Disclaimer : L'Univers de Harry Potter ne m'appartient pas (malheureusement) sauf certains personnages et la majorité de l'histoire. Vous remarquerez surement au fil de la lecture certains passages qui sont tirés du livre, mais je le signalerai en début ou fin de chapitre ! Bonne lecture !

Note de l'auteure : Et oui, vous ne rêvez pas, je suis de retour ! Après presque deux ans d'absence, je publie une nouvelle fiction ! Pour ceux qui se posent la question, cela n'a rien à voir avec ma Fanfiction précédente sur Harry Potter Mon Sauveur (que je vous invite à aller lire, si le cœur vous en dit).

Comme je l'avais dis à la fin de Mon Sauveur, j'ai l'intention d'écrire une fiction plus courte sur les enfants des héros, mais elle est plus dure à écrire que prévue et je préfère prendre mon temps pour vous proposer quelque chose de bien.

Me voilà donc avec La Descendante de Serpentard, qui est une histoire totalement différente de Mon Sauveur. Evidemment, c'est toujours Sirius/OC, parce que j'adoooooore Sirius.

J'ai complètement fini de l'écrire, donc la publication sera régulière, une fois par semaine, sauf cas exceptionnel et dans ces cas, vous serez prévenus la semaine précédente.

J'espère en tout cas qu'elle vous plaira et je vous laisse donc découvrir ma nouvelle héroïne !


Prologue

La guerre laisse des cicatrices si encrées dans nos chaires que rien ni personne ne pourrait les effacer. Parfois, elles sont visibles, marques indélébiles sur notre corps, et d'autres fois, elles sont marquées au fer rouge au fin fond de notre âme et de notre esprit. Les insomnies, les hurlements et les réveils en sursaut et trempés de sueur deviennent monnaie courante, sans que cela ne devienne un problème en soit.

Ils appellent ça le stress post traumatique. Comme pour les militaires moldus.

Personnellement, j'appelle ça des conneries. Personne ne peut faire et voir ce que nous avons fait et vu et en ressortir indemne.

Quand j'avais onze ans, j'avais reçu la lettre que j'attendais depuis des années. La joie et l'excitation m'avaient tenu éveillées pendant des jours après ça.

J'avais grandi à Londres, dans un petit appartement juste assez grand pour nous accueillir ma mère et moi. Je n'avais jamais connu mon père et Maman ne voulait jamais me parler de lui.

A la réception de ma lettre, un immense sourire avait illuminé le beau visage de ma mère.

Elle était si belle, ma mère.

Séléna Saint était mon modèle sur Terre. Petite, je me disais que quand je serai grande, je voudrais être comme elle. Elle avait de longs cheveux d'un noir aux reflets presque bleus, que j'adorais coiffer, et des yeux de la même couleur que l'améthyste. Elle était grande et mince et elle ne portait que du noir. Et c'était une sorcière. La meilleure même. Du haut de mes onze ans, j'étais totalement objective. J'avais les yeux qui pétillaient quand je la voyais utiliser sa baguette magique et j'attendais le jour où j'aurais la mienne avec impatience.

Avec ma lettre d'admission à l'école de sorcellerie Poudlard, nous avions reçu ma liste de fournitures et nous étions allées sur le Chemin de Traverse pour y faire nos achats.

J'avais déjà accompagné ma mère sur le Chemin de Traverse, mais ce jour là, l'ambiance y était différente.

Nous avions acheté mes livres, un chaudron, du parchemin, des plumes, des uniformes pour l'école, des ingrédients pour faire des potions et pleins d'autres choses. Mais le clou de cette journée était le moment où ma mère m'avait poussé dans la boutique d'Ollivander, le célèbre fabricant de baguettes. Elle m'attendait à l'extérieur de la boutique pendant que je faisais face à ce vieux monsieur à la crinière folle et qui me faisait un peu peur.

J'avais essayé plusieurs baguettes avant de finalement trouver la bonne. La chaleur que j'avais ressentie en la trouvant était de celle dont je me souviendrais toute ma vie.

Et puis un jour, était venu le moment de mon départ et j'avais du partir pour Poudlard.

Lors de mon premier voyage à bord du Poudlard Express, j'étais terriblement nerveuse, au point que j'avais l'impression d'avoir un nœud dans l'estomac. Ma mère m'avait fait une belle natte et j'avais déjà revêtu mon uniforme. Elle m'avait accompagné jusque sur la voie 9 ¾ et m'avait embrassé en me serrant contre elle. Elle m'avait fait promettre de lui écrire toutes les semaines et elle m'avait aidé à monter ma malle dans le train. Je m'étais assise dans un compartiment et lui avais fait coucou de la main jusqu'à ce que le Poudlard Express quitte le quai et qu'elle quitte mon champ de vision. Ce n'est qu'une fois que le train fut lancer qu'une fille de mon âge avait ouvert la porte coulissante. Elle m'avait demandé si elle pouvait s'asseoir avec moi et j'avais accepté. Ses cheveux noirs étaient coupés au carré au niveau de ses épaules. Ses yeux noisettes brillaient et son nez était légèrement retroussés. Nous avions longuement discutés, puis sympathisées et c'était ainsi que je m'étais faite ma première amie à Poudlard, Pansy Parkinson.

