Disclaimer : L'Univers de Harry Potter ne m'appartient pas (malheureusement) sauf certains personnages et la majorité de l'histoire. Vous remarquerez surement au fil de la lecture certains passages qui sont tirés du livre, mais je le signalerai en début ou fin de chapitre ! Bonne lecture !
Chapitre 1
Il faisait froid et humide. J'avais la chaire de poule et j'étais pieds nus.
Je reconnaissais les signes. J'avais une vision. J'étais toujours pieds nus dans mes visions.
Il faisait plutôt sombre et je plissais les yeux dans une tentative d'y voir plus claire. Je fis un pas en avant et me rendis compte que le sol était en pierre froide et légèrement humide.
Je descendis quelques marches et finis par reconnaître l'endroit.
La Département des Mystères. La salle du Voile, plus exactement.
Je passais tellement de temps dans cette pièce que je pouvais m'y repérer les yeux fermés.
Mais je n'avais pas rêvé de cette pièce depuis des années.
Je m'avançais encore un peu et sursautais quand je vis des sorts fuser de tous les côtés.
Je fronçais les sourcils en regardant les sorciers.
C'était nous.
En réalité, c'était la Bataille du Département des Mystères. Celle que nous avions mené quand nous avions quinze ans, quand nous pensions venir au secours de Sirius.
Je me figeais en me voyant être mise à l'écart par Remus Lupin, qui me taclait littéralement. Je grimaçais en me souvenant de la douleur que j'avais ressenti quand mon épaule avait percuté le sol en pierre.
Je tournais les yeux vers les autres, et remarquais Harry en train de se battre aux côtés de Sirius.
Mon cœur se serra en voyant l'homme qui souriait.
Harry désarma le Mangemort qui se battait aux côtés de Lucius Malefoy – je n'avais jamais été capable de vraiment le considérer comme mon père – et Sirius dit :
- « Bien joué James ! »
Il désarma lui même Malefoy et alors que tout semblait être gagné pour nous, il reçut un sortilège de la mort en pleine poitrine. Sauf que le sortilège n'était pas vert. Il était différent. Il était rouge. Comme un Stupéfix.
Je fis un pas de plus en avant, descendant une nouvelle marche.
Je regardais Sirius se figer avant de basculer en arrière en direction du Voile. Mon cœur se serra avec tellement de force dans ma poitrine que je faillis tomber à genoux.
Sauf que Sirius ne disparut pas dans le Voile. Il se contenta de passer au travers pour atterrir lourdement de l'autre côté. Je fronçais les sourcils pendant qu'il regardait autour de lui, complètement perdu.
C'était comme si personne ne le voyait. Comme si nous ne le voyons pas, de l'autre côté de l'arche.
Je descendis encore les marches, m'approchant de lui et ignorant les autres sorciers, qui ne me voyaient pas plus que lui.
Je me retrouvais à côté de l'arche quand Sirius leva les yeux et m'aperçut. Il fronça les sourcils et alors que je m'approchais dans sa direction, j'aperçus une ombre derrière lui. Cette dernière posa la main sur son épaule et avant que je puisse émettre le moindre son, ils disparurent.
Et je me réveillais.
-ooOoo-
Je me réveillais en sursaut, ma peau recouverte d'une fine coche de sueur.
Je repoussais mes cheveux et regardais le réveil sur ma table de chevet. 4h10.
Il était bien trop tôt pour commencer la journée. Je repoussais mes couvertures et sortis de mon lit pour me rendre dans ma salle de bain. J'allumais la lumière et ouvris le robinet pour me rincer le visage. Je coupais l'eau et me redressais pour voir mon reflet dans le miroir. Des gouttes glissaient sur ma peau pâle jusque dans mon cou. Je pouvais voir les multiples cicatrices qui parsemaient mon décolleté. Mes yeux couleur améthyste étaient rougis par le manque de sommeil et des cernes me mangeaient le visage. Mes cheveux me tombaient dans le dos, légèrement humides de transpiration. Leur couleur, un blond platine caractéristique des Malefoy, me donnait parfois un teint cadavérique. Mes sourcils étaient d'un noir profond, ce qui contrastait énormément avec mes cheveux.
