Les bannis ont droit d'amour
Résumé : « On se retrouvera dans une autre vie. » Axel et Roxas vont de réincarnations en réincarnations jusqu'à ce qu'ils puissent enfin être ensemble.
Genre : romance, humour Disney et chansons, angst et réincarnations
Rating : M
Disclaimer : rien ne m'appartient : tout est à Disney, Square Enix et Tim Burton. Certaines répliques sont directement tirées du jeu.
Avertissement : je vous rappelle que ce texte se situe à la fin du Moyen-âge. Oh et puis vague porn, aussi. (très vague, hein)*sort*
encore merci à tous les lecteurs qui ont laissé une review *hugs les gens*
Premier monde : Le bossu de notre dame
L'homme est-il un monstre ou le monstre un homme ?
IV
L'Enfer noircit ma chair,
Du péché de désir,
Le Ciel doit me punir.
Archimède revit les toits de Paris avec soulagement. Il était trimballé dans ce coche depuis deux jours et il ne voulait rien d'autre que sortir et marcher sur les pavés.
Laisser la boutique à Alexandre ne l'inquiétait pas plus que cela. Depuis six ans qu'il était son apprenti, le jeune homme ne l'avait jamais déçu. Il était brillant. Malgré les mots rudes du vieil homme, Archimède appréciait le garçon qui mettait de la vie dans son échoppe.
Il soupçonnait même que certaines de ses clientes ne venaient que pour le voir. Il se demanda avec une touche d'amusement si l'une d'elles avait jamais brisé à dessein une horloge dans le but de venir à la boutique. Qui savait ? Les biens-nés avaient des lubies étranges.
Comme il arrivait avec la nuit, il ne fut pas surpris de trouver le magasin fermé. Faisant tourner la lourde clef dans la porte, Archimède poussa la porte. Rien n'aurait pu le préparer au spectacle qui l'attendait derrière celle-ci.
Alexandre était en train d'embrasser un homme en plein milieu de la boutique. L'inconnu était adossé – lascivement – contre le mur.
Archimède crut une seconde que ses yeux lui jouaient des tours car c'était strictement impossible. Mais pourtant c'était vrai – enfer, c'était en train d'arriver, même. Dégoûté, Archimède recula. Le bruit qu'il fit attira l'attention des deux hommes qui se séparèrent rapidement. Puis les yeux d'Alexandre s'agrandirent d'horreur.
« Maître… vous êtes rentré… »
L'horloger resta figé. Puis son regard tomba sur l'autre et il eut un nouveau moment de surprise en reconnaissant St Jean de Rosax.
« Vous… »
Fort heureusement, l'aristocrate n'ouvrit pas la bouche – Archimède ne savait pas ce qu'il aurait pu faire si l'homme avait seulement osé. De Rosax quitta la boutique, sans dire un mot.
Archimède verrouilla derrière lui et s'adossa à la porte en tentant d'ôter de son esprit l'image d'Alexandre, pressé contre De Rosax, la bouche affamée et la folie du Démon dans les yeux. Dans l'ombre de la boutique, Alexandre attendait, tête baissée. Bien qu'il soit plus grands et plus forts que son maître, Archimède s'approcha de lui et lui flanqua un coup de poing, les yeux brillants de fureur.
« Ceci est une abomination, Alexandre. Quel démon a égaré ton esprit ? »
Même s'il avait pu répondre, Alexandre n'aurait rien trouvé à dire pour justifier cette chose à l'intérieur de lui. Qu'aurait-il dit de toute façon ? Je pense que je le connaissais avant ma naissance – il y a ces rêves faits de blancheur et de ténèbres et il y a ses yeux et quand je le regarde, je me sens vivant, pour la première fois – je crois que je l'aime.
« Crois-tu que ce… cette luxure vaille ton âme ? » poursuivit le maître horloger.
Alexandre resta silencieux. Pour lui, le salut commençait dans les yeux de Roxas. Et quelque part au fond de lui, il savait, comme les étoiles brillent la nuit, qu'il en avait toujours été ainsi.
~*~
Le lendemain, Axel n'eut aucun mal à s'échapper de la boutique. Archimède avait décidé de l'ignorer, renier son existence et le garçon sentait que ce n'était qu'une question de temps avant que son maître ne le fiche à la porte. Cependant, il n'arrivait pas à s'en soucier. Il avait trop besoin de voir Roxas.
Arrivé à quelques pas de l'hôtel de De Rosax, Alexandre se rendit compte de la stupidité de l'escapade : Archimède serait en colère s'il s'en apercevait et il ne pouvait pas entrer ni même s'approcher de l'hôtel.
La chance lui sourit lorsqu'il aperçut le laquais qui était venu visiter la boutique. Alexandre devait être inconscient ou stupide ou les deux, car il l'arrêta dans la rue, disant qu'il était la pour la montre de son maître. Le laquais rétrécit les yeux, trouvant sans doute son histoire invraisemblable. Mais le valet hocha la tête, le fit entrer et le conduisant dans un petit cabinet, lui ordonnant d'attendre ici.
