voici la suite. J'espère que cela vous plaira! (j'espère que je n'ai oublié personne dans les réponses aux review. N'hésitez pas à me signaler un éventuel -et impardonnable-oubli !)
Chapitre édité le 4 octobre 2010 : vous avez été plusieurs à me signaler une horrible coquille, donc j'en profite pour supprimer quelques éléments qui ne me plaisaient pas et corriger La Faute (elle mérite des majuscules, c'est certain).
Monde III
La planète au trésor
Si tu veux être un homme libre
2
Prends entre tes mains ton destin
Mets les voiles dès ce matin
Pour la planète où tu veux vivre
Le lendemain, Roch était convaincu que tout cela n'était qu'une entourloupe, qu'il n'était que l'objet de divertissement de deux Crésus au sens de l'humour tordu. Qu'il ait pu croire ne serait-ce qu'un instant à leur proposition qu'il puisse penser qu'il était si facile pour des pirates de circuler sur une planète qui faisait partie de la Congrégation Interstellaire, prouvait qu'une fois de plus il s'était laissé emporter par son imagination trop vivace et sa naïveté. Le soir, Iqbal le regarderait d'un air bizarre parce qu'il n'était pas inscrit aux combats et le renverrait chez lui avec une moue arrogante (« Tu es bon, Roch. Mais te prends pas pour une supernova. »)
Ceci étant établi, il ne voyait pas pourquoi il devrait s'humilier devant Iqbal s'il pouvait l'éviter d'une façon aussi simple que de ne pas se rendre à l'arène ce soir-là. Satisfait, Roch monta sur son surf solaire et décolla en trombe pour rejoindre Médéa.
La journée passa aussi lentement que possible et il avait l'impression qu'à tout instant, Snake ou Scar franchirait les portes du restaurant pour se moquer de lui. C'était parfaitement ridicule et irrationnel mais il ne pouvait retenir ses pensées.
Le soir, se sentant parfaitement stupide, Roch rentra chez lui.
o-o-o
Il regardait distraitement les HoloNews qui relataient les derniers exploits de l'officier James Hawkins, lorsqu'il fut dérangé par un appel. Il n'y avait qu'une poignée de personnes qui pouvaient le contacter. Il fut assez surpris de découvrir sur son écran le visage lunaire d'Iqbal.
-Roch ? T'es encore chez toi ? Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Ton combat est dans dix minutes ! Je compte sur toi, gamin. Crois-moi, tu n'as aucune envie d'être en retard.
Quel gamin n' a jamais rêvé d'être un pirate ?
Roch attrapa sans réfléchir sa planche solaire. Il semblait qu'il s'était trompé et l'aventure lui tendait finalement les bras.
o-o-o
Roch ne se battait jamais ce jour de la semaine. Il fut surpris d'y voir moins de spectateurs : et ceux qui remplissaient les gradins avaient quelque chose d'inquiétant. Il n'aurait su dire quoi –c'était peut-être dans la façon dont il se tenait ou le pli cruel de leurs bouches).
A peine fut-il arrivé qu'Iqbal se jeta sur lui.
-Roch où étais-tu ? Prépare-toi vite, on t'attend.
-Je croyais que je ne me battais pas aujourd'hui.
-Ils m'ont certifié que tu étais au courant, s'étonna Iqbal.
Roch baissa la tête et fit mine de vérifier les circuits de son sabre luminaire.
o-o-o
Comme il entrait dans la zone de combat, il aperçut Snake et Scar, au milieu d'aliens et d'humains à l'air peu engageant. Scar hocha la tête lorsqu'il croisa son regard et Snake leva le pouce et le gratifia d'un clin d'oeil complice. Roch déglutit et s'avança.
Son adversaire ne tarda pas à arriver. Il se débarrassa de son manteau qu'il balança à un larbin qui le suivait comme son ombre. Puis il se tourna pour faire face à Roch. Celui-ci crut que son cœur allait s'arrêter lorsqu'il reconnut Axel. Axel et ses yeux verts, ses cheveux rouges, trop longs, qui semblaient défier les lois de la gravité. Axel planté droit devant lui, un sourire arrogant aux lèvres, tandis qu'il faisait tournoyer autour de lui, non pas une mais deux épées luminaires.
Roch n'avait jamais vu personne se battre avec deux épées en mains. Les risques de brûlures étaient trop importants. Cela ressemblait bien à Axel, de prendre des risques insensés, juste parce qu'il le pouvait.
Le combat commença.
