Note de l'auteur: Bonjour tout le monde! Tout d'abord, je vous souhaite une très bonne année 2020! Et pour bien la commencer, je vous donne votre dose d'angst! Le chapitre du jour est assez court, mais j'espère que vous le trouverez de qualité!

Merci encore à toutes les personnes qui me lisent et qui me commentent!

Réponse à la review De passage pour le chapitre 6: Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'écrire un commentaire, c'est très apprécié. Je suis contente que l'histoire te plaise, et j'espère que tu aimeras autant la suite, que voilà! C'est vraiment très gentil de laisser une review, peu importe la longueur, ça me fait toujours plaisir!

Je vous souhaite une agréable lecture!


Chapitre 7 : Glaciation

Les quatre chevaliers du Scorpion, du Bélier, de la Vierge et du Lion étaient élancés dans les escaliers à la suite de Hyôga, qui les ramenait vers le lieu où ils s'étaient entraînés avec son maître. Les deux chevaliers des glaces avaient décidé de s'affronter amicalement sur une petite esplanade qui jouxtait le temple du Verseau. Il n'y avait pas meilleur lieu pour affiner un cosmos gelé.

Milo se faisait un sang d'encre. Camus n'avait pas dormi de la nuit, et il était donc affaibli. Et manifestement trop pour se mesurer à son disciple. Il aurait dû s'en rendre compte avant de l'encourager à partir. Quel idiot, se dit-il. Il se pousse à fond alors qu'il sait qu'il est fatigué. Mais en même temps, Hyôga pourrait faire attention, mince !

Lorsqu'ils arrivèrent sur les lieux, Hyôga les guida jusqu'à l'endroit où Camus avait perdu connaissance. En avançant, les quatre chevaliers virent que le français n'était pas seul : Saga des Gémeaux se trouvait là. Il veillait sur un Verseau qui gisait par terre.

« J'ai eu la chance de croiser Saga en allant te prévenir, Milo, et il s'est proposé pour aider », expliqua Hyôga lorsqu'ils arrivèrent à leur hauteur.

Saga avait une main posée sur le torse de Camus qui était étendu au sol, toujours inconscient, et recouvert de gel.

« Ah ! Je suis bien content de vous voir arriver ! J'ai essayé de le réchauffer un peu avec mon cosmos, mais je pense qu'il faudra une personne supplémentaire pour m'aider à finir le travail », annonça Saga.

Milo s'approcha de Camus, et son regard se posa sur son visage. Son amant était très pâle, et il avait les lèvres bleues, à cause du froid. Hyôga avait effectivement eu le temps de faire des progrès, et le Verseau n'avait pas dû se méfier assez. Camus était bien refroidi, et cela lui rappela…

Aiolia remarqua que son ami ne bougeait plus depuis quelques secondes, aussi, il l'interpella.

« Milo ? »

Le Lion toucha le bras de son confrère, mais ce n'était pas la bonne chose à faire. Milo poussa un hurlement aigu.

« Milo ? s'inquiéta Mû. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Qu'est-ce qui se passe ? »

L'intéressé se prit la tête entre les mains et il s'effondra au sol, tremblant.

Mû réagit au quart de tour.

« Shaka ! Va aider Saga à ranimer Camus. Et Aiolia, aide-moi. Il faut éloigner Milo ! »

Hyôga, qui était spectateur de la scène, avait contemplé avec étonnement le fier chevalier du Scorpion se décomposer complètement et sombrer dans la tétanie, à la vue de son mentor gelé. Il se promit qu'il ferait plus attention, la prochaine fois qu'il s'entraînerait avec son maître.

Mû tira un Milo livide hors de la vue de son amant. Comme le grec ne voulait pas bouger et se débattait un peu, Aiolia ne fut pas de trop pour le forcer à se déplacer. Ils portèrent Milo plus qu'ils ne le firent marcher, pour aller dans le temple du Verseau. Ils entrèrent dans le salon du français, bien rangé, et ils firent s'assoir un Milo tremblant et à la respiration saccadée sur le canapé. Mû s'accroupit en face de lui pour chercher son regard, et Aiolia s'assit à côté du Scorpion, pour poser une main rassurante sur son épaule.

« Milo, tu m'entends ? »

Le Scorpion avait les yeux ronds de terreur, par conséquent, Mû décida de ne pas insister pour qu'il réponde.

