Désolée, ce fut un peu plus long que prévu. Le chapitre suivant est bien entamé. J'ai plein d'idées pour ce monde ci, on a encore quelques chapitres devant nous les gens :D
En parlant de gens, merci à tous ceux qui ont laissé un petit mot sur le dernier chapitre ça fait vraiment plaisir. Comme des petits rayons de soleil dans la journée. (Bisous Neferkitty, Milou sarcastique yaoiste tjrspasdepseudo XD, ma chère Nayru et Shinigamylle. Merci pour votre fidélité. Je vous aimeuh. Merci aussi aux lecteurs silencieux. Bisous aussi :D)
J'ai rien d'autre à ajouter. A part que je suis désolée pour le titre du chapitre, je n'ai pas pu m'en empêcher. Bonne lecture !
Monde IV
Chapitre 3
Cache tes pouvoirs, n'en parle pas
Fais attention le secret survivra
Pas d'états d'âme, pas de tourment, de sentiments…
Libérée, délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Roxas se réveilla en sursautant. Il jeta un regard alentours, attendant que son rythme cardiaque ralentisse quelque peu. Il ne tarda pas à se rassurer. Le feu crépitait joyeusement à côté de lui, et Axel veillait, assis en tailleur, si proche qu'ils n'avaient qu'à tendre la main pour se toucher. Roxas se sentait presque bien, même s'il était allongé sur des feuilles mortes au beau milieu des bois.
-J'ai cru entendre quelque chose.
-Il y a des loups pas loin, répondit Axel, mais le feu les éloigne.
(Il n'ajouta pas, pour l'instant).
Ils avaient couru se réfugier dans la forêt. Ils avaient couru des heures et des heures, s'étaient aventurés plus loin qu'ils ne l'avaient jamais été. Roxas aurait probablement dû être terrifié, mais ils ne pouvaient pas rebrousser chemin. Les dangers du bois valait mieux que retourner au bourg, , expliquer la mort de M. Ébène, sachant que personne ne voudrait écouter ce qu'ils avaient à dire. Roxas serait peut-être épargné. Ils croiraient peut-être qu'Axel l'avait ensorcelé. Mais, cette fois, ils tueraient Axel. Et Roxas mourrait avant de laisser une chose pareille arriver.
Ils n'avaient presque pas parlé depuis leur fuite. Axel l'avait suivi sans protester. Roxas n'avait aucune idée de ce qu'il pensait, et il crevait d'envie de l'interroger, mais avait trop peur pour le faire.
-Rendors-toi, dit juste Axel.
Roxas obéit.
§§§§
Il se réveilla une deuxième fois. Cette fois, c'était la lumière du jour qui le tira du sommeil. Il fut pris d'une peur irraisonnable, soudain certain qu'Axel l'avait laissé là, tout seul. La clairière était déserte et le feu faiblard fumait un peu. Il se redressa brusquement.
-Axel ? appela-t-il, paniqué.
Seul le silence de la forêt lui répondit. Un haut-le-cœur terrible le saisit, lui coupa la respiration et il manqua de s'effondrer, ses jambes prêtes à céder sous son poids. Sa panique retomba bien vite car Axel déboula dans la clairière avec une discrétion discutable, les bras chargés de bouts de bois morts qu'il jeta négligemment sur le feu à l'agonie.
-T'es réveillé ?
-J'ai cru que t'étais parti.
Axel roula des yeux.
-T'es bête ou quoi ?
Voyant que Roxas ne répondit pas, Axel s'affala à côté de lui et le saisit par l'épaule, le forçant à croiser son regard.
-Quoiqu'il arrive maintenant, on est ensemble, ok ?
-…
-On reste ensemble. C'est bon ? C'est retenu ?
-Tu ne m'en veux pas alors ?
-De quoi ? De m'avoir sauvé la vie ? C'est moi qui devrais m'inquiéter. J'ai cramé ce type devant toi. Tu devrais t'enfuir en courant, te dire… te dire qu'ils avaient raison et que je suis un putain de monstre et que –
Roxas posa un doigt sur sa bouche. (Sans penser que c'était un geste un peu bizarre, ça lui semblait juste naturel. Toucher Axel, c'était facile)
-On reste ensemble ? Retenu ? lui renvoya-t-il avec un petit sourire impertinent.
Les épaules d'Axel se détendirent instantanément, Roxas n'avait même pas remarqué à quel point son ami était tendu jusqu'à ce qu'il relâche la pression et s'autorise à respirer.
