Voilà la suite, désolée que cela ait pris tant de temps. V.V Je tacherai de faire mieux la prochaine fois^^

Merci à tous mes lecteurs pour leur soutien. Ca fait chaud au coeur, et ça me donne vraiment envie d' écrire. Ariani Lee (Merci. C'est ce que je voulais faire passer comme message) Duncan (xD merci :D)Midna Sama (merci pour ton message. voici la suite... après un temps certain, hélas...) Foxy White (ravie que cela t'ait plu ! j'espère que la suite aussi te plaira :3) Laemia (voilà la suite ! elle a mis du temps, mais la voila quand meme. en espérant que cela continuera de te plaire : D) Miidona (encore merci !)

Bonne lecture.


Monde 2 : Les Noces funèbres

'Est-ce que je suis mort ?'

VI

Mon seul désir
Vivre à tes côtés
Mon seul espoir
Rester là près de toi

(La petite sirène)


Roxas se réveilla quelques heures plus tard. Acsel était à côté de lui et l'avait regardé dormir. Lorsqu'il se rendit compte que le garçon s'éveillait, Acsel se pencha sur lui et prit sa main entre les siennes, étonné de pouvoir le toucher sans que l'un d'eux ne saigne.

Acsel finit par s'écarter, à l'idée de lâcher Roxas alors qu'il avait mis si longtemps avant de pouvoir l'atteindre (de nouveau).

-Ne me déteste pas, dit-il.

Roxas garda les yeux baissés au sol. Ne me déteste pas. N'était-ce pas à lui de dire cela ? N'était-ce pas à lui d'implorer le pardon d'Axel ? Même si la colère de celui-ci semblait s'être temporairement calmée, Roxas ne pouvait pas croire qu'il lui ait pardonné.

Ils restèrent ensemble à compter de ce moment là, essayant de rattraper le temps perdu, les morts qui les avaient éloignés, la haine qui les avait déchirés. Acsel s'accrochait parfois à lui et restait immobile des heures durant, les bras autour de Roxas, avalant l'espace entre eux, avec une ténacité qui avait quelque chose d'avide.

Parce qu'il savait que Roxas finirait par partir – il n'appartenait pas à ce lieu et tout en lui rappelait cela à Acsel : la chaleur de son corps, les battements de son cœur, la couleur de son visage.

Lorsque Roxas s'endormait, Axel restait près de lui, les doigts à quelques centimètres de son visage, sans jamais le toucher. Le contact de la chair morte ne manquait jamais de réveiller le jeune dormeur, et si la peur (le dégoût) disparaissait dès qu'il reconnaissait Acsel, ce dernier avait le temps d'être blessé.

~o~

Le crâne du vieux squelette pivota sur lui-même, comme si les os qui le reliaient à la colonne vertébrale n'existaient pas. « Possible, certainement, » dit-il, un rire dans la voix.

-Peut-il retourner chez lui ?

-S'il le veut vraiment, il le pourra. »

~o~

-Je ne veux pas, dit Dorsax, d'une voix catégorique, qui semblait ne laisser aucune place à la discussion. Acsel tremblait presque en face de lui.

-Je ne te quitterai pas. Pas cette fois.

Il avait l'air d'un enfant lorsqu'il disait cela. Et il disait cela avec la force de la détermination des enfants : celle qui veut soulever le monde et abattre des montagnes.

-Tu veux vraiment rester ici ? Ni mort ni vivant ? Est-ce que tu supporteras toujours ma vue, dans un siècle, quand ce corps ne sera plus qu'un squelette ? Pourras-tu endurer ma main sur toi, alors que tu trembles déjà quand tu sens ma froideur ? Roxas…

Roxas blêmit.

-Je ne veux pas risquer de te perdre. Encore.

Et pour cela, Dorsax était prêt à rester là, dans un corps qui ne vieillirait jamais. Il était prêt à rester, si cela voulait dire qu'Axel ne le détesterait pas. Qu'il retrouverait en lui, la chaleur qu'il sentait autrefois.

Acsel soupira, à court d'arguments. Il n'avait pas réellement d'insister, parce qu'il était assez égoïste pour vouloir que Dorsax reste avec lui. Parce qu'après tant d'années de solitude, enfin, il y avait quelqu'un près de lui.

~o~

Cid chantonnait près de son oreille fantôme d'une conscience qui n'était pas complètement égoïste.

-Il finira par te détester, dit Cid. Sa place est avec les vivants, et tu le sais. Tu es mort, Acsel. Tu ne peux pas aimer un vivant.

-Alors qu'est-ce que je ressens ?

-Une ombre. Une ombre de ce qui aurait pu être. Laisse le partir, Acsel. S'il t'importe, au moins un peu, laisse-le partir.

~o~

Acsel contemplait son verre à moitié plein. Les bruits et les rires du bar lui parvenaient à peine. Il releva finalement la tête quand il entendit la voix familière de Bonejangles. -Eh. Ca fait longtemps que je ne t'ai pas vu traîner dans le coin sans le petit Dorsax. Aussi glué l'un à l'autre que les doigts de ma main. Laisse-moi te dire, que tu fais une tête d'enterrement. Quelqu'un est mort ?

