Disclaimer : L'Univers de Harry Potter ne m'appartient pas (malheureusement) sauf certains personnages et la majorité de l'histoire. Vous remarquerez surement au fil de la lecture certains passages qui sont tirés du livre, mais je le signalerai en début ou fin de chapitre ! Bonne lecture !


Chapitre 15

C'était dingue.

Complètement dingue même.

Morgane, la Sorcière Noire Originelle, se tenait devant moi.

Elle était gorgée d'énergie, à un tel point que je pouvais la sentir vibrer sur ma peau.

Elle était aussi belle qu'elle était terrifiante.

- « Qui es tu ? » demanda-t-elle à Astoria.

Sa voix était rauque et légèrement cassée, comme si elle n'avait pas servi depuis longtemps.

Ce qui était le cas.

Elle regardait Astoria avec tellement de mépris et de dégout que j'en frissonnais.

- « Je suis Lilith Morgana Jedusor. C'est moi qui ai trouvé votre prison. Et qui vous ai libéré. Ensemble… (Elle était tellement fébrile qu'elle bafouillait et que ses mains tremblaient). Ensemble, nous pouvons régner sur le monde.

- Qui est elle ? (Elle fit un signe de tête dans ma direction, sans lui répondre, avant de s'adresser directement à moi). Qui es tu ?

- Arwen, murmurais je. Je m'appelle Arwen Saint.

- Arwen Saint. (Elle prononçait mon nom comme pour voir l'effet que cela faisait de le dire. Elle s'accroupit devant moi). Je peux sentir mon sang dans ton sang.

- Apparemment… (Je me raclais la gorge, sa magie m'étranglant). Apparemment, je suis la dernière descendante directe de votre fils Peter.

- Mon petit Peter. (Elle sourit et elle devint carrément lumineuse, comme une mère fière de son rejeton). C'est ton sang qui m'a libéré. Le sang de mon sang.

- S'il vous plait. (Ses pouvoirs me submergeaient, me remplissaient, me rendant lourde et comateuse). S'il vous plait, laissez nous… Laissez nous partir.

- Elle est ta mère. (Elle caressa les cheveux de ma mère toujours inconsciente et je tirais sur mes chaines). Tu es attachée. (Elle fronça les sourcils et la seconde d'après, j'étais libre). Je suis désolée, mais vous allez rester ici encore un peu. J'ai besoin de temps pour régénérer mes pouvoirs. (Elle me sourit et je me dis que si là, elle n'était pas à pleine puissance, je ne tenais pas particulièrement à être dans les parages quand elle le serait). Mais avec toi à mes côtés, tout irait bien plus vite.

- Non. (Je secouais la tête). Je ne veux pas.

- Imagine. En marchant à mes côtés, tu aurais la force de protéger tes amis, ta famille. Et surtout… Tu pourrais garder l'homme que tu aimes auprès de toi.

- Arrêtez.

- Je pourrais t'apprendre. Je pourrais t'enseigner à contrôler tes pouvoirs. A devenir… Ce que tu es censée être.

- Je ne veux rien venant de vous. Je ne suis pas mauvaise.

- Je ne le suis pas non plus.

- Tu vois toujours tout en noir et blanc hein, ricana Astoria. Il ne s'agit pas d'être bon ou mauvais. Il s'agit de justice.

- De justice ?! Gouverner le monde en réduisant la moitié de la population en esclavage ? C'est ça que vous appelez la justice ?

- Les moldus nous persécutent depuis des siècles, répondit Morgane. Ils nous doivent notre liberté. (Sa voix résonna en moi et je réalisais qu'elle parlait directement dans ma tête). Nous pouvons libérer les sorciers. Marcher au grand jour, sans avoir à nous cacher. Nous pourrions faire ce que nous voulons. Tu peux m'aider. Nous pouvons le faire. Ensemble. »

Sa voix était forte.

Je me mis à avoir envie d'y croire.

Je voulais y croire.

J'y croyais.

-ooOoo-

Je le sentais.

Le pouvoir incommensurable en moi.

Il était sous contrôle, comme jamais il ne l'avait été.

J'étais assise sur une chaise, les coudes appuyés sur le dossier.

