Disclaimer : L'Univers de Harry Potter ne m'appartient pas (malheureusement) sauf certains personnages et la majorité de l'histoire. Vous remarquerez surement au fil de la lecture certains passages qui sont tirés du livre, mais je le signalerai en début ou fin de chapitre ! Bonne lecture !

Note de l'auteure : Salut tout le monde ! Avec les fêtes de fin d'année, j'étais en France et j'ai complètement oublié de poster la semaine dernière ! Promis, je vais me mettre une alerte ! Mais comme d'habitude, pas de reviews, donc je n'y ai pas pensé... Je posterai un autre chapitre demain, normalement...


Chapitre 8

Voir ces objets salis par la magie noire dans ma maison m'avait rendu malade, au sens littéral.

Avant l'arrivée des Langues de Plomb, j'avais du me précipiter dans la salle de bain pour y vomir mes trippes.

Durant la Guerre, je n'avais détruit aucun Horcruxe, mais j'avais participé – entre guillemets – à la destruction de Nagini. Quand le serpent était mort, j'avais senti la magie noire s'évaporer et c'était quelque chose que je ne voulais jamais plus ressentir.

Heureusement, l'Ombre – car ça ne pouvait qu'être elle – n'avait pas eu la bonne idée de mettre un cadavre géant de serpent dans son colis, car j'aurai probablement fait un arrêt cardiaque.

J'avais une trouille bleue des serpents, ce qui était assez ironique pour la dernière descendante de Serpentard, quand on y repense.

C'est probablement cette peur qui m'a empêché de parler Fourchelang jusque là. Ma mère en était parfaitement capable, alors j'aurai du l'être aussi. Mais rien que de penser à émettre des sifflements, je sentais poindre la crise de panique.

Mes collègues Langues de Plomb avaient récupéré les objets et avaient été chargés de les protéger en attendant que l'on trouve un meilleur endroit où les entreposer, en sécurité et loin des gens.

Ma mère servait du thé à mon patron et à Kingsley, pendant que j'étais debout devant la fenêtre du salon donnant sur le jardin.

- « Où avez vous trouvé le colis ? demanda Douglas Carter à ma mère.

- Sur le lit d'Arwen. Ça m'a surpris parce qu'elle n'était pas rentrée de la journée et aucun hibou n'était venu.

- Les hiboux ne peuvent pas déposer de lettres si l'adresse n'est pas écrite sur l'enveloppe par moi, dis je. Ce que je ne fais jamais.

- Comment vous amènent ils le courrier ? me demanda Kingsley.

- Ils les laissent dans la boite. »

Je leur montrais un panneau que j'avais planté à la frontière du sort de protection sur lequel j'avais fixé une boite en bois où les hiboux pouvaient déposer mon courrier.

- « Le colis n'aurait jamais pu arriver sur mon lit comme ça, continuais je.

- Pourquoi l'avez vous ouvert ? demanda Douglas à ma mère.

- J'ai senti comme des vibrations. Comme si le contenu du colis m'appelait.

- Ces objets font partis de notre héritage, dis je. Ils ont appartenu, ou à Serpentard ou à la famille sorcière de Voldemort, ou à Voldemort lui même. Ils sont à nous, même si on n'en veut pas. Ajoute à ça un petit sort de magie noire et le tour est joué.

- Quel tour ? voulut savoir Douglas.

- On se sent obligé d'ouvrir la boite, même si on sait que c'est une mauvaise idée. »

Alors que je voyais qu'ils prenaient la mesure de la catastrophe que cela aurait pu être, Elliott Van Camp, l'un de mes collègues, entra dans la pièce comme s'il avait peur de se faire remarquer.

Comme j'étais la seule à l'avoir remarqué, je dis :

- « Du nouveau ?

- Si on veut.

- Dites nous, dit Carter.

- On a retrouvé les autres objets.

- Où ? demandais je.

- Le diadème chez Luna Lovegood. La coupe chez Andromeda Tonks.

- Chez Andromeda ? s'étonna ma mère.

- Le colis était adressé à son petit fils.

- Par Merlin, chuchotais je.

- Quoi ? demanda Kingsley.

- Est ce que Harry Potter a reçu quelque chose ? demandais je en l'ignorant.

