Centre de détention, Parloir - 7 septembre, 16h31

-« ENCORE VOUS ?! hurle Mlle. Vril en me voyant arriver. Mais vous ne comprenez pas que je n'ai pas envie de vous voir ? »

-« Hé, oh, si je suis encore ici, c'est uniquement parce que VOUS refusez de parler ! »

-« Ah, alors c'est MA faute maintenant ?! En plus de votre tête de porc-épic, vous avez un cœur qui pique ! »

C'est bon. Lorsque cette affaire est classée, je me rase la tête.

-« Mlle. Vril, concernant l'homme qui se trouvait avec vous à l'hôtel… Pouvez-vous m'en dire plus à son sujet ? Où est-il ? »

-« Je ne vous dirai rien. »

-« Ecoutez, il est accusé de meurtre ! Vous ne voulez pas protéger ce type, quand même ? »

-« Vous auriez balancé Mlle. Fey aux flics ? »

-« Qu… ? Non, bien sûr que non ! »

-« Vous voyez ? »

Mince ! Bon, je vais devoir ruser… Je sors la photo de l'homme trouvé chez M. Rosenberg.

-« Regardez ceci s'il vous plait. »

-« Écoutez, je vous l'ai déjà dit, je ne dirai rien ! Je… ! Où avez-vous… ?! »

Ah ah ! Une réaction !

-« C'est lui, n'est-ce pas ? »

-« Où ? Quand ? Comment ? »

-« C'est bien lui. C'est l'homme qui était avec vous dans la chambre d'hôtel le soir du meurtre. »

-« Non ! Non, c'est faux ! »

Bien tenté, Mlle. Je-refuse-de-coopérer !

-« Pouvez-vous prouver que c'était lui, hein ? » dit Mlle. Vril.

-« Hé bien… »

-« O-Oui ! Des preuves ! Montrez-moi des preuves ! »

Je la tiens presque ! Je sors de ma veste la déclaration sous serment du groom de l'hôtel.

-« Pourriez-vous examiner ce document ? »

-« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

-« La déclaration écrite sous serment du groom. Il nous a raconté tout ce qu'il a vu. Il nous a parlé de l'homme avec le quel vous êtes arrivée. Et il nous a dit qui c'était. »

Une grimace de mécontentement déforma le visage de Mlle. Vril. J'arrive enfin à quelque chose. Je décide d'insister. Je ne peux plus reculer !

-« Pas la peine de jouer les innocentes ! »

Si tant est qu'elle joue vraiment…

-« Si vous refusez de parler, je transmets cette photo à la presse ! »

-« Q-Quoi ?! »

-« Même s'il a juste été témoin du meurtre, cet homme se cache. Je suis sûr que la presse s'en donnerait à cœur joie avec sa réputation ! »

-« … Je… Bon, très bien. Je vais parler… Vous avez gagné Monsieur l'Avocat. »

Yes ! Ah, ça fait du bien d'entendre ça ! La vie est belle ! La la la la !

-« Pourquoi vous gesticulez comme ça ? » demande soudainement Mlle. Vril.

-« Hem… Bon, dites-m'en plus sur l'homme avec qui vous étiez. »

-« Cet homme… C'est mon patron. C'est Redd White, le président de Bluecorp, une société de collecte d'informations. »

Redd… White…

-« « Collecte d'informations » ? »

-« Oui… J'imagine qu'on peut appeler ça une agence de détectives. »

-« Hmm… Donc cet homme est bien celui qui était avec vous le soir du meurtre ? »

-« … Je… J'ai peur de parler. Je n'ai pas envie de finir comme elle ! »

... !

-« Bon, je vais directement poser la question à M. White lui-même. Pouvez-vous m'indiquer où se trouvent les bureaux de Bluecorp ? »

-« … Très bien. Mais faites bien attention à vous. S'il vous plait. »

-« Oui, je vous le promets. Et il ne vous arrivera rien, j'y veillerai, comptez sur moi. »

-« Merci. Vous êtes quelqu'un de bien finalement. »

-« Heureux de l'entendre. »

À nous deux M. Redd White de Bluecorp !


