Marinette s'avançait dans les ruelles sombres, faisant mine de se presser en traversant le stationnement d'un garage de mécanique auto. Elle avait aperçu une ombre un peu plus tôt et pensait que ce n'était pas ChatNoir.
Elle enfonça encore plus son bonnet rose sur ses cheveux et tenta d'atteindre la ruelle suivante le plus lentement possible en faisant quelques détours. Voulant amener son agresseur potentiel à l'attaquer pendant qu'elle était encore sur cet espace dégagé.
Elle fit mine d'échapper ses clés involontairement et se pencha pour les ramasser.
En se relevant, elle sentie une main qui n'était définitivement pas celle de ChatNoir se refermer sur sa bouche et son nez. Elle tenta de la dégager mais se retrouva bien vite au sol, un bras coincé sur sous ventre et l'autre gardé dans son dos par une poigne ferme.
Puis, il n'y eut plus rien. ChatNoir avait fait basculer l'homme. En moins d'une minute, le héros eut maîtrisé le type sans qu'il n'eut besoin de l'assistance qu'elle était prête à lui offrir en cas de besoin. Pieds et points liés, une cagoule sur la tête, l'homme était complètement maîtrisé.
« Désolé, je voulais agir plus tôt mais je voulais m'assurer qu'il n'avait pas d'arme pointée contre toi. » raconta-t-il pantelant sous l'adrénaline.
« Ne t'en fait pas, tu as été parfait! » le félicita-t-elle.
Cachée du mieux qu'elle le put entre deux voitures abandonnées, elle laissa la place à Ladybug.
« Je vais aller le livrer à la police. Ils poseront moins de question si ça vient de moi. » lui souffla-t-elle à l'oreille. «Chat?» ajouta-t-elle d'une petite voix et reconnaissant le ton suppliant, il passa un bras autour de sa taille pour lui accorder toute son attention. « Tu viendrais dormir dans mon lit cette nuit? »
«Avec le plus grand des plaisirs, amour. » lui assura-t-il.
Le lendemain matin, Marinette se réveilla à l'aube en se sentant pilonnée férocement.
Ils s'étaient sagement endormit la veille et elle se sentait vraiment reposée comme toujours lorsqu'elle dormait dans ses bras.
Mais maintenant, elle se réveillait avec un bâillon dans la bouche et le sexe de ChatNoir qui la pénétrait sauvagement. Elle mouilla abondamment sur lui et il poussa un grognement sous la différence de plaisir.
Elle repositionna ses cuisses, ses muscles souffraient déjà d'inconfort. Et dire qu'elle devait marcher plus aujourd'hui pour visiter une exposition!
Et effectivement, ça ne manqua pas. Le groupe résident de sa classe de terminale se promenait d'une table à l'autre de part en part du gymnase, écoutant les explications de chacun sur son projet d'art.
Alya souriait abondamment depuis le début de la visite et elle donna finalement un coup de coude à Marinette en pouffant de rire.
Ennuyée par la légère douleur du coup dans ses côtes elles aussi endolories, Marinette se tourna légèrement pour regarder Alya.
« J'ai l'impression que quelqu'un à fait des folies de son corps hier soir… » ricana celle-ci.
« Pas hier soir » détrompa Marinette. « Ce matin. C'est pour ça que c'est encore tout frais.» Elle avait des crampes du milieu du dos jusqu'au devant des cuisses. Et probablement une bonne quantité d'ecchymoses pour les accompagner. Marcher la soulageait mais elle avait l'impression qu'elles étaient encore pires dès qu'elle s'arrêtait et restait sur place.
Elle regarda en direction d'Adrien et se demanda s'il avait remarqué quelque chose dans sa démarche. Les autres filles lui avaient assuré que les garçons ne remarquaient pas la vie secrète des filles mais Adrien était mannequin et entraîné à observer les démarches des autres. Jusqu'à quel point était-il dans l'ignorance?
Et que pensait-il d'elle? Laisser circuler la photo de ses fesses nues passait pour une chose audacieuse pour un garçon. C'était le genre de chose que la gente masculine trouvait drôle et considérait comme une preuve de courage mais s'il était reconnu qu'elle avait un amant un peu sauvage et possessif, Adrien pourrait abandonner toute intérêt envers elle.
