Bon, je crois qu'il faut que j'arrête de promettre des choses pour les délais.. On ne devrait jamais s'arrêter d'écrire quand on a de l'inspiration, car quand on reprend deux semaines plus tard, on regarde la dernière phrase fixement et on se demande je sais que je savais où j'allais mais je suis un poisson rouge. POURQUOI je n'ai pas pris de note. On se traite de tous les noms, mais le temps que la muse revienne (mais c'est jamais aussi cool que la première fois donc on déprime, donc on traine les pieds) plusieurs mois ont passé et on se retrouve à publier un chapitre avec un délai horrible. Donc mille fois sorry, et j'espère que ce chapitre vous plaira.

Ariani a sauvé ce chapitre du syndrome de NaNoWriMo (aka Ecriture Horrible et Inintelligible)

Ce chapitre est l'avant dernier du monde « La Planète au trésor ». Il ne reste plus qu'un monde avant la fin de la fic :D

J'y crois à la fin de cette fic, et je ne vous remercierai jamais assez, très chers lecteurs. Sans vous, je ne suis pas sûre que les Bannis seraient allés bien loin. Je vous aime les gens )

Dans le chapitre précédent :

Avant de trouver la main de Midas, Firefly et Roch doivent subir trois épreuves pour prouver qu'ils sont dignes de mettre la main (hahaha) sur ce trésor. Projetés dans la cité du crépuscule, une sorte de paradis hors des mondes, vide et silencieux, ils passent plusieurs jours à se redécouvrir (retomber amoureux) et Roch raconte à Firefly l'histoire de leurs vies. Après plusieurs jours à essayer de comprendre le but de cette épreuve, Roch se souvient du Manoir de l'oubli et du Passage entre les mondes, dans la cave secrète.

Ils disparaissent et se réveillent dans le noir. Très vite, ils se rendent compte qu'ils ne sont pas tous seuls, et qu'un Sans Coeur géant les attend dans les ténèbres.


Monde III : La Planète au Trésor

Si tu veux être un homme libre

Chapitre 13

Serre bien les mâchoires !
Fonce dans la bagarre
Elle conduit vers la victoire
mon dernier espoir, car cet espoir, c'est toi !

Ils s'élancèrent vers le monstre, côte à côte.

A mesure que ses yeux s'habituaient aux ténèbres, Kaël parvint à discerner la forme de la créature qui les chargeait. Celle-ci faisait au moins six mètres de haut et Firefly l'imaginait tout droit sortie d'un cauchemar, telle la sinistre création d'un scientifique fou. Bougeant par instinct, Kaël sentit l'approche de la bête grâce aux vibrations que ses sabots claquant sur le marbre noir envoyaient dans toutes les directions.

Le vacarme était assourdissant. Firefly courut vers sa droite, se dégageant du chemin du monstre. Glissant sur le sol lisse, il évita son ennemi, et tandis qu'il passait à côté de lui, il assena un violent coup de lame de feu dans les flancs de la créature. La lame traversa sans difficulté la chair de l'animal et une horrible odeur de chair brûlée remplit les narines de Firefly.

L'apparition poussa un beuglement monstrueux. Elle bougeait trop rapidement pour une bête de cette taille ; en un temps record, elle stoppa sa course, fit volte face et chargea de nouveau le capitaine. A la faible lueur de la lame de feu, celui-ci réussit à entrapercevoir plus distinctement la forme immense de l'apparition et ses deux yeux mauvais, laids comme la mort. Firefly sut instinctivement que cette chose était née dans le noir.

Firefly se reprit brutalement et n'hésita pas longtemps avant d'aller à la rencontre de l'abomination brandissant sa lame au-dessus de sa tête, certain qu'il pouvait frapper sa gueule, ou mieux encore, plonger sa lame entre ses yeux ; et si cela ne tuait pas ce truc, rien ne le pourrait.

Il entendit, quelque part derrière lui, la voix de Roch, qui hurlait, « Tu as perdu l'esprit ? Axel ! » Il ignora la dernière supplique, sûr de lui, tandis qu'il attendait le choc. Au dernier moment, il trébucha, poussé hors du chemin par Roch. Roch, qui était juste armé de son ridicule petit poignard, Roch qui se jetait vers le monstre, Roch qui allait se faire bouffer le bras, avant même d'avoir une chance de toucher la bête. Firefly se maudit de ne pas avoir insisté davantage pour qu'ils échangent d'armes. Sa cheville lui faisait de nouveau mal, et il s'attendit à assister, impuissant à la mise à mort de son amant. Il imaginait des crocs, longs comme son bras déchiquetant la chair de Roch.

