Chapitre 27 :

Jet souriait avec son air irrésistible et ses yeux brillaient de désir. Il était nu, et son corps parfait luisait de manière érotique. Des gouttes dorées coulaient le long de son torse musclé, perlaient de ses tétons puis suivaient le tracé de ses abdos et de son aine, jusqu'à son membre triomphant. Une goutte dorée s'écrasa sur le sol, comme une promesse. Jet planta son regard chocolat dans celui de Zuko et leva une main ruisselante vers son torse…

La main de Jet se pétrifia dans les airs. Zuko saisit les doigts bruns, inquiets, mais la peau était devenue glaciale. Les yeux bruns s'étaient éteints, comme si l'âme de leurs propriétaire avait été aspirée.

De petits grains de poussière montèrent du sol et un sifflement lointain se fit entendre, annonçant le danger. Il fallait qu'ils aillent se mettre à l'abri. Vite.

Le prince déchu pressa plus fortement la main brune, cherchant à réveiller son amant. Mais le corps restait de marbre, et les yeux morts. Zuko tourna la tête vers son oncle pour lui demander conseil, mais Iroh n'était pas là. Il n'y avait qu'un tas de poussières sur lequel trônaient un portrait déchiré de Lu Ten, un pion de Pao Sho et une théière.

Et le vent se rapprochait, faisant danser la poussière et se hérisser les poils de Lee...


Un mouvement rapide tira Zuko du sommeil. La porte de la grange où ils avaient trouvé refuge se refermait sans un bruit...

June était absente.

Un instant, le jeune homme eut peur qu'elle ne les ait abandonné, ou pire trahis. Mais Nyla dormait toujours dans la paille, à l'écart, et depuis leur combat dans les montagnes, le banni avait fini par faire confiance à cette femme au sourire moqueur et aux pensées dissimulées. Peut-être avait elle quelque chose à régler avant leur départ en bateau, maintenant qu'ils étaient arrivés dans le port, ou peut-être qu'elle leur laissait le champ libre.

Quoi qu'il en soit, ils étaient enfin seuls. N'en croyant pas sa chance, Zuko entreprit de réveiller Jet. Sauf que le jeune homme n'avait jamais été du matin, et que lui qui avait besoin d'au moins dix heures de sommeil pour être en forme n'avait pas dormi plus de quatre heures. Après avoir secoué et appelé en vain son amant, Zuko se résolut donc à l'embrasser...

Jet ouvrit enfin les yeux et ramena ses bras dans le dos de son petit ami qu'il pressa contre son torse. Zuko avait prévu de mettre rapidement fin à ce baiser, afin de profiter de l'absence inespérée de June, mais il avait sur-estimé son contrôle de soi. Après plus d'une semaine sans embrasser celui qu'il aimait, son corps réclamait cette réunion buccale...

Mais le prince banni réussit finalement à reprendre ses esprits et à décoller ses lèvres de celles de Jet (il faut dire qu'il risquait de mourir asphyxié s'il continuait plus longtemps). Le cerveau enfin en état de marche, ce dernier se releva sur ses coudes et regarda autour de lui, l'air paniqué.

« June est partie il y a quelques minutes, expliqua Zuko. Je ne sais pas combien de temps elle sera absente, mais c'est le moment de...

- Se faire des câlins !

- ... de répondre à tes amis. »

Jet ouvrit la bouche pour répliquer puis, se ravisant, prit la plume et le parchemin que lui tendaient Zuko et commença à écrire à Pesticide et Longue Flèche d'une main pressée. Le prince déchu le regarda griffonner avec un air concentré et les sourcils froncés, et il trouva ce tableau attendrissant.

Puis Jet se leva, réveilla le faucon messager qui dormait sur Nyla et lui délivra la réponse qu'il attendait depuis quatre jours. Zuko entrebâilla la porte et le volatile s'envola. Il jeta encore un coup d'œil dehors puis referma la porte et se tourna vers son amant, qui s'était à nouveau allongé dans la paille.

« Il n'y a personne, pour l'instant. »

Comme réponse, Jet prit ses bras et le fit basculer sur lui. Mais au lieu de découvrir un sourire séducteur, Zuko se retrouva nez à nez avec deux sourcils froncés.

« Ces derniers temps, tu as souvent des cauchemars. Je croyais que c'était fini.

- Tais toi.

- Qu'est ce que je peux faire pour que ça cesse?

