Mille mercis pour vos messages adorables. J'espère que je n'ai oublié personne pour les réponses aux review. Je suis vraiment désolée pour le temps que j'ai mis à écrire ce chapitre, j'ai rarement eu tant de difficulté à écrire un chapitre pour cette fanfic, j'espère qu'il vous plaira. Le syndrome de page blanche est finalement passé, je pense que le chapitre 13 s'écrira sans trop d'encombres. Sur ces mots, je redis mille mercis une fois encore à tous ceux qui ont posté un commentaire (Mia Suzuki-sama, Zombie Doll Loan, Shinigmylle, une fan, Panda's Kro, Laemia, Bouddha et Nayru.)
Merci aussi Ariani sans qui ce chapitre serait très moche et Luciana pour son soutien :D
Sans elles, je serais encore en train de maudire mon chapitre d'un air mauvais.
Assez de bavardages.
Dans les épisodes précédents (parce que, kof, kof, cela fait un petit moment depuis le dernier chapitre. Sorry, sorry) ! : Axel et Roxas sont Kaël et Roch, deux pirates lancés à la recherche de la légendaire main de Midas qui a le pouvoir de transformer tout ce qu'elle touche en or. Dans l'épisode précédent, Kaël et Roch ont trouvé le Star Whale et découvert un château magique, fixé sur le dos de l'animal légendaire. Ils apprennent qu'il leur faudra passer trois épreuves avant d'avoir la chance de trouver la main. Roch et Kaël doivent passer les épreuves tandis que l'équipage reste derrière, sous la garde de Bartok, le garde du corps de Kaël, et Thestral, son sinistre second.
En se réveillant pour affronter la première épreuve, c'est avec stupeur que Roch reconnaît le paysage familier et désertique de la cité du crépuscule. Bouleversé, il avoue à Kaël qu'il connaît la ville. Livrés à eux-mêmes dans la ville, il va falloir trouver un moyen de passer la première épreuve.
Chapitre 12
Aussi loin que tes rêves (Aussi loin que tes rêves)
Il y a quelque chose en toi (quelque chose en toi)
Qui ne renonce pas
C'est l'envie d'y croire encore qui rend plus fort
Au petit matin, Roch ouvrit les yeux et découvrit que Kaël n'avait pas bougé pendant la nuit. Il était allongé sur le flanc, un bras et une jambe jetés autour de Roch qui ne put que sourire à cette vision. C'était tellement étrange. Après si longtemps ils avaient eu si peu de réveils semblables que cela suffisait à comprimer la poitrine de Roch. Du bout des doigts, il effleura le visage, les paupières de Kaël. Celui-ci ouvrit les yeux.
-Eh.
-Hé. Bien dormi?
-Oui.
-Est-ce que c'est bizarre que je n'aie pas faim?
-Aucune idée, moi non plus.
Le deuxième jour passa similairement. Leur notion du temps était subjective. Ils passèrent la journée entre l'Horloge, les rues pavées et le Repaire comme l'appelait Roch, la voix teintée de nostalgie. C'était un monde juste à eux, où ils n'avaient rien à redouter, un monde où la faim et la soif n'existaient pas.
-C'est peut-être ça notre énigme, dit rêveusement Roch, allongé contre Kaël, caressant son dos en sueur, léchant le creux de son cou.
-"Ca?" répéta Kaël, aussi alangui qu'un chat en plein soleil.
-Partir d'ici. Trouver où nous devons aller. La Cité est remplie de tunnels, on devrait peut-être aller les explorer. Peut-être qu'on trouvera quelque chose.
-Peut-être.
La voix de Kaël était neutre, peu intéressée. Il n'avait pas envie de bouger – jamais, jamais.
-Qu'est-ce qu'il y a?
Kaël lui offrit un sourire triste.
-Je me demande juste quel serait le prix à payer si nous restions ici.
Il posa un baiser sur le front puis les lèvres de Roch. Soudain, le monde dehors semblait éloigné et inexistant. Il restait juste – Roch, Roch, Roch.
-C'était quoi mon nom avant ? Demanda Kaël.
Roch se figea et ne bougea plus pendant un long, très long moment. La réponse vint dans un souffle.
-Axel. La première fois que nous nous sommes rencontrés, tu t'appelais Axel.
