Et nous voilà au 3ème et dernier Livre de cette fic, bien plus longue que ce que j'avais initialement prévu. Nos deux héros sont bon gré mal gré réunis avec la troupe de Aang... On verra bien ce que ça va donner!
LIVRE III : LE SOUFFLE DU RENOUVEAU
Chapitre 35 :
Zuko était debout à l'avant du bateau, les mains sur la rambarde, le regard jeté au loin, par delà la mer immense. Il ne savait pas bien vers où le navire le menait, mais derrière lui le ciel était sombre et orageux, avec un vent au souffle strident et des éclairs au bleu glacial. Il n'avait pas le choix. S'il voulait échapper à l'orage, il fallait avancer.
Le jeune homme tourna la tête et rencontra le regard chocolat de Jet. Il avait les cheveux dans le vent, un sourire charmeur et son éternel brin de paille collé aux lèvres. Sur son torse nu musclé, il y avait une cicatrice blanche en forme de croix. Un éclair déchira le ciel, accompagné par un bruit de tonnerre. Jet posa une main forte sur celle crispée du banni. Aussitôt, le tonnerre s'évanouit. Le ciel, devant eux, était plus bleu que jamais, dégagé.
Et puis un nuage blanc parut à l'horizon, minuscule, puis de plus en plus grand, se rapprochant. Zuko recula, mais Jet lui adressa un sourire rassurant avant de lever son autre main en l'air et de faire signe au nuage.
Lorsqu'il se posa sur le pont du navire, le nuage était devenu un bison volant, avec une croix bleue et un enfant rasé sur sa tête...
« J'abandonne ! » s'exclama Zuko en se laissant tomber sur un banc en pierre, entre deux statues de maîtresses de l'air aux visages aussi sereins qu'insipides.
Quand il avait annoncé à l'enfant qu'il acceptait de lui apprendre à maîtriser le dernier élément, deux jours plus tôt, celui-ci lui avait fait des yeux doux dignes de son stupide lémurien ailé puis s'était envolé dans le temple en criant que Lord Ozai n'avait qu'à bien se tenir maintenant qu'il avait un super maître du feu. Il n'avait arrêté que quand le garçon de la tribu de l'eau lui avait rappelé qu'ils étaient censés se faire discrets.
Sauf que Aang était soudain devenu très timide lorsqu'il avait fallu pratiquer, et il avait été incapable de lui sortir la moindre flamme en deux jours. Et après quarante-huit heures à s'échiner à essayer de nouvelles choses pour débloquer sa maîtrise du feu : le prince déchu avait une furieuse envie de griller la tête chauve.
« Tu es pas censé savoir faire du feu, en tant qu'Avatar ? » grogna Zuko.
Aang se laissa tomber à côté de lui, le visage malheureux. En soupirant, il répondit :
« Je sais que je peux en faire… J'en ai déjà fait. »
Zuko combattit son envie de secouer le gamin en lui hurlant de se dépêcher de refaire du feu et se remémora les conseils de Katara : « Sois patient avec lui. Il fonctionne mieux quand on l'écoute et l'encourage que quand on le brusque. ». Ce à quoi il lui avait répondu qu'elle lui rappelait son oncle. Toph avait beaucoup ri, Katara moins…
« Alors pourquoi tu n'y arrives plus ? » relança Zuko en s'efforçant de paraître compatissant.
« J'ai perdu la maîtrise et blessé Katara. Depuis,j'ai peur de faire mal à ceux que j'aime si j'en refais.
- Alors c'est bon là, tu es seul avec celui qui t'a poursuivi à travers toute la Terre pour te capturer. Tu peux libérer ton feu sans crainte. »
La tentative d'humour de Zuko tomba à plat. Aang regardait ses mains, l'air terrifié. Le jeune homme soupira et regarda le ciel, à travers la brume et les pierres du temple. Il n'était pas fait pour enseigner et réconforter les autres. C'était toujours Iroh qui avait parlé. Lui se contentait de se battre. Fronçant les sourcils, il essaya de se remémorer ce que lui avait dit son oncle lorsqu'il lui apprenait à maîtriser son feu.