Je retirais le tee shirt et la culotte qui me servaient de pyjama et me glissais sous la douche, essayant de me débarrasser de l'impression désagréable qui me tenaillait. Après ma douche, j'enfilais un jean, un tee shirt à manches longues ainsi que des bottines et ma veste en cuir préférée. Je me glissais hors de la maison dans laquelle je vivais depuis treize ans et transplanais dans un petit parc. Je m'assurais qu'il n'y avait personne et poussais le petit portillon qui fermait le parc pour me retrouver dans la ruelle de Square Grimmauld.
Les maisons 11 et 13 étaient collées l'une à l'autre. J'attrapais ma baguette que j'avais glissée dans un petit étui attaché autour de ma cuisse et l'agitais. Pendant deux petites secondes, il ne se passa rien, puis les 11 et 13 commencèrent à s'écarter, laissant apparaître le numéro 12. Une fois que la maison fut totalement visible, pour ceux qui voulaient bien la voir, je me glissais dedans en essayant de faire le moins de bruit possible. Je pendis ma veste sur le porte manteau et jetais un coup d'œil au portrait de Sirius que Harry avait fait accrocher à la place de celui de Walburga Black, après avoir réussi à le décrocher par un moyen qu'il avait refusé de nous dire.
C'était un portrait moldu, fixe. Il avait été fait à partir d'une ancienne photo de Sirius que Hermione avait figé pour lui.
A chaque fois que je passais devant, mon cœur se serrait et à chaque fois, je me promettais de ne pas le regarder, promesse que j'étais incapable de tenir. Je retirais mes bottes et me rendis compte que j'entendais du bruit en provenance du salon. Je savais déjà qui était réveillé.
Harry.
La guerre nous avait tous traumatisé. Mais Harry plus que quiconque, surtout parce qu'il était intimement persuadé que les gens étaient morts à cause de lui.
Il était assis sur le sofa tourné face à la cheminée et il fixait les flammes avec une intense concentration. Il était blême, ses yeux verts avaient perdus leurs étincelles depuis longtemps et des cernes semblaient lui manger le visage. Ses cheveux étaient un peu trop longs et plus rebelles que jamais et surtout, il était maigre. Pas au point d'être cadavérique, mais pour un homme de sa taille, il ne devrait pas être aussi mince. Une petite dizaine de kilos en plus ne seraient pas de trop. Je m'assis à côté de lui et ramenais mes jambes sous mes fesses, en ne prononçant pas le moindre mot. Nous ne parlions jamais dans ces moments là.
Harry souffrait d'insomnie, et pour ne pas réveiller Ginny, il passait généralement les heures entre deux heures et le levé du soleil dans le salon, à regarder l'âtre. Je venais souvent le rejoindre quand je me réveillais de mes cauchemars, mais parfois, je me mettais dans la bibliothèque pour lire. Dans ces moments là, j'arrivais, de temps en temps, à me rendormir. D'autres fois, je ne me sentais pas capable de passer devant le portrait de Sirius et je partais simplement en vadrouille, dans le Londres moldu.
Cela pouvait sembler ridicule. J'avais des sentiments pour un homme mort depuis douze ans et qui, de son vivant, ne devait pas me considérer comme autre chose qu'une enfant. J'avais eu des aventures depuis la fin de la guerre, mais je n'avais jamais été capable de m'engager.
J'étais plongée dans mes pensées quand la voix rauque de Harry me ramena à la réalité :
- « Joyeux Dixième Anniversaire. »
Aujourd'hui, cela faisait dix ans que Voldemort était mort.
Aujoud'hui, cela faisait dix ans que nous étions en paix. Et que ma vie n'avait plus aucun sens.
