Disclaimer : L'Univers de Harry Potter ne m'appartient pas (malheureusement) sauf certains personnages et la majorité de l'histoire. Vous remarquerez surement au fil de la lecture certains passages qui sont tirés du livre, mais je le signalerai en début ou fin de chapitre ! Bonne lecture !
Chapitre 13
Astoria…
Astoria…
Astoria…
Astoria…
Le nom tournait en boucle dans ma tête.
Mon nez me faisait un mal de chien, même si un médicomage me l'avait réparé immédiatement après mon arrivée à l'hôpital. J'avais toujours du sang séché sur le menton, mon décolleté et le devant de mon tee shirt. Je sentais la migraine poindre derrière mes yeux.
C'était l'enfer.
Sirius était venu me chercher immédiatement à St Mangouste après que je lui ai envoyé un patronus lui expliquant rapidement les faits. Quand nous étions arrivés à la maison, j'avais remarqué qu'il avait rameuté tout le monde.
Y compris mes parents.
Autant dire que je n'étais pas super ravie. J'avais envie de prendre une bonne douche bouillante et d'aller me coucher. Sauf que ça n'allait pas être pour tout de suite, visiblement.
J'étais avachie sur le canapé, barbouillée de sang, mes yeux ne pouvant s'empêcher de suivre Blaise qui faisait les cent pas au milieu de mon salon. Et je devais bien avouer que ça commencer à me taper sur le système.
Lourdement.
J'allais ouvrir la bouche pour lui dire ma façon de penser, quand une serviette éponge humide apparut soudainement sous mon nez, me faisant légèrement sursauter. Je levais les yeux pour voir que c'était Lucius. Il agita le tissu un peu et je finis par le prendre pour m'essuyer le visage et la gorge. Quand j'eus terminé, il récupéra la serviette devenue rouge et disparut avec.
Je posais à nouveau les yeux sur Blaise et finis par perdre patience :
- « Veux tu bien cesser de tourner en rond ?
- Est ce que tu te rends compte de ce que tu viens de dire ?
- Oui. Parfaitement.
- C'est complètement surréaliste Arwen, tu en as conscience !
- Je t'en prie Blaise ! criais je en me levant. Ouvre les yeux ! Aucun de nous ne sait rien sur elle !
- Elle est notre amie !
- C'est la fille de Voldemort !
- Tout comme ta mère !
- Attention à ce que tu dis ! (Je m'approchais de lui en serrant les poings, les objets décoratifs se mettant en bouger). Fais très attention aux prochains mots que tu vas prononcer Blaise.
- Ok, ça suffit, intervint Sirius en passant ses bras autour de ma taille. Ça ne sert à rien de se crier dessus comme des sauvages. Ça n'arrangera rien.
- Tu n'as aucune preuve, cracha Blaise.
- Tu crois vraiment que j'affirmerais aux Aurors et aux Langues de Plomb quoi que ce soit sans preuve ?! J'ai vu son visage ! Je l'ai appelé alors qu'elle me tournait le dos et elle s'est arrêtée !
- Prononcer son nom ne prouve rien !
- Quand elle s'est retournée, j'ai vu son visage ! (Je le fixais et ne pus m'empêcher de laisser échapper un petit ricanement méprisant). Tu recouches avec elle, n'est ce pas ? (Malgré sa peau noire, je le vis pâlir). Ouais, tu recouches avec elle. C'est pour ça que tu ne veux pas y croire. Parce que ça voudrait dire que tu couches avec une meurtrière.
- Arrêtez tous les deux ! cria soudainement Hermione en s'interposant. Comme l'a dit Sirius, ça ne sert à rien de se crier dessus ! Nous devons retrouver notre calme et réunir les informations que nous avons.