Notre amitié aurait pu être tuée dans l'œuf quand elle avait été répartie à Serpentard et moi à Gryffondor, mais nous avions décidé que peu importait notre maison. Nous avions malgré tout pris la décision de garder notre amitié secrète, pour le bien de tous.

Durant ma première année, j'avais aussi sympathisé avec Hermione Granger. C'était une Née Moldue, et son attitude de Miss – Je – Sais avait tendance à agacer nos petits camarades de classe, l'isolant. Mais j'avais très vite compris que c'était surtout une façade et qu'elle avait peur de ne pas avoir sa place dans ce nouvel univers qui s'ouvrait à elle et dont elle ne connaissait rien.

Après une mésaventure avec un Troll des Montagnes dans les toilettes des filles – qui aurait très mal pu se terminer pour nous – nous étions devenues amies avec Harry Potter et Ronald Weasley. Je leur étais reconnaissante de nous avoir sauvé la vie – je ne voulais même pas imaginé à quoi nous aurions ressemblé si le Troll s'était occupé de notre relooking – et après avoir appris à les connaître, je m'étais rendue compte qu'ils étaient très sympas, sauf quand Ron décidait de faire sa tête de mule, ce qui arrivait bien trop souvent pour ma santé mentale.

C'était à la fin de notre première année que nous avions combattu le mage noir se faisant appeler Lord Voldemort pour la première fois. Par miracle, et après une partie d'échec sorcier géant – qui m'avait d'ailleurs fais promettre à moi même de ne plus jamais approcher un échiquier de toute ma vie – aucun de nous n'avait été gravement blessé et nous en étions tous sortis indemnes, mais avec la certitude que Voldemort n'était pas aussi mort que la population sorcière le croyait.

Nous étions encore des gamins, grisés par notre victoire et nous n'avions pas pleinement conscience de ce que nos vies allaient devenir.

En deuxième année, après une arrivée en fanfare de Ron et Harry, des élèves d'origine moldue s'étaient retrouvés pétrifiés. Quand Hermione avait été pétrifiée, je m'étais sentie tellement impuissante que j'en avais eu mal physiquement et pleine d'une rage que je ne connaissais pas. Puis Ginny Weasley, la petite sœur de Ron, avait été enlevée dans la Chambre des Secrets et les garçons avaient voulu aller la chercher. J'avais accepté de les suivre, même si j'étais intimement persuadée que c'était une très mauvaise idée, mais quand cet idiot de Gilderoy Lockart, qui était aussi notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal, avait utilisé la baguette de Ron, alors cassée, pour tenter de nous lancer le sortilège d'Amnésie et qu'il avait provoqué un éboulement de roches, l'une de mes jambes avait été prise au piège. Ron avait du m'aider à me libérer pendant que Harry, bloqué de l'autre côté de l'éboulement, était allé chercher Ginny. Il avait tué le Basilic qui se cachait dans la Chambre des Secrets depuis des siècles, et responsable des pétrifications, et avait détruit le Journal de Jedusor qui avait manipulé Ginny pour qu'elle ouvre la porte. Le journal avait appartenu à Lord Voldemort dans sa jeunesse, et à l'époque, nous ignorions ce qu'il était en réalité. Niveau blessure, j'avais récolté une grande balafre de la cheville au genou gauche et Harry une belle cicatrice sur l'avant bras droit suite à une blessure avec un crochet de Basilic, mais personne n'était mort, Merlin soit loué.