- Mademoiselle Weasley nous a appelé pour nous dire que Monsieur Potter avait reçu une lettre étrange où il n'y avait qu'un éclair dessiné sur la feuille.

- J'ai compris.

- Quoi ? s'impatienta le Ministre.

- L'Ombre. Elle a volé les Horcruxes et les a rendu à leurs propriétaires d'origine.

- Comment ça ?

- Je suis sur que si l'on fouine un peu, on trouvera que Teddy Lupin a Helga Poufsouffle dans son arbre généalogique et que Rowena Serdaigle est dans celui de Luna Lovegood.

- Et alors ?

- Luna est la dernière descendante de Serdaigle. Elle récupère donc le Diadème. Teddy est celui de Poufsouffle, il récupère la Coupe.

- Jusque là d'accord.

- Je suis l'héritière de Serpentard, j'ai donc récupéré son médaillon et les objets ayant appartenus à ses descendants et qui me reviennent.

- Et pourquoi Potter a reçu un dessin ? demanda Kingsley.

- Harry est le dernier descendant de Gryffondor. La cicatrice était la Marque de son lien avec Voldemort.

- Attends, dit ma mère. Harry est le descendant de Gryffondor ?

- Oui. Une histoire qui mêle le Conte des Trois frères, les frères Peverrell et les Reliques de la Mort. D'ailleurs, les Potter et toi et moi sommes cousins. »

Elle se laissa tomber sur le canapé en se massant les tempes.

- « Vous pensez que ça a un lien avec les Fondateurs de Poudlard ? me demanda Carter.

- Je pense que cela a un lien avec les Fondateurs et avec Voldemort. L'Ombre est la fille de Voldemort au même titre que ma mère. Elle veut prouver à ceux qui n'ont pas abandonné l'idée de la suprématie du sang qu'elle continue le travail de son père et qu'elle a bien l'intention de réussir, qu'importe les moyens.

- Pourquoi faire revenir des morts ?

- Aucune idée. Peut être qu'elle testait ses pouvoirs. (Je haussais les épaules). Ou juste parce qu'elle le pouvait.

- Cette histoire est un vrai casse tête chinois, se plaignit Kingsley.

- Ma tête va exploser, approuva ma mère.

- Le plus important à l'heure actuelle, dis je, c'est de découvrir qui est l'Ombre et comprendre ses réelles motivations. Pour l'instant, ses actes semblent n'avoir ni queue ni tête et ne pas être reliés ensemble. Sauf qu'il y a forcément un lien. On ne fout pas un tel bordel juste pour le plaisir.

- Vous avez une date approximative de naissance ? me demanda Carter.

- Le 11 juin 1982. Mais je parierai ma baguette que l'enfant n'a pas été déclarée à cette date. Surement après. Et c'est une fille.

- Je vais faire des recherches, dit il. Et je renforcerai les barrières si j'étais vous.

- Merci Monsieur. »

Dans le quart d'heure qui suivit, les Langues de Plomb et le Ministre avaient déserté ma maison.

Alors que je m'étais toujours sentie bien ici, même après la disparition de ma mère, savoir que l'Ombre avait réussi à contourner mes protections et à faire entrer chez moi des objets de magie noire, rendait mon sentiment de sécurité proche de zéro.

Je ne me sentais pas bien et je mourrais d'envie d'aller ailleurs.

Impression dont je fis part à ma mère.

- « Nous devrions aller ailleurs quelques jours.

- Arwen…

- Le temps que je comprenne comment Elle a fait. Personne n'a jamais réussi à trouver cette maison depuis que je l'ai caché. Pas depuis que je l'ai soumis au sortilège Fidelitas. Je vais essayer de trouver comment elle a fait, mais en attendant, aucune de nous ne peut rester ici.

- C'était peut être un coup de chance.

- Je ne mettrais pas nos vies en danger en me disant que c'était un coup de chance. Elle pourrait entrer ici et nous égorger dans notre sommeil. Je ne prendrai pas ce risque.

- Très bien. (Elle prit une grande inspiration). Où vas tu aller ?

- Et toi ?

- Je vais aller chez Andromeda. Nous étions amies à l'époque et nous avons renoué contact à l'anniversaire de la petite Rose.

