Bluecorp SA, Bureau du PDG - 7 septembre, 19h02
-« Eh bien on peut dire que vous êtes têtu vous ! s'exclame White en me voyant arriver. J'aurai dû demander à la réception de ne plus vous laissez entrer ! »
-« Désolé, mais il y a quelque chose que je dois vous demander. »
-« M. L'Avocat, j'ai vraiment horreur de me répéter… Mais le message n'a pas l'air bien imprimé dans votre petite tête… Fichez-moi la paix ! Si vous me poussez à bout, ça risque de mal tourner. Suis-je assez clair ? »
Limpide… Sans prendre compte de son avertissement, je sors de ma veste la coupure de presse récupérée au bureau. C'est le seul indice que Mia m'a laissé… J'ai intérêt à bien l'utiliser ! Je tends l'article de journal devant le nez de White.
-« M. White… Vous voyez ça ? C'est un article qui relate le suicide d'un homme politique. »
-« … »
-« Il détournait des fonds publics secrets. Et un jour, la presse a eu vent de cette histoire. Le lendemain même, il mettait fin à ses jours. »
-« Et en quoi cela me concerne… ? »
-« J'ai trouvé cet article dans le bureau de Mia. Elle avait tout un dossier rempli d'articles comme celui-ci. Tous portaient la même étiquette avec un seul mot : « White ». »
-« … ! »
-« M. White, je sais ce que vous avez fait à cet homme politique. Vous le faisiez chanter, n'est-ce pas ? »
-« Chanter ? »
-« Et pas seulement lui. Vous menaciez et tyrannisiez des centaines d'autres ! Vous étiez mêlé à tous les cas de suicide sur lesquels Mia enquêtait. Toute l'activité de cette société repose uniquement sur le chantage ! J'ai raison, n'est-ce pas ? »
-« Tss… Quelle drôle d'accusation ! M. Wrong… Qu'est-ce que vous devriez être en train de faire en ce moment ? Enquêtez sur moi ? Non, non, non. Je ne pense pas ! Vous devriez plutôt rechercher l'assassin de Mlle. Mia ! »
Avec un air faussement désolé, White s'approcha de son bureau et appuya sur le petit interphone. La voix d'une femme s'éleva depuis le haut-parleur.
-« Secrétariat, j'écoute ? »
-« M. Wrong va partir. » répondit sèchement White.
-« Très bien Monsieur. Je vous envoie quelqu'un immédiatement. »
Je ne vais pas me laisser faire !
-« Une minute, M. White. »
White me jeta un regard dédaigneux.
-« Vous avez tort M. White, vous savez ? »
-« Je vous demande pardon ? »
-« Je devrais m'occuper de votre cas. »
-« Qu'est-ce que vous insinuez ? »
-« Allons, pas de ça entre nous. Vous pouvez me le dire à moi, n'est-ce pas ? Mia était sur vos traces, elle vous avait à l'œil. C'est pour cela que vous avez demandé à Mlle. Vril de la mettre sur écoute. Mia a ensuite été tuée et tous les dossiers vous concernant sur ses étagères ont mystérieusement disparu. Il aurait été fâcheux qu'un imbécile, un membre de la police par exemple, fouille dans les dossiers de Mia et retrouve des preuves compromettantes contre vous, non ? Parce qu'après tout, vous saviez que la police débarquerait bientôt au cabinet puisqu'un meurtre y avait été commis… Je pense détenir suffisamment d'éléments pour répondre à la question clé de toute cette affaire : « Qui a tué Mlle. Mia Fey au cabinet Fey&Co ce 5 septembre ? ». C'est vous. »
M. White me dévisagea longuement avant de lâcher un soupir. D'un geste vif, il pressa de nouveau le bouton de l'interphone.
-« Secrétariat. »
-« Inutile de raccompagner M. Wrong, ricana White. Passez-moi plutôt le bureau du procureur. »
-« Bien sûr, Monsieur. Un instant, je vous prie… »
Un petit silence se fit avant que la voix affolée d'un homme s'élève dans la pièce.
-« White ? C'est vous ? Ça rime à quoi de m'appeler à cette heure-ci ?! »
-« Allô ? Monsieur le Procureur Général ? J'ai changé d'avis. Je veux témoigner demain. »
-« Mais de quoi vous parlez ?! »
-« L'affaire Mia Fey. J'ai été témoin du meurtre, vous comprenez… Et donc, en tant que témoin clé, je voudrais témoigner. »
-« Quoi ? Mais pourquoi ? Vous aviez dit de ne pas vouloir venir au tribunal ! »
-« Du calme… ! Je vous ai dit que j'avais changé d'avis, non ? Oh, autre chose. Faites venir la police ici tout de suite. L'homme est ici, devant moi ! Il a l'air ahuri mais pourrait très bien devenir violent ! »
-« Quoi ? Quel homme ? »
-« Vous écoutez ce que je vous dis ?! Le bourreau ! Le massacreur ! Le nettoyeur ! Le tueur, enfin ! »
Attends, quoi ?!
