Je suis fan de la mythologie arthurienne. Je suis aussi très fan des écrits de M.Z. Bradley. Ceci étant dit, bonne lecture. Héhé, celles et ceux qui connaîtraient, auront peut-être une idée de ce que la suite pourrait annoncer (ou pas).
Nota bene : on va parler de religion, et plus particulièrement de la religion chrétienne. Je ne suis pas experte, mais je vais faire de mon mieux pour être aussi exacte que possible. Ce texte n'a aucune portée religieuse (ni historique bien sûr) et les croyances des personnages ne reflètent en aucun cas les miennes. Notez qu'il n'est pas question de foi ou de pensée religieuse (je ne me hasarderais jamais sur des sujets aussi compliqués et intimes) mais plutôt des enjeux que l'essor de la religion chrétienne représentait à cette époque (notamment la chasse aux sorcières).
Notez aussi que la religion n'est en aucun cas le thème principal de l'histoire. Donc si cela vous donne des boutons, rassurez vous, ce ne sera que sporadique.
Bref, en gros, rappelez vous que ceci est une fiction et bonne lecture !
NB bis : bon après réflexion, c'est plutôt la deuxième partie du chapitre 1. Sorry.
Voila pour finir, je voulais faire un petit coucou à Nayru, Bouddha, Neferkitty et Ariani, toujours fidèles depuis le début de l'aventure. Quand je poste un nouveau chapitre, j'ai toujours peur de vous décevoir. J'espère que ça vous plaira. Et un petit coucou aux autres, sachez que vos commentaires et clics sont précieux. C'est grâce à eux que j'avance et que cette histoire ne reste pas au fin fond d'un tiroir.
Je ne sais plus à qui j'ai répondu ou pas dans les review (donc hésitez pas à vous plaindre si je vous ai oublié(e) !)
Monde IV
Chapitre 1, partie 2
Viens jouer près de la rivière
Qui de nous boira la tasse ?
Les éclats de rire, c'est ce qu'on préfère
Qui de nous fera la plus belle grimace
Rox et Rouky 2
Axel était né avec le feu au bout des doigts. D'aussi loin que remontaient ses souvenirs, la chaleur des flammes avait toujours fait partie de lui. Il y avait peu de gens au courant, même parmi les gens du voyage. Axel gardait jalousement son secret.
Une fois, il y a bien longtemps, Maman lui avait fait rencontrer des druides. Des hommes étranges vêtus de robes brunis par la terre et la végétation et de peaux de bêtes. Ils vivaient à l'écart des hommes, dans la forêt. Maman disait qu'ils communiquaient avec les dieux, qu'ils les vénéraient et qu'en échange, les dieux leur accordaient des pouvoirs mystérieux. Certains pouvaient se transformer en animaux ou parler avec eux, d'autres marchaient sur l'eau et créaient des feux d'artifices. L'étrange pouvoir d'Axel les avait fascinés : à les entendre, ce n'était pas un don courant. Ils l'avaient regardé avec un mélange d'envie, de tristesse et de pitié. Axel, mal à l'aise, n'était jamais retourné les voir, malgré les incitations de sa mère. Il n'avait pas besoin de fréquenter des gens « comme lui » et il n'avait besoin de personne pour apprivoiser le feu, peu importait ce que son entourage pensait. Le feu était son allié, il en connaissait les moindres secrets. Avec lui, Axel n'avait jamais peur.
Cela faisait moins d'une saison que Roxas connaissait Axel, quand celui-ci lui révéla finalement son secret.
Le premier hiver qu'ils passèrent ensemble fut terriblement rude, la neige tomba sans discontinuité pendant des jours en épaisses couches glaciales. Roulé en boule contre sa mère, Roxas avait du mal à se forcer hors du lit pour aller dehors. Une fois, Axel entra carrément chez lui pour le tirer hors de sa couche – avec la bénédiction de ses parents, les traîtres – et il l'emmena dehors, près de la rivière qui avait gelé pour lui apprendre à patiner. Malgré les chutes et le froid, ils passèrent une bonne journée, et après Roxas affronta le temps glacial presque sans se faire prier.
Wilfried, le père d'Axel logeait près de chez le maréchal ferrant, chez une veuve à moitié folle qui leur louait une chambrette pour une bouchée de pain et la promesse de services rendus. Elle avait un minuscule lopin de terre qu'elle n'avait plus la force d'entretenir. Au printemps, Wilfried apprit à labourer et semer pour faire fructifier le bout de terrain. La plupart de ce qui pousserait serait pour le seigneur, mais les quelques grains de blés, tomates ou salades qui resteraient serait un luxe bien apprécié pendant la dure saison.
