Voilà le nouveau chapitre, écrit pendant le challenge Nanowrimo. Cette fois-ci, la chanson ne vient pas de Disney ou de Tim Burton. J'espère que le chapitre vous plaira et un grand merci à mes revieweurs (et un coucou aux lecteurs silencieux, aussi^^)

Ghostly Doll (voilà le nouveau chapitre qui arrive bien plus rapidement que le précédent. J'espère qu'il te plaira. Moi ? Prendre un malin plaisir à torturer Acsel ? Totalement. Quoique la tendance s'inverse un peu dans ce chapitre. J'espère que cela te plaira.)Duncan Heart (et encore c'est que le début. Mais ça s'arrangera. J'avoue que tu n'as pas tort pour la mort par tuberculose. Oui. C'est un couple maudit, en fait T.T) Serya-chan (^-^ je suis ravie que le chapitre précédent t'ait plu. J'espère que celui-ci sera à la hauteur.) Nayru25 (*hugs* encore merci. Tes compliments me vont toujours droit au cœur.)

Avertissement : heavy angst pour ce chapitre. Situations dures. Le rating est M.

Note : le chapitre contient quelques allusions à 358 days.


Monde 2 : Les noces funèbres

'Est-ce que je suis mort ?'

IV

Je prie d'être irréelle.
Nos veines ruissellent.
Envahissent ma tête et je crève.
J'ai cassé la beauté, effacé, gratté, cessé d'exister.

(...)Plus envie de te voir près de moi !
Ce que tu ne peux sentir.
Tu n'as pas compris.
Tout ce qui me fait languir.

(Crucifère, Eths)


Acsel remontait la rue des Macchabées lorsqu'il aperçut la silhouette familière de Bonejangles. Celui-ci était seul et il marchait d'un bon pas en direction du bar de la Ville. Avant même de réfléchir à ce qu'il faisait, Acsel descendit la rue en sens inverse, pour rejoindre le squelette.

« Bone ! » cria-t-il.

L'interpellé se retourna.

« Acsel. Que puis-je pour toi ? »

Acsel se retrouva la bouche ouverte, sans savoir quoi dire. Il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait. Il savait juste que la présence de Roxas l'obsédait, qu'il ne pouvait penser qu'à ça, et que peut-être, la seule manière d'arrêter d'y penser, c'était de voir ce garçon et de tirer ses pensées au clair.

« Dis quelque chose, idiot, souffla la voix basse de Cid près de son oreille.

-Roxas est chez toi ? » demanda Acsel.

Si Bones avait eu un visage, il aurait sans doute froncé les sourcils.

« Roxas ? Si tu parles du Vivant, son nom est Dorsax. »

Acsel haussa les épaules.

« Je voudrai…

-Acsel, tu es sûr que cela va ?

-Je ne sais pas. »

-o-

/- C'est quoi un ami ?

- C'est quelqu'un avec qui tu manges des glaces.

- Tu es mon ami alors.

- Oui, Roxas.

- Et je suis le tien.

- Oui, Roxas./

-o-

Submergé par le souvenir, Axel recula. Si son corps fonctionnait encore de façon normale, il se serait mis à vomir. Il s'enfuit, sous le regard perplexe de Bonejangles. Ce dernier continua son chemin. Acsel avait toujours été un mort bizarre. Il n'arrivait toujours pas à comprendre la présence d'un tuberculeux qui n'avait personne à attendre En-Bas.

-o-

Dorsax ouvrit les yeux.

Il dormait comme il aurait dû dormir s'il avait été En-Haut. Il ne se souvenait pas de ses rêves, mais il était en sueur, et il avait l'impression d'avoir le cœur vide. La sensation ne tarda pas à disparaître.

Il était seul. Bones était parti depuis longtemps. Dorsax frissonna et sortit à son tour, pressé de quitter cet endroit qui l'effrayait. La rue était déserte à l'exception d'un mort qui se tenait là, appuyé contre un mur délabré, près d'un cercueil vide. Dorsax l'avait déjà rencontré. Il s'appelait Acsel.

« Roxas, fit ce dernier en guise de salut.

-Mon nom est Dorsax. »

L'autre l'ignora. Hésitant, Dorsax s'arrêta à quelques pas du mort qui le dévisageait. Il y avait dans son expression quelque chose d'inquiétant. Le Vivant déglutit et fit mine de passer son chemin.

« Attends.

- Oui ? »

L'expression d'Acsel se fit hésitante. Il avait presque l'air fragile, ainsi. Acsel ne savait pas s'il voulait le toucher ou lui faire du mal ; probablement les deux à la fois.

