-« Ah ! lance Hunter. Alors ça j'en doute. Euh, enfin, cela n'empêche pas la contradiction ! » se reprend Hunter en jetant un regard à White.
-« Il n'y a qu'un seul scénario susceptible d'expliquer leurs versions divergentes. »
-« Quoi ?! »
-« De toute évidence, le témoin n'a pas assisté au crime depuis l'hôtel ! »
-« Que voulez-vous dire M. Wright ? » demande le juge.
-« Oui, que voulez-vous dire par il n'a pas « assisté au crime depuis l'hôtel » ? demande Hunter. S'il ne se trouvait pas à l'hôtel, alors où était-il ? »
-« Dans le cabinet d'avocats Fey & Co, bien entendu ! »
-« Pardon ?! » demande le juge.
-« Si on part du principe que les deux témoins disent la vérité, il ne nous reste pas beaucoup d'option… Tout est une question de point de vue, voyez-vous ? »
-« Alors, dites-nous Wright, dit Hunter. Si M. White était bien sur la scène de crime au moment du meurtre, où se trouvait-il exactement ? L'assassin l'aurait repéré même si le témoin s'était caché ! »
-« Oui enfin à part si le témoin est lui-même l'assassin ! Dans ce cas-là, aucun risque n'est-ce pas ? »
-« S'il vous plait ! L'heure n'est pas aux plaisanteries de mauvais goût ! »
-« M. Wright ! coupe le juge. Vous insinuez… »
-« V-Vau-Vaurien ! » crie White.
-« OBJECTION ! crie Hunter. Les déclarations de la défense sont une déformation de la réalité, Votre Honneur ! »
-« En effet, répond le juge. Cela parait un peu tiré par les cheveux. »
White me regarde avec un sourire mauvais.
-« Oh oh oh. Vous êtes une telle source de divertissement, M. L'Avocat ! »
Quoi ?! Il rigole ?
-« L'hilarité du moment me rappelle quelque chose, reprend White. Il semblerait que je n'ai pas été très clair… M. Votre Honneur, m'autorisez-vous à témoigner une nouvelle fois ? »
-« Très bien, entendons votre nouveau témoignage » dit le juge en hochant la tête.
Bon courage, mon pote ! Corriger un mauvais témoignage, ça relève de l'impossible !
-« Le témoignage de Madame Vril est correct, dit White. Et le mien aussi ! Lorsque vous vous êtes jeté sur la fille, elle a d'abord couru vers la gauche. Vous l'avez alors frappée sauvagement ! C'est ce que moi j'ai vu. Ensuite, en rassemblant ses dernières forces, elle a couru vers la droite. Vous l'avez poursuivie et lui avez asséné le coup de grâce. C'est ce que Madame Vril a vu. Vous comprenez ? Vous l'avez frappée deux fois ! Vous ne vous en souvenez pas, M. L'Avocat ? »
-« Hmm… Cela me parait cohérent. Souhaitez-vous interroger le témoin, M. Wright ? »
-« Tu parles si je veux ! Heu… Je veux dire, oui, Votre Honneur.
J'ai l'impression que tout le monde a la mémoire courte ici…
Je sors le rapport d'autopsie de Mia du dossier de l'affaire et le montre à White.
-« Savez-vous ce que c'est, M. White ? »
-« Un morceau de papier inutile que vous gardez avec vous ? »
-« Ceci est la preuve que vous mentez. C'est le rapport d'autopsie de Mlle. Mia Fey. Il est écrit noir sur blanc que la victime n'a reçu qu'un seul coup. »
-« … ! »
-« Qu'est-ce que vous avez à répondre à ça ? »
-« Euh… Argh… »
C'est le moment de frapper là où ça fait mal !
-« M. White, n'avez-vous pas dit à la cour que vous étiez « abso-posi-lument parfait » ? »
-« Tss… Je m'abstiendrai de la dire à l'avenir.
-« Votre Honneur, pouvez-vous demandez au témoin de redonner sa déposition sur… »
-« OBJECTION ! crie soudain Hunter. Le témoin est manifestement troublé, Votre Honneur ! Je demande une suspension d'audience de 10 minutes ! »
-« Oui… Oui, tout à fait. » répond le juge.
Non non ! Hors de question de relâcher la pression !