- Te taire... et me toucher. »

Il y eut un silence. Puis les mains de Jet glissèrent sous son haut, exécutant sa demande, et commencèrent à malaxer ses épaules et son dos. Zuko ferma les yeux et laissa s'échapper un soupir d'aise. Il avait l'impression que ses soucis s'envolaient avec les tensions qu'avaient abrité son dos.

Puis les mains glissèrent sensuellement le long de son épine dorsale, poursuivant leur travail de massage mais y ajoutant de petites pressions suggestives vers le bas du dos. Zuko enfouit sa tête dans le cou de son petit ami et le dévora de baisers enflammés. Contre son oreille, il sentit la respiration de Jet devenir haletante, et sa virilité durcir contre sa hanche. Une légère morsure sur son oreille arracha un gémissement à Jet.

En réponse, ses mains agrippèrent les fesses du prince et les serrèrent doucement.

« Ce serait peut-être le moment de réessayer ? » chuchota Zuko dans son oreille.

Jet frissonna sous la caresse de son souffle brûlant puis pressa plus fort ses fesses.

« Il faudrait juste faire attention que June ne… »

La phrase de Zuko mourut dans sa gorge. Jet venait de faire basculer son corps sur le côté, inversant leurs positions. Il disposa les jambes de Zuko de part et d'autre de son corps puis avança le torse et écrasa sa virilité durcie contre la sienne. Cette pression sur son membre tendu balaya un moment sa voix et son souffle, puis les mains brunes se refermèrent sur son derrière, achevant de chasser toute pensée autre que le désir de son esprit.

Il attrapa la bouche de Jet dans la sienne et saisit ses fesses musclées à pleine main, plaquant son corps contre lui, désireux d'approfondir cette nouvelle union. Jet sembla saisir le message, car sa langue entra dans la bouche aimée et il pressa tellement fort son membre contre l'érection de Lee que les deux jeunes hommes eurent un râle. Il était compressé entre les mains et la dureté de son amant, et c'était étrangement plaisant.

L'ancien chef des Combattants de la Liberté commença à bouger, frottant son bas ventre contre celui de son petit ami. Même à travers leurs pantalons, Lee pouvait sentir le sang gonfler le membre de Jet et son gland frémir d'excitation. Il ne remarqua pas tout de suite que les mains de son amant avaient abandonné ses fesses pour rejoindre ses jambes. Et puis il sentit qu'on écartait ses cuisses et que des bras puissants couraient à l'intérieur de celles ci, accompagnées par le mouvement avide de la virilité de Jet contre la sienne.

Après un frottement particulièrement intense contre son membre, la dureté de Jet glissa vers le bas et s'infiltra entre ses cuisses, pressant contre son entrée à travers le tissu. Zuko retint sa respiration et la sueur commença à perler sur son corps.

« Ça va ? »

Le prince déchu enroula ses jambes autour de la taille de son amant, ouvrant un peu plus son intimité par ce mouvement lascif. Il plongea ses yeux dans ceux voilés par le désir de Jet puis hocha la tête.

Alors son petit ami glissa deux mains tendres dans ses cheveux noirs et commença à se frotter entre ses fesses, avec des gestes lents mais une pression si intense que Lee avait l'impression de le sentir en lui. C'était à la fois semblable et différent de leur ancien type d'union. Le corps de Jet pesait contre lui et il sentait son membre tout contre lui, presque en lui, comme dans leurs anciennes nuits d'amour, mais parfois sa dureté venait buter contre son propre membre, déclenchant une onde de plaisir, et malgré toute cette proximité fusionnelle, son intimité restait vide, inviolée.

Il sentit à travers le pantalon lorsque Jet explosa de plaisir, juste devant son entrée, presque en lui. Cette sensation nouvelle et extrêmement intime fut si intense que son membre au supplice explosa à son tour.

Satisfait, le jeune homme du royaume de la Terre s'affaissa sur lui, entre ses jambes écartées, plaquant son torse contre le sien, avec juste deux chemises fines pour séparer leurs peaux humides de sueur. Zuko ferma les yeux un instant, écoutant les battements de cœur précipités de Jet contre sa poitrine et goûtant aux caresses paresseuses qu'il lui délivrait sur le cou et les épaules.

Puis son petit ami glissa une main dans son pantalon et caressa sa virilité rassasiée. Après tout ce temps à être séparés par des habits, sentir la peau rêche et humide de Jet contre son membre ramolli était enivrant. Et puis la sensation disparut. Zuko ouvrit les yeux et vit que Jet, ayant ramené sa main salie vers sa bouche, suçait langoureusement ses doigts.

