Centre de détention, Parloir - 6 septembre, 14h18
Je retourne au centre de détention pour annoncer la nouvelle à Maya. Je ne sais pas comment lui dire, j'ai peur qu'elle le prenne mal… Elle toujours là, au parloir, à la même place que ce matin.
-« Salut. »
-« Oh ! Vous êtes revenu ! s'écrie-t-elle en me voyant. Vous avez trouvé l'avocat ? »
-« Hmm… Eh bien… »
Qu'est-ce que je lui dis ?
-« Eh bien, vous voyez… »
Sois honnête !
-« Je… Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée de faire appel à ce type. Il… Il ne m'a pas paru en très bonne santé. Il n'a que la peau sur les os ! »
Maya baisse la tête.
-« … Qu'est-ce qui s'est réellement passé ? » souffle-t-elle.
-« … »
-« Ne me dites pas que… Il a refusé de m'aider ? »
-« Oui. »
-« … Je vois »
Maya met ses mains sur son visage et se met à sangloter.
-« Tout le monde m'abandonne alors… Je n'avais que ma sœur et… »
-« Vous pouvez m'en parler si vous le souhaitez… »
-« … Mon père est mort alors que je n'étais qu'une toute petite fille. Et je ne sais pas où se trouve ma mère. »
Elle ne sait pas… ? Cela veut-il dire qu'elle est toujours vivante ?
-« Les femmes de ma famille sont médiums depuis des générations, continue Maya. On dit que la perception extrasensorielle coule dans nos veines. Il y a une quinzaine d'années, notre mère a été impliquée dans une… affaire. Il y avait cet homme, il… Il… Il a détruit la vie de notre mère. »
Il a « détruit » sa vie ?
-« Après ça, ma mère a disparu. Plusieurs années plus tard, ma sœur nous a annoncé qu'elle souhaitait « devenir avocate » et elle a quitté la montagne. »
-« … Mais alors, vous viviez seule ? »
-« Oui. J'ai fini par m'y habituer. Et puis… Il fallait que je devienne autonome ou je risquais de perdre mon pouvoir de perception. »
J'ai de la peine pour elle, seule, dans cette montagne…
-« Et vous pensez que vous pourriez de l'homme qui a… Hem… « Détruit » votre mère ? »
-« C'était il y a une quinzaine d'années… Pour une affaire de meurtre inhabituelle. Ça avait fait beaucoup de bruit. Tout le monde en parlait apparemment. La police était à court de pistes, elle commençait à perdre espoir. »
-« Une minute… Ils n'ont pas fait appel à une voyante, quand même ? »
-« La police a convaincu ma mère d'essayer d'entrer en contact avec l'esprit de la victime. »
-« Ouah… Et alors ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
-« L'affaire a été résolue… Enfin c'est ce qu'on croyait. »
-« « Croyait » ? »
-« L'homme que ma mère a aidé à capturer était innocent. »
-« … ! »
-« Le fait que la police ait fait appel à une voyante avait bien sûr était tenu secret. Mais… Un homme l'a découvert et l'a divulgué à la presse. Il a dit aux journaux que ma mère était un charlatan et les médias se sont acharnés. Elle… Ma mère… est devenue la risée de tout le pays. »
-« … Je vois. »
-« … White. »
-« Excusez-moi ? White ? »
-« C'était son nom. Ma sœur me l'a dit. »
-« White ? Hmm… »
-« … Bon et bien encore quelques minutes avant que mon avocat désigné d'office n'arrive. »
-« … »
15 heures. On y est. Qu'est-ce que je dois faire ? Est-ce que je la laisse là et je rentre chez moi… ? … Non.
-« J'ai pris une décision ! Je vais vous défendre, que vous le souhaitiez ou non ! »
-« … ! Pourquoi ?!
-« Pourquoi ? Eh bien... Parce que je ne peux pas vous abandonner. »
Il n'y a rien de plus triste que quelqu'un qui n'a pas d'amis. Je le sais... J'ai connu ça. Il y a longtemps. D'ailleurs, quelle est la raison principale qui fait que je suis devenu avocat ? Parce qu'il faut bien que quelqu'un s'occupe de ceux qui n'ont personne à leurs cotés.
-« Maya... Je ne vous abandonnerai pas. Vous pouvez compter sur moi. »
-« C'est... C'est si gentil de votre part... » souffle Maya, les larmes au yeux.
