Disclaimer : L'Univers de Harry Potter ne m'appartient pas (malheureusement) sauf certains personnages et la majorité de l'histoire. Vous remarquerez surement au fil de la lecture certains passages qui sont tirés du livre, mais je le signalerai en début ou fin de chapitre ! Bonne lecture !
Note de l'auteure : Désolée pour le retard ! Je sais que normalement c'est le vendredi, mais on va plutôt dire qu'à partir de maintenant, c'est durant le week end ! Je voyage souvent en France en ce moment et je pars la plupart du temps le vendredi et je dois avouer que publier le chapitre me sort de l'esprit dans ces moments là. En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira... Bonne lecture !
Chapitre 5
Retrouver ma mère, c'était le but de ma vie depuis douze ans. Maintenant que je tenais sa main, j'avais l'impression de flotter sur un petit nuage.
Une fois que les médicomages l'eurent stabilisés, ils l'avaient transféré à St Mangouste, sans demander l'avis du Ministère de la Magie Allemand.
Ces derniers n'avaient pas apprécié et ils avaient envoyé une délégation pour nous faire part de leur mécontentement.
Autant dire que je les avais reçu.
Le Ministre m'avait appelé pour que je le rejoigne avec Harry.
J'avais été convoquée en tant que la fille de la victime et Harry parce qu'il m'avait accompagné à Nurmengard.
J'étais dans le bureau de Kingsley, à regarder par la fenêtre, pendant que Harry discutait avec Kingsley. Ce dernier était assis dans son fauteuil, pendant que le premier était appuyé contre le bureau, à côté de lui.
L'assistante de Kingsley toqua à la porte avant de l'ouvrir pour laisser entrer trois hommes et une femme dans le bureau.
Les trois hommes portaient tous des capes noires par dessus des costumes trois pièces visiblement faits sur mesure et qui semblaient couter très chers.
Le premier homme avait des cheveux blonds gominés en arrière, avec des yeux bleus foncés cachés derrière des petites lunettes carrées. Il avait un air particulièrement condescendant quand il posa sa mallette sur le bureau et s'assit sans y être invité.
Le deuxième avait des cheveux bruns attachés en catogan et ses yeux bruns étaient plutôt chaleureux, si on faisait l'impasse sur son air grognon.
Le troisième avait des cheveux grisonnants et des yeux gris. Il semblait un peu plus aimable que ses deux collègues, mais sachant que le gouvernement pour lequel il travaillait avait fait à ma mère, je n'avais pas particulièrement envie de me montrer aimable.
La seule femme de l'équipe était une grande blonde, aux cheveux attachés en un chignon banane et des yeux bleus glaciaux. Elle portait un tailleur jupe violet sous sa cape de la même couleur avec des escarpins à talons hauts noirs vernis.
Elle s'assit à côté de son collègue en sortant un dossier de son sac, toujours sans y être invitée.
A croire que les Allemands ne connaissaient pas les bonnes manières. Ou alors j'étais trop furieuse pour être objective.
Ça devait être la deuxième solution.
Ce fut la femme qui prit la parole, et je dus me concentrer pour comprendre son anglais avec son accent à couper au couteau :
- « Je m'appelle Magdalena Hutch. Je suis la Directrice du Département de la Justice du Ministère de la Magie Allemand. Voici mes collaborateurs. (Elle ne prit pas la peine de les présenter).
- Bienvenue en Angleterre Madame Hutch, dit Kingsley. Voici Arwen Saint, Langue de Plomb au Département des Mystère et Harry Potter, professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard.
- Puis je savoir ce que faisaient une Langue de Plomb et un professeur à Nurmengard ?
- Nous sommes venus chercher Selena Saint, dis je en me plantant à côté de Kingsley.
- Vous aviez une autorisation pour la sortir de la prison ?
- Vous aviez une autorisation pour la garder dans la prison ? attaqua Harry. Selena Saint n'a commis aucun crime.
- Elle était la fille du Seigneur des Ténèbres.
- Voldemort (Elle frissonna cette trouillarde) était un criminel de guerre en Angleterre. Et être la fille de la mauvaise personne n'est pas un crime, dis je en serrant les dents. Vous auriez du me prévenir, à la fin de la guerre.
- Nous ne devons rien au Ministère Anglais.
- Mais vous en devez à la famille de Selena Saint, que vous avez gardé enfermée injustement pendant dix ans. (Je me penchais pour poser mes mains sur le bureau en la regardant dans les yeux). Vous avez gardé ma mère dans cet enfer pendant dix ans de trop. Je ne laisserai pas passer ça, vous pouvez en être certains.
- Ne me menacez pas, grogna-t-elle.
- Je vous avertis. Je vais trainer votre Département en justice et il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer quand vous vous retrouverez à la rue. Et si ma mère ne survit pas, vous souhaiteriez ne m'avoir jamais connu.
- De plus, ajouta Kingsley, j'aimerai beaucoup comprendre comment Lord Voldemort a pu faire emprisonner quelqu'un dans votre pays sans procès et sans être inquiété. (L'homme assit aux côtés de la blonde se tortilla sur son fauteuil). Je prendrai contact personnellement avec votre Ministre. Je suis sur que notre conversation sera très instructive. »
L'assistante de Kingsley entra en ouvrant la porte en grand, signal pour la délégation allemande qu'il était temps qu'ils rentrent chez eux.