Au premier coup, Roch comprit qu'il ne pouvait pas se permettre d'être tiède. Axel était brutal et rapide et si au premier abord ses coups pouvaient paraître désordonnés et approximatifs, ils étaient en fait d'une précision remarquable. Axel ne se battait pas, il dansait avec ses épées, dans une gerbe d'étincelles. Roch retint un sourire – il avait l'impression de vivre un moment d'une autre vie, lorsque armé de la Keyblade, il s'entraînait contre les Chakrams brûlants de Axel.
La garde d'Axel était parfaite et bientôt, Roch ne se retrouva plus qu'en position défensive, à parer les assauts de son adversaire.
Pour la première fois depuis quinze mois, Roch perdit un combat. Il mordit la poussière, et sonné, il resta par terre sans bouger, l'une des lames d'Axel si proche qu'elle aurait pu brûler ses vêtements malgré la protection qui les entourait.
-Axel, exhala-t-il à bout de souffle.
Axel lui tendit une main et l'aida à se relever. Tandis qu'Iqbal annonçait les noms suivants, Axel entraîna Roch vers Scar et Snake. Ce dernier avait l'air excité, et Scar, l'œil blasé, fixait son acolyte comme s'il ne pouvait croire qu'une telle aberration puisse exister.
-Ca'ptaine !
-Beau combat, monsieur, dit sobrement Scar.
-Il est bon hein ? (Snake sautillait pratiquement sur place) Je vous avais dit qu'il était bon.
-Sortons d'ici, dit Axel, les ignorant, j'ai besoin d'air.
Incertain, Roch resta en retrait, jusqu'à ce que Snake agrippe son gras pour qu'il les suive. Une fois de plus, Roch retrouva le chemin du bar miteux qui servait de cantine à toute une flopée de malfrats, escrocs et espions intergalactiques. Tachant d'éviter de regarder autour de lui, Roch se concentra sur la voix et le visage d'Axel.
Et pour la première fois, Roch réalisa qu'il l'avait vraiment retrouvé. Son cœur battait plus fort, rien qu'à cette pensée.
-C'est quoi ton nom ? demanda Axel comme s'il ne le savait déjà pas. J'imagine que c'est pas « Clef » ?
-Roxas, répondit-il avant d'avoir eu le temps de tenir sa langue. Mais on m'appelle Roch.
Le visage d'Axel resta impassible, et il ne réagit pas à la mention du nom. La gorge nouée, Roch attendit qu'il parle.
-Je suis le capitaine Firefly. Ils (il pointa du doigt les deux compères sans quitter Roch des yeux) m'ont dit que tu voulais une place sur un vaisseau. C'est vrai ? (Roch hocha la tête) Tu as déjà navigué ?
-Non… (derrière Axel, Snake pointa silencieusement son capitaine en articulant silencieusement un mot), monsieur ? tenta Roch.
La langue d'Axel claqua avec approbation.
-Tu te bats bien, Roch, cela faisait longtemps que je n'avais pas rencontré tel challenge. Mais je dois être sûr que tu saches dans quoi tu t'engages. Il se peut que nous ayons à recourir à tes talents de combattant, pendant notre voyage, et tu devras peut-être les utiliser contre les officiers de la fédération interstellaire.
-Vous… vous êtes des pirates ? demanda Roch se sentant parfaitement stupide.
-Disons que nous sommes des électrons libres et que si une loi idiote ne me plait pas, alors je n'en tiens pas compte. Et si des crétins veulent s'imposer sur ma route, et bien, tant pis pour eux. Nous ne reconnaissons pas l'autorité de la F.I., voilà tout. As-tu compris ?
-Oui… monsieur.
-T'as un problème avec ça ?
-Pas vraiment, monsieur.
-Bien. On te prend un mois. Si tu te décides à nous quitter après cela, on te débarquera dans un spatioport quelconque.
-Oui, monsieur, dit Roch, avec l'impression d'être encore plus stupide qu'un instant plus tôt.
-Okay. Rendez-vous ici, à l'aube, dit Axel en se levant. Bonne nuit, messieurs.
-Bonne nuit, cap'taine, répondirent Snake et Scar en chœur.
Scar se leva pour commander d'autres boissons et Snake se pencha vers lui, complice.
-Ca s'est bien passé, tu l'as impressionné. Avant qu'on parte, faut qu'on te mette au parfum. Y a pas que des rigolos où nous allons et tu commences en bas de l'échelle. Mais tu sauras te défendre, hein ? Evite de déclencher des bagarres, parce qu'ils pourraient te coincer à plusieurs et ne réponds pas si on te provoque. Si t'as un problème ou des questions, tu peux venir me voir. Je m'occupe pas des moussaillons dans ton genre, mais tu me plais, petit.
-Arrête de l'effrayer, crétin, dit Scar en roulant des yeux. Personne ne cherchera les embrouilles.