-« Ne pleurez pas s'il vous plaît. »
-« Oh... Je ne pleure pas, j'ai... Hem... Quelque chose dans l'œil... »
-« Allez ! On remonte nos manches et on vous sort de ce pétrin ! »
-« D-D'accord ! Merci ! »
Pfiou... Elle a enfin esquissé un sourire. Elle est transformée quand elle sourit !
-« Une dernière question... Vous êtes innocente n'est-ce pas ? »
-« Oui ! Et j'ai confiance en vous... Alors vous avez confiance en moi, d'accord ? »
-« Marché conclu. »
Bon, qu'est-ce qui nous attend maintenant... ? Quelque chose me tracasse depuis un moment... Qu'est-ce que le tiroir de cette femme bizarre peut bien contenir ? C'est quand j'ai tenté de voir ce qu'il y avait dedans qu'elle s'est mise sur la défensive. Il doit y avoir quelque chose d'important là-dedans !
Je mets mes mains dans mes poches en sort le téléphone portable de Maya.
-« Au fait, regardez. J'ai récupéré votre téléphone portable. »
-« Oh… C'est super. Dites… Est-ce que je peux écouter la voix de ma sœur ? »
J'acquiesce et lui fait passer le téléphone en dessous de la vitre. Elle le récupère et déclenche la conversation enregistrée. Elle ferme les yeux. Elle écoute chacun des mots avec une telle intensité… Au bout de quelques instants, des larmes ont commencées à couler le long de ses joues. La fin de l'enregistrement arrive. Elle rouvre les yeux et me rend le téléphone.
-« Merci… » souffle-t-elle.
Elle a la tête baissée. Elle est à l'air si triste.
-« Bon… Maya je suis vraiment désolé mais j'ai encore des choses à faire avant demain. »
-« Oh, oui bien sûr. Merci pour tout, je vous suis très reconnaissante de prendre ma défense demain. »
-« Je vous en prie. Bien, à demain. Prenez soin de vous. »
-« Oui, à demain. »
Je me lève et la salue avant de quitter la pièce.
Hôtel Gatewater, Chambre 303 - 6 septembre, 15h21
Avant de rentrer au cabinet, je dois tenter de voir ce qu'il y a dans le tiroir de Mlle. Vril. J'arrive dans la chambre. Quelle chance ! Elle semble s'être absentée. Autant en profiter ! Soudain, un homme arrive derrière moi.
-« Bonjour monsieur. » dit-il.
-« Heu… Bonjour. Excusez-moi, vous êtes… ? »
-« Oh, je vous prie de m'excuser, monsieur ! Je suis le groom de cet établissement, à votre service, monsieur. »
-« Ah, d'accord. »
-« Je suis simplement venu pour le room-service, monsieur. »
-« Hmm… Sauriez-vous où se trouve Mlle. Vril ? »
-« Ah, je crois que notre hôte Mlle. Vril utilise actuellement les, euh, sanitaires… ? Si vous n'avez besoin de rien, je vais prendre congé. Je vous en prie, restez aussi longtemps que vous le voudrez. Profitez-en bien… »
-« Oui… »
Le groom sort de la chambre.
-« Euh, non, attendez ! Hey ! »
Pourquoi, à chaque fois que je viens ici, je finis toujours mort de honte ?! Bon du coup, c'est le moment ou jamais de fureter un petit peu !
-« Ah j'allais oublier ! » dit le groom.
-« AAAAH ! Ne me faites pas peur comme ça ! »
-« Pourrais-je vous demander d'informer Mlle. Vril qu'il y a un message pour elle ? Veuillez lui dire que M. White, de la société Bluecorp, a téléphoné. »
-« Oui, d'accord. Bien sûr. »
M. White… De Bluecorp ? « White » est le nom du type qui a détruit la mère de Mia et des Maya ! Serait-ce une coïncidence ?
Je m'approche du tiroir. Le tournevis est toujours là. Je le retire et ouvre complètement le tiroir. … ! Voyez-vous ça ! Une bande d'écoute téléphonique ? Hmm… Qu'est-ce qu'une femme comme elle peut bien faire avec un truc pareil ? Cette Mlle. Vril a vraiment quelque chose de suspect ! Pourquoi avoir un truc pareil dans sa chambre d'hôtel ? Il y a anguille sous roche, j'en suis persuadé ! Bon… J'utiliserai cet indice demain au procès, c'est certain. Pour Maya… Je vais me la faire, cette femme ! Heu, je veux dire… Enfin bon, je me comprends.