Après tout, ils avaient une défense à préparer.
-ooOoo-
Suite à la rencontre avec les Allemands, j'étais retournée à l'hôpital. Ma mère était toujours allongée dans son lit. Elle dormait beaucoup, mais les médicomages m'avaient assuré que c'était totalement normal.
Ils la nourrissaient de soupe pour que son estomac ne se rebelle pas contre la nourriture, et elle mangeait bien. Elle n'avait vomi que la première fois, mais depuis, elle s'alimentait bien. Si elle continuait à bien manger, les médicomages pensaient qu'elle pourrait passer aux aliments solides.
Je lui avais coupé les cheveux pour la débarrasser des nœuds et des petites bêtes qui avaient élu domicile dans sa tignasse.
Elle était toujours d'une maigreur à faire peur, mais elle ne sentait plus mauvais et elle commençait à reprendre des couleurs, ce qui me rassurait.
Quand j'entrais dans sa chambre, elle tourna la tête vers moi et me sourit.
- « Salut mon Cœur.
- Salut Maman. »
Je me figeais en voyant quelqu'un assit dans le fauteuil que j'utilisais habituellement.
- « Qu'est ce que tu fais ici ?
- Je suis venu rendre visite à ta mère.
- C'est fait. Maintenant, va t'en.
- Arwen, me gronda ma mère.
- Il nous a assez fait de mal comme ça.
- Je t'ai aidé à la retrouver.
- Tu aurais pu le faire bien avant ! »
Nous avions haussé le ton, ce qui avait attiré une infirmière. Cette dernière entra dans la chambre et dit :
- « S'il vous plait ! Vous êtes dans un hôpital ici, pas un bar ! Et vous empêchez ma patiente de se reposer. Allez vous disputer ailleurs. »
J'embrassais ma mère sur le front avant de sortir de sa chambre comme une furie. Je savais que Lucius me suivait.
J'étais tellement furieuse qu'il soit venu voir ma mère. Furieuse qu'il ait osé faire croire qu'il s'inquiétait pour elle. Furieuse qu'il prenne le risque d'attirer la fureur de Narcissa sur elle.
J'avais envie de le tuer.
Une fois sorti de l'hôpital, je me retournais vers lui, mon visage grimaçant de rage. Je lui enfonçais mon index dans la poitrine et dis :
- « Comment oses tu venir la voir ?!
- J'ai autant le droit de la voir que toi !
- Non ! Tu n'es pas de sa famille ! JE suis sa famille. Tu n'es rien !
- Je suis ton père !
- Non ! Tu es juste un géniteur. Tu n'es rien d'autre.
- Je t'ai dis où elle pouvait se trouver.
- Tu aurais pu le faire il y a des années.
- Quoi ?
- A ton procès. Tu aurais pu dire que tu pensais qu'elle était à Nurmengard. Tu aurais même pu l'utiliser pour réduire ta peine. Mais au lieu de ça, tu as gardé cette information pour toi. Elle a passé treize ans dans cet enfer à cause de toi. Tu es aussi responsable que les Allemands.
- Ne dis pas ça.
- Quand tu m'as dis où elle pouvait se trouver, pendant une seconde, j'ai cru que je pourrais te pardonner d'avoir été le pire enfoiré de la Terre. Mais après, j'ai réalisé que tu savais qu'elle était là bas depuis des années. Probablement depuis son enlèvement. Et tu n'as rien dit. Ça, je ne pourrais jamais te le pardonner. Jamais. »
Je tournais les talons et retournais dans l'hôpital pour aller voir ma mère.
Pour aller voir celle qui avait toujours pris soin de moi.
-ooOoo-
Les journalistes avaient fini par lâcher l'affaire des Revenants pour se concentrer sur le retour inattendu de Selena Saint.
Le scandale avec le Ministère Allemand alimentait les tabloïds et les journaux et permettaient aux Revenants de souffler un peu.
Ma mère avait fini par avoir l'autorisation de rentrer à la maison, à condition de se reposer et de se nourrir convenablement. Une infirmière devait passer la voir tous les jours, pour prendre sa tension et s'assurer qu'elle allait bien.
Evidemment, avec ma mère de retour, je ne pouvais pas garder les Potter et Sirius chez moi. La maison n'était pas assez grande pour nous accueillir tous.
Mais comme les journalistes les laissaient dorénavant tranquilles, ils décidèrent d'aller vivre au Square Grimmauld en attendant de trouver une autre solution.
Malheureusement, nous avions oublié un point important.
La présence de Rogue au Square Grimmauld.
La cohabitation avec Harry se passait plutôt bien, si on oubliait l'air perpétuellement maussade de notre ancien professeur de potions.
Ils avaient eu une explication et ils avaient enterré la hache de guerre. Malheureusement, je n'étais pas certaine que Sirius et James en feraient de même.
S'il avait été si facile pour Harry et Rogue de cohabiter, c'était parce qu'ils n'avaient pas vraiment de griefs l'un envers l'autre. Si l'ancien Serpentard en avait voulu au Survivant, c'était parce que ce dernier ressemblait à son père. Ce n'était pas une rancœur directe mais plutôt un transfert.
Je n'étais pas franchement certaine que les choses se dérouleraient aussi facilement entre les trois vieux ennemis.
C'était le premier juillet et c'était l'anniversaire de Rose. Ma filleule allait avoir un an et c'était un événement que je ne voulais pas louper.