Bluecorp SA, Bureau du PDG - 7 septembre, 17h03

J'arrive dans le bureau de M. White. Le décor est… surréaliste ! Un bureau plaqué or, des coupes et des récompenses pour je ne sais quoi, un énorme fauteuil, une statue d'Atlas portant une planète avec « Bluecorp » inscrit dessus et un immense tableau… … ! Le-Le tableau ! C'était le tableau de-de…

-« Bienvenue ! tonne soudain une voix. Quelle est votre appellation, très cher ? »

-« Q-Quoi ? »

Un homme rentre par la porte au fond du bureau. C'est lui, aucun doute possible…

-« Votre nom ! continue l'arrivant. Comment vous appelez vous ? Je me demandais juste curiosément quelle était votre appellation d'origine. »

-« Heu… Wright. Phoenix Wright. »

Curiosément ?

-« M. Wright, c'est bien ça ? Je vois, je vois… Splendignifique. Je vous ai peut-être intimidé avec mon vocabulaire énormesque… ? »

Ce type a vraiment un problème !

-« Je suis Redd White, le PDG dre Bluecorp. Vous savez, Présence, Distinction et Grâce ! Mes affaires m'amènent à côtoyer l'élite de l'élite. J'ai donc peur de ne pas être habitué à converser avec des gens verbeusement moins doués. »

Ma parole mais il est complètement timbré !

-« Hmm… Laissez-moi deviner, reprend White. Vous êtes avocat, mais pas encore tout à fait mûr, c'est ça ? C'est la seule explication possible à une telle visite ! »

Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?

-« Peu importe, continue White. Alors, qu'est-ce qui peut bien amener un « puissant » avocat chez un homme tel que moi ? »

Ouah ! L'arrogance de cet homme dépasse tout ce que l'on peut imaginer !

-« Hmm… Excusez-moi, mais je ne peux pas détacher mon attention ce tableau, derrière votre bureau. Je suis sûr de l'avoir déjà vu quelque part. Serait-ce une réplique ? «

-« Ridiculosité ! Je ne jure que par les originaux ! Ce que vous voyez là est un authentique original ! D'une valeur d'au moins 5 millions ! »

-« Hmm… Bref. Mlle. Vril fait partie des employés de Bluecorp, n'est-ce pas ? »

-« Correct. C'était ma secrétaire. Quel choc d'appendre ce qu'elle a fait ! »

-« « Ce qu'elle a fait »… Vous parlez des écoutes téléphoniques ? »

-« Bien sûr ! Elle est payée pour répondre au téléphone. PAS pour les mettre sur écoute ! Elle est effectivement chargée de réunir des informations pour nous. Mais je vous assure que nous ne cautionnons pas ces méthodes illégales ! Cette attitude est vraiment ineffable. »

On dirait qu'il tente de faire passer Mlle. Vril pour un bouc émissaire…

-« Hmm… Et le soir du meurtre, étiez-vous dans la chambre d'hôtel de Mlle. Masha Vril ? »

-« Qui peut le dire ? Je prête peu d'attention aux détails anodins tels que l'endroit et l'heure. Ma devise c'est « Don't worry, be happy » ! »

-« Malgré tout, M. White… Le groom de l'hôtel a certifié se souvenir parfaitement de vous. »

-« … Peu importe. Le groom peut dire ce qui lui plaît. Je ne vous dirai rien quand même. Si vous voulez que je parle, faites-moi venir à la barre ! Même si je doute que vous en soyez capable ! »

Il soulève une question importante, en fait… Pourquoi l'accusation ne l'a pas appelé pour témoigner ? Il a dû « voir » la même chose que Masha Vril !

