Grégory Goyle était assis dans l'un des fauteuils de la salle commune des Serpentard. Il était censé écrire un devoir d'histoire de la magie mais son esprit était ailleurs. De toute façon, Binns ne leur parlait que des guerres de Gobelins et les familles de Sang-purs avaient depuis longtemps pris les choses en concernant cette discipline.
La loi avait mis le chaos dans la maison. Nombre de ses camarades avaient été reniés par toute ou partie de leurs familles, les laissant démunis juste parce que le Ministère les avait liés avec une personne au mauvais statut sanguin. Comme pour Théodore Nott. Enfin, Théodore Croupton désormais. Il était lié avec Tracey Davis, Serpentard avec un père né-moldu et une mère sang-pur, lointaine cousine des Diggory. Néanmoins, cela n'était pas assez pour le vieux Lord Thanato Nott. Plutôt idiot de sa part, sachant que feu Lady Nott (née Célestine Croupton) était décédée en mettant au monde Théo, qu'il ne s'était pas remarié depuis et que toute la signification derrière le nom de son fils voulait qu'il soit un cadeau de Merlin après presque 20 ans de stérilité. Au final, la lignée des Nott était vouée à disparaitre mais celle des Croupton était ravivé, permettant à Théodore de reprendre le titre. Il était n'était pas le seul à récupérer une condition enviable de la situation mais nulle autre n'était aussi significative.
Le regard de Grégory se posa sur ses amis. Théodore et Tracey discutaient, Daphné lisait une lettre, Pansy semblait subitement intéressée par les généalogies sorcières, Drago était Merlin-sait-où et Vincent mangeait, comme à son habitude. Il enviait quelque peu son meilleur ami, car celui n'avait pas eu à s'inquiéter de la loi. En effet, Lord et Lady Crabbe avait négocié un contrat d'union en béton avec une famille de sang-pur scandinave et dès que la jeune fille avait été pubère, ils avaient réalisé les rites traditionnels de fiançailles. Sachant que la fille avait eu à peine 12 ans à l'époque et Vince 15 ans, il avait trouvé l'histoire assez malsaine sur les bords. Il n'empêche, Vincent pouvait attendre jusqu'à ses 30 ans pour se marier tandis que lui devrait descendre l'allée jusqu'à l'autel dans 3 ans maximum. Avec une fille dont il ne savait rien.
Ah, si : Lavande Brown, Gryffondor, parents sang-mêlés sur 3 générations chacun environ. A pris Divination, Astrologie, Arithmétique, Runes, Sortilèges, DCFM et Métamorphose en ASPIC. Plus grosse commère de l'école.
Il avait cru qu'il allait être renié mais son père avait plutôt bien pris les choses. Du moment qu'elle n'a aucun parent proche moldu en vie, ça allait, avait-il dit.
Il n'empêche qu'il ne savait comment l'aborder. En tant que Gryffondor, elle avait dû apprendre à détester tout ce que portait du vert et de l'argent sur leur uniforme et en tant que Serpent, il avait appris à dédaigner tous les Lions. Il devait trouver une solution et vite. Une réunion était prévue avec les parents mi-Novembre et il était préférable qu'il en ait appris un peu plus sur elle d'ici là.
Lavande se dirigeait en cours de Divination avec Padma et Parvati. Les jumelles pouvaient être ravis de leurs liés : les jumeaux Weasley, l'un des rares exemples de réussite de la famille Weasley qu'il leur avait donné de connaître, à l'exception des 2 aînés qu'elles n'avaient jamair rencontré et de Percy qui avait choisi la facilité avec un poste au Ministère, aussi bien positionné qu'il puisse être. Le père des jumelles étant dans le commerce, il ferait sans doute bénéficier ses beaux-fils de son carnet d'adresse, ce qui leur permettra de développer encore plus leur entreprise.