- Je vais te dire ce que nous avons, intervint Ron, qui était de mon côté. Gladys Flint, née Greengrass travaillait à St Mangouste en juin 1982. Elle a pu faire croire que le bébé magique était la fille biologique de son frère et la faire connaître comme Astoria Greengrass. Mais comme elle était née à Azkaban…
- Elle a falsifié le dossier. La femme de Greengrass a simulé une grossesse et a fait croire qu'elle avait accouché à domicile. Elle a emmené son nouveau né à l'hôpital pour les examens réglementaire et c'est là qu'il y a eu un échange malencontreux.
- Quand ils s'en sont rendus compte, reprit Ron, ils ont tué Lux Mallen et l'ont ramené chez ses vrais parents, comptant sur le fait que tout le monde penserait que c'était la mort subite du nourrisson. Ils ont ainsi pu reprendre le vrai bébé magique, à savoir Astoria.
- Vous avez conscience que votre histoire est complètement tirée par les cheveux, dit ma mère.
- Pas tellement, dit Drago qui parlait pour la première fois. Je ne connais pas aussi bien Astoria que Daphné parce qu'elle était plus jeune que nous mais… Elle a toujours été bizarre. Ne me regarde pas comme ça Blaise, dit il quand son meilleur ami le fusilla du regard. Toi même, tu m'as dis plusieurs fois qu'elle faisait des trucs bizarres, comme de la magie sans baguette. Et on ne peut pas tout mettre sur un accès de colère ou un… coït phénoménal.
- Et puis, rajouta Pansy. Elle a toujours eu un gout pour la violence qui était assez préoccupant. Je n'en ai jamais parlé, mais elle adorait faire du mal aux premières années. Les pincer, les faire tomber, ce genre de trucs.
- C'est une sadique, dis je. En plus de tout le reste.
- Donc, intervint Harry. Le Bébé Magique était sous notre nez depuis le début ?
- Visiblement, marmonna Ginny qui ne semblait pas très à l'aise.
- Les Bébés Magiques, devenus adultes, dit Lucius qui était revenu, sont très doués pour cacher ce qu'ils sont quand ils deviennent plus vieux. Je me souviens que les Greengrass étaient très protecteur avec Astoria, bien plus qu'avec Daphné. Peut être pour que personne ne soupçonne qui elle est vraiment.
- Lucius, murmura ma mère. Tu n'as jamais remarqué quelque chose d'étrange la concernant ?
- A part qu'elle m'a toujours fait flipper ? Non. Mais me faire peur rien qu'en lançant un regard, c'est déjà pas mal. Maintenant que je sais qui elle est, ce n'est pas franchement étonnant. Elle a le même regard de sociopathe que cette déglinguée de Bellatrix.
- Les autorités sont au courant, hein ? dit Ginny.
- Oui, répondis je. J'ai prévenu mon patron et Ron a fait de même de son côté.
- Mais entre nous, intervint ce dernier. Si elle a réussi à cacher au monde entier qui elle était réellement pendant vingt six ans, je pense pouvoir affirmer sans me tromper qu'elle ne se montrera pas avant de l'avoir décidé. Et à ce moment là, nous avons intérêt à être prêts. »
Voilà qui était rassurant.
Ron, ou comment avoir toujours le mot qu'il fallait.
-ooOoo-
Tout le monde était au courant. Astoria Greengrass était la fille biologique de Voldemort et Bellatrix Lestrange.
Drago m'avait dit que Daphné avait débarqué chez Blaise pour avoir des explications et qu'il avait tenté de lui expliquer les choses. Je n'avais pas revu Daphné depuis longtemps et je n'avais jamais été très amie avec elle, mais je n'aurais pas voulu, pour tout l'or du monde, être à sa place.
Les Greengrass avaient été arrêtés et interrogés mais ils ne voulaient rien dire. De toute façon, les examens des quelques gouttes de sang que j'avais récupéré sur le Chemin de Traverse plusieurs semaines plus tôt avait enfin confirmé ce que je savais.
Astoria Greengrass était bien l'Ombre et le Bébé Magique.
Rien ne pouvait les protéger et même en refusant d'ouvrir la bouche, ils allaient immanquablement finir leurs vies en prison.
