quelques larmes lui restaient au coin des yeux mais au moins, elle ne sanglotait plus. Ses joues étaient rougies et elle reniflait un peu, cela ne l'empêchait nullement de la trouver adorable.

Lexia se blottit alors contre elle, la tête nichée contre son épaule.

« Tu es la meilleure Màmag du monde. Je t'aime. » lui avoua-t-elle d'une petite voix, à moitié étouffée.

Minerva ne s'attendait certainement pas à une déclaration pareille. Depuis combien d'année ne l'avait-elle plus entendu dire cela ? Combien d'année sans l'avoir dans ses bras, sans la choyer ? Sans ressentir son amour débordant ? Depuis combien d'année avait-elle arrêter de vivre en attendant son retour ? Oh, comme elle lui avait manqué. Elle la serra, un tendre sourire aux lèvres.

« Entre donc dans ton bain pendant qu'il est encore chaud, je vais attendre dehors. »

Un baiser sur sa joue, elle quitta la pièce et referma derrière elle. Lexia inspira alors avant de soupirer longuement. Elle se déshabilla rapidement et entra dans son bain. L'eau était à parfaite température. Sa peau frissonna, caressée par cette douce chaleur à mesure qu'elle s'immergeait. Maintenant assise, elle ferma les yeux, la tête posée contre le rebord. Tout était si calme, le bruit des vagues pour seule compagnie. Merlin, c'est exactement ce dont elle avait besoin. Isolée dans cette salle de bain, elle avait le sentiment d'être ailleurs, loin de tout. Une baleine remonta à la surface et expira, provoquant un énorme jet de vapeur d'eau. Le bruit l'avait quelque peu surprise, n'y étant plus vraiment habituée. Puis vint le doux chant des sirènes, hypnotisante mélodie. Elle se sentait si bien, bercée par leur voix. Ici, le temps n'avait plus d'importance. Rien n'en avait. Sa salle de bain était son petit cocon de confort, sa bulle. Elle pouvait s'y détendre et y passer des heures. L'enchantement de Minerva en était la cause. Heureusement qu'elle ne l'avait pas annulé après son entrée en première année. Il n'y avait pas d'âge pour en profiter.

Trois légers coup contre la porte attira son attention.

« Tu peux entrer, Màmag. »

La porte s'ouvrit avant de se refermer lentement.

« Comment te sens-tu ? » questionna la Directrice, venant s'asseoir sur le rebord.

« Désolé de t'avoir autant inquiétée. Je me sens mieux maintenant. » répondit doucement Lexia, les yeux toujours clos.

Minerva, bien que désireuse d'en discuter, attendrait que la jeune femme aborde le sujet la première. Elle lui caressa les cheveux, ses yeux fixés sur son épaule meurtrie. La mousse en avait recouvert une grande partie, submergée dans l'eau. Elle n'en voyait que la partie immergée mais leur taille n'en restait pas moins impressionnante. C'était la première fois qu'elle les voyait sans bandages et autres pansements pour les protéger durant leur cicatrisation. Elle n'osait imaginer les circonstances de leur apparition, son cœur ne le supporterait pas.

« Màmag » entendit-elle d'une petite voix, attirant son attention loin de ces cicatrices. Elle tourna les yeux et croisa ceux de Lexia, qui lui souriait doucement.

« Tout vas bien. Elles ne sont plus douloureuses. »

Là n'était pas le problème. Jamais elle n'aurait du avoir à en souffrir en premier lieu. Si seulement elle était partie pour Ilevermorny, comme elle l'avait planifiée, plutôt que d'être restée à Poudlard ! Mais à quoi bon lui en vouloir ? Lexia était restée pour elle, pour Harry Potter et surtout pour Hermione. Elle savait parfaitement ce qu'elle faisait et en assumait pleinement les conséquences. Son égoïsme de la vouloir à tout prix en sécurité l'avait aveuglé, elle l'avait comprit. Elle ne voulait pas risquer sa vie mais s'était résignée à sacrifier celle des autres. Mais Lexia était restée et s'était battue à ses cotés, sans même qu'elle ne s'en rende compte. Ombre discrète et fidèle, elle était restée. Elle était si fière de la femme qu'elle était devenu. De lui avoir transmis ses valeurs, ses connaissances et qu'elle en fasse si bon usage.

« Te souviens-tu de ce que j'avais l'habitude de te dire, lorsque tu étais enfant ? »

« Hm. De ne plus faire pipi dans l'eau ? » demanda la brune, perplexe. « Ce n'est arrivé qu'une seule fois … » continua-t-elle, la moue boudeuse.

Minerva la regarda, incrédule, avant de rire tranquillement. Sa nièce avait toujours le mot pour rire, ça ne faisait aucun doute. Elle lui tapota le haut du crâne et lui somma d'arrêter ses sottises, qu'elle essayait d'avoir une conversation sérieuse.

La jeune femme n'en sourit que d'avantage, sachant pertinemment ce que sa mère essayait de faire. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Minerva s'était toujours préoccuper de son bien-être, comme toute mère. Elle ne pourrait y échapper. Le seul moyen de la rassurer était de lui dire la vérité mais en était-elle réellement capable … ? Son sourire se fanait lentement, le regard perdue dans l'amas de mousse devant elle. Que devrait-elle lui dire ? Par quoi commencer ? Prendre conscience de ses sentiments ne l'obligeait aucunement à faire quoique ce soit pour autant. Mais les ignorer ne ferait qu'accentuer son chagrin, elle le savait déjà. Maintenant qu'elle les avaient identifié, faire comme si de rien était n'allait pas être facile. Son cœur avait choisi Hermione, depuis le début, et elle n'avait rien vu venir. Elle qui masquait si bien ses émotions, dressant des murs infranchissables autour de son cœur. Ils étaient tous tombés, ne laissant qu'un champ de ruine. Son masque avait volé en éclat. Se sachant vulnérable en cet instant, elle ne pourrait mentir. Merlin, qu'était-elle supposer faire à présent ?

« Lexia » l'appela Minerva, une main dans ses cheveux. « Ce que nous appelons « magie » est une puissante énergie que notre corps, pour des raisons encore obscures, arrive à emmagasiner. Nous parvenons à la matérialiser et l'utilisons depuis des siècles sans vraiment en comprendre l'origine, sans connaître son fonctionnement et son impact réel sur le monde. Chaque jour apporte son lot de nouvelles découvertes mais il nous reste tant à apprendre. Cette force invisible est omniprésente dans nos vie. C'est ce que les Moldus appel le Destin, mo leannan. »

« Pourquoi me dire tout ça ? » questionna la brune d'une faible voix, la tête baissée.

« Oh je pense que tu le sais, ma chère enfant. » souffla Minerva en réponse.

Lexia écarquilla les yeux, le corps se raidissant. Lentement, elle tourna la tête et osa regarder sa mère dans les yeux. Celle-ci la regardait avec tendresse et tristesse, ce qui l'interpella. Pourquoi lui dire tout ça, d'un seul coup ? Quel rapport avait le Destin et la magie ? Elle ne comprenait pas.

« Màmag, de quoi parles-tu ? »

« Oh, Lexia. Tu ne te souviens vraiment de rien. »

Minerva soupira tristement, un soupçon d'inquiétude dans le regard. Cette remarque attisa sa curiosité. Elle se tourna complètement vers elle, lui faisant désormais face.

« De quoi devrais-je me souvenir ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés.

La Directrice se tut, ne sachant par où commencer. Pour une raison inconnue, Lexia semblait avoir oublié sa première rencontre avec la jeune Granger et ce que cela avait entraîné. Leur magie respective, cette empreinte aussi unique que leur ADN, réagissait au contact de l'autre. Un phénomène des plus rares. Tellement, qu'on le pensait de l'ordre du mythe. Pourtant lorsqu'Hermione, du haut de ses deux ans, avait attrapé les doigts de Lexia, quelque chose s'était produit. Invisible à l'œil mais pourtant bien présent dans l'air. Elle l'avait clairement ressentit. Bien sûr, elle ne l'avait comprit que bien des années plus tard. Il lui aurait été difficile de le croire, si elle n'en avait pas été témoin.

Lexia était encore dans le coma, quelques jours après son admission à l'hôpital. C'était un après-midi. Elle avait réussi à se libérer pour lui rendre visite. Sans grande surprise, Hermione était à son chevet. Assise sur le lit, elle lui caressait la main, les yeux rivés sur son visage endormi. Perdue dans son propre monde, elle ne l'avait pas entendu entrer. C'est là qu'elle le remarqua. Mains jointes, une matière étrange dansait sous leur peau. L'une, d'un brun très clair, comme pailleté d'or. L'autre, bleu presque blanc. Elles se caressaient, se fondaient l'une dans l'autre. Très surprise et intriguée d'assister à pareil spectacle, Minerva n'avait plus osé faire le moindre geste. Mais Hermione semblait l'avoir enfin sentit et se reconnecta brutalement à la réalité. Prise sur le fait, comme une biche par les phares d'une voiture, elle bondit rapidement hors du lit, lâchant la main de Lexia. Aussitôt ce contact rompu, la matière étrange se dissipa rapidement jusqu'à ne laisser plus aucune trace de son passage.

Aujourd'hui, il ne faisait aucun doute que ce n'était que la manifestation physique de cette énergie invisible. Bien qu'il soit difficile de le prouver, Minerva n'avait pourtant aucun doute. Cette force qui semblait les poussées constamment l'une vers l'autre, ça ne pouvait pas être un hasard.

« Tu es liée à Hermione, depuis votre première rencontre. Ne te souviens-tu pas de ce jour ? » questionna-t-elle à son tour, curieuse de voir sa réaction.

« Q-Quoi ?! Qu'est-ce que tu racontes ? N-Non … Je ne me souviens de rien. »

Lexia, perplexe et quelque peu alarmée par cette déclaration, fouilla dans sa mémoire, en vain. C'était le noir total, elle n'en avait aucun souvenir. Une perte bien étrange mais qui ne l'avait pas plus inquiétée que cela. Elle devait être trop jeune pour s'en souvenir, voilà tout. Mais quand même, liée à Hermione ? C'était absurde. Elle ne pouvait pas être sérieuse enfin. Une force invisible qui dicterait leur vie, au point de les lier ? Elle avait beaucoup de mal à y croire. Et d'ailleurs, qu'entendait-elle exactement par « être liée à Hermione » ?!

« Tu te moques de moi, c'est ça ? » finit-elle par dire, arquant un sourcil interrogateur.

« Ai-je l'air de plaisanter ? » répondit la Directrice, imitant son geste.

« Tu ne peux pas être sérieuse, enfin. Être liée à Hermione ? Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire de toute façon ? »

« Ne joue pas l'ignorante, tu le sais très bien. Regarde-moi dans les yeux et ose me dire que tu n'éprouves rien à son égard. » gronda faiblement Minerva, fronçant des sourcils.

Lexia eu le souffle court, le rouge lui montant aux joues. Elle ne s'attendait pas à ce que sa mère découvre si vite ce qui lui avait prit tant de temps à comprendre. Un peu honteuse, elle tenta néanmoins de s'expliquer.

« Je … Je ne sais pas pourquoi c'est arrivé … Hermione est mon amie … depuis si longtemps …Je te le jure, je n'ai jamais voulu qu'une telle chose se produise. »

Elle détourna le regard, incapable de continuer. Elle appréhendait beaucoup sa réaction pour des raisons plus qu'évidentes. La peur de voir de la déception dans ses yeux, de la honte aussi. Elle lui apportait déjà tant de soucis …

« Pardonne-moi. » murmura-t-elle.