-Juré, souffla Axel.
Ils éclatèrent de rire.
§§§§
Il apparut très vite que vivre dans les bois n'était pas l'idée du siècle. Ni l'un ni l'autre n'étaient bons chasseurs et la cueillette de baies et de champignons se solda par les plus affreuses aigreurs d'estomac jamais connues des deux garçons. Il y avait en prime bon nombres de prédateurs qui semblaient de moins en moins effrayés par le feu, et si Roxas savait que les pouvoirs d'Axel les protégeraient, il ne pouvait taire la peur inscrite en lui. Il fallait qu'ils sortent de là. Rebrousser chemin était bien entendu impossible. Et il leur faudrait voyager loin pour qu'on oublie qu'ils aient jamais existé. Plus loin que la rumeur et les portraits de recherche.
Ils s'enfoncèrent encore dans les bois.
§§§§
-Tu penses qu'un jour, on pourrait avoir un peu de chance ? grommela Roxas en foudroyant d'un air offusqué la paisible rivière qui leur barrait le chemin.
-T'as peur de te mouiller un peu ?
-La nage c'est pas exactement mon truc. Je suis un garçon pas un poisson.
-T'es sûr ? Ta tendance à garder la bouche ouverte avait laissé planer un doute sur la question.
-Très drôle.
-Le courant n'a pas l'air très fort. Je vais voir si on a pied.
Ils traversèrent le cours d'eau.
La chance semblait leur sourire, pour une fois.
§§§§
La forêt s'épaississait de plus en plus, les branches des arbres montaient si haut qu'elles bloquaient par endroit la lumière du soleil si bien qu'on se serait cru en pleine nuit. Ni l'un ni l'autre n'avaient jamais imaginé s'enfoncer si loin dans la forêt. Ils n'avaient même pas imaginé qu'elle fût si grande. Le bourg natal de Roxas aurait largement pu tenir dix fois, sans que l'horizon ne se clairseme.
L'idée le désespéra quelque peu, et quand ils arrêtèrent de marcher au crépuscule, Roxas n'arriva pas à réprimer la vague de découragement qui l'envahit.
-Comment on va sortir d'ici ?
-La forêt a bien une fin, répondit Axel.
Ni l'un ni l'autre ne dirent qu'ils avaient faim ou froid. L'un près de l'autre, le feu crépitant, ils échangeraient les tours pour dormir en ignorant leurs ventres gargouillant. Si le sommeil de Roxas fut peuplé d'étranges cauchemars de silhouettes squelettiques et dansantes, il n'en fit jamais mention au petit matin.
Trois jours passèrent ainsi. Ils n'osèrent pas réitérer l'expérience des champignons, préférant la faim aux maux de ventre insoutenables. Roxas était si affamé que des points noirs clignotaient parfois dans son champ de vision. Ils ne savaient plus vraiment dans quelle direction ils allaient. Tout ce qui comptait, c'était qu'il n'avait pas vu âme qui vive depuis près d'une semaine. (ils étaient sauf).
-Allez réveille-toi, on bouge.
Roxas roula sur le côté et se força à ouvrir les yeux. Axel, pâle et maigre au-dessus de lui, lui tendit une grande feuille où il avait recueilli un peu d'eau. Roxas but, frissonnant alors que le liquide coulait dans son estomac vide.
-Je suis pas sûr que je peux, grogna Roxas.
-Mais si tu peux. On a une fois tenu plus de deux semaines sans manger, fanfaronna Axel. Tant qu'on peut boire, ça ira. Et j'ai trouvé des noisettes, on devrait pouvoir les manger. Ils marchèrent, ramassant les noisettes qu'ils trouvaient et s'arrêtèrent plus loin pour les faire griller. Roxas ne s'était jamais senti aussi bien de toute sa vie. L'estomac à peu près plein, sous les arbres, il se rapprocha sans bruit d'Axel qui passa nonchalamment son bras autour de ses épaules.
-Il doit bien y avoir une fin à cette maudite forêt, et je te jure qu'on va la trouver. T'es prêt ?
-Je suis prêt.
§§§§§
Le quatrième jour, un vacarme incroyable, tel qu'ils n'en avaient jamais entendu de semblable, leur parvint aux oreilles. On aurait dit le rugissement épouvantable d'un ours qui ferait approximativement la taille d'une montagne.