J'avais fini par me retrouver dans mon bureau, Douglas Carter assit sur le fauteuil réservé à mes visiteurs et nous tentions de faire un point :
- « Donc, dit il. Récapitulons. Astoria Greengrass est celle que nous recherchons. Elle veut reprendre le travail de son père, à savoir mettre les sangs purs sur le devant de la scène.
- C'est ça.
- Elle a réussi à mettre la main sur un médaillon contenant l'âme maudite de Morgane en personne et compte la libérer, en échange de son aide pour ses projets.
- C'est toujours ça.
- Et si nous n'arrivons pas à l'empêcher de la libérer, nous risquons de tous y passer.
- Bon résumé des choses.
- Que savons nous sur ce médaillon ?
- A part ce que le souvenir de Merlin nous en a dit ? Absolument rien. Pendant mes recherches, je n'ai jamais entendu parler d'un quelconque collier ou autre.
- Ça ne nous avance pas.
- Du tout.
- J'ai l'intime conviction qu'il ne nous reste plus beaucoup de temps. Nous devons découvrir ce qu'Astoria a prévu dans les moindres détails pour avoir une chance de réussir à la contrer.
- Vous pensez sérieusement que nous arriverons à découvrir quoi que ce soit ? Elle a réussi à tous nous duper en presque trente ans. Nous ne trouverons rien, sauf si elle le décide.
- Nous devons trouver un moyen de la vaincre. (Je mordillais l'intérieur de ma joue). Quelqu'un avec assez de puissance pour la réduire en poussière.
- J'ai peut être quelqu'un. (Assurément que je l'avais !). Il va juste lui falloir un peu d'entrainement.
- Alors au boulot.
- Oui, Chef. »
Je n'avais plus qu'à me trouver un entraineur.
-ooOoo-
Des personnes qualifiées en matière de magie noire, il y en avait très peu dans mon entourage assez proche pour que l'on puisse aborder la question de mes pouvoirs sans soulever des interrogations gênantes.
En réalité, il n'y en avait que deux.
Severus Rogue et Lucius Malefoy.
Les connaissances de Drago dans cette matière étaient, certes, plus étendues que la moyenne, mais pas autant que notre ancien professeur des potions et notre géniteur.
Demander de l'aide à Rogue avait été bien plus facile que de me planter devant celui qui avait contribué à ma conception et lui dire que j'avais besoin de lui.
Ça avait été une torture.
Pour lui, c'était du petit lait.
Ce sale enfoiré.
Il jubilait encore.
J'avais envie de lui effacer son petit sourire suffisant en lui faisant ravaler ses dents. Mais étant donné que j'avais besoin qu'il m'apprenne quelques trucs, j'étais obligée de ronger mon frein.
- « Est ce que vous êtes toujours avec nous Miss Saint ? cingla la voix de Rogue.
- Ouais. Où voulez vous que je sois.
- Concentrez vous sur votre magie, alors.
- C'est ce que je fais. (J'étais ruisselante de sueur, j'étais épuisée, et j'avais l'impression d'avoir couru comme une dératée dans la Forêt Interdite pendant des heures, poursuivie par une meute de loups garous enragés durant la pleine lune). Depuis cinq heures. Je suis épuisée.
- Vous devez faire plus d'efforts.
- PLUS D'EFFORTS ?! (Le vase que j'essayais de pulvériser depuis le début de la séance explosa, nous faisant sursauter). Par Merlin.
- Idéalement, c'est que vous faisiez exploser les choses intentionnellement qui nous intéresse.
- Jusqu'à aujourd'hui, ces pouvoirs me foutaient la trouille et j'essayais de les museler. Les utiliser sciemment, ne me vient pas aussi naturellement que je le pensais. (Je sortis l'amulette de sous mon tee shirt). Surtout avec ça autour du cou.