Durant notre troisième année, ma relation avec Hermione, Harry et Ron se détériora. Enfin, surtout avec Ron. Alors que Sirius Black, connut pour avoir trahi les Potter au profit de Voldemort, avait réussi à s'évader et était à la recherche du dernier Potter, Hermione avait essayé de protéger le Garçon – Qui – Avait – Survécu, mais Ron était méchant et odieux avec elle, lui parlant très mal. Je n'avais pas aimé la manière dont les garçons – particulièrement Ron – la traitaient et j'étais profondément agacée qu'elle les laisse faire. Mais quand j'avais ouvert ma bouche pour donner mon avis, on m'avait envoyé sur les roses. J'avais alors pris mes distances avec elle et le rouquin et je n'avais plus eu que Pansy. Mais Hermione était revenue me voir dans le train nous ramenant à Londres et m'avait tout raconté. Sirius Black n'avait jamais trahi les Potter. C'était Peter Pettigrew, un autre ami proche des parents de Harry, qui les avait vendu au Mage Noir et avait fait croire à tout le monde que Sirius était le coupable avant de simuler sa mort en se transformant en rat et ne laissant derrière qu'un doigt. Il était allé se réfugier dans la famille Weasley, devenant Croûtard. Je savais bien qu'il y avait une explication au fait que cette satanée bestiole me foute la chaire de poule. J'avais d'ailleurs silencieusement encouragé Pattenrond, l'ignoble chat roux d'Hermione, dans ses tentatives de s'emparer du maudit rat.

Harry avait enfin une famille en la personne de Sirius, son parrain, mais Peter avait profité que Remus Lupin, notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal et autre meilleur ami des Potter, qui s'avérait aussi être un loup garou, se fasse surprendre par la pleine lune pour s'enfuir avant qu'ils puissent le livrer à la justice. La chance de prouver l'innocence de Sirius s'étant envolée, ce dernier avait du reprendre sa fuite, laissant le fils de son meilleur ami, son filleul, seul et obligé de retourner dans son horrible famille moldue.

Quand j'avais raconté cette histoire à ma mère, celle ci s'était tendue, mais ne m'avait pas interrompu. Elle avait néanmoins murmuré qu'elle n'était pas étonnée que Peter soit le coupable, et non Sirius, car ce dernier aurait été viscéralement incapable de trahir James et Lily Potter.

Sur le moment, je n'avais pas relevé ce commentaire qui prouvait qu'elle connaissait les Maraudeurs.

Notre quatrième année fut un combat de chaque instant. Le Ministère de la Magie avait décidé d'organiser le Tournoi des Trois Sorciers à Poudlard, événement qui n'avait plus eu lieu depuis des années. Avec l'arrivée des élèves de Dumstrang, l'école de sorcellerie bulgare, et de ceux de Beaubâtons, l'école française, tout le monde était en effervescence. Malgré la protection magique installée par Albus Dumbeldore, notre directeur, interdisant les élèves de moins de dix sept ans de participer, le prénom de Harry sortit, le déclarant Champion de Poudlard au même titre que Cédric Diggory. C'était devenu le chaos. Beaucoup se demandait comment il avait fait pour tricher et cet abruti de Ron en faisait parti, même alors que Harry jurait ses grands dieux qu'il n'y était pour rien. Hermione faisait la navette entre les deux, incapable de trancher, alors que pour ma part, je me rangeais du côté de Harry. Je l'avais aidé au maximum de mes capacités pour le préparer à la première épreuve et cela nous avait rapproché. Nous étions devenus bien plus amis en quelques semaines qu'en trois ans. Ses cauchemars devenaient récurrents et j'avais essayé de le soutenir au mieux, même si je devais avouer que cela me faisait peur. Une fois la première épreuve passée et remportée, Ron avait présenté ses excuses à Harry, admettant – enfin ! – que c'était du suicide de mettre son nom dans cette fichue Coupe de Feu. Personnellement, j'étais persuadée qu'elle avait été trafiquée. Grâce à l'aide de Neville Londubat, Harry réussit la deuxième épreuve – par Merlin, j'essayais encore de comprendre ce qui leur était passé par la tête quand les organisateurs avaient décidé de la faire dans le Lac ! – et il avait ensuite fallu directement enchainer par l'entrainement pour la dernière épreuve. Avec Hermione, et l'aide occasionnelle de Ron, nous l'avions entrainé jours et nuits jusqu'à l'épuisement. Quand l'épreuve arriva, il était aussi prêt qu'il pouvait l'être. Il avait fini par revenir, plusieurs heures plus tard, blessé, avec la Coupe et Cédric. Les gens avaient applaudi, criés de joie et j'avais immédiatement senti que quelque chose n'allait pas. Impression qui s'était confirmée quand Fleur Delacour, la championne de Beauxbâtons, avait hurlé et que j'avais entendue Harry dire à Dumbeldore qu'Il était revenu. Je n'avais pas besoin d'avoir le QI d'un génie pour comprendre de qui il parlait. Ce fut le chaos.

A mon retour à la maison, j'avais raconté tout ce qui s'était passé à ma mère, complètement effondrée. Elle m'avait écouté, mais je sentais qu'elle n'était pas bien.