Ils burent le xérès, parlèrent encore un peu, avant de se séparer. A la limite du coma, Snake se pendit à Scar, menaçant de rendre le contenu de son estomac et ses tripes avec.
o-o-o
Cette nuit là, Roch se rendit compte que cela arrivait pour de vrai. Axel était le capitaine d'un vaisseau pirate, amarré quelque part dans le ciel d'Andorian. Ce n'était pas le genre de choses que Roch aurait imaginé faire un jour, et il ne savait pas vraiment dans quoi il tombait. Roxas n'aurait sûrement pas hésité, mais Roch ignorait s'il pouvait vivre comme un pirate. Il ignorait aussi s'il pouvait reprendre le cours de sa vie comme s'il n'avait jamais revu Axel, comme si ses rêves n'étaient pas hantés par ses vies passées, obsession lente et dévorante, qui menaçait de l'engloutir.
Pouvait-il supporter d'être de nouveau seul ?
Non, bien sûr que non.
o-o-o
Il ne possédait pas grand-chose qu'il désirât véritablement emporter avec lui. Son épée, son surf luminaire, un médaillon rempli d'hologramme qui avait appartenu à sa mère. Il s'installa à son terminal et écrivit deux brefs messages pour M. Bucks et Iqbal. Puis il alla dormir.
Le lendemain matin, la pluie avait cessé de tomber, mais le ciel était toujours chargé de nuages gris et lourds, qui laissaient présager que le déluge n'était pas encore terminé. Les premières lueurs ne parvinrent pas à percer la muraille de nuages, si bien que lorsque Roch quitta son appartement, il faisait nuit noire. Sur le chemin de la station des navettes vers le spatioport, il ne croisa personne. Le vent sifflait à ses oreilles, et malgré les couches de vêtements, il avait froid.
Snake et Scar l'attendaient. Bien qu'un peu verdâtre, Snake avait l'air remarquablement vivant, comme il le saluait avec un large sourire, avouant qu'ils n'avaient pas été certains que Roch viendrait.
Roch n'était allé qu'une poignée de fois au spatioport qui tournait en orbite autour de la planète Andorian. C'était une infrastructure gigantesque, faite de pontons où étaient amarrés des centaines de vaisseaux, de toutes les tailles. Des vaisseaux de commerce, des vaisseaux de plaisance et d'exploration. Il y avait même des vaisseaux de la F.I.
Roch ne tarda pas à se rendre compte que le vaisseau d'Axel n'était pas à proprement parler dans le spatioport de Andorian. Snake et Scar l'emmenèrent vers une nouvelle petite navette, discrète à l'extrémité du port. Les gens passaient devant sans même y jeter un coup d'œil, il y avait à peine de la place pour trois passagers. En fait, cela ressemblait plus à une nacelle de secours qu'à une véritable navette.
Ils s'installèrent dans l'appareil. Scar au gouvernail, Snake à l'avant, et Roch au milieu. Il regardait ce qu'il se passait autour de lui d'un air curieux. A coté d'eux, des aliens s'affairaient dans un grand vaisseau, aussi vifs et réactifs que les habitants d'une fourmilière.
-Prêt, moussaillon ? fit Snake.
La gorge serrée, ne faisant aucune confiance à sa voix, Roch hocha la tête. Les machines se mirent à tourner, et bientôt ils s'éloignaient du quai, filant dans le ciel, comme un bateau sur l'eau. Snake déploya les voiles solaires. C'était la première fois que Roch en voyait de si près aussi les observa-t-il curieusement. Les voiles dégageaient de la chaleur et des gerbes d'étincelles s'échappaient dans le ciel. L'énergie récoltée bougeait sur la voilure ; c'était une vue troublante.
Roch avait envie de les toucher, mais il savait que sans équipement, il pouvait bien y perdre sa main.
Ils volèrent longtemps. Au moins une heure Standard, et peut-être même deux. Roch commençait à s'endormir quand la nacelle perdit de la vitesse pour finalement se stabiliser. Ils étaient encore dans l'atmosphère d'Andorian, et devant eux, flottait un immense vaisseau qui aurait pu contenir le restaurant de Medea, l'arène d'Iqbal et l'appartement de Roch au moins trois fois.
-On y est, dit Scar sur un ton laconique.
Ils se collèrent au flan du vaisseau. Une échelle leur fut envoyée et Snake l'attrapa au vol. Il grimpa agilement le long des cordes. Il avait probablement fait cela toute sa vie. Scar lui fit signe de monter aussi, et Roch obéit.
En haut de l'échelle, Snake lui prêta une main complaisante pour le hisser à bord.
-Bienvenue à bord du Miranda, moussaillon.
(à suivre)