-« Hé hé, ricane White. La police… Les tribunaux… Ce ne sont que des pantins pour moi. Des jouets faits pour me divertir ! »

-« … … Au fait, quel type de société est Bluecorp ? »

-« Ah ! Excellente question ! Nous achetons et vendons divers types d'informations. Nous sommes une société du futur ! On peut même dire que nous SOMMES le futur ! »

Vendre des… informations ?

-« En 10 ans seulement, j'ai bâti cette affaire jusqu'à la mener dans ce locaux somptueux, dit White. Ah, si vous vous posez la question, le nom Bluecorp vient de la couleur « bleue » en anglais ! C'est moi, Redd White, en tant que fondateur et PDG de Bluecorp, qui ai adopté ce nom. Pourquoi, me demandez-vous ! Parce que j'aime la couleur bleue, bien sûr ! Fantabulistique, n'est-ce pas ? »

Je regarde autour de moi. Cet homme fait tellement… faux. Tout semble faux ici. Cet homme, ce bureau, ces trophées, ce fauteuil, ce globe et… Ce tableau qui était chez M. Rosenberg. Quelque chose ne tourne pas rond ici.

-« Hmm… Quelque chose me tracasse depuis un moment. »

-« Oui ? De quoi s'agit-il ? » dit White avec un grand sourire.

-« Ce grand tableau, au mur, là-bas… En fait, ce n'est pas la première fois que je vois ce tableau. »

-« Ah ? »

-« Je l'ai vu hier, pour être exact. »

-« Où voulez-vous en venir ? »

-« C'est très simple. Enfin, j'ai une question très simple à vous poser : Pourquoi ce tableau est-il accroché à votre mur ? »

-« M. Wrong, c'est ça ? »

-« Wright. »

-« Il semblerait que vous ne sachiez pas très bien où avez mis les pieds. Je vous le redemande. Qui êtes-vous ? »

-« Hmm… Hein ? Un avocat ? »

-« Non, mon pauvre ami. Un « simple » avocat. Sans aucune valeur. Nada ! Que dalle ! Macache ! Tout comme cet avocat minable : Rosenburger ! »

Qu-Quoi ?!

White s'approche de moi, un sourire malsain sur le visage.

Je recule d'un pas mais avant que je puisse faire quoi que ce soit d'autre, White élance son bras pour me donner un coup de poing dans le ventre. Le coup est assez violent et me fait tomber à la renverse. Je passe mon bras autour de mon ventre en grimaçant de douleur. White ricane.

-« Alors, monsieur l'avocat ! Vous allez faire quoi, hein ? M'accuser d'agression ? Accusez donc, je vous en prie ! Car c'est VOUS qu'on condamnera ! »

-« Q-Quoi ? »

-« Méfiez-vous de mon influence ! La police, les tribunaux, ils sont tous à mes pieds ! »

C'est ce que vous dites… Mais je me pose la question. Une telle emprise est-elle vraiment possible ?

-« Je ne vous demande pas de comprendre, reprend White. Cela dépasse votre entendement… C'est Rosenburger qui vous a envoyé ici, je présume ? »

-« M. Rosenberg, oui… »

-« Alors posez-lui la question : Comment se fait-il que son tableau trône sur mon mur ? Alors peut-être il vous racontera. »

Je me relève en m'appuyant sur le mur derrière moi. La douleur est toujours présente mais je refuse de baisser les yeux devant lui. White me regarde faire sans bouger.