-Qu'est-ce que c'est que cela ? fit Axel.
Il jura. Roxas avait visiblement oublié qu'il n'avait rien avalé à part des graines et des mauvais champignons depuis plusieurs jours et se précipitait vers la source du bruit.
-T'es pas armé crétin, reviens !
Mais son ami filait comme un diable à travers les arbres. Axel soupira et se mit à courir derrière lui. Une espèce d'énorme bestiole, grosse comme trois bœufs dégommait des arbres, tandis qu'un type tentait tant bien que mal de l'éviter. Il était vêtu d'une armure qui devait faire cinq fois son poids. Le monstre était horriblement laid, mais Axel remarqua surtout sa gueule bardée de crocs acérés. La chose se jeta sur le chevalier de tout son poids. Le choc l'envoya, lui et son épée valser par terre. Roxas plongea vers l'épée et l'attrapa. Il fut surpris par son poids et faillit la faire tomber, mais il se ressaisit et, confortablement planté sur ses deux pieds, attendit que la bête revienne à l'assaut, comme s'il avait tenu une épée toute sa vie. Le type par terre ne bougeait plus. Pour la deuxième fois en peu de temps, Axel ouvrit sa paume et relâcha le feu – non pas pour impressionner (Roxas) la galerie – mais pour tuer. Le feu gronda, s'échappa de ses mains de son corps comme une gerbe sauvage, comme un torrent qui alla frapper la créature. Au dernier moment, Axel se rendit compte, horrifié que Roxas était dans la trajectoire d'une des boules de feu destructrice. Il ouvrit la bouche pour l'avertir, mais le feu le traversa sans mal pour aller cramer le museau aplati du monstre. Celui-ci poussa un autre cri terrible qui leur scia les oreilles (c'était un cri de douleur, un cri d'agonie). La bête s'effondra dans les débris d'arbres, et le vent vint leur porter aux narines cette odeur maintenant familière de viande vive brûlée.
Axel se précipita aux côtés de Roxas.
-Tu vas bien ? dit-il en l'attrapant dans ses bras. J'ai cru que je t'avais tué. J'ai cru…
-Ca va. Tu sais bien, tes flammes ne me brûlent jamais, dit Roxas, la voix à moitié étouffé dans les cheveux embroussaillés d'Axel.
Axel mit quelques instants avant de concéder à le lâcher (et une part de lui, une part insidieuse et intimidante ne voulait pas le lâcher – pourquoi ?). Il y fut cependant obligé car le chevalier remua à côté d'eux, et Roxas semblait penser que lui donner un coup de main était la chose à faire.
-Sire, vous allez bien ? dit Roxas en s'approchant de l'homme.
-Morbleu, j'ai l'impression que tout mon corps est brisé.
Il retira son heaume, libérant une cascade de cheveux blonds et lisses. Il avait des traits droits et réguliers, même s'il semblait que son nez avait été cassé à une ou deux reprises. Deux yeux bleus brillaient sauvagement et sa bouche fine s'étirait sur un sourire gêné.
-C'est embarrassant, habituellement, je ne suis pas celui qui a besoin de secours.
-Un simple coup de chance.
-Ah vous voulez dire que votre ami a accidentellement brûlé la chimère ? Ne craignez rien, je vous suis redevable et j'ai vu bien des choses étranges dans ma vie. Ce n'est pas un jeune druide qui va m'impressionner.
-Je ne suis pas – commença Axel, mais Roxas le poussa du pied.
-A vrai dire, nous nous sommes perdus, lança Roxas.
L'homme éclata de rire.
-Je me ferai un plaisir de vous retourner à la civilisation, messieurs.
-Par où allez-vous Messire ?
-A Camelot, bien sûr ! rigola le chevalier comme si c'était évident. Il tapa sa poitrine d'un énergique coup de poing et Roxas remarqua pour la première fois que les armoiries du roi Arthur étaient fièrement apposées sur l'armure.
-Je suis Roxas et voici Axel. Nous apprécierons beaucoup que vous nous guidiez jusqu'à Camelot.
-Hahaha ! C'est décidé ! S'époumona le zouave. Je suis Perceval, pour vous servir, l'un des chevaliers de la Table ronde, en mission pour le roi Arthur. Nous repartirons à l'aube, je suis quelque peu las. Je vous invite à casser la croûte avec moi.