Minerva s'agenouilla au bord de la baignoire, lui prenant le visage entre ses deux mains.

« Mo leannan, regarde-moi. »

La brune s'exécuta, hésitante.

« Jamais je ne te reprocherais quoique ce soit. Comment peux-tu l'imaginer une seule seconde ? Je suis ta mère et je t'aimerais toujours, quoiqu'il arrive. Alors parle-moi, mo nighean. »

A fleur de peau, Lexia sentait son angoisse prendre le dessus. Elle posa ses mains sur celles de sa mère et la regarda droit dans les yeux.

« Que dois-je faire, Màmag ? Je ne peux pas laisser mes sentiments grandir d'avantage. Je suis terrifiée … à l'idée qu'elle le découvre … et qu'elle s'éloigne. Je ne veux pas la perdre. Je ne pourrais jamais le supporter. » avoua-t-elle, d'une voix tremblante.

« Lui as-tu dis ? »

« Par Merlin, bien sûr que non ! Comment le pourrais-je ? Elle a toujours été comme une petite sœur pour moi. Comment suis-je censé lui dire que je … ! »

Elle se tut soudainement, fermant les yeux. Elle secoua la tête en soupirant, frustrée.

« L'aimes-tu ? »

Cette question, posée très simplement, très calmement, faisait battre son cœur. Incapable de répondre, elle baissa la tête à nouveau.

« Que dois-je faire à présent ? » demanda-t-elle une nouvelle fois, tout bas.

Minerva sentait son cœur se briser. Lexia n'avait donc aucune idée, ne voyait pas ce qu'il se passait entre elles. Hermione était si explicite pourtant, difficile de ne rien remarquer. Cette manière qu'elle avait de la regarder, la douceur dont elle faisait preuve, ce besoin de contact … Tout dans son comportement trahissait son amour grandissant à qui savait être attentif. Il lui paraissait maintenant évident que les deux jeunes femmes souffraient en silence, chacune de leur cotés, à se poser les même interrogations et redouter la même chose. Paralysées par la peur, aucune des deux n'osaient faire le premier pas vers l'autre. Une situation bien délicate.

« Charlie m'a demandé en mariage, Màmag, et je l'ai repoussé en lui disant que je n'étais pas prête, que j'avais besoin de temps. Et maintenant ça ? »

La jeune McGonagall poussa un petit rire amer, incrédule. Charlie était amoureux, elle n'avait aucun doute à ce sujet. Malheureusement, et bien qu'elle l'aurait souhaité, ce n'était pas son cas. Son cœur ne battait que pour … Hermione.

«Lexia, tu dois choisir ce qui est le mieux pour toi, pour ton bonheur. Charles est un jeune homme intelligent et réfléchis. Si dans ton cœur, tu sais que ce n'est pas ce que tu désires, il le comprendra. Un mariage sans amour, ce n'est pas un mariage heureux. Et tu n'es pas amoureuse de lui, n'est-ce pas ? »

La jeune femme secoua lentement la tête, avouant alors que les choses auraient été tellement plus simples si cela avait été le cas. Merlin, avouer ses sentiments étaient déjà une première pour elle alors le faire auprès d'une jeune femme, de son amie de longue date … Jamais elle n'y arriverait. Que dirait-elle ? Comment réagirait-elle ? L'amour valait-il vraiment qu'elle mette leur amitié en jeu ? Était-elle vraiment prête à s'y risquer ? Et si elle décidait de tenter sa chance, Minerva l'accepterait-elle ?

« Si … Si je décidais de lui en parler … ce qui n'est pas encore le cas ! Ai-je vraiment le droit … Hermione … Tu … Tu es d'accord avec ça ? » lui demanda-t-elle tout bas, avec beaucoup de timidité.

Minerva sourit un peu, caressant ses joues de ses pouces.

« Si c'est ce que ton cœur désire, je n'ai rien à dire, mo leannan. Ce que tu ressens pour Hermione … Tu ne peux rien y faire. Vous êtes liées l'une à l'autre par quelque chose qui nous dépasse. Tu en doutes certainement et je peux le comprendre mais l'évidence … tu te refuses à la voir. La peur te paralyse et c'est tout naturel d'être effrayée. »

Ne s'inquiétant nullement de savoir si elle serait trempée, elle attira Lexia contre elle.

« Je suis ta mère et je t'aimerais toujours, quoiqu'il arrive. Le choix de ton ou ta partenaire de vie ne m'appartient pas. Ce n'est pas à moi d'en décider. L'amour naît simplement dans les cœurs, on ne peux rien faire contre cela. »

Oh comme elle aurait aimer lui avouer ce qu'elle savait ou pensait avoir remarqué. Ne serait-ce que pour soulager son angoisse flagrante et cette peur du rejet. Comme elle aurait aimé lui dire qu'Hermione semblait n'attendre qu'elle, pour lui prendre la main et avancer. Elle avait eu son lot d'expérience pour reconnaître les signes lorsqu'elle les voyait. Elle aurait aimé lui dire tout cela mais elle n'en ferait rien. Ce n'était pas à elle de régler cette histoire. Lui mâcher le travail ne l'aiderait en rien. Lexia devait apprendre à surmonter sa peur pour y voir clair à nouveau. Après tout, elle était observatrice et perspicace quand son esprit n'était pas aussi tourmenté. Persuadée de perdre Hermione si elle avait le malheur de laisser transparaître quoique ce soit, elle ne voyait pas cette pauvre Miss Granger se languir en silence. L'idée même qu'elle puisse voir en elle bien plus que l'amie, ne lui avait même pas effleurer l'esprit. Mais si celui-ci était plus serein, elle le remarquerait et pourrait répondre aux appels silencieux de ce cœur qui ne demandait qu'à lui appartenir.

« Je ne souhaite que ton bonheur. Et si ton bonheur se trouve dans les bras d'Hermione alors soit. Cela ne changera jamais qui tu es. Tu es mon enfant et ma plus grande fierté. » lui souffla-t-elle à l'oreille.

Lexia soupira, le cœur plus léger. L'amour que lui portait Minerva n'avait aucune limite, il était sans condition. Elle se sentait aimée, épaulée et libre. Elle n'aurait pu espérer mieux.

« Merci, Màmag. » susurra-t-elle dans son épaule.

La Directrice lui donna un baiser sur le front avant de la libérer de son étreinte.

« Que comptes-tu faire maintenant ? »

« Je l'ignore. Je pense que j'ai besoin d'y réfléchir. C'est assez … délicat. »

« Après cette scène au déjeuner, cela m'étonnerait fort que Miss Granger te laisse en paix. D'ailleurs, tu ne lui as toujours pas donner ton cadeau. Raison de plus pour qu'elle te pourchasse, à travers tout le château s'il le faut. Je me souviens que chaque année, elle attendait ta chouette avec beaucoup d'impatience. Ne compte pas lui échapper si facilement, mo leannan. Nous savons toute les deux à quel point elle peut être têtue. » commenta la Directrice, un sourire espiègle aux lèvres.

La jeune femme, rouge de honte, plongea entièrement dans son bain. Minerva prenait un certain plaisir à la taquiner ainsi. Hermione était certainement le sujet idéal pour cela.

- x -

Dans l'après-midi, Harry avait enfilé sa tenue de Capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor et avait rendez-vous avec ses camarades pour un entraînement. Son balai à la main, il gagna le Terrain de Quidditch où l'attendait déjà Ginny et Ron. Il s'approcha d'eux, étonné de ne voir personne d'autre.

« Où est le reste de l'équipe ? »

« Il ne devrait plus tarder, logiquement. » soupira Ginny, appuyé sur son balai.

En effet, le reste des Gryffondor ne tarda pas à se montrer. Harry, satisfait, débuta alors leur session d'entraînement. Il leur expliqua son nouveau plan d'attaque, adoptant une stratégie beaucoup plus offensive pour surprendre leurs adversaires dès le début du match. En les déstabilisant ainsi, ils pourraient en profiter pour marquer le plus de point possible. L'idée avait séduite. C'était effectivement, très loin de leur jeu habituel. Ce changement était une excellente initiative.

« Nos adversaires connaissent notre façon de jouer, nous l'avons depuis des années. Ils peuvent prédire nos mouvements, nos réactions et notre façon de penser pendant le match. Nous sommes devenus trop prévisible et ça doit changer ! »

Ginny en sourit, impressionnée par l'agressivité sportive de son compagnon. Le Capitaine dispersa ses joueurs, qui enfourchèrent leur balai mais avant qu'il ne fasse de même, elle l'attrapa par le col et l'attira. Le jeune homme se heurta à elle et en rougit soudainement, un bras autour de sa taille.

« Attention Monsieur Potter. » lui glissa-t-elle à l'oreille. « Cette attitude me met dans tout mes états. »

Harry sentait un frisson étrange lui parcourir la peau et les courts cheveux qu'il avait dans la nuque, se hérisser. Sa compagne savait exactement ce qu'elle faisait, se délectant avec joie de susciter pareil réaction. L'air innocent, elle s'éloigna et grimpa sur son balai. Il resta bouche-bée, raide comme un piquet. Ses camarades sifflaient et commentaient la scène, le faisant rougir de honte.

Perchée dans les gradins, Lexia n'avait rien raté. Elle en rit de bon cœur, compatissante. Ginny était devenue redoutable au jeu de la séduction. Ce pauvre Harry n'avait aucune idée de ce qui l'attendait. Accoudée aux barrières de bois, elle s'était postée là pour avoir une meilleure vue. Directrice de Maison mais également fervente supportrice, elle décida d'assister à ce premier entraînement pour voir comment ils se débrouillaient. Sortir et s'aérer l'esprit lui ferait du bien. Le jeune Potter était un très bon joueur, le meilleur attrapeur depuis plusieurs années. Elle était curieuse de le voir exercer ses talents de meneur. Être plus offensif dès les premières minutes du match était une excellente idée mais attention tout de même à ne pas négliger ses arrières. Tout se déroulait tellement vite pendant un match de Quidditch.

Elle se redressa et prit place sur le banc. Inutile de rester debout si la possibilité de s'asseoir s'offrait à elle. Qui sait combien de temps serait nécessaire à sa guérison complète, si la guérison complète était possible, évidement. Les yeux rivés sur les joueurs, elle se massa instinctivement la cuisse. Une certaine raideur pouvait encore se sentir. Elle se demandait si les séquelles ne seraient pas permanentes. Marcher restait éprouvant.

« Ah, te voilà enfin ! » s'exclama une voix mécontente.

Sortie brutalement de ses pensées, elle écarquilla légèrement les yeux. Son corps se raidit alors qu'elle tournait la tête.

« 'mione ? »

Hermione, les mains sur les hanches, fronçait des sourcils. Ses yeux de biches lui lançaient littéralement des éclairs. Elle avait l'air remontée, les lèvres pincées. La lueur dans son regard lui donnait la chair de poule. Bon sang … Se sentant rougir comme une adolescente, elle détourna rapidement les yeux et la tête. Merlin, comment était-elle supposée rester de marbre ?! Elle était foutue.