-« … Partez maintenant, finit-il par dire. Fichez-moi le camp ! Je n'ai plus rien à vous dire ! »

J'attrape la poignée de la porte sans le quitter des yeux. White fronce les sourcils et met sa main sur son bureau. Je referme la porte derrière moi et m'autorise à soupirer. Mon pauvre Phoenix… Dans quoi viens-tu de t'embarquer. Je passe une main sur mon visage en fermant les yeux. Cet homme… Il va falloir faire comparaitre au tribunal. Mais s'il a autant d'influence qu'il veut bien le faire croire, ça risque d'être compliqué. Je secoue la tête. Non. Je ne peux pas laisser tomber Maya maintenant, pas si près du but. Je sais ce que je dois faire. Il faut juste que je trouve comment m'y prendre. Et je pense connaître quelqu'un qui peut m'aider… Ou du moins qui me doit une petite explication…


Cabinet d'avocats Rosenberg - 7 septembre, 17h48

Je trouve M. Rosenberg debout dans son bureau, face au mur vide où se tenait son tableau. Il n'a pas tourné la tête quand je suis entré dans le cabinet. Je crois bien qu'il ne m'a même pas remarqué… Peut-être qu'un petit… raclement de gorge ?

-« AAA-hem ! »

-« Doux Jésus ! crie M. Rosenberg, surpris. Ah ! C'est vous ! »

-« Qu'est-ce qui ne va pas ? Vous aviez l'air si pensif… Comme un vieil homme en fin de vie. »

-« Quoi ?! Je ne suis pas encore sénile ! Je réfléchissais juste à toute cette pagaille… »

Il y a vraiment quelque chose qui le perturbe, c'est certain.

Je pose mes yeux sur le mur du fond du cabinet, vide à présent. J'ai quand même de la peine pour ce vieil avocat… Il n'a pas l'air si méchant. J'essaye de détendre l'atmosphère.

-« Hmm… Alors, vous êtes venu assister au procès ? »

-« Oui. Quelque chose me tracassait, je n'ai pas pu fermer l'œil de la nuit. »

-« Vraiment ? De quoi s'agit-il ? »

-« Eh bien, voyez-vous, c'est juste… La sœur de Mia, cette pauvre jeune fille. Mon garçon, je dois vous remercier, du fond du cœur, dit M. Rosenberg en posant sa main sur mon épaule. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si les choses avaient mal tourné pour cette fille. »

-« Hmm… Je vous l'ai déjà demandé, mais pourquoi avez-vous refusé d'être son avocat ? Je pense avoir le droit de savoir. »

-« Le droit, M. Le repésentant des droits en tout genre ? »

-« Pardon ? »

-« Non, rien, je m'excuse. J'ai juste besoin de plus de temps pour y réfléchir, mon garçon. »

… J'ai l'impression de savoir ce qu'il se passe ici.

-« Vous savez… Je suis allé voir M. White. »

-« Ah ! Oh, je vois. »

-« M. Rosenberg… Je dois vous avouer que quelque chose me préoccupe. »

-« Ah bon ? Quoi donc ? Dites-moi tout, mon garçon. »

-« Eh bien… Il y avait un énorme tableau accroché à ce mur l'autre jour, n'est-ce pas ? Celui dont vous disiez n'avoir « aucune intention de vous séparer » ? Eh bien, je l'ai revu. Aujourd'hui. Dans le bureau de PDG de Bluecorp. Le bureau de Redd White. »

-« … Alors… Vous l'avez remarqué. J'aurais dû m'en douter. C'est un grand tableau… »

-« M. Rosenberg, je pense savoir ce qu'il se passe entre White et vous… »

-« Q-Quoi ? C-Comment ça ? »

-« White vous manipule, n'est-ce pas ? Il vous fait chanter ? »

-« … ! »

-« Et ce tableau en est la preuve indéniable. »

-« Bon. Ceci est peut-être l'opportunité que j'attendais. Je vais enfin dire ce que j'ai sur le cœur et dormir à nouveau sur mes deux oreilles. Après tout, vous êtes le suppléant de Mia. C'est sûrement le destin… »

-« D-De quoi parlez-vous ? »

-« … Pour gagner sa vie, ce Redd White a recours aux menaces et à l'intimidation. La société Bluecorp est très douée pour trouver les points faibles des gens. Cela fait maintenant 15 ans qu'ils me font chanter…

-« 15 ans ?! »