Pourquoi étaient-ils ici ? Il n'y avait rien, rien, rien au monde qui pouvait valoir cela (surtout pas la Main – il commençait réellement à regretter avoir jamais pénétré dans ce maudit château) : regarder quelqu'un qu'on aimait se faire réduire en charpies et –

Et il se passa quelque chose.

Un éclat de lumière traversa les ténèbres, arrachant un cri de douleur à la bête qui s'arrêta net. Roch ne cessa pas de courir pour autant, profitant de la stupeur du monstre, il sauta et s'accrocha puis il se mit à lui grimper dessus, aussi facilement qu'un singe. Roch avait toujours été bon en escalade, mais c'était là une application de ses talents à laquelle Firefly n'aurait jamais pensé.

Les éclats de lumières se multiplièrent, dispersant les ténèbres, les laissant voir l'apparence cauchemardesque de l'adversaire. Toujours perché sur l'épaule de celui-ci, Roch semblait minuscule et fragile. Il se glissa derrière la tête de la bête titanesque, qui s'était remise à bouger, jetant ses « bras » anguleux et verdâtres au-dessus de sa tête, comme pour se protéger des éclats de lumière qui pleuvaient à présent autour d'eux.

Puis Roch planta violemment sa petite dague minuscule dans le cou épais de cette horreur impossible, encore et encore jusqu'à ce que la créature se torde et se torde de douleur plus que de fureur. Un autre éclat de lumière la mit à terre et Roch continua de la poignarder, sans paraître remarquer le sang qui giclait et l'éclaboussait de gouttes liquides et gluantes. Le sang n'était pas rouge mais noir ; un dernier cri, et le démon était mort.

Roch glissa à terre, et soudain, il n'y eut pas un éclat mais des dizaines et des dizaines de gerbes de lumière fusant de partout, comme une pluie brillante, illuminant les alentours. Il n'y avait rien à voir cependant. Ils se trouvaient dans une salle immense recouverte de marbre noir, sans mur. Rien que du marbre à perte de vue, comme si c'était devenu le monde tout entier.

Kaël ferma les yeux et laissa sa tête retomber en arrière. Son cœur battait trop fort dans ses tempes.

Il sentit une gerbe de lumière tomber sur lui, mais cela ne faisait pas mal. C'était chaud, comme une caresse, comme une promesse.

-Kaël !

Il entendit d'abord Roch, qui glissait du haut du cadavre et courait jusqu'à lui. Une odeur nauséabonde lui emplit les narines et ouvrant les yeux, il regarda le visage noir de sang de Roch.

-Tu peux bouger ? Demanda Roch.

-Non.

Il ne dit rien quand une gerbe de lumière vint mourir sur son visage, tout près de son œil gauche.

-Qu'est-ce que c'est que cette lumière ? C'est parce que tu as tué cette chose?

Roch secoua la tête.

-Je ne pense pas. Les premières sont tombées avant.

-Tu as failli te faire tuer.

Roch l'ignora. Kaël sentit des mains sur sa jambe et il exhala un soupir de douleur.

-J'espère que ce n'est pas cassé, maugréa Roch. Tu peux te lever ?

-Si tu m'aides.

Lentement, Roch l'aida à se redresser, en ménageant sa jambe blessée. Le corps tout entier de Kaël était parcouru de frissons de souffrance. Tant bien que mal, il réussit à se mettre debout, s'appuyant sur les épaules de Roch.

-Tu m'as sauvé la vie, chuchota-t-il. Tu as failli mourir.

Roch enfouit son visage dans le cou de Kaël, y laissa un baiser fantôme avant de répondre.

-Je le referai encore. Aussi souvent que nécessaire, pourvu que tu restes avec moi.

C'était tellement dégoulinant de niaiserie que si Kaël avait été dans son état normal, il aurait probablement frappé Roch ou répondu par une insulte ou un sarcasme. Pourtant il n'y avait pas une once de mensonge dans la voix de Roch. Et c'était sans doute parce que Firefly était drogué à la douleur que sa seule réponse à l'affirmation de Roch fut de le passer ses bras autour de sa taille et de le serrer contre lui.

