Si qqn lit encore cette fanfiction, ce serait sympa de lâcher un comm histoire de montrer que je n'écris pas dans le vide :3
Chapitre 33 :
Zuko était bloqué dans une grotte remplie de sable. Au loin, il entendait les rires gras d'hommes, des soldats du feu à en croire les lumières oranges qui se répercutaient parfois contre la paroi noire. Les ricanements s'approchaient et le jeune homme sentait qu'il fallait fuir avant qu'ils ne le repèrent. Un petit vent malsain faisait danser les grains de sable à ses pieds, comme pour lui annoncer ce qui lui arriverait s'il restait.
Sauf que Jet ne bougeait pas. Debout au milieu de la grotte, les bras ballants et les jambes raides, il ressemblait à une statue, sans vie ni volonté. Ses yeux bruns surtout étaient terrifiants. A chaque fois qu'il les regardait, Zuko se sentait aspirer par le vide mortifère qu'ils abritaient.
Le jeune homme toucha la main brune, tentant de le sortir de sa paralysie, mais il n'obtint aucune réaction. Les rires et les reflets des flammes s'approchaient, menaçants. Zuko jeta son corps de toutes ses forces vers la silhouette immobile de son amant, mais elle résista, devenue aussi rigide et lourde qu'une statue en acier.
Tandis qu'il avançait dans le tunnel que l'aveugle creusait dans le sol, les souvenirs d'un des cauchemars de la nuit précédente remontaient à l'esprit de Zuko et se mêlaient à d'autres souvenirs bien réels, lui donnant un sentiment général de nausée. A ses côtés, Jet n'en menait pas large non plus, même s'il essayait de le cacher derrière un sourire faussement confiant. Mais la façon dont il mâchonnait son brin de paille était révélatrice.
L'Avatar ayant décidé un peu plus tôt de tenter leur chance, Zuko avait indiqué l'emplacement du bunker. Katara et Sokka étaient restés auprès de leur père pour l'aider et mener les troupes, tandis que l'Avatar, l'aveugle, Jet et lui volaient vers les pentes du volcan à dos de bison volant. Alors que Zuko était sur le dos du monstre qu'il avait tant pourchassé, en compagnie de ses ennemis de toujours et de son petit ami qui avait juré de détruire la nation du feu, il s'était demandé à quel moment sa vie avait pris un tournant si bizarre. Puis ils avaient atterri, la gamine avait commencé à creuser un tunnel dans le sol et Zuko avait arrêté de penser...
Justement, la petite venait de stopper devant une énorme porte de métal. Jet soupira, mais au lieu de sembler découragés, l'Avatar se cura le nez d'un air éteint et la fillette aveugle retroussa ses manches (ce que Zuko trouva stupide car elles étaient déjà courtes). Puis elle enfonça ses poings dans la porte et maîtrisa le métal…
« Sérieux ? Personne ne sait faire ça ! s'étrangla Zuko.
- Moi si, sourit la gamine.
- C'est pour ça que je détestais votre groupe, marmonna le banni. Toujours en train d'inventer de nouveaux pouvoirs pour me glisser entre les doigts. »
L'Avatar lui offrit son plus beau sourire et l'aveugle lui tira la langue d'un air ravi.
Ils entrèrent et Zuko retrouva sans plaisir les galeries du bunker royal. Pendant une longue minute, ils errèrent dans les couloirs déserts, chacun se demandant secrètement s'ils étaient là où il fallait. Jusqu'à ce qu'ils tombent sur un noble qui leur dit presque aussitôt où était son père. L'Avatar et la gamine se réjouirent et coururent vers la salle, mais Zuko avait un mauvais pressentiment.
Au moment où ils arrivaient devant la porte, sa maîtrise du feu s'éteignit, ce qui au lieu de le réjouir renforça encore son malaise.
« L'éclipse vient de commencer » souffla t-il avant de dégainer ses épées.
L'Avatar hocha gravement la tête et l'aveugle posa une main assurée sur la porte fermée. Percevant son inquiétude, Jet caressa brièvement sa joue et chuchota :
« Ça va aller. On va botter le cul de ton père et ce sera fini.»