-ooOoo-
Comme tous les ans, le Ministère organisait un gala, le 2 mai. Visiblement, le fait que nous avions tous perdus des êtres chers ce jour là n'était pas suffisant pour que l'on se rappelle clairement ce qu'elle signifiait. Aux yeux du Ministère, tout du moins.
Entre nous, je n'avais pas besoin de me rendre à un gala pour y faire le pied de grue, entourée de politiciens plus idiots les uns que les autres pour me rappeler ce que j'avais fais ce jour là pour survivre.
Mais j'étais une Héroïne de Guerre et je pouvais difficilement échapper aux festivités, surtout que je m'étais défilée les trois années précédentes. Cela ne m'empêchait pas de détester me préparer pour m'y rendre.
Pansy m'avait dégoté une robe de créateur de couleur d'un rouge rubis. Le corset était plutôt chaste devant, avec un petit décolleté discret et des bretelles. Il était cintré pour ne pas bailler étant donné que le dos était complètement nu. La jupe s'évasait à partir des hanches pour être fluide. Par principe, je la trouvais extravagante, mais je devais bien admettre qu'elle était très belle. Je me maquillais légèrement, mettant l'accent sur ma bouche avec un rouge à lèvres de la même rouleur que ma robe, des stilettos auxquels je lançais un sort de confort et pour que je ne me torde pas les chevilles, et je me débattis avec mes cheveux, un peu trop longs, pour me faire un chignon potable. Je me glissais dans ma robe de soirée et me fis la remarque que je devrais quand même envoyer un mot à ma meilleure amie pour la remercier demain.
Je sortis de ma maison et dès que je fus dans la rue, je transplanais à l'air de transplanage du Ministère ouverte spécialement pour la soirée. Une fois arrivée, je me fis la plus discrête possible et me mêlais à la foule en attrapant la première coupe de champagne qui passait. J'étais assez contente de ne pas avoir à faire de discours cette année. Les deux premiers gala, nous avions tous dis un petit quelque chose, mais je détestais faire ça. Pour la troisième, nous avions tous convenu que nous parlerions à tour de rôle. J'avais parlé pour la quatrième année, et j'avais tout fait pour éviter de réitérer depuis.
Je remarquais que Harry avait réussi à se tenir à l'écart des politiciens voraces et buvait du champagne. Il avait enfilé une robe de sorcier très classe, mais ses lunettes étaient légèrement de travers.
Après la guerre, personne n'avait eu très envie de retourner à Poudlard, pas même Hermione. Le Ministère avait accepté que les Septièmes années ne retournent pas à l'école et nous avait proposé un système d'apprentissage par correspondance qui était très prisé chez les moldus.
Une fois ses Aspics en poche, Harry avait décidé de se tourner vers une formation pour devenir professeur. Lui qui avait toujours voulu être Auror quand il était adolescent, il avait abandonné cette idée après la guerre. Nous avions trop eu affaire avec les criminels pour toute notre vie. A la fin de sa formation, le professeure MacGonagall, devenue la Directrice de Poudlard, lui avait proposé le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal, à Poudlard, et je savais qu'il était très apprécié par ses élèves. Il était aussi un très bon parrain pour Teddy Lupin et il faisait des trucs avec lui tous les week ends. Il avait demandé Ginny en fiançailles il y a cinq ans, mais personne ne semblait très pressé de se lancer dans les préparatifs, pas même la future mariée, qui avait pourtant toujours rêvé d'épouser le Survivant.
Ginny était un peu plus loin, entourée de femmes et d'hommes qui travaillaient à des postes importants au Ministère. En la voyant jeter des regards vers son fiancé, je compris qu'elle leur faisait la conversation pour qu'ils n'aillent pas harceler le jeune homme en question. Contrairement à Harry, Ron, Hermione ou moi, pour ne citer que nous, Ginny avait dut retourner à Poudlard pour finir ses études. Une fois Poudlard terminé, elle avait intégré une école de journalisme. Etant donné que Pansy y faisait aussi ses études, elles avaient appris à se connaître et étaient devenues amies. A la fin de leurs études, elles avaient créée leur propre magasine de mode, qui était maintenant une référence dans le domaine.