-« Tout cela à cause de « l'affaire DL-6 », comme vous devez vous en douter. »

C'était le nom écrit au dos des deux photos…

-« C'est à cause de cela que je n'ai pas pu représenter Maya. White m'aurait détruit. Je regrette d'avoir à vous dire ça mon garçon. Mais arrêter Redd White relève quasiment de l'impossible. »

-« Impossible ? Pourquoi ?! »

-« Il possède des informations sur tout le monde. Ce qui lui permet une mainmise absolue. Il possède juges, avocats, procureurs, officiers de police et… hommes politiques… »

-« Quoi ?! »

-« Ils sont coincés, incapables de se mettre en danger et donc de LE mettre en danger. Ne me regardez pas comme ça, ce que vous voyez n'est que le poids des années… »

-« Qu-Qu'est-ce que « l'affaire DL-6 » ? »

-« « DL-6 » correspond simplement au code donné au dossier par la police. C'était il y a 15 ans… J'ai reçu une demande de la part d'une voyante. »

-« Une voyante ? »

-« Son nom était Misty Fey. »

-« Fey ! »

-« Effectivement. C'était la mère de Mia. À la demande de la police, elle avait enquêté sur un meurtre. Et… Elle avait échoué. La police a alors crié à l'imposture. »

-« Maya m'a parlé de ça, l'autre jour… »

-« J'ai fait tout ce que j'ai pu pour elle. J'ai fini par prouver l'absence de tout méfait. En revanche, le meurtre n'a, à ce jour, toujours pas été élucidé. C'était ça, l'affaire DL-6. »

-« Mais alors… Pourquoi vous a-t-on fait chanter, M. Rosenberg ? »

-« À l'époque, l'affaire DL-6 était classée top secret. Ça se comprend, la police ne voulait pas qu'on sache qu'elle faisait appel à un médium ! Non, personne ne devait le savoir. Mais… Quelqu'un l'a découvert. Je… Je lui en ai parlé. »

-« Vous l'avez dit à White ? »

-« Il m'a offert des objets de grande valeur. J'en ai vraiment honte maintenant. Dès que j'ai parlé, on s'est moqué de la police aux quatre coins du pays. En secret, ils ont commencé à rechercher celui qui les avait vendus. Bien entendu, White en a entendu parler et il est venu me voir. Sauf que cette fois, c'était pour me faire chanter. »

-« … Je vois. »

-« … White contrôle les lois de ce pays comme bon lui semble. Mais si vous voulez toujours vous mesurer à lui, intéressez-vous de plus près au bureau de Mia. »

-« Le bureau de Mia ? »

-« Pendant plusieurs années, elle a suivi chacun de ses mouvements. Il est fort possible qu'elle ait noté ce qu'elle a découvert. »

Je mets mes mains dans mes poches en hochant la tête. En regardant le bureau derrière M. Rosenberg, je me souvins soudainement des photos que j'avais emprunté lors de ma dernière visite. Un peu gêné, je sors la photo de White de la poche intérieure de ma veste, en prenant soin de conserver celle de Misty Fey. Elle peut toujours servir…

-« Je m'excuse, monsieur. Je vous ai emprunté ceci pendant votre absence. »

-« Oh, c'était donc vous mon garçon. »

-« Cet homme, c'est bien M. White, n'est-ce pas ? »

-« Hmm… C'est une longue histoire. Maintenant, je vous demande de me rendre cette photo. »

Je lui rends la photo avec un léger regret. Il ne veut vraiment pas parler de cet homme.

-« Bien M. Rosenberg, je dois vous laisser. Je dois inspecter le bureau de Mia. »

-« Faites donc mon garçon. J'espère que vous pourrez me pardonner, ainsi que Mia et Maya. Je l'espère vraiment. »

-« Je le sais. »

Je salue une dernière fois M. Rosenberg avant de prendre la direction du cabinet. L'enquête de police est terminée, je vais pouvoir faire l'inventaire tranquillement.


