Disclaimer : L'Univers de Harry Potter ne m'appartient pas (malheureusement) sauf certains personnages et la majorité de l'histoire. Vous remarquerez surement au fil de la lecture certains passages qui sont tirés du livre, mais je le signalerai en début ou fin de chapitre ! Bonne lecture !

Note de l'auteure : Salut tout le monde ! Je vous poste le chapitre avec une journée d'avance, parce que je prends l'avion demain pour me rendre en France et il y a de fortes chances pour que le fait de publier me sorte complètement de la tête ! Alors voilà ! Toujours aucune review... Bref... Bonne lecture !


Chapitre 10

Douglas Carter était venu me chercher aux aurores.

Apparemment, il avait trouvé un lien reliant Lux Smith – Mallen au Bébé Magique.

Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il avait vu, mais j'avais accepté de l'accompagner quand il m'avait demandé de venir avec lui voir Randa Mallen.

Elle vivait dans la banlieue de Londres, dans une petite maison pavillonnaire comme des centaines de gens.

Sa maison ressemblait à toutes les autres qui se trouvaient autour.

J'avais lu son dossier, qui se trouvait au service des Aurors.

C'était une sorcière. Elle avait étudié à Poudlard quelques années avant les Maraudeurs et ma mère. Elle avait épousé Steven Mallen à leur sortie de l'école et avaient mis quelques années avant de réussir à avoir un enfant.

Mais après la mort de leur bébé, et après que Randa ait fait un scandale sur l'identité de l'enfant mort, Steven Mallen était parti.

Randa avait quitté la maison dans laquelle ils avaient tenté de fonder un foyer et était allée vivre chez ses parents. A la mort de ces derniers, elle avait hérité de leur petite maison et y vivait depuis.

Je me plaçais légèrement en arrière par rapport à mon supérieur, ma capuche posait sur ma tête, assez pour cacher la couleur de mes cheveux, mais pas assez pour que mon visage soit camouflé.

Carter m'avait dit que Randa Mallen avait été à l'école en même temps que mon père et qu'elle avait été la victime de ses brimades, étant une née moldue.

Je m'étais d'ailleurs demandée comment elle avait fait pour échapper à la purge menée par Ombrage durant la Guerre, qui consistait à retrouver et éliminer les nés moldus.

A la mort de Lux et après le départ de son mari, Randa avait cassé sa baguette et avait décidé de vivre comme une moldue. Elle était serveuse dans un restaurant et gagnait juste assez pour vivre et entretenir la maison. A force de ne plus être sollicités, ses pouvoirs s'étaient endormis, comme un muscle atrophié après ne pas avoir été utilisé pendant longtemps, ce qui lui avait permis de passer sous les radars du Ministère de l'époque.

Carter appuya sur la sonnette. Le bruit résonna à l'intérieur de la maison, comme si elle était vide.

La porte s'ouvrit juste assez pour que la femme de l'autre côté puisse nous voir.

- « Oui ?

- Madame Mallen ? Madame Randa Mallen.

- Randa Oliver. (La porte s'ouvrit un peu plus). J'ai repris mon nom de jeune fille après mon divorce. »

Randa Oliver était une femme de petite taille. Elle devait bien mesurer une demi tête de moins que moi. Ses cheveux qu'elle avait eu bruns dans sa jeunesse – j'avais vu une photo – étaient grisonnants et retenus en une tresse. Ses yeux bruns étaient entourés de rides et son visage donnait l'impression qu'elle avait une dizaine d'années de plus que son âge réel. C'était le visage d'une femme qui avait connu le chagrin et qui était fatiguée.

- « Madame Oliver, reprit Carter, je m'appelle Douglas Carter. Je suis le Directeur du Département des Mystères du Ministère de la Magie. (Il se tourna légèrement vers moi). Et voici…

- Je sais qui elle est. (Elle planta son regard dans le mien). Arwen Saint. (Elle tourna les yeux vers Douglas quand elle remarqua que je n'étais pas le genre de personne à baisser les yeux devant quiconque). Qu'est ce que vous voulez ?

- Nous voudrions vous parler d'un événement qui est survenu il y a vingt six ans. (Elle blêmit). Est ce que nous pouvons entrer ? »

Pour seule réponse, elle se décala et ouvrit la porte en grand pour que nous puissions entrer.

La maison était lumineuse, et les meubles semblaient dater de l'époque où elle appartenait aux parents de Randa. J'aperçus des photos encadrées accrochées au mur et je ne pus m'empêcher d'y jeter un coup d'œil.

Les parents de Randa.

Randa avec son ex mari.

Un bébé.

Steven avec le bébé.

Randa avec le bébé.

Le couple avec le bébé.

Je pouvais affirmer sans trop me tromper que ce bébé devait être Lux Mallen.

Je sentis une présence dans mon dos et jetais un coup d'œil par dessus mon épaule pour voir Randa Oliver qui se tenait derrière moi.

- « C'était un très beau bébé, dis je.

- Je sais. Elle était la prunelle de mes yeux. (Elle posa ses yeux sur moi). Est ce que vous avez des enfants ?

- Non. Mais j'ai un neveu et une nièce.

- Les enfants de Drago Malefoy hein.

- Et ceux d'Hermione Granger. »

Le fait que je rappelle que le fils de Lucius Malefoy, qu'elle semblait tant détester, avait eu des enfants avec une Née Moldue semblait l'adoucir.

- « Est ce que je peux vous servir quelque chose à boire ?

- Ca ira, merci, dit Carter. Madame Oliver, nous voudrions vous parler de Lux.

- J'avais bien compris. (Elle se servit un verre de bourbon qu'elle avala cul sec avant de remplir son verre à nouveau). Je maintiens toujours que ce bébé n'était pas ma fille.

- Nous pensons que vous aviez raison à l'époque, dis je.

- Pardon ?

- Les récents événements pourraient avoir un lien avec la mort prématurée de Lux.

- Comment ça ?

- Est ce que vous aviez remarqué quelque chose d'étrange avant sa mort ? Des personnes rodant autour de chez vous, qui se serait intéressée de près à elle. Ce genre de choses.

- Je ne crois pas. C'était il y a si longtemps. Pourtant, je me souviens parfaitement du jour où je les retrouvais dans son petit lit.

- Qu'est ce qui vous a fait dire que ce n'était pas vraiment Lux ? demanda Douglas.