Kaël inspira doucement tandis qu'il se rappelait la première fois qu'il avait entendu ce nom. Ils s'endormirent comme la veille, enlacés, comme s'ils ne voulaient plus former qu'un seul être. Le poids des révélations de Roch pesait entre eux ; mais étrangement, Kaël ne s'était jamais senti aussi léger.
(Je t'aime, je t'aime, je t'aime, chantonnait doucement la voix de Roch dans sa tête.)
Le lendemain, allongé sur le rebord de l'horloge de la gare, la tête sur les genoux de Roch, Kaël Firefly se demanda quel était le pouvoir de cet étrange monde qui les dépouillait de leurs identités pour ne laisser que (Axel et Roxas) Roch et Kaël. La main de Midas, l'équipage du Miranda semblaient bien loin, bien moins importants que les reflets du crépuscule sur la peau et dans les yeux bleus de Roch.
-Raconte-moi notre histoire.
Et Roch parla, parla des heures durant. Il raconta la vie de Sora, sa rencontre avec le Roi et de l'invasion des Sans Coeurs. Il parla de l'apparition des Similis, ces copies d'êtres humains dénuées de sentiments. Il parla de l'éclosion d'une amitié, étrange et fragile et merveilleuse. Il parla d'une promesse qui traverserait les mondes.
Il parla de la Première Terre, d'un monde qui ne pouvait que rêver des étoiles. Un monde de soie et de pierres, de boue et de superstitions. Un monde où ils avaient été haïs et craints, parce qu'un garçon ne pouvait pas coucher avec un autre sans le payer de sa vie. Il parla d'une rencontre, une reconnaissance au premier regard, au milieu de la foule. Un amour interdit, consommé en secret sous des draps de lin égyptien. Un amour qui les avait perdus tous les deux (encore).
Il raconta encore le monde souterrain peuplé de cadavres. Un monde de rires et de chansons pour oublier les regrets et la colère, pour oublier ce qui était laissé derrière, fût-ce l'amour, la haine ou les remords. Il parla de leur étrange rencontre, de sa peur et de la colère d'Axel et de ce qu'ils avaient, chacun, dû donner et sacrifier pour se retrouver.
Il parla d'un retour vers la lumière, d'un espoir pour être encore ensemble. Heureux et vivants, cette fois peut-être.
Kaël écouta ébahi, l'histoire de plusieurs vies. Quand ils se couchèrent, il traça avec révérence les traits du visage de Roch.
-Je pensais que tu serais en colère, dit Roch, je pensais que tu ne me croirais pas.
-Je ne t'aurais probablement pas cru avant, répondit Kaël en baisant ses yeux et sa bouche.
/Je t'aurai encore fait du mal/ fut ce qu'il ne dit pas, mais qu'ils entendirent tous les deux.
Le quatrième jour, ils explorèrent les tunnels.
Le cinquième jour, ils ne quittèrent pas le Repaire.
La faim et la soif ne se firent jamais sentir.
Le sixième jour, Roch tira Firefly vers le tramway. Ils parcoururent le circuit plusieurs fois. La main de Roch était agrippée à celle de Kaël, comme si la seule idée de le lâcher était insupportable.
Soudain, sans prévenir, Roch se redressa sur ses pieds et se précipita vers la fenêtre du tram. Un sourire immense lui mangeait le visage.
-Il reste un endroit que nous n'avons pas visité, dit-il.
Firefly lui jeta un regard insondable, comme s'il doutait qu'ils trouvent un quelconque moyen de sortir d'ici, mais il ne protesta pas quand Roch sauta du train en marche et il le suivit docilement sans jamais démêler leurs doigts.
Détalant, Roch tira Kaël vers un coin de la place où on apercevait une fissure dans un mur, assez large pour laisser passer un homme penché.
Derrière le mur, il y avait une forêt immense dont les cimes des arbres montaient si haut qu'on ne pouvait en voir la fin. Les frondaisons étaient si épaisses qu'il faisait aussi sombre dans ces bois que si l'on avait été en pleine nuit.
-J'avais oublié cet endroit, souffla Roch.
-Bien joué, dit Kaël, peu enthousiaste.
Roch sourit et le plaqua contre un arbre, une main sur ses épaules, l'autre sur l'écorce épaisse et collante de sève de l'arbre. Kaël se laissa embrasser.
-C'est ici, souffla Roch. J'en suis persuadé.