Elle, elle avait récolté Grégory Goyle, l'un des gardes du corps de Malfoy. Heureusement, il s'agissait du grand baraqué, qui avait au moins l'air d'un homme, et non du petit gros. Il n'empêche que le gars restait l'un des pires élèves de leur promotion. Ses parents avaient essayé de lui faire voir le bon côté des choses. En tant que sang-mêlée, elle pouvait trouver un poste au Ministère sans trop de problème mais elle ne devait pas s'attendre à pouvoir monter bien haut dans la hiérarchie, contrôlée par les vieilles familles. Elle aurait plus de chance d'évolution en travaillant dans une boutique, où elle pouvait espérer devenir responsable voire même posséder la sienne. En épousant Goyle, héritier d'une de ses fameuses vieilles familles, elle pouvait envisager de faire vraiment carrière au Ministère et d'accéder à des postes qu'ils lui seraient refusés en temps normal. En tout cas, en attendant de commencer à faire des enfants, lui avait dit sa mère. Sauf qu'après être sortie avec Ron Weasley, Lavande s'était rendue compte qu'elle ne souhaitait pas être une totale mère au foyer. Ron l'avait traité comme sa bonniche, lui demandant de lui donner sa bièraubeurre lors des fêtes alors qu'il était plus prêt de la bouteille qu'elle. Ou de lui demander de lui constituer son 2e petit-déjeuner en panier alors qu'elle avait à peine le temps de prendre le seul et unique petit-déjeuner de sa journée. Sur ce point, elle plaignait Seamus, et pas seulement sur le fait que Ron semblait malade rien qu'à l'idée de finir marié avec un homme.
Sûr, une famille de sang-pur aussi riche que les Goyle devait avoir pléthore d'elfes de maison pour faire la cuisine et le ménage, il n'empêche que l'organisation de la maisonnée lui reviendrait. Et elle n'avait pas envie de rester assise à rien faire entre deux soirées guindées. Et c'est comme ça, plongée dans ses pensées, que Lavande n'entendit pas la personne qui l'appelait un peu plus bas depuis l'escalier menant à la tour de divination jusqu'à ce que Parvati le lui fasse remarquer. Elle se retourna et découvrit que la personne qui l'appelait n'était autre que son lié. Elle descendit quelques marches et alla le rejoindre.
- Oui ?
- Euh... je ne sais pas si tu le sais mais, je suis Grégory. Grégory Goyle. Je suis...
- Mon lié. Oui, je sais.
- Ah, d'accord. Tant mieux. Je voulais savoir si ça te dirait de discuter un peu. Euh…aujourd'hui. Après les cours. On se donnerait rendez-vous dans la cour carrée.
- D'accord.
- OK. Bon, je te laisse aller en cours.
C'était la première fois qu'elle l'entendait parler hormis pour rigoler aux insultes de Malfoy ou pour en lancer lui-même.
Peut-être pas si idiot que cela, finalement.
Ron regarda des deux côtés du couloir avant de le traverser. Il allait être en retard en cours de Soins aux Créatures Magiques mais vu que c'était Hagrid qui faisait cours, il ne s'inquiétait pas trop pour une retenue.
La loi de Dumbledore était partie en queue de cochon, mais alors totalement. Il était censé avoir une femme trophée et non un mari médiocre ! Certains diront qu'il était enragé car il n'avait pas eu Hermione, la femme de ses rêves. En vérité, il aurait pris n'importe quelle fille du moment qu'elle rendait bien à son bras. Hermione était juste l'option de facilité : il la connaissait depuis 7 ans, ils étaient de la même maison et il savait la gérer. Enfin, dans son esprit. Aussi, dans le cas où la loi lui aurait donné une fille de bonne famille avec de l'argent, type Daphné Greengrass, il n'aurait pas dit non plus. Tout le contraire même.
Dean était un sacré chanceux, pour un né-moldu ou sang-mêlé. D'autant plus que Daphné était l'héritière du titre familial, lui garantissant la belle vie. Certes, il y avait le problème qu'elle était de Serpentard et que ses parents devaient sans doute être de la même veine que Lucius Malfoy et autres Mangemorts bien propre sur eux en apparence. Mais comme une femme se devait d'écouter son mari, le problème aurait été rapidement résolu en lui faisant couper les ponts avec toutes ces mauvaises fréquentations, tout en continuant de visiter les beaux-parents, histoire d'éviter d'être renié et privé de tous les avantages à être le futur Consort Greengrass.
Ron regarda au loin le positionnement de ses camarades, afin de choisir sa place. Il n'avait pas envie d'être assis à côté de Seamus, qui essayait depuis une semaine de lui parler de leur situation. Il n'y avait pas de situation ! Dumbledore allait régler la situation dans très peu de temps. Il n'aurait qu'Hermione mais sa sœur aurait Harry, ce qui était même plus avantageux que d'être le mari d'une future Lady. Il fallait juste qu'il prenne son mal en patience.
Sauf que la patience n'était pas son fort.