Malheureusement, malgré le fait qu'elle avait rejoint l'Ordre, Pansy n'avait pas eu les mêmes gratifications que nous. Elle avait eu beaucoup de mal à se réintégrer dans la société, le nom des Parkinson ayant été trainé dans la boue dut à l'implication du père auprès de Lord Voldemort, mais elle avait tenu bon. En créant ce magasine avec Ginny et en étant l'une de mes amies les plus proches, elle avait réussi à regagner sa place. Ginny et moi étions des Héroïnes de Guerre, alors si nous fréquentions activement Pansy Parkinson, cela voulait dire qu'elle était forcément une bonne personne. Et comme les gens du Ministère ne voyaient que ce qu'ils veulent bien voir, cela leur avait suffi. Le fait qu'elle ne porte pas la Marque des Ténèbres avait beaucoup aidé. Ah, et qu'elle se soit mariée avec Ronald Weasley aussi, même si j'aurais largement préféré qu'elle s'abstienne sur ce dernier point.
Je n'avais jamais caché que je trouvais que Ron pouvait parfois me courir sévèrement sur le haricot, même s'il restait l'un de mes amis les plus proches et que je lui faisais entièrement confiance. Je n'avais jamais oublié le jour où je l'avais vu revenir au Terrier, où je passais les fêtes de Noël, et que j'avais compris qu'il avait abandonné Harry et Hermione en pleine chasse aux Horcruxes. Inutile de préciser que je lui avais passé le savon du siècle. Trois ans après la guerre, alors que Ron et Hermione étaient séparés depuis plus de deux ans, et que cette dernière avait refait sa vie, ils avaient commencé à se fréquenter. Au bout d'un an de relation – seulement – ils avaient décidé de se marier. Nous avions tous trouvé que c'était un peu rapide – après tout, nous n'étions plus en guerre – mais nous avions fait comme ils voulaient. Au bout de six ans de mariage, ils étaient toujours aussi amoureux, et ils attendaient l'arrivée de leur premier bébé, un petit garçon qu'ils voulaient appeler Hugo, pour le mois de septembre. Ils avaient d'ailleurs utilisé la grossesse de Pansy comme excuse pour échapper au gala.
Je venais d'entamer ma deuxième – ou dixième – coupe de champagne, quand je remarquais Hermione qui avançait dans ma direction. Je me souvenais encore parfaitement de la petite fille que j'avais rencontrée en première année, ou encore de l'adolescente qu'elle avait été. Vieillir lui allait bien.
Après l'obtention de ses Aspics, Hermione avait suivi Harry pour devenir professeur pendant que Ron et moi nous tournions vers des emplois au Ministère, lui en tant que Auror et moi en tant que Langue de Plomb. A la fin de ses études, le professeure MacGonagall lui avait fait une proposition à elle aussi. Elle lui avait offert son poste de professeure de Métamorphose. Mon amie avait saisi l'occasion et avait rejoint le corps professoral de Poudlard, avec Harry. C'est là qu'elle avait retrouvé un Drago Malefoy complètement différent de celui que nous avions connu durant notre scolarité.
Comme Pansy et les autres Serpentard, qui avaient rejoint l'Ordre, Drago avait eu du mal à retrouver sa place, surtout que lui, il portait la Marque. A la fin de la guerre, comme il n'avait plus de maison, il était venu vivre chez moi, ce qui nous avait permis de nous rapprocher et d'apprendre à nous connaître en tant que grande sœur et petit frère. Cela n'avait pas été facile au début, mais nous avions fini par comprendre que c'était exactement ce dont nous avions besoin.