-« M. White, repris le Procureur. Ce n'est pas une autre de vos… »
-« Monsieur le Procureur Général. Je ne pense pas que vous soyez bien placé pour me faire part de vos opinions, n'est-ce pas ? Je vous demande de m'envoyer la police, maintenant ! »
Sur ces mots, White raccrocha, ne laissant pas le temps au Procureur de répondre. L'homme se tourna vers moi, le sourire aux lèvres.
-« … Ne vous l'ai-je pas déjà dit, M. Wrong ? Vous n'êtes qu'un simple avocat ! Comme l'était Mlle. Mia… »
-« Comment osez-vous ? »
-« Je vous montre du doigt et hop, vous êtes jugé en tant que meurtrier de Mlle. Mia ! L'affaire est pour ainsi dire classée. Aucun avocat digne de ce nom ne vous défendra. J'ai des relations au sein de l'association locale des avocats, voyez-vous. Vous aurez un avocat tellement incompétent qu'à côté, même vous, vous aurez l'air doué. »
Ma vue se flouta quelques instants. Je ne me sens pas très bien… Je passais ma main sur mon visage tandis que la porte du bureau de White s'ouvrit en fracas. L'inspecteur Tektiv se tenait dans l'encadrement de la porte.
-« Inspecteur Dick Tektiv au rapport, Monsieur ! cria l'arriviste. Aha ! Defès ! Poil Defès ! » hurla l'homme en pointant vers moi un doigt accusateur.
Cet homme m'exaspère. Je soupire.
-« Wright, en fait. Phoenix Wright. Et mon ami s'appelle « Paul »… »
-« Oh, ouais ! Désolé, mon gars ! ria Tektiv. Defès, c'est ce meurtrier, c'est ça ? »
-« Inspecteur Tektiv, le coupa White. Je vous présente le meurtrier de Mlle. Mia Fey ! »
-« C-Comment ?! »
-« Mettez cet individu méprisable sous les verrous. Adieu, M. Wrong ! »
Avant que je puisse dire quoi que ce soit, les policiers accompagnant l'inspecteur Tektiv me saisissent par les bras et m'entraînent hors du bureau sous le regard moqueur de White. Dans la voiture qui m'emmène au poste, Tektiv reste silencieux et me jette quelques regards, à la limite de la gêne.
-« Inspecteur ? Tout va bien ? »
-« Vous… Vous l'avez tué ? Mlle. Mia Fey, c'est vous qui l'avez tué ? »
Je regarde Tektiv avec un regard compatissant. Il n'est pas bien malin mais il a l'air d'avoir bon cœur.
-« Je ne vous demande pas de me croire, mais ce n'est pas moi qui l'ai tué, je peux le jurer sur tout ce que j'ai de plus cher au monde. De toute façon, mon objectif était de sauver Maya d'un sort qu'elle ne mérite pas. Maintenant que White m'accuse moi, ils vont surement la relâcher. C'est tout ce qui compte. »
L'inspecteur Tektiv me dévisagea puis hocha la tête.
-« Vous savez, je sais que M. White n'est pas vraiment quelqu'un de fréquentable. Je ne suis peut-être pas un très bon inspecteur, mais je ne suis pas totalement stupide, je sais qui on peut croire ou non. Et… Je pense que je peux vous croire. »
-« Merci Tektiv. »
Une fois arrivés au poste, les policiers m'ont mis en cellule. C'était ma première nuit en prison, et ce n'était pas spécialement agréable. Dire que Maya a passé presque une semaine ici…
Centre de détention, Parloir - 8 septembre, 15h37
Je n'arrive pas à croire qu'il ne soit écoulé qu'un jour depuis le premier procès. Mon procès commence demain. White va me tendre un piège. Et l'accusation sera dans le coup, bien entendu. Hunter compris. Ce matin, un avocat m'a été désigné d'office. J'ai refusé. J'ai eu une idée.
Ils m'ont conduit au parloir, même si je ne sais pas trop pourquoi.
-« … Wright ? … Phoenix ! »
Je sursaute en levant les yeux. Maya est de l'autre côté de la vitre, un sourire triste aux lèvres.
