Note d'auteure: J'ai remarqué que j'avais oublié de mettre cette histoire en statu complet alors, j'ai décidé d'en profiter pour mettre quelques bonus. Il y a toujours les jeux et un contexte mais l'histoire était, à la base, terminée, donc, j'ai fait ce que j'ai pu pour la chronologie, je vous demande donc d'être indulgent sur le sujet.
De plus, comme le propos de l'histoire se termine en fin du chapitre deux, la nouvelle fin de ce texte se termine un peu brutalement. Il s'agit simplement de la fin d'un chapitre. Encore une fois, je vais devoir faire appel à votre compréhension.
Sur ce, merci de vous être intéressé à cette histoire, c'est grandement apprécié du fond du cœur.
"Écarte les jambes, Princesse." lu discrètement Marinette sur son téléphone.
Il s'était passé quatre mois depuis son agression. Et les choses avaient été… plutôt sages, au niveau sexuel entre eux.
Elle n'aurait le verdict de sa contamination que dans deux mois. Avait-elle le sida, une autre maladie? Chaque maux de cœur, mal de ventre, saignement mensuel la faisait paniquer.
Et elle craignait encore plus de transmettre quelque chose à Adrien. Elle évitait tous ce qui pouvait égratigner ses doigts. Ce n'était pas facile pour une manuelle maladroite comme elle.
Par contre, tout de suite après que ChatNoir lui ait révélé être son camarade de classe/ami/béguin, elle s'était vengée et bien vengée de lui. Naturellement, elle l'avait principalement fait sous les traits de Ladybug alors qu'il était ChatNoir. Ainsi, ils ne risquaient rien. Elle avait pu le pousser du haut d'un toit sans crainte pour lui.
Et lui avait pris sa colère avec sa rigolade habituelle, il était remonté sur le toit en en demandant encore et elle ne s'était pas privé de lui donner satisfaction en commençant par le renvoyer d'où il venait.
Il flirtait deux fois plus et elle ne l'en repoussait que deux fois plus.
Il avait par contre sagement évité sa chambre même si elle voyait parfois son ombre perchée sur les toits lorsqu'elle revenait d'une sortie le soir avec des copines.
Jusque là, il n'avait encore rien tenté au lycée. Entre eux et devant leurs camarades, Adrien était toujours le même ami protecteur et sensible qu'il avait toujours été. Il avait été d'une patience incroyable avec elle. Si calme face à la situation que son courage déteignait sur elle.
Mais, jusque là, elle n'avait abordé le sujet qu'avec ChatNoir, pas avec Adrien. C'était surréaliste pour elle de le voir assis sur le divan qui lui faisait face en train, comme tous les autres, de faire la lecture obligatoire durant cette période à la bibliothèque. Elle n'avait même pas remarqué qu'il avait utilisé son téléphone.
Elle arrivait à peine à réaliser qu'Adrien était tout cela. Ce garçon sensible et modèle et poli et ce super-héros audacieux et fort et cet amant passionné et créatif et tendre et possessif et …performant!
"Je peux pas." répondit-elle délicatement de la même façon, cachant le téléphone derrière le livre appuyé sur ses genoux. Elle retourna ensuite à sa lecture.
"Pourquoi?" reçue-t-elle à nouveau comme message.
Elle attendit une bonne minute pour s'assurer qu'aucun regard ne se tournerait vers elle. Elle s'éclaircie discrètement la gorge et écarta les jambes pendant une seconde avant de les refermer et de lui cacher à nouveau, ce qui ce trouvait et ce qui ne se trouvait pas sous ses jupes.
Il fallu cinq bonnes minutes pour qu'elle reçoive un nouveau message mais elle avait pensé qu'il avait abandonné parce qu'elle n'avait remarqué aucun mouvement de sa part.
"Hum! Délicieux. Tu ne serais pas en chaleur? Il n'y a pas de raison que tu me caches ce merveilleux spectacle. C'est tout brillant et écarlate là dessous!"