« Milo, essaya encore le tibétain. Camus va bien. Il est juste un peu blessé, mais il va revenir à lui. Hyôga n'a pas frappé pour lui faire mal. Il se remettra. »

Aiolia lui tenait l'épaule, et faisait des petits cercles de son pouce sur le haut de son bras, pour l'apaiser.

Petit à petit, au fur et à mesure que le Bélier parlait au Scorpion, celui-ci arriva à cesser de trembler et il put respirer normalement, mais ce fut une apathie anormale qui s'installa à la place. Le Scorpion refusait obstinément de parler, et il regardait droit devant lui, toujours pâle. Il était manifestement en état de choc. Rien de ce que lui disait Mû ou Aiolia pour le rassurer ne semblait faire l'affaire.

Au bout de quelques minutes, un deuxième cortège arriva dans le temple du Verseau, pour ramener un Camus qui avait retrouvé des couleurs mais qui était toujours inconscient. Il était juché sur l'épaule du Gémeau numéro un. Saga passa devant eux avec Camus sur le dos et Milo ne leva même pas la tête. Mais Aiolia, qui avait toujours une main sur l'épaule du Scorpion, sentit ses muscles de son meilleur ami se tendre sous sa prise. Il recommença son mouvement rassurant, inquiet. Il avait rarement vu son confrère dans cet état. Saga se dirigea vers la porte de la chambre du Verseau rapidement, et il fut suivi de près par Hyôga, qui s'il était inquiet, était encore en état de marche. Le Cygne ferma la porte de la chambre derrière eux. Shaka arriva peu après, et il daigna, dans sa vaste miséricorde, leur fournir une explication sur l'état des choses.

« On a réussi à sortir Camus du gel, en combinant nos cosmos. On a voulu le stabiliser avant de le transporter, mais il sera mieux allongé dans un lit. Il devrait reprendre connaissance maintenant qu'il est en meilleur état.

- C'est une bonne nouvelle, sourit Mû, qui tourna ensuite son attention sur Milo. Tu as entendu, Milo ? Camus va bien. Il va se réveiller bientôt, j'en suis sûr. »

Milo regarda Mû, mais il ne répondit rien.

« Il ne va pas mieux ? demanda Shaka à Mû tout bas, désignant le Scorpion du menton.

- Pas vraiment, soupira le Bélier. Tu veux boire quelque chose, Milo, en attendant qu'il revienne à lui ? »

Mû n'obtint toujours aucune réponse, aussi, il décida pour le grec.

« Je vais lui chercher de l'eau, au moins, déclara le tibétain. Tu veux bien prendre le relais, Shaka ? »

Shaka obtempéra d'un signe de tête, et il vint se placer devant Milo, alors que Mû disparut dans la cuisine du Verseau.

« Il n'a pas prononcé un mot depuis qu'on est venu ici, expliqua Aiolia à la Vierge.

- Je vais lui offrir un peu de cosmos pour l'apaiser, » déclara Shaka dans un élan d'altruisme.

Le chevalier d'or de la Vierge déploya alors un cosmos rayonnant et posa sa main bouddhique sur celle de Milo. Il lui envoya toute l'énergie rassurante qu'il sut puiser en lui. Même Aiolia, qui se trouvait à côté, pensa que c'était un cosmos extrêmement relaxant. Milo ferma simplement les yeux et se laissa emporter par l'ondée rayonnante qu'émettait Shaka.


Camus ouvrit les yeux dans un papillonnement de paupières. Il se sentait diablement affaibli. Tous ses muscles lui faisaient mal. Toutefois, son regard se posa sur le plafond de ce qu'il reconnut sa propre chambre, et il se demanda comment il était arrivé là. Son dernier souvenir avant qu'il ne perde apparemment conscience se situait sur un terrain d'entraînement. Oui, il s'était mesuré à son disciple, et puis, le trou noir.

Il baissa le regard et il tomba sur le visage grave de Saga des Gémeaux, assis sur une chaise à côté de son lit. Il était flanqué de Hyôga, qui le regardait avec un mélange de soulagement et d'inquiétude.

Le Verseau fronça les sourcils. Que faisait Saga dans sa chambre ? Et surtout…

« Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ? coassa-t-il.

- On dirait que ton disciple a un peu forcé sur le gel, répondit Saga sans se départir de son air sérieux.

- Je suis désolé, maître, s'excusa Hyôga à côté du chevalier d'or. J'aurais dû faire attention. Je t'ai envoyé une bourrasque de froid que je n'ai pas maîtrisée, et tu es tombé… Et on a dû te ranimer. »

Camus ferma les yeux un instant, et soupira. Quand il les rouvrit, il posa son regard sur son disciple.