-« Oh, Maya ! C'est génial, ils vous ont libérée. »
-« Oui, juste à l'instant. C'est grâce à toi. »
-« Ah, c'est normal. Mais j'ai bien peur que nous ayons échangé nos places. »
-« Comment ils ont réussi à t'enfermer ici ? »
J'ai soupiré et puis j'ai tout expliqué à Maya, tout ce qu'il s'était passé. Au fil de mes paroles, je voyais son visage se décomposer. Elle semblait aussi triste que la première fois où je l'ai vue. Elle me faisait pitié mais j'était heureux de la savoir sortie d'affaire.
-« C'est pas possible, murmura-t-elle. Combien de personnes cet homme va-t-il encore détruire ?! Ma mère… Ma sœur… Et maintenant toi ! C'en est trop ! Phoenix, dis-moi s'il y a quoi que ce soit que je puisse faire ! »
Je souris. Son regard triste s'est transformé en regard de détermination. Elle semble prête à faire n'importe quoi pour m'aider. Cette fille est vraiment admirable.
-« Hmm… Vous pourriez peut-être venir m'encourager au tribunal ? Demain ? »
-« T'encourager… ? Tu veux dire… Comme une pom-pom girl ? »
-« Hein ? Heu… Oui, comme ça. »
-« D'accord ! Je m'en charge ! »
-« Ah ? »
-« Je vais aller m'acheter une jupette et des pompons ! »
Elle commence à se lever et se diriger vers la porte du parloir en courant. Ne pouvant pas la retenir par le bras, je l'appelle.
-« Maya ! Attendez ! »
-« Quoi ? »
-« Je plaisante ! C'était une blague ! »
-« Hein ? »
-« Non, vraiment, je plaisantais. Mais merci, c'est bon de savoir que vous êtes de mon côté. »
Et de toute façon, il n'y a vraiment rien qu'elle puisse faire pour moi…
-« Mais… Mais je ne peux pas rester là et attendre les bras croisés ! cria Maya en se rasseyant. Je vais aller dire ses quatre vérités à ce type ! »
-« S'il n'y en avait que quatre… Mais si ça peut vous soulager… Puis vous viendrez au tribunal demain ? »
-« B-Bien sûr ! Je serai là ! bégaya-t-elle en rougissant. Je leur montrerai un ou deux trucs ! »
Nous sommes entrés dans un nouveau millénaire, mais rien n'a changé concernant le crime. En fait, les choses ont même empiré. Finies les procédures juridiques interminables. Il y a quelques années, les procès de première instance ont été limités à trois jours. La plupart sont bouclés en un jour. Principalement avec une condamnation de l'accusé. Je n'aurais cru qu'un jour je me retrouverais moi aussi dans le box des accusés. Demain, le véritable coupable comparaîtra en qualité de témoin. Et demain, ça sera lui ou moi, pas d'autre option possible !
Tribunal fédéral, Salle des accusés n°1 - 9 septembre, 9h52
Je suis conduis au tribunal en étant étroitement surveillé par deux policiers. Maya réussi à me suivre jusqu'ici, j'ignore comment elle en a eu l'autorisation. Mais je suis heureux qu'elle soit ici.
-« Bon ! dit-elle. Je crois qu'on y est ! »
-« Ouaip. D'une façon ou d'une autre, cette affaire sera réglée aujourd'hui. »
Le sourire de Maya s'efface quand elle pose ses yeux sur la personne qui se tient juste derrière moi.
-« P-Phoenix… Regarde. »
Surpris, je me retourne. Effectivement, il y a de quoi être surpris. Face à moi se tient Benjamin Hunter, son regard dur plongé dans le mien.
-« J'ai reçu un coup de fil du bureau du Procureur Général hier soir. » lâche-t-il sans autre formalité.
-« Hein ? »
-« Il m'a dit que, quoi que dise M. White aujourd'hui, ce sera la « stricte vérité ». Vous pouvez toujours tenter d'attaquer son témoignage, si j'émets une objection, je crois en tout bonne foi que le juge m'écoutera. »
-« Alors White a aussi le juge dans sa poche… Donc, d'après ce que vous dites, je vais être déclaré coupable, c'est ça ? Point final ? »
Le regard de Hunter se fait plus dur encore.
-« Je ferai tout pour obtenir mon verdict, Wright. Absolument tout. » souffle-t-il.
-« Hey ! crie Maya, excédée. Pourquoi faites-vous ça ?! Comment osez-vous martyriser un innocent de la sorte ?! »
-« « Innocent » ? répéta Hunter en regardant Maya. Comment pouvons-nous en être sûrs ? Les coupables ne diront jamais la vérité, de peur d'être démasqués. Impossible de dire qui est coupable et qui est innocent. Que chaque accusé soit reconnu « coupable ». Telle est ma devise. »
Je soupire.