Voyant la jeune femme reporter son attention ailleurs aussitôt sa présence connue, la préfète s'en étonna. Un peu perplexe et surprise par ce changement d'humeur, elle se ramollit dans sa posture offensive. C'est à peine si elle l'avait regardé. Pourquoi donc ? D'ordinaire, elle lui souriait et engageait la conversation. L'ignorer ainsi alors qu'elle l'avait cherchée pendant des heures, à travers le château, il en était hors de question. Lexia semblait toujours savoir où la trouver et sortait souvent d'elle ne savait où chaque fois qu'elle ressentait le besoin de la voir mais pas ce matin. Aussitôt le déjeuner terminé, elle avait simplement disparue. Probablement dans ses appartements, lieu qui lui était interdit. Depuis l'incident de la veille, elle ne l'avait pas revue. La jeune enseignante était partie comme une fusée et ne s'était plus montrée. Un comportement très inhabituel. L'idiote, et dire qu'elle se faisait du soucis pour sa jambe …

Hermione se sentait ignorer, ce qui ne lui plaisait pas beaucoup. Une pointe de colère se manifesta alors. C'était comme si …

« Lexia McGonagall, j'espère pour toi que tu n'essaies pas de m'éviter ! » déclara-t-elle d'un seul coup, les yeux écarquillés.

Scandalisée par l'idée, elle s'installa devant elle pour avoir son attention. Bras croisés, elle exigeait des explications ! La jeune femme tourna d'avantage son visage et sentait ses joues brûler d'embarras, se faisant fureur pour ne pas la regarder. Si elle faisait cette erreur, qui sait ce qu'Hermione réussirait à lire dans ses yeux. Gaaaah !

« Ne dis pas de bêtises, enfin ! Pourquoi ferais-je une chose pareille ? » s'exclama-t-elle à son tour en riant nerveusement.

Son attitude ne faisait qu'alimenter l'agacement de la préfète, qui ne comprenait pas ce changement soudain d'attitude à son égard. Comme si elle allait croire un truc pareil. Suspicieuse, elle fronça d'avantage les sourcils.

« Je suis là. » lui dit-elle alors, prenant son visage entre ses mains pour l'obliger à la regarder.

Forcée d'obéir, le jeune professeur grimaça un peu. Malgré cela, elle ne la regardait toujours pas. Hermione soupira avant de s'asseoir à ses cotés. Ses mains autour de son bras, elle se pencha vers elle.

« Qu'est-ce qu'il ne vas pas avec toi, aujourd'hui ? » s'interrogea-t-elle, contrariée.

Lexia ferma les yeux et pria Merlin. Sortir de sa tanière était un risque, elle en avait bien conscience. Rester cloîtrée dans ses appartements n'était pas une solution. Elle aurait fini par tomber sur Hermione de toute façon et l'éviter ne servait à rien. Cela n'aurait fait que pousser la jeune femme à lui courir après. Elle le savait et se sentait prête mais à présent, elle n'en était plus si sûre. Je viens de me rendre compte de mes sentiments pour toi, voilà ce qu'il y a !, s'écriait une petite voix dans sa tête. Mais bien évidemment, elle n'en dirait rien. L'amadouer n'était plus aussi facile qu'avant. Elle était devenue bien trop intelligente et experte en Lexia McGonagall pour ça. Si elle voulait se sortir de là indemne, quelques concessions étaient nécessaire.

S'armant de courage, elle lui donna enfin toute l'attention qu'elle lui réclamait, prenant garde tout de même à ne pas se faire piéger par ses grands yeux bruns.

« Ma jambe … me fait encore un peu mal. » avoua-t-elle calmement. « Tu m'as évité une chute certaine hier et je ne t'ai pas remercié convenablement alors … Je n'ai jamais chercher à t'éviter mais tu peux comprendre mon embarras, non ? » demanda-t-elle alors d'un sourire gêné.

Hermione sentait son cœur battre plus vite, un peu honteuse d'avoir pensé si vite à mal alors que Lexia était juste embarrassée. Celle-ci déposa délicatement sa main sur la sienne.

« Merci de m'avoir rattrapée. J'espère que je ne t'ai pas fais mal en te tombant dessus. » lui souffla-t-elle, les yeux rivés sur les joueurs qui virevoltaient dans les airs.

Elle souriait légèrement, quelques rougeurs sur les joues. Il ne lui en fallait pas plus, le charme opérait. La préfète sourit doucement à son tour, le menton sur son épaule.

« Non, tu n'es pas si lourde que ça. » lui répondit-elle avec malice. « Et ton dos ? Le choc avec le banc n'avait pas l'air très doux. »

« Rien d'alarmant à signaler. J'ai eu un peu mal sur le moment mais c'est passé. »

« Je suis désolée. C'est de ma faute. Je ne voulais pas te faire mal mais je n'allais pas te laisser tomber non plus. »

« Tout vas bien, 'mione. Tu n'as pas à t'excuser pour ça. J'aurais dû être plus prudente, voilà tout. J'oublie parfois que ma jambe n'est plus tout à fait en état de supporter seule mon poids. »

« J'étais inquiète. »

Ces quelques mots avaient été soufflés, très calmement, à son oreille. Lexia l'avait sentit caresser sa peau. Cela lui donna la chair de poule. Elle sentait le regard d'Hermione mais ne pouvait pas la regarder.

« Désolé. Je me sens mieux aujourd'hui. » déclara-t-elle simplement.

Après cela, le silence s'installa entre elles. Lexia était focalisée sur l'entraînement, où semblait l'être. Hermione faisait de même, lui jetant quelques coups d'œil par moment. Elle semblait pensive, le visage serein et impassible. A quoi pouvait-elle bien réfléchir ? Elle se le demandait souvent. Parfois, il lui arrivait de souhaiter pouvoir entrer dans sa tête. Cela ne lui était pas impossible avec la magie mais elle n'en ferait rien. Se serait beaucoup plus gratifiant pour elle que Lexia lui partage un bout de ses pensées de son plein gré plutôt que de les découvrir par la force. Bien sûr, user de magie pour obtenir ce qu'elle désirait serait tellement plus facile. L'Amortentia, aux effets bien que temporaires, lui permettrait d'avoir ce qu'elle convoitait tant. Lexia lui appartiendrait, certes, mais pour quelques heures seulement. Ses sentiments ne seraient aucunement véritables, ce ne serait que supercherie et il était hors de question d'y avoir recours. L'amour non réciproque poussait certain sorcier à en user, ravagés par le chagrin et le refus mais la magie n'était pas la solution à tout. Une réflexion que le jeune professeur leur répétait souvent. Elle n'était pas aussi désespérée, pas encore aussi folle pour en arrivé là. Si Lexia la repoussait, elle en souffrirait c'est certain, mais elle l'accepterait. Forcer les autres à aimer, ce n'était plus de l'amour. Ce n'était pas ce qu'elle recherchait.

« Oh, pendant que j'y pense … » entendit-elle soudainement.

Lexia l'a sorti de ses pensées, ses yeux maintenant sur elle.

« Oui ? » demanda-t-elle alors, intriguée.

La jeune femme détourna le regard, rougissant soudainement.

« Hm. »

Elle se racla un peu la gorge. Son langage corporel changea. Elle croisa les jambes, se frottant les doigts de la main gauche alors qu'elle tenait toujours son bras droit. Elle était nerveuse, Hermione le savait mais pour quelles raisons ?

« J'ai … un cadeau pour toi mais je ne l'ai pas apporté alors … »

Sa voix traînait. Visiblement embarrassée, elle faisait néanmoins son maximum pour le masquer. Elle avait un peu honte, ressemblant d'avantage à une adolescente sur le point d'avoir un premier rendez-vous avec son béguin plutôt qu'à une femme. Elle ne pensait pas que ce serait aussi compliqué !

Hermione se sentait rougir également, les yeux rond. Elle ne s'y attendait pas. Une douce chaleur se répandait dans son cœur tandis qu'un sourire paresseux se dessinait peu à peu sur ses lèvres. Depuis le début de leur amitié, Lexia n'avait jamais manqué un seul de ses anniversaires. Elle s'arrangeait toujours pour lui faire parvenir une lettre, parfois accompagnée d'une surprise. La seule exception, et bien …

« Je dois me faire pardonner de ne rien t'avoir offert l'année passée. Avec tout ce qu'il s'est passé … »

« Je sais. » assura Hermione, lui frottant le bras avec douceur.

« J'espère qu'il te plaira. »

La jeune enseignante reporta alors son attention sur elle, un sourire timide aux lèvres.

« Qu'est-ce que c'est ? »

La préfète était curieuse, impatiente de découvrir son cadeau mais Lexia n'allait pas vendre la mèche aussi facilement. Celle-ci en rit d'ailleurs.

« Et tu penses vraiment que je vais te le dire ? »

« Pourquoi pas ? »

« Peut-être parce que ce ne serait plus une surprise ? » rétorqua la jeune femme, un sourcil arqué.

Hermione se pinça les lèvres, se sentant rougir d'avantage. Foutu sourcil. Pourquoi arborer une telle expression la rendait aussi séduisante ? Elle ne lui rendait vraiment pas la tâche facile. Son attirance avait déjà atteint le point de non retour, éprise corps et âme. Plus elle passait du temps en sa compagnie, plus elle sombrait. C'était un jeu dangereux mais couper tout lien avec elle, même pour se protéger, lui était impensable. Pour gagner son cœur, elle était prête à tout risquer.

Une petite moue aux lèvres, Hermione jouait de ses charmes pour amadouer la jeune femme.

« Un indice ? » demanda-t-elle, la suppliant de ses grands yeux bruns.

Elle savait très bien qu'elle n'obtiendrait rien et qu'essayer était peine perdue. Cependant … insister lui permettait de taquiner un peu la jeune femme. C'était l'un de ses loisirs préférés. Pourquoi devrait-elle s'en priver sachant Lexia de nouveau à ses côtés ?

Le professeur de Métamorphose écarquilla légèrement les yeux, se retrouvant prise au piège dans ceux de la préfète. Ce mélange entre marron noisette et brun chocolat la rendait toute chose. Il y avait quelque chose dans son regard. Quelque chose de chaleureux, de bienveillant. Une lueur de malice et d'autre chose qu'elle ne parvenait pas à identifier. Zut. Elle qui avait plutôt bien réussi jusqu'à présent.

« J'espère que tu as des vêtements chauds dans ton armoire. » s'étonna-t-elle à lui dire.

Cela interpella la préfète, qui ne s'attendait pas à ce qu'elle lui dise quoique ce soit. Bouche entre-ouverte, elle ne la quittait plus des yeux. Cette remarque l'avait laissé sans voix, L'excitation et la curiosité montées d'un cran supplémentaire, Hermione ne tenait déjà plus en place.

« Des vêtements chauds ? Oui, j'en ai. Pourquoi ? Qu'est-ce que tu as préparer ? »

Lexia se mordit la langue, maudissant sa faiblesse.

« Assez de question, je ne dirais rien d'autre ! »

Elle croisa les bras, tournant la tête dans la direction opposée. Hermione se mit à rire, bien décidée à lui tirer les vers du nez. Mais la jeune femme était aussi têtue qu'elle et n'allait certainement plus se faire avoir.

L'atmosphère était un plus légère suite à cela. Elles suivaient l'entraînement de Quidditch ensemble et en discutait. La stratégie d'Harry était difficile à mettre en pratique sans adversaires avec lesquels s'entraîner. Lexia l'avait assez vite remarquer. Elle soupira, pensive.

« Hmm. Sans une équipe adverse, cet entraînement n'a pas vraiment d'utilité. »

Que pouvait-elle faire pour les aider ? L'objectif était de surprendre les autres équipes, ils ne pouvaient donc pas demander à l'une d'elle de se joindre à eux. Ce serait dévoiler leur stratégie et tout cela n'aurait alors servi à rien. Ils avaient besoin d'autres joueurs mais où les trouver … ? L'équipe n'avait pas de remplaçants cette année, Harry devrait organiser une sélection avant le début de la saison et les entraîner. Hmm.

