Après un assez long temps d'absence (rentrée oblige), me revoila :
Chapitre 14 :
Jet marchait d'un pas léger. Sous ses pieds nus, deux chemins de terre tressés défilaient, distincts mais associés. L'un était formé d'une terre rouge douce et tiède qui s'enfonçait un peu sous ses pieds, entourant ses orteils d'une tiédeur bienfaisante. L'autre était piqué de grains d'herbes vivaces et opposait un sol ferme mais agréable sous la plante de ses pieds.
Jet avançait sans effort sur ce chemin double mais séparé. Il avait retrouvé ses habits, ses crochets et son brin de paille. L'air que ses poumons respiraient était frais, et un vent amical le poussait en avant.
Il tourna la tête. Derrière lui, le chemin était pentu et parsemé de ronces, et tout au loin, son origine était un tas noir confus. Quelques flammes tenaces continuaient à dévorer les bords de ce monticule calciné. Des cendres tièdes s'éparpillaient au gré du vent, le rattrapant parfois et se perdant dans ses cheveux.
Jet détourna les yeux. Devant lui, la tresse verte et rouge était droite. Elle montait en pente douce vers un ciel bleu dégagé où la lune et le soleil se côtoyaient. Il reprit son chemin, saisi par une impression d'apaisement...
Katara pinça les lèvres d'un air désapprobateur lorsque Jet se leva et expliqua qu'il devait aller rejoindre ses deux acolytes. Mais comme ils étaient censés partir en mission pour ajouter aux troupes du roi de la Terre les Combattants de la Liberté, elle ne dit rien. Si elle avait su que Pesticide et Longue Flèche étaient partis la veille et que Jet ne les utilisait que comme excuse pour partir en avance du Conseil, elle aurait surement eu quelques commentaires à faire.
Mais Jet s'en fichait. Certes, planifier l'attaque de la nation du Feu avec le gang de l'Avatar et les Conseillers du roi de la Terre était important. Il était là où se faisait l'histoire, là où son avenir et celui des quatre nations se décidait. Sauf qu'il avait un autre impératif, au moins aussi important que la chute d'Ozai. Un événement qu'il ne devait rater pour rien au monde.
Quelques minutes après, Jet entrait dans le Dragon de Jasmin, un salon de thé prestigieux qui venait d'ouvrir ses portes à deux pas du Palais, dans le cercle supérieur de Ba Sing Se. Le jeune homme se fraya un chemin entre les invités, attrapant au passage des bribes de conversation enjouées sur cet endroit « prometteur » et son « gérant à la réputation flatteuse ». Il salua Mushi, qui servait du thé à un groupe de femmes boudinées richement parées. Le vieil homme semblait tellement dans son élément que Jet avait du mal à croire qu'il avait été dans une autre vie le terrible dragon de l'Ouest, le général Iroh qui avait fait trembler Ba Sing Se.
Jet sentit soudain une présence dans son dos. Avant qu'il n'ait pu agir, un bras fort le tirait à l'écart de la foule, dans une cuisine immense et vide.
« Qu'est ce qu'un bouseux des bas quartiers fait dans cet endroit raffiné ? »
Jet se retourna, plaqua ses mains sur les hanches de Lee et l'attira vers lui. Avec un sourire taquin, il répondit :
« Je suis venu voler ce qu'il y a de plus raffiné ici.
- Pour le redistribuer aux pauvres ?
- Non, pour le garder. »
Et Jet entraîna Lee dans un baiser fougueux. En même temps qu'il embrassait le jeune homme, il sentait son corps contre le sien, ses hanches sous ses doigts et les mains du maître du feu dans son dos. Quand leurs lèvres se séparèrent, les yeux dorés de Lee pétillaient.
« Alors comme ça, mes lèvres sont ce qu'il y a de plus raffiné ici ?
- Tu es un prince. »
Il passa un doigt tendre sur la joue cicatrisée de son petit ami.
« Mais non, ce ne sont pas tes lèvres qui sont les plus précieuses. Je pensais à une autre partie de ton corps. Une partie que je vais prendre et garder jalousement. »
Lee écarta la main de Jet d'une petite tape. Il répliqua sur un ton bougon qui dissimulait mal son amusement :
« Non, Jet. On ne va pas faire l'amour ici. Je dois retourner auprès d'Iroh. C'est son jour après tout.
- Je ne parlais pas de ton cul mais de ton cœur, crétin ! »
La joue intacte de Lee s'empourpra. Jet rit et passa une main dans ses cheveux noirs pour les ébouriffer. Par réflexe, le prince attrapa son poignet et l'éloigna de sa chevelure.
Jet fit un pas en avant, collant le corps de son petit ami à la table. De son autre main, il le hissa pour le faire s'asseoir sur le rebord, jambes écartées, puis il se pencha sur lui et glissa dans son oreille :
« Cela dit, je veux bien goûter à ton altier derrière.
- Non, pas maintenant.
- Alors je peux te faire une pipe ? »
Jet posa sa main entre les jambes de Lee et lui offrit un regard charmeur, passant sa langue entre ses dents de manière suggestive. Son amant fronça les sourcils mais coula un regard hésitant vers la porte.