Comme il était excellent en potions, MacGonagall s'était encore montrée généreuse et lui avait offert le poste de professeur de Potions. Il avait accepté, n'ayant pas du tout envie de reprendre les entreprises de notre père.
La guerre l'avait radicalement changé, comme nous tous, et Hermione avait remarqué, et apprécié, ce changement. D'après Harry, ils avaient flirté pendant des semaines avant de passer enfin à l'acte. Ils avaient tout de même essayé de nous faire croire pendant un an et demi qu'il ne se passait rien entre eux. Comme si nous étions idiots à ce point. Trois ans après avoir commencé à se fréquenter, ils avaient eu un premier bébé, un garçon, qu'ils avaient appelé Scorpius. Je ne savais toujours pas ce qui leur était passé par la tête le jour où ils avaient choisi le prénom. Et trois ans après Scorp, ils avaient eu une petite fille, Rose, dont j'étais la marraine en plus d'être la tante. Ils n'étaient pas mariés et ils n'avaient pas l'intention de remédier à cela.
La maternité allait bien à Hermione. Son corps avait pris des courbes volumineuses. Elle avait plus de poitrine, des hanches plus larges et une taille marquée qui lui faisaient une silhouette harmonieuse. Elle avait enfilé une robe noire fourreau, bras nus, qui lui allait à merveille et ses cheveux étaient lâchés dans son dos.
Je lui fis un sourire, qu'elle me rendit et me détailla quelques secondes avant de me dire :
- « C'était quand ta dernière nuit de sommeil complète ? (Je haussais les épaules). Tu devrais prendre plus soin de toi Arwen.
- Comment va ma petite princesse ? demandais je pour changer de sujet.
- Elle a attrapé la varicelle. Evidemment, elle l'a refilé à Scorpius.
- La varicelle ? m'étonnais je. Mais c'est une maladie infantile des moldus.
- Elle l'a surement attrapé chez mes parents. Le fils de l'une de mes cousines l'avait la dernière fois qu'ils sont venus chez mes parents. Enfin, je te laisse deviner qui ne l'avait jamais eu et qui n'a pas voulu m'écouter quand je lui ai dit de faire attention.
- Attends, dis je en essayant de me retenir de rire. La raison pour laquelle Drago n'a pas pu venir, c'est parce qu'il a attrapé la varicelle ?
- Oui. Mais si tu lui en parles, je nierai t'en avoir parlé.
- Ils sont tous seuls ?
- Je voulais te proposer de venir à la maison pour t'épargner le gala, mais Dray a refusé.
- L'enfoiré.
- Il a bien voulu que j'en parle à sa mère. Narcissa est venue s'occuper d'eux.
- Par Merlin, c'est géant. »
Je ricanais et Hermione souriait.
Ce qui était géant, c'était le fait que Drago avait la varicelle, pas que Narcissa s'occupait d'eux.
Etant la fille que son mari avait eu avec une autre femme, Narcissa avait un peu de mal à m'apprécier. Entre nous, je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir.
Après la guerre, il y avait eu les procès. En ce qui concernait Lucius Malefoy, il avait été arrêté alors qu'il essayait de quitter le pays, et après son jugement, il avait écopé de quinze ans de prison ferme, sans possibilité de remise de peine. Dans le cas de Narcissa, le fait qu'elle n'est jamais été impliquée directement dans les actions des Mangemorts avait joué en sa faveur. Le témoignage de Harry avait lourdement pesé dans la balance. Elle avait été condamnée à cinq ans de prison, mais elle avait pu sortir au bout de deux ans après avoir fait appel. Hermione qui devait subir les remarques de Ron qui n'acceptait pas sa relation avec Drago, avait eu peur de la réaction de Narcissa Malefoy quand elle apprendrait que son fils sortait avec une Née Moldue. Etonnement, Narcissa avait très bien pris la chose et elle adorait sa belle fille. Et elle était complètement gaga de ses petits enfants.