- Elle lui ressemblait. Pour quelqu'un qui ne la connaissait pas, c'était elle. (La voix de Randa tremblait, signe qu'elle retenait ses larmes). Mais je l'ai porté et mise au monde, vous comprenez. J'aurai pu la reconnaître les yeux fermés. (Elle prit une grande inspiration et une gorgée de son verre). Et puis, Lux avait une tâche de naissance. (Elle passa son bras gauche par dessus son épaule droite pour toucher son omoplate). Juste là. Le bébé dans le berceau n'en avait pas. Quelqu'un a remplacé ma fille.

- Merci Madame Oliver », dit Douglas.

Mon patron se leva et je le suivis, sans savoir ce que cela nous avait apporté exactement.

Nous prîmes congé de Randa Oliver, la laissant seule avec sa bouteille de bourbon.

J'aurai bien pris un verre d'ailleurs.

Une fois plus loin dans la rue, je demandais :

- « Qu'est ce que ça nous apporte ?

- Lux Mallen est née à Saint Mangouste.

- Comme la grande majorité de bébés nés de parents sorciers. Où est le rapport ?

- Un bébé, même né à domicile, doit faire un séjour à Saint Mangouste. C'est la loi.

- Je connais mon code pénal. C'est pour contrôler le taux de magie et vérifier si le gynécomage n'a pas loupé le fait que l'enfant puisse être un Cracmol.

- Exactement. Et cela nous permet de les enregistrer dans le registre des naissances et de les inscrire à Poudlard.

- Je croyais que les registres de Poudlard se remplissaient automatiquement.

- Pas exactement. Ils le font pour les enfants Nés Moldus, grâce à la Trace, mais les registres se mettent à jour après l'examen complémentaire.

- D'accord. Quel rapport avec Lux Mallen ?

- En farfouillant dans les registres de l'hôpital, j'ai découvert qu'il y avait eu une incohérence.

- Laquelle ?

- Je crois qu'il y a eu un échange de bébé.

- Un échange de bébé ?

- Et bien, si les parents adoptifs du bébé magique avait voulu qu'il soit reconnu dans les registres de Poudlard, ils ont du l'emmener à St Mangouste, même s'il est né à Azkaban.

- Donc vous pensez qu'il y a eu une erreur dans la remise des bébés et que les Mallen se sont retrouvés avec le bébé magique.

- Oui.

- Et après ?

- Quand les parents adoptifs se sont rendus compte de l'erreur, ils se sont organisés pour récupérer le bébé.

- Mais il suffisait de refaire l'échange et de faire croire que les bébés étaient les mêmes. Aucun bébé ne serait mort.

- C'est là que je ne comprends pas. Peut être que la véritable Lux Mallen, celle que Randa Oliver a mis au monde, a véritablement succombé à la mort subite du nourrisson. Même en faisant l'échange, ils n'auraient rien pu changé.

- Alors il nous suffit de trouver avec quel bébé la vraie Lux Mallen a été échangée. Parce que je présume que quand vous avez dit que seulement deux bébés filles sorcières étaient nées en Angleterre, vous ne comptiez pas celles qui étaient nées à l'hôpital.

Vous présumez bien.

- Si vous voulez, vous pouvez m'envoyer une partie des dossiers. Je vous aiderai à faire le tri.

- Merci Arwen, mais je ferai peut être mieux de me débrouiller. (Il se remit à marcher et s'arrêta avant de me dire). Rentrez chez vous. Je vous contacterai dès que j'aurai du nouveau.

- Très bien. Je vais me remettre à la recherche de l'explication au fait qu'elle a fait revenir des personnes que nous croyons mortes depuis des années.

- Bonne chance alors. »

Il transplana sur cet encouragement et je me retrouvais toute seule. Je regardais autour de moi pour m'assurer qu'il n'y avait pas de paires d'yeux indiscrets dans les parages avant de transplaner à mon tour.

Il allait falloir que j'aille faire un petit tour dans la bibliothèque du Département des Mystères.

-ooOoo-

J'étais bel et bien allée à la bibliothèque du Département des Mystères.

J'avais cherché dans tous les livres traitant des Bébés Magiques, mais je n'avais trouvé aucune explication plausible quant au retour des gens que nous aimions et qui étaient décédés des années auparavant.

Par contre, j'avais trouvé un texte qui m'avait assez interpellé pour que je le recopie scrupuleusement.

J'étais ensuite allée rejoindre ma mère.

Je n'avais quasiment pas remis les pieds chez moi depuis que j'avais temporairement emménagé au Square Grimmauld, de peur de croiser Lucius.

Selena jouait un jeu dangereux, et je ne comprenais vraiment pas à quoi elle jouait.

Je ne savais pas si Narcissa était au courant, mais si elle ne l'était pas, je ne voulais surtout pas être présente le jour où elle le découvrirait.

Je pensais qu'elle avait compris, des années auparavant, que mon père était nocif et toxique.

Elle n'avait aucun avenir avec lui, comme elle n'en avait pas déjà pas à l'époque.

Quand je transplanais à proximité de la maison, je remarquais qu'aucun journaliste n'était dans les parages.

Peut être que la venue régulière de Lucius Malefoy dans cette maison avait un avantage.

Je traversais le petit jardin et poussais la porte d'entrée.

Il n'y avait personne dans le salon, mais j'entendais du bruit dans la cuisine.

Quand je tournais la tête, je laissais échapper un juron en me détournant de la scène.

- « Par le caleçon sale de Merlin, mais qu'est ce que vous faites ?! »

J'entendis de l'agitation dans mon dos.

De nombreux enfants avaient déjà surpris leurs parents dans des situations délicates.

Sauf que leurs parents étaient généralement mariés et heureux en ménage.

Les miens n'étaient rien de cela.

- « Vous êtes décents ? demandais je.

- Oui », répondit ma mère.

Je me retournais et les fusillais du regard.

- « Je peux savoir à quoi vous jouer tous les deux ?

- Tu as besoin que l'on te fasse un dessin ? me demanda sarcastiquement Lucius.

- Fermes là toi.

- Arwen ! s'insurgea ma mère.

- Quoi ? Je tiens quand même à vous rappeler que toi (Je pointais mon père du doigt) tu es marié ! Et toi (Ce fut au tour de ma mère d'être pointée du doigt), tu es au courant que sa femme, Narcissa, va nous faire la peau à toutes les deux si elle l'apprend.

- Tu dramatises, dit elle.

- Je dramatise ? On verra bien le jour où ça arrivera ! En plus, vous allez me forcer à mentir à Drago !

- On ne te demande rien de tel.