-« Oh ? Monsieur le groom ? Vous êtes encore là ? » dit Mlle. Vril depuis la salle de bain.
Oh oh ! Il est temps pour moi de filer ! J'ai hâte d'être demain pour vous faire frémir, Mlle. Vril ! Au tribunal !
J'ai donc quitté la chambre de Mlle. Vril en hâte pour ne pas faire repérer. Je suis rentré chez moi et me suis préparé pour le procès de demain.
Tribunal fédéral, Salle d'audience n°1 - 7 septembre, 10h00
Nous entrons dans la salle d'audience. Le juge s'installe au fond de la salle, la défense à sa droite et l'accusation à sa gauche. Une fois tout le monde à sa place, il frappe avec son marteau.
-« Je déclare ouverte la séance pour le procès de Mlle. Maya Fey. »
-« L'accusation est prête, Votre Honneur. »
-« La défense est prête, Votre Honneur. »
Benjamin Hunter… Surtout ne pas me montrer trop nerveux ou il risque de me tomber dessus.
-« M. Hunter, dit le juge. Veuillez faire votre déclaration à la cour. »
-« Merci, Votre Honneur, répond-il. L'accusée, Mlle. Fey, se trouvait sur les lieux du crime. L'accusation peut prouver qu'elle est l'auteur de ce meurtre car nous avons un témoin qui l'a vue commettre ce crime. L'accusation ne voit aucune raison de douter des faits de ce dossier, Votre Honneur. »
-« Je vois, dit le juge. Merci M. Hunter. Nous pouvons commencer. Vous pouvez appeler votre premier témoin. »
-« L'accusation appelle l'officier de police chargé de l'affaire, l'inspecteur Dick Tektiv. »
Les portes du tribunal s'ouvrent sur un huissier, suivi de l'inspecteur. Tektiv vient se placer à la barre des témoins.
-« Témoin, continue Hunter. Veuillez décliner vos noms et profession je vous prie. »
-« Monsieur ! crie Tektiv. Mon nom est Dick Tektiv, monsieur ! Je suis l'inspecteur chargé des homicides au commissariat, monsieur ! »
-« Inspecteur Tektiv, dit Hunter. Veuillez nous décrire en détail ce meurtre. »
-« Très bien, monsieur ! Permettez-moi d'utiliser ce plan pour vous expliquer. »
-« Le corps a été retrouvé à côté de cette fenêtre, juste ici. »
-« Et quelle est la cause du décès ? » demande Hunter.
-« Hémorragie, entraînée par un coup violent, monsieur ! L'arme du crime est une statue du « Penseur » retrouvée juste à côté du corps, monsieur. Assez lourde pour devenir une arme mortelle, même dans les mains d'une jeune fille ! »
-« La cour accepte la statue comme pièce à conviction. » dit le juge.
Ils continuent d'appeler ça une « statue ». C'est une horloge pourtant !
-« Maintenant, inspecteur… » souffle Hunter.
-« Oui, monsieur ? »
-« Vous avez immédiatement arrêté Mlle. Fey, qui se trouvait sur les lieux du crime, exact ? Pourriez-vous nous dire pourquoi ? »
-« Bien sûr monsieur ! J'avais des preuves irréfutables de sa culpabilité, monsieur ! »
-« Inspecteur Tektiv, dit le juge. Veuillez indiquer à la cour quelles ces « preuves irréfutables ». »
-« Avec plaisir monsieur ! Dès que nous avons reçu l'appel, je me suis précipité sur les lieux du crime. Il y avait déjà deux personnes sur place : L'accusée, Mlle. Fey et M. Phoenix Wright. J'ai immédiatement arrêté Mlle. Maya Fey ! Pourquoi ? Parce que nous avions reçu la déposition d'un témoin la décrivant ! Le témoin a vu Mlle. Maya Fey au moment même du crime ! »
-« Hmm… Au moment même, vous dites, souffle le juge. Très bien, M. Wright, vous pouvez interroger le témoin. »
-« Euh… Oui, merci Votre Honneur. »
Je soupire. C'est ma deuxième affaire, je ne m'attendais pas à me retrouver seul aussi rapidement. Mia avait promis de m'accompagner jusqu'à ce que je sois totalement prêt. Pourtant, me voilà à défendre sa sœur, accusée de son propre meurtre. Ma respiration est saccadée, le stress fait trembler mes mains.