"Bien sûr que je suis en chaleur!" répondit-elle les sourcils froncés. "On est passé de 100 milles à l'heure à un arrêt complet, il y a plus de quatre mois. Et je découvre chaque jour que six mois peuvent être encore plus longs que je ne le pensais la veille. Et je te rappelle aussi que, contrairement à toi, je ne peux pas me satisfaire sans toi."
"Pas du tout, du tout? Même dans un tel état de manque?" reçu-t-elle comme réponse.
"Non. Je peux faire un peu baisser la pression mais pas franchir le mur." Il savait pourtant qu'elle ne pouvait pas. Il en avait d'ailleurs largement profité.
"Je n'ai rien fait non plus. Pas sans toi. Je t'attends." reçu-t-elle en retour.
Elle fronça les sourcils à cette réponse. Elle n'aimait pas du tout cet état de chose. C'était bien de son partenaire d'être aussi aveuglément loyal. "Tu ne devrais pas. Il n'y a pas de raison pour que tu souffres sans raison autant que moi."
"Pas sans toi." répéta-t-il avec entêtement, toujours sans laissé paraître qu'il textait. "Je suis solidaire. ;) Et tu es ma partenaire de jeux alors, je ne joue pas sans toi."
Marinette leva les yeux au ciel.
"J'ai besoin que tu sois concentré au combat. Moi, c'est à peine si je peux me contenir de faire une crise de nerf. Tu as toujours tellement d'idées. Si tu en as une pour que je t'aide…" suggéra-t-elle.
Étonnamment, même si dans le reste de sa vie, Adrien était une machine à accumuler les connaissances et faire des observations pertinentes, la créativité était l'un de ses points faibles. Cela aurait pu être un défaut mais d'un autre côté, cela créait une compatibilité entre eux. Sa propre créativité ayant tout le loisir de s'exprimer.
Par contre, il était capable de prendre le relais au combat et avait ce gigantesque réservoir de pulsions sexuelles qui leur fournissait toujours une quantité illimité de nouvelles idées de jeux. Elle était de loin dépassée par son imagination sur le sujet.
"Après les cours, on se trouve une coin tranquille." lui retourna-t-il.
Lorsqu'elle reçu le dernier message, Marinette releva la tête. Adrien avait le regard fixé sur elle intensément.
Heureusement, il s'agissait du dernier cours de la journée et ils n'eurent pas à attendre très longtemps. Mais la professeure demanda un aparté avec Adrien. « Vous savez que l'usage des téléphones est interdit durant les cours. Marinette et vous êtes très discrets mais pas infaillibles. »
« Marinette » commença Adrien « n'est pas complètement remise de ce qui lui est arrivé en décembre. Elle a besoin d'être rassurée sur certains sujets. Je l'aide comme je le peux. Elle a peur de blesser les gens autour d'elle. Elle a construit un mur et se cache derrière. Je veux juste l'aider à relativiser. »
« C'est bon mais passez-lui le message que la lecture doit être terminée pour le cours de demain. Et merci d'avoir été discrets. Bonne soirée.»
« Merci Madame. » salua Adrien.
Adrien regarda partout en allant déposer ses livres dans son vestiaire. Pas de jeune fille en bleu dans la cour. Pas de Ladybug sur le toit.
Ce fut les couleurs beaucoup plus discrètes de Multimouse qui l'entraînèrent à pleine vitesse vers une classe déserte et au-dessus de la rue, directement sur le balcon de Marinette.
Adrien se retrouva assis sur la chaise pliante de la jeune fille et releva les yeux pour voir l'autre héroïne que personnifiait aussi sa petite amie.
« Alors, mon petit minou. On veut jouer au chat et à la souris? » fit-elle d'une voix tentatrice.
Adrien n'avait jamais été à la fois aussi effrayé et excité. Seul son sexe avait encore du tonus musculaire et du sang dans les veines.
Ce n'est qu'une bonne minute plus tard qu'il s'aperçu que sa bouche était grande ouverte d'admiration. À ce stade, il regardait avec la vivacité d'une nouille trop cuite ses doigts gantés de noir défaire un à un les boutons de sa chemise et effleuré sa peau en d'électrisantes et subtiles caresses.