« Décidément, tu as fait des progrès, Hyôga. Je t'ai sous-estimé.

- Ne dis pas ça, maître, fit un Cygne assez gêné de ces compliments, qu'il ne trouvait pas tellement mérités, vu la circonstance. Je manque de maîtrise, la preuve.

- C'est vrai. Mais tu es très puissant, aujourd'hui. »

Camus fit une pause dans sa déclaration, mais ne laissa pas le temps à son disciple de répondre.

« Je suis très fier de toi, Hyôga. Il me semble que l'élève a égalé le maître.

- Ne dis pas de bêtises, Camus. J'aurai toujours des choses à apprendre de toi.

- J'y compte bien, rétorqua le Verseau dans l'ombre d'un sourire. Un vrai guerrier est en constant apprentissage. Sinon, il n'est pas un bon chevalier.

- C'est vrai, » acquiesça Hyôga.

Le Cygne ne s'attendait pas à être congratulé, mais il était tout de même très heureux d'entendre des compliments de la part de son maître vénéré.

« Camus, comment tu sens ? lui demanda alors Saga.

- Pas en forme optimale, grinça le Verseau. Je pense que ça doit se voir.

- Il faudrait que tu te reposes, au moins ce soir, le conseilla le Gémeau.

- Probablement, agréa Camus. Ne prends pas mal ce que je vais dire, Saga… Mais qu'est-ce que tu fais là ? »

Saga essaya de cacher un sourire amusé, mais il n'y parvint pas vraiment.

« J'ai croisé ton disciple qui descendait les marches entre les temples, complètement paniqué. Je lui ai demandé ce qu'il se passait, et quand il m'a expliqué qu'il allait chercher Milo parce que tu étais blessé, je suis venu te porter assistance directement, en attendant que les autres arrivent.

- Milo ? s'alarma Camus. Oh, Hyôga, je ne sais pas si c'était une très bonne idée de le mettre au courant…

- Pardon, maître, mais c'est la première personne à laquelle j'ai pensé.

- Où est-il, d'ailleurs, si tu es allé le chercher ? Pourquoi il n'est pas ici ? »

Hyôga regarda Saga, se demandant ce qu'il fallait dire.

« Il est ici, expliqua le Gémeau. Il est dans le salon.

- Oui, il est avec Mû, Aiolia et Shaka, pour le moment. »

Camus sentit un malaise diffus se propager en lui.

« Il a quelque chose que vous ne me dites pas. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Milo a paniqué en te voyant au sol, expliqua Saga. Mû et Aiolia ont jugé bon de l'éloigner pour qu'il se calme.

- Il avait l'air d'être en état de choc, quand on t'a ramené dans ton temple », s'enferra inconsidérément Hyôga.

Camus garda son masque froid sur le visage, mais Hyôga discerna la lueur inquiète dans son regard. Touché, il rajouta :

« Mais ne t'inquiète pas trop, Camus. Il a trois chevaliers pour s'occuper de lui. »

Le français ferma les yeux pour tenter de calmer sa vive inquiétude. Evidemment, Milo n'avait pas dû apprécier de le voir inconscient, par terre, probablement plus ou moins congelé. Il avait voulu éviter de réveiller le traumatisme, et c'était bien raté. Mais il n'en voulait pas à son disciple. Il était allé chercher la personne qui tenait le plus à lui, et c'était bien normal. Et il n'osait pas imaginer la rage de Milo si ce dernier avait appris qu'il s'était blessé et que personne ne l'en avait averti. Il se promit de remercier le Bélier, le Lion et la Vierge pour leur aide.

« Je veux le voir, décida-t-il. Est-ce que vous pouvez lui dire que je suis réveillé ?

- J'y vais, maître.

- Vas-y avec lui, Saga, décréta Camus. Je préférerais être seul avec Milo.

- Tu es sûr, Camus ? hésita le Gémeau par principe.

- Certain. Allez me le chercher, s'il vous plait. Je pense qu'il a besoin de me voir réveillé. Et j'ai envie de le voir.

- D'accord. »

Saga et Hyôga se levèrent de leur séant sur ces paroles et ils partirent à la recherche de Milo.

Ils ne mirent pas longtemps à le trouver. Le Scorpion était toujours sur le canapé du salon, sous l'œil attentif de ses trois collègues, et il bénéficiait toujours du cosmos que lui offrait gracieusement Shaka. Mû était assis d'un côté, et Aiolia de l'autre. Apparemment, le Bélier avait réussi à faire boire un peu Milo, si l'on en jugeait le verre vide qu'il tenait entre les mains.