-« M. Wright, quelque chose ne va pas ? » demande le juge.
-« Pas du tout, Votre Honneur. Je souhaiterais commencer mon contre-interrogatoire. »
Le juge hoche la tête. Je souffle un coup et me tourne vers l'inspecteur Tektiv.
-« Inspecteur, si j'ai bien compris… Vous dites avoir arrêté Mlle. Fey car vous aviez des « preuves irréfutables » de sa culpabilité. »
-« Ah oui ? dit l'inspecteur. J'ai dit ça moi ? »
-« C'est ce que je vous ai entendu dire ! »
-« En effet, c'est ce que vous avez dit. » dit le juge.
-« Vous l'avez dit. » acquiesce Hunter.
Je reprends d'un seul coup.
-« Où donc voyez-vous des preuves irréfutables dans les propos de cette étrange femme en rose ?! »
-« Quoi ?! crie l'inspecteur. Mlle. Vril n'est pas étrange et elle n'a vraiment rien d'une rose, mon gars. Mais on peut dire qu'elle est épineuse… »
-« Ça suffit Inspecteur Tektiv, dit le juge. Avez-vous d'autres preuves tangibles en dehors de sa déclaration, Inspecteur ? »
-« Hmm… »
L'inspecteur à l'air un peu perdu, je dois continuer comme ça !
-« Oui. » lance tout d'un coup l'inspecteur.
Quoi ?
-« Désolé monsieur, reprend-il. Je me suis emmêlé les pinceaux dans mon témoignage, Votre Honneur. Il y a quelque chose que j'aurais dû vous dire en premier, Votre Honneur ! »
-« Très bien, dit le juge. Ecoutons de nouveau votre témoignage. »
-« Merci Votre Honneur. Après m'être occupé du suspect, j'ai passé le lieu du crime au peigne fin. J'ai trouvé une note écrite sur un bout de papier à côté du corps de la victime ! Sur cette note, le mot « Maya » était clairement écrit avec du sang ! Les résultats du labo ont démontré qu'il s'agissait du sang de la victime ! Et on aura également trouvé du sang sur le doigt de la victime ! Avant de mourir, la victime a écrit le nom de son assassin ! »
La salle s'émeut à cette nouvelle. Le juge frappe avec son marteau pour ramener le silence.
-« Qu'est-ce que vous en dites ? La voilà ma « preuve irréfutable » ! » termine l'inspecteur.
-« Hmm… souffle le juge. Avant de passer au contre-interrogatoire, j'ai une question à vous poser. »
-« V-Votre Honneur ? »
-« Pourquoi n'avez-vous pas mentionné cet élément crucial la première fois ? »
-« Euh… Je sais. Je suis désolé, ça m'était sorti de la tête Votre Honneur. »
-« Tachez de faire davantage attention ! Très bien, la défense peut commencer son contre-interrogatoire. »
Aïe, ça risque d'être compliqué. Je n'ai relevé aucune contradiction de son témoignage. J'étais là, je ne peux pas nier les faits ! Voyons… Je regarde le rapport d'autopsie qu'on m'a donné. « Hémorragie causée par un coup violent. Morte sur le coup. » Morte… sur le coup ? Je me tourne vers l'inspecteur.
-« Inspecteur Tektiv. »
-« Hmm ? »
-« Il y a quelque chose que je voudrais que vous éclaircissiez pour moi. Vous dites que la victime, Mia Fey, a écrit cette note pour incriminer l'accusée, Maya Fey ? C'est vraiment ce que vous êtes en train de dire ? »
-« Heu… Qu-Quoi ? C'est encore un de ces trucs d'avocats, je parie ! Evidemment que c'est elle qui l'a écrite ! Qui d'autre sinon ?! »
-« OBJECTION ! Vous avez tout compris de travers, Inspecteur. »
-« De t-travers ? »
-« La victime est justement la seule personne qui n'ait PAS pu écrire cette note ! Voici le rapport provenant de votre département, Inspecteur. Décès immédiat causé par un coup violent. Je n'invente rien, tout est écrit là. Mlle. Mia Fey est morte sur le coup ! »
-« Mais… ! »
-« Il n'y a pas de mais qui tienne Inspecteur ! »
La salle redevient bruyante. Le juge ramène le silence en jouant du marteau.
