-« Alors, souffle le juge, où tout ceci nous mène-t-il… ? »
-« À mon grand mécontentement, dit Hunter, je dois vous informer que le témoin avait en effet mis la victime sur écoute. Toutefois, ce délit n'a absolument rien à voir avec l'affaire que nous traitons ! Son témoignage tient debout ! Elle a vu l'accusée, Maya Fey, commettre ce meurtre ! »
C'est pas vrai ! Ils vont la laisser partir comme ça ! Pour gagner, il faut absolument que je trouve le lien entre et ce meurtre…
-« Bien, dit le juge. La défense souhaite-t-elle ajouter autre chose ? »
-« Hmm… Et bien… »
Allez, pense à quelque chose !
-« … La défense souhaiterait appeler le groom de l'hôtel à la barre. Tout ça est vraiment louche. Mais je vais découvrir le fin fond de ce mystère ! »
-« Je crois que vous êtes déjà tombé bien bas. » dit .
-« OBJECTION ! crie Hunter. Je m'oppose à la venue du groom ! »
-« P-Pourquoi ? Pour quelle raison ? »
-« Car je maintiens que cet enregistrement n'a rien à voir avec l'affaire de meurtre. »
-« … ! »
-« Néanmoins… J'accepte de faire venir ce témoin à une condition. »
-« Une condition… ? »
-« Si l'alibi de Vril n'est pas mis en doute après la comparution du groom… Vous reconnaîtrez que n'est pas l'assassin et donc qu'elle est innocente. Par conséquent, vous devrez accepter que Fey soit déclarée « coupable ». Voilà ma condition. »
Quoi ?! J'ai intérêt à trouver quelque chose de suspect dans le témoignage de ce groom… Sinon Maya va être déclarée coupable sur-le-champ ! Bon… Allez ! De toute façon, je n'ai rien à perdre, sauf ben… tout !
-« … Entendu. J'accepte votre condition. »
-« Tss… Pauvre imbécile… Vous êtes tombé tout droit dans mon piège. »
-« Qu'importe. Je n'abandonnerai pas sans combattre. »
-« Très bien ! dit le juge. La cour appelle le groom de l'hôtel à la barre ! »
Mlle. Vril se retire de la barre des témoins tandis que les portes de la salle d'audience s'ouvrent sur un huissier suivi du groom. Il vient se placer à la barre à son tour.
-« Bien, dit Hunter. Je crois que nous sommes prêts à écouter la déposition du témoin. »
-« En effet, dit le juge. Cher monsieur, sans plus de cérémonie, veuillez nous dire tout ce que vous savez sur Mlle. Vril. »
-« Bien monsieur, répond le groom. Je suis premier groom à l'hôtel Gatewater, qui existe depuis quatre générations ! Je suis certain d'avoir reçu un appel de notre cliente, Mlle. Vril, peu après 20 heures. Elle a demandé qu'on lui monte un café glacé à 21 heures pile, monsieur .Je lui ai apporté à 21 heures tapantes, bien entendu. Et j'ai remis ce café glacé à notre cliente Mlle. Vril, en personne. »
-« Je vois, dit le juge. La défense peut commencer son contre-interrogatoire. »
-« Merci, Votre Honneur ! »
C'est le moment ou jamais ! Si je ne peux pas prouver que Mlle. Vril est mêlée à ce meurtre…Maya est condamnée !