- Très bien. La maison d'Andromeda a servi de cachette pour l'Ordre. Elle est toujours entourée de protection et tu y seras en sécurité. Pour quelques temps.

- Et toi ? Où vas tu aller ?

- Je ne sais pas. Je verrai.

- Tu pourrais aller chez Drago et Hermione.

- Pour me coltiner Narcissa et Lucius ? Je préfère encore dormir sous un pont. (Je lui souris). Je vais me débrouiller Maman. Comme je l'ai toujours fais. »

Elle sembla vouloir ajouter quelque chose. Mais elle se ravisa en voyant mon expression et se contenta d'aller préparer un sac avec ses affaires.

Parfois, elle oubliait que je n'étais plus l'adolescente de quinze ans que j'avais été quand elle avait été enlevée.

Parfois, elle oubliait que j'avais vécu la guerre et que pendant qu'elle souffrait, seule dans sa cellule, je me battais contre des araignées géantes et des Mages Noirs.

Je n'étais plus une enfant.

J'étais une adulte.

Une sorcière aux pouvoirs bien plus puissants que les siens.

-ooOoo-

Les deux premiers jours, j'avais dormi dans mon bureau, au Ministère.

Sauf que Ron m'avait surprise le troisième et était allé me dénoncer à Harry et Pansy.

Cette dernière avait voulu que je vienne chez elle et Ron, sauf que je ne voulais pas m'imposer alors qu'elle semblait sur le point d'exploser.

Littéralement.

Harry avait alors décrété que je viendrais au 12 Square Grimmauld.

Sans même me demander mon avis.

Espèce d'idiot trop autoritaire.

Me voilà donc à loger au Square, coincée entre les Potter – première et deuxième génération – et Sirius.

Remus et Tonks étaient allés vivre chez Andromeda, où ils pouvaient être avec leur fils tous les jours.

J'essayais de me faire toute petite, pour ne pas attirer l'attention de Sirius, qui, je le savais, voulait avoir une nouvelle conversation.

J'étais toujours intimement persuadée que nous lancer dans une relation de couple était une mauvaise idée, mais il ne semblait pas partager mon avis.

Comme à mon habitude, je ne dormais pas beaucoup.

Je faisais des cauchemars atroces dont je n'avais aucun souvenir.

Le seul indice que j'avais sur le fait qu'ils étaient atroces était que je me réveillais avec un sentiment de panique si intense que la plupart du temps, j'étais sous ma forme de chien, à grogner contre un ennemi invisible.

Les seuls moments où je me transformais involontairement, c'était quand je dormais et ce n'était jamais bon signe.

Dans ces moments là, j'étais plus chien qu'humain.

Toujours secouée par mon cauchemar, je descendis les marches menant à la cuisine, toujours sous ma forme de canidé.

J'entendis du bruit provenant de la cuisine et j'en pris la direction, mes griffes cliquetant sur le parquet.

Lily était debout devant la gazinière, semblant faire du thé.

Son instinct sembla lui dire que quelque chose de possiblement dangereux se trouvait dans son dos car elle se tourna et sursauta en me voyant.

- « Par Merlin ! (Je m'assis sur mon postérieur et tirais la langue en un simulacre de sourire canin). Qu'est ce que tu fais sous ta forme d'Animagus. »

Comme réponse, je m'approchais d'elle, la queue baissée, les oreilles plaquées sur mon crâne et le museau au ras du sol en couinant.

- « Tu as fais un cauchemar ? (Je hochais la tête). J'ai fais du thé, si ça te tente. »

Je me contentais de pousser une chaise – pour elle – et m'allongeais à côté, ma truffe entre mes pattes avant.

La jeune femme sourit et se remplit une tasse du liquide brûlant avant de prendre place sur la chaise.

Je rampais plus près et elle glissa ses pieds nus dans la fourrure de mon dos. Je gémis et roulais sur le dos, pour qu'elle me gratte le ventre.

J'aimais me comporter comme un chien.

La vie semblait tellement bien plus simple quand je me déplaçais à quatre pattes.