- Bien sur, comme si je pouvais aller le voir et lui dire que notre père trompe outrageusement – à nouveau – sa mère avec la mienne ! Je suis sur qu'il va prendre ça avec bonne humeur !

- Ecoutes Arwen, dit mon père en s'avançant. J'aime ta mère. Nous sommes…

- Des irresponsables incapables de penser aux conséquences ? Ca, j'avais déjà remarqué. (Je levais les mains). Faites ce que vous voulez après tout. Mais par Merlin, ne faites pas ça dans ma cuisine ! Et Maman, ne viens pas pleurer quand il t'aura à nouveau largué comme il l'a fait il y a vingt huit ans.

- Chérie…

- Je ne suis pas venue pour ça. J'ai des questions à te poser Maman.

- Très bien. (Elle s'avança vers moi). Quelles questions ?

- C'est à propos de moi. Enfin, de ma magie plus exactement.

- Je t'écoute.

- J'ai trouvé cela (Je sortis de ma cape le morceau de parchemin sur lequel j'avais recopié le texte) à la bibliothèque du Département des Mystères. Ça parle de la Magie Originelle. La toute première, celle qui coulait dans les veines de Merlin et Morgane.

- Je connais cette histoire, intervint Lucius en lisant le parchemin par dessus l'épaule de ma mère. La légende dit que Merlin et Morgane étaient sur un pied d'égalité en ce qui concernait la magie, sauf que cette dernière n'était pas satisfaite d'être l'égal de Merlin. Elle voulait être plus. C'est là qu'elle a crée le premier sort de magie noire.

- Comme tu l'as dit, c'est une légende.

- Je pense qu'elle ne l'est pas tant que ça. Les Bébés Magiques sont des être faits de Magie Originelle. Quoi ? dit il en nous voyant le fixer. Je suis loin d'être aussi idiot que vous le pensez tous. Ce qui rend ces êtres aussi instables, c'est que la magie grandit avec le sorcier. Eux, ils ont la magie d'un adulte dans le corps et l'esprit d'un bébé.

- C'est trop de pouvoir.

- Oui. Au lieu de faire léviter des objets lors de leurs premiers actes de magie, ils vont te détruire une pièce de la maison. A onze ans, ils sont capables de raser une ville comme Londres. C'est pour ça qu'ils ont été interdits. C'était des tyrans en puissance.

- Tu t'y connais en tyran hein, ne pus je m'empêcher de dire.

- Arwen, me sermonna ma mère.

- Peu importe. Est ce que tu crois que Voldemort aurait pu être un Bébé Magique ?

- Non, me contredit elle. Tom Jedusor était un enfant conçu sous filtre magique. Et les enfants conçus ainsi…

- Ne peuvent pas ressentir de sentiments. Ce que je ne comprends pas, c'est comment j'ai pu hérité de pouvoirs de ce genre. (Je les regardais à tour de rôle). Rassurez moi, je ne suis pas un Bébé Magique ?

- Non ! s'exclama Lucius. Bien sur que non enfin. Mais tu as de grands sorciers dans ta lignée. Tu as Tom Jedusor, Gellert Grindelwald, Antioche Pewerell, Serpentard. Ca en fait du sorciers peu recommandables.

- Sans oublier Lucius Malefoy, ajoutais je.

- Sans m'oublier, céda – t –il.

- Les Saint font partie d'une grande lignée de sorciers aussi, dit ma mère. Sauf que de ce côté là, nous sommes plus magie blanche.

- D'où me viennent mes pouvoirs Maman ?

- Je ne sais pas très bien, mais avant que ma mère ne s'enfuit avec moi quand j'avais cinq ans, il a fait des expériences sur nous. Notamment sur ma mère lorsqu'elle était enceinte de moi. Je ne me souviens absolument pas de l'époque où nous vivions avec lui, mais ce qui a convaincu ma mère qu'elle devait fuir, c'était qu'elle l'avait surpris à faire des expériences magiques sur moi.

- Mais tu n'as jamais rien montré de différents.

- Moi non, mais toi oui.

- Il n'a jamais fait d'expériences sur moi.

- Tu devrais savoir, avec toutes les recherches que tu as fais sur le sujet, dit Lucius, que la magie noire est totalement imprévisible. Les expériences que Jedusor a fait sur ta mère peuvent n'avoir eu aucun effet sur elle mais sur toi oui.

- Dumbeldore m'a dit qu'en plus des Fondateurs, mon père était obsédé par la Magie Originelle. Il voulait trouver le noyau de la magie en chaque sorcier, persuadé que s'il le stimulait comme il fallait, il réussirait à réveiller la Magie Originelle que nous avons tous en nous. Nous avons tous de la Magie Originelle en nous, en plus ou moins grande quantité.

- Donc, tu penses que les expériences faites sur toi n'ont rien donné, mais que sur moi, elles ont marché ?

- C'est l'explication l'a plus plausible. Très tôt, tu as fait preuve d'aptitudes remarquables et hors du commun. Chose qui a été prouvé sur le Chemin de Traverse, quand tu as réussi à tenir tête au Bébé Magique.

- Ça voudrait dire que je suis sur un pied d'égalité avec elle ? Que je pourrais être la solution à tout ça ?

- Tu es comme Merlin et elle comme Morgane, intervint Lucius. Mais il faut que tu saches que, grâce à la magie noire, Morgane a réussi à prendre un avantage, même minime, sur Merlin. Il a dut faire beaucoup de sacrifices pour la vaincre.

- Tu es probablement la solution contre Elle, comme Harry l'était contre Voldemort, dit ma mère. Mais Harry a fait énormément de sacrifices Arwen. (Je le savais, j'étais là, du début à la fin). Il faut que tu prennes la pleine mesure de ce que tu devras sacrifier pour la vaincre. Ne fait pas la même erreur que ton grand père. Ne t'isole pas. Reste auprès de tes amis. Laisse les t'aider. (Elle attrapa mon visage entre ses mains). Seule, tu es forte, mais avec eux, tu es invincible. »

Elle m'embrassa sur le front et je fermais les yeux.

Comment je pouvais m'entourer de mes amis si je devais faire des sacrifices ?

Etre la solution n'était pas si réjouissant finalement.

-ooOoo-

J'avais pensé qu'avoir une conversation avec ma mère pourrait m'aider.

Cela l'avait fait au début, mais la fin m'avait encore plus contrarié.