-« Bien… Heu… Monsieur le groom… ? Est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous faites précisément à l'hôtel Gatewater, votre rôle ? »
-« He bien, tout ce qu'on me demande de faire, monsieur. Je me charge des formalités de départ et d'arrivée des clients. Je m'occupe des chambres, je fais les lits. Je suis également chargé du service de chambre, monsieur. C'est moi qui ai enregistré Mlle. Vril à son arrivée. »
-« Êtes-vous toujours aussi… aussi guidé ? »
-« M. Wright ! dit le juge. Veuillez vous abstenir de poser des questions aussi futiles… »
-« Oui, excusez-moi… Hmm… À propos de l'appel que vous avez reçu, êtes-vous sûr que c'était bien Mlle. Vril qui vous a appelé ? »
-« Absolument, monsieur. »
-« Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? »
-« J'ai moi-même enregistré Mlle. Vril à son arrivée, monsieur Je ne l'ai pas seulement vue dans toute sa beauté éclatante, j'ai également entendu sa voix. C'est là que je LES ai vus et je… Ahem. Hmm… Hem ! Bref, le fait est que je me souvenais très bien d'elle, monsieur. »
-« Hmm… Et pour revenir à la commande de Mlle. Vril, c'était à 21 heures pile, c'est bien ça ? »
-« Oui. Je crois avoir insisté sur ce détail plusieurs fois. Elle regardait la télé et avait envie de boire quelque chose une fois son émission terminée. »
-« Vous êtes donc à 21 heures, exactement ? »
-« C'est parfaitement, précisément, et parfaitement cela, monsieur. 21 heures. »
-« Mais comment pouvez-vous en être aussi sûr ? »
-« Comme je l'ai dit, Mlle. Vril a bien insisté pour qu'on lui apporte sa boisson à cette heure précise. Par conséquent, j'ai frappé à la porte à 21 heures pile, monsieur. »
Pourquoi s'être montrée aussi exigeante concernant l'heure ?
-« Et vous êtes bien sûr que Masha Vril était la personne à qui vous avez remis la commande ? »
-« ab-so-lu-MENT, monsieur. »
-« « Ab-so-lu-MENT »… ? »
-« Oui, monsieur. Comme dans « tellement absolument » ! Une de mes jolies petites manies… »
-« Comment pouvez-vous en être aussi persuadé ? »
-« Hmm… Eh bien, quand je lui ai monté le service de chambre, monsieur… E-Elle… La cliente, monsieur, m'a remercié, voyons, euh… Tendrement, monsieur… »
-« « Tendrement » ?! Vous voulez dire qu'elle vous a embrassé ? »
-« Oui, monsieur. Mais pas un baiser, monsieur ! Plutôt un bisou sur la joue ! »
-« Pourquoi aurait-elle fait cela… ? »
-« He bien, peut-être était-elle tombée sous le charme de mon air guidé, monsieur ? C'est un moment que je n'oublierai jamais, monsieur. »
Tout cela ne me paraît pas très catholique… Mlle. Vril mijotait quelque chose et elle voulait que le groom se souvienne d'elle !
Hmm… Ça ne va pas du tout ! Il n'y a rien dans ce témoignage ! Alors… C'est tout ?! Hunter ricane.
-« Tss tss. Enfin, vous vous rendez à l'évidence. Ce groom n'a absolument aucune raison de mentir ! Maintenant faîtes preuve d'un minimum de décence et mettez fin à cet interrogatoire si fastidieux ! »
-« Hmm… C'était en effet un peu fastidieux, dit le juge en acquiesçant. Le témoin peut se retirer. »
Je ne peux pas le laisser faire ça !
-« A-Attendez ! Un instant, je vous prie ! »
-« Oui ? dit le juge. La défense a-t-elle quelque chose à ajouter ? »
-« Une dernière question… Permettez-moi de poser une toute dernière question ! »
-« OBJECTION ! dit Hunter. Votre Honneur, je dois faire objection. Cette comédie a assez duré ! »
-« Calmez-vous M. Hunter, dit le juge. Très bien, M. Wright. Je vous autorise à poser une toute dernière question. »
Ok. C'est ma dernière chance de renverser la situation ! Mais… Mais qu'est-ce que je lui demande ?!
-« Monsieur, s'il vous plait. Parlez-moi… »
Mes mains tremblent, c'est pas le moment de flancher !
-« Parlez-moi de l'arrivée ! Parlez-moi de l'arrivée à l'hôtel de Mlle. Vril. »
Le groom semble étonné.