Il la laissa le déshabiller docilement, si bien qu'elle lui ordonna d'un simple haussement du sourcil de retirer lui-même ses bas et ses dessous en gardant les bras croisés sur sa poitrine de façon très maîtresse d'elle-même.
Une fois son amant complètement nu et caché uniquement par sa position bien au milieu du balcon, elle le fit se retourner et lui lia les poignets avec la corde à sauter qui était son attribut magique.
Elle le retourna et l'assit sur la chaise.
Ses doigts se glissèrent parmi les mèches blondes sur sa nuque et déjà, il envoyait la tête en arrière de bien-être. Il adorait qu'on joue dans ses cheveux et il était en manque de contact physique.
Durant plusieurs mois, il avait abusé de son corps à elle, lui demandant encore et toujours plus de contacts comme une personne en état de malnutrition ayant pour but de souffrir d'obésité.
S'en était suivit un très douloureux et très abrupte jeûne. Les mains de la jeune fille descendaient assurément vers son sexe mais beaucoup trop lentement. Et lui-même avait peur de perdre la tête avant qu'elle ne l'atteigne.
Les doigts agiles se perdirent dans les vallées et les creux des muscles de sa poitrine et il aurait voulu leur indiqué le bon chemin pour qu'ils se rendent plus vite à destination.
« S'il-te-plaît, s'il-te-plaît… » gémit-il. Son sexe était dur et il avait l'impression qu'il jouirait dès qu'elle l'effleurerait. « Promets-moi qu'il n'y aura pas qu'une seule fois… »
Son regard perdu captura celui captivé de sa partenaire et elle n'eu même pas besoin de répondre. Il lui accordait déjà sa confiance. Parce qu'elle avait compris qu'aujourd'hui, elle ne pouvait pas se montrer cruelle avec lui. Même s'il était sa proie, il souffrait déjà autant qu'elle.
Elle fit un mouvement des doigts qui envoya valdinguer son membre qui rebondit de tous côtés. Adrien ferma les yeux et arqua le dos contre la chaise de toile.
Il ne fallu que quelques allers-retours de plus à Multimouse pour le faire jouir dans sa main. Elle se servit rapidement de son boxer pour essuyer le surplus.
Elle s'assit ensuite à sa gauche et continua ses mouvements de va et vient, de haut en bas et de rapide et lent.
« Ne t'inquiète pas Adrien. » le rassura-t-elle. « Je suis tout à fait consciente qu'il faut qu'un de nous deux reste sain d'esprit en permanence. Et apparemment, cet après-midi, ce sera moi. » commenta-t-elle en regardant le lent et continu flot de précum qui s'écoulait du gland.
Adrien gémissait et roulait son front contre son épaule. Il ne maîtrisa ses plaintes qu'après avoir joui une nouvelle et beaucoup plus satisfaisante fois.
Elle détacha ensuite ses poignets mais lui montra la corde. « Tu peux toucher mon corps comme tu en as envie pour te faire plaisir. Mais ne crois pas que tu es débarrassé de tes liens pour autant. Je te les remette tout de suite après. J'aime trop te regarder les porter. Et souviens-toi que si tu ne te comporte pas correctement, ils peuvent aussi te fouetter.»
Après avoir joui une cinquième fois, les dents serrées autour de la corde, Adrien s'effondra sans force à ses pieds. Multimouse aida le jeune homme somnolent et frissonnant sous la brise d'été à rejoindre le petit lit tout près pour un repos mérité.
XXX
L'ingénieur était un nouvel akuma qui avait un plan précis en tête. Le plan de construction d'une machine qui devait vraiment faire quelque chose de mauvais mais dont personne ne connaissaient précisément le but.
Il s'agissait juste d'un scientifique dont les capacités cérébrales avaient été sujet à moquerie durant la pause du midi entre collèges. Après avoir été possédé par l'akuma, il avait fait croire à une alerte incendie pour que le laboratoire soit évacué.
Maintenant seul dans le bâtiment barricadé et remplie d'outils capables de créer des pièces ou des appareils pour le programme spatial, il s'appliquait à fabriquer un appareil plus grand que lui.
Les policiers avaient réussit à obtenir les images des caméras et en voyant le costume bigarré du scientifique, avaient aussitôt averti de la présence d'un akumatisé.