Ma mère avait accepté de m'accompagner, même si je l'avais prévenu que Narcissa Malefoy serait là.
Elle avait été un peu surprise quand je lui avais annoncé être la marraine de la fille de Drago, mais elle l'avait été encore plus quand je lui avais appris que j'étais très proche de ce dernier. Alors que Narcissa ne supportait pas de me voir aussi complice avec son fils, ma mère avait trouvé cette situation géniale et elle était très heureuse que j'ai eu de la famille sur qui compter.
Drago était passé à la maison avec les enfants et je les avais présenté. Si ma mère avait été un peu tendue, mon frère l'avait mise à l'aise.
Madame Weasley avait décidé qu'elle organiserait le premier anniversaire de Rose et la fête devait avoir lieu au Terrier. Ni Lucius ni Narcissa n'étaient enchantés par l'idée, mais Drago et Hermione avaient accepté et ils ne pouvaient rien dire.
Ma mère n'ayant pas encore eu l'occasion d'aller s'acheter une nouvelle baguette – la sienne ayant été brisée quand elle avait été enlevée et qu'elle avait tenté de se défendre – elle s'accrocha à moi pour transplaner.
Je tentais d'atterrir en douceur, mais je dus quand même resserrer ma prise sur elle pour l'empêcher de tomber à genoux.
- « Ca va ? lui demandais je.
- Bien sur. Ça me fait du bien de prendre un peu l'air. »
Je lui souris et l'accompagnais jusqu'au petit portail de fer. Je le poussais et nous passâmes la barrière qui cachait la maison aux moldus.
Ce n'était qu'un terrain vague et la seconde suivante, nous entrions dans un jardin. Une maison toute en hauteur et légèrement tordue trônait au milieu. Une grande table avait été installée dans le jardin et les rires résonnaient déjà.
Madame Weasley fut la première à nous voir et elle se précipita vers nous.
Molly Weasley n'avait presque pas changé en dix ans. Elle était toujours cette petite femme rondelette, si chaleureuse et maternelle qu'on ne pouvait que l'adorer. Elle avait pris quelques rides et ses cheveux roux étaient encore flamboyants.
Elle me prit dans ses bras et je dus me plier pour pouvoir lui rendre son étreinte. Elle tourna ensuite ses yeux bleus vers ma mère et lui fis un immense sourire. Elle prit les mains de Selena entre les siennes, comme si elles étaient délicates et dit :
- « Selena, vous n'avez pas idée à quel point je suis heureuse de vous revoir.
- Moi aussi Molly. Merci d'avoir pris soin de mon bébé en mon absence.
- Ce ne fut pas facile, mais nous avons fait de notre mieux.
- Le bébé vous laisse discuter », dis je en riant et en les laissant.
Je les entendis rire dans mon dos et je souris en voyant Rose se dandiner dans ma direction.
Je l'attrapais dans mes bras et recouvris son visage de bisous. Elle couina en riant et je la calais sur ma hanche en souriant.
- « Bon Anniversaire mon Trésor. (Elle plaqua ses mains sur mes joues et attira mon visage pour me plaquer un bisou baveux sur la bouche). Tu ne perds pas de temps.
- Elle est comme son père, intervint Hermione dans mon dos. Elle ne demande même plus l'autorisation. »
Je manquais de m'étouffer en retenant mon rire, mais je vis qu'elle souriait alors je laissais échapper un ricanement.
Je reposais Rose au sol, qui se dépêchait d'aller courir vers Blaise qui l'attrapait pour la laisser en l'air. J'entendis Hermione retenir sa respiration et le Serpentard lui fit un clin d'œil quand il remarqua que nous le regardions.
Je glissais mon bras sous celui de mon amie et la tirais.
- « Allez viens. On va boire un verre à ta santé.
- Ma santé ? C'est l'anniversaire de ma fille.
- Justement. (J'attrapais deux flutes de champagne sur la table et lui en tendis une). C'est le jour où elle est née, mais c'est surtout le jour où tu as souffert pendant douze heures. Tu mérites un verre.
- Elle a raison, intervint Pansy, précédée de son ventre. A la tienne !
- Qu'est ce que tu bois ? demanda Hermione en avisant son verre.
- Du jus de pomme pétillant, gloussa Pansy. Ron me la servit dans une flutte pour que je ne détonne pas du décor. »
Je ricanais et cognais ma flute contre la sienne. Je bus une gorgée et aperçus Harry qui me faisait de grands signes depuis le salon du Terrier. Au même moment, Ron sortait de la maison, les cheveux complètement décoiffés. Je fis signe à mes amies que je revenais et me dirigeais vers la maison. Je posais ma main sur le biceps de Ron et dis :
- « Ca va ? Qu'est ce qui se passe ?
- On a besoin de ton fair play féminin.
- Mon fair play quoi ? Quel fair play ?
- Justement. »
J'entrais dans la maison et entendis des éclats de voix provenant du salon.
Ginny était à l'entrée de la pièce et ses yeux sautaient d'un protagoniste à l'autre comme dans un match de Quidditch. Lily était assise dans un fauteuil en pleurant, James et Sirius hurlaient sur Rogue qui leur hurlait dessus et Harry tentait de consoler sa mère tout en essayant de calmer la dispute.
Croisant mon regard, Ginny se contenta de hausser les épaules.