Lily but une gorgée en agitant les orteils sur mon ventre et dit :

- « Moi non plus je n'arrive pas à dormir. James et Sirius sont allés rejoindre Remus pour l'aider avec la Pleine Lune. (Je couinais). Je sais que Lunard est plus calme quand Cornedrue et Patmol sont avec lui, mais je me fais toujours beaucoup de souci. (Je laissais ma langue pendre sur le côté et elle rit). Tu es surement le chien le plus adorable que j'ai jamais vu. Peut être parce que tu es une humaine. (Je jappais et elle rit encore). Toi et Sirius êtes si semblables. (Je me remis sur le ventre en grognant). J'ai vu assez de filles le regarder avec les yeux de l'amour pour le reconnaître chez n'importe qui. (Je retroussais les babines). Mais il n'en a jamais regardé aucune comme il te regarde toi. (J'éternuais). Je ne sais pas ce qui te retient exactement. Mais je suis prête à parier que tu connais mon histoire avec James. (J'émis un bruit de gorge qui aurait été un ricanement si j'avais été humaine). Je m'étais persuadée que je n'étais qu'une parmi tant d'autres. Mais en réalité, j'étais la seule et les autres n'étaient que… les autres. Nous avons vécu notre vie à fond parce que nous savions que la guerre grondait. Sirius n'a jamais eu la chance de rencontrer une fille bien. (Je posais ma tête sur mes pattes avant). Avant de te rencontrer. Il tient énormément à toi, tu sais. »

Elle me sourit, et je décidais qu'il était temps de redevenir humaine.

Je me redressais en entamant le changement et quand j'eus fini de redevenir humaine, j'étais debout, vêtue d'un tee shirt trop grand et d'un short en coton détendu.

Elle ne dit rien tant que je ne fus pas assise à ses côtés, une tasse entre les mains.

- « J'ai des sentiments pour Sirius depuis la première fois que je l'ai vu. C'était juste après le retour de Voldemort. Ma mère venait de nous faire déménager et j'étais perdue, ne sachant pas pourquoi elle semblait si paniquée. Il était brisé. Brisé d'avoir perdu ses amis, d'avoir passé douze ans en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis. (Je vis une larme couler sur sa joue). Mais il était le plus bel homme que j'avais jamais vu de toute ma vie. (J'eus un sourire en baissant les yeux sur ma tasse). Il errait dans la maison comme une âme en peine et je voulais tellement le faire sourire. Alors je me suis mise à semer des petits mots partout dans la maison. Parfois, je me cachais pour voir sa réaction. J'aimais tellement le voir sourire. Il semblait rajeunir de dix ans. Mais je n'étais qu'une gamine. Une gamine de quinze ans, qui était la meilleure amie de son filleul. (Je pris une grande inspiration). Quand il est mort, mon cœur s'est brisé. Après la guerre, j'ai rencontré des hommes, mais aucun ne semblait être à la hauteur. Seulement parce qu'aucun n'était lui. J'étais persuadée que je finirai ma vie seule parce qu'il était mort. Quand il est revenu…

- Tu devrais sauter sur l'occasion.

- Tu connais l'histoire de ma famille ?

- Oui. Ton arbre généalogique est assez…

- Pourri.

- Intéressant. Mais cette histoire de Malédiction… (Elle ricana). C'est idiot. La seule personne qui s'empêche d'être heureuse dans cette histoire, c'est toi. Tu es la seule à te rendre malheureuse. (Elle me caressa la joue). Ils sont tous heureux. Pourquoi pas toi ? »

Elle me sourit, prit sa tasse et quitta la cuisine pour remonter les escaliers, me laissant seule avec mes pensées.

Peut être avait elle raison.

Peut être étais je la seule à m'empêcher d'être heureuse et de vivre pleinement ma vie.

Sirius était là, bien vivant.

C'était la chance que je ne pensais jamais avoir.

-ooOoo-

Ma mère voulait me parler de quelque chose et je devais la retrouver pour déjeuner, sur le Chemin de Traverse.

J'avais quitté mon bureau et avais transplané dans le Chaudron Baveur avant d'emprunter le passage à l'arrière du pub.

Je portais mon uniforme de Langue de Plomb et je transpirais un peu sous mon tee shirt à manches longues.

Pendant que je travaillais, je portais toujours des manches qui me couvraient les bras et un col qui ne laissait pas voir mon décolleté, ne voulant pas que mes collègues puissent voir mes cicatrices.

Je marchais sur la route pavée, les talons de mes bottes claquant.

