Bon cela fait un certain temps depuis la parution du dernier chapitre, et je m'excuse platement et promet de faire mieux la prochaine fois. J'espère que vous ne m'avez pas oubliée T.T
Quelques rappels :
-Axel et Roxas se trouvent à présent dans le monde de Corpse Bride dont voici la brève description (merci wiki) :
Au 19ème siècle dans un petit village d'Angleterre. Victor Van Dort, fils de nouveaux riches, et Victoria Everglot, fille de petite noblesse dont les parents sont ruinés, sont promis l'un à l'autre. Le coup de foudre est immédiat entre ces deux personnages touchants de gaucherie pour lui et de douceur pour elle.
Mais par mégarde et dans des conditions fantasmagoriques, Victor se retrouve marié au cadavre d'Emily, une mystérieuse mariée qui l'entraine de force dans le monde des morts...
-Acsel (Axel) est mort de la tuberculose et s'est plus ou moins souvenu de ses vies antérieures. Il est furieux et blessé.
-Dorsax (Roxas) est un jeune homme atteint d'un mal étrange : il ne dort que très peu, depuis toujours. Un jour, il s'endort et ne se réveille pas.
Un grand merci à Asphodèle pour la correction du chapitre.
Et merci aussi aux revieweurs (je ne sais plus à qui j'ai pas répondu. Dans le doute, je refais une réponse groupée) et aux lecteurs silencieux^^
Law-Sama (je te promets un happy-end. J'espère que la suite te plaira.) Nayru25 (je suis ravie que ce passage en particulier t'ait touchée. Les deux sont loin d'être au bout de leurs peines. Axel doit pardonner à Roxas pour pouvoir avancer) DuncanHeart (T.T j'aime pas quand feufeu plaante. Merci d'avoir quand même laissé une review.*w* xD c'est une version Sorcière sans yeux qui font des trucs pas nets. Ou presque. xD) Serya-chan (Merci beaucoup. Dorsax n'est pas vraiment mort. Plus de détails dans ce chapitre :p J'espère que ça continuera à te plaire.) Ghostly doll (Merciii. En effet, Dorsax va un peu morfler. J'espère que ce chapitre te plaira.)
Avertissement : Angst. Beaucoup d'angst dans les chapitres qui viennent.
Spoilers : La fic ne contient pour le moment aucun spoiler sur 358 days.
Monde 2 : Les noces funèbres
'Est-ce que je suis mort ?'
III
I sense there's something in the wind
That feels like tragedy's at hand
And though I'd like to stand by him
Il y a une ombre dans le vent,
Je crois qu'une tragédie m'attend,
Comment lui avouer comme je l'aime
(La complainte de Sally, L'étrange Noël de Mr. Jack)
Une foule de médecins se pressaient au chevet du jeune endormi. S'ils se disputaient quant à la cause et le réveil hypothétique de Dorsax, ils semblaient d'accord sur le fait qu'il était vivant. Il n'était pas mort, il dormait. Certains d'entre eux dirent que le jeune homme rattrapait le sommeil qui lui manquait depuis seize ans. D'autres dirent que c'était une maladie, on connaissait des cas de personnes qui s'endormaient tout le temps, au beau milieu d'une conversation. Ou de personnes qui s'endormaient un jour, et dormaient pendant cinq ou dix ans.
Mais personne ne savait quand le jeune Dorsax se réveillerait. Lorsqu'une semaine eut passé sans que ses paupières ne fassent que frémir, on commença à se demander s'il se réveillerait un jour.
Du bouillon de poulet et de l'eau fraîche étaient forcés entre ses lèvres, mais Dorsax ne pouvait pas vivre longtemps ainsi. Déjà, il semblait infiniment pâle et mince sous les draps.
*****
La première fois qu'Acsel entendit la voix de Cid (1), il se demanda s'il n'était pas en train de devenir fou. Mais il ne l'était pas.
Cid était une araignée.
Et il venait de lui demander la permission d'emménager sur le haut de sa tête. Jack éclata de rire quand Acsel le lui raconta plus tard avant de lui présenter immédiatement son asticot de compagnie – bien que le dit asticot n'appréciât guère le terme.
C'était parfois difficile de se rappeler qu'il était mort. Il vivait en ville, et même s'il ne
respirait pas, Acsel ne ressemblait pas aux morts qu'il côtoyait tous les jours. Son corps lui répondait aussi bien qu'autrefois et il ne tombait pas en charpie (« pour l'instant » fit la voix douce de Cid.)
Acsel devait cesser de penser à voix haute.
*****
Lorsque Dorsax rouvrit les yeux pour la première fois, il était dans le noir. Il lui fallut moins de deux secondes pour réaliser qu'il était dans une boîte - de bois, sans ouverture – et une seconde de plus pour comprendre que la boite était en fait un cercueil.
Il ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son n'en sortit.
*****
Il faisait noir quand Dorsax rouvrit les yeux pour la seconde fois. Tout son corps lui faisait mal. Il se redressa et regarda autour de lui. Il se trouvait dans une forêt sombre. Les arbres étaient noirs, immenses et épais. Il n'y avait ni lune ni étoile dans le ciel. Rien d'autre que les ténèbres.
