Centre de détention, Parloir - 6 septembre, 9h07
La pauvre Maya est enfermée ici comme une criminelle…
La porte du parloir s'ouvre sur un officier de police, suivi de Maya. Elle vient se placer sur la chaise mise à disposition, face à moi.
-« Oh ! fait-elle. C'est vous… L'avocat… B-Bonjour… »
-« Bonjour ! »
Elle a l'air très fatiguée….
-« Hmm… Vous allez être mon avocat ? »
-« Eh bien, c'est justement de cela dont je voulais vous parler… »
Autant la laisser choisir…
-« C'est à vous de décider. »
-« À moi ? »
-« Oui. Je ne pense pas que ce soit à moi de prendre cette décision. Après tout, c'est vous qui avez des ennuis. »
-« … Ils ne vont jamais me croire, pas vrai ? Même vous, quand vous m'avez trouvée. Vous m'avez regardée comme si j'étais coupable. »
Je l'ai regardé comme ça, moi ?
-« Non, non ! Je n'ai jamais pensé… »
-« C-Ça va… Je comprends. Et puis… J'ai entendu parler de vous. »
-« De moi… ? Qu'avez-vous entendu à mon sujet ? »
-« Je… Je discutais avec ma sœur l'autre jour, au téléphone… »
-« Aujourd'hui mon jeune associé a fait ses premiers pas dans un tribunal. »
-« Ouah ! Vraiment ? Comment ça s'est passé ? »
-« C'était du grand spectacle ! Franchement, je suis restée sur les nerfs en permanence ! Ça faisait longtemps… »
-« Ha ! Alors il s'est planté en beauté ? »
-« … C'est un génie. Du genre de ceux qui font cauchemarder les criminels… La seule chose qui lui manque… C'est de l'expérience. »
-« Hé bien, on dirait que t'es bien amusée ! Maintenant je sais à qui m'adresser si jamais des ennuis ! »
-« Je ne sais pas, Maya. Il est peut-être préférable d'attendre un peu… Il sera prêt dans trois ans. À moins que tu souhaites être déclarée coupable. »
-« C'est ce qu'elle a dit ! »
-« … »
-« Je-Je suis désolée ! Je ne voulais pas vous vexer… »
-« Non, ça va. Je suppose que c'est la vérité. Mais… D'un autre côté, je ne peux pas rester assis là sans bouger ! Quand je pense à celui ou à celle qui a fait ça à Mia… »
-« … Je sais. »
-« … Il y a quelque chose que je voulais vous demander. »
-« Oui ? »
-« Votre tenue, qu'est-ce qu'elle signifie ? »
C'est vrai que Maya est habillé bizarrement. Une robe rose pâle, une grande et large ceinture pourpre avec un énorme nœud, une veste violette et un collier avec de grandes perles. Une tenue assez peu commune somme toute.
-« Ah ça ? C'est la tenue typique des acolytes. On peut dire que c'est mon uniforme. »
-« Des « acolytes » ? Comme ceux qui font une formation religieuse ? Vous faites quoi exactement ? »
-« Oh, rien de bien étrange ! Je suis médium. Enfin… Apprentie médium. »
-« Médium ? »
Moi j'aurais qualifié ça d'étrange…
-« Donc vous êtes une apprentie médium… »
-« C'est ça. La famille Fey, les femmes surtout, ont toujours été très sensibles au monde spirituel. »
-« Une petite minute, vous avez dit la « famille Fey » ? Alors Mia touchait également à ce genre de trucs ? »
-« Bien sûr ! Elle a dit avoir quitté la montagne pour « suivre sa carrière ». Elle aussi avait des pouvoirs exceptionnels ! »
-« Je… Je n'en savais rien… Hmm… Attendez ! »
-« Oui ? »
-« Vous êtes donc un vrai médium, sans rire ? Perception extra-sensorielle et tout ça ? »
-« Oui. … Mais apprentie. »
-« Mais alors, vous pourriez entrer en contact avec l'esprit de Mia ? On n'a qu'à lui demander qui l'a tuée ! »
-« … ! P-Pardonnez-moi… Je ne suis qu'apprentie. Je ne pourrais pas faire un truc d'un tel niveau. »