-« OBJECTION ! Le témoin est troublé parce qu'il ment ! Je demande expressément qu'il n'y ait pas de suspension d'audience, Votre Honneur ! »
Le public se met à devenir bruyant. J'entends des « Ouais ! Que justice soit faite ! » ou « Ne le laissez pas s'en sortir comme ça ! ».
Ouais ! C'est bon de sentir soutenu ! Je me sens mieux !
Le juge frappe avec son marteau pour demander le silence.
-« Très bien. Si le témoin veut bien revenir sur son témoignage. »
J'ai la salle avec moi ! Tu n'as plus aucune chance de t'en tirer, White !
-« O-Ok… bégaye White. Euh, alors, voyons… Je regardais l'autre fenêtre quand j'ai entendu cette chose tomber. Ensuite, l'instant d'après, j'ai vu Mlle. Mia s'enfuir en courant vers la gauche ! Le meurtrier, enfin, vous, vous l'avez attaquée… Mais elle a réussi à esquiver le coup. Hmm… Et ensuite… Elle s'est retournée et a couru vers la porte ! C'est là que vous lui avez fait la peau ! Un seul coup a suffi ! Paf ! »
-« Hmm… souffle le juge. « Paf », en effet. Très bien. M. Wright, vous pouvez commencer votre contre-interrogatoire. »
-« M. Votre Honneur, dit White. Mon ventre, j'ai mal… »
Tss… Bien essayé.
-« Faites avec. C'est presque terminé. »
-« … ! »
-« Je voudrais revenir sur le début de votre déclaration. Vous avez entendu cette « chose » tomber ? Qu'est-ce que c'était exactement ? »
-« Ah ? Oh… Oh ça ? Euh… Le lampadaire en verre ! »
Ok, celui qui est tombé sur la scène de crime.
Maya tira sur ma manche.
-« Phoenix ! Il n'y a rien là-dedans qui te semble bizarre ? »
-« Si. Il y a quelque chose qui me chiffonne là-dedans. Je vais continuer dans cette voie. »
Je reprends la parole.
-« M. White… »
-« Quoi ? »
-« Vous êtes en train de dire que vous avez vu ce lampadaire en verre ? »
-« O-Oui. Oui ! J'ai vu un lampadaire par terre ! »
-« OBJECTION ! M. White, vous ne pouviez absolument pas avoir vu ce lampadaire avant ! »
-« Quoi ?! »
-« Le lampadaire s'est brisé en mille morceaux lorsqu'il est tombé au sol ! »
-« … ! »
-« Les éclats de verre seuls ne vous auraient pas permis de savoir que c'était un lampadaire ! Alors, dites-moi, quand exactement aviez-vous vu ce lampadaire ? Répondez à la question ! »
-« N-N'est-ce pas évident ? J'ai vu ce lampadaire avant qu'il ne tombe ! »
-« Donc… Vous l'avez vu avant que la victime ne soit attaquée ? »
-« E-Exact ! C'est bon, no problemo ? »
Je hoche négativement la tête.
-« Il y a un gros problemo, euh, un problème, je veux dire. »
-« Quel problème ? »
-« M. White, laissez-moi vérifier si j'ai bien compris… Vous avez vu le lampadaire par la fenêtre, depuis l'hôtel… Avant que ne se produise l'incident, donc ? »
-« Exact ! C'est ça ! C'est probant, définitif, indéniable, incontestable ! »
-« Non, c'est impossible ! Vous n'avez pas pu voir ce lampadaire ! »
-« Quoi ? Et pourquoi ? demande le juge. Vous pouvez le prouver ? »
-« Oui, je peux le prouver, Votre Honneur. Depuis l'hôtel, il était impossible de voir le lampadaire avant qu'il ne tombe car il est invisible depuis la fenêtre ! »
-« Invisible ?! » crie White.
-« Il était contre un mur, le même mur que celui de la fenêtre. »
Je montre le plan du cabinet pour appuyer mes propos.
-« Vous voyez ? Depuis l'hôtel, il était impossible de voir le lampadaire avant qu'il ne tombe ! »
Le juge acquiesce tandis que je reprends.