Une idée lui vint alors. Elle se leva et sortit sa baguette. Elle s'approcha de la barrière en bois avant d'en poser le bout sur le coté de sa gorge.

« Harry. Approche une seconde. »

Sa voix résonna, surprenant les joueurs. Le jeune homme, surpris, vola en sa direction.

« Oui, Professeur ? » demanda-t-il, intrigué.

Lexia baissa sa baguette.

« Il te faut plus de joueur si tu veux réellement tirer profit de cette séance d'entraînement. »

Il soupira, lui disant qu'il en avait bien conscience mais que, pour des raisons qu'elle avait deviner, il se retrouvait dans l'impasse. Elle lui sourit alors.

« Allons, pas besoin de faire cette tête. J'ai peut-être une solution. Envois Ginny auprès de Madame Bibine et demandez lui de vous laisser emprunter 6 balais. Si elle vous questionne, dites-lui que c'est moi qui en fait la demande. Quand ce sera fait, apporter les ici. En attendant, faite une petite pause. »

Le jeune homme, étonné, acquiesça simplement. Il était curieux de savoir ce qu'elle comptait faire mais lui faisait confiance. Comme demandé, il vola vers Ginny et lui expliqua la situation. Intriguée elle aussi, elle quitta le terrain de Quidditch pendant que le Capitaine faisait signe aux autres de retourner sur la terre ferme.

Lexia se tourna alors vers Hermione, qui la regardait curieusement. Elle lui sourit, marchant vers elle.

« Je sais que tu ne te promène jamais sans ton sac en perle, donc je ne te demanderais pas si tu l'as sur toi. » lui dit-elle en riant. « En revanche, j'aimerais savoir si tu as une bouteille d'eau. »

La préfète était surprise.

« Comment tu … ? Non, ne dis rien. » se ravisa-t-elle en sortant son petit sac de perle.

Elle l'ouvrit et fouilla à l'intérieur. Elle trouva rapidement ce que Lexia demandait et lui tendit une grande bouteille d'eau. Celle-ci l'en remercia et l'invita à la suivre en bas. Arrivés aux escaliers, elle les descendit la première. Elle préférait savoir Lexia dans son dos, juste au cas où.

« Que comptes-tu faire avec cette eau ? »

« De la magie ! » répondit la jeune femme avec le sourire.

Hermione roula des yeux. Ce n'était pas vraiment ce qu'elle avait demandé mais ça, Lexia le savait parfaitement. Arrivées en bas, la jeune femme se dirigea un peu à l'écart du terrain et observait attentivement le sol. Elle semblait chercher quelque chose même si la préfète ignorait quoi. Elle se contenta de l'observer faire, très intriguée. Celle-ci finit par s'arrêter, s'agenouillant au sol avant d'y poser sa main. Elle caressa la terre sous sa paume pour en ressentir la texture.

« Je pense qu'ici ce n'est pas trop mal. »

Elle se releva alors et dévissa la bouteille.

« J'espère pouvoir en faire assez. » murmura-t-elle, les sourcils froncés.

Puis, elle la vida intégralement. Le sol absorba le liquide. Lexia donna la bouteille vide à Hermione et leva sa baguette au-dessus de la terre mouillée. Elle commença alors à réciter une incantation qui lui était inconnue. Le sortilège, quel qu'il soit, demandait visiblement beaucoup de concentration. La terre se mit alors à trembler, puis se craqueler alors qu'une masse sortait du sol. Hermione recula d'un pas, surprise. La brune en revanche, était imperturbable. Baguette en main, elle façonnait à sa guise cet amas de racine, d'herbe et de boue. Elle lui donnait forme humaine. La boue donnait forme au corps alors que les racines se répandaient dessus et à travers tel une coque de protection. Ce pantin de la nature, les pieds dans la boue, semblait soudainement prendre vie.

« Il me faut plus d'eau. Est-ce que tu en as ? » grogna légèrement la jeune femme, concentrée sur sa tâche.

Hermione était un peu abasourdie et n'avait d'yeux que pour cette chose sortie du sol. Elle avait peine à y croire et pourtant, Lexia était en train de façonner un être artificiel sous ses yeux. Un être de grande taille et principalement « organique ». Cette chose n'avait rien d'une illusion.

« 'mione. »

Elle se reprit, son attention reporter sur la brune.

« Non, je n'avais que celle-là. »

« Je vois. Ça ne fais rien, je me débrouillerais sans. »

Redoublant d'effort pour finaliser son œuvre, Lexia avait les doigts crispés sur sa baguette tout en gardant une certaine souplesse dans le poignet. Quelques mouvements plus tard, le Golem de terre était enfin achevé. La jeune femme recula un peu, suivit de près par la créature.

« Voilà, ça devrait faire l'affaire. Passons à la suite. »

Confiante, elle ferma les yeux. Le bout de sa baguette sur la tempe, elle en extirpa un voile blanchâtre et volatile. Hermione avait reconnu ce geste mais pourquoi extraire ainsi ses souvenirs ?

Lexia ouvrit alors les yeux.

« Donne moi ta main. » ordonna-t-elle.

Le Golem obéit et tendit son bras vers l'avant. Le geste lent, elle lâcha simplement ce morceau de souvenirs, vite absorbé par la terre. La créature faisait de drôle de bruit avant de se mouvoir d'avantage comme un être humain. Lexia semblait satisfaite, un sourire aux lèvres.

« Le plus difficile pour la fin, évidement. » soupira-t-elle alors, rouant des yeux.

Elle brandit soudainement sa baguette sur lui et récita une nouvelle incantation. La terre et le craquement des racines résonnait tandis qu'une nouvelle masse semblait sortir de son corps. Un nouveau Golem émergeait du premier, puis un autre et encore un. Lexia fronça des sourcils, éprouvée. Ce sortilège demandait beaucoup d'effort et de concentration. Bientôt, 5 Golem de terre se dressait devant elle. Ils râlaient faiblement, se mouvaient.

« 5 ce n'est pas si mal au final. » souriait la jeune femme en reprenant son souffle. « Harry aura de quoi s'occuper. »

Elle inspira alors profondément et se tourna vers la préfète.

« Alors, qu'en dis-tu ? Est-ce que ce petit tour de magie fait honneur aux expériences étranges contenues dans mes carnets ? »

La malice s'entendait dans sa voix et Hermione ne savait pas vraiment quoi lui dire. Elle s'approcha, s'arrêtant à ses côtés et observa attentivement ces créatures sorties de terre. Elles étaient hideuses mais une certaine bienveillance semblait en émaner. C'était difficilement explicable mais elle ne ressentait aucune hostilité de leur part.

« Comment as-tu fait ? »

« Hm. L'eau m'a été très utile, pour diverses raisons. Modeler la terre est plus aisée si elle est suffisamment humide. Je me suis servie de la boue pour lui donner forme. Les racines lui donnent plus de résistance, de consistance. Face à un cognard, ces pauvres Golem n'auraient aucune chance. » Elle en rit, avant de continuer. « L'eau à nourrit les racines, suffisamment pour que je puisse accélérer leur croissance. Et surtout, c'est un excellent conducteur. Je lui ai donné mes souvenirs, uniquement ceux concernant le Quidditch. J'ai assisté à bon nombre de match, et participé à certain. Ils savent donc comment bouger, comment jouer. J'ignore si cette idée saugrenue portera ses fruits mais je suis bien trop curieuse de savoir ce que cela vas donner pour renoncer. Pas toi ? »

L'étincelle dans ses yeux, elle ne la connaissait que trop bien. Sans un mot de plus, Lexia tourna les talons et ouvrait la marche, les Golems suivant le pas.

De retour sur le terrain de Quidditch, Ginny avait réussi à se procurer les 6 balais. La petite équipe discutait tranquillement quand elle remarqua leur professeur suivit par des créatures de terre. Certain reculèrent alors que d'autre écarquillait les yeux.

« Pas de panique, ils sont inoffensifs. » déclara la brune, arrivés à leur hauteur. « Voici vos adversaires. Ne vous fiez pas à leur apparences, ils savent parfaitement jouer et ne vous rendrons pas la tâche facile, je l'espère. Vous savez quoi faire, Golems. » dit-elle simplement, se tournant vers les créatures. Celles-ci poussèrent quelques bruits difformes avant d'enfourcher les balais restés sur le sol.

« Malheureusement, ils ne sont que 5. Il faudra vous en contenter mais je suis sûre que tu sauras quoi en faire, Harry. Mais si vous le permettez, je vais aller me reposer un peu. Je vous ai donner des outils, à vous de vous en débrouiller. »

Le jeune homme ne savait pas quoi dire, impressionné et un peu perplexe. Il l'a remercia et regardait les créatures voler avec aisances. C'était bien la première fois qu'il voyait une chose pareille.

« Je serais dans les gradins en cas de besoin. »

La jeune femme tourna alors les talons et invita Hermione à la rejoindre. Elle lui laissa le champ libre pour monter la première mais celle-ci refusa poliment.

« Je préfère rester derrière. »

Lexia arqua un sourcil interrogateur avant de sourire légèrement. C'était donc ça. Elle s'inquiétait encore pour sa jambe. Bouche cousue, elle en rit simplement avec douceur avant de monter la première. Arrivée en haut, elle prit place et soupira, bien contente de pouvoir se reposer. Devant elle, les choses sérieuses avaient commencées. L'équipe de Gryffondor était déstabilisés de jouer face à des êtres artificiels alors que ces derniers ne montraient aucune pitié. Lexia s'en félicitait.

« N'ayez pas peur, ce n'est que de la terre et des racines. Riposter ! »

Harry avait visiblement choisi de les utiliser de la meilleure façon possible. Les 5 créatures occupaient les postes de batteurs et poursuiveurs. Un gardien et un attrapeur étaient inutiles. Il entraînait les autres, pas lui. Il donna ses directives et demanda à ses joueurs d'être plus réactifs.

« Hey, 'mione. » interpella doucement la jeune femme.

La préfète tourna la tête vers elle.

« Oui ? »

« Je suis un peu fatiguée. Je vais simplement fermer les yeux quelques instants, si tu veux bien rester encore un peu. »

Lexia lui souriait tranquillement, la fatigue se lisant dans ses yeux. Hermione acquiesça.

« D'accord. »

« Merci. » soupira le jeune professeur.

« Tu peux t'appuyer sur moi si tu veux. » indiqua la préfète, regardant à présent droit devant elle.