Au fil de l'été, son comportement changea. Elle nous fit déménager, abandonnant le petit appartement dans lequel nous avions toujours vécu, pour une maison dont je ne connaissais même pas l'existence mais qui semblait nous appartenir puisqu'il y avait des photos de nous partout. J'avais tenté de protester au début, mais elle m'avait hurlé dessus, chose que Séléna Saint ne faisait jamais. Je n'avais jamais vu ma mère perdre le contrôle. J'avais compris qu'il ne valait mieux rien dire et je n'avais pas moufté quand elle m'avait envoyé rejoindre Hermione et les Weasley.

Je m'étais retrouvée à passer une partie de mon été au 12 Square Grimmauld, la maison qui avait toujours appartenue à la famille Black.

Le retour de Voldemort avait été confirmé par Harry, mais personne n'avait voulu y croire et encore moins le Ministère. Fudge, notre Ministre, était devenu maitre dans l'art de faire l'autruche.

Ce que je ne savais pas, c'était que depuis le retour de Voldemort, Dumbeldore avait déclaré, en quelque sorte, l'état d'urgence, et avait remis sur pieds une ancienne organisation qui datait de l'époque du premier règne de terreur du Seigneur des Ténèbres. Cette organisation, l'Ordre du Phénix, avait installé son nouveau QG dans l'ancienne demeure, austère et sinistre, des Black, où Sirius vivait enfermé depuis plusieurs semaines. J'avais déjà parlé au parrain de Harry, via Cheminette, mais c'était la première fois que je le voyais pour de vrai. Il était assez renfermé – ce que je serai aussi si je vivais enfermée dans cette maison ! – mais je le trouvais magnifique. Il était tellement beau que je ne pouvais pas m'empêcher de le regarder. Il semblait tellement déprimé que j'avais fini par décider de monter un plan pour lui rendre le sourire. A l'insu de tous les autres habitants de la maison, je m'étais mise à lui semer des petits mots partout, avec de petites phrases. En l'observant, j'avais remarqué qu'il lui arrivait de sourire en les lisant et j'avais décidé d'en cacher partout pour qu'il continue d'en trouver, même après mon départ pour Poudlard.

Je correspondais par lettre avec ma mère et elle finit par venir me voir au QG. J'avais essayé de lui faire dire ce qui n'allait pas, allant même jusqu'à demander si cela concernait mon père. Elle était littéralement sortie de ses gonds, me mettant une gifle. Je l'avais fusillé du regard et j'étais montée me réfugier dans la chambre que je partageais avec Hermione et Ginny.

A ce moment là, j'ignorais que c'était la dernière fois que je la verrais.

Notre cinquième année fut dure pour tout le monde, mais particulièrement pour Harry. Il était torturé par des visions de Voldemort et le manque de sommeil le rendait particulièrement irritable. L'arrivée de Dolores Ombrage au poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal n'arrangea en rien les choses. Elle était l'envoyée officielle du Ministre Fudge à Poudlard, signe que le Ministère avait décidé de fourrer son nez dans les affaires de l'école, et elle entendait bien faire régner l'ordre. Elle faisait passer Harry pour un menteur, essayant de tous nous liguer contre lui et disant, sans honte, que la mort de Cédric Diggory n'était qu'un tragique accident. Tragique accident mon cul.

De plus, elle était méchante, sadique et particulièrement agaçante. Et surtout, elle ne nous entrainait pas du tout à nous défendre contre les Forces du Mal. Alors, Hermione décida qu'il était temps de mettre en place la riposte et d'enfreindre allègrement le règlement. Avec mon aide et celle de Ron, elle réussit à convaincre Harry qu'il devait nous aider. Il était le meilleur élève en DCFM et il était le seul à pouvoir nous entrainer. Après tout, il était le plus jeune sorcier à savoir maitriser le sortilège du Patronus, et il avait déjà mis en déroute Voldemort trois fois, sans compter la fois où il l'avait presque tué, alors qu'il n'était encore qu'un bébé d'à peine plus d'un an. Il avait fini par accepter et c'était ainsi qu'était née l'Armée de Dumbeldore.

Noël avait fini par arriver, et j'étais nerveuse à l'idée de rentrer chez moi et de revoir ma mère. Nous ne nous étions pas beaucoup écrit, et je ne l'avais plus revu en face depuis notre dispute. J'avais rejoint la zone de transport en Cheminette de la gare et j'avais rejoint notre petite maison à la campagne, voyant que ma mère ne m'attendait pas sur le quai de la gare comme je m'y attendais.

Sauf que ma mère n'était pas non plus à la maison.

En réalité, notre maison avait été saccagée, littéralement mise à sac. Et ma mère était introuvable.

J'avais fini par envoyer une lettre à Dumbeldore et il était venu me chercher, m'emmenant au 12 Square Grimmauld. Il partit, non sans m'avoir promis avant de tout faire pour retrouver ma mère.