Seamus remarqua que Ron n'était pas avec le reste de la classe, alors qu'ils sortaient tous de potions. Même Harry, qui avaient été retenu par Rogue, était là à l'heure.
Au fond de lui, il savait ce qu'il se passait. Ron était homophobe et se retrouver avec un autre homme ne devait pas lui faire du bien. Le pire dans tout ça, c'est que lui-même n'était pas gay ! Il n'avait rien contre eux mais c'était juste pas son truc. Et à cause du Ministère, il était mis dans le même panier qu'eux. Au moins, il comprenait partiellement ce qu'Harry avait ressenti quand tous les Gryffondor s'étaient retournés contre lui en 2e et 4e année. Les gens peuvent êtres cons parfois...
Il vit du coin de l'œil Ron arriver en courant et s'asseoir à côté d'Harry. D'après ce que Dean lui avait rapporté, il avait encore plus mal réagi au fait qu'Harry soit lié avec un homme qu'à son propre cas. Pourtant, il ne semblait pas ignorer Harry qui, LUI, acceptait sa situation. Il avait même rougi comme une fille ce matin quand il avait reçu une lettre de son promis pour programmer leur première rencontre en tête-à-tête. Deux poids, deux mesures.
Seamus soupira et reporta son attention sur le cours. Il avait tenu ses parents au courant de la situation et le conseil qu'il avait reçu était de contacter le Ministère sur le sujet. Sauf que McGonnagall leur avait transmis une copie de loi et de tout ce qu'elle impliquait. Ainsi, un paragraphe disait clairement que si l'un des liés ne remplissait pas ses engagements d'après la loi, des actions seraient prises et comme les familles étaient automatiquement garantes... Il comprenait mieux pourquoi plusieurs Serpentards avaient été reniés. Et c'est cela qui le faisait hésiter à prévenir le Ministère, d'autant plus que ça ne faisait qu'une semaine depuis l'annonce des couples. Si le gouvernement magique avait été assez stupide pour pondre puis faire voter une telle loi, il ne leur faisait pas confiance pour y avoir associer des mesures correctrices équitables. Et il savait que Mr. Weasley travaillait au Ministère, à un poste de sous-fifre, et que son salaire était le seul revenu de la famille. Il voulait éviter qu'il soit victime du comportement de son fils et que cela braque encore plus Ron contre lui.
Pourquoi sa vie était-elle devenue aussi compliquée ?
Blaise Zabini, assis à la table des Serpentard, observait sa liée, Luna Lovegood, à la table des Serdaigle. La branche italienne de sa famille lui avait appris à récolter des informations et il avait mis cet héritage en pratique. Il savait donc que Luna était fille unique. Pendant longtemps, elle n'avait pas eu d'amis avant que Ginny Weasley décide d'être charitable et commence à lui parler. Elle avait donc fait partie du petit groupe de résistance de Potter lors de la période Ombrage, ce qui avait élargi son cercle d'amis qui incluait désormais Potter, Granger, Londubat, et les deux Weasley restants à l'école. Sa mère, Pandora, était morte suite à une expérimentation qui avait mal tourné quand sa fille avait neuf ans, lui octroyant la capacité de voir les Sombral. Son père, Xenophilius, était l'excentrique propriétaire et rédacteur en chef du Chicaneur, un journal considéré de seconde zone par la plupart des sorciers britanniques. Ils ne savaient pas ce qu'ils perdaient car ce style était très apprécié en Italie et dans le reste de l'Europe.
Il avait donc le parfait sujet pour l'aborder et apprendre à mieux la connaître.
Blaise se leva, sous les regards étonnés de ses camarades, et se dirigea vers la table des Serdaigle. Il s'asseya à côté de Luna, suscitant des regards étonnés tout autour de la table.
- Bonjour, Blaise. Je savais que tu allais venir me parler aujourd'hui.
- Bonjour, Luna. C'est le journal de ton père que tu lis ?
- Oui. Il y a un article les ressemblances et différences entre une licorne, un pégase et un cheval normal.
- Ça a l'air intéressant. Je peux lire avec toi ?
- Bien sûr, tu n'as pas besoin de demander.
- Tu sais, en Italie, ils aiment bien les magazines comme celui-ci. D'ailleurs, je me rappelle qu'à chaque fois que mes oncles, tantes et cousin viennent ici, ils achètent le Chicaneur.
- Vraiment ? fit Luna d'un air réellement, mais alors réellement étonné.