Leurs cris commençant à me donner mal à la tête, j'intervins. J'entrais dans la pièce et toussotais, mais personne ne faisait attention à moi. Harry me fusilla du regard, l'air de dire ''Tu crois que j'ai pas déjà essayé ça ?!''.
- « S'il vous plait », dis je en haussant un peu la voix.
Mais toujours aucune réaction. L'agacement commença à me monter, je montais sur la table basse et hurlais :
- « CA SUFFIT MAINTENANT ! »
Un silence se fit dans la pièce, pendant que les trois hommes me regardèrent, visiblement très surpris de me voir là.
Je tirais sur le bas de mon tee shirt et remarquais que leurs regards se posaient sur les cicatrices dévoilaient par mes manches courtes et mon col en V.
Je me raclais la gorge pour ignorer mon malaise, mais Rogue fut le premier à prendre la parole.
- « Vous n'avez pas à nous parler sur ce ton Mademoiselle Saint.
- Dommage que vous ne soyez plus professeur, Professeur, parce qu'actuellement, j'en ai rien à foutre. (Ginny s'étouffa avec son gloussement et Harry haussa un sourcil). Pourquoi Lily pleure ?
- Parce… parce que… (Elle pleurait tellement qu'elle n'arrivait plus à parler).
- Elle a appris que c'est lui qui a donné une partie de la Prophétie à Voldemort, dit Ginny.
- Ah. Les explications, c'est pour maintenant alors ?
- On dirait, dit Harry.
- Très bien. Allons y pour les explications. Mais je vous préviens, dis je en voyant Sirius ouvrir la bouche. Si vous gâchez l'anniversaire de ma nièce, je vous pends par les pieds. Ancien professeur, père ou parrain. C'est clair ? (Ils hochèrent tous les trois la tête, même si Rogue me fusillait du regard et que Sirius se retenait de sourire). Bien. La Prophétie donc.
- Oui, la Prophétie, dit James. Nous nous sommes fait tuer à cause de toi, espèce de Vera… (Il s'interrompit en me voyant le fixer en penchant la tête sur le côté). Tu nous a fais tuer.
- Je suis allé voir Dumbeldore dès que j'ai compris qu'Il en avait après vous. C'est moi qui lui ai dis de vous mettre en sécurité.
- C'est bien d'avoir des remords après avoir fait la connerie, dit Sirius, sarcastique.
- Tu peux parler Black ! Dois je te rappeler que j'ai failli me faire tuer par un loup garou à cause de toi ? (Sirius le fusilla du regard mais ne dit rien, ce qui était un progrès). Je n'ai jamais voulu que vous soyez tués. J'ai protégé ton rejeton quand vous êtes mort. (Harry semblait outré par le surnom de rejeton mais ne dit rien non plus).
- Que dalle, cria presque James.
- Il dit vrai, intervins je car j'étais certaine que l'on ne s'en sortirait jamais à ce rythme là. Il a protégé Harry. Sans lui et son aide, jamais nous n'aurions pu vaincre Voldemort.
- Tu as quand même tué Dumbeldore, dit James. C'est Lunard qui me l'a dit, ajouta-t-il en nous voyant le regarder d'un air étonné.
- Comment as tu pu ? couina Lily, en sanglotant toujours.
- C'était prévu ! grogna Rogue. Vous parlez de choses que vous ignorez.
- Tu as tué le seul homme qui te faisait confiance, rugit Sirius.
- J'ai protégé Drago, contra Rogue. Demandez lui à elle ! (Il me pointa du doigt et je penchais la tête sur le côté, pensant sérieusement à le pendre par les pieds s'il me pointait encore une fois du doigt comme ça). Ne me regardez pas comme ça Saint, vous ne me faites pas peur.
- Dois je préciser que vous n'avez pas encore de baguette. Alors que moi oui. (Il pinça les lèvres. J'adorais avoir le dessus sur cet homme qui nous avait martyrisé à l'école). Dumbeldore était mourant, repris je. Il avait convenu avec Rogue que si Drago n'arrivait pas à le tuer, il devrait le faire.
- Alors la progéniture de Malefoy n'a pas eu le courage de le faire, grimaça James. Comme c'est étonnant.
- Attention James, intervins je. Moi aussi, je suis la progéniture de Malefoy.
- Désolé, dit il en baissant la tête.
- Ecoutez, dis je, voulant retourner à la fête d'anniversaire, vous êtes des adultes responsables et vous continuez de vous disputer pour des querelles d'adolescents. Comportez vous comme des adultes et tirez un trait sur tout ça. Nous aussi, nous avions cru ne pas pouvoir faire confiance à Rogue, mais nous avons admis nous être trompés. Faites pareil, ça vous changera. »
Je tournais les talons sans rien ajouter de plus et retournais dans le jardin.
Teddy et Victoire Weasley, la fille de Bill Weasley et Fleur Delacour, âgée de huit ans, jouaient à attraper des gnomes avec Fred et George, pendant que Scorpius semblait en grande discussion avec Pansy – ou plutôt son ventre – pendant que cette dernière lui caressait les cheveux en souriant. Rose était dans les bras de son père, qui discutait avec Blaise.
Je rejoignis ma mère, qui était assise à table en discutant avec Andromeda Tonks. Je posais mes mains sur ses épaules et lui souris quand elle leva la tête vers moi. Elle posa une main sur l'une des miennes et Andromeda demanda :
- « Tout le monde est vivant ?
- Pour l'instant.