J'étais retournée au Square Grimmauld. J'envisageais sérieusement de me trouver un appartement ou une maison. Je ne pouvais pas vivre éternellement avec Harry fraichement marié à Ginny, James et Lily, ainsi que Sirius. Et je ne me voyais franchement pas vivre en colocation avec ma mère qui faisait des galipettes avec mon père, à vingt huit ans.

Mon père qui était marié à une autre femme, d'ailleurs.

Je n'avais vraiment pas envie d'être dans la maison quand Narcissa apprendra que Lucius avait remis le couvert avec Selena et qu'elle déciderait de mettre le feu à la baraque.

En arrivant au Square, je trouvais mon meilleur ami dans la cuisine, à manger un muffin. Il avisa ma tête et dit :

- « On dirait que tu as vu Rusard embrasser Madame Bibine dans un placard.

- Très drôle. (A l'époque de Poudlard, nous disions plutôt Dumbeldore avec MacGonagall, mais à la mort du premier, nous avions changé de protagonistes). Je ne les ai pas vu EUX.

- Tu as vu qui ?

- Ma mère. A poils dans la cuisine. Avec mon père.

- Tu plaisantes ?!

- J'ai l'air de plaisanter ? J'ai l'image imprimée sur mes rétines. Je vais en faire des cauchemars jusqu'à la fin de ma vie. Enfin, jusqu'à ce que Narcissa l'apprenne et nous fasse cramer tous les trois pour le principe.

- Ne dramatise pas.

- Tu n'as pas vu tes parents s'envoyer en l'air dans la pièce où tu fais habituellement les repas.

- Non. Mais je les ai vu dans la bibliothèque.

- Sérieux ?!

- Oui. Et mes parents ont vingt ans. Ils sont très… souples.

- Par le caleçon de Merlin, Potter, je vais t'enfoncer ton muffin dans le gosier.

- Qu'est ce que tu vas faire ?

- Me trouver un nouveau logement.

- Tu pourrais rester ici, tu sais.

- Vous êtes deux couples mariés en plus de Sirius. J'ai déjà surpris mes parents. Je fais déjà assez de cauchemars comme ça.

- Tout de suite les grands mots. J'ai cru comprendre que Sirius cherchait justement un appart. Tu pourrais peut être en parler avec lui.

- Je ne vais pas emménager avec Sirius.

- Mais vous êtes en couple, nan ?

- On est en couple depuis quelques semaines à peine. On n'emménage pas ensemble au bout de quelques semaines.

- Vous n'avez jamais fait les choses comme les autres. Ca ne choquerait personne si vous preniez un appartement ensemble.

- J'y réfléchirai. Mais j'aime être seule.

- Quand tu es en couple, tu n'es jamais seule.

- Ça y est, maintenant que tu es marié, tu te prends pour le grand manitou du couple.

- Un peu.

- Est ce que je dois te rappeler comment tu étais quand tu as compris que tu craquais pour Ginny ? Ou quand tu fantasmais sur Cho Chang ?

- Je ne sais pas pourquoi je suis ami avec toi.

- Parce que tu ne serais pas capable de lasser tes chaussures sans moi. »

Harry leva les yeux au ciel en mordant dans son muffin.

Je souris et sortis de la cuisine pour monter dans les escaliers. Je me rendis dans la bibliothèque, et m'assis dans l'un des fauteuils, en espérant que les Potter, ''première génération'', ne s'étaient pas envoyés en l'air dessus.

J'avais besoin de réfléchir à tout ce que je m'étais dis avec mes parents.

Mais alors que je venais de m'installer, la porte de la pièce s'ouvrit et laissa entrer les parents de Harry, tout gloussant.

Ils sursautèrent en me voyant et je souris en les voyant si penauds.

- « Vous savez, dis je en appuyant mes coudes sur mes cuisses, Il y a des chambres pour faire ce genre de choses.

- Harry t'a dis qu'il nous avait surpris, c'est ça ? demanda Lily en rougissant.

- Vous n'êtes pas les premiers parents à se faire surprendre et vous ne serez pas les derniers, malheureusement. »

La porte s'ouvrit à nouveau et Sirius se faufila dans la bibliothèque. Il se figea en voyant ses amis et poussa un énorme soupir.

- « Par Gryffondor, vous avez une chambre !

- Je ne suis pas sur que tu apprécierais que l'on fasse ça avec ta chérie », dit James avec un mouvement de tête dans ma direction.

C'est à ce moment là que Sirius remarqua ma présence et il se mit à sourire. Je lui rendis son sourire et soupirais quand il s'assit sur l'accoudoir de mon fauteuil en glissant une main sur ma nuque.

J'aimais sentir sa peau contre la mienne.

J'avais remarqué que son contact agissait comme une protection bien plus puissante que l'Occlumencie ou mon amulette pour contrôler ma magie. Quand sa peau touchait la mienne, c'était comme si ma magie s'apaisait et que mon esprit pouvait enfin se reposer.

C'était dans ses moments là que je réalisais à quel point j'étais épuisée de toujours exercer un contrôle mental sur moi même.

James et Lily prirent place sur des fauteuils et Sirius baissa la tête vers moi en demandant :

- « Est ce que ça va ?

- Oui. Je suis juste un peu fatiguée. »

Je posais ma tête contre son flanc et le laissais me masser la nuque.

- « Tu sais, dit Lily en rompant le silence. J'ai remarqué que Harry n'aimait pas beaucoup parlé de lui. C'est comme s'il ne voulait pas vraiment nous dire ce qu'il avait vécu avant la fin de la guerre.

- La Guerre a été… Très éprouvante pour nous tous, mais particulièrement pour lui. Aucun d'entre nous n'aime en parler.

- Peut être pourrais tu… Je ne sais pas… Nous raconter quelques souvenirs, dit James. Ça nous permettrait d'en apprendre un peu plus sur lui. Sur ce qui a fait de lui l'homme qu'il est aujourd'hui.

- Je n'étais pas avec lui durant l'année qu'il a passé à chasser les objets qui permettaient à Voldemort de survivre. J'étais restée à Poudlard, pour tenter de contrer les Carrow et les empêcher le plus possible de faire du mal aux élèves. Et j'étais aussi occupée à tenter de forger une relation avec Drago et à recruter parmi les Serpentards.

- J'ai entendu dire que c'était toi qui avec convaincu Zabini, Nott et Parkinson de vous rejoindre. Sans oublier la jeune Greengrass, dit Sirius.

- Je n'ai recruté personne en réalité.

-Comment vous ont ils rejoint ?

- C'est une longue histoire.

- Tu pourrais nous raconter ? demanda Lily.

