Oui donc cette fic n'est pas morte. Hem.

Un grand merci à Nayru, parce qu'elle le vaut bien et que ses encouragements ne se tarissent jamais. Et merci aussi Neferkitty, Plume d'eau et Bouddha (là depuis la première heure, ou presque :D) Remus J-Potter Lupin, CaramelOu, Death's cry, Shinigamylle, Anyway I'm dead et tous les autres. Je sautille toujours autant quand je reçois des messages !

Note (presque pas inutile): Je suis en train de republier cette fic sur le site de Archive on our own. Pour plein de raisons, la principale étant que c'est plus pratique de lire sur ce site là, vu les options de téléchargement possible, ou encore la simple possibilité de surligner/copier le texte. Du coup j'en profite pour retravailler des chapitres, les corriger. J'ai notamment essayé d'améliorer le chapitre 6 de la partie 3 (compté comme chapitre 19) qui est un point tournant de la relation entre Roch et Firefly. Vous aviez été un peu déçu(e)s. Voilà, donc si vous voulez lire la nouvelle version, RDV sur Archive on our own (lien dans mon profil). Les avis seront les bienvenus ! Je mettrai aussi à jour.

A titre indicatif, j'avais cette musique là dans la tête quand j'ai commencé à réfléchir à ce monde : Emerald Sword de Rhapsody Fire

Corrigé avec l'aide d'Ariani Lee, the best beta in the world


Partie IV : The Sword in the Stone

(Merlin l'Enchanteur ou La légende du Roi Arthur)

« Celui qui ne tente rien n'a rien »

(Merlin)


Chapitre 1

On s'est rencontré la semaine dernière

On s'est aussitôt compris comme deux frères

(Peter et Elliott le dragon, Je t'aime beaucoup)

Roxas avait dix ans et il n'était jamais sorti de son village natal.

C'était un grand village pas tout à fait un bourg, mais il était toujours animé : des charretiers, avec leurs bêtes, qui insultaient tous ceux qui avaient le malheur de les contrarier, des crieurs qui donnaient des nouvelles des villes lointaines, des troubadours qui chantaient poèmes épiques et ballades d'amour courtois. Roxas n'aimait rien tant que s'installer par terre, ou en hauteur, et les écouter. Il imaginait quitter le village, qui lui paraissait minable, pour se rendre à Londres et devenir écuyer à la cour du roi Arthur.

Esseulé, il aimait rêver en grand.

Tout commença au printemps, quelques mois après son anniversaire. Roxas s'apprêtait à sortir, profitant que son père dormait encore pour s'enfuir et échapper aux corvées, quand Maman l'arrêta d'un signe.

Maman était minuscule et avait des cheveux très blonds, très longs qu'elle enroulait sur sa tête comme une couronne. Elle était très belle et Roxas l'adorait plus que tout au monde.

-Ton père sera encore furieux, ce soir.

Roxas essaya d'avoir l'air adorable, et le rire de sa mère lui fit savoir qu'elle serait sa complice aujourd'hui.

-Puisque tu dois sortir, fais attention. Le vieux Hubert m'a dit hier soir qu'une troupe de gitans venaient d'arriver en ville. Ils campent à la sortie de la ville, à l'orée du bois. Je ne veux pas que tu t'approches d'eux, c'est compris ?

-Oui, Maman, promit sagement Roxas en croisant ses doigts derrière son dos.

§§§

Bien évidemment, la première chose que Roxas voulut faire, une fois sa liberté conquise, ce fut de jeter un coup d'œil au fameux campement. Des gitans, ici dans cette ville de rien du tout Roxas se demanda ce qu'ils fabriquaient là. Il était si excité, si curieux, qu'il se prit presque à trébucher quand il essaya de redoubler l'allure. D'où venaient-ils ? Qui étaient-ils ?

Les gitans. On racontait toute sorte de choses sur ces gens étranges. Pouvaient-ils vraiment se transformer en animaux – en loup, en hibou ou en dragon – et décrypter les voiles sombres du futur ?