Ladybug et ChatNoir s'étaient excusés de leur cours de Science sous les moqueries de leurs camarades pour leurs systèmes digestifs si synchronisés et avait foncé sur place. Franchement, Marinette se serait bien passée de la tirade de Kim. « Hey, Agreste! Arrête de la prendre dans le derrière, elle va devenir incontinente à la longue! »
Leur relation était un secret bien gardé et jusque là, personne, pas même Alya n'en soupçonnait rien. De toute façon, Marinette ne connaîtrait pas le fin mot sur son état de santé avant encore cinq semaines. Elle refusait toujours de prendre quelques risques que se soit avec la santé d'autrui pour un peu (d'accord, beaucoup) de plaisir.
L'akumatisé n'était pas l'adversaire le plus facile à battre qu'ils aient affronté, c'est le moins qu'on puisse dire. Il avait peut-être le look d'un nerd à lunette en temps normal, mais ce dont il manquait en muscle, il le compensait en gadgets et il travaillait très vite. Sa machine, quelque soit son usage, était déjà pratiquement terminée lorsque les héros arrivèrent à la porte de cette grande salle.
Malgré tous leurs efforts, ils durent avancer vers lui à découvert sur la dernière partie du chemin et ils perdirent l'effet de surprise. Le Scientifique eut le temps d'activer la partie « bras mécaniques » de sa machine et celle-ci se chargea de maintenir à distance les héros.
Ils remarquèrent aussi bien vite qu'elle pouvait recevoir des ordres directement depuis le cerveau de l'inventeur lorsqu'il plaça un casque sur sa tête et que les bras furent deux fois plus difficiles à éviter.
Frénétiquement, les héros cherchaient la source d'alimentation de l'appareil qui ne possédait pas de cordon électrique. ChatNoir en compris tout à coup le fonctionnement mais alors qu'il indiquait une section de la machine faite de courroies et de rouages à sa partenaire, il fut saisit par un des tentacules qu'il avait été trop distrait pour voir fondre sur lui.
« Détruit les engrenages! » lui demanda-t-il en criant alors qu'il tombait dans la partie cubique et vitrée de la machine pour s'y retrouver enfermé.
« Utilise ton cataclysme! » l'enjoignit-elle en retour mais comme il s'apprêtait à le faire après lui avoir signifié son accord, une lueur jaune le parcouru de haut en bas avant de se focaliser sur sa tête.
Le corps du ChatNoir s'arqua de douleur et des larmes coulèrent sur ses joues avant qu'il ne s'effondre au sol.
Le seul indice qu'elle avait pour dire qu'il était toujours conscient était ses yeux larmoyants qui la suivaient du regard alors qu'elle s'acharnait à tenter vainement de le rejoindre ou de fracasser le mécanisme avec son yoyo.
ChatNoir dégoûté et blessé par ce qu'il subissait, la vit avec frayeur repartir vers la sortie du laboratoire. Il savait bien qu'elle cherchait simplement un nouvel accès ou une autre façon de le délivrer mais de la voir l'aidait à supporter.
Sachant qu'elle aurait bientôt besoin de lui, il se concentra pour être capable d'utiliser son cataclysme le moment venu sans le déclencher immédiatement malgré les images perturbantes qui lui venait en tête et les sensations qui l'aveuglaient. Il sentait ses membres engourdis et son corps lui répondait avec un temps de retard.
Elle passa par le plafond et atterrie juste au dessus des rouages en y envoyant des débris mais, les tentacules en écartèrent la plupart. Elle se retrouva tout de même au cœur du mécanisme et elle n'avait plus besoin que d'une simple distraction pour pouvoir gripper la machinerie.
De toute la puissance de ses poumons, ChatNoir hurla sa phrase d'attaque. Il n'avait toujours pas suffisamment de contrôle sur ses membres pour se délivrer ou utiliser son pouvoir mais la diversion fut efficace pour attirer l'attention du savant fou et elle eut le temps de ramasser un débris au sol pour bloquer le mouvement perpétuel qui fournissait son énergie à la création du Scientifique.