Jamais prédiction ne se révéla plus fausse.
Pour commencer, ce n'est pas son père qu'ils trouvèrent derrière la porte de métal, mais sa psychopathe de sœur. Évidemment, elle refusa de leur dire l'emplacement d'Ozai, et les tentatives de l'aveugle se brisèrent devant les talents monstrueux d'Azula en matière de mensonge. Et comme si ça ne pouvait pas aller plus mal, lorsque la fillette, excédée, l'emprisonna dans la terre, des hommes à elle surgirent de l'ombre et la délivrèrent en un claquement de doigt (presque littéralement). Des hommes avec des chapeaux pointus et un rond vert sur la poitrine…
Azula planta son regard torve dans celui de son frère et dit d'une voix badine:
« Tu es sûr que tu ne veux pas me rejoindre Zuzu ? En échange je te promets d'épargner le vieux fou. »
Zuko balaya sa proposition d'un coup de lame. Il connaissait trop sa sœur pour prêter foi à ses paroles.
Avec un sourire carnassier, elle ajouta :
« Comme tu veux. Mais à ta place, je n'aimerais pas avoir mes Dai Li comme ennemis... »
Zuko sentit un frisson glacé le paralyser. Et Jet, à ses côtés, se jeta sur elle en hurlant avec une telle rage que pendant un instant, personne ne bougea ni ne parla, trop choqués par la violence animale de sa fureur. Mais au dernier moment, Azula sembla se reprendre et s'aplatit sur le sol, évitant de justesse le crochet jeté vers elle. Jet chargea à nouveau, les yeux plus noirs que jamais, mais son geste hargneux manqua encore sa cible. Sa haine lui avait fait gagner en force, mais pas en lucidité. Il attaquait frontalement, sans réfléchir ni se protéger, comme lorsque les bandits les avaient attaqué dans les montagnes. Le sourire de sa sœur tira Zuko de sa paralysie plus sûrement que la morsure d'un serpent. Il courut vers son petit ami, tandis que dans son dos l'Avatar et la gamine aveugle engageaient le combat avec les Dai Li.
Le prince déchu poussa Jet sur le côté une fraction de seconde avant que le gant de terre ne plonge une dague dans son dos. L'ancien chef des Combattants de la Liberté fit mine de se relever, ses yeux toujours noirs de rage, mais son petit ami sauta sur lui et le plaqua sur le sol d'un bras impérieux.
« Si tu veux te battre, alors regagne tes esprits, crétin. Sinon tu vas te faire tuer. »
D'un coup d'épée, Zuko écrasa le monticule de terre qui fonçait vers lui, tout en maintenant Jet contre le sol. Le rire d'Azula retentit derrière lui, glaçant.
« Oh, mais il a encore tous ses esprits, Zuzu. Tu es sûr que tu rejettes mon offre ? »
La respiration du banni s'arrêta brutalement. Il repéra le Dai Li qui avait jeté son gant puis le morceau de terre vers eux, dans un coin, à l'abri des attaques puissantes de l'Avatar et de la maitresse du métal, et vit ses lèvres s'ouvrir et former le début de la phrase qui le hantait.
En proie à la panique, il lança une de ses épées vers l'homme, mais Azula réceptionna l'arme dans un plongeon acrobatique et le Dai Li termina sa malédiction :
« Le roi de la Terre vous invite au Lac Laogaï. »
Zuko baissa les yeux et vit comme dans ses cauchemars les pupilles de son amant rétrécir et la volonté quitter son visage. La voix du Dai Li se mêla aux rires hystériques de sa sœur, et il lui sembla que ces rires se doublaient d'un sifflement sinistre.