Roxas arrêta sa course folle quand il aperçut enfin les hauts arbres du Bois. Il faisait toujours sombre sous le faîte des immenses arbres. Le Bois était rempli de bêtes sauvages qui pouvaient vous arracher la jambe d'un seul coup de mâchoires.

Et finalement, le camp des gitans se révéla aux yeux curieux de Roxas. Le garçon était assez loin pour être hors de vue, assez près pour voir chariots, roulottes et feux de camp. Des animaux paissaient paisiblement alentours, toute une ménagerie tranquille, comme s'il n'y avait pas à deux pas des bois infestés de loups affamés. Des chevaux, des poneys, des poules, des vaches et des chèvres, et même des bêtes bizarres que Roxas n'avait jamais vues avant. Deux ânes, à la robe si sombre qu'elle paraissait être noire comme du charbon, se livraient à une conversation retentissante et le vacarme devait être entendu des lieues à la ronde. Roxas n'avait jamais vu autant d'animaux à un seul endroit, à part peut-être bien sûr, à la grande foire où Papa l'avait emmené une fois, quand il avait sept ans.

Roxas cligna des yeux. C'était tellement paisible ce n'était pas du tout l'idée qu'il s'était fait du repaire de vauriens décrits par sa mère. Sorciers, va-nus pieds, diseurs de bonne aventure, des chuchotis effrayés et un rien dégoûtés qui suggéraient bien autre chose que ce que Roxas était en train de regarder. Il chercha en vain la calamité qu'il avait imaginée avec tout son enthousiasme enfantin, mais c'était désespérément normal. Il ne put s'empêcher d'être un peu déçu. Des hommes et des femmes tout ce qu'il y avait de plus ordinaires, pas plus crasseux que Roxas ou un autre. Ils étaient même plutôt beaux, décida Roxas, avec leurs peaux basanées par le soleil, vêtus de couleurs chatoyantes. Ils avaient l'air un rien exotique et mystérieux.

Plus tard, Roxas prétendrait qu'il n'avait pas fait de bond de dix mètres quand une voix encore pré-pubère l'interpella.

-Hé, toi ! T'es perdu ?

- N-non ! répondit Roxas.

Il se retourna pour voir un garçon un peu plus âgé que lui, le fixant d'un air goguenard. Il avait onze ans, douze ans peut-être. Ses cheveux roux comme une flamme cascadaient fièrement sur ses épaules et ses yeux d'un vert feuille étonnant brillaient de méfiance.

-T'es là pour espionner alors ?

- Mais non ! Bien sûr que non !

- Ah oui ?

- Oui !

- Alors qu'est-ce que tu fiches ici ?

Roxas ouvrit la bouche mais, ne trouvant rien à répondre, il avait certainement l'air très bête. Le gamin prit une expression triomphante comme s'il venait de gagner une épique bataille.

-Haha ! dit-il.

- Ok, dit Roxas. T'as gagné. J'étais curieux.

Ils se fixèrent avec défiance. Roxas hésita, ses yeux balayant l'orée du bois.

- Vous avez beaucoup d'animaux, tenta-t-il, dans l'espoir d'amorcer un semblant de conversation amicale.

- Ils sont à nous ! cria le gosse, on les a pas volés !

-J'ai jamais dit qu'ils avaient été volés ! répliqua Roxas, criant à son tour.

-Bien !

-Bien !

Ils échangèrent un autre regard furieux, puis Roxas tourna les talons et s'enfuit à toutes jambes. Il fut cependant de retour le lendemain. Ainsi que tous les autres jours qui suivirent.

§§§

Il faisait une chaleur à couper le souffle la seconde fois qu'ils se rencontrèrent. Il était possible que Roxas, curieux comme un renard, fût déjà de retour, mais pas pour espionner, comme le prétendraient certaines mauvaises langues, non s'il était là, c'était pour voir les animaux. Approcher les poneys, les toucher peut-être. Roxas n'avait pas eu beaucoup d'occasion d'approcher des chevaux. Quand un noble ou un riche marchand passait en ville. Leurs montures étaient toujours impeccables, impressionnantes, intouchables (comme leurs cavaliers d'ailleurs), ils avaient l'air si dignes que Roxas avait eu l'impression d'être bien trop humble pour avoir le droit, ne serait-ce que de les regarder.