-« Alors M. White ? Que pouvez-vous répondre à ça ? »
-« Euh… Argh ! Ri… Dicu… Losité… »
-« M. White. Si vous vous trouviez à l'hôtel Gatewater, comme vous l'avez affirmé, vous ne pouviez pas voir le lampadaire avant qu'il ne tombe ! En fait, même après sa chute, vous ne pouviez pas le voir ! Et jamais vous n'auriez pu deviner que les éclats de verre provenaient d'un lampadaire ! Donc, M. White, quand avez-vous vu ce lampadaire ? Certainement au moment où il est tombé ! Et le seul endroit d'où vous pouviez le voir, c'était du cabinet Fey & Co ! En d'autres termes, vous étiez sur les lieux du crime lorsque le meurtre a eu lieu ! »
White pâlit a vu d'œil. La salle s'émeut à nouveau sous mes paroles et le juge est obligé de demander le silence en tapant avec son marteau.
-« M. White ? » demande le juge en voyant White se décomposer.
-« … »
À moi de reprendre j'imagine.
-« M. White. »
-« … »
-« Vous avez commis ce meurtre, n'est-ce pas ? »
-« … M. Votre Honneur. Je… Je… Mlle. Mia… … »
Hé hé ! On dirait que le verdict va bientôt tomber !
-« OBJECTION ! crie Hunter. Trop, c'est trop Phoenix Wright. »
-« Quoi ?! »
Il était tellement silencieux que je l'avais presque oublié celui-là !
-« M. White. » souffle Hunter.
-« … »
-« Je pense que le moment est venu. Il serait grand temps d'avouer, maintenant, hmm ? »
-« Qu-Quoi… ? » bredouille White.
-« J'ai dit que vous devriez avouer votre crime, dit Hunter en haussant les épaules. Par conséquent, avouer que vous avez placé le téléphone sur écoute. »
L-Le téléphone ? Sur écoute ?
-« M. Hunter ! dit le juge. Expliquez à la cour ce que vous entendez par là ! »
Hunter prend un sourire mauvais et désigne toute la salle d'un large mouvement de bras. Il fait beaucoup trop de cérémonie à mon goût…
-« Membres honorables de cette cour, dit Hunter avec un ton supérieur. M. White s'est légèrement embrouillé. Laissez-moi vous expliquer. »
Je n'aime vraiment pas la tournure que prennent les évènements…
-« Comme vous le savez, M. White est le PDG de Bluecorp, poursuit Hunter. Il a demandé à sa secrétaire, Mlle. Masha Vril, de placer le cabinet de Mlle. Fey sur écoute. »
-« Quel est le rapport avec notre affaire ? » demande le juge.
-« Votre Honneur. La question est : quand le téléphone a-t-il été mis sur écoute et par qui ? »
Non… Il n'oserait pas !
-« M. White, dit Hunter. Pour mettre le téléphone sur écoute, vous avez pénétré dans le bureau de Mlle. Fey. N'ai-je pas raison ? »
White se redresse soudainement, son teint reprenant ses couleurs.
-« … ! O-Oui ! Vous avez parfaitement raison, Benjamin ! »
Je rêve, c'est pas vrai !
-« Oui… souffle White. Pour le placer sur écoute, je me suis introduit dans les locaux de Fey & Co ! C'est à ce moment là que j'ai vu ce maudit lampadaire ! »
-« Je ne vous suis pas, dit le juge, perplexe. Veuillez expliquer à la cour ce que cela signifie, M. Hunter ! »
-« Avec plaisir, Votre Honneur, répond Hunter. M. Phoenix Wright l'a démontré assez clairement. Il a prouvé que M. White savait qu'il y avait un lampadaire en verre dans le bureau. Il a affirmé que le seul moment où M. White a pu voir ce lampadaire, c'était au moment du meurtre ! Et donc, M. Wright voudrait que vous pensiez que M. White est le meurtrier. »
-« Je vois. » dit le juge.
-« Cependant ! continue Hunter. Il est de fait que M. White s'est rendu dans ce bureau bien avant le meurtre ! Il y est allé pour mettre le téléphone sur écoute ! Il a pu voir le lampadaire en verre à ce moment-là. Par conséquent, la théorie de M. Wright brille par son absence de fondements ! »
Le juge regarde White avec un regard dur.
-« M. White ! Je vous demande de témoigner devant la cour au sujet de cette mise sur écoute ! »
-« Ahem, je m'en charge ! » réplique White.