J'avais pris une douche et enfilé des vêtements propres.

Ma mère était allongée au sol, toujours inconsciente et j'attendais qu'elle revienne à elle en regardant mes ongles.

Elle s'agita, et reprit connaissance, en gémissant. Tout en gardant le silence, je la regardais se redresser avec difficulté et tourner la tête en me cherchant du regard.

Quand elle finit par poser les yeux sur moi, je ne pus m'empêcher de sourire.

Elle écarquilla les yeux et laissa échapper un hoquet de stupeur.

- « Salut Maman. Bien dormie ?

- Par Merlin Arwen. (Je grimaçais). Qu'est ce que tu as fait ?"

Je savais ce qu'elle voyait.

J'avais laissé mes pouvoirs s'exprimer.

Des veines noires parcouraient ma peau, mes yeux violets avaient viré au rouge sang, mes cheveux retombaient sur mon visage et autour de mes épaule en une masse informe et le contour de mes ongles étaient noircis comme si j'avais plongé mes mains dans de l'encre.

J'avais l'apparence d'un monstre.

- « J'ai décidé de laisser mon côté obscur s'exprimer. Et c'est très agréable.

- Arwen, tu ne sais plus ce que tu dis.

- Au contraire. Je n'ai jamais été aussi sur de moi. Etre débarrassée des règles, des contraintes… C'est tellement libérateur ! (Je ris). Je ne me suis pas sentie aussi bien depuis… toujours en faite !

- Si ! Quand tu es avec Sirius !

- Tu n'en sais rien.

- Tu aimes Sirius. Rappelles toi. Tous les bons moments que vous avez passé ensemble. Souviens toi Arwen. Et tu comprendras que ça, (Elle me désigna d'un geste vague de la main), ce n'est pas toi. »

Je me mis à rire.

Parce que rire valait mieux que pleurer ou se mettre en colère.

- « Tu ne comprends rien n'est ce pas ? dis je. J'ai passé la majeure partie de ma vie à être terrifiée. Pour toi, pour Sirius, pour mes amis, pour moi. Là, maintenant, je me sens tellement puissante ! Invincible. En contrôlant mes pouvoirs, en apprenant de Morgane, je serais capable de tous nous protéger !

- Tu vas surtout te perdre toi même ! Nous ne t'avons jamais demandé de nous protéger. (Elle se leva et prit mon visage entre ses mains). Je t'en supplie Arwen. Ne gâche pas ta vie. Ne sacrifie pas ton avenir. »

Avenir.

Ce mot faisait écho dans mon esprit.

Avoir un avenir, un futur.

Avec Sirius.

-ooOoo-

Il pleuvait.

C'était totalement le genre de météo où l'on s'enfermait chez soi, roulé en boule dans un plaid tout doux, avec une bonne tasse de chocolat chaud.

J'adorais ce genre de temps.

J'étais assise sur le rebord de la fenêtre de notre salon et regardais la petite rue devant notre nouvelle maison à Sirius et à moi. Nous n'avions pas fini de déballer nos cartons. Enfin, surtout les miens, car Sirius n'avait pas beaucoup d'affaires lui appartenant.

- « Qu'est ce que tu fais ? »

La voix de Sirius me fit tourner la tête dans sa direction.

Il était appuyé contre le mur séparant le salon de la cuisine ouverte. Il portait un pantalon de jogging noir bas sur ses haches et rien en haut. Son torse nu était parsemé de tatouages qu'il avait récolté en prison. Ils s'étaient légèrement éclairci avec le temps, mais ils étaient toujours présents, stigmates de son passé.

- « Je regardais la pluie. (Je regardais à nouveau à l'extérieur). J'adore la pluie.

- C'est surprenant. (Il s'approcha de moi). La plupart des gens détestent la pluie.

- Pas moi. J'ai trouvé ça apaisant. La pluie purifie, nettoie. (Il s'approcha encore et me prit dans ses bras). Tu sais, il a plu le lendemain de la Grande Bataille de Poudlard. Tout le monde était à l'intérieur, avec les morts, à pleurer ou à se reposer. Moi, je suis sortie sous la pluie. J'avais l'impression que le ciel pleurait pour nous, pour nos pertes. J'avais refusé de pleurer après la Bataille, je voulais rester forte pour Ron et pour Harry. (Je me tournais pour le regarder en face). J'étais là, sous la pluie, et je me suis mise à pleurer. Pour Remus et Tonks, pour Teddy qui ne connaitrait jamais ses parents, pour les Weasley, pour Harry. Pour toi.