-« Hmm, évidemment ça aurait été trop facile… »
-« Je suis vraiment désolée… »
-« … Vous pourriez me parler du jour du meurtre ? »
-« Bien sûr ! Voyons voir… Ce matin-là, j'ai reçu un coup de fil de ma sœur. Elle voulait que je lui garde une preuve pour un futur procès. »
-« Une preuve ? »
-« Oui. Cette pendule en forme de « Penseur ». »
Encore cette pendule…
-« En quoi cet objet pouvait-il faire office de preuve lors d'un procès ? »
-« Oh… Euh… Eh bien, elle a dit quelque chose à ce sujet… … Je me souviens ! Vous souhaitez l'entendre parler elle-même ? »
-« E-Elle-même ? »
-« Oui. Je suis quasiment sûre que cette conversation est toujours dans mon téléphone portable. »
-« Vous l'avez enregistrée ! »
-« Oui ! Je ne me souviens plus comment on fait pour supprimer ce genre de choses. »
-« Eh bien, qu'est-ce qu'on attend ? Écoutons-là ! »
-« D'accord ! … Je viens de me souvenir que cet inspecteur a pris mon portable… Désolée… »
-« Ah… Bon… La prochaine fois que je verrai l'inspecteur Tektiv, je lui demanderai. »
-« Je peux vous faire un petit mot pour que vous n'oubliez pas, ok ? »
-« Oui, bien sûr. Merci. »
Maya griffonne un petit mot sur une feuille mise à disposition et me le fait passer en dessous de la vitre qui nous sépare. Je le prends, le plie, le mets dans ma poche.
-« Et pourriez-vous m'en dire plus concernant le jour du crime ? Désolé, je sais que ça doit être difficile. »
-« Non, ça va. Ces dernières heures, je n'ai fait que ça, en parler. Je commence à m'habituer… »
-« À quelle heure êtes-vous arrivée au cabinet ? »
-« Il était environ 21 heures. Toutes les lumières étaient éteintes et.. Il y avait une odeur de sang… P-Puis je l'ai trouvée. Ma sœur… »
-« Merci Maya. C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre pour le moment. Au fait… Vous vous souvenez de cette note laissée par Mia ? »
-« Le reçu où il y a écrit mon nom ? »
-« Vous avez une raison pour laquelle… »
-« Absolument aucune ! … Vous me croyez… ? »
-« Bien sûr que je vous crois ! »
-« Pourquoi ? Vous ne me croyez pas coupable, vous ? »
-« Non. Pas après vous avoir vu dans cet état… »
-« Cet inspecteur me croit coupable… »
-« … »
Elle a la tête baissée, les yeux dans le vide. Je ne sais pas quoi lui dire pour la réconforter…
-« Hmm… » finit-elle par souffler.
-« Qu'y a-t-il ? »
-« Euh.. Je me posais une question… Je peux vous demander un service ? »
-« … ? »
Maya sort un petit bout de papier de sa tunique et me le fait passer.
-« Ceci est l'adresse d'un avocat renommé, continue-t-elle. Ma sœur me l'a donnée il y a longtemps. Elle a dit que si un jour j'avais des ennuis, je devais l'appeler. Et ben… J'ai des ennuis. Vous croyez que vous pourriez aller lui demander s'il accepte d'être mon avocat ? »
-« Hmm… Oui, bien sûr. C'est le moins que je puisse faire. »
-« Merci infiniment ! Je n'ai personne d'autre vers qui me tourner… »
-« … ? Mais, et vos parents ? »
-« … … … »
-« Je… Je vois. Ne vous inquiétez pas, je m'en charge. »
-« Le procès a lieu demain, 10 heures. »
-« Q-Quoi ? Demain ?! »
-« Demain. »
-« Et si ce type refuse ? »
-« Ils m'ont dit que si je n'avais pas d'avocat, on en désignerait un d'office. »
-« Et vous avez jusqu'à quand ? »
-« Cet après-midi, 15 heures. »
-« Ok ! Je reviens avant 15 heures pour vous donnez des nouvelles ! »
Je me lève. Maya me fait un signe de la main tandis que je quitte le parloir.