Au moins, personne, pas même Alya, n'avait identifié la signature… pour l'instant.
Marinette avait déjà un plan pour minimiser les dégâts si cela arrivait. Elle montrerait à Alya le message qu'elle avait reçu du numéro anonyme et expliquerait à son amie, que son partenaire sexuel lui avait arrangé un coup avec le héros de Paris.
Alya resterait impressionnée mais la harcèlerait beaucoup moins de questions.
Deux tables plus loin c'était le tour de Marinette de présenter son projet. Elle s'installa pour en faire la présentation et tous attendirent sagement ses explications avec intérêt.
Tous sauf, Chloé qui au milieu du silence général, souffla plus ou moins fort à Sabrina un premier commentaire salace concernant sa démarche. Certains mots désignant une fille qui vendait son corps pour de l'argent furent prononcés avec bien peu de discrétion. Les deux filles pouffèrent de rire, Marinette rougit jusqu'à la racine des cheveux et le reste de la classe resta complètement silencieux en regardant ailleurs.
« Chloé? » appela Adrien les bras croisés et avec toute l'apparence de vouloir écouté la présentation de Marinette sans interruption.
« Oui, Adrichou? » papillonna la blonde.
« Je crois que le reste de la classe peut se passer de tes commentaires mais moi, j'en ai un pour toi : « Get a life! »
Tous les autres élèves demeurèrent muets malgré les sourires et les regards échangés et Marinette se reprit pour poursuivre sa présentation.
ChatNoir avait louée une superbe chambre d'hôtel avec une terrasse privée.
Couchés sur un matelas extérieur près d'un braséro et sous un lourds plaid, ils s'embrassaient avec passion et Marinette avait de moins en moins de vêtements pour la séparer de l'uniforme de ChatNoir.
« Tu voudrais pas… » commença-t-elle en relâchant sa bouche « Retirer complètement ta transformation. On pourrait faire l'amour sous les étoiles tendrement. »
« Pas que ça ne me plairait pas mais il faudrait que tu saches qui je suis… Pas que je ne veux pas te le dire mais, ça changerait surement beaucoup de chose entre nous. »
« Pourquoi? Tu penses que tu agirais vraiment différemment si tu te transformais?» demanda-t-elle. C'est vrai qu'elle-même remarquait une différence dans sa propre mentalité mais c'était tout de même négligeable.
« Non, je resterais surement le même avec toi mais, ton regard sur moi changerait et tu pourrais être mal à l'aise lorsqu'on se croise au quotidien. Je préfère la façon dont tu me traites en tant que ChatNoir. Que tu sois ma Lady ou ma Princesse. Et j'ai peur que ça change. »
Il repensait à toutes les fois où Marinette se mettait dans tous ses états en sa présence. Elle vérifiait dix fois si elle était parfaite. Bafouillait, mais se mettait en colère contre elle-même parce qu'elle le faisait. Et ne disait que ce qu'elle pensait qu'il voudrait entendre.
En d'autres mots, elle n'était pas elle-même devant Adrien. Elle n'était ni Marinette, ni Ladybug, ni sa princesse, elle était une tornade de nervosité, adorable mais difficile à contenir.
Il resta silencieux un moment et Marinette remarquant qu'il n'avait pas terminé resta silencieuse également.
« Lorsque je ne porte pas mon masque, tu te conduis bizarrement avec moi. » lui apprit-il.
« Bizarre comment? » fronça-t-elle les sourcils. Elle passait en revus l'énorme quantité de gens qu'elle fréquentait au lycée. Dans ses cours, au conseil étudiant, s'intéressant même à la vie des autres élèves comme c'était son devoir de super-héroïne qui veillait sur une école trop souvent frappée par le Papillon. Elle ne le croisait peut-être même pas à l'école.
« Ha! Si je te le dis, tu sauras qui je suis! » rejeta-t-il.
« Chat, tu veux être avec moi, plus tard n'est-ce pas? » demanda-t-elle en se rasseyant.
Il fit de même, mais comme elle avait les épaules découvertes (et la poitrine nue) il l'incita à placer sa tête sur ses jambes croisées et remonta la couverture jusque sous son menton.