- Pour moi ?

- J'ai pleuré au Ministère, juste après ta mort. Mais Harry avait déjà beaucoup de chagrin. Alors j'ai tout gardé. J'ai pris toute ma peine et je l'ai enfermé à double tour au fin fond de mon esprit. Mais ce jour là… Je me suis laissée aller. J'ai laissé la pluie me laver de tout cela. J'ai pleuré pour toi, pour le fait que je ne pourrais jamais te dire ce que je ressentais, pour l'avenir que l'on ne pourra jamais avoir ensemble. (Je pris son visage entre mes mains et caressais ses pommettes de mes pouces). J'ai pleuré pendant plus d'une heure sous la pluie. Je n'ai plus jamais pleuré.

- Je suis là maintenant. (Il m'embrassa et je ne pus m'empêcher de soupirer d'aise). On peut avoir un avenir.

- Qu'est ce que tu vois dans notre avenir ?

- J'ai toujours fui les responsabilités et l'engagement. Mais avec toi, je vois une vie ensemble, heureuse et longue.

- Quoi d'autre ?

- Un mariage. Un beau mariage. Et des enfants.

- Tu voudrais des enfants ?

- Oui, avec toi. Je rêve d'un avenir rempli de bébés avec toi.

- Moi aussi. Un bel avenir, avec un mariage et des enfants. Pleins d'enfants.

- Autant que tu voudras. (Je ris en plaçant mes bras autour de son cou). A partir de maintenant, on ne fera que danser sous la pluie. Plus de larmes.

- Plus de larmes.

- Je t'aime. (Il m'embrassa sur le bout du nez). Je t'aime à la folie.

- Je t'aime aussi. Plus que tout au monde. »

-ooOoo-

Je pleurais.

Je sentais les larmes couler sur mes jambes.

Ma mère tenait toujours mon visage entre ses mains. Elle caressait mes pommettes avec ses pouces, exactement comme je l'avais fait avec Sirius, ce jour là.

Je posais les mains sur les siennes et je remarquais que mes ongles étaient à nouveaux normaux et que les veines noires se rétractaient doucement.

- « Un avenir ? murmurais je.

- Oui, un futur heureux. Avec des enfants. Tu as toujours voulu des enfants quand tu étais petite. »

Des enfants.

Oui, je voulais des enfants.

Avec Sirius.

-ooOoo-

Le soleil était à son apogée ce jour là.

J'étais assise dans notre jardin, la petite Rose assise entre mes jambes étendues.

Je ne pouvais m'empêcher de sourire en l'écoutant glousser face aux pitreries de Scorpius.

Drago et Hermione avaient voulu partir en week end en amoureux et je m'étais proposée pour garder les deux petits monstres.

Scorpius courut jusqu'à nous et s'écroula à nos côtés.

- « Tatie ?

- Qu'est ce qu'il y a mon Cœur ?

- Quand est ce que Rosie et moi, on aura des cousins pour jouer ?

- Et bien, dis je en riant. Tu ne perds pas le nord toi.

- Allez réponds.

- Vous aurez des cousins quand ça sera le moment.

- C'est quand le moment ?

- Oui, c'est quand le moment ? »

La voix de Sirius me fit sursauter.

Je me tournais à moitié pour le voir venir vers nous, les mains dans les poches.

Il se laissa tomber à côté de nous, Scorpius se tournant sur le ventre en rampant entre Sirius et moi.

Le premier passa ses doigts entre les cheveux du petit garçon.

- « Pour répondre à votre question, je ne sais pas. Nous le saurons quand ce moment arrivera.

- C'est tellement précis comme réponse Chérie.

- C'est la seule que je peux donner aujourd'hui.

- T'inquiète, dit il à Scorpius. Je te promets que toi et Rose, vous aurez des cousins.

- Et est ce que j'aurais mon mot à dire dans cette histoire ?