J'étais morte d'inquiétude de ne pas savoir où se trouvait ma mère, mais revoir Sirius fit réagir mes hormones d'adolescente comme jamais. J'avais honte que mon corps réagisse de cette manière alors que ma mère, ma seule famille, pouvait être en danger.

La prison avait marqué ses traits, mais il restait un très bel homme. Mais il avait vingt ans de plus que moi. J'avais tenté de me faire violence, mais quand nous étions retournés à Poudlard, juste avant de partir, je m'étais retrouvée seule avec lui pendant quelques minutes. Il se faisait du souci pour Harry et j'avais essayé de le rassurer en lui assurant que nous prendrions soin de lui. J'étais passée à côté de lui, avais glissé un papier dans sa main, l'avais embrassé à la commissure des lèvres et étais partie.

Nous reprîmes les cours et les entrainements avec l'AD, essayant de devenir les plus performants possibles.

Mais malheureusement, Ombrage finit par découvrir que nous nous entrainions dans la Salle sur Demande. Avec sa Brigade Inquisitoriale, elle se fit un malin plaisir à réduire à néant notre organisation. Quand j'avais découvert que Pansy, ma meilleure amie, faisait partie des sbires de cette énorme meringue rose, je m'étais sentie trahie et notre amitié avait pris un grand coup. Suite à notre découverte, Ombrage nous punit, nous forçant à recopier des lignes, les mots se gravant dans notre chaire.

Je possédais encore la cicatrice sur le dos de ma main droite.

Je ne désobéirais plus aux ordres.

J'avais haï cette satanée bonne femme.

Plusieurs semaines plus tard, alors que les jumeaux Weasley, Fred et George, avaient quitté l'école en humiliant cette vieille mégère rose au passage, Harry avait eu une vision de Voldemort torturant Sirius pour le forcer à obtenir quelque chose de lui. Mais alors que Harry s'était glissé en douce dans le bureau de Ombrage pour appeler son parrain par la cheminée, et que nous faisions diversion, cette dernière l'avait surpris et nous avions été attrapés par la Brigade Inquisitoriale.

Alors qu'Harry et Hermione étaient partis avec Ombrage dans la Forêt Interdite pour lui montrer ''l'arme secrète'' de Dumbeldore, Ron avait eu un éclair de génie et avait réussi à faire en sorte que les Serpentards avalent des bonbons qui faisaient vomir, invention des jumeaux Weasley. Nous nous en étions débarrassés pour rejoindre nos deux amis qui avaient laissé Ombrage aux prises avec des Centaures. Nous étions ensuite partis au Ministère – à dos de Sombrals par Merlin ! – croyant que nous volions au secours de Sirius. Jamais nous n'avions imaginé que Voldemort puisse contrôler le lien qui l'unissait à Harry et qu'il puisse l'utiliser à son avantage.

Nous étions trop naïfs.

Il avait manipulé la vision de Harry, lui faisant croire qu'il retenait Sirius en otage et qu'il le torturait. Nous étions tombés dans le piège la tête la première. Harry avait récupéré la Prophétie – qui le concernait, lui et Voldemort – et c'est à ce moment là que les choses avaient totalement échappé à notre contrôle. Les Mangemorts, les sorciers au service de Voldemort, étaient arrivés.

Lucius Malefoy avait essayé de convaincre Harry de lui donner la Prophétie, mais quand il avait réalisé que le Garçon – Qui – Avait – Survécu ne céderait pas, il s'était tourné vers moi. Il m'avait parlé de ma mère. Il parlait d'elle comme s'il la connaissait. Et Bellatrix Lestrange avait lâché le morceau.

« Allez, dis lui qu'elle est ta bâtarde ! »

Les mots avaient été durs. J'étais la fille d'un Mangemort.

Nous avions fini par nous battre, mais nous n'étions que des enfants, et eux des sorciers adultes sachant parfaitement utiliser la magie, la noire en plus.

Alors que nous pensions que tout était perdu et que Harry venait de donner la Prophétie à Malefoy, les membres de l'Ordre du Phénix étaient arrivés, nous sauvant. Ils s'étaient battus et j'avais été poussée à l'abri par Remus Lupin qui m'avait carrément attrapé à bras le corps, mes yeux fixés sur Sirius et Harry. Alors que je pensais sincèrement que nous étions sur le point de le remporter, un sortilège d'un vert le plus brillant avait touché Sirius en pleine poitrine. Remus m'avait lâché sous la surprise et il s'était précipité pour rejoindre Harry. Je tombais à genoux, regardant le corps de Sirius basculer dans le Voile. J'entendis le cri de Harry qui me parvint, comme s'il venait de loin, et il résonna jusque dans ma poitrine, un écho à celui que je tentais de retenir.