Il avait toujours eu sa place dans les ténèbres.
*****
La troisième fois que Dorsax se réveilla, il était dans une petite maison, perdue au cœur des bois, en compagnie d'une vieille femme, laide à faire peur. Toutefois, la douceur dont son apparence manquait singulièrement se retrouvait dans ses gestes et sa voix.
« Je m'appelle Dorsax.
- Bois petit, tu peux m'appeler Madame. »
Dorsax obéit. La potion lui brula la langue et avait le gout de racine séchées et de cendres. Sa grimace de dégoût amusa beaucoup madame.
« T'as pas de tripes. J'avais oublié ce que cela faisait d'être vivant. »
Les yeux de madame roulèrent : l'un vers la droite, l'autre vers la gauche et Dorxas, malgré la chaleur dont la potion l'avait empli ne put retenir un mouvement de recul.
« Vivant ?
- Ouais, p'tit. Bien ce que je dis. Tu respires, et pourtant tu es ici. C'est un cas assez rare.
- Je ne resterai pas longtemps vivant, murmura Dorsax, comme inconscient de l'absurdité de sa situation, ils m'ont mis dans un cercueil.
- Tu as juste fait un mauvais rêve, petit.
Dorsax entendit à peine – et eût-il compris les mots de la vieille femme, sans doute ne les aurait-il pas cru. Il se rendormit immédiatement.
*****
Lorsqu'il se réveilla, le garçon constata que tout ceci n'était pas un rêve. La sorcière était toujours là. Elle lui redonna le même breuvage que la veille. Le goût parut un peu moins infect et Dorsax se sentit un peu mieux, comme s'il prenait une grande bouffée d'air après être laissé trop longtemps sous l'eau.
« Madame ? » hésita-t-il.
La créature lui répondit par un sourire.
« Je vais t'emmener en ville quand tu pourras marcher. Ce n'est pas évident de retourner en-haut, mais s'il existe un moyen, c'est là bas que tu le trouveras. »
La perspective d'aller en ville eut l'air de terrifier Dorsax, tandis que ce qui était en train de lui arriver le frappait de plein fouet. Il était dans le royaume des morts.
« Pourquoi je suis ici ? »
Madame secoua la tête.
« Ce n'est pas moi qui peux te donner des réponses, petit. »
*****
Madame l'emmena en Ville une quinzaine de jours plus tard. Deux semaines pendant lesquelles Dorsax dormit plus souvent qu'il ne l'avait jamais fait quand il était En-Haut. Cependant, ses rêves étaient loin d'être reposants et le garçon était toujours terrifié quand il ouvrait les yeux. Il rêvait d'ombres et de flammes, de cris et de colères.
Madame le réveillait et lui promettait qu'il ne risquait rien, qu'il était en sureté. Dorsax n'était pas toujours certain de la croire.
*****
En Ville, la sorcière le laissa entre les mains d'un squelette qui se faisait appeler Bonejangles (2) à qui elle précisa qu'il était vivant.
« Que fait-il ici ? »
La sorcière regarda l'adolescent, l'air pensif.
« Je crois qu'il dort. »
Le squelette hocha la tête, comme si la réponse avait un quelconque sens. Puis il se pencha sur Dorsax pour l'étudier et s'étonna que celui-ci ne recule qu'à peine. Toutefois, Bonejangles devait admettre que s'il avait passé du temps avec Madame, il avait dû voir des trucs autrement plus bizarres et impressionnants qu'un crâne souriant.
« Suis-moi petit gars.
-….
-Pas bavard, hein. On va voir le vieux Trevor. Il radote et il est pénible, mais si quelqu'un peut t'aider, ça ne peut être que lui. J'imagine que tu veux remonter à la surface au plus vite. »
Puis il commença à marcher, sans vérifier que son protégé se mette à le suivre. Dorsax lui emboîta le pas rapidement, non sans avoir remercié Madame une dernière fois. Celle-ci lui fit ses adieux et, l'espace d'un instant, Dorsax eut l'impression qu'elle était triste.
A quelques pas de là, Acsel buvait un verre en écoutant distraitement les anecdotes mortelles de Bobby Half Eye.
*****
En sortant du bar, une éternité plus tard, Acsel se figea sur le seuil tandis qu'il voyait Bonejangles accompagné d'un garçon blond. Un garçon au visage familier dont le nom surgit au fond de son crâne avec la certitude d'un mauvais rêve.
« Acsel ! » dit Bonejangles. « Voici Dorsax. C'est un Vivant, tu imagines ? On revient de chez le vieux Trevor.
Acsel resta silencieux, dévorant la scène du regard. Puis le nom sortit de sa bouche, avant même qu'il l'ait voulu.
