Merci à Garuda pour son commentaire. Ca commence à faire un petit bout de temps que j'avais plus regardé ma fic, et lire qu'elle avait été lue et appréciée m'a fait du bien Et oui, on a tous et toutes hâte que Iroh revienne... Mais c'est pas encore pour maintenant.
Chapitre 29 :
Devant Zuko, se trouvaient deux pions semblables à ceux du Pai Sho. Sauf que sur l'un, était gravé l'emblème de la nation du feu, et sur l'autre celui de l'Avatar.
« Choisis ! »
Zuko leva aussitôt la tête. C'était la voix de Iroh. Et elle venait d'un tourbillon noir menaçant. Son oncle restait invisible, mais des fleurs de lotus échappaient parfois au vents déchaînés, comme autant de signes que le vieil homme était tout proche.
Le prince sut qu'il lui suffisait de prendre un des pions pour délivrer son oncle.
Il avança sa main vers le pion aux couleurs de sa nation, et à mesure que ses doigts s'en approchèrent, la flamme familière grossit, encourageante. Il lui sembla que des silhouettes rouges dansaient autour d'elle, les serviteurs et gardes du palais, les militaires qui l'avaient entouré, des civils rencontrés plus jeune, et derrière tous ces gens souriants, son père et sa sœur. Leurs regards froids stoppèrent net la main de Zuko, à quelques millimètres du jeton.
Son regard glissa vers le deuxième jeton, et soudain il vit le visage du petit garçon à la dentition inégale qu'il avait rencontré lors de son trajet dans la nation de la terre, puis l'Avatar qui le tirait dans la neige du Pôle Nord, pour le sauver de la mort, puis Katara qui malgré tout ce qu'il lui avait fait proposait de soigner sa cicatrice, dans la grotte de Ba Sing Se.
Au moment où la voix de son oncle s'élevait à nouveau, pressante, le visage de Jet se matérialisa au dessus du deuxième jeton, avec ses sourcils moqueurs, son sourire séducteur et son stupide brin de paille dans la bouche.
« CHOISIS ! »
« Lee! »
Zuko ouvrit les yeux brutalement. Son corps était trempé de sueur, et Jet le regardait d'un air affolé, son visage à quelques millimètres du sien.
« Tu as encore rêvé de... »
Zuko balaya les inquiétudes de son petit ami d'un signe de tête.
« Non. Je ne fais plus ce genre de cauchemars. »
Il se redressa puis ajouta en fronçant les sourcils :
« J'ai juste rêvé que Iroh m'ordonnait de choisir… Un peu comme à Ba Sing Se, quand j'ai du choisir entre poursuivre l'Avatar et une vie paisible. »
Ces paroles ne semblèrent pas rassurer Jet. Il posa sa main sur la poitrine de Zuko, capturant son coeur entre ses doigts puissants et murmura dans son oreille :
« Eh bien je t'interdis de retomber dans ce foutu état comateux. »
Sans lui laisser le temps de répondre, Jet serra son amant contre lui, s'agrippant à son dos avec force, comme s'il avait manqué de le perdre. Sa respiration était rapide et ses mains tremblantes.
Zuko décolla doucement son corps de Jet et planta son regard dans le sien.
« Ça n'arrivera plus, j'ai fait mon choix. »
Le prince posa une main sur la joue de son amant et caressa son visage avec tendresse. Jet ferma les yeux et inspira longuement, cherchant à se calmer. Lorsqu'il rouvrit les yeux, son regard tomba sur la parure royale qui trônait sur la table de chevet, derrière Zuko. Il la foudroya des yeux, comme si elle était responsable du combat intérieur de amant.
Et en un sens, c'était vrai. Cet artefact avait été caché sous une dalle dans la cellule d'Iroh, sous le jeton de Pao Shi. Avec le joyau, son oncle avait laissé un petit bout de papier où il avait griffonné de son écriture reconnaissable : « Choisis lequel de tes arrière grands-pères ». Sauf que si Zuko connaissait parfaitement l'histoire du grand-père de son père, le fameux Sozin qui avait lancé la conquête des autres nations, il n'avait aucune idée de qui avait bien pu être le grand-père de sa mère, ce qu'il avait pu faire et son lien avec l'artefact royal… Ou plutôt, il n'en avait eu aucune idée jusqu'aujourd'hui.