Sirius Black était mort.

Harry était parti à la poursuite de Bellatrix Lestrange, la cousine timbrée de Sirius, pour lui faire payer la mort de ce dernier. Alors que les membres de l'Ordre essayaient de nous mettre en sécurité, je m'étais dégagée de l'étreinte de Nymphadora Tonks, qui me serrait contre elle, et j'étais partie à la suite de mon ami. Je sentais au plus profond de mes tripes qu'il ne devait surtout pas rester seul. Je le rejoignis au moment où Dumbeldore, qui venait d'arriver, et Voldemort commençaient à se livrer à un des plus grands duels. J'avais rejoint le Garçon – Qui – Avait – Survécu et je l'avais tiré pour qu'il se mette à l'abri des sorts qui fusaient, pendant que Bellatrix prenait la fuite. L'échange de sorts rendait l'air brûlant et le sol se craquelait sous nos pieds. Quand il sembla clair que Dumbeldore avait le dessus, le Seigneur des Ténèbres prit la fuite. Tout du moins, en apparence.

En réalité, il avait pris possession du corps de Harry, ou il tenta de le faire.

Voir mon ami lutter ainsi était presque douloureux. Il se tordait sur le sol, et il finit par le repousser. J'avais posé sa tête sur mes genoux, laissant échapper quelques larmes quand il m'avait murmuré un merci. Le fait que Harry puisse ressentir de l'amour, sentiment inconnu à Voldemort, lui avait permis de garder son esprit sous contrôle.

Quand le Ministre de la Magie arriva pour constater les dégâts, Harry semblait au bord de l'évanouissement et je pleurais silencieusement. La douleur de ne jamais revoir Sirius surpassait tout.

Durant l'été qui suivit, j'échangeais beaucoup de lettres avec Harry, mais je refusais la proposition de Dumbeldore de rejoindre mes amis au Terrier, la maison des Weasley. Pour la première fois depuis que je connaissais mes amis, je ressentais le besoin de prendre mes distances avec eux pour me protéger. La mort de Sirius, la disparition de ma mère, la trahison de Pansy et la guerre qui se profilait de plus en plus à l'horizon me gardaient éveillées des nuits entières.

Je retournais donc dans notre petite maison, rangeant comme je pus et harcelant le bureau des Aurors pour avoir des informations sur l'enquête pour retrouver ma mère. Malheureusement, comme ils ne trouvaient rien, ils avaient fini par classer l'affaire, décrétant qu'elle était probablement déjà morte.

J'avais refusé de faire un enterrement. A quoi cela aurait servi de toute façon, puisque l'on n'avait pas de corps à enterrer.

Quand je rejoignis enfin mes amis pour commencer notre sixième année, je pouvais sentir le climat de peur et d'angoisse qui régnait. Durant l'été, la rumeur comme quoi j'étais la fille illégitime de Lucius Malefoy s'était répandue et je pouvais sentir les regards suspicieux de mes camarades sur moi. Mais celui qui attira mon attention était Drago Malefoy. Le fils légitime de Lucius Malefoy. Et mon demi frère.

Drago avait toujours été un garçon pourri gâté et tellement arrogant que cela en frisait le ridicule. Mais cette année, il ressemblait plutôt à un malade en sursis. Il maigrissait à vue d'œil, était bien plus pâle et il était débraillé.

Harry cherchait ouvertement ce qu'il cachait pendant que je me faisais plus discrète. Je pus remarquer qu'il semblait m'en vouloir, comme si c'était ma faute si notre père et ma mère s'étaient comportés comme des abrutis.

Nous avions tous essayé de vivre nos vies d'adolescents, de suivre les cours et de continuer à être des enfants. Peut être que certains y parvenaient, mais ce n'était clairement pas mon cas. Alors que Harry se préparait au combat qui allait inévitablement l'opposer à Lord Voldemort, que Hermione se languissait de Ron, que ce dernier se lançait dans une relation qui tournait limite à l'attentat à la pudeur avec Lavande Brown et que Ginny déployait des efforts considérables pour attirer l'attention de Harry, je m'étais donnée comme mission de découvrir ce que trafiquer mon frère.

Il fallait dire qu'il était un très bon menteur et qu'il cachait remarquablement bien ses traces, et même avec mes talents naturels de Legilimence, j'étais incapable de trouver le moindre indice sur l'endroit où il disparaissait pendant des heures.