- Je peux vous montrer.

- Tu as une pensine ?

- J'ai mieux. Je suis Légilimente. Je n'ai pas besoin d'une pensine pour montrer mes souvenirs.

- Comment ?

- Ne bougez pas et laissez vous faire. »

Je les vis froncer les sourcils pendant que je prenais une grande inspiration et abaissais légèrement mes barrières mentales pour projeter vers eux les souvenirs que je voulais leur montrer.

Etre puissante avait quelques avantages.

-ooOoo-

Le décor était décoloré, signe distinctif des souvenirs.

James, Lily et Sirius étaient à mes côtés et nous regardions les couloirs vides et sinistres de Poudlard, alors sous le joug des Mangemorts.

- « Poudlard était bien différent de ce que vous avez connu ou ce que cela avait été durant nos six premières années. Les Carrow tenaient l'école avec une main de fer et avec violence. Les élèves étaient effrayés et complètement en panique. Nous étions obligés d'agir en cachette. Je n'avais même pas pu suivre les cours pendant une journée avant qu'ils décident que j'étais une menace, même sans Harry à mes côtés. »

C'est à ce moment là que j'apparus au bout du couloir, plus jeune de dix ans.

Je marchais en longeant les murs. Avant de travailler à la résistance de Poudlard, je n'avais pas réalisé à quel point la Cape d'Invisibilité et la Carte du Maraudeur étaient des atouts de haut vol.

Mes vêtements étaient usés et abimés. Je portais des vêtements moldus, en dessous de ma robe d'uniforme, dont j'avais retiré l'écusson de Gryffondor. La seule chose qui rappelait ma maison, c'était l'intérieur de la robe de couleur rouge. Mon jean était troué aux genoux et mon tee shirt à manches longues était déchirés à de multiples endroits, vestiges de ma rencontre avec le Sectumsempra de la sœur Carrow, quelques jours auparavant. Il y avait encore du sang séché à certains endroits de mes vêtements.

Les cicatrices étaient déjà blanches, mais je ressentais encore des douleurs au niveau de l'abdomen, signe que les blessures y avaient été plus importantes.

Je me glissais derrière une teinture représentant une ballerine ailée et me faufilais dans le petit couloir. J'avais découvert ce passage en examinant la Carte avec attention. Le point positif, c'était que les Carrow ignoraient son existence et ne l'avaient pas bloqué.

De toute façon, ce passage ne menait pas à l'extérieur du château, mais plus en profondeur, jusqu'à une petite pièce.

Cette pièce était devenue notre lieu de rendez vous, à Pansy et moi.

Cette dernière était déjà là, à faire les cent pas sur le tapis persan, en se rongeant l'ongle du pouce gauche, signe de haute nervosité chez elle. Elle n'avait pas remarqué mon arrivée et je m'appuyais contre le mur.

Je finis par mettre fin à son supplice en prenant la parole.

- « Si tu continues à faire des allers retours comme cela, tu vas finir par mettre le feu à ce pauvre tapis. »

Pansy sursauta et se tourna vers moi. En me reconnaissant, elle se précipita vers moi pour me serrer contre elle. Elle me serra tellement fort qu'elle manqua de me briser des côtés et elle réveilla mes douleurs.

Je frottais son dos quelques secondes et finis par dire :

- « Doucement Pansy, tu me fais mal.

- J'ai entendu dire que tu avais été tuée. J'ai eu tellement peur.

- Personne ne peut me tuer. Je suis invincible.

- Tu es surtout humaine Arwen. Comment as tu survécu ?

- Drago.

- Drago ?

- Il a du me suivre dans la Forêt. Les Carrow m'ont tendu un piège. Il n'y avait pas d'élèves retenus tous seuls. Ils m'ont blessé, mais Drago m'a soigné.

- Ça ne peut plus continuer Arwen.

- Je le sais. Il faut faire confiance à Harry.

- Potter est on ne sait où, à chercher on ne sait quoi, pendant que l'on souffre ici.

- Pansy…

- Je sais, il chercher un moyen de vaincre Tu Sais Qui. Et s'il ne trouve jamais ?

- Il trouvera.

- Je ne lui fais pas confiance. (Je sentis mes spectateurs se tendre dans mon dos).

- Mais tu me fais confiance ?

- Evidemment !

- J'ai confiance en Harry. Alors fais moi confiance quand je te dis qu'il trouvera. Il est avec Hermione et Ron. Il trouvera.

- Qu'est ce que je peux faire ?

- Il nous faut des alliés parmi les Serpentards. Des alliés d'importance.

- A qui tu penses ?

- Drago serait un atout, mais il a peur que cela se répercute sur ses parents. Il est ton meilleur ami.

- Il est aussi ton frère.

- Nous avons le même père. Ca s'arrête là. La seule chose que nous ayons jamais partagé, ce sont des insultes. Si tu lui parles, il t'écoutera.

- Qui d'autres ?

- Blaise Zabini. Théodore Nott. Ce sont de bons sorciers et ils ne sont pas tant ralliés à la cause des Mangemorts que ça. Si nous arrivons à les faire changer radicalement de camp, cela pourra changer la donne à l'heure du Combat Final.

- Ce sont mes amis aussi. Je ferai mon possible pour les faire rejoindre l'Ordre. »

Elle m'embrassa sur la joue et prit la direction de la sortie.

Alors qu'elle allait disparaître dans le couloir, je parlais, la retenant.

- « La seule chose qui compte plus que vaincre Tu Sais Qui pour moi à l'heure actuelle, c'est que tu restes en vie, Pansy. (Elle tourna la tête vers moi). Ne fais rien qui puisse te mettre en danger.

- Ne t'en fais pas Arwen. Je suis un serpent. Et les serpents sont sournois et rusés. Les Carrow ne me soupçonneront jamais. Et toi aussi restes en vie. »

Elle s'engouffra dans le passage et disparut de ma vue.

Alors que je regardais mon amie plus jeune de dix ans partir, je pris la parole :

- « Pansy a rejoint l'Ordre parce qu'elle était mon amie. Drago envisageait de nous rejoindre aussi après ce qui s'était passé à la fin de notre sixième année, et encore plus en voyant que j'étais revenue malgré les risques, mais c'est elle qui l'a vraiment fait se décider. C'est elle aussi qui a convaincu Blaise et Théo de nous rejoindre. Sans elle, nous n'aurions jamais eu de Serpentards avec nous.

- Elle est bien plus courageuse que ce que je pensais, dit Sirius.