- Oui, vraiment. A vrai dire, je crois que seuls les anglais ne sont pas fan de ce type de publication.
Il replongea dans sa lecture, sans pour autant ne pas remarquer les coups d'œil que lui lançait désormais sa liée.
« Blaise, tu es un génie » pensa-t-il.
Neville lut la lettre de sa grand-mère pour la énième fois. Quand il avait découvert que sa future épouse serait Pansy Parkinson, il avait totalement paniqué. Après tout, elle était cousine avec Rodolphus et Rabastan Lestranges ! Ce qui avaient torturés ses parents jusqu'à ce que folie s'en suive ! Mais juste après, il s'était fait remarqué qu'il était quelque peu hypocrite car Harry avait bien Bellatrix comme cousine et ce n'était pas pour autant qu'il lui en tenait rigueur. Merde, avec ce raisonnement, il ne devrait même pas se parler à lui-même car il était cousin avec les Black par son grand-père paternel.
Même si sa grand-mère répétait que les couples avaient été décidés par le Ministère, elle sous-entendait tout de même que son niveau magique n'était aussi satisfaisant qu'il aurait dû l'être pour quelqu'un de sa lignée s'il finissait avec Pansy Parkinson. Neville ne put s'empêcher de penser que si c'était sa grand-mère qui avait été tenante du titre Londubat et non régente, il aurait été déshérité au profit d'un des cousins de son père. A défaut, il lui était interdit d'approcher Pansy tant que sa grand-mère n'avait pas rencontré Patrick Parkinson et sa femme et que les contrats de promesse et fiançailles soient conclus. Le seul rayon de soleil pour Neville était l'assurance aucune clause sur les rites traditionnelles de fiançailles puis d'épousailles ne serait inscrites.
Bien que le siège Londubat ait voté en faveur de la loi, sa grand-mère avait été contre mais dans l'obligation d'aller en Suède pour le mariage de la belle-fille d'une cousine au 4e degré, elle avait laissé son droit de vote aux mains d'Elphias Doge, grand ami de Dumbledore. Aussi découvrir que les deux avaient votés en faveur de cette loi l'avait plus qu'enragée. De Diggle, elle avait obtenu comme raison que Dumbledore le lui avait demandé. Et Dumbledore semblait ne pas vouloir donner ses raisons. En guise de représailles, Augusta n'assistait plus aux réunions de l'Ordre du Phoenix depuis l'été. Intérieurement, Neville doutait que cela perturbe vraiment l'organisation secrète. Ce n'est pas comme si sa grand-mère pouvait aller sur un champ de bataille combattre du Mangemort.
Le regard de Neville se posa alors vers un groupe de Serpentard, plus loin dans la cour. Le groupe était constitué des sœurs Greengrass, de Millicent Bulstrode, Tracy Davis, quelques autres dont il avait oublié le nom et pour finir, Pansy. Celle-ci le regardait, une lettre dans la main. Pour une raison inconnue, il avait la forte impression que la lettre de sa liée contenait l'inverse de la sienne.
Il commençait à comprendre Harry quand il disait que sa vie était compliquée.
Tout le monde lui disait qu'il avait eu de la chance avec la loi. Et il voulait bien les croire. Car il n'y aurait eu aucun autre moyen pour que lui, Dean Thomas, Gryffondor né de père inconnu donc né-moldu par défaut, finisse avec Daphné Greengrass, fils aînée et héritière de Lord Cygnus Greengrass, et Serpentard de surcroît. Cela avait été l'un des mantras qu'il s'était récité pour oser aborder sa liée mais presque trois semaines plus tard, il n'avait toujours pas adressé la parole à la jeune fille.
C'est ainsi perdu dans ses pensées, que Dean ne fit pas attention à son chemin et buta dans quelque chose. Ou plutôt quelqu'un.
- Attention ! Regarde où tu marches !
- Hum.. désolé. Ça va ?
- Ça va... fit la jeune fille aux cheveux roux en levant les yeux vers Dean.
Ils se regardèrent pendant de longue minute avant que Dean tente sa chance.
- Euh... je suis Dean. Dean Thomas.
- Je sais. Moi c'est Daphné Greengrass.
Très bien, il lui avait enfin adressé la parole. Il devait dire quoi maintenant ?
Cela faisait trois semaines que Drago ressasser dans sa tête la discussion qu'il avait eu avec son père à propos de sa liée, Hermione Granger. Le sujet avait porter sur les avantages et inconvénients dont elle disposait.