« Oh, oui! Si tu savais! Je prendrais n'importe quelle vie où tu serais avec moi et heureuse. Même devenir un esclave qui casse du béton toute la journée ne me fait pas peur si je sais que tu es heureuse et que tu attends tous les soirs mon retour à la maison! »
Elle rigola et répondit : « Je te souhaite tout de même un plus beau métier que ça! Mais je voulais dire que, peut-être que si j'apprends ton identité, cela changera quelque chose entre nous mais si on veut être ensemble un jour, on va devoir passer par cette étape et ensuite passer par-dessus le malaise afin de retrouver un équilibre qui nous convienne. Celui qu'on a ou un autre. Mais une fois le malaise derrière, notre couple sera plus fort. »
ChatNoir resta silencieux un moment puis demanda : « Je pensais que tu voulais être avec Adrien Agreste? » Lorsqu'il avait découvert son secret, il avait essayé de se rapprocher de Marinette en tant qu'Adrien, mais sa gêne face à lui s'était mis à crever le plafond et elle avait nié fortement avoir des sentiments pour lui malgré ce qu'elle avait avoué à son partenaire.
Alors, il avait fait semblant de l'ignorer tout en restant bien visible d'elle et à proximité, et Marinette était redevenue joyeuse, elle s'était détendue au point de se laisser faire lorsque ChatNoir en avait fait sa maîtresse. Même si elle répétait qu'elle voulait épouser Adrien plus tard, c'était en l'admirant à distance qu'elle se sentait confortable.
« Je ne pense pas qu'Adrien s'intéresse un jour à moi. » dit-elle en essuyant une larme solitaire. « Le pire c'est que plus il se rapproche de moi, plus je le fuie. Et je n'y peux rien, c'est plus fort que moi! Je suis certaine qu'à ses yeux je suis la pire petite amie potentielle!»
« Oui, c'est pour ça. » laissa tomber ChatNoir avec un sourire amer. En concluant que ce manque d'estime personnel et cette certitude de ne pas être à sa hauteur était ce qui l'empêchait de le laisser approcher ou d'aller vers lui.
« Qu'est-ce que tu veux dire : 'C'est pour ça' quoi? »
« C'est pour ça que… que c'est lui qui est l'autre homme. » se reprit-il pour camoufler son lapsus. « Celui à qui je t'ai confié. Lui aussi, il te voulait. Et je savais que tu le voulais alors je lui ai proposé de te prendre. Même si tout ce que vous pouviez avoir c'était un peu de sexe. »
« ChatNoir! » fit-elle tout pâle et scandalisée. « tu me- c'est pas- mais- mais. J'ai couché avec Adrien? Au mon dieu. J'ai vraiment couché avec Adrien. Et pas- et pas- et pas- juste dans un lit mais- mais- AU MON DI-IEU! Mais qu'est-ce qu'il peut bien penSER DE MOI, MAINTENANT? »
« À mon avis, il a plutôt apprécié! » rigola ChatNoir. «Il a dit qu'il était à ta disposition.»
Elle voulait franchir des étapes? Et bien, qu'elle commence par digérer cette nouvelle avant d'apprendre que non seulement, elle avait couché avec lui mais qu'en plus, il était son amant et le seul. Elle était très loin d'être prête à apprendre qu'il était aussi son partenaire et qu'ils avaient la possibilité d'avoir un futur ensemble. Elle n'était définitivement pas prête pour qu'il retire son masque ce soir-là. Oh, que non!
Une étape à la fois.
Alors qu'il savait qu'un millions de pensées tournaient encore dans sa tête, ChatNoir captura une odeur, elle mouillait à l'idée d'avoir été prise et acceptée par son alter ego.
Il la ramena alors sur ses cuisses et suça copieusement ses mamelons.
Pendant ce temps elle bafouillait toujours, se rendant à peine compte de ce qu'il lui faisait. Lorsqu'il commença à stimuler son clitoris du bout du doigt elle voulu écarter sa main.
« Attends Chat, si Adrien veut coucher avec moi, peut-être, peut-être que je devrais…. »
« Non! » s'opposa-t-il fermement. « C'est à moi de décider si tu es prête pour lui ou non! Et je dis que tu n'es pas prête. Tu m'appartiens tant que je n'ai pas décidé du contraire. Tu me fais confiance, après tout! »
Et il la renversa sur les genoux, les pieds de chaque côté de lui sur l'oreiller et sa poitrine nue appuyée sur ses genoux encore couverts de son uniforme. Il ramena ses poignets sur le bas de son dos en les y gardant avec une main. Son sexe était rouge et dégoulinant. Elle était très avancée dans le plaisir, car si sa tête était avec Adrien, son corps était bel et bien resté avec lui et à la merci de ses caresses. Elle s'allumait toujours autant lorsqu'il la dominait et la traitait comme un jouet.
