Chapitre 31:

Zuko poussait des bâtonnets et des jetons de Pai Sho sur un plateau décoré d'une flamme rouge. A chaque fois qu'il bougeait un de ses pions, le rire d'Azula retentissait, victorieux. Son père, derrière le plateau, le toisait d'un air méprisant.

Au bout d'un moment, excédé par son incompétence, le Seigneur de la Nation du feu se leva et donna un coup de pied dans le plateau, faisant voler les morceaux de bois et les jetons de Pai Sho. Sous les rires décuplés d'Azula, Zuko se mit à genoux devant son père, l'implorant de lui laisser une chance d'apprendre les règles et de jouer comme il faut pour racheter son honneur et récupérer son oncle. Mais implacable, le maître du feu avançait, la main tendue vers lui, menaçant.

La scène se brouilla brusquement et à la place de son père, Zuko se retrouva nez à nez avec la main brune de Jet. En souriant, ce dernier lui expliqua qu'il n'avait que faire des règles, qu'un vrai Combattant de la Liberté triche toujours et que c'est d'ailleurs parce qu'il ne suivait pas les règles que lui même était aussi sexy.

Alors Zuko prit la main tendue et se releva. Dans son dos, il crut entendre le son familier de l'eau qui bouille, et il sut qu'Iroh approuvait.


« Tu es sûr que tu ne regrettes rien ? »

Zuko baissa les yeux vers le visage inquiet de son petit ami qui reposait sur son torse nu. Il fronça les sourcils et dit d'une voix grave :

« C'est vrai que j'aurais pas dû te laisser me faire un suçon sur le cou. »

Jet émit un râle exaspéré puis enfouit son visage dans la poitrine de son amant. Zuko caressa ses cheveux bruns en souriant, fier de sa blague. La voix de Jet lui parvint étouffée, chaque son se perdant dans son torse.

« Che que tu peux être con.

- La moindre des choses est d'articuler quand on est en présence d'un prince » persifla Zuko.

Jet soupira bruyamment contre sa peau, le chatouillant légèrement. Puis il releva la tête et se hissa vers le haut jusqu'à faire face au prince déchu.

« Mais sérieusement, tu n'as pas de regrets ? »

Zuko n'eut pas le courage de faire une nouvelle blague devant l'inquiétude sincère qui faisait scintiller les yeux sombres de son petit ami. Tout en passant une main rassurante sur son dos nu, il répondit avec honnêteté :

« Non. Tu m'as suivi sans hésiter jusqu'ici lorsque j'ai décidé d'aller chercher mon oncle, laissant derrière toi tes amis. Maintenant que ce sont eux qui ont besoin de ton aide, je serais bien ingrat si je ne restais pas à tes côtés… »

Avec un sourire, il ajouta :

« Surtout que mon oncle n'est pas appelé le Dragon de l'Ouest pour rien. Il saura bien se défendre le temps que l'Avatar règle son compte à mon père. »

Jet le regardait toujours fixement de ses beaux yeux marrons, buvant ses paroles. Avec un petit sourire, Zuko reprit, sa main désormais occupée à tracer des fleurs de lotus sur le dos de son amant :

« Et puis quelque chose me dit que mon taré d'oncle voudrait que je fasse ce choix. Il a toujours accepté et suivi mes choix quelques qu'ils soient, mais j'ai de plus en plus l'impression qu'il préférerait que j'arrête de penser à l'échelle de mon honneur, ou même de ma nation, pour penser à l'échelle de toutes les nations. Ce diadème n'est qu'un nouvel indice. »

Jet se fendit enfin de son irrésistible sourire charmeur.

« J'espère que l'Avatar et ses petits amis seront aussi contents que moi de te voir à leurs côtés demain. »

Zuko ouvrit la bouche pour répliquer, mais les lèvres de son petit ami emprisonnèrent les siennes avant qu'il en ait l'occasion. Le prince renégat retrouva la fraîcheur du souffle de son amant dans sa gorge, tandis que leurs dents s'entrechoquaient et que leurs salives se mêlaient.