POUR
Major de promo
Soif d'apprentissage donc elle ne sera pas contre découvrir les traditions magiques
Puissante magiquement parlant
CONTRE
Gryffondor
Amie avec Potter et les cochons roux
Miss-je-sais-tout
Née-moldue donc ne dispose pas de magie familiale et connaissances très réduite des traditions sorcières.
A grandi en idéalisant Dumbledore (le pire).
A TEMPERER
Malgré son éducation moldue, Potter reste un aristocrate sorcier donc par automatisme, son cercle d'amis n'est pas totalement merdique.
De plus, les traditions sorcières peuvent être apprises et cela pourrait permettre de lui ouvrir les yeux sur le citronné.
Il devait juste trouver un moyen de briser la glace après 6 années d'insultes et de coups bas et la solution lui était venu : un livre sur les traditions sorcières. Il avait commencé par la bibliothèque de l'école, pour apprendre d'une Mme Pince compatissante que tous les livres sur le sujet avaient progressivement été enlevé de la bibliothèque depuis que Dumbledore était devenu directeur. Ils en restaient quelques un dans la Réserve mais ils ne pouvaient être consultés qu'avec permission du directeur. Autant dire que Drago n'y aurait pas accès.
Il avait donc commandé, auprès d'une librairie de l'Allée des Embrumes, L'intégrale des règles et traditions sorcières de Théophilia Nott - à croire que cette famille avait une passion pour ce sujet – avec une livraison directement pour Granger. Le livre devait arriver ce matin et Drago avait du mal à tenir en place. Si sa mère le voyait... De là où il était assis, Granger et Potter lui faisait face et Weasley lui faisait dos. Au moins, il n'était pas témoin de ses horribles habitudes alimentaires.
Plusieurs hiboux firent leur entrée dans la Grande Salle et l'un d'eux déposa un gros paquet devant Granger. Il n'entendit pas ce qui se disait à la table des Gryffondor mais le paquet suscita de l'intérêt. Il vit Granger l'ouvrir puis avoir de gros yeux ronds une fois le livre en main. Weasley sembla s'agiter et rapidement, un attroupement se rassembla autour de Granger, l'empêchant d'analyser plus profondément sa réaction. Mais il put analyser celle de Potter, qui était plus que déconcertante.
Celui-ci lui fit un clin d'œil accompagné d'un sourire de connivence !
Mais qu'est-ce que ça voulait dire ? Le balafré serait-il moins ignorant que ce tout le monde pense ?
Hermione mangeait tranquillement son petit-déjeuner à la table des Gryffondor, Harry à côté d'elle et Ron sur le banc d'en face. Elle avait essayé de ne pas trop pensé à la loi d'union mais c'était compliqué dans la mesure où c'était le sujet de discussion Numéro 1 dans la salle commune. Drago l'évitait comme la peste depuis l'annonce. Elle savait qu'il n'avait pas été renié par son père, ce qui ne faisait rien pour la rassurer. D'après Ron, ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne serve d'otage auprès de Voldemort pour atteindre Harry. Après avoir lu le descriptif de la loi fournis par McGonagall, elle savait qu'un premier contrat devait être établit pour poser les bases de leur future relation et comme elle était une née-moldue toujours mineure d'un des côtés de la barrière de King's Cross, ses parents devaient être inclus dans les négociations. Sauf qu'elle n'avait pas été contacté dans ce but, ni ses parents et elle savait qu'il ne restait plus beaucoup de temps avant que le Ministère établisse le contrat par défaut. Ce qui voulait dire qu'il prendrait le contrat standard usité chez les Malfoy et elle avait la mauvaise impression qu'elle n'en aimerait pas le résultat.
C'est ainsi, perdue dans ses pensées, qu'Hermione aperçu un hibou se poser devant elle avec une lettre et un paquet. La lettre disait de ne pas la lire dans la Grande Salle. Malgré sa grande curiosité, elle se contint et ouvrit le paquet. Dedans, il y avait un livre.
- C'est quoi, ce paquet ? demanda Ron entre deux coups de fourchette
- Un livre, apparemment. L'intégrale des règles et traditions sorcières par Théophilia Nott.
- QUOI ? IL A OSE ? hurla le rouquin en se penchant pour vérifier le titre du livre. Son hurlement avait ameuté le reste des 7e années et quelques 6e années des Rouge et Or.
- Ron, calme-toi... tenta Neville.
