ATTENTION ! Propos homophobes dans ce chapitre


Harry venait d'arriver à Pré-au-Lard par transplanage, au niveau de la Cabane Hurlante. Il avait rendez-vous aux Trois Balais avec Remus avant de retourner à l'école. Alors qu'il commençait sa traversée du village, il fit le point sur les événements récents.

Ainsi, la loi du Ministère l'avait séparé de l'homme qu'il aimait juste pour le remettre avec lui. En même temps, vu que la puissance magique était l'un des critères de sélection, il n'y avait pas beaucoup de choix restant pour l'un comme pour l'autre. Sauf éventuellement Dumbledore... en parlant de lui, il n'avait reçu aucun hibou en début de semaine ?! Or il est censé être un célibataire endurci !

- Très intéressant, fit une voix familière dans sa tête

- Eh ! répondit mentalement Harry. Je ne t'ai pas autorisé à venir fouiller dans ma tête !

- Je ne savais pas que j'avais besoin d'une autorisation. Après tout, les époux ne sont-ils pas censés tout partager ? lui répondit Tom avec humour

- Nous ne sommes pas encore mariés, Tom.

- Nous n'avons pas besoin de l'être pour commencer déjà à tout partager.

Puis soudain, une réalisation se fit dans l'esprit d'Harry. Tom ayant changé son nom, il n'avait pu savoir qu'il serait son lié lors de la lecture de la lettre ministériel. Cependant, même avec l'ajout du nom de Black, son identité à lui restait reconnaissable entre mille. Ce qui voulait dire que Tom était au courant depuis lundi. Depuis 6 jours, il aurait pu le contacter et le rassurer...

- J'aurais pu. Mais si je l'avais fait, je n'aurais pas obtenu une si belle réaction de ta part.

- ESPÈCE DE...

- Rappelle-toi de l'alinéa numéro un du contrat de promesse et de fiançailles, Harry. Les promis ne devront en aucun cas se dénigrer l'un l'autre en public.

- Je t'insulte dans ma tête ! Là où tu n'es pas censé être !

- Mais si je ne me trompe, tu es actuellement à Pré-au-Lard, dans une rue passante. Donc tu es dans un lieu public, avec du public..., le taquina Tom

- JE VAIS TE TUER !

- Alinéa numéro deux, Harry. Le comportement de chaque promis ne doit, en aucun cas, porter atteinte à l'image, à l'honneur et à l'intégrité de l'autre et de sa lignée. Me tuer porterait atteinte à mon intégrité physique et à celle de ma lignée.

- AAARRRGGG !

Harry entendit alors Tom rigoler dans sa tête. La colère du jeune homme retomba néanmoins rapidement. La présence du Seigneur des Ténèbres dans son esprit lui avait manqué. Terriblement.

- Toi aussi, tu m'as manqué.

- J'espère bien. Comment tu as fait pour changer de nom et récupérer un titre par-dessus le marché ? Et cela, sans alerter le Ministère ou l'Ordre du Poulet Barbecue.

- Ceci, Lord Potter-Black, est une discussion pour notre premier rendez-vous en tête-à-tête.

- On ne l'a pas programmé.

- C'est vrai... Cela me donne une parfaite excuse pour t'envoyer une lettre sous le nez de Dumbledore alors.

Harry pouvait très bien imaginer le sourire démoniaque que devait arborer le visage de Tom.

- J'aurais plutôt dit un sourire machiavélique mais démoniaque me va également. La personne que tu vas rencontrer, c'est le loup ?

- Si tu parles du dernier des meilleurs amis de mon père encore en vie, à savoir Remus Lupin, oui c'est lui que je vais voir. Il me considère comme son louveteau.

- Ravis de l'apprendre. Je te laisse à ton rendez-vous, mon Gryffon adoré.

Harry arriva alors devant les Trois Balais. Il repéra rapidement Remus, assis à une table près des fenêtres.

- Remus !

- Harry ! Comment vas-tu ?

- Je vais bien. Très bien même.