-« Hunter… Vous avez changé. »
-« Hein ? lâche Maya en se tournant vers moi. Phoenix… Tu le connais ? »
-« N'espérez aucun traitement de faveur, Phoenix Wright. » reprend Hunter avant de disparaître derrière la porte de la salle sans se retourner.
Je fronce les sourcils. Comment a-t-il pu autant changer en quelques années ? Que lui est-il arrivé depuis tout ce temps ?
-« P-Phoenix… ? » hasarde Maya, soucieuse.
Je lui souris du mieux que je peux.
-« La séance ne va pas tarder à commencer. »
-« Quoi ? Mais… Attends ! Ton avocat n'est même pas encore arrivé ! Il n'est pas… »
-« Je vais assurer ma propre défense. »
-« Quoi ?! »
-« Ok, c'est parti. »
Je me dirige vers la porte de la salle d'audience tandis que Maya m'attrape le bras pour marcher à mes côtés. Aujourd'hui, je fais peut-être le dernier procès de ma courte carrière. Mais je le jure devant Dieu, je ne me laisserai pas faire aussi facilement. White, Hunter, vous pouvez toujours essayer de m'abattre, mais je me battrai jusqu'au bout !
Tribunal fédéral, Salle d'audience n°1 - 9 septembre, 10h00
L'assemblée prend place dans la salle tandis que je rejoins ma place, à la barre de la défense, Maya sur mes talons.
Après avoir attendu le silence, le juge frappe avec son marteau pour attirer l'attention.
-« Je déclare la séance ouverte pour le procès de Monsieur Phoenix Wright. »
-« L'accusation est prête, Votre Honneur. » dit Hunter.
-« La défense est prête, Votre Honneur.
-« M. Wright… souffle le juge. Êtes-vous bien sûr de pouvoir faire ça ? »
-« Oui, Votre Honneur. J'ai décidé d'assurer ma propre défense. »
-« Compris, acquiesce le juge. Très bien. M. Hunter, votre déclaration préliminaire, je vous prie. »
-« Puisque la cour est déjà au courant des détails de l'évènement, dit Hunter, aujourd'hui nous allons entendre un autre témoin du crime perpétré par l'accusé. »
-« Je vois, dit le juge. L'accusation peut appeler son premier témoin. »
Tout ça se passe bien trop facilement ! Le juge n'a même pas demandé à Hunter pourquoi cet individu n'avait pas témoigné avant. C'est comme… Comme s'il savait déjà pourquoi… Hmm… J'imagine que si quelqu'un doit émettre une objection, c'est bien moi !
-« M. Hunter ! Vous devez une explication à la cour ! Pourquoi cette personne n'a-t-elle pas témoigné lors du procès de Mlle. Maya Fey ? »
Hunter hausse les épaules en souriant.
-« Tss… Je suis vraiment navré. M. White est un homme très pris. Et puis, à l'époque, je pensais que seule l'opinion de Mlle. Vril était utile. Encore une fois, je présente mes sincères excuses à la cour. »
-« Parfait, M. Hunter, acquiesce le juge. J'apprécie votre comportement. »
Super… Lui il fait le beau et moi, je fais du sur place !
-« Je souhaiterais appeler M. Redd White à la barre. » déclare simplement Hunter.
Les portes de la salle d'audience s'ouvrent, faisant apparaître un huissier suivi de M. White. Ce dernier vient se placer à la barre des témoins, un sourire triomphant sur les lèvres. Il regarde l'ensemble de l'assistance sans poser les yeux une seule fois sur moi.
-« Veuillez indiquer votre identité. » dit Hunter après un petit silence.
-« Vous désirez connaître mon appellation ? » demande White.
Il fait un petit tour sur lui-même avant de montrer les différentes bagues qui ornent ses doigts ainsi que sa longue chaine en or. Cet homme m'exaspère.
-« Euh… Votre nom ? » hasarde Hunter.
-« Oui ! C'est ce que je dis ! Oh mon Dieu ! Mes locutions vous troublent ? »
-« Votre nom ! » enrage Hunter en tapant du poing sur sa barre.
Ces deux-là font vraiment la paire…
-« Mon nom est Redd White. Mais mes amis m'appellent Blanco Nino. Je suis le PDG, ou pour parler plus vulgairement, le Président de la société Bluecorp. »
-« Connaissiez-vous la victime, Mlle. Mia Fey ? » demande Hunter.