- Elle a beau dire qu'elle est un serpent, elle a une part de lion en elle. »

Le souvenir se dissipa totalement pour laisser un autre apparaître.

C'était un souvenir encore plus ancien que le premier que nous avions vu.

C'était lors de la Bataille du Département des Mystères. Juste après que Sirius ait basculé dans le Voile.

Je le sentis se tendre dans mon dos et je glissais ma main dans la sienne.

Je tournais la tête vers James et Lily et dis :

- « C'était ce que l'on appelle aujourd'hui la Bataille du Département des Mystères. Des Mangemorts contre des élèves de cinquième et quatrième années. Le jour où Sirius est mort. »

James se tendit et je vis les yeux de Lily se remplir de larmes.

J'entendis Harry hurler pendant que Remus l'attrapait à bras le corps pour le tenir contre lui. Je sentis les bras de Tonks s'enrouler autour de moi. Ils m'empêchèrent de m'écrouler quand mes genoux cédèrent quand la douleur m'écrasa la poitrine, à m'en broyer le cœur.

J'aperçus Bellatrix se faufiler hors de la salle du Voile en ricanant. La seconde suivante, Harry se dégageait de l'étreinte de Remus pour se jeter à sa poursuite. Je tentais de me dégager des bras de Tonks mais elle me maintenait trop fermement. Harry avait déjà disparu.

Il ne pouvait pas vaincre Bellatrix. Il aurait des scrupules à se servir de certains sorts dont elle ne s'embarrasserait pas.

Je finis par mettre un violent coup de coude dans le ventre de Tonks et réussis à me libérer. Je me mis à courir et me précipitais par le chemin que Harry avait emprunté un peu plus tôt. J'arrivais au moment où Dumbeldore et Voldemort se lançaient dans un duel. Je me jetais au sol pour éviter un sortilège et glissais jusqu'à Harry. Ce dernier m'attrapa par le bras et m'attira plus près de lui. Nous nous pressâmes contre la paroi de la cheminée et j'aperçus du coin de l'œil un éclat vert.

Bellatrix venait de s'échapper.

La sale lâche.

L'air était brûlant des sortilèges échangeaient entre les deux sorciers.

Alors qu'ils s'échangeaient des sorts, ils parlaient, se narguant.

- « Tu ne cherches pas à me tuer, Dumbeldore ? nargua Voldemort. Tu ne t'abaisses pas à de telles brutalités, n'est ce pas ?

- Nous savons tous les deux qu'il existe d'autres moyens de détruire un homme, contra Dumbeldore. Me contenter de prendre ta vie ne me satisferait pas, je l'avoue…

- Il n'y a rien de pire que la mort, Dumbeldore, grogna Voldemort.

- Tu te trompes complètement, le contre dit le Directeur de Poudlard. En vérité, ton incapacité à comprendre qu'il existe des choses bien pires que la mort a toujours constitué ta plus grande faiblesse… »

Même si Voldemort était extrêmement fort, il ne l'était pas assez pour vaincre Dumbeldore.

Le Directeur de Poudlard lança un sort de bouclier qui transforma les morceaux de verre que le Seigneur des Ténèbres jeta en sable. Alors qu'il était évident que le premier était plus fort, Harry et moi nous redressâmes et nous avançâmes vers notre Directeur, Harry deux pas derrière moi.

Alors que le Mage Noir disparaissait, nous laissant croire qu'il battait en retraite, je sentis un courant d'air froid me traverser. Je me retournais pour regarder mon meilleur ami, juste à temps pour le voir s'écrouler en se tordant de douleur. Je tombais à genoux à ses côtés et voulus le toucher, mais je sentis une décharge électrique me traverser, comme si quelque chose – ou quelqu'un – m'empêchait de le toucher.

J'étais impuissante, pendant que mon ami se tordait de souffrance sous mes yeux.

C'est alors qu'il ouvrit la bouche pour parler, sauf que ce n'était pas sa voix. C'était celle de Voldemort.

Il s'adressa à Dumbeldore, le regardant par dessus mon épaule :

- « Tue moi maintenant, Dumbeldore… »

Je frissonnais, et sentis les larmes couler sur mes joues. J'avais perdu Sirius ce soir. Je ne pouvais pas perdre aussi Harry.

- « Si la mort n'est rien, Dumbeldore, tue ce garçon… »

J'avais envie de hurler, de faire quelque chose, n'importe quoi pour sauver Harry. Mais j'étais totalement impuissante face à sa douleur.

C'était son combat et je ne pouvais qu'être spectatrice.

Dumbeldore s'agenouilla à mes côtés en posant une main sur mon épaule et une autre sur celle de Harry qui se tordait toujours sur le sol, sous nos yeux.

Je tournais la tête vers celui que je considérais comme le plus grand sorcier de tous les temps et il me fit un signe de tête, comme s'il m'autorisait à intervenir.

Je me glissais à la tête de mon ami et le plaquais sur le dos en posant sa tête sur mes genoux. Je me mis à caresser ses cheveux et me penchais vers son visage, ma bouche juste à côté de son oreille, pour chuchoter.

- « Tu n'es pas seul Harry. (Je retenais mes sanglots). Tu ne seras jamais seul. Je serai toujours là. Je t'aime Harry. Tu es ma famille. A jamais. »

Alors que je lui murmurais ses mots, j'entendis des bruits de pas et de transplanage autour de moi, mais restais concentrée sur lui.

« Nous serons toujours à tes côtés, quoi qu'il puisse arriver. IL ne pourra jamais nous enlever à toi. Nous t'aimons tous Harry. D'un amour qu'il ne pourra jamais même imaginer comprendre. »

Pendant que je parlais, je le sentis se détendre, jusqu'à ce qu'il arrête de convulser. Quand je me redressais, je remarquais qu'il semblait au bord de l'évanouissement. Je levais la tête pour voir nos amis un peu plus loin, blessés mais tous bien en vie.

Hermione pleurait silencieusement pendant que Ron semblait totalement désemparé.

Harry tendit la main vers moi et je l'attrapais. Il serra mes doigts plus fort et je les pressais à mon tour.

C'est alors que je l'entendis chuchoter, sa voix chargée de douleur :

- « Je t'aime aussi Arwen. »

Et c'est là, que j'ai laissé mes larmes couler.

Pour Sirius.

Pour Harry.

Pour ma mère.

Et pour tous ceux que je savais que nous allions perdre.

-ooOoo-

L'émotion était palpable. Je pouvais entendre Lily renifler dans mon dos.