- Tu es censé avoir rencontré ton lié aujourd'hui. Mais avant, peux-tu m'expliquer pourquoi il y a environ deux heures, j'ai reçu un patronus faussement inquiet de Dumbledore disant que tu avais quitté le domaine de l'école et qu'il ne savait pas où tu étais ? Je lui ai fait remarquer que tu étais majeur et sans doute au village mais tu connais Albus...

- En fait, depuis l'arrivée de ma lettre, je me suis cachée dans une chambre secrète. Pas celle de Serpentard mais celle de Gryffondor, que j'ai trouvé l'an dernier. J'avais besoin d'être au calme, tu comprends. Bah... cette salle dispose d'une cheminée et je suis partie au Ministère de là plutôt que de ressortir et de me faire moraliser avant d'utiliser la cheminée de McGonagall ou de Dumbledore pour m'être caché pendant une semaine.

- Je me disais bien que c'était un truc de ce genre. En tout cas, tu sais ce qui t'attends tout à l'heure.

- Oh, chic !

- Passons. A quoi ressemble Lord Gaunt ? Quel âge a-t-il ?

- Visuellement, il a dans la trentaine mais j'ai entendu Fudge mentionner qu'il était... plus âgé selon les registres du Ministère. Et physiquement, c'est un Adonis... Je n'aurais pas dit non s'il avait voulu me prendre sur le bureau du Ministre... Est-ce que je viens de dire ça à voix haute ?

- Oui. Et je vais faire comme si je n'avais rien entendu. Quand aurais-je l'occasion de rencontrer cet Adonis avant qu'il te prenne sur un bureau ou tout autre surface ?

- Ça tombe bien ! Il a une réunion avec les parents prévus début Novembre. Et vu que je te considère comme un vieil oncle moralisateur...

- J'ai parfaitement entendu, jeune homme. Mais j'attendrais cette réunion familiale avant de vous mettre mal à l'aise, répondit Remus avec un sourire carnassier. Aller, viens. Je te ramène devant les grilles de l'école.

Remus et Harry quittèrent le pub et se dirigèrent vers l'immense domaine qu'était Poudlard. Une fois devant les grilles, le loup-garou prit le jeune homme dans ses bras avant de le laisser partir. Harry traversa alors le parc tranquillement. Il vit du coin de l'œil le professeur Dumbledore à sa fenêtre, sans doute pour guetter son retour.

- Bonsoir, professeur.

- Bonsoir, mon garçon. N'est-ce pas une belle fin de journée ?

- Si, effectivement.

Puis le vieux sorcier hocha la tête et rentra dans son bureau. Harry n'en doutait pas, le directeur allait chercher à découvrir l'identité de son promis et il fallait sous aucun prétexte qu'il découvre de qui il s'agissait. Non, il le découvrira à un moment ou à un autre. Il fallait plutôt qu'il ne découvre pas la vérité. A savoir qu'il n'était plus du côté de la Lumière et qu'il connaissait parfaitement l'identité secrète de son promis. Le même jeu de dupe que depuis 2 ans, mais au niveau supérieur. Mais ses pensées furent interrompues par l'apparition d'une robe de sorcière en tartan vert en haut de l'escalier.

- Harry James Potter ! Puis-je savoir où vous étiez toute cette semaine ? demanda le professeur McGonagall

- Dans le château, professeur.

- Je le sais bien. Mais où précisément ?

- Dans un endroit où je pouvais être au calme pour réfléchir.

- Je me suis fait un sang d'encre ! Aucun sortilège ne nous permettait de vous trouver ! Êtes-vous aller à votre rendez-vous au Ministère, au moins ?

- Oui, professeur. J'en reviens d'ailleurs.

- Ah... Très bien. Allez dans la salle commune. Je vous épargne ma leçon de morale car je sais que vous allez en recevoir une de Miss Granger. Peut-être qu'elle arrivera à faire entrer quelque chose dans votre caboche d'entêté. Vous êtes bien le fils de vos parents.