Il entra son sexe en elle et elle vint très fort en quelques secondes.
Alors qu'elle redescendait de son premier orgasme, il la prit dans ses bras comme si elle ne pesait rien et la ramena dans la chambre pour la faire jouir de nouveau. Il lui avait promit une nuit dont elle se souviendrait longtemps après tout.
Durant la semaine qui suivit, à plusieurs reprise, Marinette reçu des messages de ChatNoir exigeant d'elle qu'elle lui envoie des photos de son corps dans diverses positions, habillée ou déshabillée, avec des indications précises sur ce qu'elle devait faire de ses mains.
Malgré le fiasco de la première photo, elle se plia à ses demandes avec une excitation incessante. Recevoir de tels ordres et les exécutés la faisait mouiller au point où elle dû se résoudre à porter des tampons. C'était ça où braver son interdiction de porter des sous-vêtements. Et elle savait que cette fois, elle n'échapperait pas à la punition s'il la reprenait à en porter.
Il lui avait promis de la baiser et de la faire jouir à la fin de ce jeu dans le premier message qu'il lui avait envoyé et elle n'en pouvait plus d'attendre. Parce que bien sûr, lui continuait à se servir d'elle. Il avait baisé sa bouche un grand total de cinq fois cette semaine.
Le samedi soir où elle travailla seule dans l'atelier de couture fut encore plus intense que le reste de la semaine et il lui envoya une demande après l'autre, si bien qu'elle dû se soulager à deux reprise.
Elle était incapable d'atteindre l'orgasme seule mais de se caresser la soulageait légèrement.
En sortant de son travail prête à foncer chez elle pour se toucher une troisième fois, elle entendit des pas derrière elle.
Elle prit un autre chemin et fit quelques détours par des rues normalement plus fréquentées que ce soir-là. Elle-même plutôt échauffée n'avait pas de prime abord remarqué le froid polaire qui régnait dans les rues ce soir-là mais en y repensant, elle se dit que cela avait dû chasser quelques badauds et quelques touristes.
Elle entendit de nouveau des pas derrière elle en prenant une nouvelle ruelle menant tout près de la boulangerie. Soupçonneuse, elle doutait fortement qu'il s'agisse de ChatNoir. Normalement, lorsqu'ils jouaient à la chasse ensemble, elle ne l'entendait pas, elle devinait sa présence grâce à quelques ombres.
À cause de ce très grand froid, elle ne voulait pas demander à Tikki de la transformer. La tempête de neige régnait sur les toits à cause des bourrasques et le froid serait encore pire la-haut et traverserait son uniforme en quelques secondes sans la protection de son manteau doublé bien chaud et des murs des immeubles qui bloquaient le vent glaciale.
Avant d'en arrivé à braver la morsure des coups de vents, elle voulu vérifier une autre possibilité. Prenant un autre détour la menant, une fois de plus, vers la rue plus large mais l'éloignant de sa destination, elle sortie son téléphone.
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Adrien était à une réception absolument ennuyeuse où la seule distraction possible était les bouderies et les commentaires de reproches déguisés de la part de Chloé.
En adolescent joueur et capricieux, il avait inondé sa princesse de demandes pleines de fantasmes délirants pour se désennuyer.
Mais, vers les onze heures, il en avait plus qu'assez de cette soirée. Tous les discours et les conversations polies avaient été fais et son sexe bien ligoté dans son sous-vêtement ultra soutien cachant toute l'ampleur de son érection devenait non seulement douloureux mais maintenant il se mettait à l'élancer.
Il était plus que temps qu'il arrête de regarder les photos de Marinette et qu'il parte la retrouver en personne entre ses draps pour se soulager et la baiser comme il le lui avait promit.
Son téléphone personnel sonna alors et il fut intrigué de recevoir un appel de sa part.
«Allô?» répondit-il.