Cabinet d'avocats Fey & Co - 7 septembre, 18h23

Je fais tourner la clé dans la serrure du cabinet. Les lumières sont éteintes et contrairement aux derniers jours qui viennent de s'écouler, c'est calme, parfaitement calme. C'est marrant, à voir cette pièce, tout à l'air si… normal. Difficile de croire qu'un meurtre a été commis ici.

En soupirant, je fais le tour du bureau de Mia en posant ma main sur le bord de celui-ci. Les dossiers de Mia sont tous rangés dans une grande étagère, posée contre le mur derrière le plan de travail de la patronne.

Tous les dossiers sont rangés par ordre alphabétique. Mia a toujours été très ordonnée. Je décide de consulter en premier la section de rapport « A-I ».

« A », « B », …, « E », « F » ! « Misty Fey ». La mère de Mia et de Maya. Autant voir ce qu'il peut nous apporter.

« « J'ai terni l'image de la famille Fey. » Sur ces quelques mots, ma mère a disparu. J'étais bien décidée à trouver ceux qui avaient contraint ma mère à se punir de la sorte. Grâce à mon pouvoir ancestral, je suis entrée en contact avec les morts. Finalement, les noms de deux hommes me sont apparus. L'un était Samuel Rosenberg, un avocat qui a vendu ma mère en échange de richesse. L'autre nom était celui de l'homme qui a vendu ces informations à la presse. Ce parasite, qui bâtit sa fortune sur la menace et le chantage. Son nom est… »

Tiens ? Le rapport prend fin ici. Hmm… Donc Mia savait pour Rosenberg…

Bon, rien d'autre d'intéressant. Section suivante ! Section « J-S ». Bof… Je ne vois rien de vraiment intéressant. Je prends le temps de tout de même feuilleter les rapports, histoire de ne rien laisser au hasard. Il y a pas mal de paperasse mais la plus grosse partie sur trouve à la fin de la section « S »… « Suicide » ? Ouh là… Il y a un tas de rapports sur des suicides. Hommes politiques, officiers de police… … … ! Quasiment tous ont été annotés au stylo. « White » ? C'est l'écriture de Mia. Je crois comprendre. Mia pensait qu'il était impliqué dans tous ces « suicides » ! White les a poussés à… Hmm… Je pense que ces coupures de presse pourront me servir plus tard.

Bien, dernière section « T-Z ». « T », « U »,… Je sais ! « W » ! « White » ! … … ! Mais ! Il manque toute la section « W » ! Aurait-elle été dérobée ?

Je soupire en regardant ce que l'inspection des dossiers de Mia m'a apporté dans mon enquête. Un rapport inachevé, des coupures de presse sur des suicides et toute une partie de l'alphabet manquante. Ce dernier point me trouble vraiment. Est-ce que White aurait pu dérober ces dossiers ? Après tout c'est probable. Il y a eu tellement de mouvement au cabinet ces derniers jours qu'il aurait été facile de faire disparaitre quelques dossiers des étagères de Mia sans se faire repérer. Mais pourquoi aurait-il besoin de récupérer ces dossiers ? C'était se mettre en danger de venir chercher les après le meurtre de Mia… À moins que… À moins que ce soit lui qui ai tué Mia ! Il aurait très bien pu venir ici le soir du meurtre… Surtout si Mia et lui se connaissait ! Il aurait été facile de regagner l'hôtel Gatewater juste après ça, c'est juste à côté… Hmm… Je crois qu'une nouvelle visite chez Bluecorp s'impose. Je risque de ne pas être très bien accueilli mais si c'est pour récupérer quelques informations pour la séance de demain, le jeu en vaut la chandelle… Enfin je crois.

Déterminé, je me lève d'un bond du siège dans lequel je m'étais assis pour feuilleter les dossiers, me dirigeant vers la porte et emportant avec moi les différents indices que j'avais récupéré.