En voyant les deux chevaliers sortir de la chambre, Aiolia et Mû levèrent un regard intéressé vers eux. Les deux arrivants se postèrent en face de Milo, qui essayait de se concentrer sur l'énergie zen de son confrère, et Saga annonça d'abord :

« Camus va bien.

- Heureux de l'entendre, énonça le Lion, qui n'était pas bien satisfait de voir l'état dans lequel était son meilleur ami à cause du Verseau.

- Milo ? » tenta Hyôga.

Le Scorpion ouvrit simplement les yeux, et ramena ses iris azurés sur le Cygne, qui le toisait avec appréhension. Hyôga prit cela pour une invitation à poursuivre.

« Camus est réveillé. Et… il te demande. »

En entendant ces paroles, Milo fit un mouvement brusque pour se lever. Mais il en avait oublié ses bandages ; un cri lui échappa lorsqu'une douleur vive traversa sa poitrine.

« Eh, fais gaffe ! s'alarma Aiolia. Camus va pas s'envoler ! »

Mais le Scorpion ne prêta pas attention à ces remontrances : il avait en tête de rejoindre son amant, et cela seulement. Les cinq chevaliers restants le regardèrent partir d'un pas rapide vers la chambre où Camus était allongé et refermer la porte derrière lui. Mû ne put retenir un soupir. Ils n'avaient plus qu'à attendre…

De l'autre côté de la porte en bois, Milo s'avança un peu dans la pièce. Il vit effectivement que le Verseau était étendu sur le grand lit qui trônait en son centre, sous un tas de couvertures bien chaudes. Camus baissa son regard sur lui en entendant le Scorpion entrer dans la chambre.

« Milo. »

Le Scorpion se figea devant la vision qu'il avait face à lui. Camus n'était pas aussi blanc qu'il l'avait été quand il l'avait vu dans l'arène, mais cette vision d'un Verseau tout frêle sous des couches de literie ne lui plaisait pas beaucoup plus. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine tant l'inquiétude était grande. Il avait eu tellement peur en revoyant Camus blessé de manière trop similaire à ce qui avait causé sa mort, qu'il avait cru revivre le pire. C'était une vision terrible et il n'avait aucun mot pour décrire ce qu'il ressentait en y pensant.

Camus vit que Milo était effectivement pâle, ce qui corroborait ce que Saga et Hyôga lui avaient dit de son état. Mais le Scorpion avait une attitude très inhabituelle. Tel qu'il le connaissait, le grec se serait rué sur lui pour l'étouffer d'une étreinte disproportionnée. Or là, il avait les pieds glués au sol, et semblait pris d'une tétanie étrange.

« Milo ? hésita un peu le Verseau devant l'attitude de son amant. Ne reste pas là… Viens. »

Cela eut le mérite de faire sortir le Scorpion de sa transe. Milo plongea son regard dans le sien, et s'avança de quelques pas. Il contourna le lit et s'assit sur la chaise qu'avait occupée Saga quelques minutes plus tôt.

Le Scorpion se tenait le dos droit et semblait l'examiner froidement, ce qui serra le cœur de Camus. Milo mettait une distance entre eux qu'il n'aimait pas. C'est le choc, pensa-t-il. Un mécanisme de protection.

Cela ne l'empêcha pas de vouloir le sortir de cet état désagréable. Camus avait besoin de sa présence aimante, et pas d'un automate sur la défensive.

« Milo… » implora-t-il encore en tendant une main vers lui.

Le Scorpion posa son regard dessus, le ramena sur le visage de son amant, puis il revint sur sa paume ouverte. Et il sembla comprendre.

Il saisit délicatement la main que lui tendait le Verseau dans la sienne. Et son amant le surprit beaucoup en le tirant soudainement complètement à lui, maintenant qu'il avait une prise. Milo atterrit assez peu gracieusement au bord du lit, les jambes dans le vide, et le bas de son torse tomba sur le rebord du lit dans un choc, ce qui le fit grimacer de douleur. Merde, jura Camus dans sa tête. Il avait presque oublié que Milo était toujours blessé, et il n'y avait pas songé en le tirant à lui. Il avait juste ressenti le besoin urgent de le sentir contre lui.