« Roxas. »
Bonesjangles recula, un peu inquiet. Acsel était devenu un mort agressif, amer, rongé par quelque chose que personne ne comprenait, car il refusait de parler. Cela arrivait parfois dans les cas de morts violentes, mais Acsel était mort de la tuberculose. Ce dernier n'avait jamais fait de mal à qui que ce soit – bien sûr, personne ne l'aurait toléré, même si faire du mal à un mort n'était pas la chose la plus facile à faire ici-Bas – mais il était devenu silencieux ou agressif, acide ou catatonique ; passant d'un état à l'autre sans prévenir.
C'était la première fois qu'il voyait Acsel ainsi. Il était debout devant eux, l'air de vouloir dire des milliers de choses ou de disparaître.
« Est-ce que tu le connais ? » demanda Bonejangles ne sachant auquel des deux il s'adressait.
« Non, » dit doucement Dorsax, cherchant dans sa mémoire une trace de ce visage. Même dans la mort, il était encore beau, avec ses traits droits et réguliers. Et si Dorsax avait l'impression d'avoir déjà vu ces yeux (verts) quelque part, il était incapable de se rappeler où, ni quand.
Comment l'avait-il appelé ?
Roxas.
Le nom fit battre son cœur et soudain le jeune homme eut envie de s'enfuir à toute jambes.
« Tu ne te souviens pas, » fit Acsel. Il éclata de rire, comme si c'était la meilleure plaisanterie qu'il ait jamais entendu.
Puis il s'éloigna.
Bonejangles soupira.
« Parfois, la mort a une drôle d'effet sur les gens, » dit-il en guise d'explication pour l'étrange attitude d'Acsel.
Dorsax regarda Acsel s'éloigner avec la sensation que quelque chose lui échappait.
*****
Il ne se souvenait pas. Comment osait-il ne pas se souvenir ? Comment pouvait-il ne pas se souvenir ? Quand c'était la seule chose à laquelle Acsel pouvait penser. Il ne se rappelle pas. Encore. La pensée explosa dans son cerveau, brûlante comme les flammes qu'Axel manipulait jadis.
Cid dit quelque chose, mais Acsel était trop en colère pour l'écouter. Le souvenir de morts qui n'étaient pas les siennes se déversa une nouvelle fois dans sa tête, et il se laissa tomber au sol, les yeux fermés. Il pouvait sentir la corde autour de son cou, se souvenait d'avoir été étranglé lentement par son propre poids et Roxas n'était pas là.
/- On est meilleurs amis. Ca signifie qu'on prend soin l'un de l'autre.
- C'est quoi l'amour ?
- Si j'avais un cœur, tu crois que je pourrais aimer ?
- On se rencontrera dans une autre vie. C'est promis.
-Idiot, c'est toi qui vas renaître/
Acsel cria, encore et encore, dans l'espoir de se débarrasser des mots et des émotions qui tournaient dans sa tête. Tu es un Simili. Tu n'as pas de cœur. Acsel regretta le vide qu'il haïssait autrefois. S'il était encore un Simili, il ne rêverait pas de pendaison qui n'avait pas vraiment eu lieu.
« Qui est ce garçon ? » fit la voix de Cid.
Acsel l'avait presque oublié.
« Il s'appelle Roxas, dit-il.
-Tu es sûr ? J'ai entendu dire 'Dorsax'. »
/-Qui suis-je ?
-Ton nom est Roxas./
« Oui je suis sûr. »
Cid n'insista pas.
*****
Dorsax passa le reste de la soirée à penser à Acsel. Il y avait quelque chose de familier en lui. Et plus Dorsax pensait à lui, plus facilement il pouvait dessiner le visage d'Acsel, qu'il n'avait vu que quelques dizaines de secondes. Il se rappelait du son de sa voix, de la forme de son visage, de sa coupe improbable. Il savait des choses qu'il n'aurait pas dû savoir. L'expression de son visage quand il était content ou en colère, son humour douteux et contagieux.
« Dorsax ? Est-ce que ça va ?
-Je crois. »
Il se mordit les lèvres. Il avait envie de revoir Acsel, sans savoir pourquoi. Il se demandait s'il pouvait passer par Bonejangles. Leur entrevue chez Trevor n'avait pas été très concluante. Le vieux mort ne savait rien. C'était un cas pratiquement sans précédent et il devait faire des recherches pour en savoir un peu plus. Il leur enverrait un corbeau (mort) dès qu'il en saurait plus. Pour le moment, Dorsax allait devoir rester En-Bas et s'accommoder de la vie ici. Bonejangles l'avait chaleureusement invité dans sa demeure et Dorsax n'avait pu qu'accepter avec reconnaissance se demandant ce qu'il pouvait faire pour remercier convenablement un squelette.
Il s'allongea sur des couvertures qui avaient été jetées par terre et repensa à Acsel.
(1) son nom n'a aucun rapport avec le personnage de Final Fantasy. C'est une (heureuse ?) coïncidence.
(2) c'est le nom du squelette qui chante The Remains of the days (premier chapitre du monde Corpse Bride) ça veut plus ou moins dire Os qui fait des cliquètements.
Voilà. J'espère que cela vous a plu.
A bientôt!