Je… Je crois bien que je vais m'évanouir…
-« C'était début septembre, commence White. Une semaine avant le meurtre. J'étais entré dans le cabinet Fey & Co. Bien sûr, c'était pour mettre le téléphone sur écoute ! C'est là que j'ai vu le lampadaire en verre ! »
-« Hmm… dit le juge. Donc, vous aviez vu le lampadaire avant la nuit du meurtre… Et c'est pour ça que vous avez pu déterminer ce qui était tombé ? Au bruit ? »
-« Exact ! répond White avec un sourire. C'est tout à fait ça ! »
-« Je vois. Très bien, M. Wright, vous pouvez procéder au contre-interrogatoire. »
Argh ! Qu'est-ce que je fais maintenant ?!
-« Phoenix… » souffle Maya.
Je la regarde avec un faux sourire. Mes mains tremblent, ainsi que ma voix.
-« O-Ok… Euh… Vous dites que vous vous êtes introduit dans le cabinet début septembre. V-Vous pouvez le prouver ? »
-« OBJECTION ! lance Hunter. Mlle. Masha Vril connaissait les détails de la conversation téléphonique de Mlle. Fey ! Cela prouve que le téléphone a été mis sur écoute avant le meurtre ! »
-« Argh ! Euh… C'est pas faux. Bon… Ensuite vous dites être entré dans le cabinet. Est-ce vraiment vous qui êtes allé dans le bureau ? Ou est-ce que c'était Mlle. Vril ? »
-« OBJECTION ! me coupe de nouveau Hunter. Des empreintes digitales non identifiées et bien antérieures au meurtre ont été retrouvées. Elles appartiennent manifestement à M. White. »
Tel que je connais Hunter, il a déjà dû vérifier ces empreintes…
-« Poursuivons… Pourquoi avoir mis Mlle. Fey sur écoute ? »
-« OBJECTION ! crie encore Hunter avec un sourire mauvais sur les lèvres, manifestement amusé par les événements. Cela ne concerne pas l'affaire en cours, Votre Honneur. »
-« Bluecorps est une agence de détective, en quelque sort, ajoute White. Nous avons pour principe de respecter l'anonymat de nos clients ! »
Après réflexion, peut-être que je vais réellement commettre un meurtre finalement ! Il y a deux personnes très bien placées sur ma liste !
-« M. White, vous vous souvenez avoir vu le lampadaire en verre en vous étant introduit dans le cabinet. Pourquoi avoir remarqué quelque chose d'aussi insignifiant qu'un lampadaire ? »
-« Ce lampadaire était entièrement en verre, répond White. Il était plutôt chic, je pense qu'il m'a marqué. Une chose aussi bellissima mérite de l'attention, non ? C'est tout. »
Bon sang ! Il n'y a rien qui me permette de lui mettre la pression ! Oh et puis… peut-être qu'il est suffisamment paniqué pour que je l'aie au bluff !
Je tente de dire quelque chose mais Hunter me coupe.
-« Tss… J'ai bien peur que vous ne puissiez pas aller plus loin, M. Wright. L'heure est venue de vous avouer vaincu ! Vous vous êtes défendu de façon… honorable.
Je regarde l'assistance avec effroi. C'est terminé… Je ne peux plus rien faire…
-« M. Wright ? m'interpelle le juge. Vous abandonnez ? »
Je… Je ne peux plus rien faire… Je suis complètement bloqué ! Moi qui croyais pouvoir mettre fin aux agissements de cet homme, je me suis bien fait avoir. Maya me jette un regard désespéré, des larmes perlant au coin des ses yeux. Je ne peux pas la regarder plus longtemps. Je réponds au juge d'une voix tremblante.
-« O-Oui, Votre Honneur. »
Phoenix !
Hein ?
Phoenix ! Par ici !
Je connais cette voix ! … M-Mia ?!
Je tourne la tête vers Maya. Assise à côté de moi, il y a une jeune femme. Mais cette femme ce n'est pas Maya ! Un costume noir reconnaissable entre tous, une mèche de cheveux par-dessus l'oreille et un regard dur impossible à imiter. C'est Mia ! Mia !