- Bien. Teddy se demandait où tu étais. »
Elle me fit un clin d'œil et je souris.
Depuis quelques années, Teddy avait décidé qu'il se marierait avec moi plus tard. Apparemment, c'était classique chez les enfants.
Les petites filles voulaient épouser leurs pères et les petits garçons leurs mères.
Sauf que Teddy n'ayant ni père ni mère, il avait du trouver une alternative. Etant donné que Harry et moi étions les deux personnes qui nous occupions le plus de lui, hormis Andromeda et Ginny, il avait apparemment reporté cette lubie sur nous. Et comme j'étais ce qui ressemblait le plus à une maman à ses yeux, il avait décidé qu'il m'épouserait. Il avait développé un béguin pour moi, qui s'illustrait par des cheveux d'un rose bonbon quand il me voyait.
J'adorais ce gamin, mais je ne perdais pas espoir qu'il trouve une fille de son âge.
A peine Andromeda avait elle parlé de Teddy, que ce dernier se détourna des gnomes pour me remarquer.
- « ARWEN ! »
Il hurla mon nom, faisant sursauter quelques adultes, dont ceux qui sortaient de la maison, et se mit à courir dans ma direction comme s'il avait le Diable aux trousses, ses cheveux passant du bleu au rose en une micro seconde. Je vis Tonks rigoler alors que je réceptionnais tant bien que mal son fils.
- « Salut Citrouille.
- Je suis pas une Citrouille !
- Tu es quoi alors ?
- Ton mari.
- Mon mari ? (J'entendis quelqu'un s'étrangler dans mon dos). Mais tu ne m'as même pas offert de bague ! »
Le garçon fronça les sourcils et se précipita vers sa mère qui se baissa pour qu'il lui parle à l'oreille. Quelques secondes plus tard, elle sortait une bague en plastique de la poche de son pantalon et la donna à son fils. Ce dernier revint vers moi et me tendit fièrement l'anneau, un grand sourire aux lèvres.
J'acceptais le cadeau en souriant et dis :
- « Merci Citrouille.
- Mais si jamais je trouve une femme plus jeune que toi, tu devras me la rendre.
- Tu me laisserais pour une femme plus jeune ?
- Bien sur ! »
Et il retourna à sa chasse aux gnomes, très sérieux.
Je ris en m'asseyant à côté de ma mère et cette dernière passa sa main sur ma nuque, sous mes cheveux et dit, en riant :
- « En parlant de mari, tu n'as personne ?
- Non, dis je.
- Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer de la caser, dit Pansy en se laissant tomber à côté d'Andromeda. Votre fille semble avoir décidé qu'elle ne tomberait plus amoureuse.
- Parce que tu as déjà été amoureuse ? me demanda Andromeda, étonnée.
- Il y a longtemps.
- Elle aime les vieux, continua Pansy.
- Comment peux tu dire autant de conneries sans être bourrée, m'exclamais je en essayant de me rappeler pourquoi il ne fallait pas frapper les femmes enceintes.
- Elle fait sa difficile, reprit ma meilleure amie comme si je l'avais jamais interrompu pendant que les deux autres femmes semblait s'amuser follement, à mes dépens. Elle pense qu'il ne voudra pas d'elle.
- C'est ton mari qui ne voudra plus de toi quand j'en aurai fini », grognais je.
Pansy agita une main comme pour me congédier, tout en se penchant un peu en avant pour continuer de donner des infos à Andromeda et ma mère. Je grognais en me laissant aller dans ma chaise.
Et quand je tournais la tête, je remarquais que Sirius me regardait en souriant et je ne pus me retenir de rougir.
Sans remarquer que ma mère me fixait.
Et que mon père, un peu plus loin, faisait pareil.
-ooOoo-
La nuit qui suivit l'anniversaire de Rose, je fis à nouveau une insomnie.
Pour tout dire, j'avais particulièrement bien dormi depuis le retour de ma mère, mais le sommeil me fuit une nouvelle fois cette nuit là.
A deux heures et demi, j'étais pleinement réveillée, et je savais que je ne me rendormirais pas.
Après avoir pris une douche et m'être habillée, je laissais un mot à ma mère lui disant qu'elle pouvait me contacter chez Harry via poudre de Cheminette et sortis de la maison avant de transplaner au 12 Square Grimmauld.
J'entrais silencieusement dans la maison et m'attendais presque à ne trouver personne dans le salon.
Sauf que Harry était à sa place habituelle, assit dans le canapé devant la cheminée. Cette dernière était éteinte, mais le jeune homme avait les yeux fixés dessus.
Je le rejoignis et m'assis sur le sol, adossée au canapé. Il se laissa glisser du sofa pour rejoindre sur le tapis et dit, sa voix n'étant qu'un murmure comme s'il ne voulait pas que l'on nous entende.
- « J'ai fais un cauchemar. (Je tournais la tête vers lui, sans rien dire). Comme ceux d'avant. Comme si j'étais à nouveau dans son esprit.
- Ce n'est qu'un cauchemar Harry. Tu n'es plus un Horcruxe.
- Je sais. Mais ce n'est pas le seul.
- Quoi ? (Nous continuions de chuchoter).
- J'ai fais d'autres cauchemars.
- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?
- Les Revenants, tes visions flippantes, la libération de Malefoy, ta mère… Tu veux que je continue ?
- J'ai toujours du temps pour toi Harry.