Cabinet d'avocats Fey & Co - 6 septembre, 10h24
Je retourne au cabinet, je ne sais pas très bien pourquoi d'ailleurs. Le bureau grouille d'officiers de police. Ils cherchent tous activement des indices.
-« Hey ! Vous là-bas ! » gronde soudain une voix.
Je me retourne et reconnait l'inspecteur de la veille.
-« Ceci est le lieu d'un crime, mon gars ! continue-t-il. Interdiction d'entrer ! »
-« Oui, je le sais mais je… »
-« Hmm.. Excusez-moi, je vous ai pas déjà vu quelque part ? Je sais ! Vous êtes un certain Défès, c'est ça ? »
-« Non, non, Phoenix Wright. »
Comment peut-il me confondre avec Paul ?! C'est vrai que l'inspecteur Tektiv avait aussi participé à l'enquête sur le meurtre dont Paul était l'accusé. C'est incroyable qu'il ne se souvienne pas de moi !
-« Ah, j'ai dû me tromper de nom, M. Wright. J'm'en excuse. Ce Défès, c'était un meurtrier ! Et c'est pas votre cas, pas vrai ? »
-« Il a été innocenté mais bon… Et vous, vous êtes Tektiv, c'est bien ça ? Dick Tektiv ? »
-« Exact ! À votre service ! Une minute ! Pour vous, je suis l'Inspecteur Tektiv, mon gars ! Enfin bref, arrêtez d'écorcher mon nom. Et surtout, ne m'appelez pas « Dick ». »
-« Hey Dick ! Amène-toi un peu par ici ! » crie soudain un inspecteur dans la pièce.
-« Heu oui ! répond Tektiv. Tout de suite monsieur ! Hem hemmm… Vous êtes son avocat, c'est ça, mon gars ? »
-« Pardon ? »
-« L'avocat de la petite demoiselle ! Si vous avez des trucs à faire ici, je vous conseille de vous dépêcher ! »
Ouh là ! Il croit que je suis l'avocat de Maya ! Bon… Autant en profiter…
-« Concernant Mlle. Fey, avez-vous procédé à l'autopsie ? »
-« Hmm ? Vous aimeriez connaître les résultats, pas vrai ? »
-« … »
-« Ne me regardez pas comme ça, mon gars ! Ça sert à rien ! Ok, c'était votre boss, mais ça ne veut pas dire que vous aurez le droit à un traitement de faveur. Bon, d'accord. Vous pouvez voir le rapport mais c'est tout. »
-« Merci. Et concernant Maya… »
-« Ouais ! J'ai hâte d'être au procès ! Désolé, mon gars, mais ce procès-là, vous n'allez pas le gagner ! »
-« P-Pourquoi dites-vous ça ? »
-« C'est Hunter qui a été nommé pour représenter l'accusation. »
Hunter…
-« Je suis sûr que vous savez ce que ça signifie puisque vous-même vous êtes avocat. » continue l'inspecteur.
-« Le procureur Hunter… »
-« M. Benjamin Hunter en personne ! Une minute… Vous savez qui c'est, non ?! »
-« Bien sûr que je le connais. Je suis avocat de la défense après tout. »
Il y a quatre ans, Hunter est devenu procureur à l'âge de 20 ans. Tout le monde dit que c'est un génie. C'est une machine insensible, sans cœur, prête à tout pour condamner un accusé. Bien sûr, des bruits courent à propos de pots-de-vin et de fausses preuves… Mais je suis sûr d'une chose : la haine que voue Hunter au crime est quasi anormale. Je n'aurais jamais pensé me retrouver face à lui aussi rapidement…
Alors que je mets mes mains dans les poches de ma veste, je sens le petit mot de Maya. Je le sors et le montre à Tektiv.
-« Je me demandais… Auriez-vous vu le téléphone portable de Maya Fey ? »
-« Ah, ça ? dit l'inspecteur en sortant un téléphone de sa poche. Oui, je l'ai. »
-« Pensez-vous qu'il soit possible de me le rendre ? »
-« Bien sûr ! … Hey, attendez un peu, mon gars ! Espèce d'avocat malicieux ! »
Oh oh, démasqué ! Je ne peux pas être franc avec ce type… Mais qu'est-ce que je pourrais inventer ?
-« Un problème ? » me demande l'inspecteur.