-« Silence ! crie le juge. La défense marque un point. Une personne décédée sur le coup n'aurait pas eu le temps d'écrire quoi que ce soit. »
-« OBJECTION ! »
Tiens, Hunter… J'avais presque réussi à l'oublier celui-là.
-« M. Wright, dit-il. Excusez-moi, mais quand avez-vous reçu ce rapport d'autopsie, exactement ? »
-« Qu-Quand… ? Le lendemain du meurtre. »
-« Où l'accusation veut-elle en venir ? » demande le juge.
Hunter prend un petit sourire narquois. Oh oh… Il me regarde droit dans les yeux.
-« Ce rapport d'autopsie est périmé, Votre Honneur. »
Quoi ?!
-« Pouvez-vous préciser M. Hunter ? » demande le juge.
-« Une deuxième autopsie a été réalisée hier, à ma demande. « Le décès a eu lieu presque immédiatement après que le coup ait été porté. Mais il est possible que la victime ait survécu plusieurs minutes après l'agression. ». J'ai reçu ces résultats ce matin. »
C-C'est impossible !
-« Votre Honneur ! continue Hunter. On peut facilement imaginer que la victime ait eu le temps d'écrire le nom « Maya » ! Ce sera tout. »
-« Je vois… » souffle le juge.
Hunter me lance un regard satisfait. Allez au diable, démon… J'aurais dû me douter que vous aviez encore un tour dans votre sac ! Hunter laisse échapper un petit rire irritant.
-« Eh bien, M. Wright, dit-il en haussant les épaules, son sourire maléfique toujours sur le visage. Vous avez l'air si consterné ! Y a-t-il autre chose que vous souhaitez nous dire ? »
Je serre les poings et me tourne vers Tektiv.
-« Inspecteur Tektiv. Me traitez-vous d'imbécile car j'ai cru ce qu'il y avait dans votre rapport ? »
-« Hein ? souffle Tektiv. Moi ? J-Je ne suis pas… Euh… »
-« Inspecteur Tektiv. » le coupe Hunter.
-« Oui, monsieur ? »
-« Vous me décevez beaucoup, lui avoir remis un rapport erroné ! »
-« Ah… ? Je… Je suis désolé, monsieur… »
-« Vous avez commis une grave erreur, Inspecteur, continue Hunter. Ceci ne va pas faire bonne impression lors de votre prochaine inspection. »
-« Q-Quoi ? Mais… »
L'inspecteur lâche soupir. Hunter hausse les épaules puis regarde le juge.
-« Votre Honneur, je soumets ce rapport à la cour. »
-« Entendu, dit le juge en hochant la tête. La cour accepte cette pièce à conviction. »
-« Et puisque nous nous penchons sur cet élément, poursuit Hunter, nous serons tous d'accord pour dire que celui-ci suggère fortement que la victime cherchait à nommer son assassin. »
-« Je pense que c'est assez évident, en effet. » dit le juge.
Hunter reprend son petit sourire.
Zut ! Ça s'annonce plutôt mal…
-« L'accusation souhaiterait appeler le témoin suivant, dit Hunter. Cette pauvre et innocente jeune femme a vu le crime de ses propres yeux ! »
L'inspecteur Tektiv quitte la barre des témoins, accompagné par un huissier. Le juge frappe avec son marteau.
-« Que Mlle. Masha Vril se présente à la barre ! » dit-il.
Qu'est-ce qui est vraiment « innocent » chez elle ?! Les portes du tribunal s'ouvrent sur la petite silhouette de Mlle. Vril. Elle s'avance tout doucement et prend sa place à la barre des témoins.
-« Témoin, dit Hunter. Votre nom, je vous prie. »
-« Masha Vril ! dit-elle gaiement. À votre service ! »
Hey ! Elle vient de faire un clin d'œil ! La salle s'émeut. Qu'est-ce qu'il se passe ici ?! Le juge frappe plusieurs fois pour ramener le calme.
-« Silence ! La présentation du nouveau témoin ne devrait susciter aucune réaction ! D'ailleurs… Hem… Le témoin devra dorénavant s'abstenir de faire des clins d'œil ! »
-« Ouuh… souffle Mlle. Vril. D'accord, Votre Honneur. »
Tss… Ça ne va pas arranger mes affaires… Elle a déjà conquis le cœur de tous les hommes à la cour !