- Bien sur. Il faut bien que tu sois là pour les moments clés. »

Je lui tirais la langue et lui mis un petit coup de poing dans l'épaule, le faisant rire.

Je me penchais et couvris le visage de Rose de baisers. Au même moment, j'entendis Sirius éclater de rire. Je regardais dans sa direction pour voir que Scorpius s'était jeté sur lui.

Rose gloussa et je ris aussi en jouant avec ses cheveux.

Un avenir.

Avec des enfants.

-ooOoo-

Je revins dans le présent, dans les bras de ma mère, à sangloter.

Je pouvais sentir que mes pouvoirs étaient à nouveau derrière les portes, bien verrouillées.

- « Je suis désolée, sanglotais je.

- Ce n'est pas ta faute Arwen. Tu n'as rien fait de mal.

- C'est trop dur de se battre contre elles.

- Tu peux le faire. Avec tes amis. Ensemble, vous faites des miracles.

- Mais ils ne sont pas là. Nous sommes toutes seules ici.

- Tu es une Legilimence puissante. Tu peux les appeler. Tu as juste besoin de te concentrer. De croire en toi. »

Je hochais la tête et pris une grande inspiration.

Je fermais les yeux et étendis ma conscience. Je pouvais sentir les esprits d'Astoria et Morgane, puissantes et sombres. Je percevais les esprits des Mangemorts. En continuant à chercher, je finis par trouver l'esprit de Drago.

Les pensées de mon frère…

Je n'avais jamais cherché à entrer dans les pensées de mes proches.

C'était une limite que je m'étais toujours refusée à franchir, même inconsciemment. Mais là, je voyais à quoi ressemblait la psyché de Drago.

Beaucoup de gens avaient dit que nous nous ressemblions avec notre teint pâle, notre grande taille, nos cheveux trop blonds et notre mauvais caractère.

Je n'avais jamais imaginé que notre ressemblance pourrait aller plus loin que ce que Lucius nous avait transmis dans notre code génétique.

J'avais toujours su que Drago était un très bon Occlumens.

Pas aussi bon que moi, ou même Rogue mais bien plus que la moyenne.

Je m'étais dit qu'il faudrait que je bataille un peu si je voulais passer ses défenses s'il était conscient, mais je réussis à passer ses barrières sans la moindre difficulté.

Parce que nos esprits étaient fait du même matériau.

Nos psychés avaient été façonnées à l'identique.

Nous n'avions jamais essayé auparavant, mais Drago pouvait, peut être bien, être le seul à avoir la capacité de passer mes propres boucliers.

Remisant cette hypothèse au fond de mon esprit, je me concentrais pour tisser un lien solide tendu entre mon frère et moi. Il tirait dessus, le suivant, ses pensées accompagnées de celles de nos amis.

Je souris à ma mère.

- « Ils vont nous trouver. »

Ils étaient même déjà là.

-ooOoo-

Nous pouvions entendre des bruits de combat de l'autre côté de la porte.

Le mur trembla et j'eus tout juste le temps de repousser ma mère à l'opposé avant que le dit mur n'explose. Je me couchais en travers de son corps pour la protéger et grognais quand des morceaux de pierre percutèrent mon dos avec violence.

Quand la poussière commença à retomber autour de nous, je roulais sur moi même et vis que le mur s'était littéralement effondré. Nous pouvions voir des combats et je me remis sur pieds. J'allais me précipiter pour aller les rejoindre quand Sirius surgit dans l'ouverture qui avait été sur un mur quelques minutes auparavant. Ses yeux s'écarquillèrent en me voyant et je me précipitais vers lui en trébuchant.

Il vint à ma rencontre et me rattrapa avant que je ne m'écroule, tête la première.

J'atterris dans ses bras et glissais les miens autour de son cou.

Il me serra contre lui et, sans pouvoir m'en empêcher, je me mis à pleurer.

Je nichais mon visage dans son cou et inspirais son odeur en sanglotant. Il enroula mes cheveux emmêlés entre ses doigts et glissa sa deuxième main sur ma nuque.

- « J'ai cru que je t'avais perdu pour de bon, murmura Sirius.