-Tu m'étonneras toujours, répondit Firefly.
Roch le lâcha et l'entraîna sans hésitation à travers les arbres. Il était soudain silencieux, et malgré l'obscurité, Kaël était certain qu'il avait les joues et la bouche un peu rouges.
oooo
-Ils l'appellent le Manoir de l'oubli.
Le bâtiment tombait en ruines et méritait sans doute ce nom si dramatique. La grille était fermée mais cela n'arrêta pas longtemps les deux pirates qui l'escaladèrent avec l'aisance due à des mois et des mois de pratique dans les haubans du Miranda.
L'intérieur du manoir était aussi vide que le reste de la ville. Le plancher était défoncé par endroits, le bois pourrissant. Kaël commençait à vraiment détester cette ville fantôme où tout était mort. Même le soleil, rouge sang, semblait à l'agonie. Il se sentait mal à l'aise dans cet endroit. Tous ses instincts lui soufflaient de dégager de là le plus vite possible ; de prendre Roch avec lui et de mettre le plus de distance possible entre eux et ce lieu si étrange. Firefly mit un moment à comprendre que ce qu'il ressentait, ressemblait foutrement à de la peur. Il était certain que s'il y avait des choses dangereuses dans ce monde, c'était dans cette bâtisse décrépie qu'elles se cacheraient.
Ils explorèrent ensemble le vieux bâtiment et Kaël n'eut d'autre choix que d'accepter tout ce que Roch lui avait dit. Son jeune compagnon semblait connaître tous les secrets du Manoir.
- Il y avait une pièce secrète ici, précisa-t-il tandis qu'ils montaient à l'étage. Peut-être qu'elle existe encore.
Roch l'emmena dans une vieille bibliothèque dont les nombreux volumes croulaient sous la poussière. Ses souvenirs n'étaient pas très clairs, mais il se rappelait que cet endroit était important.
-Tu es sûr qu'il faut passer par ici ?
- Il y a quelque chose de bizarre ici. Je pense qu'on est au bon endroit.
Kaël soupira.
- Allez viens.
Soudain, le sol céda sous leurs poids et ils chutèrent dans une sorte de cave poussiéreuse, cinq mètres plus bas. Kaël grommela un juron tandis que Roch se relevait tant bien que mal, ignorant la douleur lancinante qui poignardait sa colonne vertébrale. Sa cheville lui faisait mal aussi, mais il en ignora l'élancement. Il s'approcha de Kaël qui n'avait pas bougé d'un pouce et qui restait sur le sol, sonné. Il devait avoir mal à la jambe et Roch espéra de tout son coeur que celle ci ne s'était pas cassée sous le choc de l'impact.
- Kaël, est-ce que ça va ?
Il s'agenouilla à côté du capitaine qui tourna la tête, ouvrant faiblement les yeux.
- Ma jambe, dit-il. Je vais avoir besoin d'aide pour me relever.
- Ne bouge pas.
Kaël étouffa un rire.
- Sans toi, je n'irai pas très loin.
Roch ignora les palpitations pressées de son coeur et regarda autour de lui. Il n'y avait que des vieux ordinateurs qui semblaient avoir un siècle ou deux. Ils étaient entassés et prenaient la poussière, et certains de leurs écrans étaient fendus. Que s'était-il passé ici ? Ne trouvant rien qui ressemblât de près ou de loin à un kit d'aide médicale, Roch s'agenouilla près de Kaël et posa une main presque tendre sur son front, essuyant la sueur qui y perlait. Puis, il passa son bras autour des épaules du capitaine et l'installa en position assise. Kaël ne fit pas un bruit.
-Ca va, ton dos ?
Kaël tourna la tête et le dévisagea en silence.
- Je ne sais pas.
Roch baissa la tête pour cacher le fard qui menaçait de colorer ses joues.
- Tu es prêt ? dit-il. Je vais t'aider àte lever.
Il passa ses bras sous les aisselles de Kaël et le souleva pour l'aider à se lever. Kaël se remit debout et testa avec hésitation sa jambe blessée.
- Je ne pense pas que ce soit cassé, dit-il.
- Tu peux marcher ?
- Aide-moi, ça va venir.
Roch garda un bras autour de Kaël qui s'appuya sur son épaule pour s'aider à marcher.
- Ca va aller ?