ChatNoir abattit sa main sur la paroi devant lui alors que Ladybug capturait le papillon noir. Elle retrouva le dispositif de contrôle des explosions qui lui avait servit à percer le plafond et le lança par-dessus sa tête. Mais, elle n'attendit même pas que les coccinelles ait finit de balayer les désagréments occasionnés, elle avait déjà pris ChatNoir dans ses bras.
Elle savait que quelque soit la blessure physique qu'il avait subit, il était maintenant soigné mais elle conclu rapidement qu'il était traumatisé de son expérience lorsqu'il ne fit que se serrer contre elle et lui demander pardon sans plus pouvoir s'arrêter peu importe ce qu'elle lui disait.
Il resta amorphe en apparence et plus tendu d'une corde de violon pour le dernier cours de la journée mais ensuite, elle ne voulu pas le laisser seul et arriva chez lui avant même que la voiture de son chauffeur n'entre dans la cour du manoir.
Il s'accrocha à elle jusqu'à l'arrivée de son professeure de piano. Mais ne prononçait toujours pas un mot et refusait de formuler ce qui s'était passé. Elle se demandait s'il était même capable de parler tout court.
Le trouvant si mal en point, elle décida plutôt de lui changer les idées. Et lui raconta de jolis souvenirs d'elle-même, de son enfance, qu'il écouta intensément, du moins en apparence.
Elle resta cachée au-dessus de son lit durant un très frustrant et inutile cours de piano et puisqu'il n'avait rien d'autre de prévu ce soir-là, elle le ramena d'office à sa propre chambre.
Après un long moment passé à s'y détendre, un dîner avec ses parents où ils eurent la tendresse de ne pas le forcer à parler et un autre moment de calme avec elle, c'est dans l'obscurité de cette chambre où il se sentait en sécurité, qu'il fit face à ce qu'il venait de vivre et éclata en sanglot.
Au départ, il ne faisait toujours que lui demander pardon. Puis, il bafouilla qu'il se sentait coupable de l'avoir obligé à subir tout ce qu'il lui avait fait.
Elle fronça les sourcils et le sortie de sa crise de panique en se fâchant contre lui.
« Hé ho! Je suis Ladybug, je te rappelle. Transformée, je peux avoir le dessus sur toi dès que je le veux. Si tu avais fait quoi que ce soit dont je ne voulais pas, tu l'aurais su tout de suite! »
Il ne rit pas, ne sourit pas mais la crise de larme cessa et il retomba dans son mutisme.
Elle lui dit alors tout ce qu'elle aimait de leurs jeux. Combien cela lui manquait. Et ce qui ce passait de si bon dans son corps lorsqu'ils jouaient. Et qu'elle avait bien l'intention de reprendre là où ils s'étaient arrêtés dès qu'elle le pourrait.
Tard au milieu de la nuit, elle dérivait vers le sommeil lorsqu'il commença enfin à parler.
« C'était comme… un viol. Mais seulement dans ma tête. Comme s'il m'implantait des souvenirs. Mais, pas n'importe lesquelles. Je sais que tout cela n'était pas vrai mais ces images persistent comme des mauvais rêves. Je crois… qu'il a fouillé dans ma tête et trouvé… les fantasmes que j'ai eu pour toi mais que j'ai rejeté parce qu'ils étaient trop violents ou parce qu'ils t'auraient blessés pour de bon. Soudainement, l'un d'entre eux me venait en tête sans raison et l'instant d'après, j'avais l'impression de le subir. Et ça paressait si réel. Et ça faisait tellement mal… »
Elle ne fit que caresser ses mèches pour l'aider à se détendre. Il appuya la tête sur sa poitrine.
« J'ai vu cette silhouette noir gravé très profondément des mots dans ma chaire avec un couteau. Je crois que celui-là c'était le plus dégoûtant de tous. Je me suis vu pieds et point liés sur le comptoir d'un bar et des hommes faisaient la file pour me violer et ça n'en finissait jamais, ça durait des jours. Dans une autre image, j'étais complètement nu et attaché, les bras et les jambes écartées, complètement exposé durant un cocktail comme une partie du décor...»