Nous observions les gens discuter quand j'aperçus Astoria Greengrass. Elle marchait comme si le monde lui appartenait. Astoria n'avait pas eu besoin de rejoindre l'Ordre pour se laver de tout soupçon. La famille Greengrass s'était simplement tenue éloignée des deux camps et quand nous avions gagnés, les membres de la famille étaient venus nous voir tout souriant en nous faisant remarquer qu'ils étaient blancs comme neige.
Quand nous étions jeunes, Astoria n'avait pas beaucoup de personnalité, et cela n'avait pas vraiment changé avec le temps. Pour ce que j'en savais, elle n'avait pas de travail et vivait aux crochets des hommes riches qu'elle attrapait dans sa toile. Je ne lui faisais pas confiance, ayant toujours eu la désagréable impression qu'elle cachait quelque chose.
Elle s'approcha de Blaise Zabini qui se tenait un peu plus loin et glissa sa main sur son torse d'une manière sensuelle, mais que je trouvais personnellement vulgaire. Après la guerre, Blaise avait utilisé son charme légendaire et sa capacité de beau parleur pour regagner la confiance des gens. Drago lui avait confié la gérance des entreprises Malefoy. Il en avait fait une entreprise très prospère.
D'après ce que j'avais compris, lui et Astoria avaient eu une relation durant nos années à Poudlard et ils continuaient de coucher ensemble quand ils étaient célibataires tous les deux. J'étais persuadée qu'elle finirait par le bouffer dans son sommeil.
Des autres Serpentards qui avaient rejoint l'Ordre, il restait Théodore Nott. Après la guerre, il avait repris l'entreprise de son père et avait tout changé. Il en avait fait la référence pour la reconstruction du Londres Sorcier et l'aide aux orphelins et aux victimes de la guerre. Depuis très récemment, il avait commencé à sortir avec Luna Lovegood.
Luna avait entrepris des études de Magizoologie et elle s'était avérée extrêmement douée. A la mort de son père, elle avait repris le Chicaneur et y publiait des articles sur les Créatures Magiques, en plus des actualités. Et j'avais été l'une des premières surprises d'admettre que ces articles étaient passionnants. Elle et Théo se tournaient autour depuis au moins six ans et maintenant qu'ils étaient enfin ensembles, ils étaient partis en Amérique du Sud pour un voyage en amoureux. Ce qui leur avait fourni l'excuse parfaite pour ne pas être présents au gala.
Parmi les grands absents, il y avait aussi Neville Londubat. Neville avait arrêté de venir au gala cinq ans auparavant. Il disait que nous avions assez donné.
Sans surprise, Neville était devenu professeur de Botanique à Poudlard. Il avait gagné énormément d'assurance avec la Bataille de Poudlard et les cicatrices qu'il avait récolté lui donnaient un air de mauvais garçon. Il sortait avec Hannah Abbott depuis huit ans et ils venaient de se fiancer.
En y repensant, ça faisait beaucoup de Héros de Guerre reconvertis dans l'enseignement.
J'entamais une autre coupe de champagne – j'avais arrêté de compter – quand Hermione rejoignit l'estrade pour faire son discours. Je me frayais un chemin dans la foule et m'approchais d'une vitrine où étaient exposées des photos. Il y avait des coupures de journaux, des photos de la première génération de l'Ordre et les portraits de nous diffusés quand nous œuvrions pour la rébellion. Il y avait la photo de Harry – Indésirable N°1 – et ils avaient même trouvé le mien – Indésirable N°2.
Je commençais à m'ennuyer ferme et mes orteils me faisaient quand même mal malgré le sort de confort. Je changeais de vitrine pour voir d'autres portraits. Les gens faisant parties des familles des Héros qui étaient morts ou irrémédiablement blessés. Comme Franck et Alice Londubat, les parents de Neville.
A côté des Londubat, il y avait des photos des Potter, de Sirius, de Remus et Tonks. Et celle de Selena Saint, ma mère.