« Je ne sais pas, je… Je dois être là pour Iroh, tu sais.
- Tu as été là tout l'après midi. Et on retourne l'aider après, promis. »
Lee hocha finalement la tête, très rouge. Jet s'agenouilla et posa ses mains sur les hanches de son amant, relevant légèrement le tissu. Il embrassa doucement le ventre dénudé puis approcha sa bouche du pantalon et… se prit un violent coup de pied dans les cotes. Sous le choc, il lâcha son partenaire et tomba sur le sol.
« Ah, vous êtes là ! Je me demandais où vous étiez passés… Mais ne vous dérangez pas pour moi, continuez vos petites affaires. »
Après ces quelques mots joyeux, Mushi partit de la cuisine et referma la porte derrière lui. Lâchant un juron, son neveu sauta sur le sol, remit en place son tablier et partit à son tour. Jet se sentit affreusement frustré…
… Mais son coeur s'attendrit lorsque quittant à son tour la cuisine, il vit Lee et son oncle servir du thé à des clients enthousiastes. Mushi sautillait de joie, les yeux humides d'émotion, et son neveu avait l'air vaguement content, malgré ses sourcils froncés et ses bougonnements ostensibles. Savoir que les deux là étaient en fait l'ex prince et l'ex général de la Nation du Feu ajoutait à la scène. Jet passa le reste de la soirée à se délecter de ce spectacle réjouissant.
Ce soir là, après avoir aidé à ranger le salon de thé, Jet accompagna Lee et son oncle jusqu'à leur nouvelle maison luxueuse, à quelques pas du Dragon de Jasmin, dans le Cercle Supérieur. Mushi les salua puis partit en sifflotant vers sa chambre, non sans un clin d'œil appuyé vers Jet.
Les deux jeunes hommes restèrent un moment devant l'entrée, à regarder en silence la rue déserte, les étoiles et la lune. Dans la lueur blanche de l'astre, la peau de Lee prenait une teinte diaphane. Jet, étrangement intimidé, avait l'impression d'être à côté d'un esprit. Le Lee de sa vie et le Lee de ses rêves se superposaient.
Mais les doigts qui s'enroulèrent autour de sa main étaient bien réels et le sourire que lui offrit Lee était plein de sous entendus terrestres :
« Tu me dois une pipe. »
Jet suivit Lee dans sa chambre en riant.
Cette nuit là, il découvrit qu'on pouvait avoir du plaisir juste en sentant celui qu'on aime succomber à la jouissance. Jet avait passé sa main autour des fesses blanches pour raffermir sa prise, et il les sentait se contracter délicieusement chaque fois que sa langue amenait du plaisir à son amant, de même qu'il sentait les doigts se raccrocher à ses cheveux, les jambes frisonner contre ses joues et le membre frémir dans sa bouche. Et tout ce plaisir qu'il devinait chez son petit ami le remplissait d'extase.
Électrisé par les soupirs brûlants au dessus de lui, le Combattant de la Liberté aspira le membre tendu, avançant son cou jusqu'à ce que le gland frôle sa gorge. Lee eut un incontrôlable mouvement de bassin et envahit complètement la gorge de son amant. Puis, il écarta le visage bronzé d'une main paniquée et se jeta en arrière. Il déversa sa semence sur le drap dans un frisson d'extase des plus sensuels. En regardant cette scène, Jet sentit qu'à son désir montant se mêlait un amour monstre.
Il se jeta sur ce corps érotique et le couvrit de baisers. Lee protesta qu'en tant qu'homme, il n'avait pas besoin de cette tendresse. Mais il le laissa faire et rendit ces instants d'amour avec passion. Ils roulèrent de longues minutes dans le lit et les baisers, leurs corps se chevauchant et leurs salives se mêlant, puis emportés par leur fougue, ils firent l'amour deux fois.
La nuit était déjà bien avancée lorsque les deux amants séparèrent leurs corps. Repus, ils se serrèrent l'un contre l'autre sous les draps. Après le mouvement, la moiteur et la chaleur, ne restait qu'une torpeur tiède et le calme de battements de cœur à l'unisson.
Jet, son ventre pressé contre le dos brûlant de son amant, regardait les cheveux noirs devant lui avec amour. Il avait fait le bon choix en décidant de passer outre l'identité de Lee et de suivre ses sentiments. Il lui semblait que la complémentarité parfaite de leurs corps et le plaisir extrême qu'ils tiraient de leur emboîtement témoignait de ce bon choix, le premier depuis longtemps.
Il sombrait dans un rêve tendre lorsque la voix ensommeillée de son amant s'éleva :
« Alors, je suis bien l'homme de tes rêves ? »
Jet sourit dans ses cheveux.
« Oui. »
Après réflexion, il ajouta :
« Mais tu ne m'as pas rendu mes habits. Je dirais même que tu as tendance à me les enlever. »
Le tressautement des épaules de Lee, contre le torse de Jet, lui apprit que le jeune homme riait. Jet enroula son bras contre la poitrine de son amant et posa son menton dans le creux de son épaule, puis il s'endormit, ivre de bonheur…
Un chapitre un peu plus long... Des réactions? :)