Ce souvenir n'était pas le plus joyeux que j'avais partagé avec Harry.

Mais je savais ce que je pouvais leur montrer.

-ooOoo-

Je fermais les yeux et fouillais parmi ma mémoire pour trouver le souvenir que je voulais leur montrer.

C'était durant notre sixième année. Elle avait été relativement calme comparée à nos années précédentes ou celle qui aurait du être notre septième année.

Nous étions le 31 octobre, le soir d'Halloween.

J'avais remarqué que depuis que Sirius était mort, Harry n'allait pas très bien, même s'il tentait de faire bonne figure.

Personne ne semblait s'en souvenir, trop occupé à faire des projets de fêtes clandestines pour Halloween, mais le 31 octobre était aussi la date d'anniversaire de la mort des parents de Harry.

Ce dernier avait disparu de la circulation juste un peu avant le diner et il n'était pas réapparu depuis. Je n'avais pas la Carte du Maraudeurs pour le retrouver, mais j'avais ma petite idée sur le lieu où il avait pu trouver refuge.

Je traversais le château en essayant de me faire discrète et me glissais dans le couloir menant à la Salle Commune des Poufsouffle. Sauf que je n'allais pas jusqu'à la statue qui protégeait la Salle des Jaune et Noir.

Je m'arrêtais devant la peinture représentant une coupe de fruits. Je chatouillais la poire, qui se tortilla avant que la porte ne s'ouvre sur les cuisines de Poudlard.

Les elfes de maison s'affairaient dans tous les coins, cuisinant et nettoyant sans le moindre répit.

Je n'avais pas été élevée comme une sorcière sang pur, qui considérait tous êtres qui n'étaient pas sorcier comme inférieur, mais les elfes de maison avaient toujours servis les sorciers et cela depuis des siècles. J'étais d'accord avec Hermione sur le fait qu'il ne fallait pas les maltraiter. Mais je restais une sorcière et les elfes de maison aimaient travailler la plupart du temps.

Les libérer était considéré, pour certains, comme une peine pire que la mort.

Je repérais Harry, assit à une table, tout seul et entouré de plats divers. Les elfes l'avaient gâté. Enfin, Dobby l'avait gâté.

Ce dernier me remarqua et s'empressa de venir à moi, vêtu d'un bonnet, d'une écharpe, d'un bermuda et de baskets. Le tout dépareillé. Et je reconnaissais l'un des bonnets et l'une des écharpes tricotés par Hermione et parsemés partout dans les dortoirs féminins et la Salle Commune de Gryffondor. Si ça continuait, il n'y aurait plus que Dobby qui accepterait de venir nettoyer la Tour de notre Maison.

- « Arwen Saint, Dobby est très heureux de vous revoir.

- Je suis heureuse de te revoir aussi, dis je en lui serrant la main qu'il me tendait. Comment vas tu ?

- Dobby est très heureux de travailler à Poudlard. Et Dobby garde un œil sur cette crapule de Kreattur. »

Maintenant qu'il en parlait, je me souvins que Harry m'avait dit qu'il avait hérité de Kreattur en même temps que le Square Grimmauld et qu'il avait préféré l'envoyer travailler ici pour plus de sécurité.

Je repérais le petit elfe de maison de la famille Black, en train de récurer des casseroles à l'écart des autres.

Visiblement, il repoussait même les membres de son espèce.

Il me dédaignait, tout comme il dédaignait tout le monde, juste parce que nous n'étions pas parfaitement purs, comme il disait. Il avait semblé m'apprécier un peu plus quand il avait entendu que j'étais la fille de Lucius Malefoy, mais il n'oubliait pas que j'étais une bâtarde et que ma mère était une sang mêlée.

- « Heureusement que tu es là Dobby.

- Arwen Saint et ses amis pourront toujours compter sur Dobby. Dobby regrette que Miss Arwen n'ait pas été là quand Dobby travaillait pour les Malefoy. Miss Arwen aurait été une bonne maitresse.

- Personnellement, je suis heureuse de ne pas avoir grandi avec les Malefoy.

- Arwen Saint a raison. Miss Arwen est venue voir Harry Potter ?

- Oui. (Je regardais mon ami). Comment va – il ?

- Harry Potter semble… triste. Dobby lui a préparé du gâteau au chocolat pour tenter de le faire sourire, mais…

- Je vais m'en occuper Dobby.

- Harry Potter a de la chance d'avoir des amis comme vous, Miss Arwen.

- Et il a de la chance de t'avoir. »

Je souris à l'elfe pendant qu'il bombait la poitrine, fière du compliment que je venais de lui faire et me dirigeais vers Harry.

Je pris place en face de lui et attrapais une fourchette pour lui prendre un morceau de gâteau.

Nous n'échangeâmes pas le moindre mot durant de longues minutes, avant qu'il ne finisse par rompre le silence.

- « C'est idiot.

- De quoi ?

- De ressentir le manque de mes parents alors que je ne les ai jamais connu.

- Tu les as connu. Tu ne t'en souviens pas, c'est tout.

- Je n'ose même pas imaginer ce que tu ressens maintenant que ta mère a disparu. Tu ne sais même pas ce qu'elle est devenue.

- Ma mère n'est pas morte. J'en suis convaincue. (Je regardais Harry qui jouait avec son morceau de gâteau). Mais ce ne sont pas vraiment tes parents qui te manquent. C'est Sirius.

- Je l'ai à peine connu.

- Mais il a été le père, l'oncle et le frère que tu as toujours voulu.

- Quand je vivais dans le placard sous l'escalier, chez les Dursley, je m'imaginais que quelqu'un, un des amis de mes parents, viendrait me chercher et m'emmènerait loin, très loin.

- Je suis persuadée que Sirius l'aurait fait. Tout ce qu'il voulait, c'était te protéger.

- Peut être que vous devriez prendre vos distances avec moi. Toi, Hermione, Ron… Tout le monde.

- Pourquoi ferions nous ça ?

- Tous les gens autour de moi finissent par mourir.

- Tu dis n'importe quoi.

- Regarde la réalité en face Arwen ! (Il était en colère). Mes parents, Sirius, Cédric… Ils meurent tous ! Et la guerre ne fait que commencer ! A ton avis, qu'est ce qui vous arrivera hein ?

- Nous te soutiendrons.

- Vous mourrez !