- Allons-y. J'espère que c'est bien ici, parce que je ne remonte pas, dit le capitaine. Il ne plaisantait qu'à moitié.
Roch espérait aussi qu'il ne s'était pas trompé sinon ils risquaient d'être coincés ici un bon moment, en attendant que la jambe de Kaël guérisse.
- Je peux te laisser ici un peu et aller explorer les alentours, dit Roch.
Kaël accueillit sa suggestion avec un regard sceptique.
- Je suis blessé, nous n'avons pas d'armes, nous sommes dans une cave étrange et sombre et tu veux me laisser tout seul ?
Roch se mordit les lèvres pour ne pas sourire.
- D'accord, d'accord. C'était une suggestion idiote.
- Allons-y.
oooo
Ils débouchèrent dans une nouvelle pièce, aussi sombre que les précédentes et remplies de terminaux d'ordinateurs. Des écrans brisés, poussiéreux, et des dizaines et des dizaines d'unités centrales, gigantesques.
Kaël s'approcha de ordinateurs. Ils semblaient être là depuis une éternité ou deux, et quelque chose lui disait que c'était sûrement le cas.
Ils n'avaient toujours pas fini la première épreuve que Kaël en était presque à regretter d'être jamais venu ici. Bien sûr, il avait toujours su que posséder la Main serait loin d'être facile, mais ce qui se passait ici, dans cette antichambre du paradis ou de l'enfer (il n'arrivait pas à se décider) était à des années-lumièrede tout ce qu'il avait imaginé.
Les confessions de Roch (Roxas) l'avaient terrifié. Et si quelques temps auparavant il aurait douté de la santé mentale du jeune prodige de l'escrime, ici, dans cet endroit, impossible, c'était facile d'y croire.
Facile de croire qu'ils s'étaient déjà rencontrés.
Facile de croire qu'ils s'étaient déjà aimés.
Cela expliquait peut-être pourquoi Kaël s'était jeté dans cette relation sans réfléchir, lui qui n'avait jamais regardé un garçon avant Roch. Il était spécial. Quelque chose en lui attirait terriblement Kaël, quelque chose qui lui donnait envie de le toucher, de l'embrasser, de le baiser et surtout de buter le premier enfoiré qui oserait poser un seul doigt sur lui.
Kaël n'avait jamais ressenti une telle dévotion pour quelqu'un.
C'était facile de croire que leur amour ne datait pas d'hier.
oooo
(et il ignore comme il peut cette terreur insidieuse qui noue son estomac, contracte ses entrailles. Il ne doute pas la dévotion de Roch à son égard ; il a vu Roch risquer cent fois sa vie pour la sienne, comme un idiot.
Non, ce qui lui fait peur ce sont les raisons de cette ferveur. Il se souvient trop parfaitement de la révérence avec laquelle Roch a prononcé le nom d'Axel. Et malgré tout ce qui a été dit, Kaël n'est pas Axel, et ne le sera jamais. Ils ont peut-être un corps et des traits en commun, mais ils ne sont pas la même personne et Kaël ne peut s'empêcher de se demander qui Roch désire vraiment, le capitaine pirate obsédé par la chasse d'un trésor fabuleux ou le souvenir adoré d'un homme mort depuis longtemps).
oooo
-Il faut un mot de passe, soupira Kaël.
Il n'avait jamais été vraiment intéressé par les ordinateurs. Bartok était un très bon hacker, qui s'était spécialisé dans le brouillage de radar. Il serait venu à bout de ces systèmes antiques au bout de quelques minutes. Sa présence aurait été bien utile finalement. Découragé, il maudit le roi ridicule et ses règles idiotes. Il avait besoin de son équipage, bordel.
Commet avait-il pu croire, même une seconde, qu'il réussirait, juste avec Roch ? Un gamin qui n'avait pas vu vingt étés ? Sacrebleu, Thestral avait raison. Ces sentiments envahissants lui pourrissaient les yeux, lui ramollissaient le jugement. Il avait changé. Il était devenu gentil. La pensée lui donna envie de gerber et une nouvelle vague de colère le submergea. Il était furieux contre Roch, contre lui-même. Qui savait combien de temps ils allaient perdre dans ce monde figé, coincés avant de trouver une échappatoire ?
-Essaye EAUDEMER.
-Quoi ?
-Le mot de passe. Essaye, insista Roch.