Je retrouvais ma mère dans un petit bistro qui venait d'ouvrir et qui avait de très bonnes critiques. Je n'y étais jamais allée manger, mais Pansy si, et elle m'en avait fait bonne presse.

Quand j'entrais dans la salle du restaurant, je repérais ma mère presque immédiatement. Elle était assise à une petite table ronde, qui donnait sur la rue à travers la grande baie vitrée, et regardait les gens se presser en se rongeant l'ongle de son pouce gauche. Je voyais sa jambe droite tressauter sous la table, signe qu'elle était vraiment très nerveuse.

Je souris à la serveuse en lui indiquant que j'étais attendue et allais rejoindre ma mère en retirant ma veste. Je la posais sur le dossier de ma chaise et y pris place en lui souriant.

Je fronçais légèrement les sourcils quand elle me jeta un rapide coup d'œil avant de se remettre à observer la rue, sans même me rendre mon sourire ou arrêter de s'agiter.

Comme elle ne prenait toujours pas la parole, je finis par poser ma main sur la sienne et l'éloignais de sa bouche.

- « Et si tu me disais plutôt ce qui ne va pas au lieu de rester silencieuse ?

- Je crois que quelqu'un me suit.

- Comment ça ?

- C'est une sensation. (Elle noua ses doigts sur la table, agitant toujours sa jambe). Dès que je mets un pied dehors, j'ai les poils qui se hérissent, comme si un prédateur était à ma poursuite.

- Et que tu étais la proie.

- Oui. (Elle me fixa, plongeant ses yeux d'un étrange violent dans les miens, similaires). Je n'ai pas enfin retrouvé ma liberté pour être prise en chasse.

- Tu es peut être juste paranoïaque Maman. (Je lui fis un sourire qui se voulait rassurant). Je le suis aussi depuis qu'Elle a réussi à entrer chez nous. Tu es en sécurité chez Andromeda.

- Ça n'a rien à voir, grogna – t – elle en claquant sa main sur la table, me faisant sursauter. Tu ne comprends pas. Tout va bien quand je suis chez Andromeda. C'est quand je sors que je me sens chasser.

- Maman…

- J'aurai mieux fait de me taire, murmura – t – elle. Tu ne me crois pas, toi non plus.

- Moi non plus ? (Je fronçais les sourcils et elle se tendit). Tu en as parlé à quelqu'un d'autre.

- Oui, admit elle à contre cœur. A Lucius.

- Tu lui en as parlé avant de m'en parler ? (J'étais furieuse). Tu lui fais plus confiance qu'à moi ?

- Ça n'a rien à voir Arwen. Tu mélanges tout.

- Vraiment ? (Je me penchais en avant sur la table, me rapprochant d'elle). Est ce qu'il t'a dit qu'il savait ? (Je vis que j'avais attisé sa curiosité). Est ce qu'il t'a dit qu'il savait où tu pouvais te trouver depuis des années ? Il aurait pu utiliser cette information pour négocier une remise de peine, mais il n'a rien dit. Il a attendu de sortir de prison pour m'en parler. Il a attendu dix ans. Tu aurais pu ne passer que trois ans à Nurmengard à cause de Voldemort. Mais tu en as passé treize à cause de Lucius. (Je savais que c'était mesquin de lui balancer ça, mais j'étais folle furieuse). C'est ça l'homme que tu aimes toujours. (Je secouais la tête et soupirais). Je m'en vais. »

Je me levais et enfilais ma veste.

J'avais presque atteint la porte quand le restaurant paisible se transforma en champ de bataille. Il y eut une explosion – peut être de l'intérieur, peut être de l'extérieur – et le souffle me fit décoller du sol, me projetant contre un mur, au fond du restaurant.

Mon dos percuta violemment le mur, me coupant la respiration. Je me retrouvais allongée à plat ventre, luttant pour reprendre mon souffle, des morceaux de plâtre me tombant dessus.

Je me redressais en toussant, la poussière m'empêchant pleinement de respirer. J'époussetais le plâtre de mes vêtements et attrapais ma baguette.

Je regardais autour de moi et repérais ma mère qui se relevait. Elle avait été soufflée par l'explosion elle aussi, mais le mur plaçait derrière sa chaise avait amorti sa chute.

Contrairement à la mienne, puisque j'avais eu le temps de traverser le restaurant avant de rencontrer un obstacle.