Axel aimait bien la dame. Elle se nommait Marta, et elle avait quarante six ans. Elle était veuve depuis bien longtemps et avait toujours refusé de se remarier, malgré la pression de ses pairs. Les rumeurs sur elle ne s'arrangèrent guère quand elle prit pour locataire un gitan et son gamin roux comme le feu. Mais Marta avait appris à ne plus écouter les ouï-dire depuis bien longtemps, et la compagnie était la bienvenue dans sa minuscule maisonnée.
-Elle fait des tartes, dit Axel un jour. Demain, il faut que tu viennes, on te réservera une part.
C'est ainsi que Roxas fit la connaissance de Marta. Il ne fréquentait pas beaucoup d'adultes, à part ses parents, mais la gentillesse de cette femme balaya rapidement sa timidité. Il apprit que Wilfried avait sauvé la vie de Marta, en l'empêchant de tomber dans les rapides de la rivière, au-delà du gué. Depuis, ils étaient amis, et quand Wilfried laissa échapper sa fatigue de la vie de route, elle lui proposa de rester.
Deux ans plus tard, ils étaient mariés.
§§§
Axel ne parlait jamais de sa mère.
Il évitait le sujet comme faire se pouvait, blanchissait quand on lui posait des questions et marmonnait des monosyllabes quand on le sommait d'y répondre. Roxas ne posait plus de questions, parce qu'il n'aimait pas le vide dans les yeux de son ami lorsque le sujet était évoqué.
§§§
A quatorze ans, Axel était bien plus grand que Roxas qui avait à peine poussé de quelques centimètres, à la plus grande joie de son meilleur ami, qui ne cessait de le traiter de nabot.
-Je te déteste, répondait Roxas avec sa voix crécerelle de jouvencelle.
Axel (dont la voix oscillait déjà entre celle de l'homme et de l'enfant) ne répondait jamais que par un immense sourire.
Ils aimaient passer leurs après midis à la rivière. Roxas taillait des pointes dans des bouts de bois et essayait d'attraper des poissons. Axel lui, jouait à créer des formes avec le feu. Avec le temps, il était devenu très doué, et pouvait maintenant former des créatures de flammes qu'il envoyait galoper tout autour de lui.
Ils étaient heureux.
§§§
Un jour, Axel ne vint pas à leur rendez vous quotidien. Roxas l'attendit longtemps avant de rentrer chez lui, le cœur indiciblement lourd.
Axel fut là le jour suivant. Il faisait des ronds de fumées avec sa bouche et envoyait des petits chevaux sauter dans les cercles dans un manège infernal et rapide. Il avait l'air songeur, peut-être même inquiet. Roxas s'assit à côté de lui.
-Je t'ai attendu hier.
-Je sais, excuse-moi.
-Tu étais malade ?
-Non.
Roxas roula des yeux.
-Tu aurais pu me prévenir.
Axel se redressa brutalement.
-Oh ça va, hein. Je n'ai pas à te tenir au courant de tous mes faits et gestes, si ?
Roxas se mordit les lèvres et ne trouva rien à répondre. Il avait raison, bien sûr. Mais un avertissement aurait été le bienvenu quand même. La sensation du cœur lourd de la veille revint dans sa poitrine et Roxas ferma les yeux très fort, se demandant pourquoi, soudain, il avait envie de pleurer. Il arracha un brin d'herbe et se mit à le dépiauter pour penser à autre chose.
-Désolé, Rox.
(Axel ne l'appelait jamais comme ça. Que quand ils étaient fâchés et qu'il voulait se réconcilier. Mais là, ils étaient pas fâchés, n'est-ce pas ?)
-J'avais besoin de réfléchir.
-Tu réfléchis, toi ?
-Oui, tu es très drôle.
Axel prit une grande inspiration. Roxas sentait que le problème le turlupinait vraiment et que c'était peut-être même sérieux (ce qui, pour être tout à fait honnête, était assez rare chez Axel).
- J'ai trouvé une croix à la maison. Elle était cachée. Je suis tombé dessus par hasard et Papa m'a vu. Alors on a parlé.
Roxas hésita.
-Elle… elle était à lui ?
-Oui.
Roxas cligna des yeux. De tout ce qu'Axel aurait pu lui dire, c'était certainement la chose à laquelle il s'attendait le moins.