- Sans ça autour du cou, tu risquerais de tous nous tuer, dit Lucius, appuyé contre un mur, les bras croisés sur son torse.
- Quel dommage, ironisais je.
- Essayons autre chose. (Il quitta son petit poste d'observation et vint se placer face à moi, à une dizaine de mètres). Concentre toi sur moi.
- Lucius… commença Rogue.
- Je crois que nous sommes tous d'accord pour dire que tes pouvoirs sont intimement liés à tes émotions. Surtout à la colère. Voyons ce que tu peux faire.
- Tu es vraiment suicidaire.
- Tu ne me tueras pas.
- Tu me surestimes.
- Voyons ça. »
Je grognais de fatigue et me concentrais vraiment sur lui.
Je cherchais au fond de moi toute la colère que j'avais envers lui.
Il était un ancien mangemort.
Il avait laissé tomber ma mère.
Il avait gardé pour lui le lieu où elle était retenue pendant des années.
Il n'avait jamais été à la hauteur.
Il voulait faire partie de ma vie alors que je ne le voulais pas.
Il avait tué des gens.
Il avait fait souffrir Drago.
Il avait cherché à tuer mes amis.
Il avait essayé de blesser Sirius au Département des Mystères.
Je le détestais.
C'est là que je la sentis.
Cette chaleur dans mes tripes.
Cette puissance dans mes tripes.
Ma magie.
Je fermais les yeux, me concentrant uniquement sur ça. Je pouvais sentir l'air s'agiter autour de moi. Les murs se mettre à trembler.
J'avais tellement de pouvoirs. Tellement de possibilités.
Mes pensées ne se focalisèrent que sur ma haine et ma colère envers lui. Et quand je rouvris les yeux pour les fixer sur lui, je le vis tressaillir.
Il avait peur. Peur de moi.
Je voulais qu'il ait peur de moi.
Je laissais la magie filer, sortant de mon corps avec tellement de force que je laissais échapper un cri.
Il fut littéralement soufflé, allant s'écraser contre le mur du fond dans un grand bruit sourd.
Je tournais la tête vers Rogue pendant qu'il se précipitait pour aider Lucius à se relever. Et je vis mon reflet dans une vitre.
Ma peau était blafarde. Tellement pâle que l'on pouvait presque voir mes os en transparence. Mes yeux n'étaient plus violets mais d'un rouge aussi écarlate que le sang frais et des veines aussi noires que le charbon parcouraient mon épiderme, comme si la magie noire coulait littéralement en elles.
Cet aspect de moi même me terrifiait. Je ne voulais pas ressembler à ça. Ce n'était pas moi. La vitre explosa et je fis un pas en arrière en levant les bras pour me protéger du verre. D'autres objets se mirent à exploser autour de moi et je finis par trébucher sur mon propre pied et à tomber.
J'avais laissé sortir ma magie et elle était entrain de tout détruire autour de moi.
Alors que je commençais à paniquer, la porte de la pièce dans laquelle nous nous entrainions s'ouvrit à la volée et Sirius et Drago déboulèrent, suivis de Harry et Hermione.
- « Qu'est ce qui se passe ici ?! s'écria Drago pour couvrir le bruit des explosions. (Sirius se précipita vers moi). Qu'est ce que vous lui avez fait par les baloches de Merlin ?!
- Hey, murmura Sirius.
- Ne me regarde pas.
- Pourquoi ?
- Je suis… Mes yeux…
- Ce n'est rien.
- Je n'arrive plus à les contrôler. (Un miroir explosa à côté de moi). C'est trop. Trop. Trop.
- Ok frangine, intervint Drago en surgissant à nos côtés. Il faut que tu respires. Tu es en train de faire une crise de panique.
- JE NE PEUX PLUS RESPIRER !