« Désolé. » murmura la brune en s'allongeant sur le dos. Elle posa sa tête sur les genoux de la préfète et ferma les yeux. Le sommeil manqué par toute ces nuits blanches la rattrapa rapidement. Hermione le remarqua et s'en inquiétait. Lexia avait beau le cacher, elle avait apprit à remarquer ce genre de détail. Plus rien ne semblait lui échapper lorsqu'il s'agissait de son bien-être. Depuis combien de temps n'avait-elle pas convenablement dormi ? Elle semblait si paisible en cet instant. Un peu hésitante, elle lui caressa les cheveux et soupira doucement. Mille et une pensées lui traversaient l'esprit. Elle s'inquiétait, pour beaucoup de chose. L'avenir était encore un peu flou, bien qu'elle sache ce qu'elle veuille. Il en était certaine qu'elle ne pourraient probablement jamais avoir. Lexia était l'une d'elles et pour une raison inconnue, elle n'arrivait pas à se faire à l'idée. Pourtant, elle le devrait, peut-être. Jamais elle ne pourrait la forcer à retourner ses sentiments. Elle le savait pertinemment alors pourquoi était-ce si difficile d'envisager à renoncer ? Pourquoi ressentait-elle le besoin urgent d'être aimée en retour ? Pourquoi malgré toutes ses tentatives, elle finissait toujours par revenir vers elle ? Pourquoi ? Pourquoi Lexia faisait naître en elle un tel sentiment … d'appartenance ? C'était tellement étrange. Elle se sentait prise au piège mais ne ressentait aucune inquiétude pourtant. Comme si, peu importe la force en action, elle l'acceptait sans hésitation. Elle était prête à s'abandonner, complètement. Quitte à en souffrir. Il était déjà trop tard pour faire marche arrière, son cœur ne lui appartenait plus depuis longtemps. Elle ne s'en était jamais rendu compte jusqu'à présent, voilà tout. Viktor, Ron, même Cormac … Si aucun d'eux n'avaient réussi à le prendre, c'est parce que Lexia l'avait emporté avec elle en France et ne lui avait jamais rendu depuis. Elle le gardait farouchement sans même le savoir.

Hermione sentait sa main trembler, l'angoisse profondément encrée en elle. Elle était inquiète que toute cette histoire finisse mal. Il était trop tard pour se protéger, pour limiter les dégâts. Elle ferma les yeux à son tour, la respiration fébrile. Oh Merlin, pourquoi l'amour était si capricieux avec elle ? Pourquoi ne pouvait-elle pas jouir d'être heureuse comme l'étaient Harry et Ginny ? Pourquoi était-ce si douloureux pour elle alors que cela semblait merveilleux pour les autres ? N'avait-elle donc pas droit au même bonheur ?

- x -

« Lexia, réveille-toi. »

Une main caressa ses cheveux, lui arrachant un faible grognement. Elle ouvrit les yeux et se retrouva bien vite plongée dans des yeux bruns aussi chaleureux qu'un soleil à son zénith. Hermione lui souriait avec douceur. Surprise de s'être endormie, elle se releva et s'excusa. Elle regarda autour et remarqua que le terrain de Quidditch était vide. Le soleil commençait à entamé sa course vers le couchant.

« Combien de temps ai-je dormi ? »

« Une bonne partie de l'après-midi. Tu avais l'air fatiguée alors je ne t'ai pas réveillée. Harry a congédier l'équipe après que tes golems de terre se soient dissous. Oh, il m'a demander de te remercier d'ailleur. Grâce à toi, l'entraînement à été très instructif. »

« Je vois. »

La jeune femme s'étira, les muscles un peu raides.

« Désolé. J'ai visiblement accaparé ton temps. J'espère que tu n'avait rien d'urgent à faire ou des gens à voir. C'est ton anniversaire après tout. »

Hermione secoua légèrement la tête. Elle aimait profondément ses amis, il n'y avait aucun doute, mais rester seule à la cajoler après le départ de Harry et ses équipiers, elle n'aurait pu envisager mieux. Elle était très satisfaite de l'utilisation de son temps.

Lexia frissonna soudain, la température de son corps avait chuter durant son sommeil. Elle se frotta les bras et regarda la brune à ses côtés.

« Une boisson chaude, ça te tente ? »

La préfète parut étonnée, l'espace d'un instant. C'était … une invitation.

« Pourquoi pas. » répondit-elle simplement. « Où allons-nous ? »

Lexia se leva et lui sourit.

« J'ai une petite affaire à régler avant mais, pourquoi ne pas me rejoindre dans mes appartements dans, disons, une demi-heure ? »

Hermione écarquilla les yeux.

« Tu es sûre ? »

« Oui, pourquoi ? T'inviter à boire quelque chose en ma compagnie n'est pas interdit par le règlement. »

Lexia en rit, prenant le chemin de retour. Hermione suivit le mouvement, la devançant dans les escaliers. Lorsqu'elles arrivèrent aux portes du château, la jeune femme lui indiqua le chemin le plus discret à emprunter pour pouvoir la rejoindre sans attirer la curiosité. Elle lui dévoila l'emplacement exacte de l'entrée de ses quartiers, ainsi que le mot de passe à fournir.

« Croissant … au beurre ? » répéta alors la préfète, avec hésitation. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Une viennoiserie très répandue en France, principalement consommée au petit déjeuner. Si il y a bien une chose que je regrette depuis mon départ, c'est leur nourriture. »

A se remémorer tout ce qu'elle avait eu l'occasion de manger durant son séjour, elle en salivait. Hermione leva un sourcil, perplexe.

« Tu ne pouvais pas choisir un mot de passe plus simple à prononcer ? »

« Pourquoi ? Celui-ci me convient très bien. Tu as toutes les informations pour venir me trouver alors à tout à l'heure ~ »

Lexia tourna les talons, lui adressant un petit signe de la main avant de disparaître. Hermione sentait alors une douce chaleur se répandre dans son cœur. Elle était impatiente de pouvoir passer encore quelques heures de plus avec la jeune femme. Elle se sentait même privilégiée, dans un sens. Aucun autre étudiant n'avait dû se voir offrir cette possibilité. Être son amie depuis si longtemps avait ses avantages. D'un pas tranquille, elle décida de regagner la Tour des Gryffondor pour la demi-heure à venir.

Lexia était arrivée devant la porte menant au bureau de la Directrice. Elle frappa trois fois avant d'entrée. Passant la tête dans l'embrasure, elle regarda autour.

« Màmag, tu es là ? »

Minerva était occupée à traiter une pile de parchemin lorsque la voix de la jeune l'interpella. Intriguée, elle releva la tête en sa direction et l'invita à entrer.

« Tout vas bien, mo leannan ? » l'interrogea-t-elle, surprise de la voir revenir si tôt.

Le jeune professeur de Métamorphose referma derrière elle et s'avança vers le bureau. Elle acquiesça, sans un mot avant de prendre une chaise et s'y asseoir. Un peu embarrassée de lui refaire face après leur cœur à cœur dans la salle de bain, elle ne savait pas vraiment par où commencer. Peut-être aurait-elle dû s'en occuper avant de fondre en larme et ouvrir son cœur de la sorte. Elle ne pouvait pas être plus gênée …

« Hm. J'ai quelque chose à te demander, en fait. »

« Oui ? Qu'y a-t-il ? »

« J'aimerais … faire sortir Hermione du château pendant quelques heures après le repas. Est-ce … possible ? »

Minerva garda le silence un instant, les mains jointes sur le bureau.

« Je présume que cette demande a un rapport avec le cadeau que tu souhaites lui offrir. »

Lexia acquiesça simplement, quelques rougeurs sur les joues.

« Si elle quitte l'établissement avec un professeur et que ce dit professeur remplit un formulaire pour se porter garant de sa sécurité jusqu'à son retour à Poudlard ... » commença la Directrice, le regard inquisiteur. « Alors oui, Miss Granger sera autorisée à quitter le château. » finit-elle, en ouvrant l'un des tiroirs de son bureau. Elle en sortie un parchemin qu'elle lui tendit.

« Je dois te prévenir, cependant. Vous devrez revenir avant minuit. »

« Entendu. Je ne pense pas que nous aillons besoin de plus de toute façon. »

La jeune femme parcourut le document, le lisant avec attention. Minerva lui laissa sa plume à disposition pour qu'elle puisse le remplir.

« Alors … Où comptes-tu l'emmener ? »

« En Islande. » déclara nonchalamment Lexia, occupée à remplir le formulaire.

Sa réponse piqua la curiosité de Minerva.

« Voilà une destination peu commune. Transplaner aussi loin ne vas pas être facile. »

Elle s'en inquiéta un peu mais la jeune femme la rassura d'un sourire, lui disant que ce n'était pas son premier voyage vers cette destination. Lexia était confiante en ses capacités, voyager avec Hermione ne l'inquiétait pas plus que cela.

« Pourquoi l'Islande ? » questionna la directrice, curieuse d'entendre la raison de ce choix.

« Il y a quelque chose qu'elle doit absolument voir. C'est peut-être un tôt ceci dit … J'espère que nous pourrons en voir malgré tout. » murmura la jeune femme, les sourcils froncés.

Cette remarque semblait avoir mit la puce à l'oreille à Minerva. Elle écarquilla légèrement les yeux, surprise. Lexia avait encore fait preuve d'imagination pour surprendre la préfète. Elle était même plutôt impressionnée et relativement fière que sa nièce la dorlote autant. Elle le faisait naturellement, sans attendre quoique ce soit en retour. Ses petites attentions avaient déjà eu raison de son cœur. Si seulement elle pouvait s'en rendre compte …

Elle soupira discrètement.

« Je vois. C'est un beau cadeau. Je suis sûre que Miss Granger l'appréciera. »

« Tu penses ? » soupira Lexia, un peu incertaine.

« Bien sûr. » sourit Minerva. « Souviens-toi bien d'une chose, mo leannan. C'est toujours l'attention qui compte. Et puis, soyons honnêtes. Même si tu lui offrait une simple fleur, elle l'adorerait. »

« Je me demande. Il n'est pas encore trop tard pour les fleurs. »

« Ton cadeau est parfait. »

La jeune femme en sourit un peu, remerciant Minerva d'être aussi ouverte et compréhensive. Elle lui tenait la main, l'aidant à faire ses premiers pas sur un chemin semé d'embûches. Bien sûr, l'inconnu lui faisait peur mais savoir que Minerva n'était jamais loin lui donnait le courage de s'y aventurer. Il lui faudrait encore un peu de temps avant de pouvoir vraiment lui lâcher la main et continuer seule mais elle y arriverait, c'était certain. Elle prendrait le temps nécessaire pour se reconstruire et envisager sérieusement son avenir. Quelqu'un viendrait peut-être même lui prendre la main à son tour pour faire un bout de chemin en sa compagnie, qui sait ? Et pourquoi pas finir cette aventure à deux ? Mais lorsqu'elle s'imaginait debout en plein milieu de ce chemin, une croisée se dressait devant elle. Charlie l'appelait d'un côté tandis que de l'autre … Hermione lui souriait, si chaleureusement, si … simplement. Elle ne s'en était pas rendu compte jusque là mais ses pas la conduisaient sans hésitation vers la jeune femme. C'était elle, après tout.

Un triste sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée. Oh Merlin … elle était vraiment amoureuse, n'est-ce pas ?

« Quelque chose ne vas pas ? » interrogea doucement la directrice. Elle avait remarquer son regard perdu et le changement progressif de son expression. Sa nièce était dans la tourmente.

« Non. Tout vas bien, Màmag. J'ai terminer de remplir ma demande, je ne vais pas te déranger plus longtemps. Tu as tellement de travail. N'oublie pas de te reposer. »

Elle se leva et contourna le bureau. Elle s'agenouilla et avec douceur, déposa ses lèvres sur la joue de sa tutrice.