« Tu ne te souviens vraiment pas ? »

Dorsax soutint le regard des deux yeux verts qui le fixaient avec intensité. Il avait mal à la poitrine, mais il ignorait pourquoi. Il réalisa qu'Acsel l'effrayait. Il n'avait qu'une envie : celle de fuir à toutes jambes, mais avant qu'il n'ait pu faire un geste, la main d'Acsel se referma sur son poignet. S'ils avaient été dans le monde réel, la peau de Dorsax aurait sans doute bleui à cause de la force inhumaine de la poigne d'Acsel.

Dorsax n'eut pas le temps de respirer. Brutalement, Acsel l'attira lui – corps humain contre corps de marbre, inerte – et se pencha sur son visage. Son haleine putride entra dans les narines de Dorsax. L'odeur lui souleva tant le cœur que ce fut presque assez pour qu'il rende le contenu de son estomac, même s'il n'avait rien bu depuis le breuvage de racines de Madame. Le corps contre lui était trop fort pour qu'il réussisse à le repousser ; et Dorsax faillit s'évanouir lorsque Acsel joignit leurs lèvres.

« Roxas, » souffla-t-il.

Des doigts qui enlacent les siens.

Ils s'embrassent la première fois quand le monde semble finir autour d'eux. Les murs s'écroulent, les flammes dévorent tout et au milieu du chaos, Axel embrasse Roxas.

'Je te manquerai ?' demande la voix suppliante de Roxas. Il va disparaitre, ce n'est plus qu'une question de minutes, de secondes même.

'Je continuerai d'exister si tu penses à moi.'

Acsel le lâcha finalement et Dorsax s'appuya contre le mur derrière lui, les yeux pleins de larmes. Et lorsqu'il regarda de nouveau les yeux verts d'Acsel, les souvenirs de Roxas revinrent.

/de hautes silhouettes vêtues de noire, réunies ensemble, autour d'un homme dont les yeux jaunes luisent dans les ténèbres.

La pluie ne s'arrête jamais de tomber à Illusiopolis, le ciel ne change jamais, la promesse de Kingdom Hearts brille et semble à portée de mains.

Axel l'emmène à la cité du crépuscule et lui offre une glace bleue qu'ils mangent, en haut de l'horloge de la gare. Leurs mains sont si proches que Roxas sent la chaleur de celle d'Axel. Il suffirait d'un geste pour que leurs doigts se touchent et s'enlacent. Il goûte la glace, c'est salé et sucré à la fois. Il n'y a pas besoin d'avoir un cœur pour aimer les glaces.

Axel le défie. « Montre-moi ce que tu sais faire, » plaisante-t-il. Roxas gagne le duel et Axel lui offre une glace en gain de victoire. Mais c'est le bâtonnet d'Acsel qui comporte l'inscription « WINNER ».

Lorsqu'il est avec Axel, Roxas est plus conscient que jamais du monde qui l'entoure. La chaleur de la KeyBlade dans sa main, la proximité d'Axel, le vent, le froid, le goût de la glace à l'eau de mer. De plus en plus souvent, Roxas a envie de toucher Axel.

Une fois, Axel lui tend une Gemme brillante et Roxas laisse ses doigts toucher ceux d'Axel, quelques secondes de trop. Axel lui sourit.

Lorsque Axel l'embrasse, Roxas a l'impression d'avoir un cœur./

-o-

Le reste des souvenirs était plutôt confus ; les couleurs et les phrases se mélangeaient, comme un tourbillon. Dorsax se raidit contre le mur, les yeux clos, les mains sur les tempes, pour essayer de chasser la migraine qui explose dans son cerveau ; comme si quelqu'un s'amusait à lui planter des clous derrière ses yeux.

Quand Roxas ouvrit de nouveau les yeux, il regarda Acsel, incertain de ce qu'il ressentait.

« Axel

-Tu te souviens, maintenant ? » demanda le mort d'une voix acide, presque venimeuse qui fut presque assez pour que Roxas se mette à pleurer.

« Axel. »

/Je pars.

Je vais disparaître.

Je te laisse tout seul.

« On se reverra dans une autre vie. »

Roxas, à genoux au milieu de la foule, pousse un cri déchirant, suppliant alors que le bourreau exécute son amant. « AXEL ! »/

Le nom résonna dans son crâne, comme s'il l'avait lui-même crié. Le tourbillon ne s'arrêta plus, et des centaines d'images, de sensations revinrent lui marteler le crâne. Dorsax, incapable de tenir debout plus longtemps se laissa tomber au sol et se mit à vomir, incapable de supporter les images dans sa tête mélangé à la réalité d'Axel, debout devant lui, droit et furieux et mort.