« Du coup je suis bien allé aux archives », reprit Jet d'un ton voulu détaché.
Avant de poursuivre, il planta un brin de paille dans sa bouche, pour se redonner une contenance. Tout en l'écoutant, Zuko continuait machinalement de caresser son visage.
« Il n'y avait rien… Enfin que l'histoire officielle. Si tu veux mon avis, vous vous faîtes vraiment lobotomiser ici, avec votre prétendue histoire qui n'est qu'un ramassis de censure et de réécriture pleine d'éloge pour tes tyrans d'aïeux. Mais j'ai réussi à charmer une vieille archiviste, et en l'interrogeant de manière détournée, j'ai appris que, euh ... »
Jet attrapa la main de Zuko sur sa joue et serra ses doigts maladroitement, fuyant son regard. Zuko soupira : l'idée que son petit ami veuille l'épargner, quitte à lui cacher la vérité, était aussi insultante qu'agaçante. Il dit :
« … Que l'Avatar Roku avait été son meilleur ami, alias mon arrière grand-père maternel, et avait porté lui aussi ce machin ridicule ? »
En voyant la tête de Jet, Zuko ne put s'empêcher de ricaner. Avec ses yeux écarquillés, ses longs sourcils haussés et sa bouche ouverte, son bel amant avait pour une fois l'air plus stupide que charmeur. Et son ridicule bout de paille était tombé d'entre ses dents.
« Comment tu as su ?
- June me l'a dit. »
La main de Jet se contracta, emprisonnant le poignet du prince. Zuko ne put s'empêcher de rougir. Si le seul nom de la mercenaire lui faisait cet effet, la suite risquait de ne pas lui plaire.
« Nyla a reniflé le joyau, et elle a senti l'odeur de l'Avatar dessus. Du coup je suis allé faire mes recherches dans les Catacombes du Dragon, où j'ai lu le testament d'Ozai et le récit de son amitié avec Roku.
- Et la pimbêche t'a aidé comme ça, pour rien ?
- Je te dis que je suis allé dans le repaire des Sages du Feu fouiller le testament de mon arrière grand père, et tu ne t'inquiètes que de June ?
- Comme tu es devant moi, j'imagine que tu as survécu aux Catacombes. Et je doute que ce soient les Sages machin chose qui t'aient rendu aussi rouge... »
Zuko dégagea sa main d'un mouvement agacé, très conscient de la chaleur sur son visage.
« June ne m'intéresse pas.
- Elle t'a demandé quoi en échange de son aide ? »
Le rougissement de Zuko s'accentua. Si ça continuait, ses oreilles allaient prendre feu.
« Un baiser... »
Les yeux de Jet s'assombrirent et sa mâchoire se contracta dangereusement.
« ...Et la promesse que je te le dirais. » acheva Zuko.
Le Combattant de la Liberté marqua un temps d'arrêt, visiblement surpris. Mais la colère eut raison de son étonnement et il se leva brusquement, les poings serrés sur ses crochets.
Zuko s'interposa entre Jet et la porte.
« Arrête, ça en vaut pas la peine.
- Pousse toi Lee. »
Zuko ne bougea pas et garda ses yeux plantés dans ceux de celui qu'il aimait.
« Je ne suis attiré par personne d'autre que toi, et sûrement pas par cette femme. »
Jet fit mine d'avancer, ce qui irrita profondément le banni.
« Tu n'as pas confiance en moi ? » cria t-il, excédé.
Cette fois, le jeune homme de la nation de la Terre s'immobilisa. Il leva une main douce vers celui de la nation du feu et caressa son front.
« En toi si, en elle non. Elle est perfide, et tu l'intéresses. Je ne peux pas… Je ne veux pas qu'à nouveau,... »
La main bronzée trembla contre le front pâle.
La colère de Zuko s'évanouit. Il attira l'autre jeune homme vers lui et captura ses lèvres entre les siennes. Jet répondit à son baiser avec la fièvre du désespoir, et Zuko comprit toute la peur et la colère qu'abritaient son amant dans son souffle pressant.