-« Oh, non, euh… »
Je regarde le téléphone de Maya dans la main de l'inspecteur. Il est rose et une espèce de dragonne en pend.
-« C-Ce cordon, accroché au téléphone »
-« Ça ? dit l'inspecteur. Hmm… Il est écrit « Le Samouraï d'acier : Guerrier du nouveau Vieux Tokyo »… « Le Samouraï d'acier »… C'est le héros de série télé ? »
-« Oui, vous voyez, ce cordon est une pièce de collection… Elle… Elle avait peur de le perdre si le téléphone était apporté au commissariat. »
-« Elle vous a dit ça ? »
-« Hmm… Oui. »
-« … Ok. De toute façon, j'ai noté tous les numéros qu'elle avait appelés. Prenez-le. »
Il semblerait qu'il n'ait pas remarqué la conversation enregistrée…
Je récupère donc le téléphone portable des mains de l'inspecteur.
-« Z'avez terminé mon gars ? » demande l'inspecteur.
-« Hmm.. Oui je pense avoir posé toutes les questions nécessaires. Je m'en vais maintenant. »
Je commence à tourner les talons quand l'inspecteur me rappelle.
-« Oh, attendez ! Encore une chose que je voulais vous dire. J'imagine que vous n'envisagez pas de parler à ce témoin. Et de toute façon, je vous le déconseille. Je vous interdis d'influencer le témoin avec vos manies d'avocat, mon gars ! »
-« … »
Maintenant que j'y pense, je l'avais totalement oubliée… Cette femme…
-« Le… Le témoin ? »
-« Oui, dit l'inspecteur. Mlle. Masha Vril. Vraiment désolé mais je ne peux rien vous dire à son sujet. »
Bah il vient au moins de me donner son nom…
-« Alors, vous l'avez déjà renvoyée chez elle ? »
-« Ah ah ! Vous essayez de m'avoir avec vos astuces d'avocat ! dit l'inspecteur. Elle ne doit pas sortir de sa chambre jusqu'au procès ! »
Donc… Elle est toujours dans l'hôtel d'en face.
-« Inutile que j'essaie d'obtenir la moindre information de votre part, j'imagine. »
-« Vous avez bien raison, mon gars ! »
Il est temps de rendre une petite visite à cette Mlle. Vril !
Hôtel Gatewater, Chambre 303 - 6 septembre, 11h06
Après avoir négocié avec le personnel de l'hôtel, j'ai enfin accès à la chambre du témoin. C'est une chambre somme toute standard. Un lit double, une salle de bain, une table et deux chaises, une commode avec plusieurs tiroirs, un énorme bouquet de fleur et une fenêtre ayant une vue directe sur le cabinet. Soudain, une jeune femme sort du fond de la chambre. Elle est assez petite mais très jolie. Très très jolie… Elle porte une tenue… Assez décoltée disons… Hem…
-« Tiens, dit-elle. Bonjour, beau brun. »
-« Hem… Bonjour. »
On se calme, Wright, on se calme.
-« Vous êtes l'avocat, c'est ça ? dit-elle. L'inspecteur m'a dit : « Ne dites rien à cet avocat, m'zelle » ! Hi hi hi. »
Note pour moi-même : remercier l'inspecteur Tektiv de me faciliter la tâche…
-« Ouh là là ! On se croirait vraiment dans un film ! continue la jeune femme. Tout ça est si excitant que j'ai du mal à me contrôler ! Ouuh ! Je vais aller me refaire une beauté, comme ça je serai la jolie témoin oculaire ! »
Mlle. Vril disparait dans la salle de bain. Je plains l'avocat qui devra procéder au contre-interrogatoire de cette fille. Je profite de son absence pour examiner un peu plus la pièce. Voyons… Il y a des verres et une bouteille entamée sur la table. Rien de bien intéressant… Tiens ? Un tournevis est coincé dans un des tiroirs de la commode. Je me demande ce qu'i l'intérieur. Allons-y jeter un coup d'œil…
-« Hey ! Heeeey ! Qu'est-ce que vous faites ?! Je vous interdis de toucher à ça ! »
-« Aaah ! Mlle. Vril ! Vous… Vous êtes déjà de retour ! »
-« Houuu. Vilain garçon ! V-Vous ne devriez pas fourrer votre nez dans les affaires des autres, vous savez. Vous ne voudriez pas me faire de la peine, tout de même ? »
De la peine ?! Pendant une seconde j'ai bien cru qu'elle allait exploser ! Je me demande ce que peut bien contenir ce tiroir…
-« Hem… Vous pensez qu'on pourrait discuter tous les deux ? J'ai besoin que vous me décriviez précisément ce que vous avez vu au moment du crime. »
-« Houuu, « décrire », « crime » ! Vous parlez comme les avocats qu'on voit dans les films ! J'aime les hommes qui possèdent un gros… vocabulaire. »
Hem… Mieux vaut ne pas l'encourager.