-« Oh, d'accord. Bien, monsieur. La première chose que j'ai remarquée était sa beauté, une très jolie femme. C'est tout à fait mon genre de femme alors, bien entendu, j'étais déçu. »
-« Je vois… … ? Pardonnez-moi… Mais pourquoi étiez-vous « déçu » ? »
-« J'ai un certain charme, oui, mais je n'avais aucune chance : elle était avec son compagnon. »
… Qu'est-ce qu'il a dit ?!
-« Qu'est-ce que vous venez de dire ?! »
-« Ah ! Oh… Euh… Non… Rien ! »
-« Groom ! Dites-nous la vérité maintenant ! Mlle. Vril était-elle accompagné lors de son arrivée à l'hôtel ? »
-« OBJECTION ! crie Hunter. Je proteste ! Ceci est… protestable ! »
-« Objection rejetée, dit le juge. Le témoin est prié de répondre à la question. »
-« Euh… Oui, je vois. » souffle le groom.
Bien ! Le juge est de mon côté !
-« Pourquoi n'avez-vous pas mentionné cela dans votre témoignage ?! »
-« Eh bien, monsieur, vous… Hmm… Vous ne me l'avez pas demandé ! »
Bien essayé !
-« C'est le genre de choses que vous êtes censé mentionner ! »
-« Ah, oui. C'est vrai. Eh bien, c'est euh… Son grand avocat ici présent, M. Hunter, qui… »
-« … ! »
-« Il m'a demandé de ne rien dire si on ne me posait pas directement la question. »
Hunter fait une grimace de contrariété.
-« Grr… E-Espèce d'idiot ! » souffle-t-il.
Je… J'ai réussi ! J'ai gagné !
-« À son arrivée, Mlle. Vril a demandé une chambre double. Pour elle et… Un homme. C'est bien cela ? »
-« Oui, monsieur. » souffle le groom.
-« Ensuite, lorsque vous leur avez monté la commande, vous n'avez pas vu cet homme dans la chambre… ? »
-« C'est exact, monsieur. »
-« Votre Honneur ! Nous venons de découvrir un autre suspect dans cette affaire ! À la lumière de ces nouveaux éléments, il est impossible de juger l'accusée. Vous êtes bien d'accord, M. Hunter ? »
-« Qui ?! Qui est cette « autre personne » ?! » cria Hunter.
-« L'homme qui est descendu à l'hôtel avec Mlle. Vril ! »
-« Grr… »
-« Votre Honneur ! Comme cela a déjà été démontré, Mlle. Vril avait mis la victime sur écoute. Cependant, cette même Mlle. Vril a un alibi pour l'heure du meurtre. Mais cela n'innocente nullement l'homme qui l'accompagnait ! Le groom, n'a vu personne d'autre dans la chambre au moment du meurtre ! »
-« Ç-Ça alors, quel scénario bien ficelé… souffla Hunter. Mais c'est trop tard… »
-« « Trop tard » ? Je comprends parfaitement que vous aimeriez qu'il soit trop tard, Hunter… Après tout, c'est vous qui avez caché la présence de cet autre homme à la cour ! »
-« Argh ! Arriviste… Amateur… ! C-Ces accusations sont… ridicules ! »
Le juge frappe un coup avec son marteau.
-« Ça suffit ! La cour reconnait les arguments de la défense. J'attends des deux parties qu'elles examinent en détail cet élément ! Me suis-je bien fait comprendre ? »
-« Oui… souffle Hunter, visiblement sur le point d'exploser. Oui, Votre Honneur. »
-« Le procès de Maya Fey est suspendu jusqu'à nouvel ordre. La séance est levée ! »
Tribunal fédéral, Salle des accusés n°1 - 7 septembre, 14h24
Je sors de la salle d'audience, ma tête tourne. J'entends des pas rapides se diriger par ici. C'est Maya.