« Je t'aime, Màmag. Je suis désolée de te donner tant de soucis. »

Puis, elle quitta le bureau. Minerva soupira doucement, préoccupée de constater qu'avouer ses sentiments à un partenaire de même sexe soit toujours aussi compliqué. L'amour était aveugle, n'aillant que faire du sexe, de l'âge, du sang. Les seuls à créer des disparités, à rendre les choses plus compliquées qu'elles ne le sont vraiment, c'était eux. Sorcier ou Moldu. Elle pouvait comprendre la crainte du regard d'autrui, de la société. La pression qu'ils exerçaient avait détruit bien des mariages. Elle en savait quelque chose. Elle espérait seulement pouvoir les aider autant que possible. Hermione avait toujours eu une place spéciale, que ce soit dans le cœur de Lexia ou le sien. La vie en dehors des murs du château … Si elles s'engageaient réellement sur cette voix, elle devrait s'assurer que chacune d'elle ait bien conscience de ce qui les attends à l'extérieur. Leur détermination devra être aussi inébranlable que leur amour. C'était le seul rempart face à la cruauté du monde. Les voir se déchirer lui briserait le cœur.

Lorsque Lexia regagna ses appartements, son esprit était ailleurs. Ses pensées étaient pleines d'une certaine jeune femme, de quelques années sa cadette. Qu'elle le veuille ou non, il lui montrait des images qui faisaient battre son cœur. Son avenir, avec Hermione. Ce à quoi il pourrait bien ressembler. A ce qu'elle voulait qu'il ressemble. Évidement, tout à l'air si parfait. Elle le voulait. Elle le voulait tellement que s'en était douloureux quelque part. Ce n'était qu'un rêve, doux et amer à la fois. Elle se torturait à soudainement désirer ce qu'elle n'aurait probablement jamais. Se déclarer … ? Elle n'était pas prête à risquer ce semblant d'amitié qu'il lui restait avec la préfète. Tant pis si elle devait jouer la comédie, si en contre-partie elle pouvait la garder encore un peu. Ce sacrifice, elle était prête à le faire.

Assise dans son canapé, la tête reposé contre l'appui-tête, elle regardait le plafond. Le bruit des aiguilles de l'horloge pour seule compagnie, tout était si calme. Sur la table basse devant le canapé, une petite boite couleur crème enroulée d'un ruban en satin chocolat. Le temps lui paraissait long et à la fois si court. Elle se languissait de voir la préfète mais redoutait sa présence. Elle mettait son cœur sans dessus-dessous. Lexia soupira et ferma les yeux. Le bruit de l'horloge pour seule compagnie.

Lorsqu'elle les rouvrit, l'odeur du chocolat chaud venait se mélanger à celui du thé. Elle ressentait une présence à ses côtés et tourna la tête. Hermione était là, confortablement installée avec un livre sur les genoux. Celle-ci était bien trop absorbée par sa lecture pour la remarquer. Un coup d'œil à l'horloge, il était 17h. Ses yeux à nouveau sur le préfète, Lexia prenait grand soin de ne faire aucun mouvement qui trahirait son réveil. Ainsi, elle pouvait l'observer sans attirer son attention. Hermione la fascinait. Chacune de ses mimiques, de ses expressions. Plongée dans sa lecture, plus rien n'avait d'importance autour. Jambes croisées, la tête légèrement penchée. D'ici, elle avait une vue parfaite sur la peau délicate de son cou, habituellement cachée par le col de sa chemise. Elle se grignotait la lèvre, impatiente de découvrir la suite de cette histoire si captivante. Soudainement hypnotisée par cette mauvaise habitude, elle n'avait d'yeux que pour cette bouche qui ne demandait qu'à être embrassée. Incapable de s'en détourner, son cœur s'affolait. Doux Merlin, était-ce donc cela, la tentation ? Comment y résister ? Oui, elle redoutait sa présence mais ne pouvait s'en passer pour autant.

Hermione cligna des yeux, tournant instinctivement la tête sur la jeune femme à ses côtés. Ses yeux désormais encrés dans ceux de Lexia, elle se sentait rougir sous son regard insistant.

« Tu es réveillée. »

Lexia acquiesça, ne bougeant pas d'un pouce. Puis, d'un geste lent, leva la main. Elle la déposa contre sa joue et du bout de son pouce, lui caressa la lèvre inférieur. Hermione sentit son cœur rater un battement, les yeux légèrement écarquillés.

« Si tu continues à te mordre les lèvres de la sorte, tu vas vraiment finir par les abîmer. Ce serait dommage. »

Plus rougissante que jamais, la préfète ouvrit la bouche mais s'arrêta en pleine action. Plongées dans le regard l'une de l'autre, Lexia sentait sa peau frissonner. Quelque chose … montait en elle. Irrémédiablement attirée par elle, elle se pencha sur la brune et déposa ses lèvres sur les siennes. Elle voulait y goûter, découvrir leur texture. A leur contact, son cœur s'embrasa d'un seul coup. Oh Merlin, elles étaient parfaites. Douces et charnues à souhait. Plus elle l'embrassait et plus elle en voulait d'avantage. Elle était comme affamée, les lui dévorant à lui en couper le souffle. Le peu d'oxygène qu'elle parvenait à peine à inspirer lui brûlait les poumons. Le besoin avait créer un gouffre qui exigeait d'être combler à tout prix. Le désir contrôlait ses actions. Il dominait ses sens. Elle avait faim, soumise à l'envie urgente de ne faire qu'une bouchée de sa proie.

Bouche contre bouche, elle attrapa Hermione et l'assit à califourchon sur ses genoux. Une main dans ses cheveux et l'autre agrippée au dos de son uniforme, ses faibles gémissements ne faisaient qu'accroître son appétit. Sa raison soufflée au loin, seul restait l'envie. Elle l'a rendait folle. Lui résister était futile. La respiration en lambeaux, se détacher de ses lèvres délicieuses était impossible.

Lexia avait perdue l'esprit, emportée par l'urgence de ses besoins. Hermione suivait le mouvement comme elle le pouvait, gémissant dans sa bouche. Elle l'appelait tant bien que mal, à bout de souffle. Encore, et encore. Entre doux gémissement et ferme complainte. Prise soudainement de vertige, elle ferma les yeux. La sensation d'Hermione sur elle se dissipait peu à peu, jusqu'à ne laisser qu'une impression de vide. Elle gémit alors, la chair de poule lui parcourant la peau.

« Lexia. »

Surprise, elle ouvrit brusquement les yeux et se redressa d'un coup. La respiration haletante, le cœur frénétique, elle expira bruyamment. Sur ses lèvres planait encore la sensation d'avoir dévoré celle d'Hermione. Elles étaient en feu, de léger picotements les lui chatouillant. Elle tourna la tête et tomba face à face avec la dite jeune femme.

« 'm-mione ?! » se surprit-elle à demander, alarmée.

Les images et la sensation de l'avoir littéralement agressée en mémoire, Lexia en rougit comme une tomate. Un rêve ?! C'était un rêve !

La préfète la regardait curieusement, alertée par son sommeil agité.

« Est-ce que tout vas bien ? »

La brune soupira et se laisse retomber dans le canapé. Elle n'y croyait pas. Comment avait-elle pu faire un rêve pareil avec Hermione juste à côté ?! Se cachant rapidement le visage derrière ses mains, elle se maudissait. Il n'y avait pas pire timing. Rouge de honte, elle s'excusa et quitta le salon sous le regard interrogateur de son amie. Dans la salle de bain, elle ferma derrière elle et s'adossa contre la porte. Poussant un long soupire, elle ferma les yeux et tenta de reprendre son calme. Quelle idiote, vraiment. S'enfuir de la sorte, il n'y avait pas plus suspicieux. Un peu d'eau froide lui ferait du bien. Elle s'approcha du lavabo et ouvrit le robinet. Elle s'aspergea le visage et sentait déjà le sang redescendre.

Quelques coups discrets contre la porte l'alerta.

« Lexia, est-ce que tout vas bien ? »

Derrière la porte, la voix d'Hermione était emprunte d'une certaine préoccupation. La jeune femme s'essuya le visage avant de lui ouvrir. Grand sourire aux lèvres, elle s'excusa encore avant de l'accompagner au salon.

« Excuse-moi, je me suis assoupie sans m'en rendre compte. J'ai été un peu surprise de te voir. »

Bien qu'elle en rit, avoir été surprise de la sorte était assez gênant. Surtout après avoir fait un rêve aussi … S'en souvenir lui donnait encore la chair de poule. Elle secoua lentement la tête et se rassit dans son canapé.

« Je ne voulais pas te réveiller. Je me suis permise de parcourir ta bibliothèque, j'espère que ça ne t'ennuie pas. »

La préfète rougissait un peu mais son sourire, même timide, trahissait l'excitation de ses petites découvertes. Lexia en sourit doucement.

« Oh mais je t'en pris ma chère, fais donc comme chez toi. »

Hermione n'avait pas besoin qu'on le lui dise deux fois. Elle reprit place aux cotés de la brune, déposant le livre qu'elle avait commencé sur la table basse. Son corps tourné vers elle, elle en profita pour l'étudier attentivement. Elles n'étaient pas encore suffisamment marquées pour être visibles de loin mais les cernes sous ses yeux l'interpellaient tout de même. Sourcils froncés, l'observer ainsi en révélait de plus en plus à mesure qu'elle s'attardait ici et là. Les traits de son visage montraient clairement un manque de sommeil réparateur.

« Encore des cauchemars ? » lui demanda-t-elle avec douceur.

Cette question déconcerta quelque peu la jeune femme, lui valant un regard en coin curieux.

« Tu vas me penser naïve de croire qu'ils auraient diminués depuis. » finit par soupirer Lexia. A quoi bon lui mentir ? Elle aurait finit par le savoir de toute façon.

« Non. » répondit alors tranquillement Hermione. « Ils m'empêchent de dormir aussi. »

Lexia n'était pas étonnée de l'entendre. Durant ces quelques semaines passées au Terrier, elle en avait été témoin à plusieurs reprises. Hermione était en proie à de terribles terreurs nocturnes. La réveiller était presque impossible et même quand ils y parvenaient, son état d'angoisse extrême l'empêchait de retrouver le sommeil. Ses crises de panique étaient très impressionnantes, même pour elle. A un point tel, qu'elle l'avait invité à partager la chambre de Charlie en sa compagnie. Ginny ne s'en était pas plainte mais Lexia savait qu'elle aussi avait besoin de repos. Entendre son amie hurler en plein milieu de la nuit avait même réveillé toute la maisonnée. Il lui avait glacer le sang. Également en proie à ses propres cauchemars, elle ne savait que trop bien ce que traversait Hermione. Pour cette raison, elle avait insonorisé la chambre grâce à un sortilège et avait passé bon nombre de ses nuits à veiller.

« Câlin ? »

La préfète hésita un instant, visiblement gênée. Lexia ouvrit alors son bras pour lui laisser le loisir de venir se blottir si elle le souhaitait. Hermione accepta finalement. Elle enroula ses bras autour de sa taille et vint reposer sa tête contre son épaule. Aussitôt installée, la jeune McGonagall la serra, une main dans ses cheveux.

« Ils finirons par s'estomper mais il faudra être patiente et tenir bon jusque là. Courage. Tu peux y arriver. »

Quelques mots chuchotés, un tendre baiser donné, Hermione se blottit d'avantage et ferma les yeux. Son cœur battait la chamade, trouvant le réconfort dont elle avait besoin entre ses bras. L'amour semblait être le baume apaisant qui soulageait tout ses maux. Pour l'instant.

« Je vois que tu n'as pas encore ouvert ton cadeau. »

Cette remarque lui arracha un sourire.

« J'attendais que tu te réveilles. »

« Je vois. Tu peux l'ouvrir maintenant. »

Mais Hermione secoua légèrement la tête, se complaisant dans son étreinte.

« Plus tard. Laisse-moi rester comme ça encore un peu. »

Lexia garda le silence quelques instants, incapable de lire les expressions de son visage dans leur position actuelle. Attendrie, elle reposa sa joue contre le haut de son crâne et ferma les yeux.