-« Euh… Vous savez ce qui s'est prod… Hmm… Passé l'autre jour, cette horrible chose ? Qu'avez-vous vu quand elle s'est produite ? Je suppose que vous ne pouvez pas m'en dire plus. Même si je vous le demande gentiment ? »
-« Voyons voir… souffle Mlle. Vril. Hmm… Bien… Vous pouvez toujours rêver ! Si vous voulez le savoir, vous n'aurez qu'à venir au tribunal demain, M. l'Avocat ! »
Pauvre de moi.
-« Ok ! Bon… Hem… Pourriez-vous… Vous êtes qui, exactement ? »
-« Ouuuh, M. l'Avocat ! Essaieriez-vous de me draguer ? »
-« N-N-Non ! Hey ! Je fais seulement mon boulot ! »
-« Hi hi hi ! Vous savez que vous êtes mignon quand vous rougissez ! »
Croyez-moi, c'est la première fois de ma vie que je rougis autant…
-« Hmm… Hé hé… Bon… Pouvez-vous juste me dire quel est votre métier ? »
-« Hmm.. Eh bien… Non ! Hi hi hi ! Vous y croyiez, hein ! »
Pauvre, pauvre de moi.
Impossible de discuter avec cette fille ! Mon regard se pose sur la table, au fond de la pièce.
-« Je vois qu'il y a deux verres sur la table. Vous êtes ici avec quelqu'un ? »
-« Ouuuh ! Quel extraordinaire sens de l'observation ! Vous devez être un super détective, comme ceux qu'on voit à la télé ! »
-« Oh, non, moi, pas du tout. Je… Euh… Je suis juste avocat ! »
-« Dites, M. Super Détective, allez donc chercher des indices… Dans la poubelle ! Mlle. Vril n'aime pas les petits avocats fouineurs ! »
Pauvre PAUVRE de moi ! Bon, impossible d'avoir une discussion constructive avec elle.
-« Bon et bien… Je vais vous laissez Mlle. Vril, je reviens plus tard. »
-« Oui oui ! Revenez quand vous voulez beau brun ! »
Je soupire en sortant de la chambre.
Cabinet d'avocats Rosenberg - 6 septembre, 12h48
L'adresse que m'avait donné Maya au centre de détention était accompagnée d'un numéro de téléphone. J'ai essayé d'appeler plusieurs fois, mais impossible d'avoir une réponse. J'ai donc fini par y aller en personne. « Cabinet d'avocats Rosenberg ». Rosenberg… Il me semble avoir déjà vu ce nom dans les papiers de Mia. Je rentre. Tiens ? Le cabinet est vide… M. Rosenberg a dû sortir… Je peux peut-être l'attendre ici. Le cabinet n'est pas très grand mais incroyablement chic ! Un énorme tableau trône au milieu du mur du fond et…
-« Ah-HHHHEM ! »
Alors ça, c'était le plus gros raclement de gorge que j'ai jamais entendu !
Un homme entre à son tour dans la pièce. Il est assez fort, et sûrement assez vieux aussi…
-« Ah ah ! Alors c'est vous qui me cherchez ? »
-« Euh… O-Oui, c'est moi, M. Rosenberg ! »
-« Hmm… ? Ce badge sur votre col… ? J'en déduis que vous êtes avocat, n'est-il pas ? »
-« Oui oui. »
-« Et que voulez-vous ? Je ne suis pas trop occupé ces jours-ci… Je vous en prie ! Poursuivez ! »
Pas occupé… ? Mais alors pourquoi était-il impossible de vous joindre ?