- Je sais mais… J'ai flippé. (Je ne dis rien, posant mon regard sur l'âtre éteint). Tu crois qu'Il pourrait…
- Etre de retour ? Non. Il nous l'aurait fais savoir. Son orgueil l'aurait poussé à te narguer. C'est autre chose. De la très vieille magie.
- De la bonne magie ?
- Je ne pense pas.
- Ça nous aurait changé de la bonne magie. (Je ris). Comment ça va avec ta mère ?
- C'est génial. Je suis tellement heureuse qu'elle soit de retour. Elle m'a tellement manqué.
- Je suis heureux que tu l'ais retrouvé. Je savais que tu avais espoir qu'elle soit vivante.
- Je le sentais. (Je me massais la poitrine). Et toi, avec tes parents ?
- C'est… étrange.
- Etrange en bien ou étrange en mal ?
- Je ne sais pas.
- Explique.
- Toute ma vie, ils m'ont manqué sans me manquer. Ce n'est pas comme quand ta mère a disparu. Je n'avais aucun souvenir avec eux.
- Et on ne peut pas être en manque de ce que l'on n'a jamais connu.
- Oui. Et puis… Ils ont vingt et un ans et moi vingt huit. Je m'étais fais à l'idée, à mes vingt deux ans, que j'aurais toujours vécu plus longtemps qu'eux et maintenant…
- Tu es plus vieux que tes parents.
- Oui. En même temps, je suis tellement heureux de les voir.
- Pourquoi je suis sur qu'il y a un mais ?
- Mais est ce que c'est normal que je sois presque plus heureux de revoir Remus et Sirius ?
- Bien sur. Tu connaissais Remus et Sirius. Tu as passé du temps avec eux. Tu les as pleuré et ils t'ont manqué.
- Ça ne fait pas de moi un monstre ou un fils ingrat ?
- Non. Ca fait de toi un être humain. Et franchement Harry, avec tous ce que nous avons vécu, personne ne serait étonné que nous soyons un peu fêlé du bocal. »
Harry partit dans un fou rire et je le suivis.
A la fin, nous pleurions de rire. Mais je ne savais plus vraiment si nous rions encore.
En tout cas, c'était libérateur de pleurer.
-ooOoo-
Retourner à Poudlard était toujours beaucoup d'émotions, positives ou négatives, peu importe.
Les Langues de Plomb avaient arrêté d'examiner la Grande Salle et le Professeur MacGonagall nous avait proposé de venir passer la journée à l'école, ce que tout le monde avait accepté.
Ma mère était excitée comme une puce à l'idée de retourner au château et j'étais heureuse de la voir ainsi.
Nous passâmes la journée à flâner dans Pré Au Lard et nous fîmes le tour de l'école. Elle me racontait des anecdotes sur ses années d'étudiante et je lui racontais celles que je n'avais jamais osé lui raconter quand j'étais adolescente.
Elle finit par être fatiguée et m'abandonna pour rejoindre la Grande Salle. J'étais en grande discussion avec la Grosse Dame quand Sirius me rejoignit. La Grosse Dame rougit en le voyant et ce dernier lui adressa un sourire charmeur et une petite courbette.
- « Grosse Dame, dit il. Je voulais vous présenter mes excuses pour mon comportement envers vous lors de ma dernière visite ici.
- Oh mon Mignon ! (Je souris en la voyant rougir et glousser). Vous êtes tout pardonné.
- Vous m'en voyez ravi. (Il me fit un clin d'œil). M'en voudriez vous si je vous empruntais cette charmante jeune femme.
- Nullement ! Amusez vous ! »
Sirius me présenta son bras et je glissais le mien dessous pour le suivre.
- « Depuis quand tu flirtes avec la Grosse Dame ? finis je par lui demander en souriant.
- J'ai toujours flirté avec la Grosse Dame. (Je ris). J'ai l'impression d'avoir à nouveau dix sept ans.
- Tu n'es pas si vieux. (Nous nous arrêtâmes et je me retrouvais adossée à un mur, piégée par son corps). Tu n'as que trente six ans.
- J'ai l'impression d'être bien plus vieux que ça.
- Surement parce que tu es censé en avoir quarante huit. (Il me fusilla du regard et je ris). Allez souris Sirius.
- Je ne t'ai jamais dis merci.
- Pourquoi ?
- Pour les mots.
- Les mots ? demandais je en fronçant les sourcils.
- Les mots qui tu dispersais partout au Square.
- Oh, ces mots.
- Oui, ces mots.
- Tu semblais si triste et déprimé. (Je déglutis sous son regard trop gris). Je voulais juste que tu te sentes mieux.
- C'était le cas.
- Je pensais que tu avais oublié. (Je gigotais). Tu sais, comme tu n'en as jamais parlé.
- Je voulais juste en parler avec toi.
- Oh d'accord.
- J'ai beaucoup aimé le dernier.
- Le dernier ? (Qu'est ce qu'il faisait chaud ici !). Lequel ? (Fais l'idiote ma fille !).
- Celui que tu m'as laissé avant de repartir, à Noël.
- Oh. Je ne me souviens plus de ce qu'il disait. »
Bien sur que je me souvenais de ce qu'il disait !
Je me souvenais de tous les mots !
Mais je ne voulais pas admettre que je me rappelais de tout ce qui le concernait. Il ne manquerait plus qu'il me prenne pour une folle.