« Comme tu voudras. »

- x -

Alors que tous sortait de la Grande Salle après le dîner, Ginny emboîtait rapidement le pas à Hermione. Arrivée à sa hauteur, elle enroula son bras autour du sien et posa son menton sur son épaule.

« Alors, cet après-midi avec notre chère professeur était comment ? »

La préfète leva les yeux au ciel, riant légèrement.

« Très bien. Merci. »

« Tu sais très bien que je vais te demander des détails, n'est-ce pas ? »

« Le contraire m'aurait étonné. »

Les deux jeunes femmes retournèrent dans leur Tour. Hermione ne s'était pas privée de raconter son après-midi avec Lexia, gardant néanmoins certain détail pour elle. C'était très rafraîchissant et agréable de pouvoir en discuter librement avec Ginny. Comme tout les soirs, elles s'installaient dans la salle commune et passaient leur soirée à discuter. Parfois, Ron et Harry les rejoignaient. Ce qui était visiblement le cas ce soir. Les deux jeunes hommes prirent place, s'intégrant facilement à la conversation. Ron, aussi discrètement que possible, avait essayer de s'excuser et d'expliquer son geste. Hermione l'avait écouté mais savait bien qu'il n'avait pas dit son dernier mot pour autant. Certes, cette fois il voulait simplement l'embrasser sur la joue mais d'ici quelques semaines, il recommencera. Elle en était persuadée.

Les heures défilaient lentement, jusqu'à ce que l'horloge indique 21h. Un de leur camarade se présenta alors et tendit un morceau de papier à Hermione. Celle-ci était surprise mais le remercia.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda alors Harry, intrigué.

Hermione déplia le dit morceau, le parcourant des yeux. Elle finit par soupirer, le jetant dans la cheminé.

« Quelqu'un s'est amusé à saccager le potager d'Hagrid. Convocation de la Directrice, je dois y aller. »

« Courage. »

Ginny lui tapota gentiment l'épaule.

« A plus tard. »

Harry lui sourit gentiment.

« Tu veux qu'on t'attende ? » s'exclama soudainement Ron.

« Pas besoin. Je risque de rentrer tard. A demain. »

Hermione quitta la Tour des Gryffondor et se dirigea vers le bureau de la Directrice. Elle n'était pas vraiment enchantée de veiller tard ce soir mais n'avait pas vraiment le choix. Elle maugréa, maudissant les idiots qui avait trouvé l'idée divertissante de tourmenter ce pauvre Hagird. Ils ne perdaient rien pour attendre si elle mettait la main dessus.

« Hey 'mione. »

La préfète sursauta, surprise. D'un geste rapide, elle se retourna.

« Lexia ? Mais qu'est-ce qu- »

Mais avant qu'elle ne puisse terminer, la jeune femme posa son index sur ses lèvres, lui indiquant de ne faire aucun bruit. Un simple sourire aux lèvres et sans un mot de plus, elle l'attira dans une étreinte.

« Je vois que tu as bien réceptionné mon petit message. Pardonne-moi ce vilain tour mais je n'avais pas d'autre solution pour t'attirer ici sans éveiller les soupçons. Tu te souviens de cette petite faveur dont je t'ai parlé ? »

Hermione écarquilla les yeux avant d'acquiescer. Les scénarios improbables qu'elle s'était imaginés lui revenant soudainement en mémoire, elle sentit son cœur accélérer. Après tant de mystère, elle allait enfin savoir le fin de cette histoire.

Lexia soupira doucement dans son oreille, la faisant frémir.

« Viens avec moi. »

Sans hésitation, pensait-elle alors. Elle était même prête à la suivre jusqu'au bout du monde si elle le lui demandait.

Jetant un rapide coup d'œil autour, la jeune McGonagall prit à nouveau la préfète par la main et ouvrit la marche.

« Nous devrons nous faire discrète. Par ici. »

Évitant habillement tout les couloirs encore fréquentés par les élèves, elle réussit à les conduire hors du château. Devant les grilles de se dernier, Lexia s'assura une nouvelle fois de ne pas être vues avec Hermione. Organisée, elle avait attendue que le soleil se couche avant de se présenter devant elle. Deux précautions valent toujours mieux qu'une, n'est-ce pas ? Cette dernière avait un peu protester, se plaignant de ne pas voir où elle mettait les pieds. Elle n'en rit que d'avantage, lui disant de lui faire confiance car elle y voyait pour deux. Toutefois, le calvaire de cette pauvre Hermione n'allait pas durer. Elles étaient certes plongées dans la pénombre, loin du château mais fort heureusement, la jeune enseignante avait pensé à tout.

« Attends moi ici une seconde. »

Elle libéra la préfète pour se diriger derrière l'un des nombreux arbres présents. Derrière l'un d'eux attendaient sagement quelques affaires. Lanterne en main, elle l'ensorcela, leur prodiguant une source de lumière suffisante.

« Voilà. C'est mieux ? »

Hermione croisa les bras.

« Tout le monde n'a pas la chance d'être un animagus et de voir dans la noirceur la plus totale, Professeur McGonagall. »

Elle frissonna légèrement, enroulant ses bras autour de son corps pour se réchauffer un peu. Sans soleil, la température chutait facilement de plusieurs degrés. Lexia, lanterne en main, attrapa deux manteaux qu'elle avait préalablement dissimulés avant de retourner à ses côtés.

« Tiens, celui-ci ne devrait pas être trop grand pour toi. » dit-elle à la préfète, lui tendant l'un d'eux avant d'enfiler le sien.

Hermione était de plus en plus intriguée. Que faisait-elles donc à l'extérieur et pourquoi devrait-elle porter un manteau ?

« Vas-tu enfin m'expliquer pourquoi autant de mystère ? » la questionna-t-elle, sourcils froncés.

Intriguée certes, mais également impatiente. Rester dans l'ignorance n'était vraiment pas sa tasse de thé. Elle enfila le manteau d'hiver et sentait déjà l'enchantement réchauffer son corps. Elle espérait des réponses mais la jeune femme ne dit rien. Elle posa ses mains sur ses hanches, l'air exaspérée.

« Un peu de patience, tu le découvrira bien assez tôt. Assez parlé maintenant, nous avons des horaires à respecter. La directrice nous a accordé la permission de minuit, après quoi nous devrons être rentrées. »

Lorsque la préfète fût fin prête, Lexia lui prit la main et l'enroula autour de son bras. Bras dessus-dessous, elle leva la lanterne pour éclairer leur chemin et la guida hors du château en direction de Pré-au-lard.

« C'est ton jour. Profites-en au lieu de te poser mille et une questions. Je ne mettrais jamais ta vie en danger, tu le sais. Alors détends-toi et laisse-moi faire, d'accord ? »

Hermione soupira doucement, posant sa tête sur son épaule.

« Tu as raison. »

« Bien. Tu n'avais pas vraiment le choix de toute façon. »

Toutes sourires, elles déambulaient sur les chemins de terres jusqu'au village. L'ambiance de nuit était particulière. Le paysage n'avait plus rien d'accueillant et pourtant, le calme qui régnait en ses lieux était familier et apaisant. La guerre était terminée et avec Lexia à ses côtés, elle n'avait aucune raison de paniquer.

« Nous devrions être assez loin des protections de Poudlard. »

Pré-au-lard était en vue, non loin mais la jeune femme les arrêta avant. Étrange, n'était-ce pas leur destination pourtant. Lexia se positionna devant elle, lui bloquant la vue sur le village illuminé. Elle lui sourit, ses mains posés le long de ses épaules.

« Nous allons transplaner d'ici. »

Hermione écarquilla légèrement les yeux, surprise par sa déclaration. Quoi ? La jeune femme sourit d'avantage, riant même doucement.

« Ne fais pas cette tête enfin ! »

Elle avait beau dire, avait-elles seulement le droit de quitter l'enceinte de l'établissement de la sorte ? Simples étudiants, aucun d'eux n'avaient le droit d'aller au delà de Pré-au-lard. Lexia semblait lire dans ses pensées.

« Je te l'ai dis, la directrice nous à donner son autorisation. J'ai remplis une permission spéciale cet après-midi même pour pouvoir t'emmener ce soir. Alors pas d'inquiétude, tout est en ordre. »

Voilà donc pourquoi elle l'avait quittée après leur retour du Terrain de Quidditch.

« Tu es … vraiment pleine de surprise. » s'étonna-t-elle à dire tout haut, regardant la jeune femme dans les yeux.

La tendresse qu'elle pouvait y voir la rendait toute chose. Son sourire, si chaleureux et bienveillant, suffisait à la réchauffer. Nul besoin d'enchantement lorsqu'un simple geste comme celui-ci lui était adressé.

« J'essaie. » fût la réponse soufflée avec douceur.

Lexia la prit alors dans ses bras, fermant les yeux. L'étreinte si généreusement offerte ne tarda pas à être retournée. Hermione enfouit son visage contre la douce laine de son manteau d'hiver, bras enroulés autour de sa taille.

« Ferme les yeux. J'ai une surprise pour toi. »

Sa voix lui chatouillait l'oreille, faisant frissonner sa peau. Voulant se prêter au jeu, elle ferma les yeux. Puisque Lexia voulait transplaner, elle devrait s'attendre à en subir les effets. Elle resserra son étreinte autour de ce corps qui l'enveloppait lorsque le vertige soudain lui donna le tournis. La sensation que le décor autour tournait à une vitesse vertigineuse alors qu'elle ne bougeait pas lui donnait des fourmillements partout dans le corps. Contre-toute attentes, ce n'était pas aussi désagréable que lorsqu'elle transplanait elle-même. Puis, aussi brusquement inattendue, le vertige disparut. Un vent froid caressa ses jambes nues, les bruits autour n'étaient plus les mêmes.

Le corps chaud et protecteur de Lexia s'éloigna alors de quelques centimètres.

« Ouvre-les. »

Quelque peu excitée à l'idée de découvrir son cadeau, la préfète s'exécuta et ce qu'elle avait soudainement sous les yeux était à couper le souffle. La jeune femme lui sourit avec tendresse.

« Joyeux anniversaire. »

Hermione ne savait plus quoi dire, enchantée. Le paysage qu'elle avait sous les yeux lui semblait sorti tout droit d'un conte de fée. Lexia l'avait menée, elle ne savait où. Elles étaient au milieu d'une plaine déserte, de la végétation à perte de vue. Le ciel était dégagé, de magnifiques aurores boréales lui donnant un nouvel éclat. Il y avait tellement d'étoiles et de couleurs que le regarder lui donnait le vertige.

« J'avais peur qu'il soit encore un peu tôt pour en voir mais il faut croire que les éléments ont décidés d'être de mon côté pour une fois. »

La préfète reporta alors son attention sur la brune, qui avait le nez levé vers ciel. Elle souriait gentiment, tout aussi hypnotisée qu'elle. Le vert prédominant des aurores boréales se reflétaient dans le bleu de ses yeux. Les observer ainsi était un spectacle tout aussi enchanteur.

« Où sommes-nous ? »

« En Islande. Quelque part entre deux villes au nom imprononçables. Il existe d'autre lieux encore plus époustouflants que celui-ci mais il y a beaucoup trop de touristes. J'ai pensé qu'un coin plus calme, loin de la foule, serait plus judicieux. Au moins ici, nous avons tout le loisir de les observer sans être dérangées. J'espère que tu apprécieras. »

Lexia la regarda, une lueur presque enfantine scintillait dans son regard. Celui d'une enfant, impatiente de savoir si son cadeau lui plaisait. Hermione sourit, touchée et attendrie par son attention.