Après une courte pause pour avaler un sanglot durant lequel il fit un effort pour chasser toutes ces images, il reprit avec plus d'insistance.
« Mon corps va bien, je n'ai mal nulle part mais ma mémoire est remplie de blessures. Il m'a implanté de faux souvenirs aussi vivants que les vrais et tous plus traumatisants les uns que les autres. Mais je suis content d'une chose. »
« Quoi donc, chaton? » sourit Marinette. Vous pouviez compter sur Adrien pour toujours voir le coté positif en tout!
« Dans tous ces souvenirs, c'est moi qui était la victime. Si j'avais été l'agresseur, je sais que je n'aurais jamais été capable de m'en remettre. De cette façon, au moins j'ai une chance. »
XXX
ChatNoir peinait sous l'effort. Bombardé de frustration venant de plusieurs côtés de sa vie, il n'avait que peu (voir pas du tout) dormit depuis trois jours. Et cela se ressentait maintenant dans ses habiletés au combat.
Quand ce n'était pas sa peur d'échouer qui l'empêchait de trouver le sommeil, c'étaient les cauchemars de l'ingénieur qui se pointaient au milieu de ses rêves et le réveillaient aussitôt. Heureusement, il était capable de chasser bien vite ses images superficielles. Elles ressemblaient maintenant à des films d'horreur regardés juste avant d'aller dormir.
Entre les exigences de son père qui lui demandait 100% de son temps. Sa propre vie (il fallait bien qu'il fasse une apparition en cours à l'occasion) et la présence du Papillon dans les rues de Paris qui s'accrochait comme un disque rayé à sa litanie de demandes des miraculous, Adrien se sentait tourner de l'œil.
En d'autres circonstances, il aurait ventilé en abusant de la chaleur du corps de Marinette mais d'un côté, celle-ci ne voulait toujours rien savoir de le laisser l'approcher tant qu'elle n'était pas 100% certaine d'être clean et d'un autre, elle-même était maintenant une boule de nerf sur le sujet.
Il ne lui restait qu'une semaine d'attente avant de passer son test de dépistage. Le rendez-vous était même à l'horaire. Mercredi 15h. Elle était donc, plus que jamais, consciente du problème et ne laissait personne l'approcher. Même les accrochages dans les corridors de l'école la faisaient sursauter notablement.
ChatNoir poussa sur ses jambes, leur demandant toute la force qu'il leur restait, qu'importe qu'il doive passer le reste de la journée assis et soit incapable de défilé comme l'exigeait son père en soirée. Ladybug et l'akumatisé l'avait distancé.
L'héroïne était plutôt fière d'elle-même. L'akumatisé était coincé dans un petit atelier vide et désaffecté. Loin de la population, elle pouvait enfin se concentrer et donner la pleine mesure de son talent à la réussite de ce combat.
L'adversaire était pour le moins étrange. Alors que le Papillon affectionnait particulièrement créer des tenues extravagantes pour ses minions, cette fois, son envoyé semblait à peine humain. Oh, bien sûr, ce n'était pas la première fois. Il y avait eu Horrificator entre autres.
Par contre, bien loin de ressembler à un chewing-gum à la fraise, ce vilain avait des airs de famille avec Goloum du seigneur des anneaux ou Dobby et Kreature venus d'Harry Potter. Il était osseux, le crâne dégarni, avait un long nez, de longues oreilles et un haillon était le dernier rempart de sa (probablement très petite) pudeur.
Ses pouvoirs se limitaient à sa forme physique, il pouvait aussi s'accrocher aux murs et il était vraiment véloce. Ladybug s'avança doucement dans la pièce. Où était-il? Comment aurait-il pu sortir de cette pièce barricadée par des planches aux fenêtres? Elle fouillait partout du regard pour trouver un trou dans un mur ou une cachette mais il n'y avait rien.
Tout à coup, elle sentit une énorme main se plaquer sur sa bouche et son nez pendant que les bras (et le corps) qui l'accompagnaient se refermaient autour d'elle. Elle comprit instantanément son erreur. Il pouvait se rendre invisible. Ou du moins, très bien se camoufler dans l'environnement grâce à ce look si particulier.