Il avait l'air tellement sûr de lui que Firefly tapa les mots sur le clavier. Les lettres cliquetaient et les touches semblaient à deux doigts de tomber.
L'impossible se produisit, une nouvelle fois. L'écran s'illumina.
"FELICITATIONS, VOUS AVEZ PASSE LA PREMIERE EPREUVE" fit une voix métallique.
-Ça n'a aucun sens, hurla Kaël, hors de lui.
Roch n'eut pas le temps de lui répondre, ni Firefly de crier quelque chose d'autre. Le monde autour d'eux parut se dissoudre, comme happé par les ténèbres.
oooo
Il faisait noir comme dans un four.
Kaël prit une brève inspiration et expira immédiatement, soulagé de voir qu'il pouvait respirer normalement.
-Roch, appela-t-il.
Tâtonnant, il se remit debout avec précaution et maudit une fois encore le taré qui avait protégé la Main. Si les histoires de Roch étaient vraies – et Kaël doutait de moins en moins que ce ne soit pas le cas – Kaël n'aurait pas été étonné d'apprendre qu'il y avait de la magie là dessous.
Seul le silence lui répondit. A l'aveuglette, Kaël commença à marcher dans une direction au hasard, appelant le nom du jeune pirate régulièrement.
Il jura quand il se prit les pieds dans quelque chose. Son coeur rata un battement. Le sol sous ses pieds était désespérément plat et sans aspérité, comme du parquet glissant ou du marbre. Il se baissa lentement pour essayer de comprendre dans quoi il avait buté. Ses doigts tracèrent une longue forme rectangulaire haute d'une cinquantaine de centimètres, lisse et froide. Il sentit un mécanisme sous ses doigts tandis qu'il inspectait l'objet et il comprit que c'était probablement un coffre. Il lui fallut queques minutes pour réussir à l'ouvrir en jouant avec le mécanisme. Dans l'obscurité, la tâche n'était guère aisée. Ouvrant enfin le coffre, Firefly plongea ses mains avec hésitation à l'intérieur, espérant de tout son coeur qu'il n'y avait rien de vivant là dedans.
Ses doigts rencontrèrent deux objets. Le premier, il le reconnut immédiatement. C'était sa lame de feu. Il connaissait la garde par coeur. C'était comme une extension de son bras. Le deuxième objet était une arme également. Une petite dague aiguisée. Kaël alluma la lame de feu et s'en servit comme une lampe pour essayer de se faire une idée de l'endroit où il était. Le faible éclairage ne lui apporta aucune information intéressante.
-Roch! Cria-t-il, encore et encore, se demandant s'il crierait jusqu'à ce que sa voix ne meure.
Et soudain, un bruit dans l'ombre. Un froissement de vêtements, peut-être.
-Roch ?
Il sentit quelque chose l'agripper et instinctivement, il se retourna, près à frapper. Il retint son coup au dernier moment quand la lame éclaira le visage inquiet de Roch. Kaël l'attrapa par l'épaule et le tira à lui, comme pour s'assurer qu'il était bien là et réel et vivant.
-C'est quoi cet endroit ? Siffla-t-il, tandis que Roch enfouissait son visage dans son cou.
Il prit la main droite de Roch et referma ses doigts sur le poignard qu'il avait trouvé plus tôt, dans le coffre.
-Il y a quelque chose, dit Roch. J'ai senti un truc me frôler.
-Un truc ? Répéta Kaël, resserrant sa prise sur la lame.
Roch regarda son arme, à peine éclairée par l'épée de Firefly.
-Je pense qu'on doit le tuer.
-Super. Question à dix mille crédits : comment tue-t-on quelque chose qu'on ne voit pas ?
Roch ferma les yeux, plongeant dans les souvenirs de Roxas (Sora), de toutes les choses monstrueuses qu'il avait éliminé, l'éclat foudroyant de la KeyBlade fendant les ténèbres et la chair des créatures. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il y avait quelque chose de changé. Une détermination telle qu'il n'en avait jamais ressentie, à part peut-être avant un combat impossible, sur Andoria. Une détermination enracinée jusque dans son coeur, qui lui rappelait qu'il ne pouvait pas perdre. Peu importait l'ennemi, il gagnerait toujours. Parce qu'il était l'Elu. Roch n'avait peut-être pas de KeyBlade, mais il avait deux cents ans de pratique d'escrime dans la tête.