-« Phoenix ! Tu as été incroyable au tribunal ! »
Tiens, elle me tutoie maintenant… Je lève les yeux vers elle.
-« V-Vraiment ? »
Elle hoche la tête en souriant.
-« Je suis ta nouvelle fan ! »
-« Je… Je faisais juste mon travail, vous savez… Hé hé. »
-« Mais bon, l'autre avocat, il était pas mal du tout, lui aussi… »
-« Hein ? »
-« Ce visage ! Avec ses grands yeux et lèvres tremblantes ! Il me donnait des frissons dans le dos ! »
-« Hmm… Si vous le dites. »
-« Alors ? Qu'est-ce qui va m'arriver maintenant ? Je vais pouvoir rentrer chez moi ? »
-« Hmm… Non, désolé. Je ne pense pas. Pas encore. »
Maya baisse la tête.
-« Oh… Je vois. »
-« Mais j'ai mis le doigt sur une bonne piste aujourd'hui lors du procès ! »
-« Oui, c'est vrai ! Tu as raison. »
-« Cet homme qui accompagnait Mlle. Vril. C'est lui la clé. »
-« Je comprends. Mais au fait, qu'est-ce qui est arrivé à Mlle. Vril, au final ? »
-« Ils l'ont arrêtée. Elle a dû s'apercevoir que ses charmes ne sont pas infaillibles. Elle doit être au centre de détention. J'irai y faire un tour un peu plus tard. Enfin bon. Cette affaire est loin d'être classée. »
-« Ça c'est sûr ! »
-« Je vais tâcher d'en savoir plus sur cet homme. »
-« Tu crois que c'est lui qui… ? »
-« C'est possible. »
-« Ma frangine… »
-« Ne vous inquiétez pas, je l'aurai retrouvé avant demain. Je vous le promets. »
-« Je compte sur toi ! »
Je hoche la tête d'un air confiant. Un agent de police s'approche de nous.
-« Mlle. Maya Fey ? Je dois vous raccompagner au centre de détention. »
Je regarde Maya.
-« Ça va aller, dit-elle avant que j'ai pu ouvrir la bouche. On se voit plus tard ? »
-« Oui promis. »
-« À plus tard alors. »
Je les regarde s'éloigner. En quittant le tribunal à mon tour, j'ai demandé le dossier complet du témoignage de Masha Vril. J'ai pensé que ça peut me servir lors du procès de demain. Mais maintenant que je l'ai entre les mains, je n'en suis plus si sûr. Son témoignage est un tissu de mensonges… De toute façon, une seule partie a été conservée pour le dossier. Je ne sais pas dans quelle mesure il va vraiment m'aider. Bref ! Il est temps pour moi d'aller poursuivre mes recherches !
Centre de détention, Parloir - 7 septembre, 15h11
Je suis venu ici directement. Mais cette fois ce n'est pas Maya que je viens voir. C'est une autre... connaissance.
-« Bonjour vous ! dit Mlle. Vril en me voyant. Je ne pensais pas avoir de visite dans un endroit aussi lugubre... Je suis vraiment très... touchée. »
Puis d'un seul coup, Mlle. Vril perd son sang froid.
-« Non ! Espèce de sale avocat ! Allez au diable ! Vous êtes venu vous moquer, hein ? Oui, vous moquer de Mlle. Vril, déchue et anéantie ! »
Ouah... Je sens que la discussion ne va pas être simple.
-« Non, pas vraiment. Je suis venu vous demander quelque chose. »
-« Malheureusement, je n'ai aucune envie qu'on me demande quoi que ce soit. Vous n'en n'avez pas marre de toutes ces questions, espèce de... ! Tête de porc-épic ! »
C'est reparti...
-« Je vous en prie, vous faîtes peur au gardien de la sécurité. »
Mlle. Vril tourne la tête vers le fond de la pièce. Effectivement, le gardien qui occupe la cellule n'en mène pas large. Mlle. Vril se tourne alors vers moi, tout sourire.
