Encore merci à Bouddha, Kawazuu, Ghostly Doll, DuncanHeart et Serya-chan pour leurs review.

Résumé : « On se retrouvera dans une autre vie. » Axel et Roxas vont de réincarnations en réincarnations jusqu'à ce qu'ils puissent enfin être ensemble.

Genre : romance, humour Disney et chansons, angst et réincarnations

Rating : M

Disclaimer : rien ne m'appartient : tout est à Disney, Square Enix et Tim Burton.

pour lawy


Premier monde : Le bossu de notre dame

L'homme est-il un monstre ou le monstre un homme ?


II

Dans Paris, c'est Grand Charivari

Les démons qui sommeillent dans nos cœurs s'envolent


Les trompettes saluèrent l'aube de ce début de printemps.

« Charivari ! »

Les gitans dansaient dans les rues, entraînant à leur suite, tels des joueurs de flûte (1), les passants masqués qu'ils croisaient sur leur chemin.

« Allons élire le roi des fous – l'homme le plus laid de Paris ! Faites vos plus belles gri-maces ! »

La foule bigarrée dansait dans les rues de Paris. On prétendait que c'était le jour où les mendiants devenaient rois et les rois mendiants.

Aux côtés des Grands de Paris, De Rosax s'ennuyait ferme. Le juge Frollo grommelait quelque malédiction à l'intention des gitans qui infestaient la place de Notre Dame tandis que le bijoutier Cartier et l e comte de Disné commentaient ce qu'ils avaient sous les yeux.

Les yeux de Rosax errèrent sur la place, cherchant des masques plus originaux que d'autres. Des croques mitaines, des masques de Venise, des masques de monstres hideux. Des personnages de carnaval pour fêter le printemps qui venait, brûler l'hiver, oublier la vie l'espace d'un jour.

Et c'est alors qu'il l'aperçut.

Le masque blanc.

Il le connaissait par cœur, car il voyait souvent cette créature, la nuit dans ses rêves. Un instant, il crut que la créature était réelle (tant son pas était dansant) ou bien qu'il était endormi et en train de rêver. Mais les sensations étaient trop fortes pour que tout ceci ne soit qu'un songe. Les yeux de De Rosax s'accrochèrent à la figure blanche dansante (cette chose avait un nom mais St Jean de Rosax ne pouvait se rappeler lequel) et ne la lâchèrent plus.

Soudain, le masque glissa et révéla le visage d'un garçon qui ne devait pas avoir dix-sept ans. Ses yeux verts avaient quelque chose de familier. Le mot glissa de ses lèvres sans qu'il puisse le retenir.

« Axel ! »

Le garçon sans masque dut l'entendre car ses yeux verts s'agrandirent, piégeant De Rosax à l'endroit où il se trouvait. Une voix venue d'ailleurs s'imposa, résonna dans sa tête.

Mon nom, c'est Axel. C'est bon, c'est retenu ?

Je suis ton meilleur ami.

Une voix qui appartenait à ce visage, De Rosax en était persuadé. Il fallait qu'il entende cette voix – il en avait besoin.

Il cligna des yeux. Axel continua à le regarder sans plus prêter attention au gamin qui tirait sur sa manche, certainement pour le presser d'aller voir l'élection du roi des fous. Le roux se pencha à son oreille, murmura quelque chose et son ami disparut dans la foule. Puis Axel s'avança vers lui, le masque toujours relevé.

~*~

Axel. Il avait relevé la tête comme si ce nom était le sien. Et quelque part, cela semblait juste. En quelques secondes, il fut près du blond qui l'avait appelé. Ils se dévisagèrent en silence, sans savoir quoi dire ou comment faire le tri dans la mêlée d'émotions qui les assaillaient. Alexandre ouvrit finalement la bouche et le nom vint comme dans un songe. En fait, il vint, provenant d'un songe.

« Roxas. »

Cette voix assurée ne ressemblait pas à la sienne. Le blond ferma les yeux, comme assommé et Alex parvint à déglutir, le souffle coupé. L'ambiance de la fête devait les avoir rendus fous eux aussi, il n'y avait pas d'autres explications à ce qui était en train d'arriver. Deux regards happés dans la foule, deux inconnus qui se reconnaissent, deux noms sortis d'un rêve ou d'un cauchemar.

Axel avait l'impression de marcher dans un rêve. Mais il savait que s'il touchait Roxas, ce serait la chose la plus réelle qu'il aurait jamais effleuré.

Finalement De Rosax ferma les yeux, pour se soustraire à cette vision. Tout ceci n'était qu'une folie – qui lui rappelaient tant ses rêves – une folie qu'il ne pouvait se permettre de contempler plus longtemps. Ignorant la lave dans ses veines, il tourna les talons et s'éloigna.

Alexandre ferma les yeux.

Même cet abandon-là lui sembla familier.

~*~

Il est assis au sommet d'un grand bâtiment les pieds dans le vide, la tête entre ses bras.

« Enfin réveillé ? » demande une voix familière.

Il sursaute, mais n'est pas vraiment surpris de découvrir la présence près de lui.

« Axel. »

« Tu vas bientôt te rendormir, » Axel a l'air triste, il regarde l'horizon, refuse de croiser son regard. « Bientôt, je ne pourrais même plus sentir ton esprit. »

Roxas déglutit.

« Je serai… je serai bientôt ce que j'étais avant. »

Axel veut dire quelque chose, mais Roxas saute dans le vide avant qu'il n'ait eu le temps de le faire.

~*~

Alexandre rentra tôt ce soir là. Cela avait été une décision stupide, car le bruit dans les rues continuerait encore longtemps jusqu'à ce que Claude Frollo trouve un moyen de faire intervenir la garde, sans doute.

Il se déshabilla et se coucha.

Il avait envie de dormir, de pleurer, de crier.

Qu'est-ce qui lui arrivait ?

Que lui avait fait cet homme ?

Quelle était cette chose bizarre qui était passée entre eux ? Cette reconnaissance. Quelque chose de familier, de connu, quelque chose que Alexandre semblait avoir attendu. Quelque chose qui ressemblait à une promesse.

Lorsque le sommeil toucha enfin ses paupières, Alexandre s'endormit en priant pour que les rêves s'éloignent.

~*~

« Axel ? »

« Tu ne te souviens vraiment pas de moi ? Quel trou de mémoire… »

« Qui es-tu ? »

« On n'a pas le temps pour les questions maintenant. C'est sa ville, ses créations. Et je t'emmène avec moi, conscient ou non. »

Le blond jette l'arme à terre dans un mouvement de colère. La colère se transforme en surprise quand la clef revient dans sa main. Soudain, il a peur de ce que cela signifie.

« Roxas. »

~*~

Lorsqu'il se réveilla, Alexandre eut envie de pleurer. Ce n'était pas la première fois qu'il rêvait de ce garçon blond ; mais c'était la première fois qu'il prononçait ce nom. Roxas.

Son esprit revint immédiatement à la Fête de la veille.

Tout cela devait signifier quelque chose.

Quelque chose qui lui faisait effroyablement peur.


A suivre…


(1) allusion à la légende allemande du joueur de flûte d'Hamelin (reprise par les frères Grimm), qui débarrassa une ville de rats en jouant de sa flûte. Lorsque les villageois refusèrent de le payer et l'accusèrent de sorcellerie, il se vengea en revenant la nuit suivante et guida les enfants de la ville jusqu'à la rivière où ils se noyèrent.

Dans le prochain chapitre, De Rosax et Alexandre se rencontrent de nouveau avec un peu plus de souvenirs.