- Non, je ne me calmerais pas ! C'est le livre de chevet de tous les petits sang-purs traditionalistes et suprématistes ! Ça se voit au titre ! Ça même été écrit par la famille de Nott.
- Il a été renié, Ron. C'est donc plus sa famille... dit Lavande
- Je m'en fous ! Tu sais pourquoi il t'envoie ce livre, Hermione ? Pour te faire comprendre que tu n'auras jamais ta place dans sa famille et que tu es mal élevée de surcroît ! Est-ce que tu as été contacté pour le contrat ?
- Non. Pareil pour mes parents.
- Tu vois ? Ils ne veulent même pas prendre le temps de parler avec des gens qu'ils considèrent comme en-dessous d'eux. Ils attendront que le délai soit passé et après, tu seras coincé avec un contrat où il aura tous les avantages. !
Hermione ne savait pas quoi penser. Ron pouvait avoir raison mais en même temps, il avait une tendance à la jalousie et à l'étroitesse d'esprit. Il n'empêche que ce livre discutait d'un sujet dont elle ignorait jusqu'ici l'existence !
Pour calmer l'ambiance autour de la table, elle se décida à ramener le livre dans la tour. Harry, qui avait fini de manger, l'accompagna après avoir convaincu Ron de reprendre un 3e service de 3 toast-œuf-bacon. Goinfre qu'il était, il n'avait pas refusé. Ils étaient en train de monter les escaliers quand Hermione décida qu'elle avait besoin de l'avis de son autre meilleur ami.
- Harry ? Tu en penses quoi ? Du livre, je veux dire.
- Ron est un peu aveugle sur la société sorcière. J'entends qu'il vient de dire que toutes les familles sorcières aristocrates lisent ce livre et par conséquent, sont obnubilés par le statut de sang et le considère comme un traitre à son sang juste parce que ses parents et sans doute ses ancêtres avant eux ont décidé ne plus suivre les traditions sorcières. Or Neville en est et je doute qu'il est un problème avec le statut de sang de Ron et de sa famille. Ou même le tien. Après, Malfoy n'a sans doute pas envoyé ce livre parce qu'il pense que tu es mal élevée mais parce que c'est quelque chose dont tu auras besoin quand tu seras sa femme. Et puis, tu as toujours envie d'apprendre de nouveaux trucs, il a dû sauter sur l'occasion pour faire un premier geste.
- Mais, il aurait pu me prêter un livre de la bibliothèque sur le sujet...
- Il n'y a quasiment aucun livre sur les traditions sorcières dans la bibliothèque de l'école. Il n'y en a que trois, qui se trouvent dans la réserve et qui ne peuvent être sortis qu'avec autorisation de Dumbledore.
- Mais... pourquoi cela ? Tous les nés-moldus ou les sang-mêlés élevés dans le monde moldu pourrait faire leur éducation en la matière tout seuls et... D'ailleurs, comment tu le sais ?
- J'en suis un également. D'aristocrate sorcier, je veux dire. Lord Potter-Black, plus exactement. Sirius m'a légué son titre.
- Wouah... Votre Excellence, fit la jeune brune avec une révérence exagérée qui fit rire son ami. Et cela implique quoi ?
- Un peu comme dans le monde moldu, j'ai un siège, enfin deux, au Magenmagot. Donc quand je sortirais de Poudlard, je pourrais utiliser mes sièges et participer aux votes des lois, et même faire partie d'une commission sur un sujet en particulier.
- Donc le titre d'Honorable de Drago...
- Indique qu'il est un héritier du Magenmagot. C'est le surnom donné aux aristocrates, Lord ou Lady du Magenmagot et tout.
- Comment tu as découvert tout ça ? Tu avais l'air encore plus paumé que moi en première année alors que tout le monde savait qui tu étais.
- Sirius. L'été avant la 6 e année et celui avant qu'il... bref, il m'a appris des trucs sur ma famille et la sienne et il m'a fait lire ce livre. Je peux donc attester qu'il ne prédispose en rien à devenir raciste et hautain. Il est même très intéressant. D'ailleurs, bon nombre des règles de conduite qui sont mentionnés existent également chez les moldues. C'est un bon livre. Peut-être qu'on devrait l'offrir à Ron, rien que pour le chapitre sur les manières de table.
Les deux Gryffondor rirent de bon cœur sur le chemin restant jusqu'à la tour. Hermione monta dans le dortoir des filles pour déposer le livre. Elle se rappela alors de la lettre et prit quelques instant pour la lire.