Un cri étouffé lui échappa, elle avait de moins en moins d'air pour respirer. Elle avait beau se débattre autant qu'elle pouvait, elle se rapprochait doucement de l'asphyxie. Avec en dernière pensée horrifiée, un souvenir de cette terrible agression de l'hiver précédent qui avait chamboulé sa vie, un voile noir descendit devant son regard et sa dernière pensée consciente fut pour ce cri que ChatNoir avait poussé dans la nuit en réalisant qu'il arriverait trop tard.
Ladybug se réveilla en toussant et crachant une substance froide et visqueuse qui tapissait l'intérieur de sa bouche. Son corps se battait pour reprendre de l'air et ses poumons brulaient comme jamais. Cependant, malgré ses spasmes et ses soubresauts, son corps était maintenu au sol.
Malgré ses yeux remplis de sueur et de larme, elle tenta de faire le point sur sa situation. Son visage était enduit de cette gélatine collante et froide et sa poitrine semblait être dans le même état. À son grand soulagement, elle portait toujours son uniforme. Donc, ses miraculous ne lui avaient pas été retirés. Par contre, elle n'arrivait pas à bouger. Il y avait un poids sur chacun de ses membres. Elle réussit finalement, à regarder autour d'elle.
Ce qu'elle vit, la fit se glacer d'horreur. Au-dessus d'elle, il y avait le petit morceau de chiffon dissimulant l'entre-jambe du vilain donc,… Elle baissa le regard pour rencontrer celui complètement fou de la créature et… sa langue.
Ce "type" souriait et grimaçait. Sa langue, elle était énorme, mauve, couverte de veines saillantes et poisseuse de salive épaisse comme un gel.
D'une attaque inattendue, il enfonça sa langue dans le sexe de Ladybug. Malgré l'uniforme, elle fut pénétrée par ce muscle ferme. Et à sa grande honte, un plaisir né d'une abstinence forcée de six mois glissa sur elle pour se rassembler en un point précis. Le dégoût en était au moins aussi puissant que le plaisir.
Mais comme cette langue ressortait pour mieux revenir en elle encore et encore et la fouiller toujours plus profondément malgré l'uniforme, ce dégoût ne fit que se mélanger à son plaisir et elle fut bientôt incapable de combattre.
Chaque fois, que cette chose énorme se retournait en elle pour frotter fermement l'une des grosses veines sur son clitoris, elle passait tout près de l'orgasme, pour sa plus grande horreur.
ChatNoir ne comprit pas tout de suite, ce qu'il avait sous les yeux en entrant dans cet entrepôt. Il fallu quelques battements de cœur pour que cette vision prenne un sens dans son esprit.
Ladybug était couchée au sol de cette pièce où le soleil de midi entrait abondamment par les fentes entre les planches posées sur les fenêtres. L'akumatisé la maintenait par les poignets avec ses pieds pointus et par les chevilles avec ses mains. Sa tête chauve était au niveau de son entre-jambes. Et il lui faisait… quelque chose.
Ladybug, pleurait doucement et gémissait. Elle se débâtait à peine mais semblait, de toute façon, n'avoir aucun angle pour utiliser la force de l'adversaire à son avantage.
Puis, il vit cet objet mauve apparaître et s'enfoncer rudement entre les cuisses de sa partenaire. Il remarqua alors son sexe. Il était envahi par la langue démesurément épaisse de cette créature et définitivement plus large que tout ce qu'il avait pu y enfoncer lui-même. Il était carrément en train de la violer!
Un voile rouge s'abattit devant ses yeux. Manœuvrant son bâton comme une batte de base-ball, il le fit ricocher de toutes ses forces sur la tête ronde. Le thud creux créé par l'impact ne le ramena qu'à moitié vers la réalité. Juste le minimum nécessaire pour faire ce qui devait être fait.
Faire cesser l'existence de cette chose. Avec le peu de compassion que son état de rage lui permettait, il poussa Ladybug à purifier le Papillon et restaurer la ville.
