L'arrivée des deux Combattants de la Liberté va t'elle changer les choses?


LIVRE II : L'OMBRE DES SOUVENIRS


Chapitre 19 :

Zuko courait vers sa mère et son sourire tendre, les bras tendus en avant. Mais lorsque sa main d'enfant toucha sa robe, le vêtement tomba, vide. Il retourna le tissu, cherchant désespérément sa mère dans les coutures, en vain.

Une main ridée plongea vers lui et le remit sur ses pieds. Zuko, devenu adolescent, leva son visage vers Iroh et soupira devant la tasse de thé qu'il lui offrait. Il avança finalement sa main vers la tasse, mais elle tomba en poussière dés qu'il l'eut touchée, avec l'image souriante de son oncle.

Les cendres se dispersaient dans le vent, et en fond, les rires d'Azula retentissaient. Les gloussements se muèrent en voix enfantine qui chantait avec une joie malsaine « Papa va te tuer ».

Et soudain son père crevait le noir et marchait vers lui, piétinant les dernières cendres et avançant une main terrible vers son visage. Les doigts se refermèrent sur son œil, et tout ne fut que flammes et douleur.

Une douleur insoutenable qui lui transperçait le corps, le rongeant de l'intérieur.

Zuko essaya de se dégager mais ses poignets et ses chevilles étaient cloués au sol. Dans son dos, il entendait la voix sifflante du Dai Li, sa respiration saccadée et il sentait son souffle froid contre son oreille.

Il hurla.


« Lee, réveille toi ! »

Zuko ouvrit les yeux et tomba sur le visage inquiet de Jet, au dessus de lui.

« Tout va bien, tu es en sécurité. Ce n'était qu'un rêve. »

Mais tout en disant ces mots, le jeune homme fuyait son regard. Zuko leva sa main vers sa joue mais Jet se déroba d'un mouvement sur le côté. Le banni eut l'impression que ses poumons s'emplissaient de fumée.

Avec un enthousiasme qui sonnait faux, Jet annonça :

« Pesticide et Longue Flèche nous ont retrouvé. Je leur avais laissé des signaux. »

L'enthousiasme feint retomba. Il fut remplacé par un malaise opaque. Jet restait assis sur le lit, à un bon mètre de Zuko, le regard fixé sur ses pieds, déjà inaccessible. Une vague de colère traversa le banni.

« Eh bien qu'est ce que tu attends ? Rejoins les.

- Mais je,... tu ne veux pas que je t'aide à... bredouilla Jet.

- Casse toi ! »

L'ancien chef des Combattants de la Liberté baissa la tête et sortit de la chambre.

Resté seul, Zuko abattit son poing sur le lit. Un petit nuage de fumée s'échappa d'entre ses doigts. Il avait encore passé sa colère sur Jet.

Mais il ne supportait plus la distance qui s'était créée entre eux depuis… l'événement. Malgré ses efforts pour le cacher, il voyait bien que Jet fuyait ses yeux et sa peau, et ce rejet lui donnait envie de brûler tout ce qui l'entourait, la ferme, le champ, ce village abandonné. De tout brûler et de se brûler avec.

Zuko se prit le front entre les mains. Il ne pouvait pas céder à la colère. Jet ne méritait pas sa rancœur. Il l'avait sauvé, amené ici à l'abri, lavé, nourri et soigné. Ce n'était pas sa faute si ce qu'il avait vu l'avait dégoûté de lui et de son corps.

Et puis il ne pouvait pas se tuer bêtement comme ça. Son oncle était emprisonné quelque part dans le Palais royal, à la merci de son frère et de sa nièce, deux psychopathes assoiffés de sang. Celui à qui il devait tout avait besoin de lui, il ne pouvait pas le laisser tomber.

Zuko regarda autour de lui et prit enfin la décision qui lui trottait dans la tête depuis une semaine. Cette nuit, il partirait secourir son oncle. Grâce à ses deux amis fraîchement arrivés, Jet se remettrait vite de son départ et pourrait reprendre sa vie, soulagé du poids de son (ex?) petit ami.

Le jeune homme se hissa sur un coude et bascula sur le côté jusqu'à atteindre le bord du lit. Il posa un pied sur le sol, inspira profondément puis se leva. Malgré ses bras tendus sur le lit pour se soutenir, une douleur intense dans le bas de son dos lui arracha un grognement.

Il fronça les sourcils, se fustigeant mentalement. Il n'avait pas de temps à perdre avec ces chichis, Iroh avait besoin qu'il le secoure, et Jet qu'il parte. Il avança vers le bout du lit, s'appuyant toujours sur ses bras pour diminuer la douleur, puis se baissa à nouveau et tira un sac de sous le matelas.