Il éclata de rire à sa propre réplique.

-Tu disais qu'on était tous là à attendre quelque chose.

-Ouaip. On veut tous quelque chose Acsel.

-Et si on ne peut pas l'avoir ?

La voix de Bone s'adoucit.

-Alors tu dois l'accepter. Et aller de l'avant. Si tu ne veux pas finir comme le vieux Marty. A trainer des membres pourrissant pendant plusieurs siècles, voir défiler les morts, sans jamais pouvoir partir.

Acsel joua avec son verre.

-Il doit repartir, n'est-ce pas ?

Bone lui fit un sourire de squelette.

-Ce serait sans doute le plus sage. Les morts et les vivants vont pas bien ensemble.

~o~

Ils retournèrent voir le vieux Trévor. A mesure qu'il parlait, le squelette jetait des livres par terre, de plus en pus vite.

- Il y eut Orphée chez les Grecs qui descendit aux enfers pour en ramener sa bien-aimée. Ulysse dont le voyage dura dix ans, osa dépasser cette frontière funeste pour recueillir la sagesse d'un devin décédé. Héraclès encore, captura le monstre qui gardait ce sombre royaume. Mais ce n'est pas tout. Toutes les civilisations, tous les hommes ont un jour imaginé ce pays, rêvé d'y aller et d'en revenir. En Europe, au Moyen Orient, en Afrique ou en Asie. Tous ceux de la Terre, mon ami, ont des légendes et rêvent du secret de la mort. Combien l'ont découvert, ceci est une autre question.

-La seule question qui reste, répondit Acsel, c'est peux-tu nous aider ?
La tête du squelette roula sur le coté et ses orbites vides semblèrent un instant être illuminées par une étrange lueur bleue scintillante.(1)

-Tu poses la mauvaise question, je te l'ai déjà dit, Acsel. La question est : à quel point désires-tu partir, petit ?

Deux regards – un vide, un vert – se tournèrent vers Dorsax resté silencieux depuis le début de l'entretien. Il avait écouté, fasciné, les légendes dont parlait le vieux sage et il brûlait d'en savoir plus.

-Ne préférerais-tu pas rester ? demanda encore le squelette.

-Nous avons déjà eu cette conversation, gronda Acsel.

-Toute la réussite de cette entreprise tient dans la volonté de ton ami, Acsel, répondit le vieux sage d'une voix apaisante. Je puis lui enseigner les secrets que j'ai découvert, les chemins qui le ramèneront vers le soleil et ceux qui respirent. Mais rien ne saurait dicter à un cœur la conduite qu'il devrait suivre. Le cœur a ses raisons que la raison ignore, mon ami.

Ils se turent et Dorsax sortit, sans avoir prononcé un seul mot.

~o~

Acsel le retrouva assis à l'orée de la forêt qui abritait la sinistre chaumière de Madame. La lumière pâle qui éclairait le monde d'En-Bas jetait sur les arbres des ombres étranges. -Il n'y a pas vraiment de couleurs ici, dit Dorsax. Tout est gris, pâle et sombre. Même tes yeux paraissent ternes.

Un silence (encore).

-Sauf ici, poursuivit-il. Ici, on dirait de la vraie lumière.

-C'est juste une illusion, Dorsax. Il n'y a que des ombres ici. Qui voudrait rester de son plein gré ?

-Je ne te laisserai pas. La réponse avait fusé, sans que Dorsax n'ait le temps de réfléchir.

Acsel lui répondit par un sourire douloureux.

-Pourquoi pas ? Tu l'as déjà fait, avant. Et cette fois, c'est différent. Cette fois, c'est moi qui veux que tu partes.

-Axel...

-Mon corps tombera en lambeaux. Tu trouves que mes yeux sont ternes ? Imagine ce à quoi je ressemblerai plus tard ? Je ne veux pas que tu me vois comme ça.

-Et si... et si c'était la dernière fois ? dit Dorsax.

/un visage se superpose à un autre, étrangement semblable.
une voix fraiche, familière, qui agite des papillons dans son ventre. Et un mot, un seul, qui remplit le vide qu'il y a à l'intérieur de lui.
Axel, Axel, Axel, Axel./

-J'ai confiance, Roxas. On se retrouvera dans une autre vie.

~o~

On ne peut dicter à un coeur sa conduite.

Axel espérait que ce serait assez pour que Dorsax accepte de retourner dans le monde des vivants.

Peu de temps auparavant, un désir aussi peu égoïste ne lui aurait pas traversé l'esprit. (Il aurait juste voulu enchaîner Dorsax à lui, et peu importait le reste. Il l'aurait regardé souffrir, et ça lui aurait plu. Il aurait détruit pièce par pièce, souvenir par souvenir, tout ce qui faisait Dorsax, St Jean, Roxas. Tout ce qui faisait qu'Axel ait pu tenir un jour à un autre être vivant).

Pour la première fois depuis sa mort, Acsel n'était plus en colère. Pour la première fois depuis sa mort, Acsel voulait quelque chose.

Il le voulait assez fort pour espérer voir la lumière dont tous ceux d'En Bas rêvaient.


à suivre...

(1) allusion avouée au personnage de LA MORT, inventé par Terry Pratchett.