Toujours plongé dans la bouche de Jet, Zuko parcourait des mains ses cheveux, son dos et ses fesses nues. Le jeune homme se redressa sous ses caresses, cherchant le contact, et ses mains glissèrent vers les tétons de celui qu'il s'obstinait à appeler Lee. La peau rose devint dure, et Zuko sentit le désir monter en lui. D'un mordillement sur son oreille, il arracha un râle à son partenaire, mettant fin au baiser.

Jet le regarda un instant, les yeux brillants de désir, puis ayant obtenu l'accord de son petit ami, il le fit basculer et se mit à quatre pattes au dessus de lui. Il enfonça son genou entre les jambes du prince, pressant sa virilité durcissante, et une décharge de plaisir traversa le maître du feu. Jet cueillit le gémissement de son amant entre ses lèvres. Tandis que leurs bouches se retrouvaient avec fureur, Zuko agrippa les fesses au dessus de lui et frotta de plus belle son entre-jambe contre le genou plié. Dans le feu de son désir, une pensée lui vint et il s'arrêta.

Il posa ses doigts sur les mains de Jet, les éloigna de ses tétons rougis et les guida vers le bas de son dos. L'ancien chef des Combattants de la Liberté s'arrêta.

« Tu es sur que… ?

- Oui. »

Zuko mit toute sa détermination dans son regard.

Alors Jet commença à délivrer des caresses timides sur ses fesses, le visage tourné vers son amant pour décrypter ses réactions. Le prince déchu sentit son désir gonfler à mesure que les doigts glissaient sur ses fesses, les frôlant avec tendresse puis les saisissant à pleine main avant de se diriger précautionneusement vers son entrée et de titiller la peau sensible.

Lorsqu'un premier doigt humide de salive s'introduisit en lui, il ne put réprimer un frisson, les souvenirs de sa dernière pénétration se superposant à l'instant. Jet s'immobilisa aussitôt, mais Zuko plongea son regard dans celui de son amant et lui intima silencieusement de reprendre. Le banni ne lâcha plus le visage aimé des yeux, et la vision de ces traits droits et familiers chassa les mauvais souvenirs, permettant à son corps de se détendre.

En même temps qu'il introduisait un deuxième doigt en lui, Jet caressa doucement son ventre de ses lèvres en un baiser plein de tendresse. Zuko glissa sa main dans les cheveux bruns et joua avec les mèches familières, en écho avec les doigts de son petit ami au fond de son intimité. Quand un troisième doigt rejoignit les deux premiers, son corps l'avala sereinement au lieu de se crisper. Jet releva la tête et lui offrit un sourire rayonnant. Ils s'embrassèrent avec fièvre.

Quelques minutes après, le membre tendu de son amant glissait en Zuko, investissant doucement l'espace délaissé par ses doigts. Son corps s'ouvrit complètement pour accueillir Jet, et à nouveau ils ne firent qu'un. Son intimité épousait parfaitement la virilité de Jet, l'enserrant avec amour. C'était comme si son petit ami ne l'avait jamais quitté, comme s'il n'y avait jamais eu personne d'autre en lui.

Jet commença à bouger, envoyant des décharges de plaisir à chacun de ses mouvement attentifs. Doucement, les deux amants reapprirent à se connaître, à accorder leurs corps. Zuko avait l'impression de se retrouver à travers les mouvements de son petit ami. D'un endroit de douleurs et de crispations, son intimité redevenait lieu de douceur et de plaisir.

Il encouragea Jet par de petites morsures sur les oreilles et des mouvements de bassin avides. Alors le jeune homme du Royaume de la Terre accéléra la cadence.