« Oh ! Désolé, Milo. Tu ne t'es pas fait trop mal ? »

L'intéressé ne répondit pas mais serra un peu la main qui tenait celle de son vis-à-vis, pour lui faire comprendre que ce n'était pas grave.

« Viens près de moi » murmura le français.

Milo accéda à la demande de Camus, et il utilisa l'espace libre qui se trouvait à côté du Verseau pour s'allonger auprès de lui sous les couvertures. Il avait une mine grave et… triste ? Camus n'aimait pas ce qu'il voyait.

Malgré son affaiblissement, le français fit l'effort d'avancer son visage près de celui de son vis-à-vis pour l'embrasser.

Milo répondit au baiser, mais pas avec sa fougue habituelle : il était presque distant. Cela finit de décontenancer Camus, qui pourtant jouait dans un domaine où le Scorpion d'habitude était à l'aise, c'est-à-dire les rapprochements physiques.

« Milo ? Parle-moi. »

Il y eut un silence durant lequel le grec continua de dévisager Camus de ses yeux troublants.

« Milo. Je vais bien. Hyôga m'a un peu sonné, mais… Tout va bien. Il faut juste que je me repose. Milo ? Dis-moi quelque chose.

- Camus », prononça Milo pour toute réponse.

Le Scorpion enfouit son visage au creux de son cou.

« Ne me refais plus jamais ça. Camus. J'ai cru… J'ai cru que…

- Je suis là, Milo. C'était un entraînement, il n'y avait pas de danger mortel. Je suis désolé. J'aurais dû faire plus attention. Je ne voulais pas te faire peur à ce point.

- Non, c'est moi. J'ai été idiot de t'encourager à y aller. »

Camus secoua négativement de la tête.

« On ne peut pas changer ce qu'il s'est passé. »

Les deux amants furent interrompus par trois coups frappés à la porte.

Camus dévisagea Milo l'air perplexe, mais énonça tout haut :

« Oui ? »

La porte s'entrouvrit et Mû passa la tête dans la pièce, sans pour autant s'avancer plus.

« Je venais vous dire qu'on va y aller, avec Shaka, Saga, et Aiolia. Il faut qu'on rentre à nos temples. Mais Hyôga était prêt à se mettre à disposition si vous aviez besoin de quoi que ce soit.

- Oh. C'est vrai, répondit Camus depuis son lit. Ne vous retardez pas pour nous. Je tiens à vous remercier de m'avoir soigné, et d'avoir tenu compagnie à Milo cet après-midi. Je vous inviterai à dîner un jour prochain. »

Milo écarquilla les yeux en entendant cette proposition très sociable de la part de son glacial amant. Le Verseau devait soit être très sonné ou très reconnaissant. Ou les deux, se dit le Scorpion à part lui.

« Transmets-leur mes paroles. Aussi, tu peux dire à Hyôga qu'il peut rester ici s'il le souhaite. Il y a une chambre en plus dans le temple dont je ne me sers pas. S'il tient à demeurer ici, qu'il la prenne.

- D'accord, agréa Mû. Ça va mieux, Milo ?

- Oui, merci, acquiesça le concerné. Et merci pour tout à l'heure. Dis-le aussi à Aiolia et Shaka.

- Très bien. Au moindre problème, vous pouvez lancer un appel mental à l'un d'entre nous. Mais, Camus, si jamais il devait y avoir une urgence et que tu voulais être discret, va voir Shura plutôt qu'Aphrodite, conclut Mû en souriant.

- Je me garderais bien de le faire, en effet, ponctua le Verseau. Bonne soirée, Mû.

- Bonne soirée à vous deux. »

Mû leur fit un dernier sourire et il referma la porte avec douceur, pour ne pas perturber la tranquillité du couple. Milo se recala correctement dans le giron de son amant.

« Il va falloir qu'on ait une petite discussion, d'ailleurs, toi et moi.

- Et à quel sujet ?

- Au sujet de ta manière d'envoyer trois chevaliers d'or me cuisiner à ta place. C'est pas très agréable, tu sais. »

Le Verseau ne se laissa pas perturber, mais on sentit la lassitude dans sa voix lorsqu'il demanda :

« Et si on parlait de ça demain ?

- Pourquoi ?

- Je suis en convalescence.

- Moi aussi, je te ferais remarquer.

- Eh bien voilà, raison de plus.

- Camus, arrête de finasser.

- Finasser ? s'amusa son vis-à-vis. Mais où diable as-tu appris ce mot ?

- Ça forge l'esprit de te fréquenter. Mais ne change pas de sujet.