«Adrien» demanda-t-elle d'une voix mi-étouffée, mi-pantelante «Est-ce que c'est toi qui me suis dans la ruelle? Est-ce que tu es venue à mon travail pour t'assurer que j'étais en sécurité en rentrant chez moi?»
Le sang d'Adrien ne fit qu'un tour. Il comprit instantanément la situation et une peur panique s'empara de lui.
Il se releva en faisant tomber sa chaise au sol et s'enfuit vers la sortie d'urgence la plus près.
«Ce n'est pas moi, Mari. Et ce n'est pas lui. Sauve-toi et Défends-toi.» cria-t-il en mode combat.
Mais le timbre du téléphone indiqua que la communication avait été coupée.
Qu'avait-elle saisit de sa phrase et pourquoi, bon dieu, pourquoi la ligne avait-elle coupé?
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«Ce n'est pas moi, Mari. Et ce n'est pas-» entendit-elle la voix d'Adrien lui répondre.
C'était un véritable agresseur. Un de ceux qu'elle cherchait à débusquer et arrêter.
Où était-il? La voyait-elle? Et où pouvait-elle bien se cacher pour se transformer? Tous ces détours l'avaient considérablement éloignée de chez elle. Peut-être pouvait-elle se réfugier chez un ami ou dans un commerce.
Ivan habitait quelques rues plus loin. Elle cherchait un café ouvert sur la route qui s'y rendait mais ne trouvait que des portes closes. Pourquoi n'y avait-il jamais de débit de boisson lorsqu'on en cherchait un?
Et encore elle entendait distinctement des pas dans la neige qui la suivaient sans doute possible. Au coin d'une ruelle, elle tenta d'apercevoir, celui qui la suivait mais elle avait l'impression qu'il s'était également arrêté.
Cette même ruelle franchie, elle déboucha sur un tout petit parc avec seulement quelques bancs et un arbre. La demeure d'Ivan se trouvait de l'autre côté.
Mais alors qu'elle en était à la moitié, les pas se précipitèrent sur elle. Elle sauta pour placer un banc entre elle et l'homme au pas pesant.
C'est alors qu'elle vit son couteau. Et ses yeux. Il avait un couteau et elle devait choisir entre le secret de son identité et sa sécurité.
La porte de la maison d'Ivan était sur sa gauche à une dizaine de pas. Mais cette porte ne serait pas ouverte avant que cet homme ne la rattrape.
Peut-être voulait-il la violer et ne ferait pas ainsi usage de son arme dès qu'il la toucherait.
Mais, il n'y avait pas que des violeurs dans ces rues. Il y avait aussi des tueurs. Et un homme armé avait de forte chance d'en être un.
Une dernière possibilité. La vitesse.
Si elle était assez rapide pour atteindre le coin de la rue et que Tikki la transformait juste au bon moment, elle pouvait s'échapper par les airs sans qu'il ne découvre par où elle aurait pu fuir.
Avec une feinte sur la gauche, elle partie par la droite mais l'homme la rejoint en quelques enjambées.
Sa poitrine prise dans un étau par une prise de fer qui l'étouffait contre un torse d'acier, elle sentit la lame contre sa gorge.
Des deux mains, elle attrapa le poignet tenant l'arme et le repoussa de toute sa force au même moment où elle frappait le tibia de l'homme.
Elle réussit à se dégager mais pas sans une cruelle brûlure au cou lui apprenant qu'elle était blessée.
La douleur la fit crier et en réponse à son cri et au sang qu'elle vit à ses pieds sur la neige, elle entendit le cri désespéré de ChatNoir. «Princesse!»
Il était encore loin. Trop loin, lui apprit ce cri. Trop loin conclut-elle lorsque l'homme avança son bras armé dans sa direction.
Risquant le tout pour le tout, elle fonça elle-même vers lui mais en passant sur sa droite. À la droite de l'arme et si près que son propre bras passa sous l'arme pour accrocher le coude de cet homme.
Ce coude qu'elle tordit et qui se plia.
Pendant ce temps, ce temps qui s'étirait de seconde en seconde, son autre bras avait trouvé le menton et lui imposait tout l'impacte de la force de sa vitesse.
L'homme bascula au sol et elle aussi. Leurs membres emmêlés et le bras de l'homme plié.
ChatNoir atterrit à un pas d'elle et la dégagea.