Les petites gens avaient des ânes, des poules et des vaches, mais pas de chevaux. Les poneys des gitans avaient l'air approchable.

-Qu'est-ce que tu fiches encore ici ?

Roxas haussa les épaules. Cette réponse laconique ne sembla pas satisfaire le gamin, mais le détendit un peu, ce qui était franchement bizarre, vu comment c'était terminé leur conversation de la veille.

-Moi c'est Axel. Ok, pas trop dur à retenir ?

-Je m'appelle Roxas, répondit l'autre, toujours maussade.

-Y a une rivière pas loin. Allons-y, je suis mort de soif.

Roxas cligna des yeux mais il n'hésita pas une seconde avant de suivre Axel avec la curieuse impression qu'il venait juste de se faire un ami. Il n'était pas vraiment un expert sur la question, mais c'est avec le cœur étrangement chaud et léger qu'il suivit le petit gitan jusqu'à la rivière.

Ils passèrent l'après midi à barboter dans l'eau claire. Axel fabriqua une espèce de harpon et ils tentèrent d'embrocher des créatures aquatiques en riant, malgré leurs efforts vains. Ils se quittèrent au coucher du soleil, avec la promesse tacite de se revoir lendemain. Ce soir-là, Roxas rentra chez lui avec un grand sourire aux lèvres.

§§§

L'été passa à toute allure. Les deux garçons devinrent très vite inséparables. Roxas adorait les moments où ils se retrouvaient à la rivière. Ils se jetaient dans l'eau, qui leur arrivait à la taille et s'engageaient dans d'épiques batailles d'eau dont ils ressortaient toujours trempés jusqu'aux os et morts de rire. Puis ils rampaient sur la rive et parlaient, parlaient. Ils parlaient de la famille bizarre d'Axel, du travail difficile du père de Roxas, des formes des nuages. Ils partageaient des mûres, parfois des bonbons chipés dans l'établi de la mère de Roxas.

A l'approche de l'automne, Roxas sentit son nouvel ami devenir tendu, stressé. Il souriait moins facilement et semblait toujours avoir la tête dans les nuages. Lorsque Roxas l'interrogeait, il déviait les questions ou répondait qu'il allait bien. Juste de la fatigue, assurait-il pour endormir les inquiétudes de Roxas et Roxas oubliait, jusqu'à ce que son ami revienne à ses états lunatiques.

-Ils veulent partir, finit par confesser, un jour où il faisait si froid qu'ils étaient l'un contre l'autre pour échanger de la chaleur. Ils regardaient tomber la pluie depuis leur abri de fortune et Axel avait l'air triste et désemparé.

-On est toujours sur la route, dit le garçon. C'est la première fois qu'on reste si longtemps au même endroit. C'est la première fois que j'ai un ami.

Roxas resta muet, à la fois heureux d'être le premier ami d'Axel – cela le remplissait d'une fierté inexplicable – et terriblement triste d'apprendre que les jours de rire et de jeux étaient comptés. Peut-être qu'il s'en était toujours douté – après tout, Maman les appelait 'les gens de la route' ou 'les voyageurs'. Mais il avait espéré que ce n'était pas vrai.

-Tu es mon meilleur ami, assura Roxas avec toute l'assurance qu'un garçon de neuf ans pouvait avoir. Mais Axel ne répondit que par un sourire triste.

Les semaines passèrent et Axel et les siens restèrent. On ne parla plus de partir et même si l'épée de Damoclès pendait toujours au-dessus de leur tête, le sujet fut évité.

Quelques jours avant le solstice, Axel vint trouver son ami, un sourire immense mangeant son visage.

-Papa a trouvé du travail. Le maréchal ferrant veut bien travailler avec lui. Papa veut qu'on reste ici. Les autres s'en vont au printemps, mais nous on reste. On va avoir une maison ! cria Axel.