- Qu'est ce que tu crois Harry ? (Moi aussi j'étais en colère maintenant). Que l'on reste à tes côtés parce que l'on est obligé ? On le fait parce que l'on t'aime ! Nous sommes tes amis, ta famille. Et la famille, ça reste unie, même quand les choses vont mal. Je pensais que tu avais compris cela, quand nous t'avons suivi au Ministère. Que tu avais compris, quand je t'ai suivi, alors que tu courrais après Bellatrix. Ce que j'ai dis, alors qu'Il parlait à travers toi, je le pensais. Je t'aime Harry, comme j'aimais ma mère. Tu es ma famille et je ne t'abandonnerai jamais. »

Je me levais et allais me diriger vers la sortie quand je sentis la main de Harry s'enrouler autour de mon poignet, me retenant.

- « Je suis juste… tellement fatigué.

- Je sais.

- Toute cette pression… Cette attente.

- C'est pour ça que tu as besoin de nous. Pour que nous partagions ton fardeau. Tu n'es pas tout seul. »

Je glissais mes bras autour de son cou et l'attirais contre moi. Je le serrais contre ma poitrine et alors qu'il me rendait mon étreinte, j'entendis de la musique. Elle était douce, mais pas assez pour que cela soit un slow. Je souris et regardais par dessus mon épaule pour voir Dobby qui nous observait discrètement, un sourire aux lèvres.

Je m'écartais de Harry et tournais sur moi même en gardant sa main dans la mienne. Mon ami me sourit et nous nous mîmes à danser doucement, entourés de nourriture et d'elfes de maison.

-ooOoo-

- « Après ça, les choses se sont enchainées et avant de m'en rendre compte, Harry est parti avec Dumbeldore pour chercher l'un des Horcruxes, dis je. Quand ils sont revenus, Dumbeldore a été tué et les Mangemorts ont pris possession de Poudlard. C'est l'un de nos derniers meilleurs souvenirs avant que la guerre n'éclate réellement. Harry a tenté de s'enfuir seul, sans Ron et Hermione, mais Ron a réussi à le faire changer d'avis.

- Il a tellement souffert, murmura Sirius.

- Il y a une dernière chose que je voudrais vous montrer. »

Je fermais à nouveau les yeux, et leur montrer le dernier souvenir.

-ooOoo-

Poudlard était en ruine.

Nous avions combattu jusqu'à l'aube. Jusqu'à ce qu'Harry terrasse enfin Voldemort, nous libérant de sa tyrannie.

Alors que Harry avait utilisé la Baguette de Sureau pour réparer la sienne et qu'il l'avait replacé dans la tombe de Dumbeldore, nous étions tous allés dans la Salle Commune de Gryffondor.

Nous aspirions tous à un repos bien mérité.

Je trouvais Ron, Hermione et Harry, assis sur les canapés en face de la cheminée.

En les voyant ainsi, j'avais l'impression de revenir quelques années en arrière, quand nous nous installions là pour discuter, réviser ou simplement rire.

Je me laissais tomber dans l'un des fauteuils en soupirant et Ron dit :

- « Qu'est ce que vous allez faire demain ? Je pensais dormir jusqu'à l'année prochaine, personnellement.

- Nous devons reconstruire Poudlard, dit Hermione. Le Ministère va surement que l'on fasse des discours, des interviews et…

- Par Merlin, Hermione, marmonnais je. Ton cerveau ne se repose – t – il donc jamais ?

- Il faut voir la vérité en face !

- Je préférerais encore faire une nouvelle guerre plutôt que de me retrouver en face de politiciens qui vont se jeter sur nous tel des charognards, dis je.

- On pourrait aller en Amérique du Sud, dit Harry. Ou en Afrique. Là où personne ne nous retrouverait.

- Idée très alléchante, dit Ron. »

Je ricanais et laissais ma tête partir en arrière.

- « Merci, finit par dire Harry. D'être restés à mes côtés jusqu'au bout. D'avoir était…

- Ne nous remercie pas, le coupa Ron avant que je n'ai eu le temps de le faire. C'est nous qui te remercions.

- Pour quoi ?

- Pour nous avoir fait confiance, dit Hermione.

- Pour nous avoir laissé t'épauler, complétais je.

- Et pour avoir été toi, tout simplement », finit Ron.

Harry nous sourit et nous lui rendîmes son sourire.

Le pire était derrière nous maintenant.

Nous pouvions enfin avoir la vie que nous méritions.

-ooOoo-

Je nous fis sortir de mon esprit et remontais mes barrières mentales pour museler ma magie.

Je regardais mes trois passagers et dis :

- « Harry… Il n'y a aucun mot pour décrire l'homme qu'il est devenu. La seule chose que vous avez besoin de savoir, c'est que vous pouvez être fière de lui. Nous avons tous commis des atrocités durant la Guerre, mais nous sommes restés unis, grâce à lui. Sans lui, aucun de nous n'aurait survécu. Il s'est rendu à Voldemort et il s'est sacrifié. Il a détruit le morceau d'âme de Voldemort qui vivait en lui et il a choisi de revenir. Grâce à lui, nous avons survécu pour connaître l'avenir. Il est le plus fort d'entre nous. »

Je sentis les doigts de Sirius exercer une pression sur ma nuque et je tournais la tête vers lui. Je baissais légèrement mes barrières, juste pour entendre sa voix résonner dans ma tête.

- « Tu es la femme la plus merveilleuse que j'ai jamais rencontré. »

Je lui souris et il se pencha vers moi pour m'embrasser sur le front.

Je fermais les yeux pour savourer son contact.

J'étais heureuse qu'il ait pu me voir dans mon propre pays de souvenirs.

Et il était l'homme le plus merveilleux que j'ai jamais rencontré.

C'était pour cela que je l'aimais.

Que je l'aimais depuis que j'avais quinze ans.


Dans le prochain chapitre : Merlin et Morgane… Les origines… Une vie à deux… La vérité qui éclate…

Note de l'auteure : le dialogue entre Voldemort et Dumbeldore durant le duel et les paroles du premier prononcées par la bouche de Harry sont extraites directement de Harry Potter et l'Ordre du Phénix et ne m'appartiennent donc pas, même si j'ai rajouté la présence d'Arwen dans la scène. Je préférais mettre les dialogues du livre plutôt que ceux du film car je les trouve mieux.

Donnez moi votre avis sur le chapitre et si vous avez des idées sur ce qui pourrait se passer dans le prochain chapitre, n'hésitez pas à m'en faire part, on verra qui peut bien avoir raison !

A la semaine prochaine !

Bye

Infos en plus : 17 pages ; 8209 mots