L'homme était inerte et son sang s'écoulait de sa poitrine en gros bouillons et bulles d'air.
Marinette recula encore d'un pas mais même si ChatNoir l'avait redressée, elle tomba au sol à cet endroit. Pendant que le héros tentait de sauver l'homme. Elle s'effondra.
Les larmes coulaient abondamment sur son visage, les sanglots la secouaient.
Au loin, très loin, une voiture de police approchait.
«Mari, écoute-moi!» commanda ChatNoir sans se détourner de l'homme qu'il avait maintenant dénué sur la poitrine et sur lequel il appuyait la chemise autour de la lame en y appliquant une pression glissante.
«Est-ce que tu vas bien? Répond-moi par pitié.» réclama-t-il.
Toujours en proie à toute cette horreur et cette panique, Marinette hoqueta : «Ça- ça v- chaton, ça va, je vais- lui, lui, lui, occupe-toi de luuuuiiii!» s'effondra-t-elle en sanglotant de plus belle.
Jamais encore elle n'avait blessé quelqu'un aussi gravement. Jamais encore elle n'avait fait couler autant de sang.
C'était contre son devoir d'héroïne. Contre le serment sacré qu'elle s'était fait à elle-même.
Même en sachant que son miraculous guérissait toutes les blessures, elle évitait toujours de frapper un adversaire dès qu'il y avait une autre solution.
Et s'il mourrait? Si la vie de cet homme prenait fin ce soir par sa faute? Parce qu'elle avait choisit de ne pas se transformer. Parce qu'elle ne voulait pas risquer de dévoiler son identité. Parce qu'elle avait hésité. Parce qu'elle avait froid.
S'il mourrait se serait sa propre faute.
Policiers, ambulanciers, héros, voisins, ami. Un tas de gens était sur la place. Et Marinette était au sol à deux pas d'une marre de sang où gisait un tueur sur le point de trépasser.
Marinette avait elle aussi beaucoup de sang sur elle. Son propre sang surtout mais pas uniquement.
Il y avait aussi celui de l'homme.
ChatNoir chercha à la prendre dans ses bras. Il se sentait tellement, tellement fautif. S'il avait mentit à son père et prétendu ne pas pouvoir aller à cette soirée. S'il avait faussé compagnie à l'hôtesse malgré l'impolitesse que cela aurait été.
S'il avait dévoilé son identité plus tôt à Marinette et s'il lui avait dit qu'il ne pouvait pas venir l'attendre à la sortie de son travail comme il le faisait souvent.
S'ils n'avaient pas joué avec le feu.
ChatNoir voulait la prendre dans ses bras. La réconforter et l'amener aux ambulanciers pour qu'ils la soignent.
Il voulait la raccompagner chez elle. Ou même chez lui et la laver.
La glisser entre ses draps et la garder dans son lit, contre lui toute la nuit. Lui faire oublier cette horreur en lui soufflant des mots légers et lumineux à l'oreille.
Mais elle le repoussa. Elle lui asséna même une gifle sur la main qu'il avançait pour l'atteindre.
« Ne me touche pas! » ordonna-t-elle dans un cri furieux. « Je suis, je suis… sale …et souillée …et contaminée. Je suis repoussante et dangereuse et dégoûtante. »
Elle s'enfuit à toutes jambes vers les ambulanciers attendant, résignée, qu'ils déclarent que l'homme était mort avant de recevoir à son tour des soins.
L'ambiance dans la classe était au plus bas le lundi matin. Aucun rire, aucun mot plus haut qu'un chuchotement.
Ivan avait tout vu. Au cri de ChatNoir, il avait regardé par sa fenêtre du deuxième étage et avait vu Marinette s'effondrer sur l'homme.
Il était descendu dans la rue avec les policiers, avec ses parents. Il ne pouvait pas ne pas être là. Il avait compris. Elle avait essayé de venir lui demander de l'aide et il n'avait rien pu faire pour elle.
Ivan avait parlé à Mylène. Il lui avait tout raconté. Main dans la main, les deux amoureux avaient expliqué toute l'histoire à chaque élève de leur classe arrivant dans la cour en ce lundi matin.
Seul Adrien ne s'était pas joint à eux. Recroquevillé dans son coin et seul. Il ne voulait pas de compagnie.