Je titubais vers elle et attrapais son coude.

- « Est ce que ça va ? »

Mes oreilles sifflaient et je réalisais que je criais.

Ma mère se contenta de hocher la tête en portant une main à son front. Elle avait une coupure et elle saignait.

Rassurée sur son sort, je sortis du restaurant en passant par ce qui avait été auparavant une fenêtre.

Du verre crissait sous les semelles de mes bottes.

Les gens hurlaient en courant dans tous les sens pour essayer de se mettre à l'abri.

Je regardais autour de moi, essayant de déterminer la provenance de l'explosion.

Le Londres Sorcier n'avait plus subi d'attentats depuis la mort de Voldemort, et à cette époque déjà, nous n'étions pas préparés pour lutter et intervenir.

Après dix ans sans attaque, nous l'étions encore moins, ce qui voulait dire que notre défense était lamentable.

Je me mis à aider des personnes blessées à se mettre à l'abri.

Je venais d'aider une petite fille à rejoindre sa mère quand je La vis.

Elle était debout au milieu de la rue, entièrement vêtue de noir. Je ne pouvais voir la moindre parcelle de peau. Elle portait des gants et sa capuche cachait entièrement son visage.

Je passais la petite fille que je tenais dans les bras à sa mère et La rejoignis.

A vue de nez, elle était un tout petit peu plus petite que moi. Elle était aussi plus menue. Si je ne savais pas ce dont elle était capable en matière de magie, elle pouvait passer pour inoffensive. D'ailleurs, c'est ce dont elle devait paraître, quand elle n'était pas cachée sous une cape, à s'amuser avec nous.

Personne ne pourrait soupçonnait la femme qu'elle était en réalité d'être l'Ombre.

Je m'avançais vers elle, mes doigts fermement serrés autour de ma baguette.

Je pouvais sentir l'amulette me protégeant – et protégeant les autres – de mes propres pouvoirs frotter contre ma peau. C'était une sensation presque réconfortante.

Elle se mit à avancer aussi, sa cape ondulant au rythme de ses pas.

Quand nous finîmes par nous arrêter, nous nous tenions à deux mètres l'une de l'autre, la distance réglementaire pour les duels.

- « Qui es tu ? lui demandais je.

- Je ne suis personne.

- Si. Tu es la fille de Bellatrix Lestrange. La fille de Voldemort. (Elle gloussa). Qui es tu ?

- Je suis ta tante.

- Tu es un danger. (Elle grogna).

- Je veux juste perpétuer l'œuvre de mon père. Je veux mon héritage.

- Tu n'as aucun héritage. Voldemort est mort et toute son œuvre avec lui.

- Je suis l'héritière de Serpentard.

Non. C'est moi son héritière. Tu es le deuxième enfant de Voldemort. C'était ma mère son héritière et à ma naissance, je le suis devenue. Tu n'es rien. (Je n'étais pas sur que cela soit une très bonne idée de la mettre en colère, mais je n'en avais pas de meilleure). Il ne savait même pas que tu existais. »

Je l'avais mise en colère.

Très en colère.

Elle poussa un hurlement de rage si puissant que les murs des bâtiments autour de nous en tremblèrent. La magie explosa autour de nous et j'eus peur qu'elle blesse encore quelqu'un. Parce qu'il était évident que c'était elle la responsable de l'explosion.

- « J'ai attendu pendant des années, grogna – t – elle en avançant vers moi. J'ai pris mon temps, attendant mon heure. J'ai haï ton ingrate de mère, je t'ai haï, en sachant qu'un jour, je me vengerai. Aujourd'hui, j'ai bien l'intention d'être à la hauteur de la raison pour laquelle je suis née. »

Elle leva les mains vers moi et la seconde suivante, j'avais l'impression qu'un troupeau de géants me passait dessus.

Je tombais sur la route pavée, mes côtes craquant douloureusement.

Quand la sensation d'écrasement cessa enfin, ma respiration était sifflante, et des bulles se formant sur mes lèvres quand je tentais de respirer.

Je n'étais pas médicomage, mais vu la douleur que je ressentais dans la poitrine et aux côtes, l'une de ces dernières avait du me perforer un poumon. Il devait se remplir de liquide et je ne tarderai pas à me noyer dans mon propre sang.

