L'histoire avance. J'en profite pour prévenir que dans cette fic, il y aura des scènes de sexe entre hommes. Donc soyez prévenus!

Chapitre 4 :

Jet était assis à une table de la maison de thé et Lee venait vers lui, un plateau à la main. Chacun de ses pas envoyait son tablier voler en avant, et Jet sentait la tension grandir à mesure qu'il se rapprochait.

Et soudain il fut là. Le plateau avait disparu et son tablier, devenu une voile immense, flottait tout autour de lui. Dans un geste menaçant et étrangement sensuel, le jeune homme au visage marqué arracha son tablier. Des habits rouge et noirs moulaient son corps, révélant son appartenance à la nation du feu, mais aussi ses formes pleines de promesses, entre force et raffinement.

L'instant d'après, Jet combattait son adversaire avec ses crochets. Ses armes ne rencontraient que du vide, car Lee esquivait toujours, avec cet insupportable sourire narquois. Et plus ses coups échouaient, plus Jet sentait monter en lui le besoin d'attraper son adversaire et de lui faire ravaler son sourire supérieur.

Ses crochets disparurent. N'ayant plus que ses poings, Jet se jeta sur la silhouette noire et rouge qui dansait pareille à une flamme devant lui. Enfin ses bras attrapèrent ce corps fuyant et le plaquèrent sur le sol, sous lui.

Mais même prisonnier, Lee affichait cet air inaccessible et suffisant. Alors Jet le bloqua entre ses jambes et frappa son visage à la beauté insolente, faisant gicler du sang vermeil de ses lèvres. Le sourire resta. Il avait beau le rouer de coups, Lee gagnait encore.

Jet retourna son adversaire et écrasa son visage sur le sol. Les habits noir et rouge s'évanouirent et il découvrit le dos creusé de Lee, unevague crémeuse qui donnait sur deux fesses délicieusement arrondies...

Et soudain Jet sentit Lee autour de lui, tiède et serré. Des secousses faisaient remuer son dos blanc et lui arrachaient de petits gémissements.

Jet agrippa les cheveux noirs et releva brutalement la tête de son adversaire, tirant sur son cou. Les secousses s'accentuèrent, le dos blanc se creusa de plus belle et les gémissements se chargèrent de douleur. Les mains brunes se crispèrent sur les hanches blanches et les ongles déchirèrent la peau, faisant perler des gouttes vermeil.

Enfin, Lee se tortilla en signe de défaite…


Jet se réveilla brutalement. Il était seul et il avait une érection…

Il tituba vers la salle de bain et plongea sa tête dans une bassine d'eau froide. Il ne savait pas ce qui le répugnait le plus : ce songe atroce ou la réaction de son corps.

Jet regarda son reflet dans la bassine d'eau. Ça ne pouvait plus continuer ainsi. L'obsession qu'il avait pour Lee était malsaine. Il avait déjà rêvé de tuer ses ennemis, mais ça, c'était autre chose.

Pesticide et Longue Flèche avaient raison. Il était en train de devenir fou. Il n'était pas venu à Ba Sing Se pour ça. Il promit au visage qui flottait sur l'eau qu'il réglerait ses problèmes le jour même…


Jet entra dans le salon de thé, paille à la bouche et crochets aux poings.

Il monta sur une table et dénonça les deux fugitifs dans une harangue passionnée. Puis comme seul un silence ébahi répondait à sa prestation, il alla chercher le Dai Li, caché comme toujours quelques rues plus loin, et répéta son discours avec un ton agacé. Il avait déniché des ennemis, à lui de prendre le relais. Le reste ne le concernait plus, il ne voulait que retrouver sa paix et la maîtrise de lui même.

Sauf que personne ne le crut. Ni les clients, ni le gérant, ni le Dai Li. Ce dernier, les bras croisés sur la poitrine et la tête inclinée, le transperçait de son regard froid sans faire mine de bouger.

Jet vit du coin de l'œil que Lee, balayant son oncle et ses excuses faussement conciliantes d'un geste, marchait vers lui, les sourcils froncés mais la main levée en signe de paix. Il perdit le contrôle. Lee ne devait pas l'atteindre de sa main et de ses mots. Ce serpent arriverait à endormir sa méfiance par son charme pervers, à le déposséder de lui même.

Jet l'accueillit avec ses crochets. Il forcerait Lee à se défendre avec sa maîtrise du feu, devant tous ces témoins. Et le Dai Li sec au regard glacial l'emporterait loin, le libérant de son obsession malsaine.

Sauf que Lee arracha deux lames à un soldat assis un peu plus loin et dévia son coup avec aisance. En voyant les mouvements souples de son adversaire, qui esquivait, paraît puis attaquait avec précision, Jet se rappela l'habilité avec laquelle il avait manié ces armes sur le ferry. Il n'aurait pas besoin de ses flammes pour lui tenir tête. Comme pour confirmer cette pensée, le maître du feu trancha le brin de paille qu'il avait en bouche, frôlant ses lèvres de sa lame. Désormais, Jet ne combattait plus pour dévoiler Lee, mais pour ne pas se dévoiler devant lui.

Il avait l'impression de revivre un de ses rêves. Ils se tournaient autour, se rapprochaient, se frôlaient puis se séparaient en une danse mortelle. Autour d'eux, les clients se taisaient, hypnotisés par le mouvement des lames et de ces corps agiles. Et devant lui, Lee était dangereux et sensuel comme une flamme. Jet mettait toute sa rage, toute sa passion dans ce combat, la déchaînant contre lui, mais l'autre restait insaisissable, se dérobant à ses coups avec une grâce insolente.

Il avait commencé ce combat pour forcer le maître du feu dans ses retranchements, le remettre aux autorités, le chasser de son esprit et de sa vie, mais tout ça avait disparu. Désormais, il combattait pour de bon. Pour le tuer. Pour se guérir de cette obsession déplacée.

Une des lames de Lee tomba. Déséquilibré, le jeune homme vacilla, et Jet en profita pour plonger ses crochets vers son cœur…

Mais l'oncle de Lee jaillit soudain et dévia la trajectoire de l'arme. Et avant que Jet n'ait pu réagir, deux gantelets de terre plaquaient ses mains sur le sol, faisant tomber son deuxième crochet. Il essaya de se dégager, en vain. Le Dai Li avança vers lui, le dominant de toute sa hauteur. Avec un sourire froid, il le saisit par la taille et l'emporta hors du salon de thé, encouragé par les clients qui clamaient l'innocence des deux maîtres du feu.

Lee, que son oncle époussetait avec une précaution de mère poule, le regarda fixement tout du long, le visage tiraillé par des émotions contraires. Jet emmena son regard avec lui dans la base sous-marine où le Dai Li le traîna, et jusque dans la chaise en pierre où il fut maintenu assis par la maîtrise de la pierre de cet homme froid. Et ses dernières pensées furent encore pour ces yeux dorés, avant que son esprit ne sombre devant la lumière et les paroles hypnotiques du Dai Li...

Qu'en avez vous pensé?