-« Hmm ? Quelque chose ne va pas ? Vous êtes venu voir le seul et l'unique Samuel Rosenberg, n'est-ce pas ? Eh bien, me voici, mon garçon ! Qu'est-ce qui vous amène ? Je vous écoute ! »
-« Hmm… Eh bien, monsieur, en fait, c'est à propos de Maya. Maya Fey. »
-« … ! Ah… Oui. Maya Fey. Continuez. »
Hmm… ? Pourquoi une telle réaction ?
-« Ta-ta-ta, dit M. Rosenberg. J'ai beaucoup à faire mon garçon. Je ne peux pas accepter des dossiers du jour au lendemain, c'est impossible ! »
-« A-Attendez ! Comment savez-vous que le procès doit avoir lieu demain ?! »
-« Argh ! Hem ! Quoi qu'il en soit… Il m'est totalement impossible de la défendre, j'en ai peur. Désolé. Fin de la discussion. »
Qu'est-ce qui se passe ?! Il a refusé avant même que j'ai pu lui demander ! Qu'est-ce que je vais dire à Maya… ?
-« Pourquoi un tel refus ? S'il vous plaît, dites-moi pourquoi vous rejetez ce dossier ! »
-« Hmm ? Ahem ! Eh bien, voyez-vous… C'est juste que… J'ai du travail, voyez-vous ! »
-« Mais la cliente est la sœur de Mia Fey ! »
-« Hmm. Ahem. »
-« Mia vous faisait confiance… Elle savait que sa sœur serait entre de bonnes mains. »
-« Oui, oui. Bien sûr, je sais tout ça. Mais tout de même ! Je suis navré mais je dois refuser. Désolé. Au revoir. »
-« Sale type. Très bien. Je n'ai pas le temps de discuter avec vous de toute façon. J'irai voir ailleurs. »
-« … Je ne pense pas. » souffle-t-il légèrement.
-« Hein ? Vous avez dit quelque chose ? »
-« J'ai dit, je ne pense pas. »
-« Q-Que voulez-vous dire ? »
-« Je suis vraiment, vraiment désolé. Mais j'ai bien peur qu'aucun avocat digne de ce nom n'accepte ce dossier. Vraiment désolé, mon garçon. »
-« P-Pourquoi ça ?! »
-« Je… Je ne peux rien dire. … Pardon, mais je dois vous demandez de partir. Maintenant. Je n'ai plus rien à vous dire »
Mais qu'est-ce qui se passe ici ?!
-« M. Rosenberg… Comment saviez-vous que Mia Fey… ? »
-« … Elle a… travaillé ici. Il y a longtemps. Une sacrée apprentie ! Elle a appris tous mes trucs en un clin d'œil ! Un jour, elle est partie. Assez subitement. Elle avait une mission, voyez-vous. »
-« Une mission ? »
-« Ça se voyait dans ses yeux. Elle la poursuivait avec une passion dévorante. Ah ça, elle ne regardait jamais en arrière ! »
Je baisse les yeux. M. Rosenberg va s'assoir à son bureau en soupirant. Je finis par relever les yeux. Le grand tableau au fond de la pièce attire une fois de plus mon attention. Il représente un pêcheur en train de tisser un chapeau de paille sur une plage sur un fond de soleil couchant.
-« Ce tableau est… surprenant. »
-« Ah ah ! Vous l'avez remarqué ! s'écrie M. Rosenberg. Il fait ma fierté et ma joie ! N'est-il pas impressionnant ? Eh bien ? Vous ne trouvez pas ? La couleur du ciel ! Les nuances de la mer ! Le tissage du chapeau de paille ! Il vaut au bas mot 3 millions. Mais je n'ai aucune intention de m'en séparer, bien entendu. Non, je ne le vendrai pas ! Pas même à vous ! »
Je n'étais pas intéressé…
-« Il n'est pas à vendre ! » insiste M. Rosenberg.
-« Et je ne suis pas acheteur ! »
Pfff ! Cet homme m'agace !
-« Bien, M. Rosenberg, si vous voulez bien m'excuser. J'ai une nouvelle assez peu réconfortante à aller annoncer à une amie. »
-« Hmm… »