Autour d'eux, la pluie de lumière était devenue si intense qu'on y voyait presque comme en plein jour.

Et soudain, elle fut si éclatante que tout ce qu'ils purent faire fut de fermer les yeux et attendre, accrochés l'un à l'autre.

Puis tout devint blanc.

§§§

Lorsque Kaël revint à lui, ce fut pour sentir les mains douces de Roch pressées contre son visage. Il ouvrit les yeux. Autour de lui, une douce lumière et le visage souriant de Roch, penché sur lui, juste quelques centimètres séparant leurs bouches. En bougeant juste un peu, Kaël pouvait sentir la respiration tranquille de Roch sur son visage.

-Hé, tu vas bien ?

-C'est plutôt à toi que je devrais dire ça. Ce n'est pas moi qui ai sauté sur cette chose pour la poignarder à mort. Il t'a – touché ?

-Je n'ai rien. Ta jambe ?

Sa jambe lui faisait si mal qu'il préférait ne pas y penser, faire semblant qu'elle n'existait pas. Une douleur brûlante partant de la cheville, remontant jusqu'aux genoux, la certitude qu'il ne pourrait pas marcher. La seule idée de bouger, de se lever, était insupportable.

-Chut, tout va bien.

Fermant les yeux, Kaël laissa le tirer vers lui, en position assise. Il passa ses bras autour de la nuque de Roch – pour l'équilibre, pas pour jouer avec les cheveux blonds qui tombaient lâchement sur le cou et les épaules de Roch.

-Pas de danger ici. J'ai regardé, pendant que tu dormais. Je pense que la Main est ici. Je n'ai pas encore exploré les alentours, je ne voulais pas que tu te réveilles tout seul.

Kaël avait presque – presque – oublié la raison pour laquelle ils étaient ici.

-Aide-moi à me lever.

-Tu plaisantes? Tu viens juste d'arrêter de saigner.

-On va pas rester cent sept ans ici, Roch. Aide-moi à me lever, c'est un ordre.

Roch roula des yeux.

-T'es têtu c'est pas possible, des fois je te jure –

-Tu me jures que quoi ? Fit Kaël, la voix bourdonnante.

Roch lui lança un sourire rayonnant, ses yeux étaient un peu humides.

-Tu lui ressembles tellement. C'est ahurissant. Accroche-toi à moi. Si c'est les ordres, j'imagine que je n'ai pas le choix.

Kaël ne répondit pas. C'était comme si son cœur avait raté un battement, comme si son cerveau s'était paralysé. Il avait presque réussi à oublier.

C'était comme si chaque mot était doté d'une lame coupante, c'était comme si chaque mot lui poignardait le ventre et le cœur, comme autant de coup de couteau. Il n'avait plus assez de force pour respirer, restait juste la douleur, et les mots, ces quatre petits mots qui tournaient en boucle dans sa tête. A cet instant, ils semblaient plus efficaces que n'importe quelle arme.

Kaël avait toujours su que ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre était différent – comment cela aurait-il pu en être autrement ? Depuis le premier jour, Kaël avait été jaloux d'Axel, avait haï Axel, et maintenant qu'il connaissait l'histoire derrière ce prénom, malgré tout ce qu'avait dit Roxas, c'était encore pire. Il n'avait rien dit, il avait tenté d'accepter – il ne doutait pas que Roxas lui ait bien dit la vérité, il n'en doutait pas une seconde – mais enfin de compte, restait que Roxas était amoureux d'un homme qui n'existait pas. Restait que Roxas voulait Axel et que Kaël, bien qu'il soit humain, bien qu'il ait un cœur, n'était qu'un ersatz du Simili qui hantait les souvenirs de Roch, depuis qu'il était né.

Kaël ferma les yeux. Sa gorge et sa bouche étaient sèches, son cœur battait dans ses tempes, et il haïssait ces pensées perfides et stupides qui tournaient dans sa tête, sans cesse, sans lui accorder le moindre repos. Ces pensées qui lui donnaient envie de vomir, de tuer, de mourir. Ces pensées qui disait (tu l'aimes plus qu'il ne t'aime – il ne te connait pas, il ne veut pas te connaître, il ne connait qu'Axel.) Ces pensées qui ne le lâchaient plus, depuis ces quatre petits mots prononcés au hasard.