Une fois dans la salle commune des Gryffondor, Harry eu à peine le temps de scanner la pièce avant d'être assailli par Hermione.

- Harry, où étais-tu ? On s'inquiétait !

- J'avais besoin de calme. Alors je suis allée dans la Salle sur Demande pendant un moment, mentit-il

- Plusieurs jours, tu veux dire.

Elle l'amena alors dans leur coin habituel, on se tenait déjà Ron. Ils discutèrent des couples formés par la loi. Il fit semblant de n'être au courant de rien et joua parfaitement l'étonné quand il apprit les différents couples de son cercle d'amis. Il eut tout de même du mal à ne pas éclater de rire quand Ron qui annonça que sa sœur devait devenir la maitresse de maison en charge des cachots. Par contre, la réaction de son meilleur ami à la découverte du sexe de son promis lui glaça le dos. Même Hermione n'était pas aussi horrifiée et c'était pourtant d'elle dont il craignait le plus de réactions négatives à ce sujet.

- Tu es lié à un homme ? Ils...ils ont dû foirer leur truc, au Ministère. Tu es Harry Potter ! Tu ne peux pas être dans une relation bizarre et contre-nature ! Est-ce qu'il est...

- Si ta question est de savoir quelle position je devrais remplir dans le couple, sache que Lord Gaunt est plus vieux. D'une bonne quinzaine, si ce n'est pas vingtaine d'années.

- En plus, ils t'enlèvent ta dignité ! Tu aurais pu rester un homme mais à la place... Mec, je te plains. Comme avec...Seamus, on a le même âge à quelques mois près, la coutume voudrait que l'on choisisse qui est qui ou même qu'on intervertisse. Mais il est hors de question que je sois féminisé. D'ailleurs, je n'ai même pas envie de le toucher en mode mâle.

- Je pense que tu n'auras pas trop le choix, Ron, tenta Hermione

- Si ! Tu vas voir, Hermione. Tout va s'arranger. Je ne finirais pas avec Seamus, ni toi avec la fouine, ni Ginny avec la chauve-souris et Harry pourra se trouver une parfaite petite sorcière pour lui faire des enfants. Si tu avais été lié avec Ginny, mec, ça aurait réglé pleins de choses...

Harry s'empressa alors de changer de sujet et parla de Quidditch. Mais les paroles de Ron ne firent que tourner dans sa tête. Une fois dans son lit bien plus tard dans la soirée, Harry ferma les yeux et joua sur le lien avec Tom.

- Oui ?

- Tu m'as demandé le nom des personnes que je voulais que tu épargnes, l'an dernier...

- Je me souviens.

- Je voudrais que tu raye un nom.

- Tu es sûr ?

- Je suis sûr. Ronald Weasley.

- Juste lui ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je voudrais bien enlever Ginny mais comme elle est la liée de...Tu le découvriras bien assez tôt de qui elle est la liée, mais disons que tu ne peux la toucher même si elle est hors de ma liste de protection. Il semble que Ron soit homophobe. Il est lui-même lié avec l'un de nos camarades de classe et je n'arrive pas à savoir qu'est-ce qui le révolte le plus : que je sois lié à un homme ou qu'il soit dans la même situation. Et il a eu une remarque qui me fait penser que son amitié et celle de sa sœur vis-à-vis de moi sont intéressées. Financièrement parlant. Je ne peux plus les considérer comme mes amis ou desservant ma confiance. Et encore moins, ma protection.

Après cette petite discussion mentale, Harry se laisse doucement submergé par le sommeil. L'une de ses dernières pensées avant de sombrer, fut qu'il devait informer le professeur Rogue de l'état d'esprit de certains membres de sa future belle-famille. Il devait bien cela à l'homme qui le protégeait coûte que coûte depuis son arrivée à Poudlard, que cela soit contre des directeurs diabétiques et manipulateurs ou des Mages noirs complètement mégalo.

- Je t'ai entendu, Harry.

La réponse fut un rire mental.