-On attend qu'elle attaque, souffla Roch.
Kaël parut sur le point de protester, mais il ferma la tête, voyant l'expression de Roch. Il garda sa main fermement serrée sur l'épaule du jeune pirate, incapable de le lâcher. Il détestait ce qu'il ressentait, il détestait peut-être même Roch, parce qu'avant lui, Kaël Firefly ne s'était jamais soucié de personne, focalisé sur sa vengeance et le rêve de son père. Et maintenant, maintenant il y avait quelque chose qui arrivait à lui faire perdre de vue le but qu'il s'était fixé, depuis toujours.
oooo
-Ca fait deux jours, siffla Thestral, combien de temps leur faudra-t-il ?
-Laisse-leur un peu de temps.
-Oui, je suis sûr qu'ils en profitent, grommela Thestral.
Bartok haussa un sourcil, la bouche barrée d'un sourire mauvais qui dévoilait ses dents tordues.
-Je peux savoir ce que tu veux dire par là, Thestral ? Demanda-t-il d'une voix calme.
-Ne me dis pas que tu n'as rien remarqué, fit le second du Miranda.
Son ton était mielleux et dangereux et Bartok le détesta instantanément. Il espéra que Firefly ne mettrait guère plus longtemps à trouver cette maudite Main, car il était en train de perdre le contrôle de ce qui se passait à bord. Déjà, il voyait Seishiro et son sinistre acolytes lever la tête et se rapprocher de Thestral.
-De quoi tu parles ?
-Je parle de la fascination bizarre de la luciole pour le petit mousse, grimaça Thestral.
-Si tu l'appelles comme ça devant lui, il t'arrachera les couilles, dit calmement Bartok.
-Il faudrait déjà qu'il en ait ! Rugit Thestral.
Bartok grimaça. Oui, la crise semblait imminente.
oooo
Lorsque le sol trembla sous leurs pieds, Kaël sut qu'ils allaient avoir un problème. Un problème du genre monstrueux.
Ils le sentirent d'abord approcher. Il était tellement grand et imposant qu'ils pouvaient sentir son approche via les vibrations du sol. Le coeur battant dans les tempes, ils attendirent dans les ténèbres. Kaël se demanda si ce serait la fin. Dans le noir, avec Roch.
Ce ne serait pas la façon la plus désagréable au monde de mourir.
oooo
Kaël sentit un profond calme l'envahir. Le genre de calme qui venait avant les tempêtes de météorites ou les abordages impossibles, avant les courses poursuites et les escales qui tournaient mal. C'était une sensation unique, faite d'adrénaline et d'anticipation, où tout devenait si clair et si évident que le corps de Firefly semblait bouger tout seul, comme animé d'une volonté propre pour survivre.
La lame de feu éclairait bizarrement le visage de Roch qui serrait contre son coeur le poignard. Firefly hésita un moment avant de tendre la lame de feu pour qu'ils échangent. Roch répondit par un sourire.
-Tu es la seule personne à m'avoir jamais battu, Kaël. Je serais plus tranquille si tu la gardes.
Emu sans savoir pourquoi, Firefly ignora le bloc de briques qui sembla tomber dans son estomac pour mystérieusement se volatiliser au sourire tranquille de Roch.
-Quand nous étions – avant...
(Le bruit se rapprochait. Ce ne serait plus long avant qu'ils ne voient une forme se mouvoir dans la claire obscurité projetée par le feu de la lame de Kaël)
-Oui ?
-Quand nous étions Axel et Roxas, il y avait des monstres ?
-Plus laids que Thestral; s'amusa Roch. Aussi grands que des bateaux, parfois. Mais – il n'y a pas eu un seul monstre assez fort pour nous mettre à terre, partenaire.
(Et il y avait tant de chaleur dans ces mots, tant d'affection que Kaël ne sut s'il devait encore une fois maudire les souvenirs de Roch ou souhaiter désespérement se plonger dedans pour partager un peu de cette chaleur).
Le sourire, de gentil, devint prédateur. Cela lui allait bien.
-Ce n'est pas aujourd'hui que cela va commencer.
Kaël éclata de rire et ensemble, ils s'élancèrent vers le monstre.
à suivre...
voilà, j'espère que cela vous a plu.
Je promets d'écrire la suite plus vite. Mon manque d'inspiration est résolu.
Bisous à très bientôt.