La pièce était richement décorée. Alexandre n'avait jamais rien vu de si beau. Le plafond était orné de peintures splendides qui devaient avoir été réalisées par les plus grands peintres de Paris. Des anges jouant de la harpe étaient peints au milieu du plafond et les bords de la pièce étaient bordés par des fresques de fruits. Aux murs, il y avait plusieurs miroirs gigantesques – Alexandre observa son reflet avec curiosité, c'était la première fois qu'il se voyait dans un miroir, il toucha ses joues, observa la nuance verte de ses yeux, et le fouillis invraisemblable de ses cheveux – ainsi que de grands chandeliers blancs. Des tableaux ornaient les murs. Alexandre prit pour la première fois la mesure de la richesse de De Rosax. Il n'avait rien à faire ici. C'était folie de venir ici – Archimède avait raison ; tant pis pour cette chose étrange, merveilleuse ; cela devait s'arrêter. Pas parce que c'était un péché – bien qu'il soit effrayé, c'était le dernier souci d'Alexandre – mais parce que c'était impossible.
Ces rêves n'étaient que des rêves.
Ils n'appartenaient pas au même monde.
Au moment où il se résignait à partir, la porte s'ouvrit sur le jeune noble.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Le nom Roxas se posa sur les lèvres d'Axel mais la bouche du garçon demeura close. Son cœur battait à toute allure et son esprit ne pouvait penser à rien d'autre que Roxas est là. Soudain, il ne voulait plus partir. Il ne pouvait plus partir.
« Je voulais te voir. »
Le blond ferma les yeux. Un air de regret passa sur son visage et Axel sentit son cœur tomber dans sa poitrine. Ne m'abandonne pas encore. C'était déjà arrivé. Avant.
« C'est une mauvaise idée. Tu n'as rien à faire ici. »
La bouche de Roxas se tordit dans un rictus qui était fait de tristesse, de regret, de colère et peut-être d'autre chose encore.
« Je ne sais pas ce que tu m'as fait… je ne veux pas le savoir.
- Toi aussi, tu rêves.
- Ce ne sont pas des rêves, Alexandre.
- Axel. »
Avant que De Rosax n'ait pu ajouter quoique ce soit, Alexandre passa ses bras autour de sa nuque et l'attira à lui pour l'embrasser. Le blond ne résista pas longtemps et serra le garçon contre lui. Il n'osait croire qu'Alexandre était venu à lui. Maintenant qu'il était contre lui, Roxas ne voulait être nulle part ailleurs. Lorsqu'ils se détachèrent, Roxas glissa sa main dans celle d'Axel et l'entraîna vers la porte, à travers un boudoir, des corridors et finalement une chambre aussi gigantesque et splendide que le reste de l'hôtel. Ils ne croisèrent personne.
Alexandre n'eut pas le temps d'admirer la beauté de la pièce. De Rosax était de nouveau contre lui. Et il l'embrassa, et Alexandre ne pouvait plus penser à autre chose.
« Tu as corrompu mon cœur, mes rêves et mon âme, » souffla Roxas à son oreille. Il glissa une main sous sa chemise, touchant la peau pour la première fois. Cela ne ressemblait pas au corps d'une fille, mais De Rosax n'arrivait pas à s'en soucier. C'était Axel.
« J'ai besoin de toi, » répondit Axel. « J'ai l'impression d'être vivant pour la première fois. »
Cela ressemblait tellement à ce que Roxas ressentait qu'il ne put s'empêcher de l'embrasser tendrement.
Même dans leurs rêves, il n'y avait jamais eu cette friction des corps. C'était quelque chose d'entièrement nouveau et c'était effrayant, impossible et tellement bon qu'ils ne savaient plus comment respirer.
Les mains d'Axel glissèrent, firent tomber leurs chemises. Il joua quelques secondes avec les grelots qui décoraient la ceinture de De Rosax avant de la délacer aussi. Il aurait dû se sentir mal à l'aise d'être si près d'un homme et de le toucher. Il devrait au moins s'en soucier, un peu, mais tel n'était pas le cas. Ignorant ces pensées, Alexandre l'embrassa de nouveau. Le baiser fut chaud et mouillé, avec un goût de miel derrière. De Rosax l'entraîna sur le lit, abandonnant les derniers vêtements qui séparaient leurs peaux.
Langoureusement allongé, Roxas écarta les jambes, laissant Axel se glisser entre elles. Le jeune horloger se serra contre lui, traça les lignes de son corps, le caressant, le touchant, le goûtant, sans jamais pouvoir se rassasier de l'odeur musquée de sa peau.
De Rosax ferma les yeux, laissant Alexandre faire ce qu'il voulait. Il glissa ses doigts partout sur lui, en lui et le corps sous le sien ondula, frissonna, se tordit.
« Roxas. »
Lorsque Roxas rouvrit les yeux, ils étaient bleus et clairs, et Axel songea à un ciel d'été.
à suivre…