« Tue le prince déchu, tue le fils du Seigneur Ozai qui a tourné le dos à sa patrie. »
Zuko savait qu'il devait assommer son petit ami ou fuir, mais ses membres refusaient de lui obéir. C'était comme s'il était prisonnier de ses cauchemars, comme s'il était à nouveau dans la grotte de Ba Sing Se, immobilisé par les mains qu'il aimait. Ces mains qui l'avaient caressé si souvent, qui l'avaient agrippé lorsqu'il croyait sombrer, qui l'avaient sauvé du désespoir, et qui maintenant s'élevaient vers lui, porteuses de mort. Les doigts tant aimés entourèrent son cou, presque tendrement, et Zuko, prisonnier de sa peur et de ses souvenirs, ne put que fermer les yeux pour ne plus voir ces gouffres noirs sans âme devant lui et attendre la mort…
Sauf que la pression attendue ne vint jamais. À la place, les doigts coururent doucement le long de ses joues, recueillant une larme que Zuko avait laisseé échapper sans s'en rendre compte.
« Je ne te ferai plus jamais de mal Lee. Alors reviens. »
Le jeune homme ouvrit les yeux et rencontra le regard chocolat et chaleureux de son petit ami. Les mains brunes entourèrent les mains pâles et hissèrent Zuko vers le haut. Puis Jet cracha son brin de paille sur le sol et partit vers le Dai Li, après un dernier sourire charmeur vers lui. La glace qui avait paralysé Zuko fondit et il retrouva le contrôle de son corps et de son esprit.
Il regarda autour de lui et retrouva espoir. L'Avatar et son amie avaient vaincu presque tous les Dai Li et venaient d'acculer les deux derniers. Jet venait de planter son crochet dans le ventre de son adversaire et le tournait dans son estomac de manière peu ragoutante. Et Azula, perchée sur une poutre de terre, jouait distraitement avec son épée, l'air pour une fois dépassée.
Lorsque tous les Dai Li furent mis hors d'état de nuire, elle retrouva néanmoins son sourire victorieux et sauta sur le sol, attirant sur elle l'attention des trois vainqueurs de ses hommes. Elle ouvrit la bouche, mais cette fois Zuko la devança :
« Ne l'écoutez pas. Elle va vous provoquer pour que vous l'attaquiez, pour faire diversion jusqu'à la fin de l'éclipse. On doit trouver mon père et le vaincre, pas se battre contre ce monstre. »
L'espace d'une seconde, le masque d'Azula craqua et elle laissa transparaître son agacement.
« Suivez moi, je crois savoir où se cache Ozai. »
Ses trois compagnons hochèrent la tête et le rejoignirent. Elle fit mine de leur emboîter le pas, l'épée de Zuko brandie d'un air menaçant, mais l'aveugle fit s'élever un énorme monticule de terre devant elle pour lui bloquer le chemin et l'Avatar lui arracha l'épée à l'aide d'une bourrasque et la rendit à son propriétaire.
« Tu me connais bien, Zuzu. Mais je te trouve un peu dur quand tu dis que je suis un monstre, leur lança Azula derrière la pierre.
- Quoi qu'elle dise, continuez à avancer, ordonna Zuko.
- Parce que si tu penses que je suis un monstre, qu'est ce que tu penses de l'homme à côté de toi, après ce qu'il t'a fait ? »
Jet s'arrêta brusquement. Derrière eux, la princesse se tortillait entre la pierre et le mur pour échapper à sa prison. Zuko prit sa main et reprit sa course, entraînant son amant à sa suite. Encore quelques mètres et ils seraient hors d'atteinte de la voix de sa sœur...
« Ou peut-être que tu as aimé ce qui t'es arrivé et que c'est pour ça que tu le gardes, pour qu'il te fasse la même chose encore et encore. »
Jet lui échappa des mains. Avec un hurlement inhumain, il se jeta pour la seconde fois sur elle, crochets tirés et yeux noirs de haine. Le maître de l'air tourna un visage interrogatif vers Zuko et la maîtresse du métal soupira bruyamment. Les ignorant, le banni s'élança à la poursuite de son petit ami.
Lorsqu'il comprit que sa maîtrise était revenue, c'était déjà trop tard.
L'éclair fusait des doigts de sa sœur, droit vers l'homme qu'il aimait, implacable...