-« N'abandonne jamais, Phoenix. » dit-elle
Trop d'informations affluent dans mon cerveau, je sens mon sang bouillir dans mes veines, l'air devenir bien trop rare pour mes poumons du fait de ma respiration rapide, bien trop rapide. Des sueurs froides parcourent mon dos. Incapable de dire un seul mot, je sens mes jambes céder à cause du choc. Je tombe à la renverse, évanouis.
Je ne sens plus rien, comme si je n'avais plus de corps.
Il fait si noir, où suis-je ?
J'ouvre difficilement les yeux. La lumière de la pièce vient m'aveugler. Je suis allongé sur un canapé dans la salle d'attente. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
…
Ah oui. J'ai perdu le procès. Et j'ai eu une hallucination.
…
J'entends des pas s'approcher de moi. Une femme de toute évidence au bruit que font les chaussures sur le sol. Maya ? Je lève la tête quand les pas s'arrêtent à quelques centimètres de moi.
-« Tu es enfin réveillé. »
Je pousse un cri d'effroi en reculant le plus possible sur le divan. Mia ! Encore ?! Je me recroqueville sur moi-même, cachant ma tête dans mes bras. Fou ! Je suis devenu complètement fou !
-« Hé ! Phoenix… « Aaaaah » ? C'est comme ça que tu accueilles une vieille amie ? »
Je ne réponds pas.
-« Phoenix, je veux que tu me regardes. »
Je sens sa main glisser le long de mon menton pour me tourner la tête. J'ouvre les yeux. Mia… Non ? Maya ? Cette femme porte les habits de Maya mais ce n'est pas Maya ! Non c'est Mia… dans le corps de Maya.
-« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
-« Ne sais-tu pas que les femmes de la famille Fey ont de grands pouvoirs surnaturels ? »
Je regarde Mia, d'un œil circonspect.
-« Lorsque tu as admis ta défaite au tribunal, continue Mia, cela a entrainé un choc tel à Maya que ses véritables pouvoirs se sont réveillés. »
-« Donc… … Mia parle au travers de vous, Maya ? »
-« C'est exact. Je suis Maya, mais également Mia. »
Mia attrape ma main pour me faire lever.
-« Maintenant, je veux que tu m'écoutes, Phoenix. Maya n'a jamais abandonné. Toi non plus, tu ne peux pas ! C'est ce que je suis venue te dire. »
-« … ! M-Mais… ! »
-« Nous n'avons pas beaucoup de temps, Phoenix. Maintenant, écoute. Tu as déjà gagné. »
-« Hein ? »
-« Tu as ce reçu qui figure dans le dossier de l'affaire, n'est-ce pas ? »
-« Euh… Oh, oui ! Celui sur lequel vous avez écrit « Maya » ? »
-« Phoenix ! C'est White qui a écrit ça, pas moi ! »
-« Et… Qu'est-ce que je dois en faire ? »
-« Tu n'as pas regardé la preuve sous tous ses angles ! Regarde au recto du verso ! »
-« Le… recto ? »
Sans comprendre, je sors le morceau de papier du dossier de l'affaire. Pour ne pas être détérioré, il a été placé dans une petite pochette ne plastique. Je le prends entre mes mains. Au verso, il y a bien les lettres de sang traçant le prénom « Maya » mais j'avoue ne pas avoir eu la curiosité de regarder le recto de ce reçu. Je retourne le morceau de papier et commence ma lecture.
-« C'est un reçu tout ce qu'il y a de plus banal… »
Je regarde Mia. Sous son regard froid, je continue mon observation.
-« Euh… On dirait que ça vient d'un grand magasin connu. « 1 000 euros » ! Wouah, sacrée dépense, hein ? »
-« Arrête de faire l'imbécile. » lance sèchement Mia.
-« « Article »… « Lampadaire en verre ». … ! Hey mais… ! « Date d'achat : 4 septembre » ! 4 septembre ?! »
-« C'est exact, Phoenix. J'ai acheté ce lampadaire la veille de mon assassinat. »
-« Whouah ! »
-« Or qu'a dit M. White dans son témoignage ? »
-« Il a dit qu'il avait vu le lampadaire une semaine avant le meurtre… »
-« Tu y es ! Je crois que l'audience va reprendre. Vas-y, Phoenix ! Tu sais que tu es innocent, tu n'as plus qu'à le prouver. »
-« Oui… »
J'acquiesce en souriant.
Je sais ce qu'il me reste à faire.