« C'est magnifique. »

« Je suis d'accord. Il n'y a pas plus reposant que de regarder les étoiles et les aurores boréales. Oh, et n'oublie pas de faire un vœu. » lui dit-elle avec malice.

La préfète ria doucement, se sentant soudainement à fleur de peau. Ses yeux commençaient à piquer légèrement alors elle le cacha rapidement, se blottissant à nouveau contre elle. Son souhait, si tant est qu'il se réalise, était déjà tout trouvé.

« Merci. »

Lexia sembla quelque peu surprise par la fébrilité de sa voix. Le regard et le sourire tendre, elle soupira doucement avant de la prendre à nouveau dans ses bras. Sa joue contre sa tête, elle lui frotta le dos.

« Il n'y a que nous ici. Je suis là. Je te tiens. Tu peux te laisser aller, je ne bougerais pas. Je suis là. »

Ses mots lui déchiraient le cœur mais elle ne pouvait pas lui dire. Sa douceur, assassine, la tuait un peu plus à chaque fois. L'aimer en silence était une torture mais ne plus l'aimer du tout serait encore pire. Lexia était son âme-sœur, elle en était convaincue. Jamais encore elle n'avait ressentit pareils sentiments. Logée dans ses bras, elle se sentait complète. Comme si un vide s'était soudainement comblé de lui-même. Peu importe l'enveloppe charnelle, leur âme était faite l'une pour l'autre.

Le cadre était idyllique, l'ambiance se prêtait aux confessions. Ce moment était parfait pour lui dire ces quelques mots qui lui brûlaient tant les lèvres. C'était peut-être son unique chance, l'opportunité de mettre enfin les choses au clair. De savoir si elle pouvait potentiellement la considérer comme une amante et non plus comme une simple amie. Attendre un signe de sa part la rendait folle, surtout depuis le léger incident dans la Grande Salle le matin même. Lexia avait eu un comportement étrange, ça ne pouvait pas être qu'une coïncidence. Il fallait qu'elle sache où sa santé mentale en pâtirait. Seulement, elle manquait cruellement de courage pour se lancer. Les conséquences seraient dramatiques. Perdre Lexia lui était impensable. Jamais elle ne pourrait s'en remettre. L'idée même de la voir tourner les talons, une expression de dégoût sur le visage, lui serrait le cœur. Qu'elle lui dise ces mots qu'elle ne voudrait jamais entendre sortir de sa bouche. Qu'ils la blessent, la rabaissent ou l'humilient. Qu'elle s'éloigne simplement et la quitte. Cette femme était son monde, depuis le début. Elle orbitait autour de sa personne, s'épanouissait et grandissait en suivant ses traces. Être rejetée par elle causerait bien plus de dommage que si elle l'avait été par n'importe qui d'autre. Non, elle ne s'en remettrait jamais.

En proie aux larmes qu'elle se refusait à laisser couler, son rythme cardiaque accélérait à chaque seconde. L'oxygène commençait même à parvenir difficilement jusqu'à ses poumons. Elle n'arrivait plus à respirer, victime d'une nouvelle crise de panique. Les larmes qu'elles tentaient de retenir coulaient à flot, son emprise autour de Lexia était maintenant désespérée.

Sa détresse soudaine alerta cette dernière, qui s'empressa de l'éloigner pour la regarder.

« Hermione ?! »

Voyant bien qu'elle éprouvait beaucoup de difficulté à respirer normalement, elle lui prit le visage et chercha à avoir son attention. Ce n'était pas la première crise de panique a laquelle elle assistait. Molly lui avait apprit à avoir les bons gestes après celui survenu au Terrier. Elle n'imaginait pas devoir en gérer une toute seule cette fois.

« D'accord. Regarde-moi. Fais comme moi, d'accord ? Respire. Tout vas bien. Respire. »

Joignant le geste à la parole, elle inspira et expira à plusieurs reprises. Toujours avec des mots doux et encourageants, elle réitéra les mêmes gestes, encore et encore.

« Inspire profondément. Expire. »

Cependant, l'état d'Hermione ne s'améliorait pas. Elle pleurait et cherchait désespérément ce souffle qui lui manquait. Son anxiété n'avait d'égal que la panique flagrante dans laquelle la préfète se trouvait. Comment l'aider ?! Elle ne pouvait pas transplaner dans son état !

« Ne … Ne me … -se … pas ! -il … plaît ! N- … -rie … pas … -arlie ! »

A bout de souffle et en larmes, Hermione semblait vouloir dire quelque chose mais Lexia ne comprenait pas un traître mot.

« Ne parle pas, concentre toi sur ma respiration ! »

Mais elle avait beau dire, la préfète n'écoutait pas. Elle secouait la tête avec ardeur, répétant ce qu'il semblait être les mêmes mots mais elle n'en était pas tout à fait sûre. Ne pas être en mesure de l'aider commençait à l'angoisser mais elle ne devait pas se laisser distraire. Avec plus de fermeté, elle força Hermione à garder son attention sur elle.

« N'essaie pas de parler. Respire avec moi. Reste concentrée sur ma voix. »

Celle-ci posa ses mains sur les siennes et essayait de reproduire les gestes de la jeune femme. Lexia pouvait lire la panique dans ses yeux et redoubla d'effort pour lui venir en aide.

« C'est bien. Expire maintenant. Voilà. Inspire bien fort. »

A force de patiente, la préfète commençait à reprendre le contrôle de sa respiration. Assez pour enfin se faire comprendre.

« Ne me laisse pas. Je t'en pris, ne me laisse pas. »

Sa voix se brisait, elle ne pouvait plus garder le silence. Alors elle répéta ces mots, en boucle, accrochée à Lexia comme si sa vie en dépendait soudain. Celle-ci écarquilla les yeux, bouche-bée.

« Q-Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes enfin ? »

Elle s'empressa de la serrer contre elle même si la situation lui échappait. Que s'était-il donc passé pour qu'elles en arrivent là. Tout avait l'air d'aller bien jusqu'à présent. A quoi pouvait-elle bien penser pour finir dans un état pareil ?

« Te quitter ? Comment peux-tu imaginer une chose pareille ? » lui dit-elle, inquiète. « Qu'y a-t-il ? Parle-moi, 'mione. »

Lexia était préoccupée, Hermione avait un comportement étrange depuis quelques temps. Ses humeurs étaient aussi imprévisibles que les pires tempêtes. Elles changeaient consentement, la laissant désarmée et perplexe.

« Ne deviens pas l'épouse de Charlie. »

Cette déclaration murmurée lui donna la chair de poule. Les yeux encore plus écarquillés, le souffle coupé. Son étreinte autour de la préfète se desserra lentement, alarmant cette dernière.

« Qu'est-ce que … » commença-t-elle, abasourdie, alors que ses bras retombaient le long de son corps. Elle tenta de reculer pour sortir de son étreinte mais la préfète n'était pas du même avis.

« Non ! » s'écria Hermione, serrant son corps avec désespoir.

« 'mione. Lâche-moi. »

« Non ! »

« Hermione ! » s'exclama Lexia, à bout de souffle.

« Non … »

Hermione pleurait, son monde était sur le point de s'écrouler. Lexia réussi à la repousser, la maintenant désormais à bout de bras. Le choc se lisait sur son visage, l'incompréhension également.

« Pourquoi … Pourquoi me dis-tu cela ? »

« Refuse. Je t'en pris, refuse ! Tu ne peux pas te marier avec lui ! »

Hermione la regardait droit dans les yeux, cherchant désespérément à combler l'écart qui les séparait. Cependant, la jeune McGonagall tenait bon et la gardait à bonne distance. Elle devait savoir pourquoi elle s'y était toujours opposée si farouchement. Il fallait qu'elle sache même si elle le redoutait tout autant.

« Pourquoi pas ? Qu'est-ce qu'il te dérange tant dans ce mariage ?! N'ai-je pas le droit d'être aimée, moi aussi ? »

« Tu l'as dis toi-même, il n'est pas fait pour toi ! »

« Si ce n'est pas lui alors qui, Hermione ?! Qui voudrait d'une femme complètement perdue et mal dans sa peau comme moi ?! »

« Moi idiote ! »

Hermione se mit rapidement une main devant la bouche, les yeux grands ouverts. Elle l'avait dit.

Lexia écarquilla les yeux également, retenant soudainement sa respiration. Elle libéra la préfète avant de reculer de quelques pas. Celle-ci n'osait plus faire le moindre geste, voyant celle qu'elle aimait prendre ses distances. Elle lui brisait le cœur, comme jamais personne ne l'avait encore fait. Si ce n'était pas un signe, qu'était-ce donc ? Sa réponse … lui semblait plutôt claire.

Ne voulant pas se donner d'avantage en spectacle, elle essuya ses larmes et ravala sa peine.

« C'est donc ta réponse ? Tu me fuis ? »

La colère et le chagrin faisait vibrer sa voix. Elle avait mal mais ne se laisserait pas tomber en morceau ici. Hors de question. Elle avait tout gâché. Jamais elle n'aurait dû espérer quoique ce soit. La réalité, cruelle, venait de lui remettre les pieds sur terre.

Lexia, en revanche, était dans un tout autre état. Son cœur s'emballait, ne pouvant croire ce qu'il se passait. Hermione ne l'avait pas explicitement dit mais c'était bien ce qu'elle croyait, n'est-ce pas ? Elle ne l'avait pas mal interpréter, n'est-ce pas ? Charlie n'était pas fait pour elle, mais elle si. C'est bien ce qu'elle venait de sous entendre, non ? Elle ne l'avait pas inventé. Oh Merlin … Elle prenait soudainement conscience de tout ce que cela impliquait. Elle n'était donc pas la seule à avoir remarqué le changement de leur relation. A en avoir subit les conséquences. Oh Merlin … Se pourrait-il que …

Inconsciente des mots qu'avait prononcé la préfète, Lexia se dirigea vers elle et la prit par les épaules. Son geste la surprit d'ailleurs.

« Dis-le. »

Hermione fronça des sourcils, prête à rugir mais l'expression sur le visage de la brune l'en dissuada. Ses grands yeux bleus étaient pleins d'espoir et si innocents. Son cœur battait comme un fou, incapable de soutenir un tel regard.

« Dis-le. » répéta la jeune femme, tout bas. « S'il-te-plaît. J'ai besoin que tu me le dises pour être sûre de ne pas me faire de fausses idées. »

Comblant l'écart entre leur corps, Lexia reposa son front contre celui d'Hermione. Aussi rouge d'embarras l'une que l'autre, elles se regardaient droit dans les yeux. Ce moment était important Tout ce jouait ici et maintenant. Leur avenir en dépendait. Auront-elles seulement le courage de l'accepter ?

« J'ai … fais un vœu. » commença timidement Hermione. C'était maintenant ou jamais. Prenant son courage à deux mains, elle se jeta à l'eau. « Tu es mon vœu, Lexia. Je ne veux que toi. » Puis, lentement, s'approcha de ses lèvres, ne la quittant jamais du regard. Elle lui murmura quelques mots, ceux qu'elle rêvait si souvent de lui dire avant de les poser sur les siennes. La jeune femme la serra dans ses bras, l'embrassant timidement à son tour. En cette nuit du 19 Septembre 1998, seules les aurores boréales furent témoins de l'amour florissant de deux êtres destinés à s'aimer pour l'éternité.