Il se sentait mieux depuis l'agression. Il avait relativisé.
Ils n'étaient plus des enfants. D'accord, ils risquaient leurs vies en s'enfonçant dans les ruelles dans la nuit noire pour débusquer les criminels. D'accord, ils étaient d'une force sans mesure pour eux et les maîtrisaient efficacement et sans dégât lorsqu'ils portaient l'uniforme.
Mais il avait encore sur le cœur la peur qu'il avait ressentit une poignée de jours plus tôt lorsqu'elle avait fait l'appât. Et si cet homme avait réellement été armé?
Et si c'était ce tueur qui était tombé sur elle ce soir-là plutôt que ce premier violeur?
Elle serait déjà morte depuis une semaine parce que ce premier type avait bel et bien mis les mains sur elle.
Il voulait passer sa vie avec elle. L'accompagner au bal des finissants dans quelques mois, être dans l'assistance aux côtés de ses parents le jour où elle recevrait son diplôme d'études supérieures en stylisme, avoir des enfants avec elle.
Heck! Il voulait se bercer avec elle dans une balancelle placée sur le balcon de leur maison en regardant leur arrière-petits-enfants rigoler dans la cour!
Il ne pouvait pas la perdre. Pas comme ça. Pas si jeune. Et jamais!
Il ne voulait pas parcourir une terre où elle n'existait pas.
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Marinette était arrivée en classe avec un gros bandage au cou. Dessous, il y avait même des points de suture et elle garderait une cicatrice bien visible de cette nuit.
Elle avait failli mourir lui avait dit le médecin à l'hôpital. Mais ce n'était pas assez. L'homme était mort et elle avait tâché son parcourt d'héroïne de Paris. Elle s'en sentait maintenant indigne.
En classe, même Chloé s'était tue par respect. Elle n'avait pas ouvert la bouche et garder la mine basse.
À la pause, Marinette fixait toujours la feuille réponse qu'elle savait être remplie de tant d'erreur qu'elle ne s'était pas donné la peine de la remettre au professeur.
Elle était restée seule dans la classe lorsque les autres étaient sortis. La plupart était gênés mais Alya, Alya était sa grande amie, elle avait eu peur de la perdre. Alya gérait sa peur par l'action. Elle parlait déjà aux autres de trouver une façon de l'aider.
Marinette elle-même ignorait ce dont elle avait besoin.
Adrien était une fois de plus resté à l'écart des autres. Il était revenu sur ses pas pour la trouver dans la classe.
Il n'avait pas encore franchi le seuil. Après son éclat, celui où elle l'avait repoussé, il n'avait plus su comment l'approcher sans qu'elle se sente agressée par sa présence.
Il entra dans la classe. Grâce à une longue pratique de démarche dans les couloirs du manoir résonnants au moindre bruit, il savait passer complètement inaperçu. Mais ce jour-là, ce n'était pas ce qu'il voulait.
Il fit consciemment un peu de bruit sur le sol. Il reprit sa place mais se tourna vers elle. Sans un mot, il attendit.
Sans un mot, elle continua de fixer son devoir incomplet.
Avec douceur, il fit un premier geste pour rétablir ce lien qui les unissait. Il tendit la main et toucha le bout de ses doigts avec les siens. C'est tout.
Le plus petit et le moins envahissant des contacts physiques qu'il pouvait lui offrir.
Elle releva les yeux pour rencontrer son regard vert, remplit de vie, et si grand ouvert. Ce regard qui offrait un accès direct jusqu'à son âme. Celui qu'il n'offrait qu'à elle et à son propre père.
Les larmes débordèrent une nouvelle fois de ses yeux d'azur. Mais cette fois, lorsqu'Adrien, sans laisser le contact de leurs doigts, contourna le pupitre pour venir la prendre dans ses bras, elle ne le repoussa pas.
Elle s'effondra en larme sur son épaule et laissa déborder toutes les larmes de peur, de colère, de panique, de faible estime d'elle-même, qu'elle avait retenue depuis son éclat pour son partenaire.
Et lorsque la classe revint avec des tas de bonnes intentions pour l'amener se divertir là où elle aurait la fantaisie d'aller, ils comprirent que ce dont elle avait vraiment besoin était de temps et d'écoute et de respect.
Il la garda contre lui longtemps, toute la journée. Caressant simplement son dos et partageant sa chaleur avec la sienne.