Roxas se jeta sur son ami en riant aux éclats. Ils célébrèrent la bonne nouvelle par une bataille de boules de neige. La mère de Roxas les accueillit, quand ils eurent fini, avec du miel et du lait chaud, levant les yeux au ciel avec indulgence devant leurs vêtements mouillés et leurs sourires idiots.

Ils passèrent la journée du solstice ensemble le soir, ils retrouveraient leurs familles respectives autour d'un bon repas. C'était la seule fois dans l'année où ils mangeaient de la viande.

-Je veux te montrer quelque chose, dit Axel, un jour.

Il faisait si froid que Roxas avait eu toutes les peines du monde à sortir de sa couche. Roxas détestait l'humidité. Tout puait.

Axel l'emmena près de la rivière, évidemment, vu le temps pourri, ils étaient seuls. Axel avait l'air si nerveux que Roxas en oublia presque le mauvais temps et l'effet de celui-ci sur son humeur. Soudain, il eut peur.

-Tu es malade ? Ton père a changé d'avis c'est ça ?

-Non.

Mais Axel n'avait pas l'air soulagé. Au contraire, on aurait dit que son inquiétude grandissait au lieu de diminuer.

-Tu es malade ? répéta Roxas, qui trouva soudain son ami aussi pâle que bouleversé.

-Cela fait longtemps que je voulais te le dire, soupira Axel en le regardant droit dans les yeux (Roxas cligna les siens stupidement, se demandant de quoi diable son ami voulait lui parler.) Seulement je ne sais pas comment. J'avais peur de te le dire. J'avais peur que tu me détestes. Et je me disais que puisque je ne restai que quelques saisons ça n'aurait pas d'importance. Mais Papa veut rester, alors je me suis dit que tu devais savoir, que cela avait de l'importance, après tout.

-Axel de quoi tu parles ? Tu me files la frousse ! Te détester ? Tu es mon meilleur ami ! Je parle tellement de toi à mes parents qu'ils ont l'impression de te connaître ! Ma mère roule des yeux quand je prononce ton nom tellement elle en a marre.

Axel prit une grande inspiration, comme on fait avant de plonger du haut d'une falaise.

Il ferma les yeux et quand il les rouvrit, il expira doucement. Il leva sa main légèrement, paume vers le ciel. Et sans prévenir, une boule de feu y apparut. Si chaude que Roxas en sentit les effets contre son visage. La bouche grande ouverte, il contemplait le miracle, la main d'Axel qui jouait avec le feu. Roxas eut envie de toucher, pour voir si c'était réel. Mais avant qu'il ne se décide, la boule avait disparu restait juste Axel qui le fixait, inquiet. Non, pas inquiet, réalisa Roxas, terrifié – Axel était terrifié.

Honnêtement, Roxas ne savait pas trop quoi penser d'un pareil prodige. Comme tout le monde, il avait entendu parler des druides et de leurs étonnants mirages, de leurs pouvoirs mystérieux, connectés avec le monde des dieux. Son père disait que c'étaient des marottes de bonnes femmes, mais Roxas avait devant lui la preuve que non. Il ne savait pas trop ce qu'il en pensait, là tout de suite, par contre, il savait très bien qu'il n'aimait pas voir Axel dans cet état et qu'il était urgent d'apaiser ses inquiétudes et de poser ses questions plus tard, avant qu'Axel ne tourne les talons et ne s'enfuie très très loin.

Roxas plaça sa main dans la paume de son ami, la trouvant encore rayonnante de chaleur. Et une part minuscule de lui se dit que c'était loin d'être redoutable, pour lui qui avait toujours si froid d'avoir un ami qui pouvait produire si facilement de la chaleur.

-C'est tout ? demanda Roxas.

-Quoi ?

-Crétin ! A voir ta tête, j'étais persuadé que t'allais mourir. Ou que t'étais un ogre. Ou pire, une fille.

-Roxas…

-Tu es toujours mon ami, non ?

-Evidemment !

-Alors je suis toujours le tien.

Et c'était vraiment aussi simple.


Voila donc pour l'introduction de ce nouveau monde. Qui sera aussi le dernier (accrochez vous, on est au 3/4 de la fic maintenant :D)

En espérant que cela vous plaise, je vous dis à bientôt :)