Chère Granger,
Soyons clairs de suite : aucun de nous n'est ravi du choix du Ministère. Même s'il y a vraiment pire que toi, il y a également beaucoup mieux. Je suis sûr que tu penses la même chose à mon égard. Néanmoins, les bombabouses sont jetées donc autant tirer le maximum de la situation, tu ne crois pas ?
J'ai été dans l'obligation de commander l'ouvrage que voici car son exemplaire dans la bibliothèque de l'école se trouve dans la réserve pour une raison totalement inconnue et sûrement absurde, vu le cinglé qui nous sert de directeur. C'est le livre de chevet de tout jeune sorcier qui se respecte élevé dans notre monde. Je doute que tu es entendue parler des traditions sorcières. Leur enseignement a été supprimé du curriculum de l'école bien avant que mon grand-père pose le Choixpeau sur sa tête. Ajoutons à cela le fait que la famille de Weasel est réputée pour son aversion pour les traditions sorcières et si ce que j'ai entendu est vrai, Poudlard était jusqu'à présent la seule source d'informations viables sur le monde sorcier à la disposition de Potter. Une honte quand on sait que sa famille tenait le respect de nos traditions à cœur.
Je pense qu'après sept ans à Poudlard, tu as eu le temps de remarquer qu'il y avait des différences sociales parmi les sorciers – histoires de sang-pur mises à part – comme il doit y en avoir chez les moldus. Parmi les sorciers les plus aisés, certains disposent d'un statut encore plus élevé : ce sont les membres de l'aristocratie. Tu connais le parlement magique, le Magenmagot ? Bien les aristocrates appartiennent aux familles disposant de sièges héréditaires au Parlement. Je crois que les moldus ont un truc similaire, non ? Plusieurs familles, que tu connais de nom, disposent de sièges et donc de votes : Potter, Black, Londubat, Nott, Diggory... Et bien évidemment, les Malfoy. Mon père est donc l'actuel Lord Malfoy et je prendrais un jour sa succession. Ce qui veut dire que tu deviendras Lady Malfoy.
Pour faire court, ce livre, écrit par une (ancienne) ancêtre de mon ami Théodore, contient toutes les informations dont tu auras besoin pour ne pas te sentir décalée par rapport à la Société que ma famille fréquente, aussi bien sur les traditions sorcières courantes que celles applicables uniquement aux Lords du Magenmagot et à leur famille.
Si tu as des questions, ce dont je ne doute pas, tu sais où me trouver.
Malfoy
P.S. : Ne t'inquiète pas pour le contrat de fiançailles, mes parents préfèrent attendre que tu sois plus à l'aise avec nos traditions et que tu aies pu échanger sur le sujet avec les tiens pour en discuter. Cela se fera lors de la rencontre familiale du Novembre. Si tu veux, je peux te faire parvenir un bon livre sur le sujet des contrats d'union. Promis, il ne sera pas écrit par un Nott.
Hermione relu la lettre avant de la ranger dans sa valise. Harry avait vu juste. En tout cas, elle avait son nouveau livre de chevet.
Contrairement à son frère, qui fuyait la situation sans rien faire de concret pour la changer, Ginny avait l'intention d'être active et de travailler sur sa situation. Sa mère et Dumbledore lui avait promis qu'elle serait une Lady, elle le serait donc ! Certes Rogue était l'héritier d'un titre mais il n'avait rien pour lui.
Il était un Serpentard tandis qu'Harry était un Gryffondor, comme elle et sa famille depuis plusieurs générations. Il était un Mangemort, même si le directeur était assuré de sa fidélité à l'Ordre du fait de son rôle d'espion. Harry était pur Lumière et rejoindrait l'Ordre dès qu'il aurait ses ASPIC.
Rogue n'était que l'héritier du titre, signifiant qu'il n'avait pas accès à toute la fortune. De plus, il avait sans doute été élevé dans cette optique et serait difficilement manipulable question gestion de la maisonnée. Harry avait tout à sa disposition. Sans compter qu'il était totalement ignorant de sa place dans la société, une fois son statut de Garçon-qui-a-survécut mis de côté.
Pour finir, vu son physique, Rogue ne risquait pas d'avoir d'expérience dans l'art de satisfaire la chair et il s'y prendrait comme un pied. Harry n'avait pas non plus d'expérience mais il était jeune, plus malléable et elle pourrait le façonner à sa guise.