- Je n'en change pas. »

Milo embrassa Camus sur le nez.

« D'accord. Tu as gagné. Mais franchement, Camus… La prochaine fois, pose moi directement tes questions, au lieu d'envoyer des larbins faire le sale boulot à ta place.

- Mais comment parles-tu de ton meilleur ami, Milo ?

- Mon meilleur ami fait quand même des complots avec toi dans mon dos.

- Milo… soupira le français. S'il te plait. Je n'ai vraiment pas la force de m'engueuler avec toi, ce soir.

- Loin de moi cette idée.

- Tant mieux… Comment vont tes blessures ?

- Je supporte. Je n'aime pas trop rester debout longtemps ou assis sans dossier, mais… Je suis un chevalier d'or. C'est pas ces égratignures qui vont m'arrêter.

- Milo, tu es bien placé pour savoir que ce ne sont pas des égratignures.

- Peu importe, éluda le grec. Mais toi… Tu n'as pas mal nulle part ?

- Pas vraiment. Je me sens un peu raide, c'est tout. Et fatigué. »

Milo passa ses bras dans le dos de Camus et l'attira dans une étreinte douce et appuyée. Camus se gorgea avec délice de la chaleur du corps bouillant de son amant. Il avait un peu froid, et la congélation dont il avait été victime ne lui avait pas fait du bien.

« Tu n'as pas froid, Milo ? Tu es torse nu depuis le début de l'après-midi.

- Froid ? s'étonna le grec. Mais on est tous les deux sous trois tonnes de couvertures. Je vois pas comment. »

Puis Milo fronça les sourcils, perplexe.

« Attends… Est-ce que tu es en train de me dire que tu as froid ? Toi ?

Camus mit une seconde de trop à répondre.

« Non, bien sûr que non. Et certainement pas entre tes bras.

- Camus… le gronda un peu le Scorpion. C'est pas grave, tu sais.

- Je viens de te dire que je n'avais pas froid.

- C'est pas gentil de me prendre pour un idiot. Je sais que j'en suis un, mais quand même.

- Arrête de dire n'importe quoi, Milo, se renfrogna Camus. Je ne te prends pas pour un idiot.

- Non, mais tu me mens. T'as le droit d'avoir froid. C'est bien normal après un choc gelé.

- C'est parfaitement absurde. Tu sais bien que je suis un chevalier des glaces. Je ne crains pas le froid.

- Oh, j'ignorais cela, Camus du Verseau, se moqua le grec. Après tout, les chevaliers de ta maison sont plutôt réputés pour leurs techniques de maniement de la lave et pour leur amour des boites de nuit.

- Tu me donnes mal à la tête avec tes moqueries, Milo.

- Oh, là là… sérieusement, Camus. T'as pas à faire semblant devant moi. »

De la même façon que tu te plais à le faire devant moi ? pensa le Verseau avec ironie. Mais il se garda de l'ajouter. Il était trop épuisé pour une telle chose.

Milo, sans lui demander son avis, l'engloba de son cosmos chaleureux. Camus se sentit tout de suite mieux, et il ferma les paupières pour se gorger de l'aura aimante de son amant. Oh, ils ne devraient pas utiliser leurs cosmos à des fins personnelles, c'est vrai, mais… C'était tellement bon, comme sensation. De ressentir l'énergie vitale de la personne qu'on aime.

« Ne t'épuise pas, Milo, lui demanda-t-il à contrecœur. Toi aussi, il faut que tu économises tes forces.

- Tu en as besoin, rétorqua son amant fermement. Il est hors de question que j'arrête si tu te sens mieux comme ça. »

Camus resserra un peu son étreinte dans le dos de Milo en un remerciement muet. Il savait qu'il ne convaincrait pas son Scorpion d'arrêter.

Milo arrivait à mettre un baume sur les frissons qui parcouraient son corps, et il se laissa bercer par la sensation d'être entouré et protégé. Il aimait être dans les bras puissants du huitième gardien. Il aimait la manière dont ils prenaient soin l'un de l'autre. Il aimait… Milo, en fait.

Et c'est en faisant ce constat romantique, qu'un léger sourire aux lèvres, il sombra dans un sommeil soudain, du fait de sa nuit blanche et de son exercice éprouvant. Il avait voulu savourer la présence de Milo plus longtemps, dans la réalité… Mais le pays des rêves l'appela à lui sans qu'il ne s'en aperçoive réellement, lové dans les bras protecteurs du Scorpion.