- Je suis tellement désolée…

- Pour quoi ? Rien de tout cela n'est de ta faute.

- J'ai cédé, Sirius. J'étais prête à les rejoindre. A sombrer.

- Mais tu as fais demi tour Chérie. Tu es redevenue toi même.

- Pardonne moi.

- Je t'ai déjà pardonné. (Il attrapa mon visage entre ses mains et m'embrassa). Maintenant, allons mettre un terme à tout cela.

- Je ne peux pas. Le côté sombre m'attire trop. Je ne veux pas être…

- Vas tu arrêter de pleurnicher à la fin ?! »

Ce cri du cœur nous fit sursauter et je regardais par dessus l'épaule de Sirius pour voir qu'Hermione se tenait là, les points sur les hanches et l'air très en colère.

Elle avait la même tête quand elle grondait ses enfants et j'eus l'impression d'avoir à nouveau six ans.

Ses cheveux formaient une véritable crinière de lionne autour de son visage, le col de son tee shirt était tâché de sang, son jean était troué aux niveaux des genoux et je pouvais voir que la peau était écorchée, comme si elle était violement tombée.

- « Hermione ? Mais qu'est ce qui te prend ?! s'écria Sirius.

- Nous n'avons plus le temps pour les pleurnicheries et les jérémiades.

- Hermione… commençais je.

- Au lieu de te plaindre comme tu passes ton temps à le faire, tu devrais accepter ces fichus pouvoirs.

- Mais…

- Ecoute moi ! Tu es qui tu es ! Tu ne pourras jamais changer qui sont tes parents. Ils ont fait de toi celle que tu es ! Y compris tes pouvoirs.

- Elle a raison, dit Sirius.

- Tu trouves que je suis une pleurnicharde ?

- Pas sur ce point. Souviens toi de ce que j'ai dis à Harry durant votre cinquième année ? Dans le monde, il n'y a pas d'un côté le bien et le mal, il y a une part de lumière d'ombre en chacun de nous. Ce qui compte, c'est celle que l'on choisit de nous montrer dans nos actes. Ça, c'est ce que l'on est vraiment. Que tes pouvoirs viennent de tes ancêtres mauvais n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est la manière dont tu les utilises. Pour aider Morgane. Ou pour nous aider, nous.

- Alors ? demanda ma mère après un moment de silence. Qu'est ce que tu choisis de faire ?

- On va décimer Morgane et Astoria. Dès aujourd'hui.

- Tu vois quand tu veux », sourit Hermione.

Il était temps d'arrêter de se rouler en boule pour recevoir les coups et de passer à l'offensive.

-ooOoo-

Je laissais ma magie monter, prendre de l'ampleur. Je marchais entre les combattants, complètement sourde à tout ce qui m'entourait.

La puissance se déversait hors de mon corps par vagues, s'enroulant autour de moi, modifiant mon corps, dévoilant des symptômes physiques de ma puissance.

Sauf que cette fois ci, j'étais totalement lucide.

Je savais qui j'étais et ce que je voulais.

J'étais gorgée de magie et je me sentais invincible.

Je trouvais Astoria et Morgane à l'écart, comme si risquer leurs vies pour défendre leur idéologie était superflus. C'était comme si leurs soldats étaient de moindre importance ?

Astoria, ou plutôt Lilith, me repéra la première et eut un petit sourire narquois en me voyant ainsi.

- « Ah, tu te décides enfin à te joindre à nous.

- Oui. (Je devais jouer le jeu tant que je n'étais pas plus près, pour éviter les dommages collatéraux au maximum). Il fallait que je m'occupe de certaines petites choses.

- Le principal, c'est que tu sois là maintenant, dit Morgane comme si nous parlions de la pluie et du beau temps. (Je me retrouvais à leur hauteur). Il est temps de mettre notre plan à exécution. La destruction de la lumière. »

A ce moment là, la mage noire eut un sourire. Même si ce dernier était clairement diabolique, personne ne pouvait nier qu'elle était absolument magnifique.

Mais j'étais à leur niveau maintenant. Et elles étaient assez loin pour que Sirius, Hermione et ma mère aient eu le temps de faire évacuer les membres de notre clan pour quand je lancerai l'offensive.