Je toussais et levais une main à mon cou, attrapant la chaine à laquelle pendant mon médaillon. Je tirais dessus, cassant les mailles, et laissais tomber ma main sur le côté, lâchant l'amulette sur le sol.

Au moment même où le médaillon censé me protéger de moi même ne fut plus en contact avec ma peau, ma magie m'envahit, débordante et destructrice.

Etrangement, elle était bienveillante et réparatrice, aussi.

Je sentis mes côtes craquer et le sang quitter mon poumon, ce dernier se renfermant. Je toussais, recrachant le sang qui me restait dans la gorge.

Je roulais sur le côté, me redressant et fixais l'Ombre qui se tenait un peu plus loin.

Je me remis sur mes pieds, complètement gorgée de magie, à tel point que ma tête tournait.

J'entendis quelqu'un hurler mon nom. Je tournais légèrement la tête vers la gauche, regardant par dessus mon épaule, pour voir Harry et Drago courir dans ma direction. Notre direction.

Je tendis le bras vers eux, laissant filer juste un peu de magie. Ils s'arrêtèrent brusquement, comme s'ils avaient violement percuté un mur invisible.

Mon frère me fixait avec un air horrifié et quand je tournais à nouveau la tête vers l'Ombre, j'aperçus mon reflet dans un miroir fissuré.

Mes yeux étaient rouges. D'un rouge sang. Exactement comme ceux de Voldemort.

Ma peau était parsemée de fines veines noires, comme si la magie m'empoisonnait.

J'étais pourrie. Pourrie par la magie noire. Pourrie à cause des actes de personnes que je haïssais.

Je regardais l'Ombre et je pouvais presque la voir sourire.

Je retroussais ma lèvre supérieure sur mes dents et agitais les doigts dans sa direction, comme pour lui dire de venir me chercher.

Elle ne se fit pas prier. Elle lança un sort dans ma direction et je fis un pas de côté pour l'éviter.

C'était mon tour.

Je transplanais derrière elle, la prenant par surprise, et posais mes mains sur ses tempes. J'utilisais ma Légimencie – rendue plus puissante par mon overdose de magie – et plongeais en elle.

Elle hurla et je tentais de voir ses souvenirs, cherchant un indice sur son identité.

Mais elle était forte et douée en Occlumencie visiblement.

Je ne voyais rien et elle finit par m'expulser de sa tête.

Elle me mit un coup de coude dans le nez et quand elle se tourna vers moi, je l'attrapais par le col de sa cape et lui mis un coup de boule.

Je n'en avais jamais mis.

J'avais déjà vu Drago en mettre un et ça n'avait pas semblait douloureux quand il l'avait fait.

Là, j'avais l'impression qu'un pie vert avait élu domicile dans mon crâne.

Je la vis tituber et porter une main à son visage. Quand elle l'écarta, son gant était tâché d'un liquide rouge écarlate.

Du sang.

Quelques gouttes tombèrent sur le sol pavé et elle poussa un rugissement de rage, avant de transplaner, disparaissant.

Je m'appuyais contre le mur d'un magasin qui avait presque été totalement épargné par l'explosion et mon combat avec l'Ombre.

Ma mère sortit du restaurant, en trébuchant, regardant autour d'elle avant de me voir. Elle se précipita vers moi et me serra contre elle.

- « Es tu blessée ? me demanda – t – elle.

- Ca ira. Et toi ?

- Ça ira aussi. (Elle me fit un petit sourire). Qu'est ce qui s'est passé ?

- C'était l'Ombre. (Je regardais le chemin). Elle a saigné. »

Je me précipitais vers l'endroit où les gouttes de sang étaient tombées sur le sol. Je m'accroupis devant et souris en voyant ce petit trésor, qui allait nous permettre de l'identifier.

L'identification par le sang ou les autres fluides n'était pas encore très avancée chez les sorciers. Pas autant que cela l'était chez les Moldus, mais nous étions capables de déterminer quelques petites choses.

J'utilisais ma baguette pour récolter le sang et le mettre dans un petit flacon que j'avais toujours sur moi.

Alors que je le glissais sous ma cape, là où il ne se briserait pas, ma mère s'approcha de moi, mon collier dans la main.