Lorsqu'il sentit que ses poumons vides réclamaient de l'oxygène, le prince s'arracha à ce baiser désespéré et posa sa tête dans le cou de son petit ami. Il sentait son coeur battre jusque dans ce creux, beaucoup trop rapide.
« Je suis sûr qu'elle ne fait ça que pour t'embêter. Elle ne me veut pas de mal… Et si c'était le cas, je sais me défendre. Alors fais moi confiance et ne tente rien contre elle. Elle est l'invitée d'honneur de ma sœur, si tu fais quoi que ce soit, ça pourrait mal finir. Et je refuse de perdre encore quelqu'un. »
Jet ne répondit rien, mais après un long soupir, ses mains lâchèrent ses crochets et vinrent s'enrouler avec force autour de Zuko.
« Quand je pense que j'ai indirectement embrassé cette guenon. »
Zuko rit dans le cou de son amant puis releva la tête et posa un nouveau baiser sur ses lèvres. Le doigt de Jet s'interposa entre leurs deux bouches. Un sourire dans la voix, le Combattant de la Liberté dit :
« Si tu veux qu'on s'embrasse à nouveau, va falloir te laver, mon prince. »
Quelques minutes plus tard, les deux jeunes gens barbotaient dans une bassine d'eau tiède. De la mousse recouvrait la surface et leurs corps jusqu'aux cheveux, tandis que le sol à côté était trempé. Des petits bouts de bois flottaient entre eux, censés symboliser la flotte de la nation du feu.
Jet jeta une vague savonneuse sur Zuko d'un revers de main en s'écriant :
« ATTAQUE FINALE DE L'AVATAR ! ».
Les derniers bouts de bois rescapés s'écrasèrent sur le sol avec la moitié de l'eau de la bassine. Zuko, les cheveux dégoulinants, émit un grognement menaçant que son petit ami balaya de son insupportable sourire satisfait et d'une tirade fière :
« Et voilà comment l'affreuse nation du feu, l'affreux amiral Zhao et l'affreux mais néanmoins sexy petit prince ne parvinrent pas à vaincre la tribu du Pôle Nord.
- Et voilà comment le sexy grand prince et son crétin de bouche-trou attrapèrent froid hors de l'eau et tombèrent malades.
- Oh, mais en grand maître du feu, tu as suffisamment de chaleur en toi pour éviter ça, non ? Et tu peux bien partager avec ton crétin de bouche-trou, comme tu es grand prince. »
Tout en disant cela, Jet agrippa le banni bougon et l'amena contre lui, jusqu'à coller le dos blanc contre son ventre. Puis il croisa ses bras bruns sur le torse pâle et posa sa tête sur son cou. Zuko se laissa aller à son étreinte et ferma les yeux. L'eau, redevenue calme, s'infiltrait entre leurs peaux collées et y déposait un peu de mousse.
Depuis l'événement de la grotte, il détestait avoir quelqu'un dans son dos. Sauf que là c'était Jet, et ainsi pressé contre lui, ainsi entouré par ses jambes et ses bras musclés, il se sentait comme dans un cocon de douceur.
« Merci pour la chaleur, grand prince. » susurra Jet dans son cou, avant d'y déposer un petit baiser.
« J'aime quand tu m'appelle comme ça. » sourit Zuko.
« Et j'aime quand tu m'appelle bouche-trou » répondit Jet d'une voix suggestive.
Ces paroles furent accompagnée d'une caresse timide entre ses cuisses. Zuko emprisonna la main aventureuse dans la sienne et donna un coup de coude dans son dos, atteignant le ventre de son petit ami et provoquant un rire cristallin. Même les yeux fermés, il pouvait sentir le sourire satisfait de Jet dans son cou.
« Je t'aime » bougonna t'il en rosissant.
Les doigts de Jet s'enroulèrent avec tendresse entre les siens.
Zuko se dit qu'il avait définitivement fait le bon choix...
Un bon petit chapitre mimi fluff comme on les aime. Avis aux lecteurs de passage, laissez un petit comm, ça fait toujours plaisir :D