Ils s'éloignèrent un peu du cadavre du monstre. Perceval partagea ses victuailles avec eux. De la viande séchée, du pain, et même un peu de vin doux. Axel et Roxas engloutirent tout avec délectation, et se léchèrent les doigts après avoir terminé. Perceval les regardait manger avec fascination.
-Cela fait un moment que vous êtes perdus ? Comment vous êtes vous retrouvés si loin dans la forêt ?
Ils échangèrent un regard. Ils ne pouvaient décemment pas dire devant un chevalier du roi qu'ils avaient peut-être tué un homme.
-On nous a chassés, dit simplement Roxas après un instant de réflexion.
Perceval arqua un sourcil.
-Des gamins comme vous ?
-Ils n'aimaient pas beaucoup la magie d'Axel, alors on a dû partir.
-Tu as suivi ton ami dans l'adversité, c'est franchement admirable.
Sous le manteau, Axel serra la main de Roxas dans la sienne (ça devenait une habitude, un sentiment familier dont il avait du mal à se passer. Le manteau cachait leurs doigts enlacés aux yeux inquisiteurs de Perceval.), en guise de remerciement. Oui, Roxas l'avait suivi, ce n'était pas rien. Il avait tout abandonné pour le suivre. Voila quelque chose qu'Axel n'oublierait jamais.
-Il aurait fait pareil, dit Roxas en haussant les épaules, comme si ce n'était pas grand-chose, comme s'il n'avait pas laissé les siens derrière lui sans se retourner. Tout ça, tout ça juste pour Axel. Cela donnait matière à réfléchir.
La nuit tombée, Perceval insista pour qu'ils dorment, assurant qu'il pouvait rester de garde, pour vérifier que les prédateurs restaient loin. Malgré le feu, ceux-ci devenaient téméraires quand ils avaient faim. Roxas ne se fit pas prier. Son ventre était plein et la fatigue des derniers jours le rattrapait. Il s'écroula comme un gros sac de farine et ne bougea plus, au plus grand amusement des deux autres. Axel s'allongea à côté de lui et ferma les yeux. La chaleur du feu léchait son dos, Roxas était juste là – il s'endormit dans un souffle, apaisé pour la première fois depuis plusieurs jours.
§§§§
Perceval bailla et se laissa lourdement tombé au sol. Il avait ôté sa lourde armure qui reposait contre un arbre. Lancelot l'aurait probablement tué s'il l'avait pris sur le fait, mais Perceval n'en avait rien à fichtre. Il était trop épuisé pour s'intéresser à un bout de ferraille, même si la ferraille en question lui sauvait régulièrement la vie. Il jeta un coup d'œil au duo le plus mal assorti qu'il ait jamais vu. Les dieux lui avaient souri, sans aucun doute. Sans leur intervention, à sa grande honte, il devait admettre que la chimère l'aurait probablement tué. Un petit gars blond avec des yeux de fille, une grande asperge affublée d'une chevelure flamboyante qui faisait gicler des putain de flammes de ces doigts, décidément, il aurait tout vu dans ce pays.
Pour une fois, il aurait peut-être quelque chose à raconter qui vaille la peine d'être chanté.
Il laissa ses deux jeunes compagnons dormir jusqu'au matin. Perceval n'était pas complètement idiot. Il savait qu'ils lui cachaient quelque chose, ce qui avait probablement à voir avec leur fuite. Mais ce n'était pas ses affaires, et il ne pouvait pas leur en vouloir de ne pas vouloir se confier tête baissée au premier inconnu qu'ils croisaient en chemin.
§§§§
Perceval les éveilla au petit matin.
Il partagea encore une fois le pain, l'eau et le fromage qui lui restait et ne put retenir un sourire amusé devant le regard adorateur que lui jeta Roxas. Ils reprirent très vite la route, Perceval ouvrant la marche d'un pas paisible sur son cheval dont la belle robe baie brillait malgré les longs jours de voyage. Axel et Roxas le suivaient, tous deux soulagés, tous deux se demandant ce que l'avenir leur réservait.
Camelot. Jamais ni l'un, ni l'autre n'avait osé rêver de la ville du Roi.
Camelot. Après tous ces cauchemars, c'était comme si le soleil avait éclipsé les nuages.
-On y sera dans trois jours, lança Perceval.
Camelot. Cela semblait fou, trop beau pour être vrai.
Et pourtant. C'était bien là qu'ils allaient.
A bientôt pour la suite.
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