- Regarde moi, dit Sirius d'une voix autoritaire que je ne lui connaissais pas. (Mes yeux se posèrent sur lui d'office). Fais comme moi. (Il inspira fortement par le nez avant d'expirer calmement). Allez, fais le. (Je lui obéis et callais ma respiration sur la sienne). Voilà, c'est bien. (Je tournais les yeux vers mon frère qui se mit à respirer comme Sirius, ce qui me fit rire). Voilà, ça va mieux. (J'aperçus une partie de mon visage dans un morceau de miroir et me rendis compte que mes yeux étaient redevenus violets et ma peau vierge de tous sillons noirs). C'est fini. »
Je me jetais contre lui et il referma ses bras autour de moi. Je fermais les yeux, savourant le réconfort de le sentir contre moi. Je sentis ses doigts frotter le bas de ma nuque et je me sentis en sécurité.
- « Le but était de l'entrainer, entendis je Hermione dire. Pas manquer de tous vous tuer en lui provoquant une crise de panique.
- C'était la faute de Malefoy, dit Rogue.
- Evidemment, grogna le dit Malefoy. Mais je ne me souviens pas t'avoir entendu beaucoup protester.
- Vous aviez dit que ses pouvoirs étaient surtout basés sur ses capacités de Legilimence et d'Occlumens, enchaina Harry. Peut être que c'est sur ça qu'il faut baser l'entrainement. La faire sortir de ses gonds à tous les entrainements risque de provoquer des dégâts, autant matériel que corporel et elle ne le supportera pas.
- Je te ramène à la maison, murmura Sirius en m'aidant à me relever.
- L'entrainement est fini pour aujourd'hui, approuva Drago.
- Miss Saint ? (Je tournais la tête vers Rogue). J'ai du mal à l'admettre, mais Monsieur Potter a probablement raison. (Harry eut un petit sourire satisfait qu'il ne prit même pas la peine de cacher à celui que l'on avait surnommé l'Homme Chauve Souris). Demain, nous travaillerons sur votre mental. Reposez vous ce soir. (Il fusilla Lucius du regard). Et nous nous passerons de toi.
- Je suis un aussi bon Légilimence que toi, grogna Lucius.
- Ça, permet moi d'en douter. »
Je laissais Sirius me piloter vers la sortie pendant que les deux anciens Serpentards se chamaillaient sur qui étaient le plus fort. Un peu plus et ils faisaient un concours de qui pissait le plus loin.
Je passais la soirée avachie sur le canapé avec Sirius. J'étais épuisée, complètement vidée de toutes mes forces.
Sirius jouait avec mes cheveux, en silence. Il ne me posait pas de question, même si je savais qu'il mourrait d'envie de me faire parler.
Je fermais les yeux, savourant la sensation légère de tiraillement sur mon cuir chevelu et finis par rompre le silence :
- « Je suis tellement fatiguée, murmurais je.
- Tu t'es vidée de ton énergie.
- Je ne parle pas d'une fatigue physique. C'est une fatigue mentale.
- Tu veux en parler ?
- J'ai toujours refusé auparavant.
- D'en parler ?
- Oui.
- A personne ?
- Personne. Pas même mon frère. Ou Harry. Après… Après la guerre, la plupart d'entre nous sont tous allés parler à des professionnels.
- Des psychomages
- Oui. Même Harry et Drago.
- Mais pas toi.
- Pas moi.
- Pourquoi ?
- Je voulais oublier. Oublier toutes les horreurs que nous avions vus et faits. Revenir dessus ne servait à rien. Nous avions tués des gens. Qu'ils soient mauvais ne les rendaient pas moins des êtres vivants, à qui nous avions ôtés la vie. A l'époque, je ne connaissais pas la généalogie de ma mère, mais je savais déjà que j'étais la fille de Lucius. Je ne voulais pas être la fille d'un Mangemort. (J'eus une inspiration hachée). Je ne voulais pas que les gens disent que tuer faisait partie de moi. Même s'ils l'ont quand même fait. Je pensais qu'une fois Voldemort… et bien mort, toute cette merde serait terminée et que je pourrais tourner la page.
- Sauf que tu as continué à faire des insomnies et des cauchemars.