- « J'ai une petite réclamation, dis je, attirant leur attention sur moi.

- Laquelle ? demanda Astoria, clairement agacée.

- Je ne suis pas d'accord avec votre plan.

- Pas d'accord ?

- Pas d'accord du tout. (Je haussais les épaules). Je ne peux pas vous laisser faire ça. Votre chemin s'arrête ici et maintenant.

- Quoi ?! »

J'attrapais le bras d'Astoria et laissais éclater ma magie.

La jeune femme hurla et se débattit pour tenter de me faire lâcher prise. Mais elle surestimait ses forces car mes doigts ne lâchèrent pas leur prise.

Quand il fut clair qu'elle ne pourrait se libérer de ma poigne que si je le désirais vraiment, l'ancienne Serpentard perdit son air combatif et m'implora du regard. Je serrais ma main droite en poing et le lui balançais en pleine figure et en hurlant dans ma tête le sort d'Experliarmus.

Astoria hurla de douleur et partit violement en arrière pour aller littéralement s'encastrer dans un mur.

Je ne voulais pas la tuer, juste l'assommer suffisamment longtemps pour pouvoir me débarrasser de Morgane et que les autorités n'arrivent pour emmener les Mangemorts.

Je regardais mon ancienne camarade, avachie et sans connaissance quand la voix mélodieuse mais amère de Morgane se fit entendre.

- « Voilà une bonne chose de faire. Cette petite idiote commençait sérieusement à me taper sur les nerfs.

- Tu traites tes alliés d'une bien triste façon.

- Elle surestimait ses capacités. (Elle pouffa). Elle pensait sérieusement pouvoir être à ma hauteur. Personne ne peut me surpasser. Merlin n'y est pas parvenu et personne n'y parviendra jamais.

- Moi, j'y arriverai. »

Morgane partit dans un grand éclat de rire pendant que je lançais un premier sort.

Alors que nous nous lancions dans un combat acharné, je devais bien admettre qu'elle était d'une puissance sans pareil.

Bien plus forte que Voldemort.

J'avais beau lutter de toutes mes forces, je ne pouvais réellement que me défendre. Elle lançait ses sorts avec une telle rapidité que je n'avais pas le temps de lancer des sorts offensifs.

J'étais submergée, totalement dépassée par les événements.

Je n'étais pas assez forte, et même avec toute la magie noire héritée de mes ancêtres, je ne faisais pas le poids.

L'un de ses sortilèges me percuta en pleine poitrine, m'éjectant en arrière.

Je finis ma course contre le mur se situant à l'opposé de là où nous nous battions.

Je gémis, épuisée comme je ne l'avais jamais été. Je roulais au sol et tentais de me mettre debout, mais ne réussis qu'à me mettre à quatre pattes. Je n'avais pas assez de force, pas assez de puissance.

Je sentis des mains contre mes flancs, qui me redressèrent debout. Je tournais la tête vers celui qui m'aidait et reconnus les cheveux longs et blonds platine de mon père. Son visage était maculé de saleté, une énorme plaie barrait son front, sa peau barbouillait de sang.

Désespérée, je m'agrippais à lui et murmurais :

- « Elle est trop forte. Je ne vais pas y arriver. Je pensais que je pourrais la battre, mais je ne peux pas.

- Si tu le peux.

- Non, je…

- Tu te retiens toujours. Tu ne t'en rends pas compte, mais tu n'en es qu'à la moitié de ce que tu es capable de faire. Tu dois laisser libre court à tes pouvoirs.

- Qu'est ce que je dois faire ?

- Libère toi. Libère tes pouvoirs et laisse faire ton instinct. A ce moment là, tu pourras la vaincre. »

Je lâchais ma prise sur sa cape et le laissais m'aider à me stabiliser sur mes pieds.

Il avait raison. Même si j'avais lâché la bride à mes pouvoirs, j'étais toujours terrorisée à l'idée de perdre le contrôle et de décimer tout le monde.

Mais je devais avoir confiance en mes amis, en ma famille.

En moi.

Je pouvais le faire.