Pour simple réponse, il enfouit sa main dans la poche arrière de son jean et en ressortit un bout de parchemin jauni par le temps. Les marques de pliures étaient blanches, comme si quelqu'un l'avait plié et déplié trop souvent. Il tenait le mot entre son index et son majeur et ma respiration se coupa.
- « Je l'ai retrouvé dans la petite boite où j'avais rangé tous les autres.
- Tu les as tous gardé ?
- Bien sur. Pourquoi je ne l'aurai pas fait ?
- Ce n'était que des mots. Personne ne t'en aurait voulu de les avoir jeté.
- Je m'en serai voulu. (Oh par Merlin qu'il était beau ! Et qu'il était proche de moi !). Je n'ai pas arrêté de le relire depuis mon retour.
- Vraiment ? Il disait quoi déjà ? »
Il sourit, comme s'il savait que je mentais en disant ne pas m'en souvenir.
Il était si proche de moi que je pouvais sentir son souffle contre ma bouche. Ma gorge et ma bouche étaient sèches et ses lèvres étaient seulement à quelques centimètres des miennes.
Je rêvais de l'embrasser depuis que j'avais quinze ans, par le caleçon sale de Merlin !
Je levais une main, en espérant qu'elle ne tremble pas trop, et attrapais le parchemin pour le déplier.
L'encre s'était légèrement effacée au fil des ans, mais elle était toujours parfaitement lisible. Mon écriture était légèrement tremblante, signe que j'étais nerveuse quand j'avais écrit. Le mot était probablement l'un des plus courts que je lui avais écrit. Juste deux mots.
Je t'aime.
Mon cœur semblait s'être arrêté pour repartir de plus belle. Je levais les yeux vers lui et commençais à dire :
- « Je… »
Sauf qu'il ne me laissa pas le tems de chercher une excuse.
Il m'attrapa le visage entre ses mains et posa sa bouche contre la mienne.
Ce fut comme si un feu d'artifice explosait à l'intérieur de ma poitrine. C'était encore meilleur que ce que j'avais pu imaginer.
Sa bouche était chaude et quand j'ouvris la bouche, il y glissa sa langue. C'était comme si nous nous étions toujours embrassés, que c'était une vieille habitude. Et j'adorais ça.
Je passais mes bras autour de sa taille et le rapprochais de moi, continuant de savourer ce baiser.
A cet instant, j'étais à nouveau cette adolescente amoureuse du parrain de son meilleur ami. Et j'adorais être à nouveau cette adolescente.
Quand il s'écarta finalement de moi, j'étais essoufflée et je mourrais d'envie qu'il recommence.
Il me sourit et allait à nouveau poser sa bouche contre la mienne quand nous fûmes interrompus par un cri. Il me lâcha et se tourna vers la fenêtre derrière lui.
Au moment où je voyais le globe parfaitement rond et argenté dans le ciel, j'entendis un hurlement.
Le hurlement d'un loup à la lune.
C'était la Pleine Lune. Et nous avions un loup garou lâché au milieu d'humains.
C'était une catastrophe.
-ooOoo-
Dire que j'avais dévalé les escaliers était un euphémisme.
Je les avais littéralement survolé !
Je ne pris même pas le temps de voir si Sirius me suivait. Tout ce que je voulais, c'était rejoindre les autres.
Quand j'arrivais dans le Grand Hall, je vis que Remus n'était pas encore totalement devenu Lunard. Il se tordait de douleur, son corps commençait à se transformer.
James et Harry avaient pris chacun un bras et le tiraient dehors. Les autres étant tous à l'intérieur, il suffirait de fermer les portes pour contenir le loup garou.
Mû par une force surnaturelle, Remus/Lunard secoua le bras auquel était accroché James et réussit à la faire chuter. Le loup allait attraper Harry par le tee shirt pour s'en débarrasser, mais j'utilisais mon élan pour lui saisir le bras et l'entrainer dehors.
Dans sa rage à vouloir se libérer, il trébucha et tomba dans les escaliers de pierre, nous forçant à le lâcher si nous ne voulions pas le suivre.
Harry se précipita vers son père pour l'aider à se relever et à retourner à l'intérieur.
Etonnement, aucun de nous n'avait pensé à vérifier si les aptitudes d'Animagi de Sirius et James n'avaient pas été altérées par leurs retours et je n'étais pas certaine que cela soit le bon moment pour faire un test.
J'entendis un craquement sourd dans mon dos et je me retournais pour voir que Remus avait totalement laissé place à Lunard. Ce dernier semblait fou furieux.
De l'écume dégoulinait de sa bouche, ses yeux avaient une lueur folle et il grognait sans s'arrêter.
Il prit son élan et s'élança dans notre direction, projetant des touffes d'herbes dans tous les sens.
Je regardais rapidement dans mon dos pour voir que Harry trainait toujours un James à moitié dans les vapes dans le château tout en essayant de fermer les portes.
Je reportais mon attention sur Lunard et me laissais submerger d'un seul coup par la magie.
D'habitude, je prenais le temps de penser à mes vêtements, pour qu'ils se transforment avec moi. Sauf que je ne me transformais rarement en urgence pour me battre contre un loup garou.
Mes vêtements explosèrent autour de moi pendant que je prenais ma forme de chien et lui sautais à la gorge. Je plantais mes dents dans la gorge en grognant et glapis quand il planta les siennes dans l'une de mes pattes arrière.