-« Alors, qu'est-ce que vous vouliez me demander, hein ? »
Pour commencer, pourquoi êtes-vous aussi cinglée ?!
-« Hem... Concernant l'homme qui était avec vous à l'hôtel... »
-« ... »
-« Pouvez-vous m'en dire plus à son sujet ? Où est-il ? »
-« Vous rêvez, mon coco. »
Hmm... Si seulement j'avais quelque chose pour la faire parler...
-« Très bien, dans ce cas ... Pourquoi avez-vous mis le téléphone de Mia sur écoute ? »
-« Ouh, dit comme ça, ça parait si... sinistre. Si criminel ! »
-« Mettre un téléphone sur écoute est un délit, Mlle. Vril. »
-« Oh, et je suppose que c'est à l'école ses avocats qu'on vous a appris tout ça, hmm ? Sale type ! »
Il est tout bonnement impossible de discuter avec cette femme...
-« ... Dîtes... Pourquoi êtes-vous si... énervée ? C'est vrai, vous n'avez pas l'air de quelqu'un de méchant... »
-« Ooooh ! Alors on en est là ! Fouineur ET lèche-bottes enfin plus ! »
-« L-Lèche... ? »
Difficile de dire si elles a une dent contre les avocats en général... ou juste contre moi !
-« Bon, excusez-moi mais je dois y aller. J'ai encore si travail. »
-« Oui c'est ça. Partez et ne revenez jamais ! »
Cabinet d'avocats Rosenberg - 7 septembre, 15h37
Je décide de repasser voir M. Rosenberg. Même s'il a déjà rejeté le dossier, il a peut-être des conseils à me donner. Je rentre dans le cabinet. Bizarre, le bureau est vide. M. Rosenberg a dû probablement sortir... Une fois de plus quand on a besoin de lui ! Peut-être qu'il m'évite... Pour une raison ou pour une autre...
Je décide tout de même d'inspecter un peu la pièce. Je m'approche du bureau en bois massif. Tiens ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Des vieilles photos ? Il y en a deux posées là. Il y a quelque chose d'écrit au stylo derrière.
« Affaire DL-6 - Pièce à conviction A »
« Affaire DL-6 - Pièce à conviction B »
La photo A est la photo d'une femme et la B d'un homme. Pourquoi M. Rosenberg garde-t-il ces photos dans son bureau ? Hmm... Il pourrait s'agir d'indices non-négligeables. Je vais garder ces photos quelques temps…
Je ne fais que les emprunter, je les rendrai plus tard.
Bon inutile de s'attarder ici plus longtemps. Je vais retourner à l'hôtel Gatewater. Il y reste peut-être des indices.
Hôtel Gatewater, chambre 303 - 7 septembre, 15h52
À peine entré dans la chambre, je suis accueilli par le groom.
-« Ah, soyez le bienvenu, monsieur ! Très belle interprétation aujourd'hui, si je puis me permettre. »
-« Oh, euh, merci. Navré de vous avoir mis dans l'embarras. »
-« Non, non, pas du tout monsieur ! Vos efforts d'aujourd'hui ne peuvent que contribuer à la réputation de l'hôtel ! »
-« Comment ça ? »
-« Oui ! Notre hôtel sera célèbre pour avoir hébergé l'assassin et sa table d'écoute ! On pourra facturer un plus pour la chambre ! Ce sera un plus pour les affaires ! »
-« Woooh ! On se calme ! Mlle. Vril n'a pas été accusée de meurtre ! »
-« Moi aussi, je vais devenir célèbre ! « Le groom qui a apporté un thé glacé à l'assassin… ! ». »
Pourquoi ai-je la sensation de vivre un mauvais rêve… ?