Mais dans un acte vengeur. Alors, que sa partenaire reprenait son souffle et se centrait sur son corps. Alors, qu'un petit homme mince dans la soixantaine gémissait et remuait sur le sol, ChatNoir appela son cataclysme en chuchotant et termina l'existence de cet akuma.
Si, comme il le pensait possible, chaque akuma était dédié à un pouvoir en particulier, il avait décidé que celui-ci n'avait plus droit à la vie pour ce qu'il avait fait à sa bien-aimée.
Sans s'attarder pour l'état émotif de la victime, dès lors que sa vie ne fut plus un souci malgré le solide coup qu'il lui avait porté, ChatNoir emporta Ladybug dans ses bras et fila comme le vent jusqu'à la ramener dans le nid de confort qu'était la propre chambre de la jeune fille.
À grand renfort de glaces, de serviettes et compresses chaudes, de câlins, il enveloppa sa moitié de réconfort avant même de la questionner sur son état. Il savait déjà qu'elle ne saignait pas mais lui demanda tout de même si elle ressentait le besoin de voir un professionnel ou de prendre un anti-douleur.
«Non, je voudrais juste prendre une douche pour reprendre mes esprits. Tu veux bien m'attendre ici. Je serais pas contre un câlin ensuite.»
Il écouta patiemment l'eau de la douche couler et attendit encore ensuite. Nerveusement, dans un éclair de tendresse inquiète, il descendit à la boulangerie réclamer son dessert préféré à ses parents.
Tikki tenta de le rassurer. L'uniforme magique s'était assuré de conserver l'invulnérabilité et l'intégrité du corps de sa porteuse. Sa peau n'avait pas été déchirée ni à l'extérieur, ni à l'intérieur.
Une fois Marinette finalement revenue et habillée de son moins sexy et plus familier ensemble de nuit, elle laissa Adrien l'envelopper d'affection dans son étreinte.
«Dis-moi, s'il-te-plaît. Et vraiment honnêtement. Comment tu vas? De quoi as-tu besoin? Je m'en veux tellement! Je m'en veux à un point!» La fatigue physique et maintenant le choc, se lisait clairement sur le visage d'Adrien.
Elle attrapa son visage entre ses paumes et l'obligea à la regarder bien en face pour qu'il voit toute sa sincérité dans son regard.
«Je crois que je suis la fille la plus chanceuse du monde.» lui assura-t-elle. «Si toi et moi nous n'avions pas fait tous ces jeux, je ne sais pas comment j'aurais réussit à passer à travers ça. Je ne sais pas quel était le but du Papillon en laissant un tel être me faire ça, peut-être espérait-il me blesser intérieurement puisqu'il n'y a jamais réussit sur la surface de mon corps. Toujours est-il que si tu ne m'avais pas si souvent poussé au-delà de mes limites, si tu ne m'avais pas si amoureusement poussée à apprécier le sexe edgy, j'aurais vécu une expérience affreuse et j'en aurais peut-être été brisée et vraiment blessée. Il était si énorme…» s'effraya-t-elle en décalé.
«Mais, la seule chose que j'en garde est le dégoût d'avoir été touchée par quelqu'un qui me dégoûtait et qui n'était pas toi. Tu sais, il y a des filles qui acceptent de tenir un stand de bisous dans les fêtes foraines. Ce faisant, elles en sont réduites à embrasser de dégoûtants personnages. Bien, je ne comprendrai jamais pourquoi ces filles acceptent de le faire, mais maintenant je peux comprendre ce qu'elles ressentent lorsqu'elles se demandent comment s'en sortir. C'est comme ça que je me sens.»
Elle se serra contre lui pour rechercher sa chaleur en soupirant. «Je n'ai pas mal, je ne me sens pas plus dérangée qu'après n'importe quel autre combat. Mais j'ai l'impression de m'être fait voler un baiser par quelqu'un de dégoûtant. Et bien aussi, peut-être… Je ne suis pas certaine de pouvoir marcher demain. Il y a vraiment été plus fort que toi.»
«Je suis à ta disposition, ma belle. J'ai l'impression que j'ai, moi aussi, grand besoin d'une journée de repos. Et je ne connais pas de meilleur endroit pour cela qu'ici et maintenant, avec toi.»
