Pays-Bas est conscient qu'il n'aurait pas dû marcher aussi vite et snober Hongrie et Autriche de cette façon. Mais son impatience est-elle que ses actions deviennent désagréables sans qu'il ne le veuille.

Sentir la fumée de nicotine rentrer dans ses poumons puis ressortir aussi tôt lui procure une sensation comparable à celle de délectation. Ses conseillers lui avaient interdit de fumer dès son arrivée à Osaka. Pays-Bas avait vécu ces 24 heures comme de la torture. Le voir entamer un paquet entier de cigarettes lui aurait procurait une mauvaise image au sein de la presse et du public (c'est ce qu'avait affirmé ses conseillers).

Mais qu'est-ce qu'il peut s'en foutre royalement de sa soi-disant popularité. Lui, tout ce qu'il veut, c'est en finir avec ce meeting et rentrer chez lui au plus vite. La seule chose bénéfique qu'il peut y trouver et le fait qu'il est maintenant débarrassé de ses conseillers et qu'il peut enfin être entouré de personnes comme lui : les Nations.

À l'extérieur, perdu au fin fond du centre de congrès d'Osoka, Pays-Bas fixe longuement Espagne faire des allés retour en tenant son téléphone dans une main et dans l'autre une cigarette qui semble s'éteindre petit à petit.

Le blond commence à avoir la bouche pâteuse et des bons dans le cœur. Cela fait longtemps qu'il n'avait pas été aussi proche d'une Nation, excepté sa sœur. Il avait presque oublié la sensation.

« - Si...Entiendo bien lo que quieres decir. »

Sa voix est grave et résonne dans tout le petit parking ouvert. Le blond n'a pas l'impression qu'Espagne l'est remarqué et cela l'arrange bien. Il n'est pas sûr de tenir une conversation avec lui, ou au moins de faire semblant. Mais après tout, c'est bien ce qu'il va devoir faire pendant les deux jours qui suivent : prétendre que tout va bien et faire son travail de Nation.

« - Antonio ? »

Pays-Bas aurait bien voulu que ce mot sorte de sa bouche. Mais malheureusement, quelqu'un le devance.

Le brun fait volte-face et tombe nez à nez avec Prusse. Ils semblent échanger quelques mots avant que celui-ci raccroche et range son téléphone dans la poche de son costume. Pays-Bas, lui, fronce ses sourcils, jette son mégot dans la poubelle la plus proche (et non par terre. C'est un meeting sur le réchauffement planétaire, il doit effacer ses mauvaises habitudes) et fait demi-tour.


C'est sûrement la première fois que les Italiens ont un conseiller aussi sévère. Du moins, cela faisait longtemps. En tant que Nation, le temps passe plus vite, la notion de celle-ci est donc trouble et les visages oubliables. Ou peut-être est-il le cinquantième... Italie du Nord n'en sait trop rien.

La seule chose dont il est certain est que ce séjour va être long et la pression encore plus énorme que d'habitude. Leur conseiller ne crie pas, sa voix n'est pas stridente ou bien dérangeante (le brun y est habitué, il peut survivre à ça) mais elle sonne tout de même de façon désagréable dans ses oreilles. Il a ce ton, cette façon de dire les choses et de donner des ordres qui ne lui plait pas. Ni à lui, ni à Italie du Sud.

Les Humains sont quelques fois brutaux.

Après un instant, celui-ci fait demi-tour et rentre dans le vestibule menant à la salle de réunion sous le regard des deux Italie.

« - Porca puttana... »

Italie du Nord jette un rapide regard vers son frère se tenant à sa gauche. Il desserre immédiatement sa cravate en grimaçant. Ce qui le fait sourire.

« - Stressé ?

- Ouais. Un peu. Répond Italie du Sud en le regardant du coin de l'œil.

- Moi aussi. Comme d'habitude quoi !

- Non mais toi... tu es plus stressé du fait de revoir les autres que la réunion en elle-même. Tu as suivi toutes les consignes que l'autre sadomaso nous a indiqué ? On ne va jamais y arriver. »

Italie du Nord hoche des épaules en abordant un visage demi-convaincu.

« - Je n'ai pas écouté... J'étais trop occupé à sourire au cas où il se retournerait pour nous adresser la parole.

Italie du Sud suit la direction que lui indique son frère grâce à son doigt. Il fronce immédiatement des sourcils en apercevant États-Unis.

- Tu te fous de ma gueule là. »

Le grand blond à lunettes se tient juste devant eux, à six mètres, devant le vestibule et entourer de gardes du corps, de conseillers et de journalistes privées. Malgré le petit comité se tenant autour de lui, les deux frères n'ont pas manqué de l'apercevoir et surtout de le sentir. Son aura est tellement puissante et tellement proche qu'au début, Italie du Nord a eu du mal à cligner des yeux. Par chance, il n'a pas encore eu la nausée. Il a peur que cela arrive quand il entrera dans la salle de réunion et que toutes les autres Nations soient là.

« - Qu'est-ce qu'on s'en fout de lui, Feli. Si on doit être faux-cul avec quelqu'un ce n'est pas avec lui et tu le sais très bien.

- Gentil, pas faux-cul. Je voulais juste être gentil, comme d'habitude.

- Ouais, comme d'habitude. Bien ça le problème. »

Italie du Sud croit rêver. Voilà que ce débile d'États-Unis sort son téléphone et commence à prendre des selfies, le pouce en l'air et les dents sorties. Devant tout le monde, comme si de rien n'était... Comme s'il n'était pas dans un endroit protocolaire, entouré de personnes protocolaires.

À peine quelques secondes plus tard, les deux frères sentent leurs téléphones vibrés. Rien de plus, rien de moins qu'une millième notification Twitter d'un des comptes les plus suivies de la planète.

États-Unis s'approprie cette réunion comme un événement dédié à sa personne et comme une manière d'agir tel un paon aux yeux du monde. Et ça, Italie du Sud ne le supporte pas. Ses débiles hashtags, son stupide sourire et ses phrases sans queues ni têtes aux sous-entendus politiques. C'est une réunion officielle où une compétition de qui aura le plus de likes ?

« - Quel connard. »

Italie du Nord fait abstraction du murmure de son frère et des millions d'e-mails sûrement très importants et très urgents qui lui ont étaient envoyés. Il préfère ranger son téléphone et regarder autour de lui, la boule au ventre, si d'autres Nations arrivent.