Des bruits de pas inhabituels lui firent tourner la tête. Un grand jeune homme à l'expression grave et une jeune fille plus petite, aux traits androgynes et à l'air suspicieux, apparurent dans l'encadrement de la porte.

« Salut Lee, ou peut-être devrais-je dire Zuko, prince héritier de la nation du Feu et fils du Lord Ozai, assassin de mon peuple, de ma famille et de mes amis, fit la fille en levant le menton en signe de défi.

- Bonjour Pesticide. Et Bonjour Longue Flèche… répondit Zuko d'une voix fatiguée. Pour info, je ne suis plus le prince héritier. Je suis banni et recherché par la nation du Feu. Et c'est mon père qui m'a laissé ce souvenir sur mon visage. »

Longue Flèche s'avança d'un pas, s'interposant entre les deux jeunes gens. Puis il posa une main apaisante sur l'épaule de la jeune fille et la regarda avec insistance, jusqu'à ce qu'elle hoche la tête.

« Tu as raison. Je me suis encore laissée emporter... Si Jet t'a choisi comme copain, il doit avoir de bonnes raisons. »

Abasourdi, Zuko se laissa retomber sur le lit. Il demanda d'une voix inhabituellement hésitante :

« Jet vous a dit que j'étais son… enfin son... vous voyez ? »

Les deux Combattants de la liberté échangèrent un regard puis hochèrent la tête.

« Et… ça n'a pas posé problème ?

- De quoi ? Renifla Pesticide, méfiante.

- Qu'il soit avec un… un garçon ? »

Il y eut un silence intense, puis Pesticide explosa de rire.

« Qu'est ce que ça peut foutre qu'il sorte avec un homme ou une femme ? Chez les Combattants de la Liberté, on s'arrête pas à ce genre de trucs. »

Plus timidement, elle ajouta :

« Et ça n'a jamais posé de problème à Jet que je ne sois pas une vraie fille... »

Zuko se demanda ce que signifiait cette phrase, mais il vit dans l'expression de Pesticide qu'une question serait mal reçue.

« Non, ce qui m'étonne, ce qui nous étonne, c'est qu'il soit avec un maître du feu. Et pas n'importe quel maître du feu ! Le prince de la nation du feu ! »

La jeune fille fronça les sourcils et reprit dans un grommellement à peine audible :

« Quand je pense que pendant tout ce temps je lui assurais qu'il se trompait sur votre compte, à toi et au vieux ! Ce crétin va jamais me permettre d'oublier cette erreur... »

Avec un sourire presque aimable, elle ajouta :

« Mais bon, si même Jet a réussi à t'aimer malgré ça, c'est que tu dois vraiment en valoir la peine. »

Longue Flèche sourit en signe d'approbation.

Zuko baissa la tête, ému malgré lui. Il ne s'était pas attendu à ce que ces deux là l'acceptent aussi facilement.

« Vous me faîtes confiance ? » s'étonna-t-il.

Pesticide haussa les épaules et se cura les dents d'un doigt terreux.

« Jet te fait confiance. Ça me suffit. »

Longue Flèche acquiesça une nouvelle fois. Puis il leva le menton vers Lee et tourna la tête vers son amie, l'air sérieux.

Lorsque Pesticide reprit, sa voix était étonnement douce.

« Bon, Jet nous a chargé de t'aider à aller dans la cuisine. Il avait deviné que tu essayerais quelque chose de stupide comme te lever et marcher tout seul. Tu nous autorises à t'aider ? »

Lee serra le sac tellement fort que ses jointures devinrent translucides. Il savait que sentir les bras des deux Combattants de la Liberté contre sa peau serait une torture, et il se haïssait pour cette faiblesse. Il hocha la tête, les dents serrées.

Pesticide fut soudain à côté de lui. Elle tira le sac vers elle, tout en faisant attention à ne pas le toucher, puis le remit sous le lit. D'une voix ferme, elle ajouta :

« Par contre, j'espère que t'as pas prévu de partir sans rien dire à Jet. Parce que blessé ou pas, si tu lui brises la cœur, je t'arrache le tien avec mon couteau. »

Zuko regarda son sac à moitié plein. Peut-être qu'elle avait raison et qu'il ferait mieux de se soigner et surtout de vider son sac auprès de Jet avant de partir…

On a basculé dans le point de vue de Zuko (alias Lee) cette fois ci! Des avis sur ce chapitre et ce changement de perspective?