L'idée que Roch le touche était à la fois exaltante (comme trouver une oasis après des jours de marche dans le désert) et repoussante, dégoûtante, la seule idée le rendant malade.

Kaël ne savait comment penser, comment ressentir, comment agir.

Avant Roch, la gamme de sentiments qu'il avait jamais ressenti n'était guère étendue : c'était comme si Roch lui avait appris tous les sentiments que l'humanité pouvait avoir: depuis l'amour, en passant par la haine de soi et de l'autre, la jalousie, le désir, morbide et fascinant, de mort, l'obsession, la culpabilité, et quelque part, en deçà de tout ceci, la compassion aussi.

Kaël ne savait plus s'il haïssait Roch, ou s'il l'adorait trop.

Kaël ne savait plus rien.

Juste quatre petits mots. Quatre mots, prononcés au hasard sans réfléchir. Quatre mots qui avaient la force d'un ouragan.

Tu lui ressembles tellement.

§§§

Dégoûté, Kaël laissa Roch l'aider à se relever. Il ne tenta pas de prendre appui sur sa jambe. Tandis qu'il considérait enfin les alentours, pour la première fois qu'il ouvrait les yeux, il en oublia presque la colère qu'il ressentait vis à vis de Roch et de leur situation impossible.

Tout n'était qu'or.

Les fenêtres, les murs et le sol.

Le hall, sublime, faisait mal aux yeux tant l'or brillait. Les lustres où brûlaient des bougies dorées étaient en or aussi, même l'eau de la fontaine qui chantait à proximité d'eux était de couleur d'or.

Au centre du hall, il y avait un gigantesque récipient. Dans ce récipient, il y avait les trésors les plus fous que Kaël aurait jamais pu imaginés. C'était incroyable, impossible, mais devant eux, s'élevait littéralement une montagne de pièces d'or, de pierres précieuses. Une odeur divine parfumait l'air, un mélange d'encens qui faisait palpiter leurs cœurs et soudain Kaël ne savait plus pourquoi il était ici, pourquoi il en voulait à Roch. Il se sentait, bien, si bien. Roch avait raison, la Main devait être quelque part, à portée d'eux.

Enfin, après des années de recherches interminables, le rêve de son père, là sous ses yeux.

-Kaël ? Où sommes-nous ? murmura Roch.

-Au palais de Midas, répondit Kaël sans la moindre hésitation.

Il n'y avait pas d'autres explications. Et ce qu'il voyait, cela ne pouvait que signifier que les légendes étaient vraies : ce que la Main touchait se transformait en or.

C'était vrai, c'était réel, c'était en train d'arriver.

-Viens, il faut qu'on trouve cette main.

Oubliés les monstres impossibles, et les mots coupants comme des couteaux, oubliés les jours passés dans la Cité, oubliée la jambe douloureuse restaient le rêve et la Main, les seules choses qui comptaient à présent.

§§§

S'approchant d'une statue de taille humaine, Firefly fut fasciné par celle-ci ; elle semblait presque vivante, tant ses détails étaient soignés et réalistes, jusqu'au moindre poil de sourcil ou ce petit grain de beauté juste sous l'oeil gauche. Roch s'approcha à son tour, résistant difficilement à la tentation de toucher le visage de la sculpture d'or. Qu'un tel travail d'orfèvre fût possible avec un métal comme l'or relevait pratiquement du miracle.

Roch détourna le regard de la statue et suivit Firefly qui avançait en boitillant pour explorer les lieux. Ils restèrent proches, presque assez pour se toucher ; mais le capitaine se dérobait aux mains de Roch, refusait de laisser celui-ci le toucher.

L'adrénaline commençait tout juste à retomber et le jeune pirate se sentit soudain à la fois anxieux et exténué. Depuis combien de temps n'avait-il pas dormi ? Il semblait qu'une éternité était passée depuis la Cité du crépuscule.

-Pourrait-on s'arrêter, juste – une minute ?

Si Kaël n'avait pas été aussi étrange avec lui, il aurait sans doute accédé à sa demande (nul doute qu'il était épuisé, lui aussi), mais en l'état actuel des choses, il se contenta de répondre d'une voix polaire qu'ils continueraient jusqu'à trouver la Main de Midas. La mort dans l'âme, Roch emboîta le pas à Firefly, en traînant les pieds, comme un enfant capricieux.