- J'étais prête à vivre avec jusqu'à la fin de mes jours. A vivre toute seule. (Je nouais mes doigts avec les siens). Mes pouvoirs étaient sous contrôle. J'étais une bonne amie, une sœur d'enfer et je ne me débrouillais plutôt pas trop mal en tant que tante et marraine. Quand tu es revenue, quand vous êtes tous revenus, j'ai vraiment cru que les choses pourraient, enfin, être de notre côté. Même si je savais que ce n'était pas normal, j'espérais vraiment que tout ce passerait bien. Mais ça aurait été trop beau.
- Qu'est ce que tu veux dire exactement ?
- Je voulais – veux – une vie normale ! Je veux aller au travail tous les jours et avoir quelqu'un à retrouver en rentrant à la maison. Je veux des enfants, une famille. Je veux être heureuse !
- Tu aurais pu avoir ça ces dix dernières années.
- Pas sans toi. (C'était la première fois que je le disais à voix haute). Cette vie heureuse, ça toujours était avec toi que je l'avais imaginé. Quand tu es mort, cette vie est morte avec toi. Même si à l'époque, c'était un rêve d'adolescente. A ton retour, quand on s'est laissé une chance et que l'on s'est mit ensemble, je me suis surprise à penser que tout cela était finalement possible. Que je pourrais être aussi heureuse que les autres, avec toi. Mais voilà que l'on se retrouve avec un nouveau mage noir sur les bras.
- Et comme pour le dernier, nous arriverons à en venir à bout.
- Mais une fois qu'Astoria sera battue, qu'est ce que vous deviendrez ? Vous resterez ? Ou vous repartirez ? Est ce que nous sommes condamnés à combattre tous les mages noirs ? Est ce que nous ne pourrions pas être tranquilles pour une fois ?
- Arwen, regarde moi. (Je levais les yeux vers son visage bien trop beau). Les choses vont s'arranger. Tout finira par s'arranger. Comme toujours. »
Si seulement je pouvais être aussi certaine que lui sur ce point.
-ooOoo-
Les entrainements avec Rogue étaient bien moins épuisants, sur le point physique, et bien plus productifs que quand Lucius nous tenait compagnie.
- « Très bien Miss Saint, dit Rogue alors que nous étions assis face à face, sur le sol, en tailleur. Vous êtes une exceptionnelle Légilimence et Occlumence.
- Trop aimable Professeur.
- Cette capacité est naturelle ?
- Oui. J'ai toujours été capable de bloquer mon esprit et j'ai toujours possédé une facilité étonnante à passer à travers les barrières des autres. Je n'ai pas été capable d'expliquer ça.
- En aviez vous parler à Dumbeldore ?
- Bien sur. Dès ma première année. Quand…
- Quand quoi ?
- Quand j'ai envahi l'esprit de quelqu'un par accident. En me mettant en colère.
- L'esprit de qui ?
- Le vôtre… ? (Je rentrais la tête entre mes épaules, me faisant toute petite).
- Je vous demande pardon ?! (Sa voix partait dangereusement dans les aigus). Vous avez réussi à entrer dans ma tête ?!
- J'étais en colère ! Vous vous étiez montré vraiment injuste envers les Gryffondors durant un cours et vous aviez vraiment humilié Hermione. J'étais tellement en colère ! Je n'ai pas fait exprès ! Je ne comprenais pas ce que je faisais ! Et puis, je n'ai rien vu d'intéressant, je vous le jure !
- Très bien ! Nous allons faire comme si vous n'aviez rien dit et comme si je n'avais rien entendu. (Il prit une grande inspiration et je crus que j'allais prendre feu dans une magnifique combustion spontanée tellement j'étais rouge). Où se situe l'épicentre de vos pouvoirs ? Là où vous sentez que ça commence à monter ?