« Le feu n'est pas qu'une histoire de force brute et de destruction. C'est aussi et avant tout une source d'énergie et de vie. Une puissance positive, créatrice. »
Zuko s'interrompit. Il se sentait ridicule. Il allait balayer cet énième discours gênant de son oncle lorsqu'il vit l'expression d'Aang. Les yeux écarquillés, l'enfant buvait ses paroles. Le banni se retint de prendre la tête dans les mains. Est ce que les mots de son oncle pouvaient vraiment avoir un sens pour quelqu'un ?
« Je veux bien réessayer. Tu ne risques pas d'être blessé si je dérape ?
- Je suis maître du feu ou danseur de cirque? »
Mais Aang avait l'air le plus sérieux qu'il lui avait jamais vu (en même temps, le gamin passait son temps à faire des grimaces aux statues et à parler aux animaux).
« Je te promets que je ne laisserai pas le feu prendre le dessus » reprit-il à regret.
Aussitôt, une petite flamme jaillit des doigts de l'Avatar, timide mais bien vivante.
Zuko eut une furieuse envie de balancer dans le vide ce gamin qui l'avait fait tourner en bourrique pendant deux jours alors qu'il savait maîtriser le feu. A la place, il dit avec un enthousiasme forcé :
« Bravo, continue. »
Quelques heures plus tard, Aang lançait flamme sur flamme avec un air réjoui, toute crainte oubliée. Il était un élève brillant, et Zuko se sentait presque fier de ses progrès rapides. Si l'enfant n'avait pas la fâcheuse tendance de hululer de joie et de se disperser toutes les cinq minutes, le prince déchu aurait presque pu apprécier la séance.
Au loin, Katara passa avec un bol de bouillie. Avisant l'Avatar qui s'amusait à faire des fleurs en flammes, elle marqua une pause puis fit un signe de victoire vers Zuko. Puis elle lui envoya un clin d'œil et entra dans la tente de Jet. Les pensées du maître du feu l'accompagnèrent et il rêva au blessé, à sa nouvelle cicatrice et à son stupide sourire qui le faisait toujours fondre.
« Vous avez l'air de plutôt bien vous entendre avec Katara. »
La voix chantante de Aang le ramena dans le présent. Le maître de l'air regardait également vers la tente, une expression indéchiffrable sur le visage. Puis il se laissa tomber sur le sol avec un soupir cyclonique qui fit voler les feuilles oranges qui tapissaient le sol et flotter les vêtements et cheveux de Zuko.
« Je t'admire pour ta sagesse et ta maîtrise de tes sentiments. » déclara Aang d'une voix lugubre.
Zuko se retourna, pensant trouver un public écroulé de rire face à cette blague soudaine. Sauf qu'il n'y avait personne, et que l'enfant semblait très sérieux.
« Euh ? Ma… maîtrise ?
- Oui. Tu n'as ni jalousie, ni méfiance envers Katara. Tandis que moi, j'ai beau être l'Avatar, je n'arrive pas à me sentir tranquille quand elle va soigner Jet. »
Aang ne remarqua pas que le visage de Zuko s'était soudain assombri et continua :
« Ensuite, c'est peut-être parce que toi tu sais qu'il t'aime, alors que moi je suis pas sûr de ses sentiments à elle. On s'est embrassés, avant l'attaque du jour de l'éclipse, mais on n'en a jamais reparlé et…
- Aang. Tu es au courant que Jet et moi, on… Euh… Tu sais ? »
L'enfant leva un regard innocent vers le jeune homme au regard résolument tourné vers le sol.
« C'était un secret ? »
Zuko se gratta la tête, embarrassé.
« Euh, je sais pas trop. »
Avec un sourire espiègle, l'Avatar s'avança vers son ancien ennemi et lui chuchota à l'oreille :
« Conseil d'ami : si vous voulez être discrets, ne laissez pas de suçons apparents. Le jour de l'attaque échouée, tu en avais un énorme dans le cou. »
Les yeux de Zuko s'écarquillèrent d'horreur et il s'écarta en rougissant, pour le plus grand bonheur de Aang qui explosa d'un rire enfantin. Puis un souvenir rattrapa le prince déchu et il reprit d'un ton sérieux :
« Et pourquoi je devrais être jaloux de Katara au juste? »
Alors, des retours sur ce premier chapitre de la dernière partie?