Aussi, la première étape de son plan avait été, une fois le choc initial d'être liée à Rogue passé, de trouver l'identité de la personne qui avait son Harry et lui faire comprendre qu'il ne fallait pas s'habituer à la perspective d'être Lady Potter. Sauf qu'Harry s'était caché pendant toute la semaine et que personne ne se vantait à ce sujet. Elle avait rapidement appris que c'était quelqu'un de l'extérieur, plus précisément un homme, qui l'avait récupéré et que suite à leur entrevue avec le Ministre, ils avaient signé un contrat de promesse, leur donnant un statut de promis par rapport à la loi. Ginny ne s'était pas préoccupé du changement de terme définissant la « relation » entre Harry et cet homme car elle n'avait pas pris la peine de lire l'exemplaire de la loi fournis par McGonagall. De toute façon, elle s'en fichait car cela n'importait peu : Harry serait à elle à la fin et les différentes dénominations liées à la loi de Dumbledore ne la concernait pas temps qu'ils ne s'appliquaient pas à elle ET à Harry.
Elle savait que sa mère était furax du contretemps. Quant à son père, qui n'était pas dans la confidence, il n'avait rien trouvé de mieux à dire que, bien qu'il aurait aimé qu'elle soit liée avec quelqu'un de sa tranche d'âge, Severus était un homme droit qui la traiterait bien et qui aurait les moyens de lui offrir ce qu'ils n'avaient pas pu lui donner en tant que parents. Bonjour le réconfort.
Elle avait reçu une lettre d'une certaine Lady Prince – la mère de Rogue, apparemment – lui disant qu'elle avait cherché à contacter ses parents mais que la lettre lui était revenue. Elle avait donc joint la lettre en lui demandant de la transmettre à ses parents. Avec la nouvelle phase dans le déroulement de la guerre, le Terrier avait été mis sous Fidelius et seules les lettres marquées du sceau de l'Ordre ou d'un signe particulier pouvaient passer les barrières. Ginny avait alors voulu avoir le cœur net quant à la raison de cette missive. La lettre disait que d'après la loi, les liés avaient un mois après la découverte de leur identité pour se rencontrer et établir un contrat de promesse. Or la moitié du temps s'était déjà écoulée et Lady Prince avait reçu un rappel. Ce qui voulait dire qu'il en était de même pour ses parents. Sans doute que sa mère avait caché la lettre à son père, vu qu'il n'avait rien dit en ce sens dans sa lettre hebdomadaire. Il n'empêche qu'elle brula le tout et fait comme si de rien n'était.
Malheureusement, Rogue devait être au courant de l'existence des lettres car un jour, au sortir du cours de potion, il lui avait demandé de rester. Même si ses amies s'étaient précipitées pour retourner aux étages plus sains du château, il avait laissé la porte de la salle de classe ouverte. Merde, elle ne pourrait pas jouer le coup de l'agression.
- Miss Weasley…Ou plutôt Ginevra, vu le sujet que je vais aborder. Lady Prince, qui n'est autre que ma mère, chercher à joindre vos parents à propos de l'établissement d'un contrat par rapport à la relation que le Ministère a estimé que nous devions avoir. Comme toutes les lettres envoyées au Terrier lui revienne, elle a décidé de passer par votre intermédiaire pour faire parvenir sa correspondance à vos parents. Or sa lettre ne lui ait revenue mais elle n'a toujours pas reçu de réponse. Auriez-vous plus de détails ?
- Non, professeur. Je n'ai reçu aucune lettre hormis la lettre hebdomadaire de ma mère. Votre mère a dû se tromper dans l'adresse.
- Sachez que ma mère ne se trompe jamais quand cela concerne des sujets d'aussi grande importance. Mais je vais vous donner le bénéfice du doute, pour cette fois. Informez vos parents qu'elle cherche à les contacter si vous ne souhaitez pas servir d'intermédiaire. Cela fera gagner du temps à tout le monde.
Et sur cela, il lui fit comprendre qu'elle pouvait disposer et elle partit presque en courant de la salle de classe ainsi que des cachots. Il l'avait pratiquement percée à jour. Il fallait qu'elle soit plus sournoise.
Dans les cachots, Severus n'était pas étonné de ce qu'il avait vu dans l'esprit de la jeune fille. De fait, il s'empressa d'écrire une courte lettre à sa mère l'informant de la situation et de commencer à prendre ses précautions vis-à-vis du Ministère.