Leurs corps s'unissaient désormais avec ivresse. Les testicules de Jet claquaient les fesses de Zuko à un rythme de plus en plus rapide et l'esprit du prince n'arrivait plus à suivre quand il était plein et quand il était vide. Il avait enroulé ses jambes autour du bassin de Jet et ses mains agrippaient les fesses brunes pour mieux accompagner le mouvement. Les yeux chocolat, au dessus de lui, étaient brillants, et la peau brune devenait glissante sous ses doigts. Lui même ne voyait la scène qu'à travers un voile de plaisir et sa gorge délivrait de petits gémissements comblés.

Un ultime accoup fit trembler leurs corps emboîtés. Zuko vit les yeux de Jet s'agrandir, ses sourcils haussés, ses larmes esquissées et ses lèvres recourbées par l'extase, et il sut qu'il allait venir. Déjà les mains brunes avaient quitté ses hanches et s'appuyaient sur le matelas pour se retirer et éjaculer en dehors de son corps.

Zuko serra ses bras autour de Jet et le ramena contre lui, en lui, prolongeant leur union.

Jet délivra un cri rauque et Zuko sentit un liquide chaud couler en lui. Il éjacula à son tour, plein de Jet et de son amour.

« Ca va ? » murmura Jet contre son oreille.

Zuko captura ses lèvres entre les siennes et les entraîna dans un baiser passionné, essayant de faire passer tout son amour et sa reconnaissance à son amant.

Jet lâcha un instant ses lèvres et demanda encore, par dessus le filet de bave qui reliait leurs deux bouches :

« Ça ne risque pas de… de réveiller de mauvais souvenirs ?

- Au contraire, ça les a effacé. »

La main de Jet caressa sa joue blessée avec douceur. Avec un sourire charmeur, il ronronna :

« On peut dire que c'est comme si tu avais avalé à ton tour, même si c'est pas par la bouche ? »

Zuko ferma la bouche de son amant d'une main pressante, le visage très rouge. Ses doigts ne parvinrent pas à complètement étouffer le rire de Jet. En revanche, ils furent engloutis dans la bouche coupable et finirent par tellement occuper celle ci que les gloussements s'effacèrent d'eux même, remplacés par de petits bruits de succion érotiques.

Mais suite à un mouvement involontaire de bassin, un bruit mouillé rappela aux deux amoureux que Zuko abritait encore Jet et sa semence. En riant, ils entreprirent de séparer leurs corps et de se nettoyer.

Sa tâche accomplie, Jet s'allongea sur Zuko, pressant sa peau contre lui et ses lèvres contre son cou. Encore étourdi, le maître du feu ne comprit pas tout de suite qu'il suçotait la naissance de son cou de manière à lui faire un nouveau suçon. Et lorsqu'il repoussa son assaillant d'une main fatiguée, celui ci affichait déjà une expression triomphante.

« Ça imprime bien, hein ! » Le nargua Jet avec un sourire goguenard.

Zuko emprisonna le fautif entre ses bras et ses jambes puis le fit basculer sur le dos, sans prendre la peine de répondre. Enfonçant les poignets et jambes de son amant dans le matelas, le prince entreprit de mordiller ses épaules, son cou et ses oreilles, malgré les protestations amusées et mouvements de repoussoir de sa victime.

Il finit par taire les récriminations par un baiser torride qui fit naître dans les deux amants un besoin irrépressible de fusion, si bien que leurs corps se pressèrent avec force, imitant leurs langues emboîtées, jusqu'à ce qu'à bout de souffle et de force, ils se séparent à nouveau puis se rapprochent dans un câlin face à face, nez contre nez, ventre contre ventre, bras et jambes entremêlées, yeux dans yeux.

Alors seulement, ils se dirent par le regard ce que les mots n'avaient réussi à exprimer plus tôt : cet amour profond et inextinguible, cette détermination à affronter leur destin et cette peur profonde que cette nuit à deux soit leur dernière.

Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que l'épuisement ait raison d'eux et que le sommeil les cueille...