-« Négatif, monsieur ! Non, je ne la connaissais pas ! »
-« … Vous étiez à l'hôtel Gatewater le soir du meurtre ? »
-« Exact. »
-« Et vous avez assisté au meurtre depuis votre chambre ? »
-« Ahem. Pourquoi poser des questions dont vous connaissez déjà la réponse ? »
-« Très bien, M. White, dit le juge. Vous pouvez commencer votre témoignage. »
Si je ne parviens pas à démonter le témoignage de ce type, je suis fichu. J'ai toujours la sensation que c'est la fin du monde et que je suis le seul survivant !
-« Oh oh oh, rit White en me regardant. J'espère pour vous que vous avez fait la paix avec Dieu, M. L'Avocat ! »
Grr…
-« Laisse-le dire, Phoenix. » souffle Maya en posant sa main sur mon épaule.
Je ne saurai dire pourquoi mais la voir à côté de moi me rend nostalgique. J'ai l'impression d'être à mon premier procès, avec Mia près de moi pour me guider…
-« Voyons voir, commence White. C'était environ 21h, je crois. Je compulsais tranquillement… pardon, je « lisais » le journal près de la fenêtre, quand j'ai entendu un chahut terrible au dehors ! Surpris, je me suis tourné vers l'immeuble d'en face. Et là, je l'ai vu : un homme coiffé avec des piques agressant une femme aux cheveux longs. Inutile de vous dire que cet homme n'était autre que vous, M. L'Avocat ! J'ai tout de suite appelé Mlle. Vril. Elle aussi était totalement médusée, bien entendu. La victime a… Elle a voulu s'enfuir, mais vous lui avez couru après ! Après, il y a eu un terrible impactage ! Puis c'était terminé… »
-« Hmm… souffle le juge. Si tout s'est passé comme vous le dites, j'ai bien peur que l'accusé soit coupable. Très bien, accusé… Euh, je veux dire, M. Wright, votre contre-interrogatoire. »
-« Oui, Votre Honneur. M. White, pourriez-vous éclaircir la fin de votre témoignage ? Vous dîtes que j'ai couru après Mlle. Mia Fey alors qu'elle essayait de s'enfuir ? Pourriez-vous être un peu plus précis ? Je pense que cela vaut la peine de savoir ce qui s'est exactement passé. »
-« Bien sûr ! Capito ! Je comprends ! déclare White. La victime a été agressée, par vous-même, puis s'est enfuie vers la gauche. Vous l'avez poursuivie puis assommée. »
-« En êtes-vous certain ? » demande Hunter.
-« Je vous l'ai dit, dit White avec un sourire suffisant, je suis toujours abso-posi-lument parfait ! »
Bien, c'est ma chance.
-« OBJECTION ! M. White, vous venez de signer votre arrêt de mort ! »
-« Pardon ?! »
-« Vous dites que la victime s'est enfuie « vers la gauche ». Or, le témoignage de Mlle. Vril affirme exactement le contraire ! Elle a certifié avoir vu la victime s'enfuir « vers la droite ». »
-« Oh oh oh. C'est très simple. Vous avez mal entendu ce qu'elle a dit. »
-« Je ne pense pas. Regardez ce plan. »
Je tends devant le moi le plan du bureau pour clarifier mes explications.
-« L'assassin se trouvait au centre de la pièce, face à la fenêtre, et la victime face à lui. Si, comme vous le dites, la victime s'était enfuie vers la gauche, elle se serait précipitée du côté opposé à la porte, pour foncer droit vers un mur ! Vous ne trouvez pas ça étrange ? »
-« Hein ?! Ah. Hem… Oui c'est très étrange… Je l'ai bel et bien vue s'enfuir vers la gauche, j'en suis sûr. »
Maya s'approche de moi pour chuchoter à mon oreille.
-« Phoenix, regarde son visage. Je n'ai pas l'impression qu'il mente cette fois. »
-« C'est vrai. »
Peut-être qu'il l'a vraiment vue s'enfuir vers la gauche. Mais alors ça veut dire qu'il aurait assisté au meurtre… Une petite minute !
-« M. Wright ? » interroge le juge, étonné de ne pas m'entendre reprendre la parole.
-« Oui, Votre Honneur ? »
-« Mlle. Vril dit « droite », M. White dit « gauche ». Pouvez-vous expliquer cette contradiction à la cour ? »
Je connais la vérité, je sais ce qu'il s'est passé et je sais ce que cet homme a fait. Mais je ne dois pas brûler les étapes. Si j'abats mes meilleures cartes maintenant, je risque de me retrouver coincé plus tard… Je dois ruser.
-« Je dis que les deux témoins disent la vérité. »