Je me rapprochais de la vitrine pour examiner les traits fins de la femme qui m'avait donné la vie. Elle souriait au photographe, et glissais une mèche de cheveux derrière son oreille.
Elle me manquait tellement que ça en était douloureux.
Je me frottais la poitrine avec mon poing quand un homme vint se placer à ma droite. Il était à peine plus grand que moi, un mètre soixante dix huit maximum, avec des cheveux grisonnants, un début de bedaine qui tendait un peu sa chemise et il était rasé de près. Douglas Carter était le Directeur du Département des Mystères et, accessoirement, mon patron. Je ne lui avais jamais parlé hors contexte du travail. Ne dormant rarement plus que quatre heures par nuit, je n'étais pas très loquace, ni très avenante, alors je ne comprenais pas trop ce qu'il me voulait.
Peut être que quelqu'un s'était plaint de mon humeur peu charmante.
- « Mademoiselle Saint.
- Monsieur Carter.
- Vous passez une bonne soirée ?
- Si on veut. (Il y eu un silence avant qu'il ne reprenne la parole).
- Votre mère était magnifique. (Il montra la photo). Je me souviens de l'époque de Poudlard.
- Vous l'avez connu ?
- Oui. J'étais à Poudlard, en même temps qu'elle, ainsi que des Maraudeurs. J'avais quelques années de plus qu'eux. (Je sentais son regard me brûler la peau). Elle était exceptionnelle.
- Elle l'est toujours.
- Comment ça ?
- Je sais que les Aurors chargeaient de la retrouver à l'époque ont déclaré qu'elle était probablement morte, mais tant que je n'aurais pas vu son corps, je garde espoir qu'elle soit toujours vivante.
- Je peux le comprendre. (Il se tordit les doigts). Et votre père ?
- Quoi mon père ? (Mon ton était mordant).
- Lui avez vous parlé dernièrement ?
- Pourquoi est ce que j'aurai parlé à Lucius Malefoy ?
- Le Département de la Justice vous a envoyé une lettre à vous et Monsieur Malefoy.
- Pourquoi ?
- Votre père a obtenu une libération sous conditionnelle.
- Je croyais qu'il avait écopé de quinze ans sans possibilité de remise de peine ? Ca ne fait que dix ans. Il en a encore cinq à tirer.
- Apparemment, Azkaban est surpeuplé et votre père…
- Arrêtez de l'appeler comme ça s'il vous plait.
- Très bien. Malefoy a un comportement exemplaire depuis qu'il est derrière les barreaux. Quand son avocat a fait appel, le Mangenmagot a accepté. (Voyant que j'étais très crispée, il posa une main sur mon épaule). Je suis désolée Arwen.
- Merci de m'avoir prévenu Monsieur Carter. »
Il m'adressa un hochement de tête avant de tourner les talons. Je crispais tellement la mâchoire que je sentis mes dents grincer. En tournant la tête, je remarquais Hermione qui me regardait en fronçant les sourcils. Elle fit un pas dans ma direction, mais je lui fis signe de ne rien faire.
Je posais ma coupe entamée sur le plateau d'un serveur et pris la direction de la sortie, mes talons claquant sur le sol.
Si Drago avait reçu la lettre et qu'il ne m'en avait pas parlé, j'allais le suspendre à un lustre par son caleçon.
Pour la simple et bonne raison que si Lucius Malefoy sortait de prison, il viendrait forcément me voir pour me demander pourquoi je n'avais jamais répondu à ses lettres.
Je ne voulais pas de lui dans ma vie, et rien ne changera cela.
Dans le prochain chapitre : Le retour du père… Une étrange réapparition… Cette fameuse nuit… Des retrouvailles…
Note de l'auteure : Voilà, fin du premier chapitre ! Vous avez fais la connaissance officielle d'Arwen Saint, l'héroïne de La Descendante de Serpentard.
J'espère que cela vous a plu et que vous serez là la semaine prochaine pour le prochain chapitre !
A bientôt
Bye
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