§§§

Passant à côté des statues, Roch ne réussit pas à se départir d'un profond malaise ; il sentait sur son dos le regard lourd et figé des statues. Il accéléra le pas et jeta un coup d'œil derrière lui. C'était presque comme s'il était suivi, mais rien ne bougeait alentours. Il rattrapa Firefly, désireux de ficher le camp d'ici le plus vite possible.

Kaël l'ignorait toujours et regardait droit devant, laissant Roch impuissant, se demandant ce qu'il avait bien pu faire pour mettre le capitaine dans cet état de rage. Leur relation était une série de faux pas et de mots amoureux, de sourires et de cris de rage, d'amour et de dégoût. Mais ils étaient ensemble, c'était plus que Roch avait jamais osé espérer.

§§§

Ils avançaient en silence l'un derrière l'autre. Le regard de Roch était systématiquement attiré par les piles merveilleuses de métaux précieux. Les verres colorés des fenêtres laissaient passer une lumière surnaturelle.

Roxas ne s'était jamais senti si bien et si mal à la fois.

Au bout de l'allée des statues, ils se figèrent tous les deux. Là, enfin, une sculpture immense qui faisait presque trente mètres de haut. Elle était à l'effigie d'un vieil homme au visage émacié et terrifiant. Mais ce qui retint réellement l'attention des deux pirates, c'était la main gauche de la statue (la main du diable, souffla une voix d ans la tête de Roxas).

Glissé dans un creux, la main de Midas était enfin à eux.

Kaël lâcha son épée qui tomba avec un grand CLANG par terre. Sans plus s'en préoccuper, il s'approcha de la statue et l'escalada lentement. Sa jambe l'élançait toujours, mais elle supportait en tremblant le poids de son corps. Il passa sur les genoux pour attendre la taille, la poitrine puis l'épaule de Midas. En équilibre sur l'avant bras, il s'avança avec aisance sur le trésor qu'il avait cherché durant la moitié de sa vie. Il éclata de rire. Enfin, enfin, enfin. Tous les problèmes, les interrogations s'envolaient enfin ils touchaient au but du voyage.

-Fais attention en la prenant, dit Roch, ne touche pas les doigts.

Kaël roula des yeux. Il n'avait pas fait tout ce chemin pour être transformé en or par ce truc.

En bas, Roch regardait avec envie les piles de pierres précieuses. Portant la main à sa ceinture, il défit son sac en cuir et s'agenouilla à côté d'une pile de diamants. Puis il les ramassa par poignées pour remplir son sac. Il n'avait jamais vu des diamants d'aussi près. Mais rien qu'à les voir, si beaux, si brillants, si coupants, il n'arrivait pas à résister à la tentation de les prendre.

Si nous avions possédé un seul de ces cailloux sur Andora, notre vie aurait été bien différente, pensa Roch, tandis qu'il ajoutait des rubis, des émeraudes et des saphirs à sa collection de pierres précieuses. Il trouva un harmonica dans la pile et l'ajouta à sa pile de trésors. Le sac plein, lourd à craquer, il regarda Kaël, accroupi dans la paume ouverte, cherchant un moyen de décoincer l'artefact sans se faire toucher par la malédiction. L'espace d'un bref, terrifiant moment, Roch imagina l'immense statue se mouvoir, ses doigts d'or se refermer sur Kaël et le broyer aussi facilement qu'on casse une noix. Des sueurs froides coulèrent dans son dos et il avala son mauvais pressentiment. C'était idiot, mais il ne put s'empêcher de retenir sa respiration quand Firefly, enfin, délogea la Main magique de la paume de Midas.

-Victoire ! cria Kaël, aux anges.

Roch retint sa respiration. Tout était silencieux, comme avant, mais il y avait quelque chose dans l'air, quelque chose de mauvais qui semblait s'être réveillé quand la Main avait été enlevée de son habitacle. Kaël enveloppa l'artefact dans un tissu pour éviter tout contact accidentel et éclata de rire quand les fibres de tissu se changèrent en or sous ses yeux.

Puis, tout sombra dans le chaos.

Non pas dans un boum, mais dans un murmure.


Voilà, j'espère que cela vous a plu. Le premier tiers du chapitre suivant est déjà écrit.

Bisous