Je fermais les yeux et pris une grande inspiration. Je relevais les paupières et quand je posais mon regard sur Morgane, j'eus un petit sourire. La seconde suivante, je me lançais sur elle. J'avais vidé mon esprit, ne laissant que mon instinct agir. Mes défenses, mes offensives, tout était dirigé par mon instinct primaire.

Morgane semblait clairement surprise par ma nouvelle stratégie et rage de vaincre. Alors que mon corps se battait, mon esprit se vidait, totalement focalisé sur mes amis et ma famille.

Drago.

Hermione.

Harry.

Ginny.

Ron.

Pansy et son bébé.

Scorpius et Rose.

Blaise.

Luna.

Théo.

Ma mère.

Mon père. (Oui, même lui).

Rogue.

Et surtout, Sirius.

C'était eux qui me donnaient ma force, ma combativité. Pour eux, je me battrais jusqu'au bout, je leur permettrais d'avoir un avenir.

Quitte à en laisser ma vie.

-ooOoo-

C'était un combat de titans, de force physique autant que mentale. Et j'avais toutes les raisons du monde de continuer à me battre.

- « Tu ne fais pas le poids, ricana Morgane. Merlin lui même n'a pas été capable de me vaincre.

- Moi j'y arriverai. Je ne suis pas seulement ta descendante. Je suis aussi celle de Merlin. Je réussirais là où il a échoué. Contrairement à lui, je ne suis pas amoureuse de toi. Je peux tout à fait te tuer plutôt que t'enfermer en cage ! »

Je laissais la magie exploser hors de mon corps, ravageant tout sur son passage, moi y compris.

Je me sentais emportée par le tourbillon de magie. Je réalisais que la quantité de magie demandée pour tuer Morgane allait bien au delà de la magie noire enfouie en moi. Il fallait que j'aille puiser jusque dans ma magie personnelle.

Toute ma magie personnelle.

Sauf qu'un sorcier ne pouvait pas vivre sans ses pouvoirs. Elle lui était aussi vitale que son sang, son oxygène. Privé de sa magie, un sorcier ne devenait pas un Cracmol. Il mourrait tout simplement.

Mais j'étais prête à faire ce sacrifice. Pour mes amis.

Harry avait été prêt à mourir pour nous, il y a dix ans. Aujourd'hui, c'était à mon tour.

Je tournais légèrement la tête vers la droite et croisais le regard vert si reconnaissable d'Harry.

Je lui souris, et il hocha la tête, une unique larme dégringolant sur sa joue droite.

Voldemort avait été son combat et malgré notre aide et notre présence, il avait du le vaincre seul.

Morgane était mon combat, mon fardeau. J'étais venue au monde, avec toute cette magie, pour la vaincre.

Je puisais un peu plus en moi, échappant toujours plus de magie, jusqu'à ce que Morgane se mette à hurler.

La seconde suivante, ce fut le calme plat.

Elle avait totalement disparu, ne laissant rien derrière elle, comme un simple mauvais rêve.

Je souris, complètement vidée.

- « J'ai réussi », murmurais je.

Je m'écroulais soudainement au sol, mes jambes ne me supportant plus.

Puis, ce fut le noir complet.


Dans le prochaine chapitre :la paix… au revoir… souvenirs… seule…

Note de l'auteure :et voilà un chapitre 15 terminé !

A l'heure où je vous écris ces mots, j'en suis à l'écriture manuelle de l'épilogue. Ce qui me ravit après presque deux ans de travail sur cette fanfiction.

Je quitte mon appartement pour une petite course durant une heure et à mon retour, je retrouve le calepin sur lequel j'écris… dévoré par mes chiens ! Et non, ce n'est pas une blague, c'est ma vie ! Et bien sur, cela aurait moins drôle de manger les chapitres déjà tapés à l'ordinateur. Non, non. Les chapitres 16 et 17 ont été sévèrement mâchouillés et même déchirés. Heureusement que j'aime faire des puzzles ! J'ai tout reconstitué et me hâte de tout recopié sur ordi avant de me remettre à l'épilogue.

Après toutes ces aventures, j'avoue que je ne dirais pas non à quelques petites reviews. Vous savez comment ça marche.

A la semaine prochaine pour le chapitre 16.

Bye

Infos en plus : 11 pages ; 4954 mots.