La nuit où Harry partit avec Dumbeldore pour aller chercher un Horcruxe – un objet contenant un morceau de l'âme mutilée de Voldemort à l'instar du journal de Tom Jedusor – j'étais tenaillée par un mauvais pressentiment. Incapable de dormir, j'étais descendue dans la Salle Commune pour m'asseoir au coin du feu. Je pouvais sentir le lien que j'avais instauré entre mon esprit et celui de Drago trembler, comme s'il était secoué par des émotions fortes, sans que je sache exactement ce qu'il se passait. Quand l'alarme avait été sonnée, j'étais déjà sortie de la Tour de Gryffondor.

Ce fut le chaos. Comme si les armées de l'Enfer avaient envahi Poudlard.

Il y avait des Mangemorts partout, mais tout ce que je voyais, c'était cette folle de Bellatrix Lestrange et son rire de démente. La Bataille avait cessé à l'instant où Dumbeldore, cet homme que nous avions tous fini par considérer comme presque indestructible, était tombé de la Tour d'Astronomie, tué par Severus Rogue, un homme en qui il avait toute confiance. Harry nous avait raconté tout ce qu'il avait vu.

Drago Malefoy, mon frère, était devenu un Mangemort, comme il n'avait pas arrêté de nous le répéter depuis des mois, et avait aidé les autres Mangemorts à s'infiltrer dans l'école. Il avait pour mission de tuer Dumbeldore, mais devant le sorcier, il en avait été incapable. Comme nous tous, il n'avait rien choisi. Il était le Garçon – Qui – N'Avait – Pas – Eu – Le – Choix. Voyant qu'il n'accomplissait pas sa mission, Rogue l'avait fait. Il avait tué Dumbeldore.

Albus Dumbeldore venait d'être enterré quand Pansy était revenue me voir. Elle me parla, me présentant ses excuses et m'expliquant.

Son père faisait parti des Mangemorts, mais sa mère en était venue à désapprouver cet engagement pris presque vingt ans auparavant. Son père commençait, lui aussi, à regretter de s'être engagé auprès du Mage Noir, décision qu'il avait prit sous l'insistance de son propre père. Mais maintenant qu'il était lui même père, il aurait largement préféré ne pas être mêlé à tout ça. Elle était ma meilleure amie et je sentais que j'allais perdre Harry, Ron et Hermione qui allaient partir à la chasse aux Horcruxes. Je lui pardonnais, mais tentais de la faire changer de camp. Je pensais que j'allais devoir batailler dur, mais elle accepta de rejoindre l'Ordre. Le nouvel ordre que le Seigneur des Ténèbres voulait instaurer l'effrayait. Elle avait parlé avec Kingsley Shakelbolt, Remus Lupin et Arthur Weasley, mais elle avait passé le test.

Il était évident que maintenant que Dumbeldore était mort, Harry ne reviendrait pas à Pourdlard et que Ron et Hermione le suivrait. J'aurai pu partir avec eux, ce qui aurait été plus intelligent étant donné mes liens avec l'Indésirable N°1, mais je ne voulais pas abandonner nos autres amis. Quelqu'un devait rester pour veiller sur les autres, pendant qu'ils partaient à la recherche des Horcruxes. Cela allait être dangereux, notamment pour les élèves connus pour être les amis de Harry, mais j'étais une bonne sorcière, j'étais capable de me défendre toute seule et je n'avais pas l'intention de reprendre les cours.

Après le mariage de Bill Weasley et Fleur Delacour, dont Harry, Hermione et Ron avaient du fuir quand des Mangemorts avaient débarqué, j'étais retournée à Poudlard avec Ginny, Luna Lovegood et Neville Londubat. Je n'avais pas emprunté le Poudlard Express, transplanant plutôt à Pré Au Lard et m'étais infiltrée dans l'école par l'un des passages secrets avant que les Mangemorts ne les bloquent.

Aidés de la Carte des Maraudeurs que Harry m'avait laissé, nous mettions en route la rébellion au sein de l'école, remettant sur pieds l'Armée de Dumbeldore au nez et à la barbe de ces abrutis de Carrow. La Salle sur Demande était à nouveau notre salle de répétition, mais rapidement, elle devint aussi un lieu où les blessés pouvaient venir se réfugier pour échapper aux Carrow.

Pendant que nous faisions tourner les Carrow en bourrique, Pansy essayait discrètement de recruter parmi les élèves de Serpentards, tout en restant la plus discrète possible, pour que cela ne se retourne pas contre elle.

Elle devait faire du bout boulot, car quand je retournais chez moi pour Noël, je la trouvais sur le pas de ma porte, accompagné de trois Serpentards.

Théodore Nott, Blaise Zabini et… Drago Malefoy.

Je n'étais pas surprise de voir Pansy ici. Elle savait que je vivais ici, une maison inconnue de tout le monde, même de mes amis, et que j'avais protégé de tellement de sortilèges que personne ne pouvait la trouver. J'avais d'ailleurs posé le Sortilège du Secret, et m'étais chargée d'être ma propre Gardienne du Secret, ne laissant ma sécurité entre les mains de personne.