« Mais avale pas ça, c'est dégoûtant ! » protesta le prince.

- J'efface les preuves. »

Jet ne laissa pas l'occasion à son amant de protester : il introduisit une main sous le haut de Zuko et baissa de l'autre le pantalon souillé de son amant, délivrant son membre apaisé et ses fesses rosies, puis effaça ses récriminations de caresses assoiffées sur ses tétons et de baisers voraces entre les cuisses. Tout en s'abandonnant aux léchouilles de son amant, le prince monta une main vers le pantalon également souillé de Jet et le baissa juste assez pour dévoiler son membre recouvert de sperme qu'il pressa ensuite entre ses genoux, provoquant des râles de plaisir chez son partenaire. Zuko se dit un instant que la paille piquait un peu ses fesses nues, puis cette pensée disparut sous les coups de langue.

Les pensées refirent brutalement surface lorsque la porte s'ouvrit. Par réflexe, Zuko poussa Jet en arrière. Il eut tout juste le temps de remonter son pantalon avant que le visage de June n'apparaisse.

Mais son haut était toujours relevé, sa peau humide de sueur et ses joues rouges. Et surtout, Jet, à quelques centimètres de lui, avait les cheveux plein de paille et la pantalon baissé.

June contempla la scène avec un petit sourire moqueur puis explosa d'un grand rire tonitruant. Elle rit tellement fort que des larmes coulèrent sur ses joues et qu'elle dut se retenir au mur de la grange pour ne pas tomber. Puis, après de longues minutes à hurler de rire, elle essuya ses yeux et fit face aux deux jeunes gens qui entre temps s'étaient rhabillés.

« Vous auriez vu vos têtes ! On dirait deux ados surpris en train de faire des cochonneries ! »

Son regard alla de l'un à l'autre et son sourire s'agrandit, menaçant de repartir en fou rire.

« Alors comme ça vous êtes bien pédés. Le prince fils d'Ozai et le chef rebelle comptent fleurette et secouent leurs quéquettes pendant que tous les soldats de la nation du feu les cherchent.»

Jet serra les poings, mais la mercenaire reprit avant qu'il ait le temps de répliquer :

« Eh, grand rebelle, je ne savais pas que tu aimais avoir de la paille autre part que dans ta bouche... D'ailleurs, si j'étais toi, je vérifierais que j'en ai pas à d'autres endroits plus intimes que les cheveux...»

June adressa un regard équivoque au jeune homme qui secoua sa tête avec un air furieux. Quelques brins tombèrent, mais la plupart resta accrochée à sa tignasse brune.

« J'ai recruté d'autres faux domestiques des sables, histoire que vous passiez vraiment inaperçu, annonça la jeune femme sur un ton badin.

- C'est qui ? Des assassins et mercenaires cupides, comme toi ? Lança Jet d'un ton hargneux.

- Je sais pas. C'est des mecs bourrés qui avaient perdu au jeu contre moi. »

La chasseuse de prime attendit d'avoir attrapé le regard du prince (ce qui n'était pas facile vu comme il fuyait ses yeux, honteux d'avoir été surpris) pour ajouter :

« Je les ai payé avec ta dague. »

Zuko dut empêcher la vague de colère qui traversait son corps de se transformer en feu. Cette dague lui avait été offerte par Iroh lorsqu'il était enfant. Elle était un de ses biens les plus précieux. La céder à la mercenaire avait été suffisamment difficile. Il ne supportait pas de savoir qu'elle avait été donnée à quelque ivrogne dans une taverne mal famée. Il se répéta mentalement que c'était pour Iroh.

« Tiens, le zoziau s'est fait la malle... chantonna June d'un ton joyeux en rejoignant Nyla. Je me demande bien qui il est allé rejoindre, et avec quel cadeau.

- Et toi, pourquoi tu es invitée chez le Seigneur du Feu, hein ? Explosa Jet.

- Parce que je suis une invitée délicieuse ? »

La jeune femme harponna à nouveau le regard de Zuko puis rajouta :

« Est ce que je vous demande pourquoi vous allez là bas, moi ? Non. Parce que je suis polie, et que les histoires de famille, ça ne me regarde pas. N'est ce pas joli coeur ? Et ne pleure pas trop ton couteau, c'est peut-être grâce à lui que tu vas retrouver son premier propriétaire... Je me trompe ? »