-« Bon ! reprend le groom. Vous êtes notre invité d'honneur. Si vous voulez quoi que ce soit, n'hésitez pas ! »
-« Hmm… Oh, euh, c'est gentil. Puisque vous ne semblez pas trop pris, puis-je vous poser quelques questions ? »
-« Oui, bien sûr ! Tout ce que vous voulez ! C'est tellement grisant ! »
-« … Sûrement. Bref. Pourriez-vous me parler un peu de Mlle. Vril ? »
-« Ah, elle, Ce n'est pas pour me vanter, monsieur, mais dès l'instant où je l'ai vue, je me suis dit « Elle en serait capable ! ». »
Capable de QUOI ? Je commence à penser que l'individu le plus suspect ici, c'est ce type !
-« Hmm… Très bien et en ce qui concerne l'homme qui accompagnait Mlle. Vril ? »
-« Ah, oui… Il m'a de suite fait penser à un « bourreau des cœurs », si vous me passez l'expression. Je l'ai su dès l'instant où je l'ai vu, monsieur. Lui et moi, on est de la même veine. Le danger… On a ça dans le sang ! »
Nous sommes parfaitement d'accord sur ce point, M. Le Mytho !
-« Si vous aviez une photo de cet homme, je suis certain de pouvoir l'identifier. » termine le groom.
Ses dernières paroles me font tressaillir. Je repense directement aux photos trouvées chez Rosenberg. Ça serait trop beau, mais en même temps, je n'ai rien à perdre. Je sors la photo de ma poche, celle de l'homme. Je regarde le groom.
-« Pouvez-vous jeter un œil à cette photo, s'il vous plait ? »
-« … C'est lui, inspecteur. »
-« Hmm… Moi je suis avocat. »
-« Oh mais je sais ça. J'avais juste envie de dire « inspecteur » une fois, vous comprenez. »
Euh non, pas vraiment, non.
-« J'en mettrais ma main à couper, continue le groom. Cet homme est arrivé à l'hôtel avec Mlle. Masha Vril. Il me vient une idée ! Pourquoi je n'écrirais pas une déclaration sous serment indiquant que c'est bien lui ?! »
-« Une déclaration sous serment ? »
Ce type est bien trop enthousiaste à propos de tout ça…
-« Alors ? Qu'en pensez-vous monsieur ? »
-« Hmm… Oui pourquoi pas après tout ! »
-« Super ! J'ai toujours rêvé de devoir écrire une déclaration sous serment, monsieur. À partir de maintenant, je serai « le groom qui a écrit la déclaration sous serment » ! »
-« Contentez-vous juste de l'écrire… »
Après avoir attrapé un stylo et une feuille de papier blanc, le groom e met à rédiger sa déclaration. Il se retourne quelques minutes plus tard, l'air triomphant. Il me tend le bout de papier que je plie et met immédiatement dans ma veste.
Mlle. Vril ne pourra plus jouer les innocentes, c'est déjà ça…
-« Bien… Je vais devoir y aller. J'ai encore du travail. »
-« Oui bien sûr, je comprends monsieur ! »
-« Merci pour votre aide et pour votre… hem… application dans cette affaire. »
-« Oh mais je vous en prie ! À propos ! Je viens d'avoir une excellente idée ! »
-« Une… excellente idée ? »
-« Pour l'instant, cet hôtel s'appelle le « Gatewater ». Je suggère d'y ajouter un sous-titre ! »
-« Un sous-titre… ? »
-« L'hôtel Gatewater … Le manoir du meurtre… Alors qu'en dites-vous ? »
-« Euh… Oui ça sonne bien ! »
-« Je le savais ! Hé hé… Oh mais je ne vous retiens pas plus longtemps ! Bonne chance à vous, revenez quand vous voulez ! »
-« Oui, merci. Portez-vous bien. »
Je sors de l'hôtel. Bien réfléchissons… J'ai une nouvelle… pièce à conviction, la déclaration sous serment. Autant m'en servir immédiatement. Je me dirige vers le centre de détention. Mlle. Vril doit avoir des choses à me dire maintenant.