J'avais beau être un gros chien et avoir la musculature qui allait avec, Lunard était un loup garou dopé à l'adrénaline et à la rage. Tant qu'il verrait des humains, il serait dans cet état là et je n'étais franchement pas sur d'arriver à le contenir pendant longtemps.
Alors qu'il me donnait un grand coup de patte qui me fit voler et qu'il s'élançait en direction des portes quasiment fermées, il se prit un grand coup de bois.
Il gémit en roulant sur lui même et je tournais la tête vers un énorme cerf.
Ce n'était clairement pas le genre d'animal que l'on croisait dans la rue. Ses bois étaient hauts et parsemés de ramures. Ses yeux d'un vert inhabituel pour un animal me regardaient fixement, entourés par des poils plus clairs que son pelage brun, qui formaient comme des lunettes rondes.
Harry avait arrêté d'aider James, laissant à nos amis la tâche de fermer la porte, pendant qu'il venait me prêter main forte.
Je me remis sur mes pattes en m'ébrouant et nous nous lançâmes sur le loup en même temps.
Cela allait être une très longue nuit.
-ooOoo-
Cela l'avait été.
Nous avions réussi à attirer Lunard dans la Forêt Interdite où il avait fini par se calmer un peu. Il avait commencé à se détendre et nous n'étions plus obligés de lui taper dessus, ce qui était un soulagement, en ce qui me concernait.
Quelques heures avant le coucher du soleil, Harry et moi réussîmes à l'attirer dans la Cabane Hurlante, son vieux repère et nous y terminâmes la nuit.
J'avais du m'endormir à un moment donné, car quand je repris connaissance, j'étais allongée sur un tas de couvertures crasseuses dans la Cabane Hurlante, complètement nue et à nouveau sous forme humaine. Je tentais de me redresser mais gémis en retombant sur les lattes en bois.
Je levais une main et la portais à mon flanc droit pour la retirer immédiatement sous l'effet de la douleur. Je regardais mes doigts pour les voir recouvert de sang.
Visiblement, j'avais été blessée hier soir. Je n'avais rien ressenti durant la nuit, sous l'effet de l'adrénaline et du stress, mais maintenant que le soleil s'était levé et que le danger s'était éloigné, mon corps souffrait.
La douleur était sourde et en relevant la tête, je vis que Remus avait échoué sur le lit qui avait été défoncé quand Harry avait jeté un sort à Rogue en troisième année et que ce dernier avait atterrit sur le meuble. Quant au Survivant, ce dernier avait élu domicile à même le sol, qui était aussi – voir plus – crasseux que les couvertures sur lesquelles je me tenais.
Je relevais la tête quand j'entendis des bruits de pas dans les escaliers et vis apparaître Madame Pomfresh, suivit de Sirius, James et Drago.
Ce dernier se précipita sur moi et me recouvrit de sa cape, protégeant ma pudeur. L'infirmière le poussa et souleva un bout du tissu pour regarder ma blessure.
Elle fit claquer sa langue sur son palais et dit :
« Il faut que je vérifie s'il n'y a pas de corps étranger dans la plaie et je ne peux pas faire ça ici. Il faut l'emmener à l'infirmerie. »
Drago ne semblait attendre que son accord, quand il passa un bras derrière mon dos et un autre sous mes genoux avant de me soulever. Je gémis quand le mouvement tira sur ma plaie et je vis Sirius lever la tête vers moi pendant qu'il aidait Harry à se relever.
Mais la douleur devint tellement forte que je préférais fermer les yeux, et perdis connaissance.
Encore.
-ooOoo-
Quand je repris connaissance, le soleil était haut dans le ciel et j'avais l'impression de mettre fait piétiner par un troupeau de centaures en colère.
J'étais fourbue, j'avais mal à mon flan bandé, mais je me sentais étonnement reposée pour la première fois depuis des années.
Si j'avais su que me battre contre un loup garou me permettrait de dormir correctement, je me serai empressée d'aller cogner sur du garou dès le début.
Je me redressais en position assise en veillant à la douleur quand je m'étirais et entendis la voix de Remus à ma gauche.
- « Je suis tellement désolé.
- De quoi ? demanda Harry qui était aussi réveillé, visiblement.
- De m'être transformé de cette manière. Je…
- Ce n'est rien, dis je en essayant de le rassurer.
- Ce n'est pas rien. Tu as été blessée. Ça aurait pu être grave !
- Mais ça ne l'est pas, dit Harry.
- Avec mon retour, revoir James, Lily et Sirius, passer du temps avec Teddy, j'ai oublié, pendant un moment, ce que j'étais. (Il passa une main dans ses cheveux). Si vous n'aviez pas été là…
- Mais nous étions là, dis je. Et je dois dire que vous m'avez rendu service, dans un sens.
- Comment ? s'étonna –t – il et en me regardant comme si j'étais folle.
- Je n'ai pas aussi bien dormi depuis des années », dis je en me rallongeant.
Harry rit pendant que le loup garou me regardait avec de grands yeux, ne sachant pas vraiment si j'étais sérieuse ou non.
Dans le prochain chapitre :La demande… Les peines de cœur… Mère et fille…
Note de l'auteure : et un chapitre de plus ! N'hésitez pas à laisser une review pour donner votre avis, ça fait toujours plaisir !
A bientôt
Bye
Infos en plus : 15 pages ; 6955 mots