Pansy pouvait voir la maison, puisque je lui avais donné l'adresse, mais les trois garçons devaient se demander ce qu'ils foutaient ici, devant un terrain vide.

Ma meilleure amie m'avait souri et en ouvrant mon esprit, je l'avais entendu me murmurer qu'ils étaient dignes de confiance.

Je leur avais dis l'adresse et la maison était apparue sous leurs yeux.

Je leur avais posé des questions, fouillant leurs esprits pour déterminer s'ils étaient vraiment aussi dignes de confiance que le pensait Pansy, et dus admettre que c'était le cas. J'avais envoyé une lettre à Shakelbolt et Remus pour leur en parler et ils avaient donné leur accord, si je me portais garante.

Nous venions de récupérer trois anciens partisans de Voldemort.

Quelques jours plus tard, je m'étais rendue chez les Weasley pour les fêtes et qu'elle n'avait pas été ma surprise en trouvant Ron au Terrier. Il m'avait évité pendant les premières heures, mais j'avais fini par le coincer alors qu'il sortait des toilettes. Il avait fini par m'avouer qu'il était persuadé qu'il y avait un truc entre Harry et Hermione et qu'il était parti.

Autant dire qu'il passa un sale quart d'heure cet abruti fini.

A la fin des vacances, je retournais à Poudlard, après m'être assurée que Ron retournait retrouver nos deux amis.

La situation à Poudlard se dégradait, et la Salle sur Demande devint tellement encombrée que cela devint problématique. Neville finit par découvrir un passage qui menait à la Tête de Sanglier, un pub qui n'était tenu par nul autre qu'Abelfort Dumbeldore, le petit frère d'Albus Dumbeldore, ce qui nous permit de nous fournir en nourriture, même si j'avais été tentée plusieurs fois de me mettre au régime en goûtant ses plats. Je passais mes journées à entrainer les élèves et à écouter la radio, redoutant le jour où j'entendrais que mes amis s'étaient fait capturer par des Mangemorts ou qu'ils étaient morts.

Et puis un jour, Neville avait été appelé par Albefort et il était revenu avec une surprise.

Harry, Hermione et Ron.

Je n'avais jamais été aussi heureuse de les revoir.

Ils étaient en vie. Blessés, fatigués, mais en vie.

C'est là que la bataille, connue plus tard comme étant la Grande Bataille de Poudlard, commença.

Ce fut un carnage.

Nous avions détruit le diadème de Rowena Serdaigle. Hermione et Ron avaient détruit la coupe d'Helga Poufsouffle. Neville et moi avions tué Nagini.

Enfin, plus exactement, Neville avait tué Nagini et une partie des escaliers m'était tombée dessus dans le processus.

Et Harry s'était sacrifié pour détruire le morceau d'âme caché en lui depuis des années, pour pouvoir enfin tuer Voldemort.

Il y avait tellement de morts, de blessés, de destruction.

Encore aujourd'hui, je me réveille en sursaut, me faisant pourchasser par des Détraqueurs ou des araignées géantes jusque dans mes rêves. Mais tout ce que l'histoire retiendra vraiment, ce fut que Harry tua Voldemort, mettant fin à son règne de terreur, et nous avions tous eu un comportement héroïque.

Nous étions trop jeunes.

Nous avions vu et fait des choses qu'aucun jeune de dix huit ans n'aurait du faire ou voir. Peut être étions nous des héros de guerre, mais nous étions surtout ses premières victimes et nous avions autant de sang sur les mains que les Mangemorts. Nous avions juste échappés à la justice parce nous faisions partis du clan des Vainqueurs.

Nous aussi, nous avions tué.

Nous avions même utilisé des sortilèges impardonnables.

Nous étions pardonnés car nous avions gagné et sacrifié notre innocence pour les autres.

Nous étions ovationnés, les gens scandaient nos noms, nous élevaient au rang de héros et de stars.

Nous sourions, prononcions des discours et posions pour les photos, donnant aux gens l'illusion que nous étions heureux, alors qu'en réalité, nous étions brisés.

Nous n'étions plus que des pantins.

Et le pire, c'est que tout ce que nous avions fait, tout ce que nous avions sacrifié, nous étions sur le point de nous rendre compte que cela allait être piétiné.


Dans le prochain chapitre : Une vision… Dix ans déjà… Des héros de guerre… et des moins héroïques…

Note de l'auteure : J'espère que ce prologue vous a plu ! N'hésitez pas à laisser une review, dans le carré en bas de la page ! Merci bien !

Bye

Infos en plus : 10 pages ; 5675 mots