- Derrière mes yeux. (Je passais ma main devant mes yeux dans un geste vague en l'agitant). Ça commence par une migraine, qui augmente progressivement jusqu'à devenir insoutenable. A ce moment là, c'est comme si un verrou sautait à l'intérieur de mon crâne et tout explosait.
- Un verrou, vous dites ?
- Oui.
- Qui dit verrou, dit porte.
- Et ?
- Il faut que nous découvrions comment faire pour que vous appreniez à ouvrir et fermer cette porte aussi facilement que possible. Que cela devienne aussi naturel que respirer pour vous.
- Et au final, mes pouvoirs n'exploseront plus à tout va et je ne blesserai plus personne.
- C'est cela.
- Super. (Je ne pus m'empêcher de lui sourire). On commence quand ? »
-ooOoo-
Je comprenais mieux pourquoi Harry maudissait Rogue quand ce dernier tentait de lui apprendre l'Occlumencie durant notre cinquième année.
Sacré Merlin, l'Homme Chauve Souris était à la limite du sadisme.
Je ne prenais aucun coup, ne me battais pas, mais à la fin de chaque entrainement, j'avais l'impression de m'être fait rouer de coups. Je transpirais comme une malade, alors même que je ne bougeais quasiment pas d'un cil.
J'étais épuisée.
J'étais à peine rentrée à la maison que j'étais prête à m'écrouler de fatigue.
A tel point que Sirius devait presque me remorquer jusque dans notre lit où je m'endormais comme une masse, dans toute ma grâce et ma délicatesse féminine.
Mais fort heureusement pour moi, les entrainements commençaient à porter leurs fruits.
Bon, je n'étais pas encore au top, et j'avais encore quelques ratés, mais je m'en sortais pas trop mal.
Nous étions en plein entrainement quand Rogue se crispa et grimaça violemment.
- « Professeur ? (Oui, je savais qu'il n'était plus mon professeur depuis des années mais certaines habitudes avaient la vie dure). Vous allez bien ?
- C'est… (Il s'agrippait l'avant bras gauche comme s'il risquait de tomber à tout moment). C'est…
- Votre marque ? C'est votre marque qui vous fait mal ?
- Oui.
- C'est Elle…(Je me levais précipitamment). Il faut que j'y aille.
- Vous n'êtes pas encore prête Arwen. (Si je continuais à lui servir du Professeur, lui avait abandonné le Miss Saint depuis plusieurs séances déjà). Vous ne vous maitrisez pas encore.
- Je n'ai pas le temps de me maitriser totalement ! Nous devons en finir ! Maintenant !
- Arwen, attendez ! »
Je ne le laissais pas terminer et transplanais.
Le Chemin de Traverse.
Et ce que je découvris avait tout d'un cauchemar.
Même à l'époque de Voldemort, cela n'avait pas ressemblé à ça.
A l'Enfer.
Des boutiques étaient en flammes, des vitres étaient explosées, des corps jonchaient le sol, du sang formait de petites flaques un peu partout sur les pavés et des gens courraient dans tous les sens en hurlant.
Alors que je venais d'aider une femme à se relever, Ron, que je n'avais pas vu arriver, faisant de même un peu plus loin, je la vis.
Astoria.
Bordel de merde.
J'allais me la faire.
Dans le prochain chapitre : le jour où nous voulions vivre… Astoria… La Sorcière Originelle…
Note de l'auteure : Et voilà, un chapitre de plus ! J'espère qu'il vous a plu autant que les autres. J'ai eu un peu de mal à le terminer, je l'avoue !
L'inspiration avait un peu de mal à venir, alors j'avoue que je suis revenue à mon mode d'écriture de mes débuts : l'écriture à la main !
D'ailleurs, les chapitres qui vont suivre ainsi que l'Epilogue ont tous été écrit à la main, avec quelques modifications apportées au moment de la retranscription sur l'ordinateur.
N'hésitez pas à donner votre avis, cela fait toujours plaisir.
A très bientôt !
Bye.
Infos en plus : 9 pages ; 4785 mots