« Je crois que… je crois que je me souviens, » dit Roxas, conscient du pathétique de sa situation.

Le sourire d'Axel était triomphant et Roxas fut incapable de soutenir son regard plus longtemps.

Il suivit Axel jusqu'à chez lui, partagé entre l'envie de s'enfuir et celle de se jeter dans les bras d'Axel, de le supplier de lui pardonner. Celui-ci était furieux et blessé, Roxas pouvait le sentir.

« Axel…

-Ne dis rien. »

Il lui toucha la joue et Roxas frémit au contact glacé.

« Que fais-tu ici, Roxas ? Tu n'es pas mort.

-Madame pense que je dors. Je ne sais pas ce que je fais ici.

-N'en as-tu vraiment aucune idée ? »

C'était stupide de penser qu'il était ici à cause d'Axel mais c'était la seule explication à laquelle il pouvait parvenir.

« Tu es en colère, Axel. »

Roxas n'avait jamais vu Axel en colère. Le… – le terme lui échappait ; qu'étaient ils avant tout cela ?

Il n'avait jamais vu Axel autrement que souriant et sarcastique, meurtrier, puissant et dévoué.

«Tu n'imagines pas à quel point, » susurra Axel à son oreille d'une voix caressante – qui faisait mal mal mal, comme autant de coupures qu'il lui aurait assené avec une lame. « Tu m'as laissé mourir, Roxas. Tu m'as abandonné. » (il sourit, de nouveau, de ce sourire terrifiant qui rappelait la grimace sinistre des crânes). « Et maintenant, tu es à moi. »

Il scella ses paroles avec un nouveau baiser brutal.

Dorsax hurla de douleur, les mains sur ses temps tandis que deux vies entières se déversaient à l'intérieur de son crâne. Deux vies complètement différentes qui avaient pourtant un point commun : Axel avait toujours été là.

Et soudain Roxas se rendit compte que s'il était ici, c'était parce qu'il y avait Axel. Pour une raison étrange et absolue, ils s'étaient déjà rencontrés avant.

Avant, lorsque Roxas était vêtu de noir et partait à travers des mondes merveilleux accomplir des missions mystérieuses (Axel n'était jamais loin. Dorsax se souvint que Roxas recherchait toujours sa compagnie et son approbation. Pour un sourire d'Axel, Roxas aurait pu faire n'importe quoi).

Avant, quand Dorsax était Roxas qui était St Jean de Rosax. Un jeune noble qui s'était épris d'un apprenti horloger aux yeux verts comme des feuilles.

Ses genoux le trahirent et les larmes envahirent ses yeux.

- Arrête, supplia-t-il. Arrête ça, s'il te plaît.

Mais Axel ne fit que sourire.

- Arrêter? Mais ça ne fait que commencer.

-o-

En rentrant dans ce qui lui servait de demeure, Bonejangles fut étonné de trouver les lieux vides. Il imagina que son jeune hôte devait être en train d'explorer la ville, en compagnie d'un mort qui s'était improvisé guide, tel un Virgile aux Enfers.

Il n'y prêta pas plus d'attention et s'enferma dans son cercueil. Quand il s'allongeait ainsi, il pouvait se rappeler la vie sur terre, la vie qu'il avait quittée et les proches qui restaient derrière, même si c'était des décennies; peut-être même des siècles plus tôt. Des fois, Bonesjangles n'était pas certain de savoir pourquoi il était toujours En-Bas.

Lorsqu'il sortit du cercueil, le jeune humain n'était toujours pas là.

Mais il ne s'inquiéta pas, et descendit la rue des Maccabées en direction du bar de Jack.

-o-

- Tu vas me quitter? Encore ? fit Axel, d'une voix acide qui liquéfia le coeur de Roxas.

- S'il te plaît... Je suis désolé. Je suis désolé.

- Tu es désolé? Tu es désolé pour quoi? Tu es désolé pour m'avoir abandonné? Tu es désolé pour m'avoir laissé mourir ? Tu n'as même pas le droit de dire ce mot, hurla Axel qui semblait soudainement fou.

Dorsax ferma les yeux.

- Pardonne-moi.

Axel sourit.

- Uniquement sur ton lit de mort.

Et il éclata de rire.


(fin du chapitre)

Cela faisait des semaines que ce chapitre me hantait. J'aimerais beaucoup savoir ce que vous en avez pensé.

A bientôt !