Il fallu une nouvelle semaine complète avant que Ladybug remette les pieds sur les toits de Paris. Une semaine où chaque soir, ChatNoir écrivait à Marinette pour lui dire combien il l'aimait mais où il n'exigeait aucune réponse.
C'était ce qu'il lui offrait, sa présence et sa patience.
Sur ce toit à l'abri du vent par contre, il déversa tout. Tout un grand discours sur ce qu'il pensait de leur vie et de leurs vies de héros.
Comment il voulait toujours faire les patrouilles et arrêter les criminels mais comment il refusait catégoriquement qu'elle se promène à nouveau sans uniforme pour jouer les appâts.
Et combien, il ne voulait jamais la perdre, combien il la voulait dans sa vie jusqu'à la fin de leurs jours. C'était ce qu'il y avait de plus important en ce monde pour lui : son existence.
Elle ne retint pas tout ce qu'il avait dit mais promit de ne plus jamais se promener sans uniforme dans les ruelles où se promenaient les véritables prédateurs.
« Tu veux jouer ce soir? » lui proposa-t-il sur un ton beaucoup plus joyeux. « Je sais que ça te remonte toujours le moral quand je te baise sans ménagement. Le lendemain, tu te promène la tête haute en marchant en long et en large pour faire passer les crampes. » se moqua-t-il.
« Ils ont fait des tests de dépistage sur ce type et m'ont dit qu'il n'avait pas de maladies transmissibles par le sang mais il y en a certaines qui ne seront pas décelables avant six mois, le sida entre autres. Évidemment, il n'est pas certain que son sang soit entré dans mes blessures.» fit-elle beaucoup plus terre à terre et sérieuse que lui. « Mais d'un autre côté, je crois qu'il faut savoir quand arrêter de jouer. Après tout, un jeu, ce n'est qu'un jeu, il ne faut pas le confondre avec la réalité. »
« Je suis bien content de t'entendre dire ça. Moi aussi, je me disais qu'il était tant d'arrêter de jouer. » fit-il en gardant son sourire et son ton léger. « Pas que je n'ai pas apprécié de jouer. J'ai autant, sinon plus, apprécié que toi. » Il lui fit un clin d'œil avant de poursuivre. « Même si je sais de première main à quel point tout ça te faisait mouiller comme un robinet. Et comprends moi bien, je n'ai aucune intention de devenir un jour un vieux rabat-joie qui déteste jouer et qui ne parle que boulot. Mais, …j'avais plutôt hâte de passer aux choses sérieuses avec toi. »
« Les choses sérieuses? Tu sais que d'ordinaire, on dit ça lorsqu'on arrête de se tripoter et qu'on passe à la pénétration?»
« Oui, je sais mais là, je parlais de jeu. Tu sais, lorsqu'on arrête de jouer au chat et à la souris et qu'après avoir bien joué avec sa proie, le chat passe à… la mise à mort. »
« Fait bien attention à ton prochain mot ou ton prochain geste, Chaton! » fit Ladybug en se redressant dans une posture défensive avec un malaise complet.
Il s'avança doucement vers elle sans que son sourire de chat qui vient de trouver un bol de crème ne s'altère. Arrivé à porter de main, il plaça ses bras autour de sa taille et prononça les mots qu'il n'avait encore jamais prononcé en la regardant dans les yeux.
« Transformation! »
Elle sursauta lorsque la lumière verte se dissipa suffisamment pour qu'elle voit qui était sous le masque. Elle plaqua ses mains sur sa bouche pour retenir un cri, mais impitoyable, il les lui retira pour se les accaparer.
Dans son hébétude et avec la tête qui lui tournait, elle le laissa faire et ne put qu'ouvrir les yeux encore plus grands lorsqu'il plongea pour s'emparer de ses lèvres.
Complètement stupéfaite et émue au-delà des mots, elle tourna de l'œil sous la passion et l'intensité des baisers de son grand amour.
Sans aucune merci pour l'état d'inconscience de sa proie, Adrien dévora encore et encore ses lèvres et profita éhontément de pouvoir caresser son corps selon son bon plaisir.
Après tout, il savait que maintenant, il devrait faire face à la musique et ne doutait aucunement que son amante ferait bientôt de lui sa proie.