-C'était une croix chrétienne ?
-Tu sais que oui.
Ils se regardèrent intrigués. Ils ne savaient pas grand-chose de la nouvelle religion, l'un comme l'autre. Ou plutôt, Axel savait des trucs parce qu'il les avait glané auprès des adultes et il les répétait ensuite à Roxas. Ce qui était vrai, ce qui était faux, Roxas aurait bien été incapable de le démêler.
- Et, c'est mal ?
- Non ! Bien sûr que non ! cria Axel, s'étouffant avec ses ronds de fumée.
- Donc c'est bien.
- Oui. Enfin. Oui. Mais il m'a dit qu'il fallait pas en parler.
- Pourquoi non ?
- Je sais pas trop. Il a dit qu'on n'arrêtait plus les chrétiens, de nos jours, mais que bon. C'était mieux de rester discrets. Il a dit, qu'un jour, il m'expliquerait tout.
§§§
Axel s'était toujours bien senti dans sa peau, çà l'aise avec ses pouvoirs. Bien sûr il restait discret mais ses proches l'avaient toujours accepté tel qu'il était. Tout changea quand il rencontra Anthéaume.
§§§
Anthéaume était un homme incroyablement pieux. Il s'affichait comme chrétien, sans peur, et défiait du regard ceux qui auraient osé prononcer un mot à ce sujet à voix haute. On murmurait dans le village qu'il avait jadis, touché la main d'un saint et que depuis la grâce de Dieu l'avait touché.
C'était un homme immense, maigre comme un clou dont le visage semblait taillé à la pointe d'un couteau. Son nez long et crochu était surplombé par deux petits yeux d'un bleu étincelant. Il avait une bouche fine qui semblait ne jamais sourire, à moitié cachée par une barbe grisonnante.
Anthéaume haïssait toutes formes de magie. Il passait de nombreuses heures à vociférer contre le roi Arthur, personnage faible qui vivait, à l'en croire, sous la coupe d'un dangereux magicien dont les pouvoirs venaient des ténèbres. Il lisait de longs passages de la Bible déclamant que les sorciers étaient des débauchés, des criminels, des suppôts de Satan. Des gens à craindre, à haïr, à bruler.
Cet homme savait employer les mots qu'il fallait. Plusieurs fois en l'écoutant, Roxas avait senti des frissons parcourir son dos, les poils de son échine se hérisser à la tournure d'une phrase tombant particulièrement bien.
Roxas voyait petit à petit les gens autour de lui changer. Quelque chose s'allumait dans leurs regards quand ils écoutaient Anthéaume. Quelque chose qui effrayait Roxas. (S'il n'aimait pas autant Axel peut être aurait-il, comme tous les autres, commencé à avoir peur de la magie). Il ne se passa guère longtemps avant que Axel ne cesse de venir aux harangues d'Anthéaume.
-Pourquoi tu y vas toujours ? demandait Axel.
Roxas ne savait pas comment répondre. Il ne savait pas comment dire « pour savoir qui pourrait te vouloir du mal »
§§§
(Les pouvoirs d'Axel étaient un secret de polichinelle dans la région : jamais révélés au grand jour mais jamais totalement ignorés non plus. Une fois, Axel avait sauvé une famille entière dont la ferme, au nord du bourg, avait brûlé..Axel avait ouvert une voie dans les flammes et tout le monde avait pu sortir de la fournaise, ils offraient souvent du lait, des légumes, des petits riens au garçon. Des présents modestes mais Roxas savaient qu'ils étaient appréciés et même chéris.)
-Pour savoir qui l'écoute, répondit finalement Roxas.
Axel s'allongea dans l'herbe mâchonnant un brin d'herbe.
-Beaucoup trop de monde, je pense.
('Ton propre père, pensa Roxas)
Axel se releva et fixa Roxas dans les yeux.
-S'il reste, je devrai partir.
Roxas secoua la tête.
-Ne sois pas stupide.
Axel allait protester, mais Roxas ne le laissa pas parler
- Nous devrons partir.
Il scella la promesse avec un sourire en coin et un regard appuyé. Axel éclata de rire et ignora l'envie irrépressible de se jeter dans les bras de son ami, comme quand ils étaient petits.
Soudain l'avenir semblait un peu plus clair.
A suivre...
bon encore un chapitre d'exposition. Promis il se passera plus de choses dans le prochain chapitre. :)
non cette histoire n'est pas morte. Je suis plus lente qu'un escargot dépressif, mais je mettrai un point final à cette histoire.