La chaine avait été brisée quand j'avais tiré dessus, mais elle avait glissé le médaillon autour d'un cordon. Je baissais la tête pour la laisser passer le collier autour de mon cou.

- « Ce n'était pas raisonnable de le retirer, me murmura – t – elle.

- C'était la seule solution, lui répondis je sur le même ton puisque nous étions entourées de personnes sortant évaluer les dégâts. Elle est très puissante. Elle allait me tuer. »

Elle me caressa les cheveux avant de m'embrasser sur le front, puis alla aider les blessés.

Je glissais ma main sous ma cape pour récupérer le flacon et souris en voyant le liquide rouge flottant au fond.

Si l'Ombre pouvait saigner, cela voulait dire qu'Elle n'était pas invincible.

Et si elle n'était pas invincible, cela signifiait qu'Elle pouvait mourir.

-ooOoo-

Le Ministère avait fini par arriver sur le Chemin de Traverse.

Après la bataille, comme d'habitude.

Ils avaient nettoyé les rues et réparé ce qui devait l'être.

J'avais donné le flacon contenant l'échantillon de sang à un Auror, qui m'avait assuré qu'il le ferait passer aux personnes compétentes.

J'étais en train de jouer avec mon médaillon, quand Douglas Carter apparut à mes côtés.

Il regardait autour de nous, évaluant silencieusement les dégâts.

- « D'après les témoins, c'était assez impressionnant, commenta – t – il.

- Elle est très puissante.

- Ils parlaient surtout de vous. (Je tournais la tête vers lui). Une gamine a même dit que vos yeux étaient rouges.

- Un effet d'optique.

- C'est ce que je me suis dis. (Il me regarda dans les yeux). Si les rumeurs que j'ai entendu sur l'étendu de vos pouvoirs sont vraies, si vous avez vraiment réussi à la repousser avec votre magie, il vaudrait mieux que cela reste un secret. Il ne faudrait pas que de mauvaises personnes n'apprennent la vérité et la raison pour laquelle vous êtes une sorcière aussi puissante.

- Vous pensez que l'on pourrait demander à avoir ma tête ?

- C'est une possibilité. Et si vous voulez mon avis, votre tête est bien mieux sur vos épaules.

- Je suis d'accord avec vous. (Il me sourit). Vous avez quelque chose pour moi ?

- Il se pourrait bien que oui. (Il passa une main sous sa cape pour en ressortir un morceau de parchemin plié en deux, qu'il me tendit). J'ai trouvé quelque chose dans les registres de naissance, mais c'est un cul de sac.

- Pourquoi ?

- Parce que la seule personne pouvant correspondre est morte quelques jours après sa naissance.

- Vous voulez dire qu'il n'y a qu'une seule petite fille née en juin 1982 en Angleterre ?

- Plusieurs, si on compte les moldus, mais chez les sorciers – et je compte les nés moldus – nous arrivons à un décompte de deux.

- Seulement deux ?

- Oui. L'une d'elle est Astoria Greengrass et je crois que nous sommes d'accord pour dire qu'elle ne correspond pas à l'image que l'on se fait d'un Bébé Magique.

- Non, assurément pas. Merci quand même Monsieur.

- Reposez vous Arwen. Et ne faites rien de stupide. »

Il me fit un petit sourire avant de tourner les talons et de s'éloigner.

J'ouvris le petit morceau de parchemin. Il y avait quelques mots écris à l'encre noire, avec une écriture penchée.

Lux Smith

Née le 12 juin 1982

Morte le 19 juin 1982

J'avais un nom.

Mais d'après ce que les archives disaient, Lux Smith était morte à une semaine.

Si cette Lux Smith était réellement un Bébé Magique, elle ne serait pas morte. Ça ne pouvait donc pas être elle.

Il allait falloir que je trouve autre chose.

Mais au moins j'avais un nom et un peu de sang.

C'était toujours mieux que rien.


Dans le prochain chapitre :Le grand jour… Ensemble… Lux Smith… La Marque…

Note de l'auteure : ainsi s'achève le chapitre 8 !

J'espère qu'il vous a plu et que vous avez toujours envie de lire la suite.

J'espère vous retrouver la semaine prochaine.

A bientôt

Bye

Infos en plus : 12 pages ; 5372 mots